Posts Tagged ‘Eric Holder’

Le racisme dans la police à Miami (USA)

17 janvier 2015

L’attorney general (ministre de la justice) Eric Holder représentait le gouvernement des Etats Unis à la marche « républicaine » organisée dimanche dernier à Paris à l’appel de la place Beauvau et de l’Elysée.

Eric Holder et François Hollande à Paris le 11 janvier dernier

Eric Holder et François Hollande à Paris le 11 janvier dernier

Les observateurs ne s’y sont pas trompés qui ont considéré que les Etats Unis n’avaient pas envoyé un représentant d’un rang suffisamment élevé pour figurer au milieu des chefs d’Etat et premiers ministres accourus d’un peu partout.

Eric Holder est en effet avant tout un exécuteur de basses œuvres qui a été incapable d’intervenir dans les affaires de crimes commis par la police contre des citoyens afro-américains aux Etats Unis.

Eric Holder est lui-même afro-américain, preuve que le problème aux Etats Unis ne se résume pas à une question de couleur, c’est avant tout un problème social et politique, un problème de classes sociales.

Ce problème n’est toujours pas réglé dans ce pays qui n’a de cesse de donner des leçons aux autres, ne se privant pas le cas échéant de joindre le geste à la menace.

Un exemple de plus avec cette affaire qui concerne des policiers d’une grande ville qui s’entraînent au tir exclusivement sur des photos anthropométriques d’hommes afro-américains qui, pour une raison ou une autre, ont eu à passer par le commissariat.

Les tireurs d’élite de la police s’ntraînent sur des photos anthropométriques de noirs

The Week (UK) 16 janvier 2015 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une équipe de tireur d’élites de la police de Miami a suscité l’indignation après qu’il fut révélé que des agents se servaient de clichés anthropométriques d’Afro-Américains pour l’entraînement au tir sur cible

Mugshots utilisés à l'entraînement au tir par la police de Miami

Mugshots utilisés à l’entraînement au tir par la police de Miami

Les images ont été découvertes par Valerie Deant, un sergent de la Garde Nationale de Floride, dans un stand de tir utilisé par les divers services de sécurité. Elle a découvert choquée que la photo anthropométrique de son frère criblée d’impacts de balles figurait parmi les clichés utilisés, rapporte CBS News.

« La photo avait l’air criblée de balles, » a déclaré son frère Woody Deant. « Une dans mon front, une autre dans mon œil. Je suis resté sans voix. »

Répondant aux critiques, le chef de la police de North Miami Beach J. Scott Dennis a reconnu que son équipe aurait pu faire preuve de « meilleur jugement » dans le choix des photos, mais a rejeté les accusations de profilage racial.

Il a expliqué que les forces de l’ordre utilisaient régulièrement des photos de véritables suspects et que ceux qui étaient responsables [du choix des photos] ne seraient pas punis. « Nos règles de fonctionnement n’ont pas été enfreintes, » a déclaré Dennis.  Aucune sanction n’est envisagée contre les personnes qui étaient impliquées.

De hauts responsables des services judiciaires ont cependant déclaré à NBC que la pratique normale consistait à utiliser des cibles disponibles dans le commerce, sur lesquelles il n’y a pas de visage humain, pour l’entraînement au tir.

« L’utilisation de ces cibles ne semble pas correcte, » affirme Alex Vasquez, un agent du FBI retraité. « La police a plusieurs possibilités en termes de cibles [d’entraînement]. Je pense que la police doit être extrêmement prudente et attentive à certains problèmes qui peuvent être soulevés. »

Cette affaire intervient au moment où les relations entre la police et la communauté afro-américaine restent tendues après la mort de plusieurs Noirs tués par des agents de police blancs.

L’an dernier, des manifestation se sont produites à travers tous les Etats Unis après qu’un adolescent noir non armé, Michael Brown, avait été tué par la police à Ferguson dans le Missouri. Dans un incident distinct, Eric Garner est mort après avoir été maintenu dans une position asphyxiante interdite par un agent de police blanc. Dans les deux cas, un grand jury a décidé de ne pas inculper les policiers responsables.

Andell Brown

Andell Brown

« Ils peuvent créer une situation très dangereuse, » affirme l’avocat Andell Brown. « Et ça a été ancré dans votre subconscient et ça veut dire que quand quelqu’un [un policier] croise dans la rue Woody ou une autre personne, ça joue sur son processus de décision d’utiliser ou pas une force létale. »

L’éloge de John Kerry à l’Arabie Saoudite, un pays qui va vers les réformes!

11 mars 2013

Contrairement à la Syrie, ça va de soi.

Deux militants des droits de l’homme viennent d’être condamnés à des peines de dix ans et onze ans de prison en Arabie Saoudite. Il s’agit de Mohammed Fahd Al Qahtani et Mohammed al-Hamid, fondateurs de Saudi Civil and Political Rights Association, interdite par les autorités.

Al-Qahtani (au centre) et al-Hamid (à droite)

Al-Qahtani (au centre) et al-Hamid (à droite)

Comme le fait remarquer Angry Arab, les sentences ont été prononcées entre deux visites de hauts responsables politiques Américains, celle du nouveau Secrétaire d’Etat, John Kerry, et celle de l’Attorney General (ministre de la justice) Eric Holder.

Aucun de ces deux politiciens n’a fait la moindre observation sur ces condamnations, pas plus qu’ils n’en ont fait sur la répression exercée dans les monarchies de la région.

Angry Arab poursuit ainsi :

 Au contraire, Kerry et Holder ont été dithyrambiques sur la coopération américano-saoudienne sur les questions stratégiques et se sont mis en quatre pour féliciter le royaume d’avoir nommé trente femmes pour son assemblée consultative (shura) non élue. Holder a été cité en long et en large pour louer le ministère saoudien de l’intérieur pour son action contre l’extrémisme et pour les réformes dans le royaume. Voilà ce que Kerry avait à dire lors de sa conférence de presse tenue le 4 mars en compagnie du ministre des affaires étrangères Saoud al Fayçal:

«A travers le monde arabe, des hommes et des femmes se sont levés pour exiger leurs droits universels et plus d’égalité des chances. Certains gouvernements ont réagi en se montrant disposés à réformer. D’autres, comme en Syrie, ont réagi avec violence. Je tiens dont à mettre au crédit du gouvernement saoudien la nomination de 30 femmes au Conseil de la Shura et l’encouragement à plus d’opportunités économiques pour les femmes. Nous avons à nouveau parlé du nombre de femmes qui entrent dans la population active et de la transition qui s’opère dans le royaume. Nous encourageons la poursuite de réformes inclusives pour garantir que tous les citoyens  du royaume puissent finalement jouir de leurs droits et libertés fondamentaux.»

John Kerry

John Kerry: tous les Syriens devraient avoir le droit de boire un aussi bon thé.                                             Saoud al Fayçal: oui et d’avoir le domestique qui va avec, c’est ça la démocratie!

En d’autres termes, il place le royaume parmi les régimes qui «ont réagi en se montrant disposés à réformer». Dans une réunion avec le personnel de l’ambassade, Kerry a été encore plus démonstratif. Sur presque tous les problèmes qui préoccupent les Etats Unis, a-t-il dit, «l’Arabie Saoudite a apporté un soutien et a aidé.» (Pour ceux qui comptent les points, ces problèmes sont les sanctions contre l’Iran, le Yémen, la livraison d’armes [à l’opposition] en Syrie, le contre terrorisme, Israël et la transition politique en Egypte).

Et pourquoi devrait-il être plus critique ? Ce n’est pas comme s’i on lui mettait la pression sur ces questions. Dans ses divers points de presse à Riad et à Doha et dans les sept entretiens qu’il a accordés à Doha le 5 mars, Kerry a été bombardé de questions sur l’armement des rebelles syriens, sur les négociations avec l’Iran et sur ses relations avec le président Obama. Pas une seule question ne lui a été posée sur les droits de l’homme ou sur les réformes dans le Golfe. Mais ne vous en faites par – on a eu le temps de lui poser une question au sujet de Dennis Rodman. Parce que le peuple américain veut savoir.


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