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Femmes de pouvoir mais invisibles et innommables pour le judaïsme ultra-orthodoxe

1 novembre 2016

Un article qui vaut petit rappel sur l’attitude extrême du judaïsme ultra-orthodoxe à l’égard de l’image de la femme qui ne peut même pas être représentée dans un journal. Et on ne parle pas ici de femmes en bikini…

D’ailleurs, souvent, elles ne peuvent pas même être nommées!

Les contorsions de la presse ultra-orthodoxe juive dans ses informations sur Hillary Clinton

Dans les principales publications ultra-orthodoxes, les femmes n’existent tout simplement pas

Par Lourdes Baeza, El Pais (Espagne) 1er novembre 2016 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Informer sur les élections aux Etats Unis sans montrer une seule image de la candidate démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, ne semble pas être une tâche facile mais les publications ultra-orthodoxes israéliennes parviennent à le faire. De fait, elles suivent pratiquement au jour le jour la campagne présidentielle américaine depuis des mois non seulement sans publier une seule photo d’elle mais aussi sans mentionner son nom. On pourrait dire que si elle dépendait de ses propres sources d’informations, la majorité des Juifs les plus extrémistes pourraient croiser Hillary Clinton dans la rue sans la reconnaître.

Le code moral strict qui régit les principales publications haredies -ultra-orthodoxes- exigent qu’il en soit ainsi. Montrer des images de femme va à l’encontre de l’orthodoxie juive et viole le principe de pudeur en vigueur dans une grande partie de cette communauté ultra-religieuse qui représente déjà environ 11 % des 8,5 millions d’habitants qui peuplent Israël selon les derniers chiffres officiels. La solution consiste à parler d’elle en illustrant les informations avec des photographies de son concurrent, de la Maison Blanche ou même de son mari, Bill Clinton.

Aux Etats Unis, où sont également édités plusieurs journaux ultra-orthodoxes, cette catégorie de journaux peut surprendre à l’occasion et oser publier des images d’Hillary Clinton comme celle qu’a publiée en août dernier le magazine haredi Yated Ne’man, dont le siège se trouve à New York. Sur la photo, on voit seulement un bras de la candidate nord-américaine et son visage est opportunément dissimulé par le pupitre depuis lequel elle prononce un discours de campagne en Floride. Astuces ou audace – selon les points de vue – qui ne sont pas de mise en Israël.

Image de Clinton lors d'un rassemblement en Août qui a publié un environnement Haredi.

Portrait osé de Hillary Clinton dans la magazine newyorkais Yated Ne’man

Hamodia, le quotidien doyen de la presse israélienne ultra-orthodoxe n’a même pas publié d’images de Golda Meir, la première femme à devenir chef du gouvernement et qui fut premier ministre de l’Etat hébreu de 1969 à 1974. Pour Hamodia, il n’y a pas d’exceptions. Ni à l’époque, ni maintenant. L’an dernier, quand fut connue la photo officielle des membres du cabinet actuel de Netanyahou, Hamodia avait choisi de ne l’inclure dans aucune de ses éditions parce qu’y figuraient trois femmes ministres : celle des sports et de la culture, Miri Regev; celle de la justice, Ayelet Shakef et celle des affaires sociales, Gila Gamliel.

Hamodia s’était limité à publier la liste des ministres en omettant les noms des femmes membres du cabinet et ne se référant à elles que par la dénomination de leur portefeuille. Dans le même cas, d’autres publications haredies israéliennes connues comme Behadrei Haredimm – dont la rédaction se trouve à Bnei Brak, une des villes israéliennes peuplées en majorité d’ultra-orthodoxes – avaient préféré se servir de Photoshop pour effacer les visages des femmes ministres. « Nous ne montrons pas des photos de femmes par respect pour nos lecteurs et pour la tradition. Peu importe qui elles sont. Même si Mme Clinton est élue président, sa photo n’apparaîtra jamais dans notre magazine, » assure Meni Schwartz, rédacteur en chef de Behadrei Haredim.

Une pratique également habituelle chez Ha Meyaser, la troisième des principales publications ultra-orthodoxes du pays et qui a été fondée par un député de la Knesset – le parlement d’Israël – membre du parti religieux Union de la Torah. Ha Meyaser s’était fait connaître internationalement parce qu’en janvier 2015, dans la photo de la marche solidaire qui avait vu nombre de dirigeants politiques mondiaux défiler dans les rues de Paris pour protester contre les attentats contre l’hebdomadaire français Charlie-Hebdo, la rédaction avait carrément refabriqué une photo pour ses lecteurs en éliminant de la photo originale toutes les femmes qui y étaient présentes. Parmi elles, la chancelière allemande Angela Merkel et la maire de Paris Anne Hidalgo.

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Anne Hidalgo,à l’extrême gauche de la photo, Angela Merkel et Federica Mogherini (chef de la diplomatie de l’UE) entre Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie ont été effacées de la photo publiée dans le journal ultra-orthodoxe

Il existe des publications ultra-orthodoxes comme Kikar Hashabbat qu mettent des photos de femmes sous réserve qu’elles respectent certaines normes de pudeur au niveau de l’habillement. Mais ce sont des exceptions et elles sont moins populaires chez les ultra-orthodoxes que Hamodia, Behadrei Haredim ou Ha Meyaser. « Je ne pense pas que le fait que Hillary Clinton soit élue à la présidence des Etats Unis y change quoi que ce soit. »

« Ils ont empêché pendant des années les femmes de faire partie de leurs listes de candidats à la Knesset. Dans certains domaines, nous pouvons changer les choses mais pas dans celui des moyens de communication, » reconnaît le rabbin Uri Regev qui dirige l’organisation Hiddush de promotion du pluralisme religieux.

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Indépendance américaine et esclavage, une approche inédite de l’historien Gerald Horne

3 mars 2015

L’histoire est une discipline étonnante puisqu’elle nous amène sans cesse à remodeler notre vision du passé à la lumière des faits que les historiens découvrent dans le cadre de leurs recherches.

Cette observation est valable pour l’histoire ancienne mais aussi pour l’histoire contemporaine.

L’historien américain Gerald Horne nous en apporte un nouvel exemple avec un essai décapant qui postule, documents à l’appui, que la lutte américaine pour l’indépendance étant en grande partie motivée par le désir des colons d’éviter que la monarchie anglaise mette un terme à l’esclavage qui était un des fondements de l’économie des colonies qui deviendront les États Unis d’Amérique.

Gerald Horne

Gerald Horne

Cette thèse de Horne qui semble bien étayée est sans doute susceptible de jeter une lumière nouvelle sur les récents crimes, comme celui de Ferguson, qui ont défrayé la chronique outre Atlantique et dont on a beaucoup parlé en France.

Gerald Horne est professeur d’histoire à l’université de Houston (Texas)

L’esclavage, la résistance des esclaves et les origines de la république américaine

Une révolution en marche arrière ?

Par Kathy Deacon, Counter Punch (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

Le livre de Gerald Horne, la contre-révolution de 1776, a été négligé par la plupart des médias libéraux [de gauche non communiste ou progressiste dans le vocabulaire anglo-saxon]q lors de sa parution au printemps dernier, mais on peut vraiment le considérer comme l’un des livres les plus intéressants de 2014. C’est en fait un livre très court mais dense et abondamment documenté, original et d’une grande portée – un ouvrage magistral à bien des égards.

Dans les années 1970, l’Afrique du Sud était habituellement décrite par le gouvernement américain comme «partiellement libre» parce que sa minorité blanche avait des droits. De la même manière, la guerre américaine d’indépendance, présentée comme une bataille contre les prérogatives royales et une fiscalité injuste, est réputée émancipatrice à l’exception de l’esclavage. Horne fait valoir que, au contraire, la préservation de l’esclavage était une des motivations derrière la sécession coloniale et que le résultat fut désastreux en matière de droits humains. La sécession [avec l’Angleterre] ne faisait pas que jeter les bases de la poursuite de l’esclavage pendant 87 ans et de l’apartheid d’État par la suite dans le Sud (et officieusement dans le Nord) -et ce à un moment où le sentiment abolitionniste se généralisait de plus en plus en Angleterre et ailleurs en Europe. Mais parce que les esclaves (et les populations indigènes) étaient perçus comme un élément subversif pendant la guerre [d’indépendance], la victoire des rebelles les enferma pour longtemps dans le rôle «d’ennemis de l’intestin» de l’État.

L’abolitionnisme de la fin du 18ème siècle n’était pas simplement un courant intellectuel (dont les partisans au sein de la colonie tendaient à préférer une approche plus graduelle). La légalité de l’esclavage avait été sérieusement remise en cause dans les tribunaux londoniens. L’arrêt historique Somerset de 1772 avait sans doute donné le coup de grâce à l’esclavage en le rendant illégal en Grande Bretagne, un développement qui aurait logiquement dû s’étendre aux colonies américaines où une telle perspective avait provoqué la tempête comme dont les journaux de l’époque se faisaient l’écho.

Horne soutient que l’intention des Pères Fondateurs de maintenir l’esclavage ne souffrait guère d’ambiguïté. En dépit du langage inspirateur de la Déclaration d’Indépendance, ils « avaient normalisé cette forme de propriété au même titre que n’importe quelle autre. »

« A Boston, ceux qui étaient pro-Londres défendaient les esclaves dans les tribunaux, tandis que les rebelles représentaient habituellement les maîtres. » « John Adams « exerçait… comme conseil pour des propriétaires d’esclaves et avait même soutenu que le Massachusetts présumait tous les Africains comme étant des esclaves. » Même Ben Franklin avait « contre-attaqué vigoureusement » contre l’abolitionniste Granvile Sharp, et la liste est longue. Les Africains devaient souvent s’appuyer sue les Tories [conservateurs] pour obtenir d’être entendus de manière équitable dans le système judiciaire, et ils comprenaient que la rupture avec la Grande Bretagne ne pouvait qu’empirer leur situation.

Les craintes de représailles exercées par les esclaves africains attisaient l’animosité des colons et leur sentiment de persécution par la Grande Bretagne.

Quand Lord Dunmore, le gouverneur royal de la colonie britannique de Virginie avait fini par jeter le gant en novembre 1775, en publiant sa fameuse proclamation proposant de libérer tous les esclaves, il avait ajouté encore plus d’huile sur le feu. Les Africains, selon Horne, se rangeaient presque unanimement du côté de l’Angleterre et espéraient en une victoire anglaise qui, croyaient-ils les délivrerait de l’esclavage.

Sauf à supposer une réaction intrinsèquement humaine à la souffrance [des esclaves] de leur part, Horne nous assure que l’attitude britannique à l’égard de l’esclavage n’était pas moins pragmatique que celle des Américains (dont les espoirs d’indépendance économique se basaient sue la poursuite du système esclavagiste dans l’agriculture). Dans ces années antérieures à la croissance exponentielle de l’industrie du coton, les Britanniques voyaient l’esclavage comme incompatible avec les besoins d’un empire mondial qui en était venu, par défaut, à dépendre de l’utilisation de soldats africains pour défendre les intérêts britanniques dans cette partie de l’hémisphère et ailleurs.

La Grande Bretagne avait bien sûr investi énormément dans le commerce d’esclaves africains. Partie intégrante de leur propre évolution « démocratique », c’est la « splendide » Déclaration des Droits qui avait affaibli le monopole de la Royal African Company, ce qui avait conduit le parlement à ordonner que le « commerce des Africains soit ouvert à ‘tous les sujets de sa majesté.’ » « Cette dérégulation du négoce de la chair humaine avait entraîné une sorte de libre commerce des Africains.. Ce qui avait contribué de manière incommensurable à la fourniture de la main d’oeuvre servile nécessaire pour développer le continent, ce qui, ensuite, conduisit l’élite locale à entrer de plus en plus en conflit avec Londres, particulièrement quand elle voulait développer les échanges avec des voisins qui se trouvaient être des ennemis de la Couronne d’Angleterre… »

La Grande Bretagne avait l’expérience de la résistance africaine dans ses colonies caribéennes. Les dangers encourus avaient amené de nombreux propriétaires d’esclaves à émigrer sur le continent américain pour essayer de fuir cette situation. Mais les problèmes continuèrent à se manifester sur le continent aussi. La Floride était devenue une base arrière pour les « esclaves rebelles et en fuite. » Dans les années 1740, mes troupes espagnoles attaquaient la Géorgie depuis des forts en Floride peuplés de centaines d’Africains en armes. L’esclavage était «une source prodigieuse de profits – tout en étant en même temps une menace pour le colonialisme… sous la forme de révoltes africaines soutenues par les indigènes, les ennemis européens, ou les deux. » Horne plonge dans l’histoire des révoltes d’esclaves et des stratagèmes des colonialistes pour les contrer :

« La Caroline avait été désignée pour être le pare-feu protégeant la Virginie et des zones du nord, mais la création de la Géorgie par la suite fut le pénible aveu qu’un nouveau pare-feu devait être construit pour s’étendre plus au sud vers la frontière avec la Floride, alors espagnole. Mais c’était un cadeau empoisonné étant donné que les sujets de Londres se retrouvaient encore plus près des brigades d’Africains en armes dont beaucoup souhaitaient se venger des colons rapaces. Londres était forcé de défendre un continent profondément instable avec une conception inhabituelle du patriotisme qui n’excluait pas des relations étroites avec les ennemis les plus acharnés de la Couronne. »

Du point de vue britannique, il semblait rationnel de limiter le nombre d’esclaves – ce que Londres avait essayé de faire par la taxation. Cette politique fut la source durable d’un lourd contentieux. Les marchands d’esclaves du nord et les planteurs du sud étaient tous vent debout contre la tentative britannique pour limiter par ce moyen le nombre d’esclaves.

Les colons auraient pu espérer la protection britannique, mais ils étaient aussi réticents à payer pour ça qu’ils étaient prêts à prendre les armes eux-mêmes. Bien sûr, ils ne pouvaient tolérer qu’on arme des Africains devoir leur verser une solde régulière. En s’appuyant sur des Africains armés originaires de la Caraïbe, la Grande Bretagne avait gagné la guerre en Inde et contre la France, avec pour effet le plus profond l’éviction des Espagnols de Floride (plutôt que la défaite de la France). La destruction de ce refuge pour esclaves en fuite créa les conditions pour une augmentation des importations d’esclaves en Géorgie et en Caroline et pour une alliance de facto entre les colons américains et les anciens adversaires de Londres. « Cela s’avéra une victoire catastrophique pour Londres parce que, quand la pression fut moindre sur les colons du continent… ils saisirent l’occasion pour se révolter contre la Couronne avec une aide importante des ‘puissances catholiques’. Ce qui aboutit finalement à la création d’une république de propriétaires d’esclaves qui écarta alors les puissances européennes de la domination sur le commerce des esclaves africains… »

Quoique le livre soit organisé en chapitres avec des intitulés thématiques, on le lira plus comme un essai. Horne fait des digressions, et il répète sans aucune nécessité de nombreux points qu’il a déjà traités – ce qui distrait parfois l’attention sur ce travail par ailleurs fascinant. Puisant dans un large éventail de sources, dont des archives inédites, il a écrit une réinterprétation puissante et convaincante de la guerre d’indépendance américaine.

La Contre Révolution de 1776 met en lumière des faits fondamentaux qui avaient été jusque là ignorés ou inconnus – nous révélant ainsi sur les origines de cette république nombre de d’éléments nécessaires à la compréhension de notre situation actuelle.

Le racisme dans la police à Miami (USA)

17 janvier 2015

L’attorney general (ministre de la justice) Eric Holder représentait le gouvernement des Etats Unis à la marche « républicaine » organisée dimanche dernier à Paris à l’appel de la place Beauvau et de l’Elysée.

Eric Holder et François Hollande à Paris le 11 janvier dernier

Eric Holder et François Hollande à Paris le 11 janvier dernier

Les observateurs ne s’y sont pas trompés qui ont considéré que les Etats Unis n’avaient pas envoyé un représentant d’un rang suffisamment élevé pour figurer au milieu des chefs d’Etat et premiers ministres accourus d’un peu partout.

Eric Holder est en effet avant tout un exécuteur de basses œuvres qui a été incapable d’intervenir dans les affaires de crimes commis par la police contre des citoyens afro-américains aux Etats Unis.

Eric Holder est lui-même afro-américain, preuve que le problème aux Etats Unis ne se résume pas à une question de couleur, c’est avant tout un problème social et politique, un problème de classes sociales.

Ce problème n’est toujours pas réglé dans ce pays qui n’a de cesse de donner des leçons aux autres, ne se privant pas le cas échéant de joindre le geste à la menace.

Un exemple de plus avec cette affaire qui concerne des policiers d’une grande ville qui s’entraînent au tir exclusivement sur des photos anthropométriques d’hommes afro-américains qui, pour une raison ou une autre, ont eu à passer par le commissariat.

Les tireurs d’élite de la police s’ntraînent sur des photos anthropométriques de noirs

The Week (UK) 16 janvier 2015 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une équipe de tireur d’élites de la police de Miami a suscité l’indignation après qu’il fut révélé que des agents se servaient de clichés anthropométriques d’Afro-Américains pour l’entraînement au tir sur cible

Mugshots utilisés à l'entraînement au tir par la police de Miami

Mugshots utilisés à l’entraînement au tir par la police de Miami

Les images ont été découvertes par Valerie Deant, un sergent de la Garde Nationale de Floride, dans un stand de tir utilisé par les divers services de sécurité. Elle a découvert choquée que la photo anthropométrique de son frère criblée d’impacts de balles figurait parmi les clichés utilisés, rapporte CBS News.

« La photo avait l’air criblée de balles, » a déclaré son frère Woody Deant. « Une dans mon front, une autre dans mon œil. Je suis resté sans voix. »

Répondant aux critiques, le chef de la police de North Miami Beach J. Scott Dennis a reconnu que son équipe aurait pu faire preuve de « meilleur jugement » dans le choix des photos, mais a rejeté les accusations de profilage racial.

Il a expliqué que les forces de l’ordre utilisaient régulièrement des photos de véritables suspects et que ceux qui étaient responsables [du choix des photos] ne seraient pas punis. « Nos règles de fonctionnement n’ont pas été enfreintes, » a déclaré Dennis.  Aucune sanction n’est envisagée contre les personnes qui étaient impliquées.

De hauts responsables des services judiciaires ont cependant déclaré à NBC que la pratique normale consistait à utiliser des cibles disponibles dans le commerce, sur lesquelles il n’y a pas de visage humain, pour l’entraînement au tir.

« L’utilisation de ces cibles ne semble pas correcte, » affirme Alex Vasquez, un agent du FBI retraité. « La police a plusieurs possibilités en termes de cibles [d’entraînement]. Je pense que la police doit être extrêmement prudente et attentive à certains problèmes qui peuvent être soulevés. »

Cette affaire intervient au moment où les relations entre la police et la communauté afro-américaine restent tendues après la mort de plusieurs Noirs tués par des agents de police blancs.

L’an dernier, des manifestation se sont produites à travers tous les Etats Unis après qu’un adolescent noir non armé, Michael Brown, avait été tué par la police à Ferguson dans le Missouri. Dans un incident distinct, Eric Garner est mort après avoir été maintenu dans une position asphyxiante interdite par un agent de police blanc. Dans les deux cas, un grand jury a décidé de ne pas inculper les policiers responsables.

Andell Brown

Andell Brown

« Ils peuvent créer une situation très dangereuse, » affirme l’avocat Andell Brown. « Et ça a été ancré dans votre subconscient et ça veut dire que quand quelqu’un [un policier] croise dans la rue Woody ou une autre personne, ça joue sur son processus de décision d’utiliser ou pas une force létale. »

Avant le nazi de Budapest, l’autre victoire de la mémoire de l’holocauste

17 juillet 2012

La lutte pour la mémoire de l’holocauste vient de faire une avancée significative avec la découverte à Budapest d’un ancien criminel nazi par une organisation de «chasseurs de nazis.»

D’accord, Lazslo Csatary, c’est son nom, s’est enfui, mais à mon avis il n’ira pas bien loin car le type en question a quand même 97 ans.

Toujours sur le front de la mémoire, l’affaire de ce quasi centenaire avait été précédée par celle d’une quasi nonagénaire poursuivie sans relâche par des gardiens de la mémoire de l’holocauste. Elle a peut-être échappé pour toujours à leurs griffes puisqu’elle est morte de sa belle mort en mai dernier.

Paix à son âme.

Le centre d’éducation à l’holocauste poursuit une femme de 88 ans qui se serait engagée à lui donner 1 million de dollars

par Tonya Alanez, Sun Sentinel (USA) 29 février 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Centre de Documentation et d’Education sur l’Holocauste qui est en difficulté financière veut qu’une femme  malade de 88 ans qui réside à Plantation honore la promesse de don de 1 million de dollars qu’elle lui aurait faite et a engagé des démarches dans sa procédure de tutelle, montrent des documents judiciaires.

La tutrice et les avocats d’Ada Feingold contestent cette promesse et affirment que le centre a harcelé sans relâche Feingold et a essayé de l’influencer pour qu’elle «rompe» la tutelle.

Le centre déclare que la tutrice et l’avocat interfèrent avec «le dessein charitable» de Feingold et qu’ils essayent «de faire en sorte que les projets philanthropique [de Feingold] ne soient pas entravés.»

Au cours de nombreuses années, Feingold a donné plus de 260 000 dollars au centre en plus des œuvres d’art produites par son défunt mari. Julian Feingold est décédé en 1990. Tous deux étaient des survivants de l’holocauste.

Feingold, qui vit avec une aide 24/24 possède des biens évalués à environ 5,5 millions de dollars, montrent les documents du tribunal.

Rebecca Fischer, l’avocate qui représente la tutrice de Feingold, Zipora Geva, affirme qu’elle n’a « jamais au grand jamais vu une organisation à but non lucratif poursuivre une personne comme ils le font [avec Feingold].»

Le centre risque de subir une saisie pour défaut de remboursement à [la ville de] Hollywood de plus de 260 000 dollars de crédits pour son immeuble de trois étages sur Harrison Street. Le procureur de la ville, Jeff Sheffel a indiqué qu’il allait engager une procédure de saisie contre le centre à la fin de cette semaine.

Musée de l’holocauste à Hollywood (Floride)

L’avocat du centre, Alan Cohn, de Greenspoon Marder, a affirmé que le dossier Feingold « n’avait absolument rien à voir avec» le contentieux du centre avec la ville.

Il s’agit de concrétiser «un engagement juridiquement contraignant» qu’un donateur de longue date a fait au centre il y a près d’une dizaine d’années, a déclaré Cohn.

Les pièces centrales du dossier sont deux lettres adressées par le centre à Feingold qui précisent [le donation] et la remercient pour sa promesse de 1 million de dollars. Les eux lettres ont été signées par Feingold, l’une en 2003 et l’autre en 2010.

Geva, une cousine de Julian [le mari décédé de Mme Feingold] affirme que les poursuites engagées par le centre contre sa parente malade sont inconvenantes. «C’est vraiment choquant,» a-t-elle dit.

Le musée de l’Holocauste court le risque avec cette affaire de créer un effet dissuasif pour de futurs donateurs, déclare Daniel Borochoff, président de CharityWatch, une organisation de Chicago qui évalue les organisations caritatives à l’intention des bailleurs de fonds potentiels.

Une audience a eu lieu au tribunal de Broward pour déterminer si Feingold est mentalement incapable à cause de ses pertes de mémoire, de la maladie de Parkinson et des médicaments contre la douleur. Le juge Mel Grossman n’a pas encore statué.

500 dollars qui fâchent le lobby sioniste

14 novembre 2011

La communauté juive est une toute petite minorité aux Etats Unis, et en dehors de certaines villes ou Etats, son poids électoral est négligeable.

Elle est cependant incontournable pour trois raisons :

la première est que les organisations qui constituent le lobby sioniste peuvent abonder financièrement les campagnes électorales des candidats des deux grands partis américains. Ce lobby s’incarne dans l’AIPAC mais aussi dans des organisations supposées encourager la tolérance (Anti Defamation League, Centre Simon Wiesenthal) ou la « vérification » du traitement du conflit du proche Orient par la presse etc.

Ensuite, il faut souligner que le statut de lobby national et non représentatif d’intérêts étrangers qu’est celui de l’AIPAC lui donne une marge de manœuvre dont ne dispose absolument aucun autre groupe de pression lié à un pays étranger.

Enfin, les organismes qui constituent le lobby peuvent dénoncer les traitements déséquilibrés de ce conflit, mais ils peuvent eux-mêmes faire campagne par voie de presse en diffamant tel candidat ou en menaçant de sortir des dossiers gênants. Ils ne manquent pas de ressources au  niveau de la presse écrite et audio-visuelle.

Comme je le disais, le poids électoral juif est infime sauf en certains endroits (New York, Floride notamment) mais que ce poids soit significatif ou non, l’astuce des lobbyistes consiste à faire croire qu’ils contrôlent le vote des électeurs Juifs. Or, ce n’est vrai que très partiellement, sinon ils ne s’amuseraient pas, comme ils le font le plus souvent, à subventionner et acheter les candidats des deux camps.

Ces recettes d’un succès politique qui font qu’une bande de margoulins a pu prendre le contrôle des deux chambres parlementaires, les sionistes veulent éviter qu’un autre groupe minoritaire ne les adopte. Ils savent en effet fort bien qu’il est possible à des gens relativement peu nombreux mais bien organisés et disposant d’importantes ressources financières, de contrôler certaines orientations politiques d’un grand pays (non, ils ne contrôlent pas tout)..

C’est pourquoi ils cherchent à étouffer dans l’œuf toute tentative d’organisation d’un groupe de pression concurrent, que ce groupe soit juif mais sioniste trop modéré (J-Street) ou musulman comme on peut le voir dans l’article ci-dessous.

Il n’ya pourtant guère de chances que cela arrive, pas parce que les Musulmans des Etats Unis seraient pauvres (une bonne partie d’entre eux a un revenu des plus confortables) mais parce qu’aucune institution ne parviendra à en encadrer une fraction suffisante comme le font les sionistes. Ces derniers avaient en effet non seulement  trouvé des structures communautaires préexistantes aux Etats Unis mais surtout n’avaient fait face à aucune opposition déterminée, en dehors de celle qu’ils avaient rencontrée dans la communauté juive elle-même, une opposition qui s’effacera avec l’aggravation des persécutions nazies.

Le roman policier autour  d’une donation au sénateur Bill Nelson en dit long sur la lutte pour le vote juif

par Marc Caputo, Miami-Herald (USA) 11 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaîri

Signe de la lute pour le vote juif, la campagne électorale du sénateur Bill Nelson tourne au roman policier que une contribution politique [financière NdT] faite par un militant islamiste qui a qualifié Israël de «Etat terroriste.»

L’équipe de campagne de Nelson affirme avoir rejeté ce don de 500 dollars effectué lors d’une collecte le 22 octobre par le militant Ahmed Bedier ; à cause de ses critiques virulentes contre Israël.

Mais Bedier dit qu’en premier lieu, il n’a jamais donné cette contribution. Donc il n’y a rien eu à rejeter. L’organisatrice de l’événement [la collecte], la pharmacienne d’Ocala Manal Fakhoury déclare que Bedier dit la vérité.

“Il n’a pas donné d’argent,” explique Fakhoury qui a organisé la collecte auprès de 60 personnes qu’elle a accueillies chez elle. «J’ai vu la liste» des donateurs.

Quel que soit celui qui dit la vérité, cette controverse expose le jeu d’équilibriste des politiciens quand leur nom se retrouve associé même fortuitement à celui de militants islamiques dans un Etat avec une importante et influente population juive qui penche généralement vers le parti Démocrate.

Les Républicains ont mis beaucoup d’ardeur à orienter plus de soutien juif vers le Grand Old Party en affirmant que les Démocrates étaient trop mous sur Israël.

Au moment même où la dispute Nelson – Bedier était révélée la semaine dernière par un site web de tendance conservatrice dédié à la surveillance de l’extrémisme islamique [comprenez que c’est un site sioniste et qu’il y a beaucoup d’argent à la clef pour celui qui l’anime, NdT], le président Obama s’attirait les foudres des faucons et des conservateurs Israëliens pour n’avoir pas repris le président Français Nicolas Sarkozy quand, par accident, on l’a entendu dire au président Démocrate que le premier ministre d’Israël est un «menteur.»

Nelson a fait beaucoup d’efforts pour se construire une image de pro-Israël. Des organisations conservatrices comme la Republican Jewish Coalition – liée au concurrent de Nelson, Adam Hasner de Deltray Beach, un ancien leader Républicain à l’assemblée de l’Etat – affirment que Nelson n’a pas assez soutenu Israël.

Les conservateurs ont été prompts à critiquer Nelson pour le simple fait d’être apparu à côté de Bedier, un porte parole très en vue de la communauté arabe active politiquement et en plein essor dans la région de Tampa Bay, un terrain propice à la controverse.

Bedier a acquis une certaine notoriété et infamie politiques [?!] pour ses appels publics à un traitement et à un procès équitables pour l’ancien professeur de l’université de South Florida Sami Al-Arian qui avait été accusé par une juridiction fédérale d’aider des terroristes.

Un jury avait acquitté Al-Arian de huit des accusations retenues mais n’avait pu se départager sur neuf autres chefs d’inculpation avant qu’Al-Arian plaide coupable pour l’accusation d’avoir aidé des associés d’une organisation terroriste dans des activités non violentes.

L’affaire Al-Arian  avait été, avant le verdict final, au centre de la compétition sénatoriale dans laquelle la Démocrate Betty Castor avait perdu de peu contre Mel Martinez. Castor avait été très critiquée pour ne pas avoir fait plus pour licencier Al6Arian quand il était professeur à l’époque où elle était à la tête de l’université de South Florida.

Les liens d’Al-Arian avec le djihad islamique palestinien ont été exposés publiquement pour la première fois dans une émission de la télévision publique PBS par Steve Emerson, un journaliste devenu un spécialiste du terrorisme et qui a fondé une organisation baptisée l’ Investigative Project on Terrorism.

[Marc Caputo feint d’ignorer le verdict qu’il a pourtant lui-même évoqué et la condamnation seulement sur une charge mineure dans le cadre d’un plaider coupable accepté par un Al-Arian qui n’était qu’un professeur et pas un terroriste, NdT],

Ce mercredi, l’Investigative Project on Terrorism a laissé sa marque sur la course pour le sénat de cette année en mettant en ligne un article traitant de la collecte de fonds de Nelson et qui présente Bedier comme « un militant de haut niveau lié à une des organisations politiques islamistes les plus connues.» Cette organisation est le  Council on American-Islamic Relations (CAIR), dont Bedier avait assume la direction à Tampa.

Ses détracteurs qualifient CAIR d’organisation  qui a de la sympathie pour les terroristes sur la base de preuves lors d’un procès fédéral à Dallas en 2008 sur un soutien apporté au Hamas. Les responsables de CAIR expliquent que chaque organisation régionale est autonome et qu’ils sont une organisation pour les droits civiques qui est victime de l’intolérance antimusulmane. La méfiance envers CAIR est si forte chez les conservateurs que le directeur de sa branche en Floride du Sud s’était vu empêché de devenir membre du comité exécutif républicain de Broward.

Dans son article, l’Investigative Project citait des propos du bureau et de l’équipe de campagne de Nelson selon lesquels Bedier aurait contribué à hauteur de 500 dollars, mais que le chèque avait été retourné. Un article paru peu après dans la Tampa Tribune affirmait aussi que le chèque non encaissé avait été restitué.

Bedier affirme que ça n’a pas été le cas.

«C’est un mensonge,” dit-il. « je n’ai jamais établi de chèque. Je n’ai jamais contribué financièrement pour lui. Où sont les preuves que je lui ai donné de l’argent ?»

Le porte parole de campagne de Bedier, Christopher Robinson, a refusé de parler de cette affaire et n’a donné que quelques détails succincts  par email.

Un responsable financier de la campagne de Nelson a répété que le chèque avait été retourné après qu’une recherché sur internet a révélé les déclarations de Bedier sur la pratique du «terrorisme» par Israël. Bedier avait tenu ces propos pour protester contre la manière sont Israël avait traité les Palestiniens et les Libanais durant une invasion en 2006  [et 2008-2009, NdT] pour stopper les attaques terroristes.

Se référant à la page Facebook de Bedier, l’ Investigative Project a présenté Bedier comme un co-organisateur de la collecte de fonds. Bedier le nie. L’organisatrice de l’événement, Mme Fakhoury, affirme que Bedier ne faisait pas partie de l’organisation. Fakhoury s’est associée à la nouvelle organisation caritative de Bedier, United Voices of America, qui veut accroître l’implication des minorités et des Musulmans dans la vie politique.

A la question se savoir pourquoi il assistait à l’opération de collecte de fonds s’il n’a pas donné d’argent, Bedier répond que beaucoup des personnes présentes étaient des Musulmans qui voulaient s’assurer que Nelson batte son opposant Républicain, Hasner, qui a à plusieurs reprises protesté contre CAIR et Bedier, et s’est vanté d’avoir quitté l’assemblée du parlement de Floride au moment d’une prière dite par un imam Musulman venu à l’invitation de Jim Waldman, un Juif démocrate de Coconut Creek.

“Collecter de l’argent pour le sénateur Nelson afin qu’il puisse botter le postérieur d’Adam hasner,” déclare Bedier sur sa page Facebook.

Les arguments de la campagne de Hasner  suggèrent que Nelson était satisfait d’être associé à Bedier que le sénateur a rencontré pendant l’été, avant d’être attrapé par l’Investigative Project.

«C’est une accusation politique entièrement bidon,é répond le porte parole du bureau de Nelson au Sénat, Dan McLaughlin qui, par coîncidence, avait travaillé à la campagne de Castor en 2004. « Toute sa vie, Bill Nelson a été un partisan résolu d’Israël. C’est da la diffamation politique xénophobe.»

 Le porte parole d’Hasner, Rick Wilson, affirme que Nelson essaye simplement de «dissimuler son indifférence et son ignorance abyssales sur Israël. Le fait est que la politique vis-à-vis d’Israël n’est qu’un domaine de plus dans lequel Bill Nelson n’est qu’un beni oui-oui éhonté pour l’agenda du président Obama.»

Mais pour Bedier, Nelson est trop favorable à Israël.

«Le sénateur Nelson et moi-même différons sur de nombreux sujets, » explique Bedier. « Je ne partage pas ses opinions sur Israël.»


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