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Traduction de l’article du New Yorker: « Comment le scandale Tariq Ramadan a fait dérailler le mouvement #Balancetonporc en France »

2 décembre 2017

L’affaire Harvey Weinstein a amené une certaine libération de la parole aux Etats Unis chez des femmes, comédiennes, journalistes etc., qui ont été victimes d’abus sexuels, allant de la main aux fesses au viol caractérisé, de la part d’hommes puissants, producteurs, présentateurs TV, politiciens et même acteurs.

Cette libération de la parole a traversé l’Atlantique pour s’inviter en France mais, du fait de la personnalité d’un des hommes ciblés par une puis plusieurs accusations, le débat public a rapidement dérivé de l’oppression exercée sur des femmes par des hommes puissants, le plus souvent avec la complaisance du système politico-médiatique, vers la stigmatisation d’une oppression de la gent féminine qui serait une spécificité de l’Islam.

L’accusé en question est évidemment Tariq Ramadan, bête noire de la droite traditionnelle mais aussi de la gauche laïcarde qu’incarnent des personnalités comme Caroline Fourest et manuel Valls.

Cette dérive est analysée de manière précise par Adam Shatz dans un article qui a rencontré un écho certain chez ceux qui, tout en admettant évidemment que M. Ramadan soit sanctionné pénalement si les faits qui lui sont reprochés sont avérés, n’acceptent pas que les errements réels ou supposés de l’islamologue suisse soient l’occasion d’une accentuation de la campagne qui vise à stigmatiser la communauté musulmane française ou même au rejet de toute démarche venue de l’intérieur de l’Islam visant à mobiliser les membres d’une communauté en vue de l’exercice d’une citoyenneté respectueuse des lois du pays tout en vivant harmonieusement sa foi.

Je le dis d’autant plus aisément que, même si je ne suis pas du tout musulman pratiquant, je comprends parfaitement les enjeux considérables qu’a pointés mieux que beaucoup d’autres Tariq Ramadan. Adam Shatz rappelle à juste titre que ce qui a suscité la haine féroce que vouent des personnes comme Caroline Fourest à l’encontre de Tariq ramadan c’est qu’il a souligné la possibilité de concilier citoyenneté française et spiritualité musulmane sur la base du fait que l’Islam et la communauté musulmane, les Musulmans eux-mêmes, sont des données de la société française et non des éléments allogènes.

Or la représentation de l’Islam comme un phénomène allogène est ce qui permet à certains d’en parler en des termes qui scandaliseraient s’ils portaient sur une autre communauté religieuse et d’exiger, eux les « laïques », que cette religion se naturalise en quelque sorte.

Les accusations contre Tariq Ramadan, si elles correspondent à la réalité, et même si ce n’est pas le cas sans doute, risquent de porter un coup fatal à une approche qui, loin du prétendu double-discours dénoncé par Caroline Fourest, propose un socle minimal pour que tous les habitants de ce pays puissent cheminer ensemble quelles que soient leurs convictions religieuses.

Cette affaire a cependant permis aussi de constater de manière claire que Tariq Ramadan n’a pas que des amis parmi les Musulmans. Son discours est en effet jugé trop conservateur pour ceux qui prétendent concilier leur foi avec des valeurs de gauche, trop progressiste pour d’autres tel le fameux « Etat Islamique » pour qui M. Ramadan est un apostat.

J’ignore si M. Ramadan est coupable d’un ou plusieurs des crimes et délits dont on l’accuse. J’espère que non, mais la justice doit passer et si crime il y a il ne doit pas rester impuni.

Certes, M. Ramadan ne renvoie pas l’image d’un agresseur sadique mais c’est le propre de certains délinquants, sexuels ou autres, de renvoyer une image lisse et de garder un calme semble-t-il à toute épreuve tant que leur culpabilité n’a pas été démontrée. Et encore…

Comment le scandale Tariq Ramadan a fait dérailler le mouvement #Balancetonporc en France

par Adam Shatz, The New Yorker (USA) 29 novembre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Peu après la formation du mouvement #MeToo aux Etats Unis, en réaction au scandale Harvey Weinstein, « #Balancetonporc  » a surgi en France. L’effet en a été un coup sans précédent porté à ce que Sabrina Kassa  a appelé le « ventre patriarcal » d’un pays où le harcèlement et d’autres crimes sexuels ont souvent été dissimulés ou balayés par un discours gaulois sur le flirt et le libertinage.. En 2008, Dominique Strauss-Kahn, qui était le Président Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI), avait été l’objet d’une enquête interne du FMI suite à des allégations selon lesquelles il aurait contraint une subordonnée à avoir des relations sexuelles avec lui. Bien qu’il se soit excusé pour une « erreur de jugement », la presse française avait célébré en lui « le grand séducteur. » S’il n’avait pas été arrêté à New York en 2011 sur des accusations (qui seront ensuite abandonnées) d’avoir violé Nefissatou Diallo, une femme de chambre, dans la suite présidentielle de l’hôtel Sofitel, Strauss-Kahn, une personnalité influente du Parti Socialiste, aurait pu être élu président de la France en 2012.

Le mouvement #Balancetonporc a dénoncé des personnalités du monde des affaires, du divertissement et des médias, mais le scandale le plus médiatisé a été celui de Tariq Ramadan, un intellectuel et activiste musulman accusé de viol et d’abus sexuels par plusieurs femmes. (Ramadan nie toutes ces allégations) Ramadan est une figure controversée en France depuis plus d’une vingtaine d’années – une sorte écran projectif, ou de test de Rorschach pour les angoisses nationales autour de la « question musulmane ». Comme Strauss-Kahn, il a souvent été dépeint comme un séducteur, mais cette caractérisation n’était pas entendue comme un compliment : il est accusé depuis longtemps d’avoir dangereusement envoûté les jeunes membres de la population musulmane française, fragilisant ainsi leur acceptation es normes françaises, en particulier celles qui touchent à la laïcité, au genre et à la sexualité.

Né en 1962 en Suisse, Ramadan est le fils de Saïd Ramadan, un dirigeant exilé des Frères Musulmans qui était le gendre d’Hassan al-Banna, le fondateur de la confrérie. Tariq Ramadan, qui n’est pas membre des Frères Musulmans, est néanmoins un conservateur religieux – un « salafiste réformiste » selon ses propres termes – qui prêche depuis longtemps les vertus de la pudeur chez les femmes dans l’habillement et le comportement sexuel. (Son frère Hani Ramadan est connu pour son approbation de la lapidation des femmes adultères, sa haine des homosexuels et sa conviction que les attentats du 11 septembre étaient une conspiration occidentale)

Dans les années 1990, Tariq ramadan a attiré un public parmi les Musulmans français, aussi bien dans les banlieues que dans les classes moyennes. Son message était simple, révolutionnaire et électrisant : l’islam faisait déjà partie de la France, et donc les citoyens musulmans n’avaient nulle obligation de choisir entre leurs identités. Ils pouvaient pratiquer leur foi librement, même de façon stricte, et pourtant rester Français tant qu’ils respectaient les lois du pays. Les Musulmans français, soutenait-il, devaient dépasser leur « mentalité de victimes » et se prévaloir en même temps de leur foi et de leur francité. Dans le même temps, la France devrait reconnaître que l’islam est une religion française ; les citoyens musulmans n’ont guère besoin d' »assimilation » dans un pays qui est déjà le leur, une notion paternaliste enracinée dans l’histoire coloniale de la France. Il ne contestait pas la laïcité, la modalité française de la sécularisation, mais il affirmait qu’elle était appliquée de manière discriminatoire contre les Musulmans, en particulier en matière de port du foulard qui a été en définitive interdit dans les écoles publiques en 2004.

Ramadan, avec sa barbe élégamment taillée, ses vestes de sport et ses chemises ouvertes, offre une silhouette charismatique et plutôt lisse. (Il a sans doute l’inspiré le personnage de Mohamed Ben Abbes, le Musulman qui devient président de la France dans le roman de Michel Houellebecq  » Soumission. »)  Sorte de Bernard-Henri Lévy musulman, il semblait être aussi à l’aise avec le jargon de l’intellectualisme parisien qu’avec celui du Coran. Bien que n’étant pas de gauche, Ramadan a gagné le respect de certaines de ses personnalités les plus prestigieuses, dont Edwy Plenel, l’ancien rédacteur en chef du Monde et fondateur et rédacteur en chef de Mediapart ; Alain Gresh, l’ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique ; et le sociologue Edgar Morin. Lorsque Ramadan prenait la parole, des politiciens et des journalistes, des célébrités et des commerçants musulmans, des imams et des militants altermondialistes l’écoutaient. Au début des années 2000, il jonglait avec tant de publics que, comme l’avait dit l’expert de l’Islam Bernard Godard, un ancien fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, il semblait être en même temps « partout ». . . et nulle part.

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Puis, en 2003, au sommet de son influence, la démarche de Ramadan pour se rapprocher de l’intelligentsia française a commencé à se déliter. Il avait d’abord provoqué un tollé avec un article accusant un groupe d’intellectuels « juifs » de renom – dont l’un n’était pas, en fait, juif – d’avoir abandonné les principes universalistes pour défendre les intérêts juifs et israéliens. L’indignation avait été encore plus forte quand, pendant un débat télévisé avec Nicolas Sarkozy, qui était alors ministre de l’Intérieur, il avait déclaré être en faveur d’un « moratoire », mais pas d’une interdiction, de la lapidation des femmes en cas d’adultère. Ramadan avait dit clairement être personnellement opposé à cette pratique mais, en tant que théologien musulman avait-il expliqué, « Vous ne pouvez pas décider tout seul d’être progressiste sans les communautés, c’est trop facile. »

Dans « Frère Tariq », un livre publié en 2004, la journaliste Caroline Fourest avait dressé le portrait scabreux d’un Ramadan membre irréductible des Frères Musulmans qui « joue sur la faiblesse de la démocratie pour promouvoir un projet politique totalitaire ». Peu importe si Ramadan n’a pas fait mystère de ses convictions, même sur ce problème controversé de la lapidation : il pratiquait ce que Mme Fourest qualifiait de « double discours ». S’il plaidait pour le respect de la loi française à côté de l’observance de l’Islam, c’était une preuve supplémentaire de ses intentions malveillantes. Depuis lors, l’élite française en est venue à considérer Ramadan comme un danger, qui pousse les Musulmans marginalisés des banlieues agitées à l’islamisation et même vers le djihadisme. Ramadan a eu des difficultés à organiser des réunions publiques avec ceux qui le soutiennent en France ; sa tentative l’an dernier de demander la citoyenneté française (sa femme est de nationalité française) a échoué. En 2009, il a pris une chaire à Oxford – financée par l’émirat du Qatar à travers une de ses fondations – et il passe maintenant beaucoup de temps à Doha où il dirige un centre de droit et d’éthique islamiques subventionné par le gouvernement. Ces temps-ci, ses interlocuteurs ont plus de chance d’être des clercs orthodoxes que des intellectuels européens.  La plupart des Musulmans français se sont soit lassés de son culte de la personnalité un peu lourd, soit détournés de lui. Quant aux djihadistes de l’Etat Islamique (Daesh) avec lesquels certains théoriciens du complot de droite pensent qu’il est de mèche, ils l’ont condamné pour apostasie à cause de sa croyance en la démocratie.

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Caroline Fourest

Ramadan semblait sur le point de devenir un has-been-quoique avec deux millions de fans sur Facebook – quand, le 20 octobre, une musulmane de quarante ans nommée Henda Ayari l’a publiquement accusé, entre autres, de l’avoir violée dans une chambre d’hôtel à Paris en 2012. Mme Ayari, qui a depuis reçu des menaces de mort, est une ancienne salafiste qui a rompu avec l’Islam et est devenue une féministe engagée et laïque à la française. Elle est une sorte d’héroïne dans les cercles d’extrême-droite de la fachosphère, où l’islamophobie est un ticket d’entrée. (« Soit tu es voilé, soit tu es violée », a-t-elle dit sur la condition des femmes dans l’Islam.) Les affiliations politiques d’Ayari ont fait se froncer quelques sourcils, mais une semaine plus tard, une femme identifiée par le prénom « Christelle », une Française convertie à l’Islam, affirmait que Ramadan l’avait violée dans une chambre d’hôtel en 2009. Sept jours plus tard, de nouvelles accusations ont été portées, cette fois par trois anciennes étudiantes de Ramadan que ce dernier aurait violées quand elles étaient âgées entre quinze et dix-huit ans. Selon de nombreuses sources, les récits [d’agressions sexuelles] se multiplient.

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Henda Ayari avant (à droite) et après

Et pourtant, l’affaire Ramadan n’a jamais porté simplement sur le fait de savoir si Ramadan avait ou non commis les crimes dont il est accusé, ni même sur les souffrances qu’il aurait infligées à ses accusatrices. Ramadan, qui s’est mis en congé d’Oxford, dit être victime d’une campagne de diffamation. Ses plus proches partisans ont hurlé à la conspiration sioniste, une théorie reprise par Hani, son fondamentaliste de frère. Les adversaires de Ramadan dans l’establishment français ont vite fait de s’emparer de ces accusations comme d’une bonne occasion pour discréditer leurs propres détracteurs. Le 5 novembre, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, sous la présidence de François Hollande, dénonçait les intellectuels qui dialoguaient avec Ramadan comme «complices» de ses crimes présumés. Valls, fils d’immigrants espagnols, est un laïciste intransigeant qui a contribué à introduire la démagogie antimusulmane, ainsi que des préjugés anti-Roms, dans le Parti Socialiste. (Il a présenté le concept même de l’islamophobie comme étant le «cheval de Troie» des salafistes.) En tant que Premier ministre, il a aidé à faire adopter les mesures d’urgence temporaires annoncées après les attentats terroristes de 2015, dont certaines ont été transcrites dans la loi. Et donc normalisées, sous le président Emmanuel Macron.

© MARTIN BUREAU / AFP

Manuel Valls est aujourd’hui un islamologue réputé

Valls n’avait jamais auparavant exprimé beaucoup d’inquiétude pour les victimes de crimes sexuels commis par des hommes puissants. En fait, il avait déploré la «cruauté insupportable» de l’arrestation de Strauss-Kahn à New York. (Quelques membres du Parti socialiste, dont Strauss-Kahn lui-même, ont prétendu avoir été victimes d’un complot orchestré par le président Sarkozy, qui voyait Strauss-Kahn comme une menace à sa réélection. Sarkozy a nié ces allégations). Mais début octobre, Valls a condamné les journalistes de Mediapart en tant que compagnons de route de gauche de l’Islam politique ; par la suite, il a insinué que Plenel avait délibérément caché ce qu’il savait des dépravations sexuelles de Ramadan. (Valls n’a proféré aucune accusation publique contre Bernard Godard, qui travaillait sous son autorité au ministère de l’Intérieur, ou Caroline Fourest, bien que tous deux aient admis avoir au courant des rumeurs sur les mauvais traitements infligés aux femmes par Ramadan.) Ce n’est peut-être pas une coïncidence si Plenel, le président de Mediapart», avait étrillé Valls dans son livre de 2014, «Pour les musulmans», une critique éloquente de l’islamophobie dans la vie publique française, inspirée par le « Pour les juifs » d’Emile Zola publié en 1896, une dénonciation de l’antisémitisme. En fait, Plenel a pris la responsabilité de publier un portrait en cinq parties de Ramadan, par Mathieu Magnaudeix, qui le dépeint comme un « show man » autoritaire et égoïste qui « construit sa renommée sur un mélange de mauvais buzz (contre l’élite) et une séduction digne des meilleurs télévangélistes

Plenel a insisté sur le fait qu’il n’avait rien su de l’inconduite de Ramadan, ajoutant que l’un des dossiers les plus complets sur ce que Mediapart a appelé le « système Ramadan » était paru dans Mediapart à peine une semaine après le scandale. Mais le magazine satirique français Charlie Hebdo a promptement recyclé les accusations de Valls contre Plenel. Depuis le massacre perpétré dans ses locaux, en janvier 2015, Charlie Hebdo a acquis une auréole de martyre, et  » Je Suis Charlie » est devenu une devise presque aussi sacrée que » liberté, égalité, fraternité « . En même temps, le magazine est devenu de plus en plus provocateur dans sa parodie de tout ce qui touche aux musulmans ou à l’islam. La couverture du numéro du 8 novembre comportait une grille de quatre caricatures de Plenel, sous le titre « affaire Ramadan, Mediapart révèle : » Nous ne savions pas.  » Dans les dessins, il couvre sa bouche, cache ses yeux et se bouche les oreilles, les trois singes qui ne parlent pas, ne voient pas, n’entendent pas le mal. (Charlie a également publié une couverture sur laquelle Ramadan se déclare le « sixième pilier de l’Islam », tandis qu’une énorme érection gonfle son pantalon.) En quelques semaines, l’affaire Ramadan s’est transformée en l’affaire Plenel-Valls- Charlie : un débattre qui porte moins sur Ramadan et son traitement des femmes que sur des intellectuels français, leurs relations avec Ramadan et leurs points de vue sur l’islam dans la société française.

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Philippe Val, ancien rédac chef de Charlie Hebdo, aurait appris par la police que son ami et collaborateur Patrick Font était un pédophile

Sur Twitter, Plenel a tourné en dérision la caricature comparée à une  » affiche rouge », par allusion à la fameuse affiche rouge placardée par les occupants allemands à Paris, en 1944, dans le cadre de leurs efforts pour dénigrer un groupe de résistants présenté comme une « conspiration étrangère contre la vie française.  » La première page de Charlie, soutenait-il, était le prolongement d’une » campagne générale « . . . de guerre contre les Musulmans « en France. En réponse, Laurent (Riss) Sourisseau, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, a accusé Plenel de « condamner Charlie à mort une seconde fois ». Accuser Charlie d’exciter la haine antimusulmane, comme l’a fait Plenel, c’est risquer d’être accusé d’incitation [à la haine raciale], comme Valls le savait sûrement quand, le 15 novembre, il déclara au sujet, de Mediapart : « Je veux qu’ils soient écartés du débat public ».

Pour beaucoup en France, la culpabilité présumée de Ramadan n’était pas tant la preuve de la prévalence d’un comportement misogyne en France, ni d’une trahison de ses obligations religieuses, mais la preuve en fait qu’il n’était pas différent des autres «obscurantistes islamiques» qui prêchaient la pudeur aux femmes tout en en tirant cruellement avantage, comme le soutenait Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale du Monde , dans une tribune pour le New York Times. Ce prisme a une histoire aussi vieille que le colonialisme français. Comme l’explique Joan Wallach Scott dans son nouveau livre, « Sex and Secularism », la représentation du patriarche musulman répressif et pourtant lubrique a longtemps servi à détourner l’attention de la discrimination subie par les femmes dans la société française, tout comme la prétendue « situation abjecte » des femmes musulmanes tenait lieu d' »‘antithèse de tout ce que » l’égalité « signifie en Occident. »

Ces dernières années, les Musulmans en France ont découvert qu’il ne suffit pas de respecter les lois françaises : pour appartenir vraiment à la France, ils doivent dénoncer les mauvais musulmans, rendre grâce à Charlie et autres démonstrations de loyauté, tout comme leurs ancêtres dans l’Afrique coloniale du Nord et de l’Ouest avaient appris à honorer «nos ancêtres, les Gaulois». Plus ils sont français, plus leur francité, leur capacité à «s’assimiler» semble être mise en question, ce qui a accentué leur sentiment d’aliénation. Les organisations et les institutions musulmanes se sont largement abstenues de commenter le scandale Tariq Ramadan – un silence qui, pour certains, vaut expression de solidarité avec un compatriote musulman longtemps dénigré en France. Les autres qui ont été invités à commenter publiquement l’affaire du Ramadan ont choisi de rester silencieux à cause de leur sentiment de malaise, ou peut-être d’irritation, d’être convoqués pour passer un autre test décisif pour prouver leur valeur en tant que citoyens, ou à cause de l' »islamisation » de l’affaire. Une affaire dans laquelle Ramadan est soit perçu comme la victime d’une conspiration antimusulmane, soit comme un symbole de la violence sexuelle musulmane.

Lallab, une association féministe musulmane, n’a jamais été invitée à commenter #balancetonporc, mais a immédiatement été soumise à la pression des médias pour répondre aux accusations contre Ramadan. C’était, a écrit une porte-parole, « comme si nous étions musulmanes avant d’être des femmes. . . Comme si nous avions seulement le droit légitime de dénoncer la violence commise par d’autres Musulmans. »

Un autre produit de cette aliénation historique fut la naissance, en 2005, du Parti des Indigènes de la République, un groupuscule composé en grande partie de militants originaires d’Afrique du Nord et de l’Ouest qui brandissent leur aliénation de la société française comme un titre de fierté. Le PIR considère les musulmans français et les autres personnes de couleur comme des citoyens colonisés à l’intérieur, d’éternels citoyens de seconde zone, et préconise une politique de séparatisme beaucoup plus radicale que le message d’inclusion de Ramadan. Houria Bouteldja, la porte-parole charismatique du Parti, a connu la notoriété ces dernières années pour sa défense des hommes musulmans accusés de violences sexuelles. Elle a fait valoir que, face à la «virilité alimentée par la testostérone chez les hommes indigènes», les femmes de couleur devraient rechercher son côté rédempteur, «la partie qui résiste à la domination coloniale», et rester avec leurs frères. Mais les nombreuses accusations portées contre « Frère Tariq » semblent avoir amené Bouteldja à faire une pause. Dans une déclaration laconique et inhabituellement mesurée sur Facebook, elle a mis en garde contre « l’instrumentalisation raciste de cette affaire » mais dit aussi que la justice devra décider « si les faits sont avérés et si Henda Ayari a été honnête dans sa démarche. »

Alors que la plupart des commentateurs de l’affaire Ramadan ont été – comme c’est souvent le cas avec les discussions sur l’islam, la laïcité et le terrorisme en France – blancs et masculins, certaines des idées les plus importantes sur le scandale viennent des féministes musulmanes qui sont consternés par les préjugés de Valls et de Charlie, et déçues par l’apparente indifférence de Bouteldja envers les victimes d’abus sexuels. Pour elles, le scandale exemplifie la nécessité d’une sorte d’«intersectionnalité» ou de compréhension de la nature imbriquée de l’oppression raciste et sexiste, qui fait partie du discours féministe aux États-Unis depuis la fin des années quatre-vingt. Comme l’écrit Souad Betka dans un essai publié dans le magazine en ligne Les Mots Sont Importants, «nous les féministes musulmanes refusons de sacrifier la lutte contre le sexisme et la violence patriarcale à celle contre le racisme. » «Depuis plus de cinq ans, de nombreuses militantes associatives musulmanes de mon entourage m’ont témoigné avoir été victimes d’insultes, de manipulation et de harcèlement sexuel de la part de cet homme» [Tariq Ramadan]. Mais les organisations antiracistes dans lesquels militaient ces femmes avaient choisi d’ignorer la violence sexuelle perpétrée par des hommes «indigènes» par crainte d’attiser l’islamophobie française. Il n’est dès lors pas surprenant que des femmes musulmanes comme Henda Ayari cherchent auprès d’écrivains comme «Caroline Fourest le soutien que d’autres, plus proches, tardent à leur apporter.». Pour une grande partie de la société française, écrit Betka : « un homme musulman est toujours plus qu’un homme. Il est l’arbre qui représente la forêt, faute de la cacher. Il est la forêt. »

Pour Manuel Valls et Charlie Hebdo, Ramadan représente la menace de la conquête islamique ; pour les partisans musulmans de Tariq Ramadan, il représente l’Oumma elle-même. Pour ceux qui sont coincé entre la manipulation raciste par Valls des crimes présumés de Ramadan et le déni des partisans de ce dernier, la position la plus radicale consiste à souligner le fait qu’il n’est qu’un homme.

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L’Angleterre teste l’interdiction du burkini sur une de ses plages

29 août 2016

On le sait, les arrêtés municipaux prohibant le port du burkini sur certaines plages françaises ont suscité de nombreuses réactions à l’étranger.

On a pu lire ainsi des articles dans la presse anglo-saxonne où s’exprimait, indépendamment des opinions personnelles sur cette tenue de bain dite islamique, un mélange d’étonnement et de sarcasme devant l’attitude de responsables politiques supposés oeuvrer pour que les citoyens jouissent de leurs libertés, notamment en matière de choix vestimentaires.

La plupart des commentateurs ont relevé le racisme qui est à la base aussi bien des arrêtés municipaux que des commentaires des responsables politiques qu’ils appartiennent à la majorité socialiste ou à l’opposition de droite. Les images de la femme musulmane contrainte par la police municipale niçoise de retirer son burkini a d’abord été diffusée par la presse anglaise avant d’être reprise par celle de l’Hexagone.

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Nice: des policiers municipaux armés obligent une femme à retirer son burkini

Des Anglais se sont quand même demandés comment les choses se passeraient si la Grande Bretagne adoptait une réglementation interdisant le burkini sur ses plages. A cette fin, relate le Daily Mirror, ils ont monté une petite expérience de simulation.

Trois comédiens participent à cette expérience sur la plage de Southend-on-Sea sur la mer du Nord.

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Southend-on-Sea se trouve non loin de Londres

L’un d’entre eux joue le rôle d’un agent de police en uniforme, l’autre joue le rôle d’une estivante en burkini tandis que le troisième filme en caméra cachée.

Le but est de voir comment vont réagir les autres personnes présentes sur la plage.

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Comédienne en burkini

Le faux policier approche donc la baigneuse en burkini à qui il demande de se lever avant de lui dire

« enlevez-le ; enlevez ce vêtement, vous n’avez pas le droit de porter ça à la plage, vous avez l’air d’une terroriste. »

La scène ne semble pas au départ éveiller l’attention des autres personnes présentes sur la plage. Les choses changent quand le faux policier touche la tête de la baigneuse en burkini pour essayer de lui retirer son hidjab.

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Ce couple « blanc » regarde la scène dans sa phase échange verbal

Deux femmes s’approchent alors en criant à l’adresse du faux policier qui se retrouve bientôt entouré d’une vingtaine de femmes furieuses.A tel point que le comédien, de peur de ne plus maîtriser la situation, se retrouve obligé de révéler, plus tôt que prévu, la supercherie à des femmes médusées et toujours sous le coup d’une émotion et d’une révoltes intenses.

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Le faux policier est cerné par des femmes en colère

Le Daily Mirror note cependant que TOUTES les femmes qui sont intervenues étaient des femmes d’origine asiatique et antillaise ou africaine.

Gardons nous toutefois de tirer des conclusions définitives de ce qui ressemble à une expérimentation de psychologie sociale mais qui n’en est pas une!

Reste qu’elle sonne des pistes pour construire une expérimentation plus rigoureuse.

 

« La haine ne porte pas toujours de hidjab ». Ni de burkini. Un article au vitriol du Daily Mirror

25 août 2016

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire cet article. Moins à le traduire, because l’humour british rend la mission plus compliquée. Le résultat n’est pas complètement satisfaisant mais je dois m’en contenter.

Le Daily Mirror est un tabloïd anglais  proche du Labour Party. Il tire à environ 900 000 exemplaires par jour. En France, seuls les journaux gratuits comme 20 Minutes ou Direct Matin arrivent à de tels tirages (le Mirror n’est pas distribué gratuitement).

Chère France : s’il te plaît, arrête de fabriquer de nouveaux terroristes en arrachant les foulards des femmes

The Daily Mirror (UK) 24 août 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

OPINION par FLEET STREETFOX [Fleet Street est le nom de la rue où siègent les principaux journaux anglais]

Fleet Street Fox écrit une lettre ouverte à ceux qui interdisent le burkini

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Femme verbalisée sur une plage pour port de burkini

Mes idiots Française, [sic]

Pour rester diplomate, je vous féliciterai pour votre vin, une bonne partie de votre nourriture et ne mentionnerai pas Jean Michel Jarre.

(Oops.)

Mais je dois vous dire certaines choses au sujet des terroristes au sujet desquels, en dépit du fait qu’ils vous prennent si souvent pour cibles, vous semblez ne pas savoir grand-chose.

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Y’en a une! Y’en a une! Ah non,alors!

Nous aimerions tous qu’il n’y ait pas de terroristes.

Ce qui ne veut pas dire faire le genre de choses qui augmente la probabilité que quelqu’un, le cerveau sous cachetons et animé de la rage de l’impuissant, décide de foncer avec son camion dans une foule de civils,

Les terroristes sont de mauvaises gens. Pas parce qu’ils sont nés mauvais mais parce qu’ils ont été rendus mauvais par des gens encore plus mauvais.

Le travail qui consiste à les convaincre d’être méchants est rendu 85 fois plus facile si le proto-terroriste a l’impression qu’on le considère comme un moins que rien.

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Psst Pierre! Y’a un garçon basané dans la rue avec un ballon. C’est sûrement une bombe!

Une des meilleures méthodes pour amener quelqu’un à ressentir l’humiliation totale est de lui ordonner de se déshabiller devant d’autres personnes.

Les Nazis procédaient ainsi avec leurs prisonniers dans les camps de concentration. Les Khmers Rouges faisaient ainsi avec les gens qui portaient des lunettes [réputés être des intellectuels, NdT]. Daesh le fait avec ses otages.

C’est mal [en français dans le texte], d’accord?

Et c’est pourquoi, mes petites chums [amies en parler du Québec] françaises, c’est incroyablement stupide de dire aux personnes dont vous pensez qu’elles sont des terroristes potentielles d’être plus dénudées qu’elle ne le veulent..

C’est encore plus stupide quand vous considérez le fait que les dames en question :

  1. Ne sont pas des terroristes
  2. Ne cachent pas d’armes dans leurs manches [l’auteur fait un jeu de mot intraduisible qui joue sur le fait qu’en anglais le mot « arm » a le sens de bras ou d’arme selon le contexte].
  3. Et qu’à la base, porter un chapeau, un T-shirt et des leggings qui sont, d’après ce que j’ai pu constater moi-même la dernière fois, sont exactement le genre de vêtements que portent aussi vos agents de police, les habitants de votre pays et les touristes quand ils sont à la plage.
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Mme Nigella Lawson (présentatrice vedette de la télévision britannique), au cas où vous vous poseriez des questions, déteste le soleil par opposition à la liberté

Beaucoup d’entre nous peuvent regarder comme chose admirable votre volonté d’être une nation laïque [secular].

Mais si vous commencez à faire se déshabiller des femmes musulmanes qui veulent recouvrir certaines parties de leur corps, pour être justes vous devrez faire la même chose avec les nonnes, les membres de Hare Krishna, les femmes juives orthodoxes, les catholiques pendant la messe et, eh oui, les imams et les évêques aussi.

Et au sommet des réfractaires aux coups de soleil, les surfeurs dans leurs combinaisons, les mamans de tous les jours, les obèses, les poivrots, les policiers casqués, les personnels sur les routes avec leurs casques de sécurité,  les vieilles dames grecques, les grands-mères et tout ce qui porte un sari.

Et allez-vous sérieusement dire à chaque femme de retirer ses vêtements avant qu’elle puisse rencontrer le Pape lors de sa prochaine visité.

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Vos couvre-chefs sont peut-être des rampes de lancement de missiles, mesdames. Ôtez-les!

Les femmes qui portent un hidjab le font sans doute pour nombre de raisons. La meilleure manière de savoir si elles ont été forcées à le porter, c’est de le leur DEMANDER, pas de leur arracher leurs foulards par la force de la loi et de leur infliger une amende pour ce privilège [en anglais ce mot signifie aussi la faculté de savoir ce que quelqu’un pense].

Il se peut aussi qu’il vous vienne à l’idée que de nombreuses femmes CHOISISSENT d’en porter un – comme le font les nonnes, par pudeur – ou pour des raisons sociales.

Si vous souhaitez que les femmes montrent leurs cheveux, la meilleure façon d’y parvenir est de leur dire qu’elles ont de beaux cheveux.

Humilier une femme du fait de son apparence n’est pas la meilleur manière e l’amener à porter un bikini.

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Bien que vous pourriez essayer avec certains hommes, comme Peter Stringfellow si ça vous chantait

Une autre façon de faire serait de la laisser vivre dans un pays où elle a la liberté de choisir.

Parce que changer un code vestimentaire strict en imposant, euh, un autre code vestimentaire strict ne permettra pas d’emporter la conviction.

D’ailleurs, il y a cent ans de cela, nous couvrions toutes nos têtes.

Voyez-vous, cette dame sur la plage qui a commis le crime affreux de ne pas s’habiller comme Peter Stringfellow est mère de deux enfants.

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Je pense. I think.

Elle a probablement aussi un mari, un père, un frère, des cousins. Tous seront marqués par l’humiliation publique qu’elle a subie.

Et qui, s’ils ne pensaient pas déjà que la France les traitait mal, pourraient se mettre à le penser désormais.

Et si ce n’était pas le cas, ceux qui ont lu sur cette affaire ou vu les photos pourraient se mettre à le penser.

Et s’ils ne le faisaient pas, vous pouvez parier votre dernier franc que les vraies méchants qui cherchent à transformer les autres en terroristes agiteront ces photos au visage de leurs acolytes avant dîner [en français dans le texte].

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Imaginez si quelqu’un avait fait ça à la maman de la pub Oxo (marque d’ustensiles de cuisine)

Après tout, vous ne forceriez pas une nonne à se déshabiller, vous ne retireriez pas le turban de la tête d’un Sikh, ou vous ne rabaisseriez pas le chapelet de prière d’un Bouddhiste

C’est le genre de choses que font les terroristes. Pas vous. Pas nous.

Je sais que vous croyez que par la répression des vêtements de terroristes, vous réprimez les terroristes.

Le problème est que vous stoppez les vêtements, Ni les bombes, ni la haine ou l’islamo-fascisme.

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La haine ne porte pas toujours un hidjab. La journaliste Fatima Manji de Channel 4 a été victime des attaques islamophobes de Kelvin MacKenzie du Sun qui a critiqué le fait qu’elle ait été chargée par Channel 4 de couvrit la tragédie du 4 juillet à Nice

Ce que vous faites là, c’est FABRIQUER DE NOUVEAUX TERRORISTES.

Et une nation saine devrait se demander si ce n’est pas la raison pour laquelle la France a subi seize attentats terroristes en quatre ans.

Ce n’est pas le fait de se recouvrir de vêtements que vous avez en tête, sinon vous devriez arrêter presque tout le monde.

C’est le fait de se recouvrir de vêtements et d’être musulman que vous ne pouvez supporter.

Laissez-moi deviner. Vous voulez qu’ils collaborent ?

La Grande Bretagne a une certaine expérience parce que nous avons essayé la même chose avec les Irlandais, les immigrés à la peau foncée, les Catholiques, les pauvres et, oh, à peu près tous les autres.

Ca n’a pas marché.

Et vos propres enquêtes montrent que sur une population de deux millions d’adultes musulmans, hommes et femmes, à peine 1900 de ces adultes portent des niqabs ou des burqas.

C’est 0.095%.Est-ce là un problème massif ?

Votre problème n’est pas le burkini. C’est que vous ne pouvez pas voir [voir au sens aussi de supporter] la personne qui est dedans.

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Les maths, c’est trop difficile, non?

Vous êtes incapables de voir qu’un pays qui INTERDIT les foulards est tout aussi mauvais que celui qui en fait une OBLIGATION.

Si la raison pour laquelle nous sommes les gentils est que nous donnons aux gens plus de liberté, la retirer quand elle est exercée n’est pas exactement une bonne idée.[en français dans le texte]

Le seul résultat de ça, c’est que ça amène des gens à penser qu’on les méprise à fond et ça transforme ces 0.095 % en le genre de personnes qui non seulement applaudissent mais peuvent même participer à un massacre.

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Pourquoi ne pas lancer du gaz lacrymogène sur les réfugiés, tant qu’à faire? Oh, vous le faites déjà!

Une chose dont aucun d’entre nous ne veut plus.

Alors, s’il te plaît la France, fais une faveur au monde et à toi-même en arrêtant d’envoyer du gaz lacrymogène sue la Jungle de Calais, arrête de ghettoïser tes immigrés, arrête de t’en prendre à des femmes d’âge mûr qui ont envie de piquer une tête dans l’eau et arrête de trouver des moyens inventifs de susciter de nouvelles vocations terroristes.

Parce qu’en même temps que tu fais ce beau travail, tu pourrais tant qu’à faire rebaptiser ton hymne national Le Chant du Clone de Daesh  pour finir.

Tu es la nation de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. S’il te plaît, montre nous que ce n’est pas du passé.

Très sincèrement,

Ton ami Foxy

Burkini et crise de l’identité française vus par le New York Times

19 août 2016

Je vous propose un article intéressant du New York Times qui a le double avantage de présenter un point de vue extérieur sur le débat sur le burkini qui agite en ce moment la classe politico-médiatique hexagonale et de nous offrir un regard nourri des observations sur la France fournies par la sociologie et l’anthropologie américaines.

Si l’article relève bien le passé colonial de la France qui sous-tend le discours des politiques sur l’Islam et certaines de ses manifestations extérieurs comme le hidjab ou en ce moment le burkini, il omet à mon avis un facteur de désagrégation de l’identité française qu’on ne saurait sous-estimer, à savoir les effets de l’intégration dans l’Union Européenne. Ce n’est pas pour rien, à mon sens, si les contempteurs de l’intégration européenne tendent à assimiler la place de cette dernière à celle d’une colonie, en tout cas d’un Etat qui est dépouillé de l’essentiel de sa souveraineté comme l’étaient naguère les protectorats.

Les interdictions du ‘burkini’ en France ont à voir avec bien autre chose que la religion ou l’habillement

Par Amanda Taub, The New York Times (USA) 18 août 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Amanda Taub

Washington – Il y a quelque chose qui donne le tournis dans ces arrêtés d’interdiction du burkini qui fleurissent sur le littoral français. L’évidence de la contradiction – imposer des règles sur ce que les femmes peuvent porter sur la base de l’idée qu’il est injuste pour les femmes de devoir obéir à des règles sur ce que les femmes peuvent porter – montre clairement que quelque chose de plus profond doit être à l’œuvre.

« Les « burkinis » sont à la base des maillots de bain qui recouvrent tout le corps en conformité avec les normes musulmanes relatives à la pudeur, et mercredi, le premier ministre Manuel Valls s’est jeté dans le débat enflammé sur les interdictions prononcées sans quelques villes balnéaires du pays, dénonçant ce vêtement qu’on voit rarement comme un élément de « l’asservissement des femmes. »

Ceci ne porte évidemment pas réellement sur une tenue de bain. Les sociologues disent que cela n’a pas non plus un rapport premier avec la protection des femmes musulmanes contre le patriarcat, mais que c’est en lien avec une volonté d’éviter à la majorité non musulmane de la France de devoir se confronter à un monde qui change : un monde qui leur demande d’élargir leur vision de l’identité quand beaucoup voudraient qu’elle demeure telle qu’elle était.

« Ce genre de déclaration [celle de Manuel Valls, NdT] est une manière de sanctionner [le sociologue emploie le verbe to police qui signifie contrôler, surveiller] ce qui est français et ce qui n’est pas français, » explique Terence G. Peterson, un professeur de la Florida International University qui étudie la relation de la France avec les immigrés musulmans et avec le monde musulman.

Si cette bataille sur l’identité prend de l’ampleur au lendemain des attentats terroristes [Nice et Saint-Etienne du Rouvray, NdT], elle fait en réalité rage sous une forme ou une autre depuis des dizaines d’années dans la société française, affirme le Professeur Peterson. Ce qui semble être une confrontation sur une petite question de vêtement islamique porte en réalité sur ce que signifie être français.

Pendant l’époque coloniale, quand la France contrôlait de vastes régions musulmanes, le voile était devenu un « symbole hyperchargé » explique le Professeur Peterson. Le voile était considéré comme un symbole de l’arriération des Musulmans et les normes vestimentaires féminines françaises, plus flexibles, étaient considérées comme un signe de supériorité culturelle, des façons de voir qui justifiaient le colonialisme.

Le colonialisme est au fondement de la crise d’identité que vit la France actuellement parce qu’il a ancré un sentiment d’identité nationale française en tant que distinct et supérieur aux identités musulmanes – tout en promettant l’égalité aux Musulmans colonisés qui avaient commencé à immigrer en France en grand nombre. La choc qui en résulte prend souvent la forme de débats sur les tenues vestimentaires.

Le voile est resté un symbole puissant de l’altérité quand le colonialisme s’est effondré après la seconde guerre mondiale et que les Musulmans des pays colonisés ont afflué en France. Mais maintenant, cette altérité se joue à l’intérieur même d’un pays qui tente de définir sa propre identité post-coloniale.

Au fil des générations, le voile s’est répandu chez les Musulmanes françaises, en tant que pratique religieuse et, peut-être, comme symbole de leur héritage culturel particulier. Il était un signe visible de la manière dont la France elle-même, ainsi que son rôle dans le monde, était en train de changer.

Le résultat a été que le voile est devenu le symbole non seulement d’une différence religieuse mais du fait que les Français « de souche » n’avaient plus le monopole de la définition de l’identité française. La France était devenue une nation multiculturelle et multiethnique où les traditions signifiaient différentes choses pour différentes personnes.

Le symbole du voile à l’époque coloniale en tant que signe de l’infériorité musulmane en a fait une cible commode pour les arguments selon lesquels l’identité française « traditionnelle » devait demeurer non seulement dominante mais la seule identité culturelle en France.

Les burkinis peuvent sembler effrayants car ils sont perçus comme menaçant ce type particulier d’identité française par l’expression d’une forme alternative d’identité – dans ce cas, en tant que Musulmans. Beaucoup de Français, au lieu de croire que ces identités peuvent coexister, les perçoivent comme nécessairement concurrentes.

Il existe même un mot français péjoratif pour qualifier l’introduction de ces identités alternatives, le « communautarisme » dont le développement est considéré comme une crise nationale.

Des articles d’habillement musulmans comme le voile ou le burkini sont devenus des symboles du fait que l’identité nationale française n’est plus le domaine réservé de groupes de populations qui vivent dans ce pays depuis des siècles. Des décisions comme les interdictions cet été du burkini ont pour but d’empêcher une redéfinition élargie de l’identité française en contraignant les Musulmans non seulement à s’assimiler mais aussi à adopter l’identité plus étroite et rigide [celle qui exclut les Français issus de l’immigration musulmane, NdT].

C’est une méthode à laquelle la France a recouru pendant des dizaines d’années, et qui a à chaque fois échoué.

John Bowen, anthropologue à la Washington University de Saint-Louis, explique que la France a tendu à essayer ce genre de restrictions aux moments où elle affrontait des tensions aussi bien sur le plan intérieur qu’extérieur en relation avec les Musulmans et le monde musulman.

Les choses ont commencé en 1989 avec la fameuse affaire du foulard quand trois collégiennes françaises avaient été exclues pour avoir refusé de retirer leur coiffe. Ostensiblement, la raison était que les foulards étaient des symboles religieux visibles et qu’ils contrevenaient donc avec la loi française sur la laïcité, ou sécularisme. Mais la laïcité était dans la législation depuis 1905 et les foulards sur la tête étaient néanmoins autorisés en général.

Ce qui a changé, écrivait le Professeur Bowen dans un livre sur le sujet, ce sont des événements dans le monde qui ont fait que l’Islam a semblé être une force particulièrement pernicieuse. En 1989, le leader de l’Iran, l’Ayatollah Rouhollah Khomeini avait signé un décret contre l’écrivain Salman Rushdie. A la même époque, des Algériens avaient constitué le Front Islamique du Salut (FIS), un parti tenant d’une ligne dure et qui basculera ensuite dans l’insurrection.

Interdire les foulards dans les écoles françaises devenait une manière de gérer l’anxiété générée par les événements à l’intérieur et à l’extérieur du pays, et d’affirmer le droit de protéger les valeurs françaises.

Les foulards à l’école sont revenus sur le devant de la scène nationale en 1993 et 1994 quand les autorités françaises craignaient de voir de jeunes hommes membres de familles immigrées algériennes rejoindre les rangs de l’insurrection islamiste en Algérie. Après les attentats du 11 septembre 2001, le voile cristallisa une fois de plus les peurs à l’égard de communautés musulmanes qui étaient à l’écart de la culture et de la société française dominantes.

Et cet été, la France est sous le choc d’une série d’agressions terroristes et est de plus en plus préoccupée par les jeunes Musulmans qui vont en Syrie pour rejoindre l’Etat Islamique ou d’autres organisations djihadistes. Une fois de plus, certains en France voient le processus d’assimilation comme une question de sécurité nationale.

Le voile est un symbole qui a une puissance anxiogène spécifique en matière d’assimilation parce qu’il est porté par choix. Tandis que des caractéristiques fixes comme la race ou la couleur de la peau n’impliquent aucun jugement sur la culture ou les valeurs françaises, l’habillement implique une décision de se différencier – de donner la priorité à son identité culturelle ou religieuse par rapport à celle de son pas d’adoption.

Les interdictions vestimentaires ont pour but, en effet, de faire pression sur les Musulmans français pour qu’ils se détournent de tout sentiment d’identité communautaire et adoptent l’identité française étroitement définie qui préexistait avant leur arrivée. Mais essayer de forcer à l’assimilation peut avoir l’effet contraire : dire aux Musulmans français qu’ils ne peuvent pas avoir simultanément une identité musulmane et une identité française, les forcer à choisir, c’est ainsi les exclure de ce que recouvre l’identité nationale au lieu de les convier à y contribuer.

La France a un autre choix : elle pourrait élargir sa définition de l’identité nationale pour inclure les Musulmans français tels qu’ils sont. C’est quelque chose qui peut effrayer beaucoup de Français, qui le vivrait comme renoncer à une identité « traditionnelle » confortable et non comme l’ajout d’une nouvelle dimension à celle-ci. En l’absence d’acceptation de ce changement, il existe une volonté de faire pression sur les Musulmans français pour résoudre la crise identitaire, mais cette démarche employée pendant des dizaines d’années n’a apporté que peu de progrès – et beaucoup de tensions.

Crime de Saint-Etienne-du-Rouvray: religion ou politique?

26 juillet 2016

Je reproduis ici un texte rédigé par une connaissance internautique. A peu de choses près, je partage son analyse

Deux choses à observer en préambule: le prêtre assassiné, Jacques Hamel, avait 84 ans! C’est donc à un vieillard que la canaille s’en est pris. Et c’était un ami des Musulmans.

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Le Père Jacques Hamel

Comme chez la plupart des gens, je pense, l’agression sauvage contre des membres du clergé et des fidèles dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen en Normandie éveille en moi répulsion et dégoût.

A l’heure où ces lignes sont écrites, le bilan fait état d’un mort, le curé de la paroisse qui a été égorgé, et d’un blessé grave tandis que les deux malfaiteurs ont été tués par la police.

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J’entendais tout à l’heure sur France Info une journaliste de la Croix (peut-être Isabelle Demangeat) dire en quelque sorte que les Musulmans devraient peut-être faire le ménage dans ce qui, dans leur doctrine, incite à la violence.

Je dirais pourquoi pas? Après tout, le journal La Croix qui avait été fermé par la France Libre pour vichysme par trop voyant a sûrement dû se livrer à une quelconque introspection.

Sauf que en disant cela, cette personne situe la question du terrorisme sur le terrain religieux alors que nous sommes devant des faits de nature politique qui sont inintelligibles si on on ne prend pas en compte la politique étrangère de la France et sa situation politique et sociale intérieure.

On devrait par exemple réfléchir un peu mieux sur la question de l’état d’urgence,instauré pour faire face à la menace terroriste et pour assurer la sécurité des citoyens comme parachèvement des dispositions prévues par Vigipirate. Nous sommes pourtant bien obligés de constater son inefficacité sur ce plan.

Et en effet, l’état d’urgence, l’exemple turc le rappelle clairement, n’a pas pour but d’assurer la sécurité de la population mais de garantir celle du gouvernement et du régime. Et si nous poursuivons notre réflexion, nous sommes aussi bien obligés de dire, en dépit de l’horreur des crimes terroristes et des souffrances qu’ils infligent à des innocents, que ces crimes ne constituent en aucun cas une menace pour la Vème République.

Il est par contre patent que ce régime (la Vème) vit une crise interne d’ampleur qui résulte de son incapacité à résoudre les problèmes économiques et sociaux du pays, à agir indépendamment de l’Europe en matière de politique économique et de l’OTAN en matière de politique internationale. Le noeud coulant qui se serrait progressivement depuis le quinquennat Sarkozy est en train de se refermer sur le système de pouvoir.

C’est peut-être une des dernières occasions pour moi de réfléchir un peu posément car je crains que le crime commis dans cette église normande n’annonce des jours terribles. Et les paroles d’apaisement adressées aux fidèles de toutes confessions n’y feront rien car le problème n’est ni religieux, ni même communautaire..

Milice catholique, sectes protestantes et orthodoxe: les affrontements de l’Euro 2016 à Marseille expliqués!

11 juin 2016

Moon of Alabama a repris une bonne partie des tweets de Hayder al-Khoei, un chercheur irako-britannique spécialiste du chiisme.

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Hayder al-Khoei

Ses tweets sont relatifs aux affrontements entre supporteurs russes et anglais à Marseille samedi 11 juin et portent de façon amusante une sévère critique de la manière dont la presse occidentale rend compte des crises politiques dans certaines régions du monde.

Les affrontements à Marseille préfigurent une guerre sectaire plus générale

Moon of Alabama (USA) 11 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Marseille – Des affrontements entre supporters sectaires de deux équipes qui s’opposent dans des jeux rituels antiques ont éclaté aujourd’hui. Les observateurs craignent un risque d’escalade vers une guerre sectaire plus vaste à l’échelle de l’Europe.

La milice locale est intervenue mais comme sa propre religion est méprisée par les deux parties qui se bagarrent, elle a fini par les combattre toutes les deux. Les combats de rue ont commencé quand des supporteurs organisés de l’équipe orthodoxe russe ont jeté des bouteilles de bière vers les partisans ivres des Anglais protestants.

De violents affrontements se sont déroulés à Marseille. Un Anglais est entre la vie et la mort.

On lance des bouteilles de bière

Lancer des bouteilles de bière est considéré comme une insulte en Europe. La milice française catholique a utilisé des gaz lacrymogènes et attaqué de indistinctement les parties en querelle ainsi que les badauds. Les indigènes accusent cette milice d’attaquer son propre peuple et ont exigé la chute immédiate du régime Hollande.

Several people were arrested and injured, according to police, who used tear gas and water cannons to break up the bottle-throwing rioters.

Un milicien catholique maîtrise un adepte d’une des deux sectes qui s’affrontent à marseille

Les Protestants anglais, les catholiques français et les Slaves orthodoxes se détestent mutuellement en raison d’une histoire sectaire profondément enracinée et d’une longue série de guerres en Europe. Cette violence hideuse est enracinée dans des conflits qui remontent aux guerres franco-anglaises du 13ème siècle et à l’invasion de la Russie par Napoléon. Un siège en 1627 [La Rochelle, NdT] avait marqué le point culminant des tensions sectaires internes à la France. Il s’était terminé par une victoire catholique malgré l’aide des protestants arrivant d’Angleterre. Les heurts en France entre les Anglais soutenus par les Etats Unis et les Russes soutenus par les Chinois s’inscrivent aussi dans le cadre d’une guerre par procuration entre le capitalisme et le communisme en mer de Chine méridionale.

Après que sa milice a perdu le contrôle des affrontements, le gouvernement catholique de la France a promis d’envoyer des renforts pour mater les deux camps. Les organisations humanitaires ont appelé à faire preuve de retenue et à ne pas blesser les modérés impliqués dans les bagarres. Des experts de la région ont discuté de la fourniture d’armes aux moins sectaires des participants. Les autorités catholiques de Pologne ont appelé l’OTAN à tenir Poutine pour responsable des heurts à Marseille. Une agression russe contre tout membre de l’OTAN ne doit pas être tolérée, ont-elles déclaré.

La laïcité dans l’armée française vue par un journal américain

5 mars 2016

La laïcité est un des aboutissements possibles du processus de sécularisation. Un aboutissement et pas l’aboutissement puisque bien des sociétés sécularisées en Europe par exemple ne sont pas laïques, ce qui n’empêche pas que la liberté d’expression et la liberté de culte soient comparables à ce qu’on observe en France.

Depuis quelques années, la laïcité à la française a été dévoyée au point de réprimer le port de tenues vestimentaires considérées comme des signes religieux dans l’espace public, dont la rue.

L’armée fait cependant exception dans ce paysage étrange qu’est devenue la laïcité qui est normalement la séparation du religieux, au sens d’institutions religieuses, et de l’Etat.

L’armée française recrute en effet des aumôniers, c’est-à-dire des personnels religieux, pour faciliter l’exercice de divers cultes : les cultes chrétiens, le culte israélite et depuis quelques années le culte musulman. Ces aumôniers trouvent leur place dans l’organigramme de l’armée tandis que des lieux de culte existent dans les lieux où les militaires sont stationnés.

Pourquoi l’armée française est peut-être plus tolérante avec les Musulmans que la société française

De sévères restrictions sur la place de la religion dans la sphère publique ont aiguisé les tensions avec la population musulmane. Mais les forces armées font les choses un peu différemment.

par Colette Davidson, The Christian Science Monitor (USA) 1er mars 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Paris – Le bureau d’Abdelkader Arbi est assez typique pour un employé de l’armée française, spacieux, avec un drapeau français dans un coin qui monte à hauteur de plafond , et un portrait du Président François Hollande fixé au mur.

Mais de temps en temps, il a une fonction peu orthodoxe pour un local qui se trouve dans un édifice d’un service de l’Etat : quand la salle de prière de l’armée n’est pas disponible, son bureau devient une mosquée de fortune pour des soldats qui n’ont pas d’endroit où prier.

« Il est clair que les soldats doivent apprendre à vivre ensemble, mais il n’est parfois ni commode ni pratique pour eux de prier » explique M. Arbi, le premier aumônier musulman de l’histoire de l’armée française qui fête sa 11ème année à ce poste. Les soldats sont parfois jusqu’à six à vivre dans un dortoir ou à travailler en plein air pendant la journée, ce qui poser un problème à des Musulmans pratiquants qui essayent d’observer les cinq  prières quotidiennes requises. « Ils viennent prier ici afin de ne gêner personne. »

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Abdelkader Arbi

Dans un pays aux prises avec la peur de la radicalisation et le sentiment que sa définition du sécularisme (la laïcité NdT) est synonyme d’islamophobie, l’armée propose un modèle de prise en compte de la liberté religieuse qui n’exclut pas complètement le religieux de la sphère publique.

S’il est en théorie illégal pour un aumônier d’exercer son office dans une école ou un bâtiment publics l’église et l’Etat sont encore entremêlés dans l’armée. Et ces dernières années, le gouvernement a œuvré pour faire en sorte que les libertés religieuses soient élargies au nombre de plus en plus grand de Musulmans qui rejoignent l’armée.

« Ces soldats veulent simplement faire leur boulot tout en respectant pleinement leur religion, » explique Arbi. « Ils ont au final le sentiment d’être traités à égalité. Après tout, tout le monde ici combat pour la même cause – la France. »

Sécularisme strict

Permettre à des soldats de prier pour des raisons militaires ne devrait pas nécessairement être choquant, sauf que c’est en France – un pays qui se targue d’un sécularisme strict, ou laïcité, (en français dans le texte) dans ses lois

La France a combattu âprement pour garantir la laïcité, y compris par les interdictions de ports de signes religieux ostentatoires à l’école depuis 2004 et de la burka dans les lieux publics depuis 2010.

Mais une clause de la loi de 1905 qui porte séparation de l’église et de l’Etat concerne des dispositions particulières pour les personnes détenues dans les prisons, pour les hôpitaux et les internats scolaires publics – tous lles lieux où un individu ne peut accéder librement aux lieux de culte traditionnels. Dans ces cas l’Etat doit donner un accès à un aumônier  désigné par ses soins.

La loi de 1905 fait pendant à une loi semblable de 1880 qui donne ces mêmes droits aux membres de l’armée française. Il y a actuellement 38 aumôniers musulmans dans l’armée aux côtés des plus de 200 aumôniers des religions catholique protestante et juive [israélite, NdT].

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Insigne de l’aumônerie militaire chrétienne (catholique ou protestante)

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Insigne de l’aumônerie militaire israélite

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Insigne de l’aumônerie militaire musulmane

“La religion ne peut pas être pratiquée en nombre d’endroits en France, mais pour ceux qui n’ont pas tous leurs droits, la religion est ne manière de leur rendre cette liberté, » explique Valentine Zuber, professeur d’études religieuses à l’Ecole pratique des Hautes Etudes (EPHE – Paris).

Mais cela ne s’est pas toujours appliqué à tout le monde. Alors que les soldats chrétiens et juifs pouvaient fréquenter des salles de prière et des aumôniers présents sur site, les soldats musulmans étaient largement exclus de la vie religieuse, encore cent ans après que les dispositions sur la liberté religieuse eurent autorisé des aumôniers militaires.

Les Musulmans pratiquants se sentaient obliges de cacher leurs prières quotidiennes avant l’arrivée de Arbi en 2005 au fort militaire de Vincennes dans la banlieue de Paris, et ils n’avaient guère de recours quand ils étaient confrontés à des plaisanteries et des insultes racistes ou à un sentiment d’exclusion.

Un contingent musulman de plus en plus nombreux.

Mais ce genre d’attitudes est intenable aujourd’hui du fait de l’importance croissante dans l’armée du contingent musulman qui représente entre 10 et 20 % des effectifs militaires de la France.

L’évolution vers un recours à des aumôniers musulmans est finalement intervenue en 2004, quand une étude qui s’intéressait à la deuxième génération d’immigrés dans l’armée avait montré l’existence d’une discrimination très répandue  et avant tout religieuse.

Samir, soldat dans le sud de la France et Marocain de la seconde generation (des détails sur son identité ont été changes pour protéger son anonymat), était un Musulmans pratiquant quand il est entré dans l’armée en 2005. Si sa pratique religieuse se limite aujourd’hui à s’abstenir de consommer du porc, Samir dit qu’il a vu la différence entre la vie avec et sans libertés religieuses.

“Il y a dix ans, les Musulmans ne pratiquaient tout simplement pas leur religion sur la base, » déclare Samir. « Les officiers ne voulaient pas la voir. »

Et quoique le racisme et la discrimination religieuses subsistent dans les rangs – Samir dit avoir récemment entendu parler d’un jeune officier qui a réprimandé un soldat musulman pour avoir prié dans sa chambrée – les attitudes à l’égard des Nord-Africains et des soldats noirs s’améliorent. « Cette nouvelle génération de soldats et très diverse et les choses changent pour le mieux, même si cette évolution se déroule très lentement. »

Depuis que des aumôniers musulmans sont arrives sur la base, les soldats ont l’autorisation de prier dans leurs chambrées, de consulter l’aumônier en cas de besoin, et de choisir  des rations halal pendant les missions à l’étranger. Certains aumôniers participent chaque année  à l’organisation de voyages pour le pèlerinage à La Mecque. Pour le reste, les lois du pays relatives à la laïcité sont appliquées de la même manière que celles qui concernent l’espace public – aucun symbole religieux visible n’est autorisé.

ration sans porc

“Nous ne pouvons pas exprimer quoi que ce soit de visible concernant notre religion” explique Samir. « Pas de médaillon, pas de barbe – nous devons rester neutres. Le seul endroit où nous pouvons prier est la chapelle militaire ou notre chambre.

Une approche équilibrée

Maintenir un équilibre entre la pratique religieuse ouverte et privée  et une approche modérée en termes de soutien [spirituel] – les aumôniers n’ont pas le droit de faire du prosélytisme – est peut-être ce qui permet à la version du sécularisme dans l’armée de continuer à fonctionner. A la différence des locaux des administrations publiques ou des écoles, où les débats sur la laïcité ont créé des tensions profondes, la pratique religieuse dans l’armée est généralement épargnée par le soupçon et le scandale.

Oscillant entre sphère publique et sphère privée, l’armée permet aux indivdus de pratiquer leur religion dès lors qu’elle ne trouble pas l’ordre public – ce qui est a définition originelle de la laïcité.

L’armée semble être le lieu où la neutralité et la liberté sont les plus respectées en France” déclare Zuber.

Et parce que l’Etat rémunère les aumôniers militaires, dans un pays où l’Etat n’a pas le droit de subventionner des institutions ou des personnels religieux, la religion elle-même se voit accorder une certaine présence et crédibilité, ajoute-t-elle.

“Notre système de laïcité actuellement en vigueur ne nous permet pas d’appliquer des règles semblables partout ailleurs, » observe Zuber, « mais peut-être que si le rôle des aumôniers était mieux compris, cela changerait les mentalités chez les gens. Pour l’instant, il n’y a pas de volonté politique en ce sens. »

Tenir à distance toute forme de radicalisation?

Cette approche modérée pourrait aussi être vue comme une tentative pour tenir à distance la radicalisation. Alors que la France a eu des problèmes avec la radicalisation dans ses prisons, de tels exemples dans l’armée restent rares. Pourtant Arbi dit que même s’il a rarement pu observer un soldat montrer des signes de radicalisation de ses idées, son rôle est de rester vigilant particulièrement sepuis que des attaques terroristes ont traumatisé la France en janvier et novembre de l’année dernière.

“N’importe qui peut dérailler, mais ce n’est pas un problème musulman » affirme Arbi. Quand Mohamed Merah s’est lancé dans sa folie meurtrière à Toulouse en 2012, deux des tois soldats tués étaient musulmans. « Ce sont des soldats français et même sion peut avoir du malà s’en rappeler, l’Islam n’est pas une religion ‘étrangère’. La relation entre l’Islam et la France a une histoire longue. »

Alors que la France continue à débattre de l’équilibre entre la promotion du sécularisme et le découragement de l’islamophobie, Arbi considère que la possibilité pour les Musulmans de pratiquer librement dans l’armée est une assurance contre une dérive radicale d’un ressentiment musulman. La meilleure façon d’envisager les choses, dit-il, c’est comme dans la parentalité – traiter chaque personne de manière égalitaire est fondamental.

“Notre boulot consiste à faire la guerre,” explique Arbi. « Mais si les soldats ne ressentent pas une égalité entre eux, cette guerre peut devenir intestine. »

Publié en 1968, un livre indispensable de Pierre Démeron sur les liens entre sionisme et élites françaises

9 avril 2015

Ce livre de Pierre Démeron, publié en 1968, est indispensable pour ceux qui veulent comprendre l’enracinement du soutien à l’entité sioniste dans une bonne partie des élites de l’après-guerre et formées durant la guerre d’Algérie. Parmi ces élites, des personnes aussi diverses que Juliette Gréco ou Valéry Giscard d’Estaing.

Pierre Démeron n’était nullement un marginal, critique littéraire pour un magazine féminin, il participait à des émissions littéraires à la radio et a rencontré les grandes personnalités du monde de la culture.

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Clic pour télécharger le livre en pdf

Islamo-fascisme et responsabilités de l’Islam de France: aux sources de la « pensée » de Manuel Valls

17 février 2015

Les attentats de Paris, la marche « républicaine » du 11 janvier, les tout récents attentats de Copenhague et enfin la profanation d’un cimetière juif en Alsace mettent au centre du débat politique français les questions de l’Islam et de l’antisémitisme.

Peu importe si la profanation du cimetière juif est probablement plus le fait d’adolescents désoeuvrés qui s’approprient ainsi un territoire sinon ignoré d’eux et des camarades du même âge, et surtout si ces sales gosses ne sont pas musulmans.

Le président Hollande qui s’est déplacé pour faire part de son indignation devant cette profanation n’a curieusement pas insisté sur la nécessité de renforcer l’éducation à la laïcité. Il est vrai qu’un tel propos aurait été plutôt mal venu dans un département où le régime de la laïcité ne s’applique pas sauf pour la religion musulmane!

De toute façon, cet incident effectivement déplorable  sera exploité jusqu’à la corde et finira par abonder le discours sur les Musulmans et le nouvel antisémitisme, une thématique en quelque sorte théorisée par le premier ministre Manuel Valls sous l’appellation d’islamo-fascisme .

On voit bien l’intérêt de cette notion d’islamo-fascisme qui renvoie à une menace de nature non seulement sécuritaire mais politique pour la démocratie française et même européenne et justifie un rassemblement de tous ceux qui veulent protéger les libertés publiques. Un autre avantage de cette notion est qu’elle fait le lien avec ceux qui, en terre d’Islam, l’utilisent pour populariser et faire comprendre en Occident leur combat contre les mouvements politiques islamistes.

Ces confusions sont dangereuses parce qu’elles ne font finalement que convoquer à chaque fois l’imaginaire politique occidental et interdisent l’analyse concrète des réalités politiques des pays concernés.

Je fais partie des gens qui estiment qu’on ne doit pas dire n’importe quoi au prétexte que tel ou tel argument sert la cause à laquelle on adhère. C’est ce qu’on appelle de la propagande et je la laisse à ceux qui ont un avantage à en tirer. Je considère notamment qu’on n’a pas besoin de qualifier de manière erronée l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL – Daesh) ou al Qaïda de mouvements fascistes (islamo-fascistes) pour rejeter leurs thèses et leurs procédés.

Si on en revient à ce terme d’islamo-fascisme, il faut bien garder en mémoire son origine dans les milieux néo-conservateurs américains et sa reprise par leurs homologues européens tels Bernard-Botul-Henri Lévy, Caroline Fourest ou Geert Wilders.

La nouveauté, c’est que le terme est aujourd’hui repris par le premier ministre d’un gouvernement français réputé de gauche, ce qui est un signe à la fois d’un grave déficit de culture historique et politique chez Manuel Valls et de l’adhésion de ce dernier à la vision néo-conservatrice de l’Islam et des Musulmans.

Mme Valls n'a probablement aucune influence sur son choix de costumes et de cravates

Mme Valls n’a probablement aucune influence sur son choix de costumes et de cravates. malheureusement.

Le premier ministre ne s’est par ailleurs pas borné à appeler à la lutte « dans l’unité » contre l’islamo-fascisme puisque dans cette unité, il met cependant à part les Musulmans : «

Il faut une rupture. Il faut que l’islam de France assume, prenne totalement ses responsabilités», a réclamé le premier ministre. «C’est ce que demande d’ailleurs l’immense majorité de nos compatriotes musulmans qui n’en peuvent plus d’être confondus avec cette terreur», a-t-il conclu.

Les choses sont dites : dans la France qui ne connaît pas de communauté, les Musulmans doivent prendre leurs responsabilités en tant que tels (il est en outre question d’un Islam « de France » ).

Nous avons là aussi un mécanisme de pensée, en contradiction avec la laïcité, élaboré par les néo conservateurs qui semblent décidément plus inspirer Manuel Valls que Louis Blanc ou Jean Jaurès,

La doctrine d’action qu’on devine chez Manuel Valls est clairement exposée par David P. Goldman, un spécialiste de la finance (et de musicologie) mais aussi essayiste néo-conservateur influent aux Etats Unis. Comme tous les néo conservateurs, croyants ou non, David P. Goldman inscrit sa réflexion dans une perspective « judéo-chrétienne », juive en réalité mais l’oxymore du judéo-christianisme est un passe-partout idéologique efficace. Comme un certain nombre d’intellectuels néo-conservateurs, David P. Goldman a fait un passage par l’extrême gauche avant de s’orienter vers l’extrême droite.

David P. Goldman: virer Obama améliorera l'économie

David P. Goldman: virer Obama améliorera l’économie

Je doute que Manuel Valls adhère à la radicalité de ce qui est proposé mais il est clair qu’il en assume l’esprit.

Il est par contre certain que le chef du gouvernement « socialiste » s’en inspire consciemment.

Beaucoup trop « d’hommes les plus recherchés »

par David P. Goldman, PJ Media (USA)15 février 2015 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les autorités danoises affirment avoir arrêté l’auteur des coups de feu à la synagogue de Copenhague ; son nom n’a pas encore été divulgué [c’est fait depuis], mais c’était une personne « connue des services de sécurité, » rapporte Der Spiegel ce matin. Les Danois ont refusé de donner plus d’informations. Nous avons probablement une répétition du modèle parisien : des terroristes que les services de sécurité surveillaient et qu’ils utilisaient peut-être comme informateurs sont soudain passés à l’action et ont commis des atrocités.

Il semble que les méthodes employée par les services de sécurité européens pour contrôler les djihadistes soient tombées en panne. Quelque 8 000 ressortissants français combattent pour l’Etat Islamique en Irak et au levant (EIIL, Daesh) ou dans d’autres organisations djihadistes, selon une estimation du gouvernement français. Après quelques centaines de milliers de morts en Syrie et en Irak et la désintégration de la Libye et du Yémen, un très grand nombre de jeunes Musulmans sont prêts à sacrifier leurs vies.

Les services de sécurité contrôlent les terroristes potentiels en exerçant un chantage sur de petits délinquants qui évoluent à la frange des organisations djihadistes pour en faire des informateurs. Comme il y a un large chevauchement entre le milieu criminel musulman et les organisations terroristes, cette stratégie a été efficace ces quinze dernières années. Le roman de John Le Carré et le film de Philip Seymour Hoffman qui en a été tiré « Un homme très recherché » décrit assez bien cette approche.

Peu de jeunes Musulmans plongent directement dans la violence : ils rejoignent des bandes, ils fréquentent des mosquées radicales, ils fréquentent des salons de discussion (chat rooms) djihadistes sur internet, se signalant ainsi aux autorités.

Les services de sécurité les menacent de la prison, d’expulser des membres de leurs familles et ainsi de suite pour les contraindre à coopérer. Cette approche marche jusqu’à un certain point, c’est-à-dire quand le sujet sous surveillance cesse de tenir compte des conséquences [de ses actions]. Comme John Schindler l’avait observé dans le blog XX Committee, il n’y a pas eu un « échec du renseignement » à Paris : le problème était que les services de sécurité étaient débordés. Un officiel d’un service de sécurité européen qui s’exprime sous un pseudonyme a fait la même observation récemment sur Asia Times Online.

La leçon de Copenhague est la même que celle de Paris : la fragile paix civile que les gouvernements européens ont maintenue avec leurs communautés immigrées musulmanes nécessite une révision fondamentale. Par le passé, les services de sécurité européens ont laissé les djihadistes monter en pression tout en éliminant discrètement les tueurs potentiels. Cette approche a échoué. L’alternative consiste à serrer la vis aux communautés musulmanes. J’ai ainsi soutenu le mois dernier sur Asia Times :

Les moyens par lesquels la France, ou n’importe quelle autre nation, pourrait défaire les terroristes sont évidents : contraindre la majorité des Musulmans français à se tourner contre les terroristes, les autorités françaises devant les amener à craindre l’Etat français plus qu’ils ne craignent les terroristes.

C’est un sale boulot qui  nécessite de nombreuses expulsions, de retraits de la nationalité française et d’autres menaces qui toucheront inévitablement beaucoup d’individus qui n’ont aucun lien direct avec le terrorisme. A court terme, ça pourrait conduire à plus de radicalisation. Tout le projet de l’intégration comme antidote à l’extrémisme tomberait à l’eau. Ce serait une fort coûteux mais, au bout du compte, il réussirait : la plupart des Musulmans français veulent simplement rester en France et gagner leur vie.

Il ne suffit plus de patrouiller au bord du marécage et de tuer les moustiques avec un chasse-mouches. Il n’y a pas d’autre alternative que l’assèchement du marécage.

Pour en finir avec l’antisémitisme, quand même!

25 février 2014

Oui, pour en finir avec toutes les sottises sur l’antisémitisme que peuvent raconter des ignorants comme Manuel Valls ou François Hollande, disons tout net avec Avigdor Lieberman que l’antisémitisme est le meilleur allié du sionisme.

En effet, comment les sionistes pourraient-ils espérer attirer en Palestine occupée 3,5 millions de Juifs en dix ans ?

Réfléchissons. Lieberman peut pas être d'extrême droite, il est juif. Quand même!

Réfléchissons. Lieberman peut pas être d’extrême droite, il est juif. Quand même!

D’autant que, comme le dit si bien l’extrémiste de droite M. Lieberman, qui est (quand même) ministre des affaires étrangères de l’entité sioniste, reçu récemment par Manuel Valls (parce que les affaires étrangères juives sont les affaires intérieures de pays comme la France et vice versa), le plus grand danger pour le peuple juif est celui de l’assimilation.

Et que ce danger est plus pressant que celui posé par les Palestiniens ou même le prétendu programme nucléaire militaire iranien.

Pour Lieberman, les affaires intérieures de la France relèvent de ses compétences de ministre des affaires étrangères

Pour Avigdor Lieberman, les affaires intérieures de la France relèvent de ses compétences de ministre des affaires étrangères

 Cet article a été publié par l’European Jewish Press mais uniquement dans sa version anglaise. On ne le trouvera pas en effet dans la version en langue française de cet organe de presse communautariste juif.

‘L’assimilation des Juifs américains est la plus grande menace pour la communauté juive mondiale’, déclare le ministre israélien des affaires étrangères Avigdor Lieberman qui appelle au financement de programmes d’éducation juive.

par Maud Swinnen, European Jewish Press 19 février 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

JERUSALEM (EJP)— Le ministre israélien des affaires étrangères Avigdor Lieberman considère que l’éducation dans la diaspora est « le dossier le plus urgent de l’agenda juif mondial, plus urgent que n’importe quel autre problème, y compris celui des négociations avec les Palestiniens ou la menace nucléaire iranienne.

Il a aussi déclaré que l’assimilation des Juifs américains est la plus grande menace pour la communauté juive mondiale et il a appelé le gouvernement israélien à mobiliser 365 millions de dollars par an pour des programmes d’éducation juive destinés à la diaspora et à renforcer la connexion juive à Israël.

Dans un discours devant la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, Lieberman a demandé aux dirigeants [communautaires] de participer à l’effort financier du gouvernement israélien pour de nouveaux programmes en faveur de la diaspora qui se concentreraient sur le maintien de la continuité juive.

« Je pense que le gouvernement israélien devrait contribuer à hauteur de 1 million de dollars par jour de l’année, soit 365 millions de dollars au total, somme dont j’espère que vous, dans la communauté juive de la diaspora, apporterez l’équivalent pour ce projet éducatif. Ce ne doit pas être un petit projet de plus mais l’axe central du partenatiat entre nous, » a-t-il dit.

 Il a aussi appelé à la création d’un réseau d’écoles internationales juives de haut niveau et à l’émigration de 3,5 millions de Juifs en Israël dans la prochaine décennie.

Lieberman a cité une étude américaine qui montre la baisse de l’identification en tant que Juif, affirmant que « ces statistiques démontrent que les Juifs d’Amérique risquent pas moins qu’une catastrophe démographique. » L’importante enquête publiée par le Pew Research Center porte sur l’assimilation et les mariages intecommunautaires chez les membres de la communauté juive américaine.

Parmi ses conclusions, elle observe qu’un Juif sur cinq se considère comme sans religion et que, « parmi les Juifs interrogés qui se sont mariés avant 2000, près de six sur dix ont un conjoint non juif. »

« Depuis de nombreuses années, les responsables israéliens ont fait appel à nos frères et sœurs de la diaspora, comme tous ceux d’entre vous qui sont réunis ce soir, pour consacrer votre temps, votre énergie et vos financements à Israël, » a-t-il dit.

« Je me tourne néanmoins vers vous aujourd’hui pour vous dire que, tout en étant énormément et pour toujours reconnaissants pour votre aide, nous avons la conviction qu’il est temps maintenant de nous concentrer sur les défis qu’affrontent vos propres communautés, particulièrement ceux qui émanent de tendances dangereuses dans la communauté juive démontrées par la récente enquête. »

Il a ajouté : « J’ai la plus grande conviction que l’antidote à cette montée de l’assimilation, du mariage inter communautaire et du désengagement est l’éducation. »

Angela Merkel - Adolf Hitler, méthodes différentes, même combat pour éliminer le "peuple juif"

Angela Merkel – Adolf Hitler, méthodes différentes, même combat pour éliminer le « peuple juif »

« Pour prévenir cette tragédie, tous les enfants juifs devraient avoir la possibilité de fréquenter une école où ils recevront une éducation qui les instruira sur l’histoire, les valeurs et les traditions juives, à chérir leur identité juive et à éprouver un fort attachement à Israël et au sionisme. Nous devons faire en sorte que les écoles juives soient parmi les meilleures du monde.

« Nous devons créer un réseau mondial d’écoles juives d’une qualité supérieure à celle des réseaux d’écoles américaines et internationales. C’est seulement par un tel effort que nous garantirons notre longévité en tant que peuple, » a-t-il dit.  


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