Posts Tagged ‘François Hollande’

Quels lendemains de guerre au nord du Mali?

16 janvier 2013

Vous pouvez lire ici ou que le Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA), par la voix de son porte parole, non seulement approuve l’intervention militaire française au Mali mais est disposé à prêter main forte au corps expéditionnaire français pour les combats au sol.

Ce n’est pourtant pas exactement ce que dit Moussa Ag Assarid, le porte parole de ce mouvement ainsi qu’on peut le constater en lisant une retranscription intégrale d’un entretien qu’il a accordé tout récemment à un journal espagnol.

Moussa Ag Assarid pose en effet un préalable non négligeable avant cette coopération : que le gouvernement malien engage des discussions sérieuses avec son mouvement sous l’égide de ce qu’il appelle la «communauté internationale.»

J’espère quand même qu’il sait que dans le cas du Mali, la communauté internationale se résume à  la France qui n’en fait qu’à sa tête.

Moussa Ag Assarid, porte parole du MNLA

Moussa Ag Assarid, porte parole du MNLA

Et en parlant de négociations avec le MNLA en relation avec la situation actuelle au nord du pays, c’est une éventualité qu’a explicitement écartée M. Tieman Hubert Coulibaly, le ministre Malien des affaires étrangères qui rejette ces «conditions posées à l’armée malienne.» Une formulation qui montre que la Mali n’a de gouvernement en ce moment que militaire.

On comprend donc que ce qui tient lieu de gouvernement en ce moment au Mali compte bien reprendre le contrôle des régions du nord du pays grâce à l’armée française, sans doute pour répéter une politique qui a entretenu une instabilité qui a débouché sur la situation actuelle à la faveur de l’intervention occidentale contre le régime de Mouammar Kadhafi.

François Hollande, porte parole du Mali, de l'Afrique en général et de la Syrie

François Hollande, porte parole du Mali, de l’Afrique en général et de la Syrie

Le pompier pyromane français qui ne semble pas satisfait du désastre qu’il a provoqué à la frontière orientale de l’Algérie s’attelle maintenant avec passion à continuer son sale boulot à la frontière sud du polygone étoilé.

Le porte-parole du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) admet qu’il faut négocier

Par Xavier Aldekoa, La Vanguardia (Espagne) 16 janvier 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), héritier de plusieurs mouvements de rébellion targuie dans le nord du Mali veut avoir un rôle clef dans la guerre. Son porte parole, Moussa Ag Assarid dit que la révolution indépendantiste a été détournée par des terroristes et il tend la main à la France. Mais avec des conditions.

Le MNLA est-il prêt à combattre au côté de la France contre les fondamentalistes ?

Notre position est claire. Nous voulons des droits pour le peuple de l’Azawad. Et nous luttons déjà contre les terroristes. Avant même que la France ait commencé à le faire nous les affrontions déjà. Nous connaissons ce territoire et ses gens. Nous avons des combattants expérimentés qui savent se battre. Qu’on nous laisse faire le travail. Ce n’est pas au mali de régler ça, ni à la Communauté Economique d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il faut négocier pour déterminer les conditions, et tout ce qui se passe sur le terrain, nous nous chargerons de le résoudre.

Mais pour Bamako, le MNLA est aussi l’ennemi.

Il ne faut pas faire l’amalgame entre de MNL   A et d’autres groupes armés. Nous ne sommes pas des terroristes ; nous voulons des droits sur nos territoires et nous demandons l’indépendance. Aujourd’hui, nous devons négocier avec Bamako pour déterminer notre rôle et les statut [du territoire) de l’Azawad.

Le MNLA a-t-il le sentiment que sa révolution targuie a été détournée ?

Tout à fait. Notre peuple vit dans la soumission depuis 50 ans. Depuis 1960, nous avons été massacrés, nous avons subi un génocide, et comme il n’y avait aucune volonté de trouver une solution politique, nous avons fait la guerre à Bamako pour la dignité de notre sang versé, de nos enfants et des milliers de réfugiés. La communauté internationale ne doit pas l’oublier. Il est inutile que le gouvernement malien ttente de récupérer le territoire de l’Azawad s’il ne s’assoit pas à la table de négociations. Les choses ne peuvent plus être comme avant, avec l’armée stationnée au nord tandis que les villes s développent au sud. Il y a un problème politique, il faut le résoudre et ensuite, nous nous impliquerons dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Et si le gouvernement malien ne cède pas à vos revendications ?

Sans solution politique, le Mali ne retrouvera pas la paix.

Quelle est cette solution : l’indépendance, une certaine autonomie ?

Il doit d’abord y avoir une négociation franche entre la communauté internationale, le MNLA et Bamako. Une fois la solution politique trouvée, nous verrons ce qui se passera. Cet accord sera déterminant pour la lutte contre le terrorisme.

Le MNLA peut-il vaincre les extrémistes ?

Nous disposons de plusieurs milliers d’hommes et de matériel qui nous permettent de nous adapter au terrain et de combattre dans un territoire que nous connaissons comme notre poche. En outre, la population est de notre côté et elle nous renseigne chaque jour sur leurs positions. Nous savons où sont les terroristes.

Publicités

La DGSE et ses lettres d’amour en Somalie

15 janvier 2013

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a indiqué qu’il craignait une « mise en scène macabre » en Somalie avec les corps de l’otage Denis Allex et d’ un soldat tué.

Ce ministre est bien entendu dans son rôle en manifestant une inquiétude vis-à-vis du respect et/ou de l’utilisation de l’image de la dépouille mortelle d’un soldat de son armée.

Ce qui est quand même gênant, c’est que tout le discours de ce monsieur tend à poser la France en victime avec un otage détenu, puis nous dit-on exécuté, par les Shebab Somaliens et deux soldats tués au cours d’une opération visant à libérer cet otage.

La presse française est d’ailleurs unanime pour qualifier d’otage le ressortissant Français Denis Allex.

Pourtant Denis Allex n’était pas allé écrire des lettres d’amour en Somalie puisque c’est (ou c’était) un agent de la DGSE.

Denis Allex est donc (ou était) une sorte de prisonnier de guerre.

Si ce sont deux militaires Français qui ont perdu la vie dans la tentative pour le libérer, M. Le Drian annonce que 17 « terroristes » ont également été tués au cours des affrontements.

Sur le plan arithmétique, on peut donc dire que les Shebab ont été frappés durement même si le raid français n’a pas atteint son objectif.

Image

Nous ne tuons que des terroristes, en climat tropical de préférence

Il y a cependant des morts dont M Jean-Yves Le Drian ou M. François Hollande se sont bien gardés de nous parler, ces huit civils tués par l’armée française soit dans le cadre d’échanges de tirs avec les miliciens Somaliens, soit de façon tout à  fait gratuite, semble-t-il, au nom du principe de précaution en vigueur chez la soldatesque qui intervient en dehors des climats tempérés

Au moins huit civils somaliens ont été tués samedi au cours d’un raid français infructueux pour libérer un otage en Somalie, et qui a fait aussi plusieurs morts islamistes ou français, ont affirmé dimanche à l’AFP des habitants sur place.

Quatre de ces civils ont été tués lors de la progression au sol des commandos français vers la localité de Bulomarer, où l’otage était réputé être détenu.

Quatre autres civils sont morts dans les combats qui ont suivi entre ces commandos et les insurgés islamistes à Bulomarer, ont rapporté ces témoins, interrogés par téléphone depuis Mogadiscio.

« Quatre civils, dont trois d’une même famille, sont morts. Ils ont été tués hors de Bulomarer, là où les commandos français ont atterri avant d’entrer dans cette ville », a affirmé un de ces habitants, Adan Derow.

« Nous ne savons pas pourquoi ces civils ont été tués » hors de Bulomarer, a indiqué pour sa part Ali Moalim Hassan, un notable local, ajoutant que leurs corps ont été retrouvés près d’un lieu appelé Dhaydog. « Quatre autres civils ont également été pris dans les échanges de tirs et sont morts dans la localité de Bulomarer », a ajouté cet habitant.

Vous avez leur sang sur les mains M. Le Drian et Hollande.

Après Sarkozy en Libye, Hollande victime d’un mirage au Mali

14 janvier 2013

Je ne sais pas quel jeu joue le gouvernement algérien qui a autorisé la France à faire transiter par son espace aérien ses avions se rendant au Mali.

Peut-être était-ce le prix à payer pour les déclarations alambiquées de François Hollande lors de son dernier déplacement à Alger, ou encore pour le remercier d’avoir écouté sans broncher la chorale féminine qui chantait ses louanges à Tlemcen.

En tout cas, même si l’engagement algérien ne va pas plus loin, c’est déjà une faute et un reniement des principes qui ont animé la lutte anticoloniale.

Quant à savoir ce qui a amené la France à intervenir sans mandat de l’ONU et prétendument à l’appel d’un gouvernement qui n’a d’autre légitimité que celle que lui a donné un coup d’Etat…

La France va essayer maintenant de régulariser sa situation à l’ONU, ce qui laisse sous-entendre qu’à paris on est quelque peu conscient de la faiblesse de l’habillage légal donné à son intervention.

Paris a aussi argué de la nécessité d’assurer la sécurité de ses ressortissants, ils sont quelques milliers, au Mali.

Un argument étrange qui sera peut-être utilisé par un des multiples pays d’origine des migrants qui résident en France en cas d’accession à l’Elysée d’un candidat extrémiste !

La vérité est que la France est partie en guerre pour défendre ses intérêts miniers et stratégiques et que si elle était disposée à laisser agir, sous son contrôle, une force africaine dominée par des représentants de la Françafrique, elle ne pouvait pas permettre à une autre puissance extra-africaine de prendre l’initiative militaire. Cette vérité est d’ailleurs affirmée clairement par le gouvernement français même si les journalistes la noient dans tout un fatras de considérations, notamment techniques et tactiques.

Image

François Hollande intervient militairement en Afrique au nom des intérêts de la France de de l’Europe

La France ne pouvait pas même laisser la première place aux Etats Unis qui s’échinent patiemment depuis des années à rogner la place de la France dans la région même si sa stratégie a été quelque peu perturbée par l’arrivée de ce nouvel acteur de premier plan qu’est la Chine. 

Et cette intervention française tombe finalement plutôt bien pour les Etats Unis et, si on en croit cet article du New York Times, les Américains ne sont tout de même pas fâchés de voir la France s’y coller parce qu’ils n’avaient pas vraiment envie d’y aller eux-mêmes : trop compliqué pour des résultats aléatoires.

Bien sûr, la France, avec le renfort éventuel de ses ‘’alliés’’ africains, a parfaitement les moyens de contenir, de repousser et d’infliger de lourdes pertes aux miliciens qui tiennent actuellement le nord du Mali (et aux populations civiles aussi soit dit en passant).

Et les choses peuvent même aller très vite.

Le problème étant justement celui de la durée. Sauf à occuper durablement le Sahara et la région sahélienne, en y installant des postes militaires, en y faisant circuler des unités motorisées et en patrouillant régulièrement l’espace aérien, les combattants qui se seront égayés dans la nature et au-delà du «limes» reviendront dès qu’ils auront reconstitué leurs forces.

Image

Le limes romain en Afrique

Et compte tenu de l’instabilité (à laquelle l’Etat algérien a malheureusement contribué), et de la pauvreté, qui règnent dans une région à l’économie de laquelle l’intervention en Libye (avec la France en pointe déjà) a porté un coup très dur, il n’y a aucune raison pour que ces forces ne se reconstituent pas dans des délais assez brefs.

Pour conclure, on dira qu’il est quand même piquant de voir François Hollande aller guerroyer contre des clones ce ceux qu’il soutient mordicus en Syrie.

NB : j’ai hésité dans la traduction du titre. Au lieu de «supplantent (ou remplacent) la prudence», j’ai préféré «contre la prudence.» Il me semble que dans le verbe supplanter il y une notion d’antagonisme ou d’opposition.

Les frappes françaises au Mali contre la prudence des Etats Unis

par ADAM NOSSITER, ERIC SCHMITT and MARK MAZZETTI.

The New York Times (USA) 13 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Bamako, Mali – Des avions de combat français ont frappé en profondeur au cœur des bastions rebelles du nord du Mali ce dimanche, mettant fin à des mois d’hésitation internationale au sujet d’une action militaire dans la région et après l’échec de toutes les autres tentatives des Etats Unis et de leurs alliés pour contrer les extrémistes.

Pendant des années, les États-Unis ont essayé d’enrayer la propagation du militantisme islamique dans la région en mettant en œuvre le plus ambitieux de ses programmes de lutte contre le terrorisme à travers ces vastes étendues turbulentes du Sahara.

Mais quand les insurgés se sont répandus dans tout le désert l’an dernier, les commandants des unités d’élite des armées de ce pays, entraînées minutieusement pendant des années par les Etats Unis  ont fait défection au moment où on avait le plus besoin d’eux – pour passer à l’ennemi en pleine bataille, avec leurs hommes, leurs fusils et leurs nouvelles compétences, selon des officiers supérieurs Maliens.

« Ce fut un désastre,” déclare un des officiers Maliens qui confirme les défections.

Puis, un officier formé par les Etats Unis a renversé le gouvernement élu du Mali, préparant le terrain pour que plus de la moitié du pays tombe entre les mains des extrémistes islamistes. Les avions espions et les drones de surveillance américains ont essayé de mettre de l’ordre dans cette pagaille, mais les officiels Américains et leurs alliés en sont encore à se triturer les méninges pour se faire une idée précise de ce qu’ils affrontent.

Maintenant, malgré les avertissements américains de longue date sur le risque qu’une attaque occidentale sur le bastion islamiste fasse affluer des djihadistes de partout dans le monde et encourage des attentats terroristes aussi loin qu’en Europe, les Français sont entrés d’eux-mêmes en guerre.

Ils ont d’abord freiné la progression islamiste, affirmant que le reste du Mali serait tombé entre les mains des militants en quelques jours. Puis, le dimanche, les avions de combat français sont passés à l’offensive, attaquant des camps d’entraînement, des dépôts et d’autres positions des militants loin à l’intérieur du territoire contrôlé par les islamistes, dans le but de déloger les militants qui ont créé là un des plus importants repaires au monde pour les djihadistes.

Certains officiels du Départment de la Défense, en particulier des officiers du Joint Special Operations Command au pentagone ont plaidé en faveur d’une campagne d’assassinats [lethal campaign] pour tuer les hauts responsables de deux des organisations extrémistes qui tiennent le nord du Mali, Ansar Dine et Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Tuer les chefs, soutenaient-ils, pourrait provoquer un effondrement interne.

 Mais son attention et ses ressources étant concentrées sur d’autres conflits comme le Pakistan, le Yémen, la Somalie et la Libye, l’administration Obama a rejeté ces frappes en faveur d’une stratégie plus prudente et une action indirecte : aider les nations africaines à repousser et à contenir la menace par elles-mêmes.

Ces quatre dernières années, les Etats Unis ont dépensé entre 520 et 600 millions de dollars dans un vaste effort pour combattre le militantisme islamiste dans la région sans faire des guerres comme celles qu’ils ont menées au Moyen Orient. Ce programme s’est étendu du Maroc au Nigeria et les officiels Américains présentaient l’armée malienne comme une partenaire exemplaire. Les forces spéciales américaines avaient formé les soldats Maliens au tir de précision, à la patrouille de frontière, à l’embuscade et à d’autres techniques du contreterrorisme.

Mais toute cette planification délibérée a rapidement volé en éclats quand des combattants islamistes aguerris et lourdement armés sont rentrés des combats en Libye. Ils se sont alliés avec des djihadistes comme Ansar Dine, ont mis en déroute des forces maliennes mal équipées et les ont démoralisées à tel point qu’il s’en est suivi une mutinerie contre le gouvernement dans la capitale, Bamako.

Une évaluation confidentielle à l’interne effectuée en juillet dernier par l’Africa Command (Africom) au Pentagone avait conclu que le coup d’Etat était allé trop vite pour que le commandement américain où les analystes du renseignement puissent en détecter de véritables signes avant coureurs.

Le coup d’Etat au mali est allé si vite et il y avait si peu de signaux d’alerte,» explique le colonel Tom Davis, un porte parole du commandement. «L’étincelle qui l’a déclenché s’est produite chez les officiers de niveau intermédiaire qui ont fini ar renverser le gouvernement, pas aux échelons supérieurs où on aurait pu plus aisément remarquer des signaux d’alerte »

Mais un officier des Forces d’Opérations Spéciales n’est pas d’accord, qui affirme, “Les choses fermentaient depuis cinq ans. Les analystes étaient trop complaisants dans leurs hypothèses et ils n’avaient pas vu les gros changements et leur impact, comme l’armement lourd en provenance de Libye et la nature différente, plus ‘’islamique’’ des combattants qui revenaient.

Les mêmes unités de l’armée entraînées par les Etats Unis et qu’on voyait comme la meilleure chance de repousser cette avance se sont avérées en fin de compte être à la base de la défaite militaire du pays. Les chefs de ces unités d’élite étaient des Touareg – de la même ethnique nomade qui envahissait le nord du Mali.

Selon un officier supérieur, les commandants Touareg des quatre unités maliennes combattant dans le nord à l’époque avaient fait défection en faveur de l’insurrection ‘’au moment crucial», emportant avec eux les combattants, les armes et un peu d’équipement. Il affirme qu’ils ont été rejoints par environ 1 600 autres transfuges de l’armée malienne, portant un coup sévère aux espoirs du régime de résister à l’offensive.

“L’aide des Américains s’est révélée sans utilité,” déclare un autre officier supérieur Malien, engagé en ce moment dans les combats. ‘’Ils ont fait les mauvais choix,’’ dit-il en s’appuyant sur des chefs d’un groupe [ethnique] qui est en rébellion contre l’Etat malien depuis cinquante ans.

Le quasi effondrement de l’armée malienne, y compris des unités entraînées par les forces spéciales américaines, suivi par un coup d’Etat avec à sa tête un officier formé par les Etats Unis, le capitaine Amadou Sanogo, a surpris et embarrassé le haut commandement militaire américain.

 ‘’J’ai été très déçu de voir un militaire avec qui nous étions en relation pour le former participer au renversement par l’armée d’un gouvernement élu,’’  a déclaré le général Carter F. Ham, commandant de l’Africom, dans un discours prononcé à la Brown University le mois dernier. ‘’On ne peut pas qualifier ça autrement que complètement inacceptable.’’

Les officiels Américains défendent leur entraînement de l’armée malienne, expliquant qu’il n’avait jamais eu pour but d’être aussi complet que ce que les Etats Unis ont fait en Irak et en Afghanistan. ‘’Nous avons entraîné cinq unités pendant cinq ans, mais est-ce que ça suffit à faire une véritable armée solide comme le roc ?’’ demande un officier de l’armée américaine bien au courant du dossier.

Après le coup d’Etat, les extrémistes ont rapidement écarté les Touareg dans le nord malien et appliqué une version dure de l’Islam à la population, coupant des mains, flagellant les habitants et poussant à la fuite des dizaines de milliers de personnes. Les pays occidentaux ont alors adopté une stratégie d’endiguement, exhortant les pays africains à boucler le nord du pays en attendant d’être en mesure de mobiliser une force armée pour chasser les islamistes à l’automne, au plus tôt. A cette fin, le Pentagone fournit à la Mauritanie des camions neufs et au Niger deux avions de reconnaissance Cessna, en plus de la formation militaire dispensée dans les deux pays.

Mais même ce plan de sauvetage a échoué car les islamistes ont progressé dans le sud en direction de la capital. Avec des milliers de citoyens Français au Mali, son ancienne colonie, la France a décidé qu’elle ne pouvait pas attendre plus longtemps et a bombardé les militants sur la ligne de front et en profondeur dans leur repaire.

Certains experts dissent que des troupes étrangères pourraient facilement reprendre les grandes villes du nord du Mali, mais que les combattants islamistes ont obligé des enfants à se battre pour eux, ce qui est dissuasif pour toute force d’invasion, et pourraient recourir à des tactiques insurrectionnelles meurtrières.

 ‘’Ils ont préparé ces villes pour en faire un piège mortel,’’ déclare Rudy Atallah, l’ancien directeur de la politique du contreterrorisme pour le Pentagone. ‘’Si une force d’intervention va là-bas, les militants en feront une guerre insurrectionnelle.’’

Adam Nossiter reported from Bamako, Eric Schmitt from Niamey, Niger, and from Washington, and Mark Mazzetti from Washington. Steven Erlanger contributed reporting from Paris.

Trois femmes puissantes ou la Turquie et son casse-tête kurde

12 janvier 2013

On ne peut pas dire que la presse française en fasse des tonnes sur l’affaire des trois militantes Kurdes assassinées à Paris il y a quelques jours (pour le coup, ce sont elles qui ont eu la tête fracassée).

Image

Les trois militantes du PKK assassinées à Paris

Slate nous dit cependant que:

Frapper Sakine Cansiz, c’est donc frapper Abdullah Öcalan, alors qu’il négocie de sa prison d’Imrali avec les services secrets turcs et qu’on venait tout juste d’apprendre qu’un accord cadre serait en vue.

Slate rejoint ainsi la position officielle turque telle qu’elle a pu être exprimée par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan:

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi l’exécution déplorable de trois femmes kurdes à Paris, retrouvées mortes dans la nuit tuées d’une balle dans la tête.

« Il nous faut être patient et attendre que les autorités fassent la lumière sur cet incident. Il pourrait s’agir d’un règlement de compte interne (au sein du PKK) ou d’une provocation pour tenter de perturber nos efforts de bonne volonté pour avancer dans le cadre du processus de paix », a-t-il déclaré, selon l’agence de presse Anatolie

Mais les choses ne sont peut-être pas si simples ainsi qu’on peut le subodorer en voyant le premier ministre turc employer le mot « exécution » au lieu d’assassinat. Un mot auquel l’adjectif « déplorable » peine à ajouter une réelle dimension émotionnelle.

De son côté, RFI évoque trois pistes possibles: celle d’un conflit interne au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), un coup des services secrets turcs sur ordre de leur gouvernement pour faire capoter les discussions en cours et faire porter le chapeau ausx radicaux du PKK et enfin une action des Loups Gris, le mouvement nationaliste turc d’extrême droite.

J’observerai qu’on peut sans difficulté fusionner la deuxième et le troisième hypothèse, ce qui nous laisserait seulement deux éventualités.

Et l’hypothèse d’une action ses services secrets turcs est des plus probables, pour des raisons de simple logique.

On sait par exemple que la démarche bassement électoraliste du premier ministre Turc dans son « dialogue » avec le PKK est admise par tous les observateurs même si certains pensent qu’il peut en sortir du positif.

Pourtant, la crise syrienne a donné l’occasion au premier ministre Turc de démontrer son hostilité absolue à de véritables discussions avec les Kurdes et, au contraire, de sa volonté de les amener à se soumettre en échange de quelques mesures symboliques.

Mais Ergogan comme les Kurdes eux-mêmes savent très bien que la concrétisation du projet national kurde n’a jamais été aussi proche qu’aujourd’hui et que c’est le gouvernement turc lui-même qui, avec sa politique bizarroïde (il n’y a pas d’autre mot) relativement à la Syrie et à Irak a favorisé cet état de fait.

Je ne veux pas dire par là que les Kurdes vont réaliser leur projet national, mais que le prix à payer pour les en empêcher sera plus élevé que jamais.

Un autre élément qui plaide en faveur de l’hypothèse d’un meurtre commandité par les autorités turques est à chercher dans d’autres propos de M. Erdogan, ceux par lesquels il réagit à des mots du président Français, François Hollande.

On peut lire en effet dans une dépêche Reuters du 12 janvier:

Meurtres de Paris-Erdogan demande des explications à Hollande

M. Erdogan ne demande pas au président Français de faire la lumière sur le triple meurtre à Pais mais réagit à ces propos de M. Hollande:

« C’est directement trois personnes dont l’une était connue de moi et de beaucoup d’acteurs politiques parce qu’elle venait régulièrement nous rencontrer », a déclaré jeudi François Hollande.

Propos qui ont suscité le mécontentement du premier ministre Turc qui a adressé cette sommation au chef de l’Etat français

« Le président français doit expliquer à l’opinion turque et au monde pourquoi il avait rencontré des membres d’une organisation terroriste ».

Une petite phrase où on peut voir tomber le masque d’Erdogan qui qualifie sans hésiter les trois victimes de membres d’une « organisation terroriste ». On peut donc conclure que ce que M. Erdogan jugeait déplorable dans « l’exécution » de ces trois militantes Kurdes, c’était la méthode. Peut-être aurait-il préféré la strangulation?

Et l’organisation terroriste est celle-là même avec laquelle son gouvernement est supposé avoir engagé des négociations sérieuses et sincères!

Que leur sang retombe sur ta tête Satanyahou!

15 novembre 2012

M. François Hollande, vous assez reçu un criminel à l’Elysée et vous êtes même allé avec lui rendre un hommage aux victimes de l’école juive de Toulouse.

Comme si ce criminel nommé Benjamin Netanyahou était capable d’éprouver une compassion universelle, lui que ne préoccupe que le sort de ce qu’il croit être sa tribu dont les Juifs de France feraient partie.

Oui, Juifs de France, vous l’avez dit vous même. Pas Français de confession juive…

Vous avez ainsi servi sa campagne électorale qu’il poursuit maintenant à coup de missiles et d’obus.

Voilà une des victimes de ce truand impitoyable à qui vous êtes allé jusqu’à donner l’accolade:

Ranan Youssef Arafat, 3 ans assassinée par Benjamin Netanyahou

Osez maintenant regarder en face ces Français de confession musulmane qui s’étaient mobilisés plus que de coutume pour se rendre aux urnes et vous porter ainsi à la magistrature suprême.

Dénoncer la mafia en Corse, c’est une chose. Mais recevoir un criminel mafieux en est une autre et c’est de la complicité.

– Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! (Matthieu 27 :20, 25)

François Hollande avoue le rôle trouble des services secrets français au Liban

4 novembre 2012

Je n’ai trouvé pour l’instant aucune retranscription ou vidéo intégrale de la conférence de presse qu’a donnée François Hollande à Beyrouth où il est allé prétendre que la France était l’amie du Liban et veillerait sur sa stabilité etc.

Outre que le président Libanais Michel Sleimane n’a pas eu droit, pour ce que j’en ai vu, à l’accolade du chef de l’Etat français qui en avait pourtant récemment gratifié le tueur Benjamin Netanyahou, on sait au Liban ce qu’a été l’amitié de la France en 2006 par exemple.

Donc pas de vidéo ou retranscription intégrale, alors je vais faire confiance en attendant à Angry Arab qui observe ce qui suit:

Aujourd’hui, l’inexpérimenté président Français a pour ainsi dire étalé les liens des services secrets français avec Michel Samahah. Quand lors d’une conférence de presse à Beyrouth, il a été interrogé sur de tels liens, le président Français a déclaré qu’il n’existait pas de tels liens « depuis que je suis devenu président. » C’est donc officiel maintenant.

Bonne idée: retransmettre en direct les négociations sur le programme nucléaire iranien

3 novembre 2012

J’avais entendu parler de Press TV, la chaîne de télévision iranienne anglophone, interdite de retransmission maintenant en Europe (la liberté d’interdire fait partie de la liberté, n’est-ce-pas ?) mais pas d’Hispan TV, son pendant en langue castillane.

Justement, Hispan TV nous gratifie d’une information intéressante et d’une proposition qui devrait faire jubiler François Hollande qui est plus que d’accord avec Benjamin Netanyahou sur la nécessité de faire plier l’Iran sur le dossier nucléaire. François Hollande ne sait peut-être pas (je suis sans doute naïf) que pour les sionistes, faire plier l’Iran signifie détruire ce pays.

En tout cas, la proposition iranienne présentée par Hispan TV aurait le mérite de permettre à chacun de décider qui est de mauvaise foi sur le dossier nucléaire iranien.

L’Iran veut retransmettre en direct le dialogue entre l’Iran et le G5+1

Hispan TV (Iran) 3 novembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La République islamique d’Iran a agi en toute transparence dans les négociations avec le groupe 5 +1 (comprenant les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie, plus l’Allemagne) et c’est pourquoi il demande une retransmission en direct des négociations, a a déclaré samedi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères,

Ramin Mehmanparast

Lors d’un entretien accordé à l’agence de presse iranienne Fars, en marge de la 19ème Exposition internationale « Presse et agences de presse » qui s’est tenue à Téhéran, la capitale iranienne, M. Mehmanparast a évoqué les négociations entre l’Iran et le groupe 5 +1 sur le programme nucléaire iranien. « Dans ces négociations, l’Iran a agi en toute transparence, outre des propositions concrètes, plaide pour une diffusion en direct des négociations», a-t-il observé. Mehmanparast a souligné que les pourparlers entre l’Iran et le G5 +1 ne sont ni techniques ni juridiques, et que les accusations contre le programme nucléaire de Téhéran sont motivées politiquement.

« Ils ont décidé que l’Iran ne devait pas accéder aux technologies nucléaires de pointe et devait limiter ses capacités, car eux seuls ont droit à ces avancées techniques « , a déclaré le diplomate iranien.

« Actuellement, l’expérience des scientifiques de notre pays a atteint un tel niveau qu’il [l’Occident] ne pourra extirper ces connaissances acquises par le peuple iranien,» a-t-il ajouté.

Sur certaines déclarations sur l’abandon par l’Iran de son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions, il a assuré que les mesures anti-iraniennes de ces trente dernières années démontrent clairement que le dossier nucléaire iranien n’est rien d’autre qu’un prétexte.

Enfin, il a signalé que du moment que l’Iran se trouve dans le collimateur des pays occidentaux, sous la forme de sanctions injustes, on se demande ce qui motive de tels embargos et pressions puisque si ils sont en vigueur en ce moment l’ont été dès la victoire de la révolution islamique, à une époque où l’Iran n’avait en fait aucun type d’activité nucléaire.

Les Etats Unis et le régime israélien, ainsi que leurs alliés, accusent l’Iran de poursuivre des objectifs belliqueux avec son programme d’énergie nucléaire.

L’Iran rejette pour sa part de telles accusations et soutient avoir le droit d’utilise la technologie nucléaire à des fins pacifiques puisqu’il est signataire du Traité de Non Prolifération (TNP) et est membre de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).

La radio iranienne francophone traite aussi de ce sujet, mais de manière trop succincte à mon goût.

La symbolique de Toulouse et sa signification politique

2 novembre 2012

François Hollande a rendu publiquement hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse, et c’est une démarche tout à fait légitime.

Le problème est qu’il l’a fait en compagnie de Benjamin Netanyahou, le premier ministre violent d’un Etat voyou qui séquestre et spolie le peuple palestinien.

S’il pensait que cet hommage avait une finalité pédagogique, on peut dire que c’est raté.

Si le but était par contre de flatter les instances supposées représenter la communauté juive en France et donner un coup de pouce électoral à Benjamin Netanyahou, on peut dire que c’est réussi.

On retiendra l’image de François Hollande donnant l’accolade à Benjamin Netanyahou dans l’école toulousaine fréquentée par les victimes de Mohamed Merah.

Je suis satisfait de toi François.

N’imaginez pas que cette accolade est le fruit d’une montée d’émotion qui se serait emparée des deux dirigeants politiques, elle fait au contraire partie de détails qui ont été décidés par les responsables du protocole des deux pays parce que c’est un geste qui a du sens politique.

On retiendra que M. Hollande est allé très loin dans une proclamation de sympathie à l’égard d’un homme qui n’est rien d’autre qu’une version juive d’une extrême droite que les politiciens de gauche prétendent stigmatiser.

En tout cas cette camaraderie est en phase avec les évolutions que connaît, il suffit de penser à la rhétorique de Manuel Valls, et va connaître la gauche institutionnelle dans sa relation avec les populations issues de l’immigration musulmane. Elle est également cohérente avec les inflexions qu’a connues la politique étrangère de la France depuis sa réintégration dans l’OTAN et le bellicisme que nous avons pu constater avec les événements liés au prétendu printemps arabe. Et on aurait donc eu tort  d’être surpris devant l’hommage  rendu récemment par le président Français au fasciste Yitzhak Shamir à l’annonce du décès de ce dernier.

Nous sommes entrés définitivement dans l’après deuxième guerre mondiale. Non pas que nous nous trouvions devant des idéologies et des phénomènes politiques nouveaux, mais que la parenthèse introduite par la guerre froide et le gaullisme en ce qui concerne la France s’est refermée et que nous nous retrouvons dans la situation idéologique voisine de celle de l’entre deux guerres mondiales. Avec des forces qui correspondent peu ou prou aux forces sur lesquelles s’appuyait le maréchal Pétain et d’autres qui correspondent à celles qui lui avaient accordé les pleins pouvoirs. De fait, on a beaucoup parlé de juifs de France ces jours ci, et guère de Juifs Français ou de Français Juifs.

Comme si aucune leçon n’avait été retenue des méfaits du fascisme et du nazisme. De fait, aucune leçon n’a été tirée de cette période sombre de l’histoire. Pour la bonne raison, entre autres, que la pédagogie et le discours  politique portant sur cette époque sont à la fois trop éloignés de la réalité de ce que fut cette époque et se sont détournés des enseignements universalistes qui auraient dû en être tirés.

Benjamin Netanyahou sait parfaitement reconnaître ses amis politiques et il en a reconnu un en François Hollande dont il s’est déclaré «très satisfait» exactement comme il a su reconnaître son ami politique aux Etats unis.

Mitt Romney et Benjamin Netanyahou partagent donateurs et amitié

Par Sheera Frenkel, McClatchy Newspapers (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

Jérusalem : Le candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney et le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou ont reconnu être amis depuis des dizaines d’années, mais les liens financiers qui les unissent sont devenus évidents quand le candidat républicain a révélé la liste de ceux qui contribuent financièrement à sa campagne.

Plus de la moitié de ceux qui ont donné de l’argent à Netanyahou pour sa campagne de réélection sont des Américains qui ont aussi contribué à la campagne de Romney ou au Parti Républicain aux Etats Unis.

La loi israélienne permet aux politiciens de faire campagne et de collecter de l’argent à l’étranger, quoique l’impact financier des campagnes électorales soit extrêmement différent ici puisque, comme le calendrier électoral se limitant habituellement à trois mois, les budgets de campagne sont maintenus au minimum et les politiciens recourent traditionnellement au financement public. Netanyahou est cependant allé chercher de l’argent à l’étranger même si la somme qu’il a réunie est minuscule comparativement aux standards américains : elle peut s’évaluer en dizaines de milliers de dollars.

Selon des documents publiés par le contrôleur des finances d’Israël, Netanyahou a reçu des dons financiers provenant de 47 personnes. Une seule d’entre elles est israélienne et 42 sont américaines En recoupant les registres officiels aux Etats Unis avec la liste de Netanyahou, McClatchy a constaté que 28 des Américains qui avaient donné de l’argent pour Netanyahou avaient aussi donné pour Romney, le Parti Républicain ou les deux. Deux seulement ont donné de l’argent au Parti Démocrate, dont l’un pour le président Obama.

A la question de savoir s’ils sont gênés de voir que plus de 90 % de l’argent de Netanyahou vient des Etats Unis, la plupart des Israéliens ont un haussement

 «Alors ils prennent de l’argent aux Etats Unis ? Pourquoi devrions-nous en être surpris ? C’est ce qu’il y a de moins surprenant à un moment où tous les autres politiciens israéliens vont en prison pour fraude et corruption,» affirme Shlomit Beniyahu, 48 ans, qui dit qu’elle votera pour Netanyahou aux prochaines élections. «C’est peut-être une bonne chose si Netanyahou obtient de l’argent auprès des mêmes personnes que Romney ; ça montre qu’il est assez malin pour connaître des riches qui ont de l’argent.»

Une famille qui semble avoir particulièrement mis la main à la poche pour Netanyahou et Romney est la famille Falic de Miami. Les Falics, qui possèdent la chaîne de boutiques hors taxes Duty Free Americas, ont fait leur fortune en tant qu’anciens propriétaires de la maison de haute couture Christian Lacroix. Par divers membres de la famille, les Falics ont apporté près de la moitié des contributions à la campagne de Netanyahou, soit environ 42 000 dollars.

Les registres officiels aux Etats Unis montrent que la famille falic contrbue financièrement de longue date en faveur du Parti Républicain, avec plus de 100 000 dollars pour les candidats républicains cette année, dont 20 000 dollars pour la campagne de Romney. La famille Falic a aussi donné de l’argent à des organisations pour la colonisation, dont certaines qui organisent pour les Américains des visites des colonies juives en Cisjordanie

Un membre de la famille Falic que nous avons pu joindre à Miami a refusé de s’exprimer, tout comme la campagne de Romney.

Un porte parole de Netanyahou a refusé de parler des sources de financement su premier ministre, mais un ancien collaborateur de netanyahou, qui s’est exprimé pour McClatchy sous condition d’anonymat parce qu’il est toujours impliqué dans la vie politique, explique que le premier ministre considère que les Etats unis sont «un lieu naturel pour récolter des fonds.»

«Netanyahou a toujours été accueilli à bras ouvert aux Etats Unis. Les gens, les donateurs là bas ne pouvaient jamais lui donner assez,» explique cet ancien collaborateur.

Dans le cours de campagne présidentielle aux Etats Unis, Netanyahou a été critiqué pour avoir  semblé préférer Romney à Obama. Si les responsables de la campagne Romney ont dit clairement n’avoir pas cherché à obtenir le soutien du premier ministre, des organisations pro-israéliennes ont diffusé des spots dans des swing states comme la Floride pour affirmer que Romney à la Maison Blanche serait mieux pour l’Etat d’Israël.

 «C’est un message clair de notre part à nous ici en Israël que Romney est mieux pour l’Etat d’Israël et que sa relation avec Netanyahou serait certainement une amitié plus naturelle,» déclare Kory Bardash du groupe Israël des Républicains à l’Etranger

Dans des interviews, des représentants de Netanyahou ont relevé qu’il n’était pas intéressé à s’immiscer dans la politique partisane aux Etats Unis. Sa liste de donateurs ne comporte cependant que deux familles qui ont donné de l’argent à la fois au Parti Démocrate et à Netanyahou.

 «Il semble un peu étrange de voir que ses contributeurs soient surtout dans un camp,» observe Beniyahu qui a parlé à McClatchy pendant sa pause repas avec trois de ses collègues de travail à Tel Aviv.

 « J’imagine que ça montre quelque chose comme une préférence pour un parti sur un autre, » déclare Michael Cohen, un des collègues de Beniyahu. «Certaines personnes seront peut-être gênées parce que maintenant c’est comme s’il devait quelque chose aux Républicains… Mais la plupart des gens s’en fichent»

David Lightman a contribué à ce article depuis Washington.

65 % des Syriens jugent l’attitude de la Turquie hostile à l’égard de leur pays

1 novembre 2012

Le journal turc Zaman, proche de la majorité gouvernementale, publie une synthèse des résultats d’une enquête sur la perception de la Turquie dans un certain nombre de pays du Moyen Orient. Cette enquête qui associe un think-tank d’Istanbul, un institut d’enquêtes d’opinion et la fondation allemande Friedrich-Ebert-Stiftung, est censée outiller la diplomatie turque afin qu’elle puisse savoir comment ajuster sa politique ou son discours pour favoriser l’atteinte des objectifs que lui ont fixés les autorités politiques.

Les résultats sont vraiment intéressants d’autant qu’il s’agit d’une enquête reproduite tous les ans, ce qui permet donc de cerner les évolutions.

Je vous laisse les découvrir tout en attirant votre attention sur deux points. Le premier, c’est que l’enquête montre que dans les pays interrogés, l’entité sioniste et les Etats Unis se disputent la place de menace N°1 pour la sécurité régionale.

Ce qui ne surprendra que François Hollande ou Laurent Fabius. Non, pas Benjamin Netanyahou ou Shimon Peres parce que ces deux là savent à quel point leur entité sioniste représente un danger (et ils en sont d’ailleurs fiers).

Le deuxième point concerne la Syrie. L’enquête montre en effet que la première préoccupation des Syriens n’est pas de se débarrasser du président Bachar al-Assad mais de retrouver la sécurité et donc la paix civile. Et surtout, l’enquête montre que 65 % des personnes interrogées en Syrie considèrent comme hostile l’action de la Turquie par rapport à leur pays.

Sans doute un instantané de l’opinion publique syrienne au sujet des opposants armés à leur gouvernement qui recueilleraient au grand maximum 35 % d’opinions favorables.

La popularité de la Turquie au Moyen Orient reste élevée mais décline

Par Sevgi AKARÇEŞME, Zaman (Turquie) 1er novembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une enquête de la Fondation Turque pour la Recheerche Economique et Sociale (TESEV) intitulée «Perception de la Turquie au moyen orient, 2012» a constaté que la Turquie reste populaire dans la région, quoique les chiffres aient baissé comparativement aux années précédentes.

Les résultats de l’enquête menée conjointement par TESEV, Friedrich-Ebert-Stiftung et KA Research Company ont été rendus publics lors d’une conférence de presse tenue à Istanbul jeudi. Selon les résultats de l’enquête, qui a été réalisée dans des pays du Moyen Orient, hormis l’Algérie, le Maroc, le Soudan et Israël, le taux d’approbation global de la Turquie s’établit à 69 %, en baisse par rapport aux 78 % observés l’an dernier.

Le professeur Mensur Akgün, directeur du Global Political Trends Center (GPoT) estime que «L’image de marque de la Turquie reste très bonne malgré cette baisse, et elle doit être protégée parce qu’elle est le plus important élément du ‘soft power’ de la Turquie dans la région. Akgün a exhorté la Turquie à «envisager de revoir son modèle parce que certaines alternatives sont apparues,» soulignant que «le plus important problème dans la région selon les personnes interrogées sont des problèmes économiques, alors qu’en Turquie on cite communément la question de Palestine.»

D’autre part, le président de TESEV, Can Paker, pour qui l’enquête «prend le pouls de la région», a considère que les résultats sont très positifs, car «ils indiquent que la popularité de la Turquie dans la région se stabilise après avoir fait un bond ces quatre dernières années. « Pour Paker, les résultats de l’enquête montrent que« la Turquie reste un acteur acceptable dans la région et qu’il y a des attentes à son égard. « 

Sabiha Şenyücel Gündoğar, responsable du programme politique étrangère à TESEV

Dans une présentation détaillée des chiffres de l’enquête, la directrice du programme politique étrangère de TESEV, Sabiha Şenyücel Gundogar, a résumé les thématiques et les pays qui se sont particularisés dans la recherche, qui a été menée en août dernier au moyen d’entretiens téléphoniques. Notant qu’il y avait une diminution globale de l’optimisme chez les sondés vivant au Moyen-Orient, avec seulement 52 pour cent des répondants affichant être pleins d’espoir pour l’avenir, par opposition à 62 pour cent l’année dernière, Gundogar a relié cette évolution à la baisse aux difficultés consécutives au printemps arabe. Elle a expliqué que « alors que les gens en Iran mettent d’abord en avant les problèmes économiques, la préoccupation majeure des Syriens était la sécurité et non l’éviction de Bachar al- Assad. »

Une observation intéressante de l’étude porte sur la perception du sectarisme dans la région. Si Akgün comme Gundogar soulignent qu’il n’y a pas de prisme sectaire quand les Turcs regardent le Moyen-Orient, tous deux attirent par contre l’attention sur l’existence d’une telle perception [dans la région] puisque 28 % des personnes interrogées estiment que la Turquie poursuit une politique sectaire dans le Moyen- Orient. Selon le professeur Akgün, «la politique de la Turquie ne s’inscrit pas dans cette ligne[sectaire], mais s’il existe une telle perception [dans la région], il faut alors prendre des mesures pour la corriger. » De même, Gundogar dit: «Nous ne percevons pas le Moyen-Orient à travers un prisme sectaire, mais toute déclaration de la Turquie passe par un filtre sectaire dans la région « , ajoutant que » la Turquie était auparavant perçue comme plus neutre, mais elle a pris parti dans le conflit syrien et quand vous êtes avec un camp, l’autre peut devenir sensible [à l’aspect sectaire].

Fondateur de la Société de recherche KA, Bülent Kılınçarslan a appelé les décideurs politiques à analyser de près les résultats pays par pays pour procéder à une évaluation saine des tendances d’opinion au Moyen-Orient. « Pendant la présidence de Süleyman Demirel [dans les années 1990], nous avons mené des enquêtes similaires en Asie centrale. Tout le monde était dans en amour pour la Turquie à l’époque, mais ce sentiment avait décliné dans les années qui suivirent « , a déclaré Kılınçarslan. Selon lui, les relations de la Turquie, non seulement avec la Syrie, mais également avec l’Irak, jouent aussi un rôle dans la perception de la Turquie comme sectaire. «Depuis Tarek al-Hashemi, le vice-président irakien en fuite [condamné à mort dans son pays, note de Djazaïri] qui est actuellement en exil à Istanbul, la Turquie est considérée comme étant dans le bloc sunnite».

Définissant ces recherches en partenariat comme un «parfait exemple de deuxième niveau diplomatique,» Michael Meier de Friedrich-Ebert-Stiftung à İstanbul a déclaré que «le rôle de la Turquie se renforce dans la région parce que c’est un modèle très réussi pour le Moyen orient, c’est pourquoi nous devrions soutenir l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne».

Selon l’enquête, Israël a maintenu sa place traditionnelle de menace N°1 pour la région à l’exception de l’Iran et de l’Irak, où les répondants considèrent que les Etats-Unis sont la plus grande menace pour la sécurité.

La perception positive de la Turquie en Syrie a aussi fortement baissé puisque 65 % des Syriens ont considéré que l’approche de leur pays par la Turquie était hostile, contre seulement 16 % en 2011.

Le sionisme et la France: un grand criminel à Paris, un « grand philosophe » à Jérusalem

1 novembre 2012

Lina Hasan (01/09/199 – 06/01/2009), une des 352 enfants assassinés par le régime sioniste à Gaza

Mohamed Merah a certes été mis hors d’état de nuire, mais il est un autre tueur d’enfants qui non seulement continue à sévir mais est reçu avec les honneurs en France.

Et pendant que Benjamin Netanyahou, le chef de la bande de tueurs d’enfants (liste nominative des 352 victimes de l’opération Plomb Durci à Gaza) est reçu en grande pompe par François Hollande, notre ministre des affaires étrangères officieux a fait le chemin inverse en se rendant à Jérusalem.

Bon, Bernard-Botul-Henri Lévy ne s’est pas exactement rendu là-bas en qualité de Français, ni même de Juif de France pour reprendre l’expression employée par M. Hollande qui n’a parlé ni de Juifs Français, ni de Français Juifs.

Il figure en fait parmi les 120 leaders et intellectuels venus de tout le monde juif pour participer à une conférence sur

les questions stratégiques qu’affrontent le peuple juif et l’Etat d’Israël.

Cette rencontre est organisée par l’Institut Politique du Peuple Juif (sigle anglais : JPPI) présidé par un certain Avinoam Bar-Yosef.

La diaspora juive est bien entendu au cœur de cette réflexion ainsi que l’a souligné le président de l’Institut :

 « Nous pouvons voir pour la première fois que le gouvernement israélien prend au sérieux la diaspora juive, la voyant comme un acteur stratégique pour Israël, et qu’il est prêt à investir dans son avenir pour maintenir sa puissance et son influence,» a déclaré Bar-Yosef selon le site web du Jerusalem post.

Voilà qui donne un relief tout particulier à la visite du terroriste Netanyahou en France

On veut cependant croire que cette observation ne s’applique pas à la France dont le système politique exclut tout communautarisme et où la communauté juive est persécutée comme ailleurs.

Persécution qu’a confirmée Bernard-Botul-Henri Lévy à la conférence de cet institut de politique du peuple juif, dans une analyse des plus percutantes :

Le prestigieux philosophe Français a dénoncé hier, mardi, le fait que les Juifs du monde entier sont attaqués par la double menace d’un antisémitisme déguisé en antisionisme et d’une guerre totale contre l’Etat d’Israël

 «Le défi que nous devons affronter est la forme nouvelle du vieil antisémitisme, un nouveau système pour légitimer l’expression de l’antisémitisme qui s’articule autour de l’antisionisme et de la haine contre Israël,» ce dernier phénomène étant qualifié par l’intellectuel juif comme étant «la nouvelle mutation du virus de l’antisémitisme.»

Si on veut bien prêter attention au propos du philosophe mal appertisé, on ne peut que s’étonner de ce prétendu constat sur cette universalité de l’hostilité à l’encontre des Juifs.

Il y a là un mystère à expliquer : pourquoi le monde entier et pourquoi les Juifs ? Et pourquoi accuser, entre autres,  les esquimaux, les lapons et les hottentots?

Quoique comme on l’a vu, notre philosophe propose une explication. L’antisémitisme a sa cause dans un virus qui est celui de l’antisémitisme (comme la grippe a sa cause dans un virus qui est celui de la grippe). L’antisémitisme est donc toujours là mais, à la différence du virus qui n’a besoin que d’habiter un corps, habituellement non consentant, pour se manifester, l’antisémitisme a lui besoin en plus d’un paravent pour se parer d’une forme de légitimité.

Du point de vue botulique, le vieil antisémitisme est anhistorique et est une haine fondamentale des Juifs que rien ne saurait abolir parce que, comme les virus, il mute, se transmet et que, pour ce que j’en sais, on n’a jamais été capable d’éradiquer un seul virus.

On comprend donc bien que l’antisémitisme existe depuis que des Juifs existent et qu’il perdurera sous des formes certes renouvelées tant qu’existeront des Juifs.

C’est la thèse nazie mais c’est aussi, sous une forme moins radicale, la thèse sioniste : Juifs et non Juifs ne peuvent vivre ensemble, il convient donc que les Juifs se séparent des autres en disposant de leur «foyer national».

La première thèse a été disqualifiée sans appel par l’histoire et l’ethos humaniste, la seconde ne tardera pas à subir le même sort (espérons seulement que nous en serons débarrassés avant que la clique sioniste déclenche un nouveau conflit meurtrier).

L’autre possibilité tient à une disparition physique des hôtes potentiels du virus de l’antisémitisme puisque, en tant qu’être parasitaire, le virus ne peut subsister qu’en infectant un être vivant (et je vois mal le virus de l’antisémitisme infecter les lombrics ou les chats).

On remarquera que cette disparition peut aussi être théoriquement assurée par la création du fameux «foyer national» qu’on prendra soin d’entourer de murs et de clôtures.

La conclusion est que François Hollande pourra faire ce qu’il voudra, mais pas plus que ses prédécesseurs il ne parviendra à éliminer le fléau antisémite. Sauf peut-être à admettre l’idée de Benjamin Netanyahou que la place des Juifs de France n’est pas en France mais en Palestine occupée.

Si on ne peut pas vraiment éliminer les virus, on peut par contre parfaitement se débarrasser de la vermine botulique qui est une bactérie en recourant à des moyens prophylactiques simples mais efficaces pour neutraliser ce microbe qui est l’agent d’un neurotoxique redoutable.  Un de ces moyens est par exemple de moins regarder la télévision, de s’abstenir de lire le Point etc.

Nb: Benjamin Netanyahou n’était pas au gouvernement quand a eu lieu l’opération « Plomb Durci » contre Gaza. Il va cependant sans dire qu’il a parfaitement assumé cette agression militaire et qu’il a son propre tableau de chasse en matière de victimes civiles


%d blogueurs aiment cette page :