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Proposition de cessez-le-feu à Gaza: quand le loup se déguise en agneau ou la ruse inutile de Benjamin Netanyahou

15 juillet 2014

Certains ont pu avoir quelque espoir à l’annonce d’une proposition de cessez-le-feu entre le régime sioniste et les Palestiniens de Gaza à l’initiative de l’Egypte.

Las, cette offre de cessez-le-feu n’était qu’un leurre destiné à berner l’opinion publique internationale pour deux raisons. Pour commencer, si l’entité sioniste a été associée à la définition du contenu de cette offre, cela n’a pas été le cas des autres belligérents que sont le Hamas et le Djihad Islamique pour s’en tenir aux principales forces en présence dans la bande de Gaza. Ensuite les termes de ce cessez-le-feu visent purement et simplement à obtenir par un morceau de papier l’objectif que poursuit le régime sioniste, à savoir démanteler la capacité de résistance militaire des Palestiniens et du même coup ouvrir la voie définitivement à une bantoustanisation de ce qui reste de Palestine qui n’est pas encore peuplé par les colons juifs ou ouvertement annexé.

Les dirigeants de la résistance palestinienne à Gaza ne s’y sont pas trompés et ont rejeté cette offre présentée sous les auspices du maréchal égyptien Abdel Fattah al-Sissi qui porte à peine plus le Hamas dans son cœur que Benjamin Netanyahou.

On verra si ce dernier n’aura pas à se mordre les doigts d’avoir voulu jouer avec des dés pipés. Certes, il va sans doute continuer à exercer sa cruauté sur le peuple palestinien, il causera encore mort et destruction mais pour un résultat politique nul aussi bien sur le plan intérieur qu’estérieur.

En agissant ainsi, il ne fait qu’engager plus encore son Etat voyou dans l’impasse où son destin sera scellé.

Il serait mieux avisé d’écouter Tony Blair qui lui adonné un conseil de véritable ami en lui expliquant qu’il était vain d’essayer de détruire le Hamas par la force parce que ce parti ne fait qu’incarner une volonté populaire liée à certaines conditions politiques et historiques, Des principes que Tony Blair avait négligés en d’autres lieux avec les résultats que nous connaissons.

Israël en quête de légitimation pour continuer à agresser Gaza

par Sergio Yahni, Alternative Information Center (Palestine) 15 juillet 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Hamas et le Djihad Islamique ont déclaré mardi ne jamais avoir été consultés sur les termes d’une proposition de trêve avec Israël dont le projet de texte a été rédigé par l’Egypte. Le chef du gouvernement israélien a affirmé que si le Hamas n’acceptait pas la proposition de cessez-le-feu, Israël pourrait légitimement élargir ses opérations militaires contre la bande de Gaza.

Le Hamas et le Djihad Islamique ont affirmé mardi ne jamais avoir été consultés surles termes d’une proposition de trêve avec Israël dont le projet de texte a été rédigé par l’Egypte.. Des sources égyptiennes soutiennent que cette initiative de cessez-le-feu repose sur des consultations avec Israël, l’Autorité Palestinienne et toutes les factions palestiniennes, quoique cette affirmation soit contestée par les organisations islamiques. Le premier ministre israélien a indiqué que si le Hamas n’accepte pas la proposition de cessez-le-feu, les Israéliens pourront légitimement élargir leurs opérationsmilitaires contre la bande de Gaza.

« Pour éviter la confusion et pour être clair avec notre peuple, les Brigades al-Qassam confirment que nous n’avons pas été contactés par aucune entité offiicielle ou officieuse sur les termes de cette prétendue initiative ; » expliquent les brigades Azzedine al Qassam dans une déclaration.

« Si l’information véhiculée est vraie, cette initiative signifie génuflexion et soumission, et donc nous la refusons complètement et à nos yeux, elle ne vaut même pas l’encre qui a servi à l’écrire, » a ajouté l’organisation militaire.

Khalid al-Batsh, un haut responsable du Jihad Islamique a salué le rôle de l’Egypte mais a précisé qu’il n’y avait eu de contacts qu’entre l’Egypte et Israël. Il a souligné que le Jihad Islamique n’a jamais été consulté.

Khaled al Batsh, dirigeant du Djihad Islamique

Khaled al Batsh, dirigeant du Djihad Islamique

« Des initiatives ne devraient pas être proposées par le truchement des médias, mais plutôt par les canaux évidents que sont les factions résistantes et leurs dirigeants, » a observé al-Batsh.

Le secrétaire général adjoint de l’organisation, Ziad al-Nakhalah a déclaré lundi dernier qu’il ne pouvait pas y avoir d’accord de cessez-le-feu sans des garanties d’une cessation de l’agression israélienne contre Gaza et une levée du blocus de Gaza.

« Nous sommes ouverts à toute initiative, mais les tirs de roquettes ne cesseront pas sauf si un accord véritable et approprié est atteint, » a-t-il ajouté.

Ziyad al-Nakhalah figure sur la liste des terroristes du Département d'Etat US

Ziyad al-Nakhalah figure sur la liste des terroristes du Département d’Etat des Etats Unis

Le cabinet de sécurité israélien de mardi a accepté la proposition égyptienne de cessez-le-feu, a annoncé un porte parole du gouvernement après une semaine de bombardements meurtriers sur Gaza qui ont tué plus de 180 Palestiniens.

« Le cabinet a décidé d’accepter l’initiative égyptienne pour un cessez-le-feu à partir de 9h ce matin, » a déclaré sur Twitter Ofir Gendelman, porte parole du premier ministre Benjamin Netanyahou.

« Nous avons accepté la proposition égyptienne afin de donner une opportunité pour la démilitarisation de la bande de Gaza – de ses missiles, de ses roquettes et de ses tunnels – par la voie diplomatique, » a-t-il dit aux journalistes au cours d’une précédente conférence de presse avec Frank Walter Steimeier, le chef de la diplomatie allemande.

Le premier ministre a ajouté, « mais si le Hamas ‘accepte pas la proposition de cessez-le-feu, comme il semble maintenant que ce sera le cas, Israël aura toute légitimité devant le monde pour élargir son opération militaire pour obtenir le calme indispensable. »

 

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Gaza aux infos de France Culture: La dérive de Tara Schlegel et Ludovic Piedtenu

13 juillet 2014

J’avais exprimé mon étonnement sur Facebook devant le fait qu’aucune mention n’avait été faite des événements en cours à Gaza dans les titres du journal de 13h sur Radio France jeudi 11 juillet.

A défaut de minimiser le nombre de morts, les journalistes et les directeurs de rédaction qui soutiennent le projet sioniste cherchent à en minimiser l’écho médiatique. Ils oublient seulement que la censure d’internet et des réseaux sociaux n’en est qu’à ses balbutiements et que nous savons depuis un certain temps ce qu’est leur  étrange conception de l’éthique professionnelle.

Mais il y a mieux que France Inter, il y a France Culture qui fait aussi partie du groupe Radio France et qui, comme sa consoeur, dépend en bonne partie de la redevance audiovisuelle, cet impôt qui est supposé nous garantir un service public de qualité!

Le 11 juillet, je me mets à l’écoute du journal de 18h sur France Culture. Le journal est présenté par Tara Schlegel qui annonce l’intervention depuis Gaza  de Ludovic Piedtenu, le correspondant de France Culture .

Eh bien, il fallait non pas le voir pour le croire mais l’entendre!

Tara Schlegel & Ludovic Piedtenu

Tara Schlegel & Ludovic Piedtenu

Je vous mets le lien vers le podcast de l’émission ainsi  qu’une version enregistrée par mes soins sur YouTube (plus durable que le podcast) ainsi qu’une retranscription mot pour mot de l’échange entre Tara Schlegel et Ludovic Piedtenu (la séquence commence à 7’30).

franceculture

 

La transcription:

On dépasse maintenant les 100 morts dans la bande de Gaza ou près de 700 blessés ont aussi été recensés et soignés,En Israël, des roquettes sont tombées sur la ville d’Ashdod, elles ont touché une station service, il y aurait 8 blessés dont l’un d’entre eux qui serait dans un état très grave. C’est donc l’escalade de la violence qui ne se dément pas.

– Bonsoir Ludovic Piedtenu.

– Bonsoir Tara.

– Vous êtes à Gaza où l’on vit aussi dans l’attente d’une offensive terrestre menée par Israël, elle est annoncée comme imminente sans que l’on sache évidememnt quand ou même si elle aura vraiment lieu.

– Oui, à la fin du 4ème jour de l’opération Bordure Protectrice, les Gazaouis comme les Israéliens vivent dans la rumeur d’une éventuelle invasion dans l’enclave palestinienne. Un élément de contexte, Tara, le repos de shabbat a commencé ce soir, Israël s’arrête pour 24 heures, mais pas l’armée israélienne évidememnt qui continuera de veiller et de répliquer. Difficile néanmoins, dit la rumeur, d’imaginer une opération de cette envergure pour la soirée ou la journée de demain. Un des protes parole de l’armée,le commandant Arié Shalikar que j’ai joint au téléphone il y a quelques instants me disait « nous travaillons 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, nous sommes préparés au pire des scénarios, Hamas continue de tirer, 70 tirs de roquettes très précisément aujourd’hui, 19 tirs interceptés par le système Dôme de fer, à savoir les tirs les plus dangereux visant les agglomérations, Tel Aviv, Ashdod, vous l’avez citée et Beer Sheva, notre objectif est de mettre fin aux infrastructures et d’éliminer les cadres du Hamas et du Djihad Islamique d’ici quelques jours assurait le porte parole militaire. En tout cas, nous sommes dans cette dynamique, concluait-il.

La dynamique se poursuit donc et dimanche, le conseil des ministres israélien se réunit, dimanche matin ; c’est bien là que se prendra la décision ou non d’une intervention terrestre. Le premier ministre Benyamine Netanyahou assure ce soir qu’aucune pression internationale ne l’empêchera de frapper le Hamas. Voilà qui donne le ton . D’ici à dimanche, d’ici là, Gaza vivra une nouvelle journée et deux nouvelles nuits de bombardements.

– Ludovic Piedtenu, merci en direct de Gaza avec l’aide technique de Gilles Gallinaro.

On voit que les choses commencent bien puisque, dans cette approche constante de « l’équilibre » auquel prétendent s’astreindre les journalistes dès qu’ils abordent le conflit palestino-sioniste, Tara Schlegel introduit le sujet en mettant en balance les 100 morts et 700 blessés palestiniens avec les 8 blessés dans une station service d’Ashdod. Tara Schlegel nous précise même qu’un des blessés d’Ashdod est dans un état très grave. J’imagine qu’elle doit le connaître personnellement parce qu’elle ne nous dit rien de la gravité de l’état des 7 00 Palestiniens blessés. Quoi qu’il en soit, elle nous  a fait son tour de passe passe de l’équilibre des deux côtés.

Mais bon leur état ne doit pas être trop sérieux puisque, nous dit-elle, ces blessés sont « soignés ».

Mais ça, c’est juste l’entame parce que le morceau de bravoure revient à Ludovic Piedtenu qui se trouve, je le rappelle dans la bande de Gaza.

Questionné par Tara Schlegel sur l’éventualité d’une attaque terrestre par les forces sionistes, Ludovic Piedtenu parle à ce propos d’une rumeur qui court aussi bien chez les Palestiniens que chez les sionistes.

Et c’est bien la dernière fois qu’on entendra parler d’un point de vue, ou plutôt d’un ressenti, palestinien puisque Ludovic Piedtenu se lance ensuite dans des considérations sur l’impact de shabbat sur le déclenchement d’une attaque terrestre avant de conclure sur ce point et de citer Arié Shalikar, un officier de l’armée sioniste qu’il ‘a joint au téléphone  et dont il reprend le propos sur les motivations et les objectifs des militaires sionistes.

Et c’est tout. Tara Schlegel peut remercier Ludovic Piedtenu en direct de Gaza.

Non, vous ne rêvez pas: ce Piedtenu n’a interrogé aucun dirigeant politique palestinien, aucun responsable d’administration civile ou de santé, pas même un enseignant ou un de ses confrères palestiniens. Il ne dit rien non plus sur la manière dont sont soignés les blessés palestiniens..

Rien de tout ça. Ce type qui se trouve dans la bande de Gaza sous les bombes sionistes ne trouve rien de mieux à faire que de téléphoner à un porte parole de l’armée sioniste qui lui donne l’intégralité de la matière qu’il propose aux auditeurs/contribuables.

Etait-il vraiment nécessaire de se trouver à Gaza pour nous servir cette merde journalistique?

En plus des bombardements qui déchiquettent les corps et détruisent maisons et infrastructures, les habitants de Gaza doivent subir ce bombardement symbolique assuré par des forces supplétives armées du crayon et du micro.

Des armes moins dangereuses dans l’immédiat mais qui facilitent l’emploi  de celles faites de fer et de plomb.

Heureusement que Radio Paris n’est plus allemand!

 

 

 

 

Gaza, la violence et le mensonge signent l’échec stratégique du régime sioniste

10 juillet 2014

Les tueurs sionistes de déchaînent en ce moment contre la bande de Gaza assiégée. A côté des morts et des destructions causées par l’aviation et les soldats sionistes, l’opinion publique a droit aux mensonges habituels servis par une presse qui redouble d’ingéniosité pour garder un vernis de pseudo-neutralité, si ce n’est d’objectivité.

Les politiques se comportent d’une façon guère plus digne ainsi qu’on a pu le constater à la lecture du communiqué de l’Elysée qui donne la position officielle de François Hollande sur les événements en cours en Palestine occupée :

Le Président de la République a eu ce soir un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU. Il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces.

Le Président de la République (anciennement française, note de Djazaïri) rappelle la nécessité de prévenir l’escalade des violences.

Après ses indécentes déclarations d’amour au régime sioniste et aux ordures qui la gouvernent, on ne saurait être surpris.

François Hollande chante son amour pour Sion

François Hollande chante son amour pour Sion

Pourtant, l’agression décidée par le régime sioniste contre Gaza repose sur un mensonge [comme l’Etat prétendu juif lui-même soit dit en passant]. C’est ce qu’explique fort bien à mon sens Daoud Kuttab dans les colonnes du Jordan Times. Kuttab met en effet en relation l’accès de violence du régime sioniste avec des développements politiques significatifs dans la région : l’accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah d’une part, et la crise au niveau de la coalition qui gouverne à Tel Aviv avec la surenchère belliciste d’Avigdor Lieberman et ses menaces de rompre son alliance avec le Likoud, menace qu’il vient effectivement de mettre à exécution.

Daoud Kuttab

Daoud Kuttab

Un autre aspect plus lié à l’escalade militaire qu’au déclenchement des opérations elles-mêmes tient au fait que l’Egypte n’est plus disposée à assurer l’intermédiation entre le Hams et le gang sioniste du fait, selon Kuttab, que les autorités sionistes ont failli à leur engagement de ne pas recapturer des Palestiniens qui avaient été libérés dans le cadre de l’échange avec Gilad Shalit, une des ondiitions pour lesquelles l’Egypte avait apporté sa garantie.

Sans doute, mais il n’est pas sûr non plus que le régime militaire égyptien ait vraiment envie de venir en aide à un parti, le Hamas, qui fait partie de la mouvance des Frères Musulmans et qui était très proche de Mohamed Morsi, le président égyptien membre de la confrérie et qui a été renversé par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, l’actuel raïs égyptien.

In fine, Daoud Kuttab nous dit que le régime sioniste se retrouve dans une impasse stratégique que ses accès violents ne sauraient dissimuler aux observateurs avertis.  Sur ce sujet, on lira ou relira utilement cet article de 2012 signé John Mearsheimer sur l’échec stratégique des autorités sionistes.

En voyant ce genre de carte (parue dans un média de San Diego aux USA, on a l'impression que les Palestiniens ont une puissance de feu supérieure à celle des sionistes

Sur ce genre de carte,(parue dans un média de San Diego aux USA,  on a presque l’impression à première vue  que les Palestiniens ont une puissance de feu supérieure à celle des sionistes

La guerre contre Gaza est basée sur un mensonge

par Daoud Kuttab, Jordan Times (Jordanie) 09 juillet 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Lorsque trois Israéliens ont disparu il y a trois semaines, et avant l’ombre d’une preuve, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a décidé de son propre chef d’en imputer la responsabilité au mouvement islamiste Hamas. Lui et ses acolytes politiques et militaires ont persévéré dans cette fabrication en arrêtant des centaines de militants du Hamas et des parlementaires élus pro-Hamas et en bombardant les bureaux du Hamas à Gaza. Des Palestiniens libérés dans l’échange de prisonniers avec Gilad Shalit, qui était garanti par les Egyptiens, ont également été raflés dans le but de faire pression sur le Hamas.

Priés de présenter des preuves, les Israéliens ont donné les noms de deux militants du Hamas pour le simple fait qu’ils n’étaient pas chez eux quand des soldats israéliens sont venus pour les arrêter. La théorie voulait alors que la disparition de Marwan Qawasmeh et Amer Abu Aisha n’était rien d’autre qu’une preuve flagrante que ces militants du Hamas étaient certainement les auteurs de l’enlèvement des Israéliens. Sans s’embarrasser d’autres pruves, Israël a démoli les maisons des deux Palestiniens disparus. En outre, les services d’action psychologique israéliens ont lancé une campagne médiatique (en se servant de journalistes amis) pour diffamer le clan Qawamesh fort de 10 000 membres, fabriquant toute une histoire sur une « famille hors-la-loi. »

L’accusation contre le Hamas avait à l’évidence de’autres motifs qu’Israël n’a pas tardé à faire connaître. Le but de l’accusation et de l’arrestation des deux membres du Hamas était rien moins que de faire pression sur le président palestinien Mahmoud Abbas pour qu’il abroge l’accord de réconciliation avec la direction du Hamas basée à Gaza.

Le problème avec les mensonges et les fabrications est que la vérité vient parfois interférer. Israël lui-même a depuis annoncé l’arrestation de Palestiniens de Hébron qu’il accuse d’être derrière l’enlèvement des trois Israéliens et ce ne sont pas les deux noms du Hamas exhibés aux médias comme étant derrière cet acte pour lequel leurs maisons ont été détruites. Par ailleurs, Israël a concédé que si certains éléments locaux du Hamas à Hébron pourraient se révéler être derrière les enlèvements, il n’y a aucune preuve de l’implication de la direction du Hamas à Gaza ou hors de Gazza. Le refus de Khaled Mishaal, le chef du Hamas, de condamner le triple enlèvement était une raison suffisante, du point de vue israélien, pour maintenir la pression sur le mouvement islamiste.

La guerre est souvent créée à la fois dans l’espace public et à huis clos. Ayant créé une énorme campagne d’opinion contre le Hamas, quoique sur la base de fausses accusations, le débat sur la guerre a ensuite été transféré au conseil de guerre. La discussion dans le cabinet israélien restreint qui décide sur les grandes questions de sécurité est vite devenue politicienne. La guerre des mots entre Netanyahou et son ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman se révèle être un cas typique de surenchère. Lieberman, dont la parti Yisrael Beiteinu forme une coalition avec le Likoud cherchait apparemment une bonne raison d’abandonner ce partenariat. Accusant le premier ministre israélien d’être trop mou avec le Hamas à Gaza, Lieberman a mis fin à la coalition Likoud – Beiteinu tout en continuant à critiquer publiquement Netanyahou pour son refus de prendre une position forte sur le Hamas et pour ne pas avoir stoppé les tirs de projectiles depuis Gaza sur le sud d’Israël.

Le problème avec la guerre en cours contre Gaza, c’est que les Israéliens ont perdu leurs canaux de communication avec les dirigeants du Hamas. Récemment encore, Israël n’avait as été mécontent de voir les Egyptiens intercéder et si nécessaire garantir tout accord de cessez-le-feu. C’était pendant la présidence de Mohamed Morsi et ce cessez-le-feu avait dans l’ensemble tenu jusque récemment. Mais les Egyptiens ne sont plus en mesure d’apporter une aide parce que les Israéliens ont trahi leur engagement de pas ré-arrêter des Palestiniens qui avaient été libérés dans l’échange contre Shalit. Les Israéliens ne peuvent pas non plus recourir aux bons offices d’Abbas, étant deonné qu’ils ne veulent pas qu’il renforce son accord le Hamas mais qu’il l’abroge. Toute intercession réusssie par Ramallah pour stopper la guerre contre Gaza viendra rétablir le capital politique d’Abbas et cimenter la’accord de réconciliation [entre le Hamas et le Fatah, NdT]. Il est évident que le gouvernement israélien ne veut ni de l’un, ni de l’autre. Il veut un Abbas faible et la dissolution de l’accord entre le Fatah et le Hamas.

Cette guerre est basée sur un mensonge et l’opinion publique le saura certainement tôt ou tard. De la même manière qu’Israël a été confondu pour son mensonge du fait qu’il savait dès le premier jour que les autostoppeurs israéliens avaient été tués. Le mensonge au sujet du Hamas sera révélé tôt ou tard. La seule question est combien de Palestiniens et d’Israéliens devront souffrir pendant tous le temps où ce mensonge sera considéré comme une vérité.

 

Une nuit d’ivresse au Canada révèle la protection accordée par ce pays à un des assassins du Palestinien Mahmoud al-Mabhouh

16 février 2014

Comme le titre le Journal du Québec, ce n’est pas la première fois que les autorités canadiennes prêtent main forte aux services secrets sionistes, le fameux Mossad dont l’efficacité est surtout due à l’étendue des complicités dont il jouit dans les pays occidentaux, que ces complicités soient celles de personnes privées, le plus souvent, mais pas toujours, de confession juive et dans les appareils d’Etat et gouvernementaux.

Mais cette fois, les choses sont un peu plus embarrassantes parce que non seulement cette complicité apparaît au grand jour mais qu’elle touche à une affaire d’homicide qui a défrayé la chronique, l’assassinat à Dubaï en 2010 de Mahmoud al-Mabhouh, un haut responsable du Hamas palestinien.

L’autre aspect qui rend cette révélation embarrassante, tient aux circonstances par lesquelles elle a été portée à la connaissance de l’opinion publique canadienne et dont ne rend pas compte le Journal du Québec. Le pot aux roses a n effet été dévoilé par inadvertance par Trina Kennedy une fonctionnaire de la sécurité nationale de l’Etat canadien chargée de séduire Arian Azarbar, un Irano-canadien que les services secrets soupçonnaient d’espionnage au profit de Téhéran. Et ce qui arrive parfois dans ce genre de relation personnelle/professionnelle est arrivé:

Azarbar a déclaré que Kennedy lui avait confié des informations sue le changement ultra-secret d’identité après une sortie arrosée en soirée; il affirme que Kennedy lui a ensuite demandé d’oublier ce qu’elle lui avait dit.

L’arrestation de l’agent du Mossad par la police canadienne était connue des autorités de Dubaï auxquelles le Canada avait demandé la confidentialité. Puis, plus de nouvelles pour la simple raison que le gouvernement de Stephen Harper avait fait le choix de protéger le tueur mandaté par ses amis sionistes.

Pas la première fois

Par Andrew Mcintosh

PUBLIÉ LE: VENDREDI 14 FÉVRIER 2014, 22H25 | MISE À JOUR: VENDREDI 14 FÉVRIER 2014, 22H45

EMIRATES-ISRAEL/EU-STATEMENT

Ce n’est pas la première fois que le nom du Canada fait surface dans l’affaire de l’assassinat par le Mossad du chef militaire du Hamas à Dubaï en 2010.

En octobre 2010, le chef de la police de Dubaï, le lieutenant-général Dahi Khalfan Tamin, avait affirmé en entrevue à la chaîne de télévision Al Arabiya que les autorités canadiennes avaient arrêté un des 26 suspects recherchés dans l’assassinat.

Le haut gradé de la police avait dit que des diplomates canadiens lui avaient communiqué cette information durant l’été 2010. On lui aurait demandé de conserver cette information confidentielle. Il n’a pas eu de nouvelles depuis à ce sujet.

Le suspect arrêté par le Canada aurait fait partie d’une équipe du Mossad qui serait arrivé à Dubaï quelques jours avant l’assassinat survenu le 20 janvier 2010.

Il aurait été responsable de faire des préparatifs pour l’assassinat à l’Hôtel Al Bustan Rotana.

Il aurait quitté Dubaï juste avant le meurtre.

AFFAIRE INTERNATIONALE

L’assassinat du chef du Hamas a défrayé les manchettes dans le monde entier parce que l’équipe de tueurs a été aperçue à plusieurs reprises sur des caméras de vidéo-surveillance dans l’hôtel.

Le nom de l’agent du Mossad qui aurait été arrêté au Canada n’a jamais été dévoilé par le chef de police de Dubaï. Il a toutefois vivement et très publiquement critiqué le manque de transparence du Canada dans le dossier.

«Je suis étonné. Pourquoi cette tentative de cacher l’affaire dans ce dossier? Nous devons agir avec transparence, avec fiabilité et rapidité dans de tels cas», a dit le chef de police.

Les diplomates canadiens ont catégoriquement nié à l’époque avoir fait une arrestation. La Gendarmerie royale du Canada s’est toutefois refusée à tout commentaire à ce sujet.

– Avec la collaboration de Félix Séguin

Retour de bâton pour Sion: les » terroristes » du Hamas en visite officielle en Bulgarie

13 février 2013

L’entité sioniste s’active pour essayer d’obtenir que l’Union Européenne classe le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.

Il n’est pas sûr qu’elle obtienne gain de cause parce que même si l’enquête sur l’attentat de Burgas que ses services ont fortement orientée est parvenue à citer les noms de deux individus d’origine libanaise sur la base des passeports canadien et australien qu’ils détenaient, rien ne permet vraiment de lier ces personnes  au Hezbollah.

Si ces personnes existent réellement bien entendu et si c’était vraiment elles qui étaient en possession de ces passeports à leurs noms vu que le Mossad est passé maître dans l’art d’obtenir de vrais passeports aussi bien au Canada, qu’en Grande Bretagne, en France ou en Australie.

Les moyens pour obtenir ces passeports diffèrent selon les nationalités et vont de l’usurpation d’identité pure et simple à la confection de passeports grâce à la complicité de fonctionnaires acquis à la cause.

Et les agissements de l’entité sioniste dans ce domaine lui valent déjà un sacré retour de bâton de la part des services secrets australiens qui n’ont jamais digéré l’utilisation de passeports australiens par le Mossad pour ses coups tordus.

Le passeport australien détenu par un des auteurs de l’attentat de Burgas a sans douté été le coup tordu de trop pour les services secrets australiens qui ont donc opté pour le grand déballage avec l’affaire Ben Zygier, ce citoyen Australien qui travaillait pour les services se renseignements sionistes et qui a fini suicidé en 2010 dans une prison de l’entité sioniste.

Voyez-vous, l’affaire fait tellement de bruit en Australie que le chef de la diplomatie de ce pays qui avait d’abord fait le choix d’arrondir les angles avec le régime sioniste s’est retrouvé acculé à diligenter une enquête.

C’est que malgré la vénalité et la pusillanimité des politiciens, il reste souvent des citoyens qui considèrent que le patriotisme consiste moins à agresser les gens dans des pays étrangers qu’à assurer la sécurité de son territoire et de ses concitoyens, ce qui n’est pas exactement la même chose.

L’autre retour de bâton dont ne parle pas encore la presse française, alors qu’il est rapporté par l’Agence France presse, c’est la venue en Bulgarie d’une délégation de trois parlementaires du Hamas dans le cadre d’une visite officielle ainsi que l’a annoncé depuis Sofia le député du Hamas Ismail Al Ashkar. Des rencontres avec des représentants des autorités bulgares sont prévues afin de discuter de la coopération entre les deux parties.

Ismaïl Al Ashkar

Ismaïl Al Ashkar

La visite de la délégation répond à une invitation lancée par des institutions culturelles qui ont programmé plusieurs réunions ainsi que des conférences à l’université.

Ismail Al Ashkar a aussi annoncé des visites semblables dans d’autres pays prochainement.

Comme vous le savez, la Bulgarie est membre de l’Union Européenne et l’Union Européenne a classé le Hamas dans sa liste des organisations terroristes.

Comme dirait un certain humoriste répondant au nom de Dieudonné, c’est une jolie quenelle que vient d’adresser la Bulgarie à l’entité sioniste.

Palestine, Gaza, ONU, la nouvelle donne

2 décembre 2012

J’ai un peu de temps, alors j’en profite pour sortir un peu le blog de sa léthargie.

La dernière agression sioniste contre Gaza a montré comme les agressions précédentes la capacité destructrice du terrorisme sioniste.

Si les conflits politiques se résumaient à une simple arithmétique de la force militaire, l’entité sioniste aurait dû poursuivre son offensive et lancer à l’assaut les dizaines de milliers de réservistes qu’elle avait commencé à mobiliser.

Il n’en a rien été parce que la guerre  est autre chose qu’une bagarre de gamins dans un bac à sable ou un combat de boxe qui s’achève par le K.O. d’un des adversaires.

En effet, le conflit palestino-sioniste n’engage pas seulement l’Etat prétendu juif et le peuple palestinien, mais toute la région arabe et proche orientale ainsi que les Etats Unis et l’Europe.

La récente agression a permis de vérifier une fois de plus la détermination du peuple palestinien à résister et à recouvrer ses droits. Et les autorités sionistes médusées ont pu constater que les combattants palestiniens étaient désormais en mesure de toucher des villes aussi éloignées de Gaza que Beersheba et surtout Tel Aviv.

En ce sens le Hamas et les autres organisations de la résistance palestinienne ont remporté une victoire stratégique en faisant échouer la tentative sioniste de leur administrer une raclée et en signifiant qu’un jour peut-être pas si éloigné, c’est un déluge de feu qui pourrait s’abattre sur Tel Aviv.

Et Tel Aviv, c’est le véritable cœur de l’entité sioniste qui se résume en pratique à cette cité Etat.

Ensuite, comme je l’écrivais précédemment, l’entité sioniste est en quelque sorte passée sous la tutelle de l’Egypte qui a assuré, en coordination avec les Etats Unis, la gestion des tractations en vue d’un cessez-le-feu.

 C’est un point de vue très proche du mien que développe Alex Callinicos et je suis donc ravi de vous proposer une traduction d’un article qu’il vient de publier dans The Socialist Worker.

Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007

Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007

L’autre grand évènement stratégique est bien sûr l’octroi à la Palestine du statut d’Etat observateur à l’Organisation des Nations Unies.

Certains considèrent que cette reconnaissance porte en elle l’abandon par les Palestiniens d’une partie de leurs droits fondamentaux sur leur patrie. C’est vrai en théorie et en faisant abstraction du contexte réel. Ceux qui pensent ainsi supposent en effet que l’entité sioniste pourrait admettre un jour ou l’autre la restitution des territoires qu’elle occupe depuis 1967, permettant ainsi à un gouvernement palestinien d’exercer une autorité souveraine sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Cette hypothèse relève de la chimère car jamais les sionistes n’accepteront de rétrocéder des territoires qu’ils estiment avoir vocation à contrôler et à coloniser totalement. Le nouveau statut politique reconnu à la Palestine est donc un acquis précieux qui  ne remet nullement en cause la pertinence de la résistance sous tous ses aspects, y compris militaires.

Gaza témoigne de l’impact des révoltes arabes

Les révolutions font trembler tous les régimes – les régimes arabes, ainsi que celui d’Israël,

Par Alex Callinicos, Socialist Worker (UK) 1er décembre 2012 traduit de ‘anglais par Djazaïri

Friedrich Engels écrivait en 1854: «Nous ne devons pas oublier qu’il y a une sixième puissance en Europe, qui à certains moments affirme sa suprématie sur l’ensemble des cinq soi-disant« grandes puissances »et fait trembler chacun d’entre eux. Cette puissance est la Révolution. « 

Il en va de même dans le Moyen-Orient aujourd’hui. Si vous ne vous intéressez qu’à l’équilibre militaire des forces, vous conclurez que rien n’a vraiment changé depuis la dernière guerre d’Israël contre Gaza.

Le Hamas dispose désormais de missiles Fajr-5 de plus longue portée qui peuvent frapper Tel-Aviv. Mais l’armée israélienne conserve une écrasante supériorité matérielle. Mais ne prendre en compte que le matériel et les troupes serait superficiel. En réalité, tout a changé.

Le quotidien libéral israélien Haaretz a publié un article fascinant sur les débats de la semaine dernière entre les hauts responsables du gouvernement- le premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Ehud Barak et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman –au sujet de la trêve proposée par le président égyptien, Mohamed Mursi:

« Lors de la réunion de mardi, juste avant l’arrivée de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, il est apparu clairement à Israël que les principes du cessez-le feu proposé par l’Egypte étaient beaucoup plus proches des positions du Hamas que des siennes.

« L’hypothèse formulée par les responsables du renseignement lors de la réunion triumvirat était que, contrairement à la situation à l’époque de Moubarak, les Egyptiens s’alignant sur le Hamas et essayent de lui permettre d’obtenir des succès. »

Cessez-le-feu

Barak voulait accepter le cessez le feu sur la base du fait que l’armée israélienne avait donné une leçon au Hamas. Lieberman plaidait pour une offensive terrestre et Netanyahou se situait entre les deux points de vue.

Les trois ministres israéliens avaient demandé à Clinton de «faire pression sur l’Egypte pour qu’elle présente un accord de cessez-plus équilibré». Au lieu de quoi, soutenue par des appels téléphoniques de Barack Obama, elle les a poussés à accepter les termes de l’Egypte.

Et ils les ont acceptés. Même l’extrémiste de droite Lieberman s’est soumis, expliquant à d’autres ministres, «La décision est simple. Rabin [le Premier ministre israélien assassiné pour avoir enclenché le «processus de paix»] avait dit que s’ils nous tirent dessus depuis le bande de Gaza, nous la réoccuperons, mais c’est à l’évidence difficile. « 

Les révolutions arabes sont derrière le rôle joué par Morsi pour obtenir un cessez-le-feu que le Hamas pourrait proclamer comme une victoire. La dernière guerre contre gaza a montré comment ces révolutions commencent à transformer la géopolitique régionale.

Netanyahu s’est servi de la supériorité militaire d’Israël pour reprendre l’initiative. Ses exigences pour une guerre contre l’Iran, techniquement très difficile à faire sans le soutien des Etats Unis – étaient son stratagème initial. Mais il s’est retrouvé bloqué à la fois pas sa propre hiérarchie militaire et par Obama

L’assassinat du chef militaire du Hamas Ahmad al-Jaabri au moment où un nouveau cessez-le feu de Gaza était en discussion [avec précisément al-Jaabri, NdT] était le stratagème suivant de Netanyahou.

Agenda

Netanyahu a soutenu Mitt Romney lors des dernières élections américaines. Le journaliste américano- palestinien Ramzy Baroud avance que le but de la guerre était de « pousser le thème de la sécurité d’Israël dans les priorités de l’agenda de la nouvelle administration »

Mais les yeux Etats Unis se sont tournés plus loin à l’est. Ce qui a été symbolisé par le fait qu’Obama s’est rendu en Birmanie, dans une démarche visant à l’éloigner de la Chine au moment de l’attaque israélienne contre Gaza. Une nouvelle guerre au Moyen Orient est donc la dernière chose que veulent les Etats Unis.

Et, à dans la région, M. Netanyahou a perdu des amis très puissants. La Turquie, qui avait fait signé un pacte militaire avec Israël, s’est retournée contre lui. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la semaine dernière Israël comme un « Etat terroriste ».

Mais Morsi et Erdogan ont un problème. Ils veulent nuire symboliquement et diplomatiquement à Israël, mais ils n’ont pas l’intention de reprendre la lutte armée contre Israël.

Morsi en particulier,est le président d’un peuple pour qui trouve insuffisantes les dénonciations rhétoriques et les manoeuvres en coulisses.

Ainsi qu’il l’a découvert le weekend dernier, la révolution arabe est une force dynamique qui ne peut pas être simplement exploitée à des fins d’intrigue de parti. Comme le disait Engels, elle fait trembler chaque régime, arabe comme israélien, même ceux qui prétendent être le produit de la révolution.

« Plomb durci » ou « Pilier de défense » contre Gaza: une stratégie sioniste vouée à l’échec

22 novembre 2012

La campagne militaire sioniste contre Gaza vient de s’achever. Je ne vais pas vous parler des faux prétextes avancés par les terroristes sionistes pour justifier leur énième agression contre le peuple palestinien, mais plutôt des enseignements stratégiques qui peuvent être tirés en ce premier jour de cessez-le-feu.

Il faut d’abord constater que le régime sioniste qui voulait encore jouer à bon compte les gros bras en a été pour ses frais. Il a certes infligé, comme à son habitude, force pertes humaines et destructions aux habitants de la bande de Gaza, mais la riposte de la résistance palestinienne a été plus déterminée que jamais et, pour la première fois, des roquettes sont tombées dans la région de Tel Aviv.

Sans faire de dégâts certes, mais ce qui compte c’est la portée symbolique de ces roquettes et la peur et l’angoisse qui commencent à s’insinuer chez les colons sionistes.

Les autres enseignements sont que le régime sioniste et les Etats Unis ont été obligés de reconnaître la qualité d’interlocuteur du Hamas et que l’entité sioniste est en quelque sorte passée sous tutelle égyptienne puisque c’est le gouvernement égyptien qui a encadré des négociations dans lesquelles le Hamas n’a rien cédé.

Et le Hamas ne doit rien céder sur le fond car, comme l’écrit John Mearsheimer, les dirigeants sionistes n’ont nullement l’intention de reconnaître un jour l’existence d’un Etat palestinien s’étendant sur la bande de Gaza et la Cisjordanie.

Ce refus sioniste n’est un secret pour personne, ni pour Mahmoud Abbas, ni pour François Hollande.

Après « Plomb durci » et «Pilier de défense », on peut s’attendre à une nouvelle action militaire sioniste contre Gaza dont le moment dépendra d’échéances politiques internes et du contexte international.

Parce que la stratégie sioniste consiste à réaliser un Etat sur l’ensemble de la Palestine en y incluant des réserves indigènes ou Bantoustans qui seront sommés de se tenir tranquille sous peine de recevoir une raclée comme celle qu’était censée administrer l’opération «Pilier de défense.»

Comme l’explique Mearsheimer, cette stratégie et ses modalités inspirées de Zeev Jabotinsky et de son mur de fer (pensez aussi au nom du système sioniste antimissile baptisé ‘dôme de fer’) est vouée à l’échec parce que 1) le peuple palestinien ne renoncera jamais à ses droits nationaux et 2) parce que l’opinion publique internationale n’acceptera pas de soutenir un régime d’apartheid.

ici, c’est Le Parisien Libéré qui s’y colle pour distiller la propagande des terroristes sionistes

De fait, en dépit des tentatives des médias pour dissimuler la réalité et les responsabilités, les sionistes ne peuvent que constater l’indignation voire l’exaspération croissantes des opinions publiques devant leurs agissements et leurs exactions.

Un pilier construit sur du sable

Par John Mearsheimer, London Review of Books 16 Novembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

En réaction à la recrudescence récente d’échanges de tirs entre Israël et les palestiniens de Gaza, Israël a décidé de jouer l’escalade de la violence en assassinant le chef militaire du Hamas, Ahmad Jabari. Le Hamas, qui n’avait joué qu’un rôle mineur dans ces échanges de tirs, et qui semblait même intéressé à travailler à un cessez-le-feu de longue durée, a réagi comme on pouvait s’y attendre en tirant des centaines de roquettes sur Israël, quelques unes tombant même près de Tel Aviv. Sans surprise, les israéliens ont menacé d’élargir le conflit et d’envahir éventuellement la bande de Gaza pour renverser le Hamas et éliminer la menace des roquettes.

Il existe une possibilité que l’opération “Pilier de defense”, ainsi que les israéliens désignent leur campagne actuelle, se transforme en conflit à grande échelle. Mais même dans ce cas, elle ne mettra pas un terme aux problèmes d’Israël avec Gaza. Après tout, Israël avait lancé une guerre dévastatrice contre le Hamas pendant l’hiver 2008-2009 (l’opération «Plomb durci») et le Hamas est toujours au pouvoir et continue à tirer des roquettes sur Israël. Pendant l’été 2006, Israël était parti en guerre contre le Hezbollah afin d’éliminer ses missiles et d’affaiblir sa situation politique au Liban. Cette offensive a échoué elle aussi : le Hezbollah a beaucoup plus de missiles aujourd’hui qu’il n’en avait en 2006 et son influence au Liban est probablement supérieure à ce qu’elle était en 2006. Pilier de défense aura sans doute le même résultat.

Israël peut recourir à la force contre le Hamas de trois manières différentes. Tout d’abord, il peut essayer de paralyser l’organisation en tuant ses dirigeants, comme il l’a fait quand il a assassiné Jabari il ya deux jours. La décapitation de l’organisation ne fonctionnera pas, cependant, car il ne manque pas de subalternes pour remplacer les chefs morts, et les nouveaux chefs sont parfois plus capables et plus dangereux que leurs prédécesseurs. Les Israéliens s’en sont aperçus au Liban en 1992, quand ils avaient assassiné chef du Hezbollah, Abbas Moussaoui, seulement pour découvrir que son successeur, Hassan Nasrallah, était un adversaire encore plus redoutable.

Deuxièmement, les Israéliens peuvent entrer dans Gaza et en prendre le contrôle. L’armée israélienne pourrait le faire assez facilement, renverser le Hamas et mettre fin aux tirs de roquettes à partir de Gaza. Mais elle devrait alors occuper Gaza pendant les années à venir, car s’ils repartaient, le Hamas reviendrait au pouvoir, les attaques à la roquette reprendraient, et Israël se retrouverait à la case départ.

Une occupation de Gaza rencontrerait une résistance farouche et sanglante, ainsi que les Israéliens ont pu l’apprendre dans le sud du Liban entre 1982 et 2000. Après 18 ans d’occupation, ils avaient reconnu leur défaite et retiré toutes leurs troupes. Cette expérience est la raison pour laquelle l’armée israélienne n’a pas essayé d’envahir et de conquérir le sud du Liban en 2006 et Gaza en 2008-9. Rien n’a changé depuis lors qui pourrait faire d’une invasion à grande échelle de Gaza aujourd’hui une alternative viable. Occuper la bande de Gaza reviendrait également à placer 1,5 millions de Palestiniens de plus sous contrôle officiel d’Israël, ce qui a aggraverait la fameuse «menace démographique». Ariel Sharon avait retiré les colons israéliens de la bande de Gaza en 2005 pour réduire le nombre de Palestiniens qui vivent sous drapeau israélien ; revenir en arrière maintenant serait un revirement stratégique énorme.

La dernière option, celle qui a été préférée, est le bombardement avec des avions, de l’artillerie, des missiles, des mortiers et des roquettes. Le problème, cependant, est que cette stratégie ne fonctionne pas comme annoncé. Israël l’a utilisée contre le Hezbollah et le Hamas en 2006 et en 2008-9, mais les deux organisations sont toujours bien présentes et armées jusqu’aux dents avec des roquettes et des missiles. Il est difficile de croire qu’un seul spécialiste de défense sérieux en Israël pense qu’une nouvelle campagne soutenue de bombardement contre Gaza permettra de renverser le Hamas et de mettre définitivement fin aux tirs de roquettes.

Alors de quoi s’agit-il? Au niveau le plus élémentaire, les actions d’Israël à Gaza sont inextricablement liées à ses efforts pour créer un Grand Israël qui s’étend du Jourdain à la mer Méditerranée. Malgré les palabres sans fin sur une solution à deux Etats, les Palestiniens n’obtiendront pas leur propre État, notamment parce que le gouvernement Netanyahou y est fermement opposé. Le premier ministre et ses alliés politiques sont foncièrement déterminés à transformer les territoires occupés en partie intégrante d’Israël. Pour y parvenir, les Palestiniens de la Cisjordanie et de Gaza seront forcés de vivre dans des enclaves pauvres similaires aux Bantoustans de l’Afrique du Sud gouvernée par les blancs. C’est quelque chose que les Juifs israéliens ont bien compris: une enquête récente a révélé que 58 pour cent d’entre eux pensent qu’Israël pratique déjà l’apartheid contre les Palestiniens.

La création d’un Grand Israël va cependant générer des problèmes encore plus importants. En plus de nuire énormément à l’image d’Israël dans le monde, la quête d’un Grand Israël ne brisera pas la volonté des Palestiniens. Ils demeurent farouchement opposés non seulement à l’occupation, mais aussi à l’idée de vivre dans un Etat d’apartheid. Ils continueront à résister aux efforts d’Israël pour leur refuser l’autodétermination. Ce qui se passe à Gaza est l’une des dimensions de cette résistance. Un autre est le projet de Mahmoud Abbas de demander à l’Assemblée générale des Nations Unies le 29 Novembre de reconnaître la Palestine en qualité d’Etat non membre. Une telle reconnaissance inquiète les dirigeants d’Israël, parce qu’elle pourrait éventuellement permettre aux Palestiniens de porter plainte contre Israël devant la Cour pénale internationale. Ainsi, le rêve d’un Grand Israël force Tel Aviv à trouver des façons de tenir les Palestiniens en respect.

Les dirigeants israéliens ont une stratégie en deux volets pour régler leur problème palestinien. Tout d’abord, ils comptent sur ​​les Etats-Unis pour fournir une couverture diplomatique, en particulier au sein des Nations Unies. La clé du maintien du soutien de Washington est le lobby pro-israélien qui fait pression sur les dirigeants américains pour qu’ils se rangent du côté israélien contre les Palestiniens et qu’ils en fassent le moins possible pour stopper la colonisation des territoires occupés.

Le deuxième volet est le concept du «mur de fer» de Zeev Jabotinsky :une approche qui dans son essence appelle à réduire les Palestiniens à se soumettre. Jabotinsky avait compris que les Palestiniens résisteraient aux efforts sionistes pour coloniser leurs terres et les soumettre dans le même temps. Il soutenait néanmoins que les sionistes, puis Israël, pourraient punir les Palestiniens si sévèrement que ces derniers reconnaîtraient que toute résistance serait vaine.

Benjamin Netanyahou est resté fidèle aux idées de Jabotinsky

Israël a recours à cette stratégie depuis sa fondation en 1948, et Plomb durci comme Pilier de défense sont des exemples de sa mise en pratique. En d’autres termes, l’objectif d’Israël dans les bombardements de Gaza n’est pas de renverser le Hamas ou d’éliminer ses roquettes, deux objectifs irréalisables. Les attaques en cours dans la bande de Gaza font en réalité partie d’une stratégie à long terme visant à contraindre les Palestiniens à renoncer à leur demande d’autodétermination et à se soumettre à la domination israélienne dans un Etat d’apartheid.

L’engagement d’Israël dans la stratégie du Mur de Fer se reflète dans le fait que ses dirigeants ont dit à maintes reprises depuis que Plomb Durci a pris fin en Janvier 2009 que l’armée israélienne aurait éventuellement à retourner à Gaza et à infliger une autre raclée aux Palestiniens. Les Israéliens ne vivaient pas dans l’illusion que le conflit de 2008-9 avait mis le Hamas hors de combat. La seule question pour eux était de savoir quand commencerait la prochaine expédition punitive.

Le moment choisi pour la présente opération est facile à expliquer. Pour commencer, le président Obama vient de remporter un second mandat malgré la tentative transparente de Netanyahu pour aider Mitt Romney à remporter les élections. L’erreur commise par le Premier ministre est susceptible d’avoir affecté ses relations personnelles avec le président Obama et pourrait même menacer la «relation spéciale» des Etats Unis avec Israël. Une guerre dans la bande de Gaza, cependant, est un bon antidote à ce problème, parce que Obama, qui va faire face à d’énormes défis économiques et politiques dans les mois à venir, n’a guère d’autre choix que de soutenir sans réserve Israël à la garde et à mettre les torts sur les Palestiniens.

Le premier ministre israélien a sa propre échéance électorale en janvier et, comme l’écrit Mitchell Plitnick, «Le gambit de Netanyahou consistant à nouer une alliance électorale avec le parti fasciste Yisrael Beiteinu est loin d’avoir donné les résultats espérés dans les sondages.’ Une guerre contre Gaza permet non seulement à Netanyahou de montrer sa fermeté quand il est question de la sécurité d’Israël, mais elle a probablement un effet de ‘ralliement autour du drapeau’ qui améliore ses chances de réélection.

Néanmoins, Pilier de défense n’atteindra pas son but ultime d’obtenir des Palestiniens qu’ils renoncent à leur quête d’autodétermination et qu’ils acceptent de vivre sous la botte des Israéliens. Ce n’est tout simplement pas réalisable, les Palestiniens ne vont jamais accepter d’être assignés à une poignée d’enclaves dans un Etat d’apartheid. Malheureusement, cela signifie que Pilier de défense ne sera probablement pas la dernière fois qu’Israël bombarde la bande de Gaza.

A longue échéance cependant, les campagnes de bombardements pourraient cesser, parce qu’il n’est pas certain qu’Israël réussira à subsister en tant qu’Etat d’apartheid. En même temps qu’à la résistance palestinienne, Israël est confronté au fait qu’il est peu probable que l’opinion internationale soutienne un Etat d’apartheid.

Ehud Olmert avait dit en novembre 2007, alors qu’il était premier ministre, que si ‘la solution à deux Etats échoue’, Israël se retrouvera devant une « lutte à la sud-africaine’, et dès que cela se produira, ce sera la fin de l’Etat d’Israël.’ On pourrait penser que les dirigeants israéliens comprennent dans quelle direction ils avancent et en viennent à permettre aux palestiniens d’avoir leur propre Etat. Mais il n’y aucun signe en ce sens ; au contraire Israël persiste stupidement à s’appuyer sur des opérations militaires comme Pilier de défense pour briser les Palestiniens.

Les hôpitaux de Gaza cibles « légitimes » pour les terroristes sionistes

18 novembre 2012

Les sionistes sont des tueurs sanguinaires et professionnels, ce qui veut dire que non seulement ils agissent en hommes du métier, forts d’un équipement perfectionné, mais qu’ils font aussi en sorte de salir leurs victimes, de les déshumaniser et, au final, de les transformer en coupables aux yeux de l’opinion publique internationale.

Ce système marche de moins en moins bien, mais ils ne l’ont pas encore complètement compris même s’ils ont commencé à s’intéresser aux meilleures manières de réduire au silence la blogosphère et toutes les sources d’informations alternatives.

Ces criminels patentés sont prêts, le cas échéant, à bombarder les structures sanitaires de Gaza, ce qu’ils n’avaient pas hésité à faire lors de l’opération « plomb durci » fin 2008, début 2009.

Pour se persuader eux-mêmes du caractère rationnel de leur comportement criminel, à défaut de véritablement convaincre les observateurs, les chefs de la bande de tueurs mafieux ne reculent devant aucun artifice propagandiste (Goebbels était un amateur à côté d’eux).

Ainsi, nous informe Electronic Intifada, un site internet de l’armée terroriste sioniste vient-il de publier ce qu’on nous présente comme un panonceau informatif d’un hôpital palestinien :

Ce panonceau indique que le niveau -1 de l’hôpital accueille le siège du commandement du Hamas tandis que le niveau -2 est un lieu de stockage de roquettes.

Ofir Gendelman (pas Gentleman), porte parole de l’armée sioniste, reproduit le même panonceau, mais en version arabe, sur son compte Tweeter.

Il parait que les terroristes sionistes forment «l’armée la plus morale du monde.» Un label qu’ils se sont auto-décernés, ça va de soi.

Que leur sang retombe sur ta tête Satanyahou!

15 novembre 2012

M. François Hollande, vous assez reçu un criminel à l’Elysée et vous êtes même allé avec lui rendre un hommage aux victimes de l’école juive de Toulouse.

Comme si ce criminel nommé Benjamin Netanyahou était capable d’éprouver une compassion universelle, lui que ne préoccupe que le sort de ce qu’il croit être sa tribu dont les Juifs de France feraient partie.

Oui, Juifs de France, vous l’avez dit vous même. Pas Français de confession juive…

Vous avez ainsi servi sa campagne électorale qu’il poursuit maintenant à coup de missiles et d’obus.

Voilà une des victimes de ce truand impitoyable à qui vous êtes allé jusqu’à donner l’accolade:

Ranan Youssef Arafat, 3 ans assassinée par Benjamin Netanyahou

Osez maintenant regarder en face ces Français de confession musulmane qui s’étaient mobilisés plus que de coutume pour se rendre aux urnes et vous porter ainsi à la magistrature suprême.

Dénoncer la mafia en Corse, c’est une chose. Mais recevoir un criminel mafieux en est une autre et c’est de la complicité.

– Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! (Matthieu 27 :20, 25)

L’émir du Qatar à Gaza: les dessous d’un flop

24 octobre 2012

La presse nous parle abondamment de la visite de l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, dans la bande de Gaza.

Prêts à accueillir l’émir du Qatar

On peut lire que

 Yigal palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, s’est dit « atterré » que le Qatar ait pris le parti d’une formation considérée par les Etats-Unis et l’Union européenne comme une organisation terroriste.

Il est cependant évident que cet évènement qu’on ne saurait minimiser n’a pu se produire que grâce à l’assentiment des autorités sionistes. Ces dernières ont d’ailleurs tenu à montrer, avant et après cette visite, qu’elles restaient maîtresses du jeu en bombardant ce territoire comme elles ont coutume de le faire.

On ne peut pas préjuger des conséquences diplomatiques de cette visite dont l’objectif est avant tout de renforcer la position du Hamas, moins face au régime sioniste que face à l’Autorité Palestinienne et s’inscrit dans la recomposition du paysage politique arabe recherchée par les Etats Unis et les monarchies (démocratiques) du Golfe.

Le fait que le Hamas soit classé par les Etats Unis parmi les organisations terroristes ne constitue en rien une entrave à cette recomposition palestinienne. Les Etats Unis n’ont en effet pas hésité à s’allier avec ce qu’on appelle des djihadistes en Libye et même en Syrie, et ils se sont longtemps servis des Moudjahidine Khalq iraniens, pourtant inscrits sur la liste des organisations terroristes il y a peu de temps encore.

Le Qatar entend sans doute remercier le Hamas pour s’être démarqué du régime syrien qui offrait encore tout récemment à ce mouvement les moyens de son déploiement vers les Palestiniens de l’extérieur et vers des pays amis de la cause palestinienne.

De fait, le soutien à la cause palestinienne est un des paramètres de la légitimité de tout gouvernement arabe et c’est cet attribut qu’entend s’accaparer l’émir du Qatar après en avoir supposément privé le régime de Damas.

Comme il se doit,

Le Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a dénoncé la visite, appelant les pays arabes à « ne pas poursuivre la politique d’établissement d’une entité séparatiste dans la bande de Gaza, qui sert fondamentalement les desseins israéliens ».

De fait, ce qu’on a du mal à percevoir, c’est ce que retirera le projet national palestinien de cette visite et de ces annonces. Elle enfonce un coin supplémentaire entre l’OLP et le Hamas, c’est un des buts recherchés, alors qu’il faudrait au contraire rapprocher ces deux organisations et éloigner l’OLP de l’entité sioniste.

C’est tout le contraire qui va se passer et le risque est bien présent de confirmer le régime sioniste dans la possibilité de constituer des Bantoustans palestiniens, l’un sous la dépendance du Qatar et de l’Egypte, l’autre directement supervisé par le régime sioniste et la Jordanie à un moindre degré. Jusque à l’expulsion complète et progressive des Palestiniens de Cisjordanie qui céderont toute la place aux colons.

L’émir a, nous dit-on, inauguré un certain nombre de projets et annoncé des centaines de millions de dollars d’investissements dans la bande de Gaza, pour construire des routes et des logements notamment.

Faute de règlement politique, ces réalisations seront détruites lors de la prochaine offensive sioniste contre Gaza. Et l’émir est peut-être venu avec de l’argent mais sans proposition politique correspondant aux aspirations nationales du peuple palestinien. Exactement comme lors de sa première visite à Gaza en 1999.

Et la solution des bantoustans, même avec un soupçon de prospérité, ne répondra pas aux aspirations du peuple palestinien qui la rejettera nécessairement.

 Côté Hamas, l’heure est à l’enthousiasme apparemment puisque :

Acclamé par des milliers de Palestiniens, alors que sa limousine cahotait sur la chaussée défoncée qu’il a promis de reconstruire, l’émir a ensuite été accueilli avec les honneurs par Ismaïl Haniyeh, Premier ministre de l’administration mise sur pied par le mouvement islamiste.

Et peut-on lire aussi :

« Aujourd’hui, vous annoncez officiellement la levée du blocus politique et économique imposé à la bande de Gaza », a dit à cheikh Hamad le chef du gouvernement du Hamas Ismaïl Haniyeh, à l’occasion de la pose à Khan Younès (sud) de la première pierre d’un projet immobilier destiné à des familles défavorisées, qui portera le nom de l’émir.

« Aujourd’hui, nous abattons le mur du blocus (israélien) grâce à cette visite historique et bénie », a-t-il ajouté.

L’émir n’a pourtant rien annoncé de tel. Il a simplement dit qu’il allait un peu dorer la cage dans laquelle sont enfermés les habitants de Gaza, dont la plupart sont des réfugiés ou descendants de réfugiés d’autres régions de la Palestine.

Si la direction du Hamas et certains Palestiniens semblent se bercer d’illusions sur l’impact de la visite de l’émir, l’opinion palestinienne fait preuve semble-t-il de plus de maturité. Et c’est sans doute pour cette raison que l’engouement populaire pour cette visite est plus apparent que réel.

 Vous voulez une preuve ?

L’émir du Qatar annule son discours dans le stade de Gaza

par Ibrahim Barzak | Associated Press –  23octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ville de Gaza, Bande de Gaza – L’émir de Qatar a annulé un discours qu’il devait prononcer devant les Palestiniens dans le plus grand stade de football de la ville de Gaza.

Les responsables du Hamas présents dans le stade ont annoncé l’annulation et ordonné aux milliers de personnes présentes ce mardi de rentrer chez elles.

Ce discours était le point d’orgue de la visite historique de l’émir dans la bande de Gaza.

Le Hamas a invoqué l’emploi du temps chargé de l’émir quand il a annoncé le changement. Mais le stade n’était plein qu’à environ un cinquième de sa capacité au moment de l’annonce de l’annulation.

A la place, l’émir a prononcé un discours devant un auditoire beaucoup plus réduit à l’université de Gaza.

Comme on le voit, pas plus l’OLP que le Hamas ou l’émir du Qatar ne doivent se faire d’illusions quant à leur popularité réelle auprès de la population palestinienne. Tous incarnent, à des degrés divers, l’incapacité des élites politiques arabes à être à la hauteur des enjeux.

L’OLP va peut-être commencer à en prendre conscience suite à son échec aux élections municipales en Cisjordanie. Il faudra sans doute un peu plus de temps à un Hamas grisé par son succès diplomatique pour comprendre qu’une légitimité acquise dans les urnes il y a quand même quelques années, ne signifie pas un blanc seing ou une adhésion unanime à des démarches qui contribuent à diviser les Palestiniens et à mettre en échec leur projet national.

Le déblocage de la situation s’amorcera peut-être une fois que la crise syrienne s’apaisera au profit, je l’espère, d’une solution conforme à l’intérêt national syrien et arabe. Après tout, c’est bel et bien avec les basses manœuvres du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et des Etats Unis que s’est nouée cette évolution inattendue et funeste de la scène politique palestinienne.

Le Hamas qui incarnait jusque là l’esprit de résistance a pris le chemin du renoncement pour une poignée de dollars. Il lui reste quand même encore un petit bout de chemin à faire pour rejoindre l’OLP dans l’abjection.


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