Posts Tagged ‘Harry Truman’

Quand les sionistes essayèrent de tuer le président des Etats Unis

13 octobre 2016

C’est presque chaque jour qu’on en apprend un peu plus sur les agissements des sionistes dont l’Etat voyou est le « combat de sa vie » pour Nicolas Sarkozy et dont François Hollande est follement amouraché.

On savait que ces bandes criminelles avaient tué, outre de nombreux anonymes, Lord Moyne,  le représentant de la reine d’Angleterre au Caire en pleine guerre contre le nazisme, qu’ils avaient assassiné en 1947 le Comte Folke Bernadotte, un diplomate suédois chargé d’une mission de paix en Palestine, qu’ils avaient tenté une attaque aérienne sur Londres au départ de Paris …

On apprend maintenant qu’ils avaient aussi essayé en 1947 de tuer Harry Truman qui était rien moins que le président des Etats Unis.

Ce qui n’empêche pas les responsables politiques de multiplier les déclarations sur les liens « unbreakable » et « unshakable » entre l’entité sioniste et les Etats Unis.

Peut-être par peur de se faire liquider ?

 L’auteur de l’article, Richard Silverstein, est un Juif très critique du sionisme mais pas nécessairement antisioniste ainsi qu’on le comprend en faisant attention à son vocabulaire. Il est par contre très bien informé sur le sionisme, son histoire, son actualité et son unité en dépit de ses apparentes tendances divergentes.

Les Israéliens du Groupe Stern avaient envoyé une lettre piégée au Président Truman à la Maison Blanche

par Richard Silverstein | Tikun Olam (USA) 11 octobre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

J’ai interviewé un militant à Kansas City, Jeremy Rothe-Kushel en prévision d’un article sur son arrestation à la demande de la fédération juive locale pendant un discours de Dennis Ross. Jeremy est un chercheur enthousiaste et j’aime parler avec des gens comme lui parce qu’inévitablement j’apprends des choses sur l’histoire du sionisme que je ne savais pas. Comme ce qui suit…

En 1947, le Yishouv [la population sioniste avant la création de l’Etat juif] était dans la tourmente. David Ben Gourion poursuivait son plan de proclamation d’un Etat juif. Il était en compétition avec des extrémistes juifs qui avaient leurs propres plans pour libérer la Palestine du joug de l’Empire Britannique. Si Ben Gourion les considérait comme des rivaux dangereux, il savait aussi qu’ils étaient le méchant flic sui faisait pendant à son bon flic. Leur existence même et les ravages qu’ils provoquaient dans l’appareil colonial britannique donnaient à Ben Gourion l’allure d’un modéré par comparaison. A ce titre, ils étaient extrêmement utiles. Le fait que Ben Gourion pardonna beaucoup de ces terroristes pour les crimes qu’ils perpétrèrent après la création de l’Etat d’Israël et n’en poursuivit aucun en justice est le signe qu’ il était en collusion directe avec eux ou bien qu’ils servaient si bien ses buts qu’il se sentit obligé de leur accorder le pardon.

Au moment même où tout cela se passait, l’ONU essayait d’appliquer son propre plan de partition de la région entre des enclaves juives et arabes. Les extrémistes juifs de l’Irgoun et tout particulièrement de l’organisation dissidente, le Lehi (ou Groupe Stern), trouvaient Ben Gourion par trop accommodant. Ils avaient la conviction qu’il n’y avait pas grand-chose à gagner à négocier avec la puissance coloniale. Ils cherchaient au contraire à mettre les Britanniques à genoux et les forcer ainsi à abandonner le Mandat et libérer la Palestine.

Le Lehi en particulier s’était lancé, tout comme l’OLP dans les années 1970, dans des actions terroristes spectaculaires. La spécialité du Lehi était l’assassinat. Leur attaque la plus choquante fut l’assassinat au Caire de Lord Moyne. Ils assassinèrent aussi le Comte Folke von Bernadotte, le membre de la famille royale de Suède qui avait sauvé des Juifs pendant l’holocauste et avait été désigné par l’ONU pour faire avancer les négociations entre les protagonistes pour qu’ils acceptent la partition. Il y eut aussi des échecs retentissants comme les séries de lettres piégées envoyées aux domiciles et aux bureaux de ministres, anciens ou en fonction, des affaires étrangères britanniques, et à d’autres hauts responsables britanniques. Plusieurs d’entre elles explosèrent blessant des employés des services postaux ou des fonctionnaires du gouvernement. Aucune, fort heureusement, ne blessa une des cibles visées.

Nous savons, comme un fait historique, que les terroristes juifs visèrent les Britanniques. Mais on sait rarement qu’ils avaient aussi élargi leurs objectifs pour inclure des officiels américains. Margaret Truman et le chef du service du courrier de la maison Blanche ont écrit chacun un livre (celui de Mme Truman est une biographie de son père, et celui du chef du service du courrier est un livre de souvenirs sur ses dizaines d’années au service de plusieurs présidents). Tous deux ont noté qu’en 1947, une série de lettres piégées avait été découverte et que les services secrets les avaient faites exploser avant qu’elles parviennent à leur victime désignée.

Pendant l’été 1947, ce qu’on appelait le Groupe Stern de terroristes en Palestine avait essayé d’assassiner papa avec du courrier. Un certain nombre d’enveloppes couleur crème d’environ 20 cm sur 15 arrivèrent à la maison Blanche, adressées au Président et à plusieurs de ses collaborateurs. A l’intérieur de chacune d’entre elles, se trouvait une enveloppe plus petite avec l’inscription « Personnel et confidentiel ». A l’intérieur de cette seconde enveloppe se trouvait de la gélignite [plastic] en poudre, une pile crayon et un détonateur qui devait faire exploser la gélignite à l’ouverture de l’enveloppe. Heureusement, la salle du courrier à la Maison Blanche était alertée sur la possibilité qu’arrivent des lettres de ce genre. Au mois de juin, au moins huit d’entre elles avaient été adressées à des membres du gouvernement britannique, dont le ministre des affaires étrangères Ernest Bevin et l’ancien ministre des affaires étrangères Anthony Eden. La police britannique en avait fait exploser une de manière contrôlée et avait conclu qu’elle pouvait ruer, au à tout le moins mutiler quiconque aurait eu la malchance de l’ouvrir. Le service du courrier avait remis les lettres aux services secrets et elles furent désamorcées par leurs experts en explosifs.

Le président Truman et sa fille Margaret

Après la publication du livre de Mme Truman, Nathan Yelin-Mor, le dernier chef du Lehi, dénonça Truman et son récit. Il qualifiait de mensongères ses assertions et la mit au défi de le poursuivre en justice. Yelin-Mor était soit un imbécile, soit un avocat finaud. Parce qu’il n’est pas possible à un auteur de vous poursuivre si vous affirmez qu’une histoire relatée dans son livre est inexacte. Sur quelles bases ? Vous exprimez votre opinion, une liberté garantie par la loi. A contrario, Yelin-Mor aurait pu poursuivre en justice Margaret Truman pour diffamation et essayer de prouver que son histoire était fausse et qu’elle savait qu’elle était fausse. C’est ce qu’on appelle diffamation. Mais bien sûr, Yelin-Mor savait qu’il aurait perdu cette bataille. Il n’alla donc pas en justice.

Le chef du Lehi soutenait que son organisation n’avait aucune raison d’attaquer les Etats Unis parce qu’Israël avait besoin d’autant d’alliés que possible dans sa lutte pour devenir un Etat indépendant. Cette affirmation était hypocrite parce que Truman n’a jamais été un chaud partisan de l’Etat d’Israël. En réalité, il avait fait de nombreuses déclarations qui témoignaient de son profond scepticisme devant la thèse selon laquelle le nouvel Etat permettrait d’aboutir à une quelconque résolution pacifique du conflit. S’il est vrai qu’il finit par acquiescer et permit à ses représentants de voter en faveur de la résolution onusienne de partition et que les Etats Unis reconnurent le nouvel Etat, le Lehi n’avait aucune possibilité de le savoir en 1947.

Si le Lehi avait sombré dans le néant après 1948, alors rien de tout ça n’aurait plus eu d’importance particulière. Mais Yitzhak Shamir, le chef du Lehi, et Menahem Begin, le chef de l’Irgoun, devinrent premiers ministres. Leurs successeurs ont assumé les rênes du pouvoir et dirigé Israël pendant une bonne partie de ces quarante dernières années. Israël est devenu un Etat qui incarne la vision de ces anciens terroristes israéliens.
L’assassinat a fini par devenir la signature des méthodes d’Israël pour débarrasser la Terre de ses ennemis politiques parmi les Arabes. A ce jour, le Mossad et le Shabak [sécurité intérieure] pratiquent le meurtre comme politique d’Etat (lisez mon article sur Mint Press qui relate l’assassinat d’Omar Zayed par Yossi Cohen du Mossad).

Afficher l'image d'origine

Omar Zayed assassiné en 2016 en Bulgarie par les terroristes sionistes

En outre, les héritiers d’extrême droite du Lehi et de l’Irgoun rejettent aussi le pragmatisme de la vieille gauche travailliste qui voulait faire avancer son projet de façon graduelle. Si le Parti Travailliste était une main de fer dans un gant de velours, le Likoud est la main de fer sans gant d’aucune sorte prête à frapper durement pour la suprématie juive, le nettoyage ethnique et le maximalisme dans tous les domaines. Bibi Netanyahou, c’est Avraham Stern en costume.

Ce que Begin a accompli à une relativement petite échelle à Deir Yacine, Ben Gourion l’a fait à grande échelle avec la Nakba. Les guerres israéliennes de conquête qui suivirent en 1956 et 1967 et l’aventurisme militaire d’Israël à Gaza et au Liban depuis le tournant du siècle sont dans la même veine que la vision terroriste des débuts avec Israël comme Etat garnison qui domine la région et impose sa volonté à quiconque ose être en désaccord.

Publicités

De Truman à Obama, le poids de plus en plus insupportable du lobby sioniste

25 septembre 2011

J’ai brièvement évoqué ici le discours sioniste d’Obama à la tribune des Nations Unies. En soi, le comportement d’Obama ne diffère cependant pas fondamentalement de celui de ses prédécesseurs dans une tradition qui remonte au président Harry Truman et qui consiste à se soumettre au lobby sioniste.

Une des  différences pourtant est que cette pression est plus forte que jamais compte tenu de l’isolement croissant de l’entité sioniste attesté par les votes à l’ONU mais aussi par les récentes évolutions des diplomaties égyptienne et turque. De ce fait, l’entité sioniste tend à s’arcbouter sur son pré carré traditionnel, les Etats Unis et l’Europe pour l’essentiel.

L’autre différence est que la soumission au lobby n’est plus suffisante pour garantir une victoire électorale via les fonds de campagne et un traitement médiatique privilégié. Et ce, pour la simple raison que tous ceux qui aspirent à la magistrature suprême à Washington font dans la surenchère sioniste, affirmant que tel ou tel rival n’est pas assez favorable à l’Etat voyou et cherchent à donner des gages de leur adhésion au sionisme le plus fanatique.

Parce que leur élection dépendra effectivement des likoudniks Juifs Américains qui sont les véritables dirigeants de l’entité sioniste. Banquiers, financiers, avocats, patrons de presse, producteurs audiovisuels, patrons de loteries ou de casinos, responsables associatifs, ces ultra nationalistes suprématistes sont capables d’activer les relais qui leur appartiennent ou qui dépendent d’eux pour faire ou défaire les réputations politiques. Ils sont capables de fournir les partisans « pour » et « contre » un candidat et de décider lesquels pourront parler le plus fort en fonction du comportement des candidats à la présidentielle.

Ce qui donne une démocratie dévergondée avec le paradoxe d’une liberté individuelle qui reste vivante mais où les individus citoyens n’ont plus guère le choix qu’entre des candidats ,et donc des projets, adoubés par le lobby sioniste.

Lawrence of Cyberia nous rappelle opportunément le rôle déterminant d’un prédécesseur d’Obama dans la genèse de ce conflit du Proche Orient qui a vu pour la première fois un président US s’humilier en reniant publiquement tous les principes par lui-même affichés. (George W. Bush avait au moins laissé à Colin Powell le soin de se ridiculiser en brandissant son flacon d’urine à l’ONU)

Et que l’histoire de l’entité sioniste n’est rien d’autre que celle d’une injustice commise aux dépends su peuple palestinien au mépris des règles de droit. Du brigandage pur et simple.

NB. Les extraits des ouvrages de Quigley et Hadawi compotent des annotations qui renvoient à leurs sources. Je ne les ai pas reprises, vous les retrouverez sur le site don j’ai tiré l’article.

 

Sur la raison pour laquelle la Micronésie s’oppose à l’autodétermination palestinienne

Par Lawrence of Cyberia, 21 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ira Glunts a posté aujourd’hui un message dans Mondoweiss au sujet des reactions palestiniennes au discours d’Obama devant l’assemblée générale de l’ONU. Il a relevé la réaction d’Hanan Ashrawi qui citait  les efforts que les Etats Unis sont prêts à faire pour empêcher une reconnaissance internationale d’un Etat de palestine.

Ce que j’entendais était incroyable. C’était comme si les palestiniens occupaient Israël. Il n’y avait aucune empathie avec les palestiniens, il n’a parlé que des problèmes israéliens.

Il nous a dit qu’il n’était pas facile de parvenir à la paix, merci mais nous le savons. Il a parlé des droits universels – Bien, ces mêmes droits s’appliquent aux Palestiniens.

{Les Américains] exercent d’énormes pressions sur tous les membres de l’ONU, ils usent de la menace et de la coercition. J’aimerais qu’ils investissent autant d’énergie dans une démarche de promotion de la paix, pas de menaces.

Après avoir lu ce texte, la comparaison évidente qui m’est venue à l’esprit était avec la réunion de l’Assemblée générale de l’ONU du 29 novembre 1947 qui avait adopté la proposition de partition de la Palestine. Je veux parler des menaces et de la coercition exercées par les Etats Unis sur les Etats membres les plus dépendants, afin de s’assurer que l’ONU recommanderait une partition de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe, en dépit des objections de la grande majorité de la population palestinienne, et malgré le fait que le comité spécial de l’ONU sur la Palestine avait déjà conclu que la création d’un foyer national juif en Palestine contre la volonté du peuple palestinien « pourrait bien être contraire » au principe d’autodétermination [note 1] en contradiction avec la propre charte de l’ONU.[2]

Extrait de John Quigley’s Palestine and Israel: A Challenge to Justice, (Duke University Press, 1990, pp.36-7, 39):

Le 25 novembre 1947, le comité ad hoc avait approuvé la recommandation de partition faite par la sous commission I par un vote de 25 voix contre 16 avec 17 abstentions. Si elle suffisait pour présenter le plan en sous commission, cette marge n’atteignait pas la majorité des deux tiers exigible pour un passage devant l’Assemblée Générale. A ce stade, les Eats Unis étaient apparus comme le plus agressif des partisans de la partition. La majorité des pays européens, dont l’Union Soviétique, la soutenaient mais la plupart des pays du Tiers Monde la voyaient comme une violation des droits des Arabes.]

Les Etats Unis obtinrent de l’Assemblé Générale que le vote soit retardé afin “d’avoir le temps de rallier certaines républiques d’Amérique latine à leurs vues.”  Les officiels US, « sur instructions directes de la Maison Blanche, » usèrent de « toutes les formes de pressions, directes et indirectes » pour “faire en sorte que la majorité nécessaire “ soit obtenue, selon l’ancien sous-secrétaire d’Etat Sumner Welles. Des membres du Congrès des Etats Unis avaient menacé plusieurs pays du tiers Monde d’une réduction de l’aide économique. Dans une ultime tentative de compromis et une concession majeure, plusieurs pays arabes avaient propose un plan de gouvernement fédéré pour la Palestine. Semblable à une proposition minoritaire du comité spécial, ce plan appelait à une fédération des composantes juive et arabe. La Colombie avait demandé de renvoyer la question devant le comité ad hoc pour de nouvelles démarches afin d’atteindre une solution acceptable aussi bien par les Arabes que par les Juifs de Palestine.

On avait peu de raisons de croire, fin 1947, que le délicat arrangement prévu par le plan de partition pourrait s’attirer un niveau de coopération suffisant de la part des parties arabe et juive. Mais l’Assemblée Générale s’engagea vers un vote sur le plan de partition. Le 29 novembre, elle adopta un projet de résolution comprenant le plan de partition, la résolution 181. La résolution obtint de justesse la majorité des deux tiers – 33 pour, 13 contre et 10 abstentions.

Parmi les pays qui changèrent leurs votes entre le 25 et le 29 novembre et qui permirent d’atteindre la majorité des deux tiers, se trouvaient le Libéria, les Philippines et Haïti. Tous fortement dépendants financièrement des Etats Unis, ils avaient subi des pressions pour modifier leurs votes. Certains délégués avaient accusé les officiels US «d’intimidation diplomatique». Sans une « pression terrible» des Etats Unis sur des “gouvernements qui ne peuvent pas courir le risque de représailles américaines” expliquait un éditorialiste anonyme, la résolution “n’aurait jamais été adoptée.”

La réalité de ces pressions est devenue un fait de notoriété publique, à tel point qu’un groupe de stratégie politique du Département d’Etat s’était inquiété que « le prestige de l’ONU » puisse en souffrir en raison du « caractère notoire et du ressentiment envers les activités des groupes de pression US, dont des membres du Congrès qui ont cherché à imposer le point de vue américain sur la partition à des délégations étrangères. »

Extrait de Sami Hadawi‘s, Bitter Harvest: A Modern History of Palestine, fourth edition, pp 75 & 76:

Le rôle joué par les Etats Unis – gouvernement et personnes privées – pour aboutir à in vote majoritaire à l’Assemblée générale est illustré au mieux par la citation de sources américaines:

1.L’Hon. Lawrence H. Smith a déclaré au Congrès. “Regardons le dossier, M. le président, et voyons ce qui s’est passé à la session de l’Assemblée Générale de l’ONU avant le vote sur la partition. Une majorité des deux tiers était nécessaire pour l’adoption de la résolution. A deux reprises, l’Assemblée était sur le point de voter et par deux fois le vote fut reporté. Il était évident qu’un délai était nécessaire parce que ceux qui proposaient lé résolution (les USA et l’URSS) n’avaient pas suffisamment de voix. Dans l’intervalle, des sources fiables rapportent qu’une pression intense a été exercée sur les délagués de trois petites nations par des représentants des Etats unis et par des officiels ‘aux plus hauts échelons à Washington’. C’est une accusation grave. Quand la question a finalement été soumise aux voix le 29 novembre, que s’est-il passé ? Les votes décisifs en faveur de la partition ont été apportés par Haïti, le Libéria et les Philippines. Ces voix avaient suffi pour faire une majorité des deux tiers.

Dans un premier temps, ces pays s’étaient opposes à cette proposition… la pression exercée par nos délégués, par nos officiels, et par des personnes privées de notre pays constituent une conduite répréhensible contre ces pays et contre nous. »

2. Le journaliste Drew Pearson avait expliqué dans un éditorial qu’en fin de compte, ‘beaucoup de gens avaient usé de leur influence pour forcer la main aux votants. Harvey Firestone, qui possède des plantations d’hévéa au Libéria s’est occupé du gouvernement du Libéria. Adolphe Berle, conseiller du président Haïtien a retourné son vote… L’ambassadeur de Chine, [la Chine d’avant le communisme] Wellington Koo avait averti son gouvernement… L’ambassadeur de France avait plaidé en faveur de la partition auprès de son gouvernement miné par la crise.”

“Peu de gens le savent, » avait-il écrit après la partition, ‘mais le président Truman avait pesé plus que jamais de tout son poids sur le département d’Etat avant de faire basculer le vote aux nations Unies sur le partage de la Palestine. Truman avait convoqué le Secrétaire d’Etat par intérim Lovell mercredi à la Maison Blanche, puis vendredi encore pour l’avertir qu’il exigerait de lui qu’il s’explique complètement si des nations qui s’alignent habituellement sur les Etats Unis manquaient à le faire sur la Palestine… »

Sumner Welles avait affirmé: «Sur ordre direct de la Maison Blanche, toutes les formes de pressions, directes ou indirectes, ont été exercées par des officiels Américains sur ces pays, à l’exclusion des pays musulmans, dont on savait qu’ils étaient opposés à la partition ou hésitants. Des diplomates ou des intermédiaires ont été utilisés par la Maison Blanche pour faire s’assurer de réunir au moins la majorité nécessaire »

4. Pour James Forrestal, alors Serétaire à la Défense, “Les méthodes qui avaient été utilisées … pour exercer une coercition et contraindre les autres nations de l’Assemblée Générale frôlaient le scandale’…

Sir Zafrulla Khan, ancien ministre des affaires étrangères du Pakistan et chef de la délégation de ce pays à l’ONU en novembre 1947.

En écoutant en direct le discours d’adieu de Kofi Annan sur une chaîne d’informations américaine diffuse dans le monde entier, quelqu’un a été trrès étonné d’entendre M. Annan baser ses cinq postulats pour une paix future sur ces citations de feu le président Truman. M.Truman n’avait pas grand-chose d’un Woodrow Wilson ou d’un Wendel Wilkie et encore moins d’un oracle.

Une des questions qui alimentait le désarroi de M. Annan était la Palestine. Voici un récit de première main, tire des memoires de Sir Zafrulla Khan, ancien minister des affaires étrangères du Pakistan, sur le rôle pas si visionnaire que ça que M. Truman joua dans la partition de la Palestine en 1948 à l’ONU.

“Le facteur décisif fut le rôle du président Truman qui ,en qualité de vice président assuma la présidence des Etats Unis à la mort du président Roosevelt au printemps 1945. Truman voulait être élu président à l’élection de 1948 mais il n’avait pas l’ensemble de son parti derrière lui. Les Juifs [sic] avaient une position forte dans la ville de new York, et l’Etat du même nom devait aller dans la même direction politique  que la ville.  Le vote juif dans la ville pouvait s’avérer déterminant. Le président Truman est alors devenu un partisan résolu de la partition de la Palestine. La délégation US à l’ONU ne s’en réjouissait pas vraiment. Le conseiller juridique de la délégation avait fait connaître au président ses doutes sur la compétence de l’Assemblée Générale pour décider de la partition d’un pays. Mais le président étai resté ferme sur ses positions en faveur des Juifs [sic].

“Le débat en plénière avait démarré dans une atmosphère très tendue. Il atteint son étape finale mercredi avant Thanksgiving. Un pointage soigneux avait confirmé l’impression qui ressortait des discours prononcés pendant la plénière, que la résolution n’avait pas l’appui d’une majorité des deux tiers.

Le matin, avant le début des débats à l’Assemblée, j’avais en tant que chef de la délégation pakistanaise appelé M. Dennis, le chef de la délégation du Libéria qui m’avait assuré que les instructions de son gouvernement étaient de voter contre la partition et ‘il) avait ajouté : mais nous subissons de fortes pressions des Etats Unis. Il faudrait faire que le vote ait lieu aujourd’hui, parce que je ne sais pas ce qui pourrait arriver demain. »

“Le général Romulo, ministre Philippin des affaires étrangères était allé à la tribune et avait condamné fermement la partition dans un discours d’une éloquence flamboyante. Le représentant Haïtien avait déclaré qu’il voterait contre la partition.

“Vers l’heure du déjeuner, la rumeur a circulé que le président [de l’Assemblée] n’avait pas l’intention de faire procéder au vote ce jour-là. Le Dr Fadhil Jamali ; ministre Irakien des affaires étrangères et le chef de la délégation pakistanaise appelèrent le président et découvrirent qu’il avait décidé de reporter le vote à vendredi.

Ses excuses étaient fragiles, mais il resta ferme. A la fin de la réunion de l’après-midi, il ajourna la session jusqu’à vendredi matin. Jeudi, le président Truman appela personnellement au téléphone certains chefs d’Etat et les persuada de modifier leur position sur la question de la partition de la Palestine pour passer d’une opposition à un soutien.

Entre autres, le Libéria, Haïti et les Philippines changèrent de position.

“La résolution fut adoptée, les dés étaient jetés, et les Arabes et les Juifs étaient partis pour un affrontement de plusieurs générations. Le président Truman restera dans l’histoire comme l’homme d’Etat qui prit la décision de larguer les premières bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, et dont la détermination a poussé à la partition de la Palestine par le truchement des Nations Unies.

M.J. AS’AD
Karachi

– Dawn Newspaper, (Pakistan) 19 Dec 2006

Alors, pour poser les choses clairement: les Etats Unis qui, à une époque, ont contraint des membres de l’ONU à accorder à Israël sa partie de la solution à deux Etats alors qu’aucun consensus évident n’existait sur cette étape, tente aujourd’hui de forcer des membres de l’ONU à ne PAS établir la partie palestinienne de la solution à deux Etats, alors même qu’existe un large consensus en sa faveur. Et ce sont les mêmes Etats Unis qui ont été ces 20 dernières années les seuls médiateurs d’un « processus de paix » supposé chercher à aboutit à l’établissement de cette solution à deux Etats. Faut-il vraiment se poser la question de savoir pourquoi ce processus a échoué ?

Notes:

[1]  En ce qui concerne le principe de l’autodétermination, bien que la reconnaissance internationale a été renforcée à la fin de la Première Guerre mondiale et a été respecté à l’égard des autres territoires arabes, à l’époque de la création des mandats « A », il n’a pas été appliqué à la Palestine, à cause évidemment de l’intention de rendre possible la création d’un foyer national juif là-bas. En fait, on peut  dire que le foyer national juif et  Mandat sui generis sur la Palestine allaient à l’encontre de ce principe.

– UN Special Committee on Palestine (UNSCOP), Report to the General Assembly, 3 September 1947. Paragraph 176.

[2]  Les buts des Nations Unies sont les suivants :

1.    Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;

2.    Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde;

3.    Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion;

4.    Être un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.

– Charte de l’Organisation des Nations Unies, Article 1.


%d blogueurs aiment cette page :