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Pour la majorité des étudiants juifs américains, l’Etat « juif » n’est pas civilisé.

24 février 2016

Le site de Philip Weiss reste une des sources les plus riches quand on s’intéresse à l’actualité relative à la cause palestinienne. [vous pouvez aller directement à l’article qui se trouve à la fin de mon texte]

Il le prouve une nouvelle fois en révélant l’essentiel de la teneur d’une conférence qui s’est tenue à Jérusalem dans l’objectif de trouver les moyens d’une propagande efficace en faveur de l’entité sioniste et de contrer le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions)

On sait que faute d’arguments légitimes, les partisans de l’entité sioniste en sont désormais le plus souvent réduits à faire pression sur les gouvernements étrangers pour qu’ils adoptent des dispositions qui rendent l’appel au boycott illégal. C’est déjà le cas en France avec la circulaire Alliot-Marie que Sainte Christiane Taubira s’est bien gardée d’abroger. Ailleurs, comme au Canada, c’est une motion motion votée au parlement tandis que le Royaume Uni se prépare à légiférer pour interdire le BDS…

Ce qui n’empêchera pas le mouvement de boycott de prendre de l’ampleur tout comme l’impopularité ou du moins le scepticisme à l’égard de l’entité sioniste.

Ainsi, les conférenciers sionistes ont pu avoir un état des lieux inquiétants sur la perception de l’entité sioniste par les étudiants juifs américains. Ces derniers non seulement ne sont pas une majorité à penser que l’entité sioniste veut la paix, mais ils sont à peine 38 % à considérer que nous parlons d’un Etat « civilisé ».

Ce qui ne signifie bien sûr pas qu’ils renoncent nécessairement à soutenir l’entité sioniste mais qui donne à penser que ce soutien n’est pas un acquis intangible.

Et c’est là un gros problème pour le régime sioniste. En effet, cette entité coloniale s’est elle-même mise sous la coupe d’une métropole en obtenant la protection des Etats Unis. Au fil des ans, la colonie juive a su construire tout un dispositif de propagande, d’influence et de contrôle qui lui permet d’influer fortement sur la politique de la métropole, du moins quand cette politique est en rapport avec sa sécurité et sa prospérité.

Ce contrôle n’est pas absolu et il peut être mis en échec à force de patience et d’habileté, ce qu’ont su démontrer Barack Obama et John Kerry dans le dénouement de la crise avec l’Iran. Une démarche qui n’a été possible que parce que Barack Obama effectue son deuxième et dernier mandat présidentiel !

Un des instruments de ce contrôle est la communauté juive, ou plus exactement les organisations communautaires juives qu’elles agissent dans le domaine social, culturel, religieux ou politique. C’est par leur intermédiaire que l’actions sioniste peut se déployer verticalement, vers les couches dirigeantes (élus municipaux, gouverneurs d’Etats, sénateurs etc.) et horizontalement (vers les citoyens ordinaires).

L’animation et les relais de ces organisations, aussi bien verticalement qu’horizontalement, est le plus souvent assurée par des membres de l’élite, c’est-à-dire des gens qui occupent des postes à responsabilité dans les domaines de l’économie, de la culture, de l’information, de la religion etc. Ces gens ont généralement été formés à l’université [il n’existe pas de « grandes écoles » aux Etats Unis] où ils ont acquis non seulement des compétences et des connaissances mais aussi une vision de la vie et de la politique au sens large parfois sur la base d’engagements pour telle ou telle cause.

L’état moral de cette frange de la population étudiante donne donc une indication sur les orientations que pourrait prendre cette population une fois arrivée à l’âge de maturité et de la participation active à la vie publique locale, régionale ou nationale.

Et quand on s’intéresse à la population étudiante juive, cet état moral semble des plus préoccupants si on en croit un spécialiste des enquêtes d’opinion qui participait à la conférence de Jérusalem.

 La majorité des étudiants juifs américains ne voit pas Israël comme un pays « civilisé » ou une « démocratie » affirme Luntz lors d’une conférence secrète anti-BDS

par Ofer Neiman, Mondoweiss (USA) 2 février 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le lien vers l’information en hébreu. En résumé :

Le ministre Gilad Erdan [ministre de la sécurité publique, des affaires stratégiques et de l’information] a organisé une conférence secrète à Jérusalem, qui a réuni 150 partisans influents d’Israël.

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Gilad Erdan et son complice Benjamin Netanyahou

Le spécialiste des sondages d’opinion Frank Luntz, marqué politiquement à droite, [qui avait auparavant affirmé que sionisme était devenu un gros mot pour les élites des Etats Unis] a présenté des statistiques :

_ La tentative du ministère du tourisme pour vendre Israël comme une destination sympa [filles et bikinis] a échoué.

– Les étudiants juifs américains ont une image de plus en plus négative d’Israël

– Ils ne sont que 42 % à croire qu’Israël veut la paix.

-Seulement 38 % d’entre eux pensent que ‘Israël est civilisé et occidental”.

-31% seulement considèrent qu’Israël est une démocratie.

– Pas moins de 21 % d’entre eux pensent que les Etats Unis devraient prendre le parti des Palestiniens.

Le nouvel agenda, pas si nouveau que ça, proposé par Luntz et Cie : les partisans d’Israël doivent dire qu’ils sont pour le dialogue et un processus de paix qui passe par la diplomatie, et ils doivent accuser ceux qui soutiennent le BDS de faire obstacle au dialogue et de répandre la haine.

Le monument à la mémoire du jeune Palestinien brûlé vif vandalisé deux fois

13 juillet 2014

Pendant que Benjamin Netanyahou livre sa guerre raciale contre Gaza avec l’assentiment de Flanby 1er à qui il a dicté la prise de position honteuse publiée sur le site de l’Elysée, la même guerre raciale est en cours à Jérusalem avec des bandes de Juifs qui quadrillent le centre ville à la recherche d’Arabes à agresser.

Et ils le font sans être inquiétés par la police qui veille au contraire sur leur sécurité .

Voilà qui rappelle bien des choses aux Algériens en particulier.

Mohammed Abu Khdeir est mort brûlé vif par des tueurs sionistes. Il n'avait que 16 ans, mais faisait moins que son âge

Mohammed Abu Khdeir est mort brûlé vif par des tueurs sionistes. Il n’avait que 16 ans, mais faisait moins que son âge

Le monument à la mémoire de l’adolescent palestinien vandalisé pour la deuxième fois

On rapporte à nouveau des agressions contre des Arabes à Jérusalem, avec des groupes dextrémistes qui arpentent la capitale en scandant « Mort aux Arabes »

par Nir Hasson, Haaretz (Sionistan) 12 juillet 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Pour la deuxième fois en une semaine, un monument à la mémoire de Mohammed Abu Khdeir, l’adolescent assassiné à Jérusalem-Est a été vandalisée.

Le monument, sur le lieu où le corps du jeune de 16ans a été découvert dans la forêt de Jérusalem le 2 Juillet, a été construit mardi dernier par plusieurs dizaines d’habitants de Beit Zayit et de Jérusalem, qui ont spontanément organisé le mémorial. Ils se sont recueillis sur le site, ont construit le monument avec des roches environnantes et disposé des guirlandes de fleurs en mémoire du jeune habitant de Shoafat [quartier de Jérusalem] assassiné.

Le mémorial a été construit sur la portion de terrre carbonisée où Abu Khdeir a été brûlé vif par ses meurtiers. Trois personnes ont été arrêtées sur la présomption d’avoir tué le garçon pour des motifs nationalistes.

Le mémorial avait été vandalisé une première fois par des assaillants non identifiés le jour même de sa construction. « Quelqu’un a fait usage d’un peu de force pour le détruire, » explique Yoav Laff, un habitant de Beit Zayit et un des initiateurs du monument.

Deux jours après, jeudi, des membres de Hoar HaOved VeHalomed et de Dror Israel, deux mouvements de jeunesse, ont reconstruit le site et se sont brièvement recueillis en mémoire d’Abu Khdeir.

Après une visite sur place samedi, il semble bien que quelqu’un a àde nouveau vandalisé le monument, retiré certains blocs de pierre qui le constituent et éparpillé les guirlandes de fleurs.

Dans le même temps, on rapporte de nouvelles agressions contre des Arabes, et d’agresions contre des Arabes motivées politiquement à Jérusalem. Jeudi, un chauffeur de bus arabe a été agressé dans la ville, et samedi une bagarre motivée politiquement a éclaté entre Juifs – l’un d’eux ayant dit qu’il y a des Arabes innocents et a alors été attaqué à coup de bouteille et hospitalisé.

D’autres témoins rapportent que des militants et des adolescents d’extrême droite continuent à arpenter le centre ville en criant « Mort aux Arabes » à la recherche d’Arabes à agresser. Des organisations de gauche dans la capitale ont organisé plusieurs équipes dont le but est de protéger les passants palestiniens, soutenant que la police a été négligente dans la prise en charge de ce phénomène.

L’avocat Avner Pinchuk, de l’association pour les droits civiques en Israêl a écrit au procureur général Yehuda Weinstein pour exiger qu’il ordonne à la police de traiter ce problème avec fermeté. « Nous avons du mal à imaginer une situation dans laquelle un groupe de ruffians arabes quadrillerait une ville dans laquelle des Juifs vivent et travaillent en criant « Mort aux Juifs », avec une police qui les escorterait tant qu’ils n’agresseraient pas physiquement des Juifs. La différence de traitement quand il s’agit d’émeutiers arabes donne l’impression d’un parrainage par la police, et pour cette raison il faut l’empêcher, » a écrit Pinchuk.

 

Scarlett Johansson, le boycott des colonies sionistes et le Financial Times

6 février 2014

 L’actrice américaine Scarlett Johansson a fait beaucoup pour mieux faire connaître les actions de boycott culturel, économique et commercial qui visent le régime sioniste.

Ce n’était pas volontaire de sa part, mais en préférant les dollars proposés par l’entreprise sioniste SodaStream à la mission d’ambassadrice de l’ONG britannique Oxfam, elle a en quelque sorte révélé au monde l’absence de principes moraux et l’éthique particulière qui caractérisent le projet sioniste.

par Stephanie Westbrook, via Mondoweiss

C’est cette réflexion que développe le Financial Times dans un éditorial. Le fait que ce journal qui est le porte voix des milieux financiers de Londres et d’autres métropoles du capitalisme évoque ainsi cette question dans des termes sans ambiguïté, donne une idée de l’exaspération qui commence à gagner ce que je désignerai par le raccourci simplificateur de « communauté des affaires ».

Un éditorial qui sonne aussi comme un avertissement de ce qui pourrait arriver tantôt : un boycott généralisé des échanges avec l’entité sioniste, comme celui qu’avaient connu en d’autre temps la Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe) et l’Afrique du Sud.

Une étoile chute sur les colonies

La défense de son sponsor par Scarlett Johansson est naïve

The Financial Times (UK) 31 janvier 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

La décision de l’actrice Scarlette Johansson de ne plus être une ambassadrice d’Oxfam, l’organisation caritative pour la justice sociale, et de continuer à être une ambassadrice de la marque SodaStream, une compagnie israélienne qui fabrique des machines pour produire des boissons gazeuses chez soi dans une usine située en Cisjordanie occupée, pourrait être tenue pour aussi négligeable qu’une tempête dans un verre de limonade. Il ne devrait pas en être ainsi.

La vedette du film « Lost in Translation » a braqué accidentellement le projecteur sur un problème important – celui de savoir s’il est juste ou légitime de faire du commerce avec des entreprises qui opèrent dans des colonies israéliennes illégales sur le sol palestinien – tout en donnant par inadvertance un éclairage positif sur al campagne pour boycotter Israël tant qu’il ne se retire pas de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est – une question distincte, du moins pour jusqu’à présent.

SodaStram fabrique certains gazéificateurs [de boissons] à Maale Adumim, la plus grande colonie israélienne en Cisjordanie, illégale au regard du droit international. L’usine fait travailler environ 500 Palestiniens et prétend promouvoir l’emploi et la coexistence pacifique entre Arabes et Juifs. Mlle Johansson affirme que la compagnie « construit un pont vers la paix entre Israël et la Palestine ». C’est de la naïveté, tout comme la confusion qu’elle fait entre ce point de controverse et le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui prône l’isolement d’Israël.

Le statut des colonies est clair au regard du droit international même si Israël choisit de l’ignorer et d’accroître sa colonisation du territoire palestinien, tout en faisant mine de négocier sur la création d’un Etat palestinien. L’an dernier, l’Union Européenne (UE) a adopté des dispositions pour interdire les subventions destinées à des organismes opérant dans des colonies illégales. L’UE a cependant laissé Israël participer au programme Horizon 2020 – Israël est le seul Etat non membre à participer à ce programme de recherche-développement de 80 milliards d’euros – rendant ainsi la haute technologie israélienne éligible aux financements publics européens dès lors qu’ils ne sont pas utilisés dans les colonies.

Ce n’est pas un boycott. C’est l’application du droit. Il reste que si Israël poursuit son occupation et repousse les conditions pour la paix négociées par le Secrétaire d’Etat John Kerry, de telles distinctions deviendront obsolètes. Les fonds de pension européens ont déjà commencer à retirer leurs investissements dans les banques israéliennes qui ont des succursales dans les colonies.

Les dirigeants israéliens, depuis les anciens premiers ministres Ehud Barak et Ehud Olmert à Tzipi Livni et Yair Lapid, les ministres de la justice et des finances du gouvernement actuel de droite de Benjamin Netanyahou ont prévenu qu’Israël sera confronté à l’ostracisme sauf sen cas de conclusion d’un accord avec la Palestine. Aujourd’hui, ce sont les colonies qui sont visées. Mais les choses pourraient facilement évoluer vers un boycott généralisé.

Il est malhonnête de voir du romantisme dans les actions de colonisation. L’occupation jette en prison des milliers de jeunes hommes palestiniens, donne leurs terres et leur eau aux colons, démolit leurs maisons et fragmente le territoire restant avec de nombreux checkpoints et des routes ségrégées. Il n’existe pratiquement aucune base minimale pour une économie. Pour créer des emplois palestiniens, il faut mettre un terme à l’occupation et laisser les Palestiniens construire les fondations d’une économie – pas construire des « ponts vers la paix » sur la terre d’un autre peuple sans sa permission.

Pas de marionnettes pour les enfants de Jérusalem occupée

24 juin 2013

Jérusalem-Est est un territoire occupé aux termes du droit international, ce qui n’empêche par les autorités sionistes d’affirmer qu’elle fait partie de leur territoire et que ce sont donc ses «lois» qui s’y appliquent.

Ce qui signifie que l’Autorité Palestinienne, supposée être une esquisse du futur Etat palestinien n’a en aucune manière à se mêler de près ou même de très loin de ce qui se passe à Jérusalem-Est.

Par exemple, l’Autorité Palestinienne ne saurait contribuer au financement d’un festival de marionnettes pour enfants, parce qu’une telle contribution signifie la mort de ce festival.

C’est en tout cas le prétexte utilisé par les services de sécurité sionistes pour ordonner la fermeture provisoire du théâtre qui devait accueillir ce festival, malgré les dénégations du directeur de la salle de spectacles.

Outre des troupes palestiniennes, le festival devait voit la participation de compagnies venues  de Norvège, de France et de Turquie.

Notez bien que le festival n’a pas été officiellement interdit mais qu’on a simplement rendu son déroulement matériellement impossible.

Israël interdit le festival de marionnettes pour enfants de Jérusalem-Est

 AFP, The Jordan Times (Jordanie) 24juin 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Jérusalem – Les autorités israéliennes ont ordonné la fermeture temporaire d’un théâtre à l’est de Jérusalem, l’empêchant d’accueillir le festival de marionnettes pour enfants, ont déclaré la police et le directeur du théâtre.

Le  théâtre Hakawati a placé des affiches sur ses fenêtres pour annoncer qu’il était fermé du 22 au 30 juin, suite à la réception d’un ordre du ministre de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch, au motif que son parrainage alléguée par l’Autorité palestinienne (AP) était illégal.

Theâtre El Hakawati à Jérusalem-Est

Theâtre El Hakawati à Jérusalem-Est

« Aharonovitch a décidé vendredi de fermer le théâtre Hakawati pendant une semaine parce que ses activités étaient organisées sous les auspices de l’Autorité palestinienne, » a déclaré à l’AFP le porte parole de la police Luba Samri.

Le metteur en scène Mohammed Halayiqa a condamné la décision qu’il a qualifiée de  «honteuse», affirmant que l’AP n’a pas participé au Festival international de marionnettes qui a été financé par des dons provenant de l’étranger et est destiné aux enfants.

 «Les services de sécurité israéliens m’ont convoqué jeudi et vendredi pour me poser des questions sur la source du financement », a-t-il déclaré à l’AFP.

 «Leurs sources, disaient-ils, leur avaient indiqué qu’il était financé par l’Autorité Palestinienne, et on m’a remis une ordonnance de fermeture du théâtre pour cette semaine, ce qui empêche le déroulement du festival. »

Halayiqa a expliqué que le personnel avait fait de gros efforts pour décorer le théâtre en particulier pour les enfants, et il a insisté auprès des services de sécurité israéliens sur le fait que le festival n’avait absolument aucun liens politiques.

C’était la première fois que le théâtre Hakawati est fermé pour une telle durée depuis son ouverture il y a près de 20 ans, a déclaré Halayiqa, ajoutant qu’il ferait appel de la décision.

Une porte-parole du ministère de la sécurité intérieure d’Israël à déclaré à l’AFP: « Le théâtre a été fermé car il fonctionne sous les auspices de l’Autorité palestinienne, sans l’autorisation requise par la loi. Une notification à cet effet a été transmise au directeur du théâtre.

« Le ministère de la sécurité intérieure ne s’oppose pas à des activités artistiques et culturelles pour les enfants de Jérusalem-Est, dès lors qu’elles sont menées conformément à la loi», a-t-elle dit.

Palestine: la vérité continue à sortir de sa boîte

28 avril 2013

Les terroristes sionistes, qu’ils soient armés d’un fusil, d’un stylo ou même simplement de leurs langues de vipères, ont un discours bien huilé sur les étapes de leur projet colonial ainsi que sur la phase décisive qui a amené à la proclamation d’un Etat juif sur le sol palestinien.

Le problème est que ce discours est un tissu de mensonges et que la vérité comme mue par une volonté autonome n’a de cesse de se manifester pour de faire connaître.

On sait le travail accompli en ce sens par les historiens Palestiniens ou autres ainsi que par les militants de la cause de la Palestine.

Beaucoup reste à faire cependant, notamment pour propulser les résultats de ce travail dans le discours ordinaire des médias et pour en faire l’arrière-fond obligé de toute réflexion publique sur la question palestinienne.

L’ouverture de certaines archives et l’information sur leur contenu par la presse y contribue utilement, comme cet article du Guardian sur les rapports des services de renseignements britanniques concernant la situation en Palestine et, par voie de conséquence dans le reste de cette région arabe, à la veille de la première guerre arabo-sioniste.

Ces archives confirment ce qu’on savait déjà, c’est-à-dire la confiance peut-être naïve des Arabes dans un règlement pacifique de la question de l’indépendance palestinienne, l’activisme terroriste des sionistes aussi bien contre les forces britanniques que contre les Palestiniens, et la préparation des mêmes terroristes sionistes à l’accaparement par la force du maximum de territoire possible.

Les autorités britanniques avaient prévu la guerre – et la défaite arabe – en Palestine en 1948

Des rapports britanniques déclassifiés documentent l’intensification du conflit, l’approbation par l’opinion publique juive de la position pro-terroriste de ses dirigeants et observent que les armées des pays arabes étaient le «seul espoir» des Palestiniens.

Par Richard Norton-Taylor, The Guardian (UK) 26 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le gouvernement britannique savait dès le moment où il avait envisagé le retrait de ses forces de Palestine il y a plus de 60 ans que la partition du territoire et le fondation de l’Etat d’Israël aboutiraient à la guerre et à la défaite des Arabes, ainsi que le montrent clairement des documents secrets rendus publics.

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Mai 1948: barbelés séparant secteurs juif et arabe de Jérusalem

Ces documents, qui ont une remarquable résonance contemporaine, révèlent comment les autorités britanniques se contentaient de regarder les colons juifs prendre le contrôle de toujours plus de terres arabes.

Pendant les semaines qui ont précédé la partition de la Palestine en 1948, quand la Grande Bretagne avait renoncé à son mandat onusien, les organisations terroristes juives avaient accru le nombre de leurs attaques contre les forces britanniques et les combattants arabes, montrent les documents du Colonial Office.

Et ils révèlent comment les hauts fonctionnaires britanniques étaient occupés à décider la meilleure manière de se répartir entre eux deux Rolls-Royces et une Daimler.

Les documents, disponibles aux national Archives, montrent comment, dans des remontées routinières d’informations à Londres, les fonctionnaires britanniques à Jérusalem décrivaient une montée régulière de la tension au moment où la Grande Bretagne, les Etats Unis, l’ONU et les sionistes s’orientaient vers la partition de la Palestine.

Dès octobre 1946, deux ans avant la partition, les officiels britanniques avaient averti Londres que l’opinion publique juive s’opposerait à la partition «sauf si la part [de territoire] juive était agrandie au point de rendre  la proposition complètement inacceptable pour les Arabes.»

Les fonctionnaires britanniques avaient prévenu le Secrétaire aux colonies George Hall: «L’opinion publique juive… a approuvé l’attitude de ses dirigeants pour lesquels le terrorisme est la conséquence naturelle de la politique générale du gouvernement de Sa Majesté,» comme le déroutement des bateaux qui transportent des immigrants Juifs «illégaux »

Les dirigeants Juifs [sionistes] modérés qui avaient peur d’être qualifiés de quislings, avaient signalé à Londres ces fonctionnaires Britanniques, en référence à ceux qui avaient collaboré avec l’Allemagne nazie dans les pays occupés [l’officier Norvégien Vidkun Quisling était en effet un genre de Philippe Pétain nordique, NdT]. Le rapport suivant des services de renseignements parlait des «pressions efficaces que les sionistes en Amérique sont en position d’exercer sur le gouvernement des Etats Unis.»

Après la multiplication des attaques violentes perpétrées par les militants sionistes du groupe Stern et de l’Irgoun, les officiels britanniques rapportaient en 1946 : «Les dirigeants Arabes semblent encore disposés à différer une opposition active [armée, NdT] tant qu’existe une chance de décision politique acceptable pour les intérêts arabes.» Mais ils prévenaient : «Il existe un vrai danger et une vraie crainte qu’une quelconque nouvelle provocation juive puisse entraîner des actes de rétorsion isolés qui déboucheront inévitablement sur une extension des affrontements entre Juifs et Arabes.»

Un rapport daté d’octobre 1947 parle de Menahem Begin, le chef de l’Irgoun, affirmant dans un entretien avec la presse que «la lutte contre l’envahisseur britannique se poursuivra jusqu’à ce que le dernier [britannique] quitte la Palestine.»

Begin sera plus tard élu premier ministre d’Israël et signera un traité de paix avec le président Egyptien Anouar Sadate en 1979, ce qui vaudra aux deux dirigeants d’être récompensés par le prix Nobel de la paix.

Début 1948, les officiels Britanniques signalaient que “les Arabes ont subi une série de défaites écrasantes.” Ils ajoutaient : «Les victoires juives… ont réduit le moral des Arabes à zéro et, à l’exemple de leurs ineptes et couards dirigeants, ils fuient par milliers les zones de peuplement mixte. Il est maintenant évident que leur seul espoir de récupérer leur position repose sur les armées régulières des Etats arabes.»

Londres était avertie: “La violence arabo-juive a maintenant diffusé dans pratiquement toute la Palestine.” Quelques jours plus tard, les officiels Britanniques parlaient de «conflits mutuellement destructeurs» et d’un «afflux régulier de volontaires Arabes» venant des pays voisins.

Les documents montrent que deux ans auparavant, les agents de renseignements britanniques avaient signalé «des indices inquiétants de renouveau de l’intérêt et de l’activité politiques chez les  Palestiniens Arabes ordinaires… La décision d’accepter l’entrée des expulsés de Chypre [des Juifs expulsés dans des camps sur cette île] malgré les quotas d’immigration,  l’impression que le gouvernement de Sa majesté avait fait des concessions en cédant devant les pressions et le terrorisme juifs… ont  contribué à éveiller les sentiments de l’opinion publique arabe.»

Comme maintenant, mais pour des raisons très différentes, la Syrie était au centre des préoccupations des puissances occidentales. «Le nationalisme arabe va vers une nouvelle crise. C’est particulièrement notable en Syrie,» observait un rapport rédigé pendant la seconde guerre mondiale pour les officiers du renseignement britannique et les responsables de la propagande.

L’opinion répandue alors était que le Liban et la Syrie pourraient être rendus à la France une fois la guerre terminée. «Le Syrie pourrait être le théâtre du prochain acte de la Révolution Arabe,» ajoutait le rapport en référence à l’humiliation ressentie dans le monde arabe.

Ce rapport de temps de guerre établi pour les chefs du renseignement britannique affirmait que le nationalisme arabe avait une «nature double… un mouvement rationnel et constructif ouvert à l’influence et à l’aide occidentales [et] un mouvement émotionnel de révolte contre l’Occident.»

Il concluait: «Le conflit entre ces deux tendances sera tranché pendant la génération actuelle. Le premier objectif de la politique des puissances occidentales doit être d’empêcher le triomphe de la deuxième tendance.

Parmi les documents classifiés rendus publics aujourd’hui, on trouve un rapport sur la manière de répartir des voitures entre les diplomates et les agents du renseignement britanniques qui devront rester à Jérusalem après la partition. Une Rolls-Royce  sept places était décrite comme une «grosse voiture rapide.» Le problème, notait le rapport, était que le Haut Commissaire britannique en Palestine, le général Sir Alan Gordon «a l’intention de la ramener au pays pour s’en servir dans le protem [sic] au Royaume Uni » [son poste provisoire ?].

Winston

Daimler de Churchill. Daimler est une marque anglaise. Comme Jaguar qui l’a absorbée, elle est aujourd’hui la propriété de l’industriel  Tata (Inde)

Une autre Rolls-Royce était présentée comme “une excellente voiture sauf pour les longs déplacements dans le pays parce qu’elle n’a pas assez de puissance dans les collines.» Une automobile Daimler blindée était décrite comme «la voiture anti-raid aérien du Roi » quand elle était en Grande Bretagne était signalée comme «lente à cause de son poids.»

L’Etat d’Israël a été proclamé le 14 mai 1948. Le lendemain, les derniers soldats Britanniques se retiraient et la première guerre israélo-arabe commençait.

Le dessinateur Carlos Latuff médaille de bronze de l’antisémitisme!

30 décembre 2012

La Centre Simon Wiesenthal est une ONG basée à Los Angeles et qui intervient dans le domaine des droits de l’homme, de la tolérance et plus spécialement de la tolérance à l’égard des droits de l’homme juif, c’est-à-dire de l’antisémitisme.

De fait, la tolérance du Centre Simon Wiesenthal ne s’étend pas à la préservation d’un cimetière musulman de Jérusalem Ouest où le centre est en train de bâtir un musée de la  tolérance» au sens où il l’entend.

Le Centre Simon Wiesenthal n’a qu’un rapport indirect avec le fameux chasseur de nazis du même nom.

Comme l’explique Wikipedia, le centre a repris le nom de Simon Wiesenthal

bien qu’il ne soit pas lié avec Wiesenthal lui-même, qui déclarait cependant : « J’ai reçu beaucoup d’honneurs au cours de ma vie. Quand je mourrai, ces honneurs disparaîtront avec moi. Mais le Centre Simon Wiesenthal me survivra comme mon héritage ».

Ces propos lénifiants de Simon Wiesenthal ne sauraient cependant occulter le fait que ce dernier a cédé son nom contre des espèces sonnantes et trébuchantes comme une vulgaire marque.

La grosse affaire du centre Simon Wiesenthal, c’est donc la lutte contre l’antisémitisme dans une acception très large puisqu’elle inclut tout discours hostile ou seulement critique à l’égard de l’entité sioniste (ou Etat Juif). Ne parlons bien entendu pas des palestiniens qui ont le tort d’agir pour recouvrer leurs droits…

L’article de Wikipedia reprend justement un certain nombre des hauts faits du Centre Simon Wiesenthal comme ses accusations d’antisémitisme envers le président vénézuelien Hugo Chavez ou sa pseudo-information sur un projet de réglementation en Iran pour contraindre les juifs de ce pays à porter des signes distinctifs.

Ces gens là on, comme on le voit, un culot inouï, ce qui ne les empêche pas le Centre Simon Wisenthal de conserver un statut consultatif auprès d’une instance comme l’UNESCO ou le Conseil de l’Europe.

Où de proposer un classement des personnalités ou organisations les plus antisémites. Le classement 2012 vient justement de sortir and the winner is

Le mouvement des Frères Musulmans actuellement au pouvoir en Egypte.

Le centre Simon Wisenthal reproche notamment la déclaration suivante à Mohammed Badie, le guide moral de la confrérie :

 «Les juifs ont dominé la terre, répandu la corruption dans le monde, versé le sang des croyants et profané par leurs actions des lieux saints. Les sioniste n’entendent que le langage de la force et ils ne céderont que par la contrainte, ce qui ne pourra se faire que par la guerre sainte. »

Je n’ai pas vérifié si le centre a rapporté fidèlement les propos de Mohammed Badie. J’en serais cependant étonné.

La médaille d’argent échoit au régime iranien qu’on aurait pourtant pu considérer comme le favori de la compétition.

A l’appui de cette distinction, nous avons droit à une citation (même remarque que pour la précédente citation) de l’affreux Mahmoud Ahmadinejad :

“Il y a maintenant 400 ans qu’un affreux clan sioniste dirige les grandes affaires de ce monde et, dans la coulisse des cercles dirigeants des grandes puissances mondiales, dans les structures politiques,  médiatiques, monétaires et bancaires du monde, ce sont eux qui prennent les décisions , à tel point que dans une grande puissance avec une très importante économie et une population de plus de 300 millions d’habitants, les candidats à la présidentielle doivent baiser les pieds des sionistes pour s’assurer la victoire électorale.»

La médaille de bronze revient à un artiste, en l’occurrence un caricaturiste brésilien d’origine palestinienne, Carlos Latuff.

Il est notamment reproché à Carlos Latuff d’avoir calomnié le premier ministre Benjamin Netanyahou dans des dessins comme celui ci-dessous :

netanyahu-gaza-massacre

Ce dessin a été fait par Latuff pendant la dernière opération sioniste contre la bande de Gaza, un «conflit déclenché par le Hamas contre l’Etat juif » selon le Centre Simon Wiesenthal

Comme l’observe le site Jews sans Frontières, Latuff semble avoir été extrêmement vexé de recevoir cette médaille de bronze. Il se montre ici lui-même recevant la médaille des mains du rabbin Marvin Hier, le patron du Centre Simon Wiesenthal.

Latuff upset

Carlos Latuff reçoit sa médaille de bronze des mains du rabbin Marvin Hier

Charlie hebdo devrait proposer une collaboration à Carlos Latuff (fermeture définitive du magazine garantie !)

Saint-Etienne: soutien aux prisonniers politiques palestiniens

3 décembre 2012

A l’initiative de l’Association France-Palestine Solidarité

Campagne de soutien aux prisonniers politiques palestiniens

 « Rendons-leur leur dignité et leur liberté ! »

le Vendredi 7 décembre 2012

à partir de 19h,

à la faculté de Lettres rue Tréfilerie,  Saint-Etienne (42)

amphi J01

Rencontre-débat avec Jean-Claude Lefort

Ex- coordonnateur du comité national de soutien à Salah Hamouri

Ils sont aujourd’hui 4581 à croupir dans les geôles israéliennes. 4581 hommes, femmes, enfants, détenus en toute illégalité au regard  du droit international, dans l’un des 28 centres de détention, centres d’interrogatoire et autres prisons administrées par l’Etat d’Israël. Certains sont des personnes malades, mais on leur refuse des soins. Certains, plus de 200, sont des mineurs, mais on empêche leurs parents de leur rendre visite. Plusieurs d’entre eux ont moins de 12 ans.

Certains sont des militantes et des militants, ayant eu une activité de résistance contre les forces armées qui occupent leur pays, en Cisjordanie, à Gaza ou à Jérusalem ; d’autres sont des membres du Conseil Législatif Palestinien, des responsables politiques, des élus, dont l’attitude n’a pas plu à  l’occupant ; d’autres sont simplement des parents des premiers, arrêtés pour faire pression sur eux et faire régner la peur dans la population. En vertu de la  procédure dite  de « détention administrative », Israël peut les garder sous les verrous pendant trois mois sans leur signifier de chef d’inculpation ni les faire passer en jugement, et la procédure est indéfiniment renouvelable.

La campagne que nous menons a pour but  de demander la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques palestiniens ; de mobiliser et de sensibiliser l’opinion publique sur ces violations des lois internationales, et d’apporter un soutien concret aux prisonniers.

Député du Val de marne, Jean-Claude Lefort  a été vice-président de ce qui fut finalement la Mission d’information parlementaire sur le Rwanda ; il se trouva en désaccord avec les conclusions finales du rapport de la Mission et refusa d’en être co-auteur. I[]l a déclaré en août 2006 que les « crimes de guerre commis au Liban par l’armée israélienne devraient être jugés    par la Cour pénale internationale. »[] Aujourd’hui président de l’AFPS, il a été  coordonnateur    du Comité national de soutien à Salah Hamouri jusqu’à la libération de celui-ci et anime la campagne de parrainage des prisonniers palestiniens.

Contact : afps.saintetienne@gmail.com

Le sionisme et l’impérialisme allemand, un texte majeur de Klaus Polkehn inédit en français

2 décembre 2012

Je vous propose un article important qui est le fruit d’un travail d’historien réalisé par Klaus Polkehn, un journaliste de l’ex République Démocratique Allemande.

Dans cet article très documenté et doté d’un appareil de notes conséquent comme il se doit dans ce genre de travail, Klaus Polkehn décrit les relations entretenues dès ses débuts par le mouvement sioniste avec l’impérialisme britannique mais surtout, on l’évoque moins souvent, allemand.

Cette proximité touchera à sa fin dans des conditions qui ont à voir avec la défaite finale de l’Allemagne pendant la première guerre mondiale. Le mouvement sioniste avait en effet fait le choix de l’Angleterre qui s’était fendue de la fameuse Déclaration Balfour par laquelle le gouvernement britannique promettait aux sionistes un territoire qui ne dépendait pas de lui mais de l’empire Ottoman qui faisait précisément partie des forces de l’Axe.

L’empereur Guillaume II aurait aimé faire une telle promesse mais il ne tenait pas à s’aliéner son fidèle allié. La défaite allemande donnera de toute façon raison aux sionistes qui avaient fait le choix de Londres contre Berlin (on sait comment par la suite, après s’être servis des Britanniques, ils se retourneront contre eux).

Une défaite de l’Allemagne que Guillaume II imputera aux Juifs, jetant ainsi les bases de l’antisémitisme (au sens de haine des Juifs) d’Etat :

 «Qu’aucun Allemand ne soit au repos tant que ces parasites ne seront pas éliminés du sol allemand et exterminés», écrit-il en 1919. Son cher baron Max von Oppenheim, exempté des lois de Nuremberg, se fera l’entremetteur entre le mufti de Jérusalem et Hitler.

Mais avant de tenir ces propos haineux, Guillaume II filait une relation plus que cordiale avec les sionistes qui misaient sur le poids politique et militaire de l’Allemagne pour arriver à leurs fins.

A la lecture de l’article de Klaus Polkehn, je n’ai pu m’empêcher de me dire que les sionistes avaient un fonctionnement assez voisin de celui qu’on observe aujourd’hui dans les entreprises capitalistes, avec des services dédiés à un objectif commun mais qui sont à la fois en synergie et en concurrence entre eux, une concurrence exacerbée par la définition d’objectifs assignés pour chacun d’entre eux et leur conception comme prestataires et clients les uns des autres.

Enfin, ce n’est pas, comme on le voit dans l’article, le président du Conseil d’Administration qui exerce la réalité du pouvoir  mais bien plutôt celui ou ceux qui ont l’oreille de la puissance impérialiste et parviennent à exercer une influence significative sur elle.

A ma connaissance, cet article n’a jamais été traduit intégralement en langue française. C’est chose faite.

Le sionisme et l’Empereur Guillaume

Par Klaus Polkehn, Journal of Palestine Studies, Vol.4 N°2 (1975) traduit de l’anglais par Djazaïri

Dès l’époque de la publication de l’Etat Juif par Theodor Herzl en 1896, le mouvement sioniste a été conscient du fait que ses buts ne pourraient être atteints qu’avec l’aide d’une ou de plusieurs puissances impérialistes. C’est pourquoi l’histoire du sionisme des débuts – c’est-à-dire de l’année 1896 à 1917 – est marqué par des efforts inlassables pour s’attirer les faveurs des puissances impérialistes. De ce fait, les différences entre puissances impérialistes se reflétaient inévitablement dans les discussions à l’intérieur du mouvement sioniste et dans les contacts noués par les sionistes avec les nations de l’époque. Ainsi, la rivalité entre l’Allemagne et la Grande Bretagne qui devenait de plus en plus aigüe avant 1914 avait son pendant dans les altercations entre factions pro-allemandes et pro-britanniques au sein du mouvement sioniste.

Theodor Herzl avait approché le Sultan Ottoman pour obtenir son soutien – il fit de même avec von Plehven le ministre russe de l’intérieur dont la politique antisémite était tristement célèbre. Il avait aussi fait des efforts particulièrement vigoureux pour obtenir la faveur de l’impérialisme allemand. Mais comme ses efforts étaient restés infructueux, il se tourna vers la Grande Bretagne en 1900, créant dans la foulée, si on peut s’exprimer ainsi, la faction pro-britannique qui sera bientôt emmenée par Chaim Weizmann.

Les fondateurs du sionisme avaient la conviction de proposer aux puissances dont ils cherchaient à s’assurer le soutien, une contrepartie alléchante pour leurs visées sur la Palestine, en l’espèce un soutien à un mouvement sioniste en phase d’élaboration. Déjà en 1896, Herzl écrivait avec franchise dans l’Etat Juif :

«Si Sa majesté le Sultan nous donnait la Palestine, nous pourrions en retour prendre en charge l’ensemble des finances de la Turquie. Nous formerions là-bas un mur de défense pour l’Europe en Asie, un poste avancé de la civilisation contre la barbarie.» Herzl offrait ainsi sans détours le sionisme comme agent d’une politique coloniale-impériale. Il fit encore plus clair pendant le deuxième congrès sioniste – tenu à Bâle en 1898 – quand il déclara : «L’Asie est le problème diplomatique des prochaines décennies… nous pourrions en toute modestie rappeler que nous sionistes dont les gens aiment à discuter le caractère pratique de leurs vues, nous avons reconnu et annoncé comme l’évolution en cours des rivalités européennes [i.e., la lutte impérialiste pour le partage du monde] plusieurs années avant les autres.»

L’impérialisme allemand avait participé tardivement au partage colonial du monde. Des puissances comme l’Angleterre, la France et même la Belgique et le Portugal s’étaient adjugées depuis longtemps les meilleures parties de l’Afrique et de l’Asie. L’appétit [colonial] de l’Allemagne était alors particulièrement vorace. Parmi les régions qui avaient jusque là échappé au partage colonial se trouvaient les territoires d’un empire ottoman en déclin ; ces territoires comprenaient la Syrie, la Palestine et l’Irak. En 1888 déjà, la puissante Deutsche Bank avait obtenu une concession pour une voie ferrée en Turquie, et en 1880 le premier traité de commerce et d’amitié entre l’Empire Allemand et la Sublime Porte était signé, initiant un processus qui culminera en décembre 1899 avec la conclusion du fameux accord pour la construction du chemin de fer pour Bagdad. Cette poussée de l’impérialisme allemand au Proche Orient, les sionistes la voyaient comme une occasion à ne pas manquer.

Avant la première guerre mondiale, il y avait cependant une autre raison, certes moins importante, pour laquelle le mouvement sioniste était enclin à être pro-allemand. Theodor Herzl, qui travaillait à Vienne comme journaliste, appartenait au monde germanophone et c’est en Allemagne et en Autriche qu’il fit ses premiers émules. Vers la fin du 19ème siècle, environ 600 000 citoyens de confession juive vivaient en Allemagne. En comparaison des Juifs d’Europe orientale, les Juifs Allemands étaient plus fortement assimilés, mieux éduqués et occupaient souvent de plus hautes positions sociales. Ils n’étaient pas non plus sans être influencés par l’ambiance chauvine de leur environnement qui voyait l’Allemagne comme étant la plus grande puissance européenne. Ce chauvinisme affectait la façon dont ils concevaient leur propre rôle en tant que Juifs puisque les Juifs Allemands se sentaient investis pour être les leaders naturels des communautés juives. Kurt Blumenfeld, un des plus importants dirigeants sionistes à l’époque, a écrit à ce sujet dans ses mémoires :

« … avec l’oppression qu’ils [les Juifs] subissaient en Europe orientale – tout ce qui se trouvait au-delà de la frontière russe avait pour eux le parfum de la liberté.» A la même époque, les Juifs des classes sociales élevées aux Etats Unis étaient aussi originaires d’Allemagne et lui restaient attachés culturellement, de sorte que «les masses juives se sentaient alliées de l’Allemagne au moment du déclenchement de la première guerre mondiale.»

L’élan colonialiste allemand au Moyen orient s’exprima dans le premier voyage en Orient entrepris par l’Empereur Guillaume II. Du 13 octobre au 24 novembre 1898 (juste après le deuxième congrès sioniste), l’Empereur visita d’abord Constantinople avant de se rendre en Palestine et en Syrie. Aux yeux des sionistes, ce voyage dût apparaître comme une opportunité pour s’assurer le soutien de l’impérialisme allemand.

En 1914, l'empire Ottoman englobe le Hedjaz, l'Irak, la Syrie et la Palestine

En 1914, l’empire Ottoman englobe le Hedjaz, l’Irak, la Syrie et la Palestine

Theodor Herzl attachait beaucoup d’importance aux contacts directs avec aussi bien le Sultan Abdul Hamid II que l’Empereur Guillaume II. D’s avril 1897, pendant la guerre turco-grecque, les sionistes allemands collectaient des dons au profit du Croissant Rouge turc afin d’éveiller un intérêt chez les Turcs [pour le sionisme, NdT]. Le Dr M.I. Bodenheimer, le responsable sioniste [chargé de la collecte] confirmera ultérieurement dans ses mémoires que la collecte avait été avant tout organisée «afin de montrer au Sultan les précieux services que nous pouvions lui rendre.» Herzl avait institué une commission spéciale pour la collecte, et cette commission avait lancé un appel de circonstance aux clubs sionistes. Grâce aux dons, un groupe de médecins a pu être équipé de manière adaptée et envoyé dans la zone de guerre.

En août de la même année (1897), le premier congrès sioniste se tenait à Bâle. Immédiatement après la conclusion du congrès, Herzl réussit à obtenir une invitation du Grand Duc Friedrich von Baden, en son château de Schloss Mainau. Le Grand Duc, un membre de la parenté de l’Empereur, était avant tout intéressé pour en savoir plus sur le sionisme. Pendant la rencontre, Herzl dit avoir réussi à susciter l’enthousiasme du Grand Duc pour la cause sioniste.  En tout cas, le Grand Duc parla des idées sionistes à l’Empereur Guillaume II en octobre 1898, juste avant le voyage de ce dernier en Orient. David Wolffsohn, un banquier de Cologne (qui sera plus tard élu pour succéder à Theodor Herzl à la mort de ce dernier en 1904) a rapporté ainsi la conversation entre le Grand Duc et le Kaiser :

«Le kaiser a même dit qu’il était prêt à assumer des pouvoirs de protection [protectorat] sur le nouvel Etat. On a rapporté qu’il a exprimé le souhait de recevoir une délégation de représentants sionistes à Jérusalem de sorte à ce qu’il puisse les en informer.»

L'empereur Guillaume II

L’empereur Guillaume II

Ces échanges mirent les dirigeants sionistes d’excellente humeur. Ils voyaient l’objectif de leurs espoirs se rapprocher, et ils décidèrent que Herzl, Bodenheimer (en tant que représentant des sionistes allemands) et Wolfssohn devaient aller au Proche Orient. Herzl était empli d’enthousiasme.  A Berlin, il avait déjà négocié avec le chancelier Allemand, le prince Hohenlohe, et avec Bernard von Bülow, de sous-secrétaire du ministère des affaires étrangères, et il avait la conviction qu’un Etat juif en Palestine était à portée de main. Bodenheimer écrivait :

L’ambassadeur d’Allemagne en Turquie, le maréchal von Bieberstein est… en grande estime auprès du Sultan. Il semble que la difficulté consiste à trouver une modalité pour l’Etat [juif] qui puisse garantir l’autorité suprême du Sultan… Dans une communication adressée au comte Euleburg, l’ambassadeur d’Allemagne à Vienne, Herzl avait compilé tous les points de vue de sorte à inciter le Kaiser à prendre l’affaire en main… Le retour des Juifs en Palestine apporterait culture et ordre  dans ce coin délaissé de l’Orient. Au moyen du protectorat allemand, nous parviendrions à une situation gérée de manière méthodique. Dans sa lettre, le Grand Duc a, d’après nos informations, informé Herzl que le kaiser était plein d’enthousiasme pour la cause.

L’enthousiasme de Herzl était partagé par le mouvement sioniste. On croyait qu’un Etat juif en Palestine allié avec l’Empire Allemand était à portée. Le journal sioniste Die Welt écrivait le 28 octobre 1898 son enthousiasme pour «l’Allemagne d’Orient qui apporterait le renouveau du peuple de l’ancienne Palestine.»

Le séjour à Constantinople de la délégation sioniste avait cependant quelque peu sapé ce moral élevé. Herzl fut reçu à Constantinople par Guillaume II pour une audience qui dura une heure et demie. Herzl saisit cette occasion pour faire avancer ses idées mais il ne reçut qu’une réponse évasive selon laquelle le Kaiser informerait le Sultan du point de vue sioniste.

De Constantinople, la délégation sioniste prit la mer pour l’Egypte. D’Egypte, elle partit pour la Palestine afin d’y tenir la rencontre prévue avec le Kaiser. Pendant le voyage, Herzl chargea Bodenheimer de travailler à une exposition qui serait présentée au Kaiser. Bodenheimer s’exprimera plus tard ainsi à ce sujet :

Notre imagination était invitée à se donner libre cours pour cet évènement extraordinaire. Alors, selon la parole de Dieu dans la Bible, j’exigeais le territoire situé entre le fleuve d’Egypte le Nil, bien sûr] et l’Euphrate comme étant lé région pour la colonisation juive. Dans la phase de transition, le territoire serait divisé en districts qui passeraient sous administration juive dès qu’une majorité juive serait atteinte.

Cette présentation franche du concept de Grand Israël (qui reste aujourd’hui au programme de cercles d’extrême droite en Israël) n’avait pas, pour des raisons tactiques, obtenu l’approbation de Herzl. Ce dernier avait dit à Bodenheimer le « moment n’était pas encore venu pour mes [celles de Bodenheimer] grandes idées :

Il serait plus approprié pour le moment de créer une cellule germinale à partir de laquelle un Etat pourrait se développer de façon organique. Il avait à l’esprit une société foncière dans laquelle les droits souverains et les prérogatives royales seraient, dans une certaine mesure, préservés. Nous espérions que quand le Kaiser assumerait le pouvoir sur le protectorat, ces droits de montreraient en eux-mêmes si intéressants qu’une compagnie sous charte à l’exemple de celle de Rhodésie pourrait se fonder sur eux.

L'empereur Guillaume II à Jérusalem en 1898

L’empereur Guillaume II à Jérusalem en 1898

Après les amabilités de Guillaume II pour Herzl près de la colonie de Petah Tikva au cours d’une excursion touristique, l’Empereur, alors qu’il se trouvait à jaffa, reçut la délégation sioniste le 2 novembre 1898. Là encore, Herzl s’est exprimé, concluant ainsi son propos :

«Nous prévoyons la création d’une société foncière en Syrie et en Palestine, et nous considérons notre cause comme si bonne, et si bonne la participation de ceux qui sont les plus nobles, que nous sollicitons  de votre Majesté votre aide bienveillante pour cette œuvre.»

Mais la réponse de l’Empereur dût faire l’effet d’une douche froide : les sionistes pouvaient continuer leur travail parce qu’il y avait assez de place sur ce territoire pour tout le monde. A cette époque, la réalisation du projet sioniste ne  cadrait sans doute pas avec la problématique de l’impérialisme allemand. Le ministère allemand des affaires étrangères n’était pas intéressé par l’idée de provoquer ses alliés turcs en le mettant en difficulté par le soutien à l’établissement d’un Etat juif en Palestine. Aux yeux de la diplomatie allemande, les inconvénients étaient nettement supérieurs aux avantages d’une alliance ouverte avec les sionistes.

Le résultat infructueux de son voyage en Palestine amena Herzl à se poser la question de la direction que le mouvement sioniste devait désormais emprunter. Bodenheimer a écrit :

Malgré l’échec à Jérusalem, Herzl ne voulait pas abandonner l’idée d’un protectorat allemand. A l’époque déjà, Herzl formulait l’idée que pour nous la seule question était de savoir si nous serions sous un protectorat allemand ou sous protection britannique. Si le Kaiser avait penché pour notre cause, le mouvement aurait eu une orientation allemande. La question demandait une décision dans l’avenir proche.

Herzl lui-même arriva rapidement à une décision. En 1900, il déclara au 4ème congrès sioniste réuni à Londres, «La puissante Angleterre, la libre Angleterre, nous comprendra et comprendra nos aspirations. Avec l’Angleterre, comme point de départ, nous pouvons être certains que l’idée sioniste va grandir plus forte et s’élever plus haut que jamais auparavant.» mais les leaders sionistes Allemands n’avaient, quant à eux, pas abandonné leurs efforts pour devenir des alliés de l’impérialisme allemand. C’est aussi pour cette raison qu’ils s’étaient violemment opposés au dit «Plan Ouganda ». Le gouvernement britannique, sous l’effet de la propagande sioniste et en considération de l’utilité d’une alliance avec les sionistes, avait proposé qu’une région d’Afrique (la région du Kenya actuel) soit mise à la disposition de mouvement sioniste pour la colonisation. Tandis que Herzl plaidait pour l’acceptation de cette offre, de nombreux dirigeants sionistes y étaient opposés, notamment dans la faction «allemande» pour qui l’acceptation de l’offre anglaise sonnait le glas de sa relation avec l’impérialisme allemand.

C’est ainsi que, parmi les opposants les plus déterminés au projet ougandais lors du congrès sioniste de 1903, figurait le leader sioniste Allemand, le Dr Nossig. Le projet fut finalement abandonné.

Les dirigeants sionistes Allemand n’avaient pas relâché leurs efforts dans le but d’obtenir soutien et assurances de la part du gouvernement impérial allemand. Ainsi, Bodenheimer put rencontrer Freiherr von Richtoffen, sous-secrétaire au ministère allemand des affaires étrangères, et lui dit que « il était à coup sûr dans l’intérêt de l’Allemagne de faire des Juifs d’Europe orientale ses obligés. L’ouverture de l’Orient [le Proche Orient] pour les Juifs serait un moyen par lequel  un élément capable de parler allemand pourrait être siphonné hors de Russie et de Pologne dans cette direction.

(Ce faisant, Bodenheimer se servait d’un argument qui sera plus tard adopté avec enthousiasme par les tenants d’une politique allemande d’annexion au Proche orient.) Dans sa réponse, Freiherr von Richtoffen avait recommandé, quoique de manière évasive, que les sionistes se tournent vers la Norddeutesche Zeitung (qui était considéré comme l’organe officieux du ministère des affaires étrangères) pour faire connaître leur point de vue à l’opinion.

En 1902, Bodenheimer soumit une nouvelle fois un mémorandum au ministère des affaires étrangères. Il a écrit à ce sujet : «Je faisais allusion, entre autres choses, à l’avantage économique que retirerait l’Empire Allemand des colonies sionistes. La proximité de la langue parlée par les Juifs de l’Est [ i.e. d’Europe orientale qui parlaient le Yiddish, la langue allemande de l’époque médiévale avec un apport de vocabulaire hébraïque et polonais] faciliterait l’établissement de relations commerciales et culturelles. En outre, l’influence morale [qui en résultera pour l’Allemagne] sur la communauté juive et le poids des Juifs dans le monde de la finance ne devraient pas être sous-estimés.

Fait assez intéressant, on retrouvera la même idée dans un rapport du vice-consulat d’Allemagne à Jaffa daté du 29 février 1912. On peut lire :

Dans la mesure où la langue allemande est connue des Juifs, même si beaucoup d’entre eux ne la parlent que dans une forme corrompue, il existe entre eux et l’Allemagne des liens qui sont susceptibles de se renforcer encore… il y a aujourd’hui environ 100 000 Juifs dans ce pays, dont 70 000 Askenazis [= Allemands], c’est-à-dire qui appartiennent au monde germanophone. Il y a là quelque chose d’intéressant, pas seulement pour ces colons Allemands en Palestine, mais aussi pour les milieux de l’industrie et du commerce en Allemagne.

Ce courant de pensée se renforça avec le déclenchement de la première guerre mondiale. Les idéologues de la politique impérialiste allemande au Moyen Orient saluèrent cette option avec enthousiasme. Hans Rohde, un des avocats de la stratégie du chemin de fer jusqu’à Bagdad, écrivit au sujet de l’immigration sioniste « que l’idée fondamentale – la création d’un nouvel Israël en Terre Sainte – avait trouvé une concrétisation extraordinaire…

Nous, Allemands, avons toutes les raisons d’être fiers de cet accomplissement. Non seulement a-t-il été créé par des moyens et des forces allemands pour l’essentiel, mais c’est par-dessus tout la culture et la langue allemandes qui sont actuellement représentées et cultivées dans de vaste cercles en Orient.» Rohde reliait ce fait à l’exigence que «en échange, nous, qui avons jusqu’à présent extrêmement mal jugé l’errance des Juifs d’Europe orientale, lui accordant peu d’attention, devrions les aider à trouver une nouvelle patrie là-bas. De la sorte, nous pourrions marquer trois points d’un seul coup : nous rendrions service en même temps aux intérêts allemands, turcs et juifs.»

De cette manière, les intérêts de l’impérialisme allemand et ceux des dirigeants sionistes coïncidaient à nouveau car à l’époque, les sionistes Allemands étaient de loyaux sujets Allemands de l’Empereur. Cet aspect avait bien été mis en évidence en 1913 quand il y eu des disputes à l’intérieur du mouvement sioniste autour de la langue d’enseignement pour les élèves de l’école technique juive de Haïfa. «Hilfsverein der deutschen Juden, » qui subventionnait l’école plaidait pour l’allemand. La raison en était peut-être, selon Chaim Weizmann qui exigeait l’usage de l’hébreu, « en partie le renforcement de l’influence allemande au Moyen Orient ».

Très en colère, Weizmann écrivait :

«les Allemands se sont servis de Hilfsverein der deutschen Juden avec son réseau d’écoles comme instrument de leurs intrigues au Proche Orient… l’Angleterre restait nettement en arrière dans l’ensemble de la compétition.» (Un compromis sera trouvé quand les deux langues seront reconnues à égalité).

Le soutien inconditionnel que les sionistes Allemands apportaient à la politique impérialiste allemande avait été aussi mis en relief en mai 1914, quand les délégués à la conférence de «l’Union Sioniste pour l’Allemagne, » réunis à Leipzig avaient rendu hommage à l’Empereur Guillaume II.»

Le déclenchement de la première guerre mondiale vit donc les sionistes Allemands se tenir majoritairement aux côtés du chauvinisme allemand, tandis que l’Union des Citoyens Allemands de Confession Juive (non sioniste) déclarait : »Chaque Juif doit aujourd’hui faire son devoir.» La situation dans les cercles sionistes se présentait de la manière suivante en août 1914 :

«Saisis par la fièvre guerrière générale, les Juifs de l’Empire allemand (ainsi que leurs dirigeants sionistes) passaient par une sorte d’euphorie.» La participation des dirigeants sionistes à la déferlante générale du chauvinisme allemand ne signifiait cependant absolument pas qu’ils avaient mis de côté leurs objectifs propres. Au contraire, ils étaient tout aussi euphoriques pour leurs projets sionistes. Le Dr Arthur Hantke, le responsable sioniste, déclarait quelques jours après le début de la guerre, lors d’une réunion tenue à Berlin en présence des dirigeants sionistes : «L’action sioniste doit de poursuivre comme si rien ne s’était passé.»

Mais quelque chose s’était passé ; une guerre impérialiste avait éclaté et les sionistes, quel que soit le camp pour lequel ils voulaient prendre parti, y voyaient une chance d’échanger leur soutien contre une promesse sur la Palestine. Pour les sionistes Allemand, le déclenchement des hostilités entre les empires russe et allemand présentait des aspects particulièrement intéressants. L’importante population juive des régions d’Europe orientale pour lesquelles on se battait – des régions que l’impérialisme allemand voulait annexer –n’éprouvait guère de sympathie pour l’Empire Russe et sa politique de pogroms. Bodenheimer écrivait :

«En conséquence, je pensais que la révolution imminente à l’est de l’Europe pouvait être utilisée en faveur d’une nouvelle orientation politique pour les Juifs Polonais et Russes.»

Bodenheimer et les autres dirigeants sionistes étaient d’opinion que l’organisation sioniste devrait se fixer la tâche d’obtenir des Juifs Polonais et Russes qu’ils coopèrent avec les troupes allemandes  dans leur progression. En échange, le gouvernement allemand soutiendrait les plans concernant la Palestine. Cette attitude correspondait par ailleurs à l’idée très répandue chez eux que les sionistes Allemands étaient appelés à assumer la direction des Juifs d’Europe orientale. Le responsable sioniste Blumenfeld écrivait à ce propos : « Les Juifs Russes et Polonais doivent être dirigés par nous. »  Puis, il ajoutait : «Le mouvement sioniste n’est une organisation démocratique qu’au sens statutaire.

En réalité, la minorité qui est constituée de sionistes Occidentaux devrait imprimer sa marque sur le mouvement.» Cette attitude était une variante sioniste du fameux slogan chauvin allemand : «Le monde sera organisé par le génie allemand.»

Les dirigeants sionistes, Bodenheimer, Friedmann et Motzkin s’étaient eux-mêmes réunis depuis le déclenchement de la guerre mondiale dans le but de concrétiser la collaboration sioniste-impérialiste. Suite à des contacts pris avec le ministère allemand des affaires étrangères, ce dernier avait créé un département appelé «Abteilung für Jüdische Fragen» (Division des Affaires Juives).

D’origine russe, Nahum Goldmann, qui deviendra plus tard président du Congrès Juif Mondial, vivait alors en Allemagne, et il rejoignit le service ministériel de la propagande à l’instigation du Dr Ernst Jaeckh.  Ce service deviendra un département permanent du ministère des affaires étrangères sous la direction du professeur Moritz Soberheim. Goldmann était, de par sa fonction officielle dans ce département, en contact constant avec les dirigeants sionistes, le Dr Arthur Hantke et Kurt Blumenfeld puisque, écrit-il dans ses mémoires, «J’essayais, dans le cadre de mon activité, de m’occuper moi-même de la question de Palestine.»

Dans le même temps, la direction sioniste berlinoise avait déjà noué des contacts avec un comité formé par le grand patron Mannesmann (qui avait acquis une importance particulière du fait de ses intérêts en Afrique du Nord et dans le monde arabe). Mannesman avait travaillé sur un projet d’appel en direction des Juifs Polonais. Bodenheimer, Friedemann et Motzkin avaient cependant recommandé aux sionistes de rompre les contacts avec le comité Mannesman de sorte à concentrer tous les efforts sur les personnes qui leur semblaient en position d’autorité.

Ils travaillèrent sur leur propre projet [d’appel] que Motzkin traduisit ensuite en yiddish avant de le soumettre à Herr von Bergen, conseiller aux questions polonaises au ministère des affaires étrangères. Ce projet deviendra par la suite la base d’un appel qui sera publié par l’état-major allemand.

A ce moment, les plus importants responsables sionistes avaient établi un Comité pour la Libération des Juifs Russes dont le président était le directeur de banque Franz Oppenheimer et dont l’adjoint était Bodenheimer. Le Dr Arthur Hantke avait été désigné pour assurer la liaison entre le comité et l’exécutif sioniste. Le comité s’était lui-même installé à Behrenstrasse à Berlin où il se mit rapidement au travail. A côté du soutien apporté aux plans d’annexion en Europe orientale de l’impérialisme allemand, et des démarches pour obtenir l’approbation du projet pour la Palestine ; les relations avec l’Organisation Sioniste Mondiale devaient être maintenues malgré la situation de guerre. Le siège de la direction sioniste était établi à Berlin depuis 1911.

Mais pour la durée de la première guerre mondiale, un bureau de liaison sioniste avait été installé à Copenhague, la capitale du Danemark, un pays neutre, afin de maintenir le contact entre les sionistes des deux côtés du front. Les autorités allemandes avaient rapidement reconnu l’intérêt d’utiliser les connexions internationales du mouvement sioniste. Bodenheimer écrivait : «Les relations avec le ministère des affaires étrangères avait permis d’obtenir certains avantages pour les sionistes. J’avais ainsi pu fournir des passeports pour Copenhague à certains responsables du bureau central sioniste… Ca m’avait aussi donné la possibilité de faire rentrer en Palestine le Dr Mossinsohn, directeur de l’école secondaire hébraïque de Tel Aviv.

 Les personnages importants de l’Empire Allemand accordaient ce genre de faveurs aux sionistes parce qu’ils pensaient avoir la possibilité d’en retirer des gains politiques à l’international. De nombreux Juifs avaient émigré aux Etats Unis et il y avait l’espoir qu’ils puissent avoir une influence considérable sur la politique américaine. Déjà, au début de la guerre, l’état-major impérial avait envisagé d’envoyer une ‘Mission d’Erudits Juifs’ aux Etats Unis avec l’intention d’informer les Juifs Américains sur l’Allemagne.» Mais comme ce projet ne s’était pas matérialisé, la Marine Impériale l’avait repris en main. Bodenheimer rapporte :

qu’à l’instigation de von Meyrowitz, qui était un agent de Nord-Deutsch Lloyd, la marine Impériale voulait envoyer un homme digne de confiance en Amérique du Nord pour faire en sorte que les Juifs qui vivent là-bas soient bien disposés à l’égard des puissances de l’Axe. Dans la mesure où cela correspondait à nos intentions, nous avions immédiatement contacté le Dr Jaeckh de la Marine Impériale pour nous arranger avec lui pour l’envoi deux de nos hommes de confiance en Amérique du Nord. Les dépenses de cette délégation étaient assumées par la marine Impériale…

Cette entreprise sioniste, mais avant tout  de pure propagande pro-allemande avait coûté à la marine Impériale pas moins de 20 000 marks or.

Une partie de la direction sioniste allemande se sentit cependant appelée à restreindre ses activités pro-allemandes, après la prise de position du « Comité Supérieur d’Action » des sionistes à Copenhague contre le travail des sionistes dans le Comité pour la Libération des Juifs Russes. Le Comité Supérieur d’Action avait exigé une stricte neutralité, du fait en particulier que le décision en faveur soit de l’Allemagne, soit de l’Angleterre qu’avait exigée Herzl n’avait pas encore été prise à ce stade. Un rappel semblable à rester neutre avait aussi été adressé à des dirigeants sionistes actifs en Angleterre (Chaim Weizmann et Jabotinsky). Dans cet ordre d’idées, il faut mentionner un débat de même nature entre dirigeants sionistes qui se tint été 1913 à Paris, et qui fut aussi sans conséquences. Max Nordau, l’ami de Herzl et un des leaders du sionisme, avait recommandé de se tourner vers l’Angleterre, tandis que Bodenheimer avait plaidé une politique pro-allemande. Finalement, Nordau avait conclu que l’Angleterre «ne permettrait jamais à l’Empire Allemand de mettre un pied en Asie mineure car ce serait une menace pour la route vers l’Inde.»

Beaucoup de sionistes militants ne se sentaient cependant pas liés par la pétition de neutralité de Copenhague. En Angleterre, Chaim Weizmann travaillait étroitement avec le gouvernement britannique et rendait de bons services dans la production d’armement dans l’espoir de recevoir une promesse pour la Palestine.

En Egypte, pendant l’hiver 1915, Josef Trumpeldor organisait le premier contingent militaire juif de l’armée britannique – le « Zion Mule Corps» qui servira pendant l’offensive britannique sur les Dardanelles. En 1916, Vladimir Jabotinsky entamait des démarches à Londres pour mettre en place une Légion Juive, tandis qu’en Palestine même, les dirigeants du mouvement sioniste étaient parvenus, au début de la première guerre mondiale, à « un accord avec le gouvernement turc pour lever une Légion Juive afin de protéger le pays. Deux représentants de ces cercles – Yitzhal Ben-Zviqui sera plus tard président d’Israël] et David Ben Gourion [qui sera par la suite premier ministre pendant de longues années] avaient proposé en novembre 1914 au commandant en chef turc la mise en place d’une légion de volontaires Juifs avec une clause stipulant que cette légion resterait dans le pays [en Palestine] pendant la durée de la guerre, et serait réservée à la défense de sa population en cas d’attaque. La proposition avait été acceptée par le conseil militaire.»

Le paragraphe parlant de «défense en cas d’attaque» ne pouvait concerner que la marche de troupes britanniques en Palestine. Cependant, comme les autorités turques annulèrent par la suite leur consentement et prirent des mesures contre les fondateurs de la légion alors qu’elle s’était déjà déployée sur des positions, Ben-Zvi et Ben Gourion s’enfuirent en Amérique où ils plaidèrent à nouveau pour la formation d’une Légion Juive, mais cette fois pour combattre avec l’Angleterre contre les Turcs !

Jamal Pacha

Jamal Pacha (à droite sur la banquette arrière) et le général allemand Erich von Falkenheyn en Palestine en 1917

En réponse à la formation de la Légion Juive en Angleterre, Jamal pacha, le commandant en chef Turc pour la Syrie et Palestine, édicta un ordre d’évacuation des colons Juifs établis en Palestine. Un développement qui amena une fois de plus les sionistes Allemands à se mobiliser pour protéger les colonies sionistes en Palestine.

«Le seul moyen d’empêcher une catastrophe,” écrivait Nahum Goldmann, «consistait en une intervention forte de l’Allemagne.» Les tentatives officieuses faites par les cercles allemands de Constantinople restaient sans suite… «jusqu’à ce que finalement l’empereur Guillaume lui-même fut persuadé d’essayer d’obtenir l’annulation de l’ordre [de Jamal Pacha]. Ce qui fut d’un grand secours.»

Beaucoup de dirigeants sionistes Allemands ne se sentaient pas tenus à la neutralité. Cependant, la hiérarchie militaire allemande était maintenant beaucoup moins intéressée par la Palestine que par le front russe. Bodenheimer et plusieurs autres sionistes se rendirent sur le front oriental où ils furent reçus au quartier général du front est par le général Ludendorff et aussi ensuite par le maréchal von Hindenburg. Evoquant cette rencontre, Bodenheimer écrivait que Ludendorff

…avait montré un vif intérêt pour notre entreprise. Il avait salué notre intention d’informer la population juive de la situation politique et de la perspective d’une amélioration de leur condition en cas de victoire des puissances de l’Axe. Nous lui avions proposé d’envoyer nos hommes de confiance dans les territoires occupés afin de faciliter la compréhension entre l’armée et les Juifs [et, faut-il souligner, de diffuser la propagande sioniste auprès des Juifs d’Europe orientale.]

Cette collaboration entre les dirigeants sionistes et Ludendorff avait quand même un élément piquant. A la fin de l’automne 1914, Ludendorff avait déjà, en qualité commandant des armées impériales en Europe orientale, émis un appel en langue yiddish «à mes chers Juifs en Pologne.» Dans cet appel, il promettait que les armées allemandes leur apporteraient la liberté.

Ludendorff avait froidement calculé les effets de cette proclamation. En premier lieu, il cherchait à introduire la division dans la population des territoires occupés, notamment en relevant le statut des Juifs, de sorte à faciliter l’imposition de la politique d’oppression des autorités militaires allemandes. En outre, il entretenait l’espoir que la langue yiddish serait au service de la politique allemande d’occupation.

Pourtant Ludendorff, ce partenaire des sionistes Allemands (selon la volonté de l’aumônier Juif de l’armée allemande, le rabbin Rosensack, son nom avait été donné à une cantine juive populaire deKowno), était également un des antisémites Allemands les plus notoires. Il avait été des premiers amis et émules d’Adolf Hitler et il avait participé activement au putsch d’Hitler à Munich en novembre 1923. Ludendorff, dont les pseudo-théories antisémites feront partie intégrante du fascisme allemand, écrivait quatre ans après la fin de la première guerre mondiale des absurdités de ce genre : «Les hauts dirigeants du peuple juif ont travaillé main dans la main avec la France et l’Angleterre. Ils voyaient la guerre à venir [celle de 14-18] comme l moyen qui leur permettrait d’atteindre leurs objectifs politiques et économiques… à cette fin, le peuple juif avait besoin de la défaite de l’Allemagne.»

Les échecs des troupes allemandes sur le front de l’est, n’avaient cependant pas permis aux assistants sionistes de Ludendorff d’obtenir des succès dignes de ce nom. Entre temps, le gouvernement allemand avait refusé de s’engager avec les sionistes sur la Palestine.

Par contraste, les sionistes qui activaient en Angleterre avaient eu plus de réussite. Le 1er novembre 1917, la déclaration Balfour était publiée et l’orientation du mouvement sioniste était dorénavant décidée. L’homme derrière la déclaration était Chaim Weizmann qui avait fondé ses choix pro-britanniques avec des arguments semblables aux propositions que Herzl avait faites à Guillaume II et aux sionistes Allemands.

Nous pouvons raisonnablement dire que si la Palestine passait dans la sphère d’influence britannique, et si la Grande Bretagne encourageait la colonisation juive là-bas, nous pourrions avoir d’ici vingt à trente ans un million de Juifs sur place ; ils développeraient le pays, le ramèneraient à la civilisation et seraient un poste de garde très efficace pour le canal de Suez.

La déclaration Balfour embarrassait les sionistes Allemands aussi bien que le gouvernement allemand. Weizmann déclarera plus tard :

D’un autre côté, le gouvernement allemand était profondément affecté par le parti que pouvait en retirer le gouvernement britannique. Il interpella tous nos représentants en Allemagne pour essayer de leur explique que le gouvernement allemand aurait fini par faire la même chose, mais qu’il n’avait pu [encore] le faire à cause de son alliance avec la Turquie qui l’obligeait à avancer lentement sur ce dossier.

Le 5 janvier 1918, le ministère allemand des affaires étrangères transmettait au professeur Otto Warburg et au Dr Arthur Hantke, des membres de la direction sioniste qui siégeaient à Berlin, une note explicative où on lisait :

«En ce qui concerne l’entreprise de la communauté juive et des sionistes en particulier, nous saluons… particulièrement l’intention du gouvernement impérial ottoman de promouvoir le développement d’une colonie juive en Palestine par la garantie de la liberté d’émigration et de colonisation dans la limite des capacités d’absorption du pays. Le gouvernement impérial ottoman, qui a toujours fait preuve d’une attitude amicale à l’égard des Juifs, leur accorde une autonomie régionale et le libre développement de leur culture en accord avec les lois du pays.»

Cette déclaration n’était qu’une manière d’essayer de se tirer d’embarras et restait bien en deçà de la Déclaration Balfour. Sur le front de Gaza, les troupes turques et les contingents allemands battaient en retraite et le rêve allemand d’exercer une emprise impériale en Orient disparaissait. Il n’y eut pas de réaction visible de la part des sionistes allemands à la déclaration du ministère allemand des affaires étrangères. Il était loin le temps où les sionistes faisaient des déclarations de ce genre : «Je comprends le sionisme comme étant avant tout in des grands mouvements européens d’expansion… Nous voyons l’avenir de l’empire turc comme allant avec le destin futur de l’Allemagne.»

Une des conséquences de la défaite de l’impérialisme allemand dans le première guerre mondiale fut la perte d’influence de la faction pro-allemande du mouvement sioniste au profit des éléments pro-britanniques. En 1920,le rassemblement qui s’était tenu après la conférence sioniste annuelle à Londres avec les interventions de Lord Balfour, de Weizmann, de Lord Rothschild et de Max Nordau, avait été une cause de dépit pour Bodenheimer qui écrivait : «Même en cette occasion, les sionistes Allemands avaient été exclus. Sinon, il aurait été de bon ton de donner la parole au professeur Warburg qui était le président de l’Organisation Sioniste Mondiale.» Bdenheimer ajoutait ces quelques mots :

«Nordau avait souligné dans son discours l’importance politique et militaire de l’Etat juif pour la sécurité du canal de Suez.»

Jérusalem est arabe, la preuve par Grenade

17 octobre 2012

Une fondation culturelle espagnole vient faire la nique aux autorités sionistes à Jérusalem même en venant rappeler que cette ville est arabe : musulmane, chrétienne et juive, mais arabe.

Et la démonstration en est faite in situ avec une exposition sur le royaume de Grenade sous le règne des dynasties ziride et nasride. 

Pour ceux que ça intéresse, les Zirides étaient une famille originaire d’Achir dans l’Algérie actuelle et ils tiraient leur nom du fondateur de la dynastie, Ziri Ibn Menad. L’émir Bologhin, le fils de Ziri est le (re)fondateur de la ville qui porte toujours le nom qu’il lui a donné : al Djazaïr (les îles dans une forme de pluriel archaïque).

Ce sont les vicissitudes de l’histoire et des luttes intestines qui ont amené une branche de la famille ziride à établir son pouvoir à Grenade tandis que deux autres rameaux demeuraient au Maghreb, l’un d’entre eux gouvernant sur ce qui correspond à peu près à la Tunisie actuelle, l’autre sur une partie du Maghreb central, établissant sa capitale dans une ville nouvelle, la Qalaa (Qalaa beni Hammad). 

Les Zirides étaient des Berbères, appartenant à la branche chiite de l’Islam au départ.

La dynastie nasride était par contre d’origine arabe semble-t-il et n’a de toute façon gouverné qu’en Espagne, jusqu’à la disparition de l’Etat musulman de Grenade.

Le royaume de Grenade atterrit à Jérusalem

Une exposition présente à la vieille ville la vie sous les dynasties ziride et nasride

Par Ana Carbajosa, El Pais (Espagne) le 17 oct 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

C’est dans un magnifique bain arabe de l’époque mamelouk, en plein cœur de la vieille ville de Jérusalem qu’a atterri le royaume de Grenade. Une exposition espagnole, dédiée à recréée la vie des dynasties ziride et nasride, a été inaugurée la semaine dernière à Jérusalem Est, la partie palestinienne de la ville, asphyxiée par le conflit avec les Israéliens et où la vie culturelle est presque anecdotique.

Juan Carlos González-Santiago et José Manuel Vera Borja signent les photos de l’exposition

Sur les 30 photographies accrochées aux murs blanchis à la chaux du hammam, on peut voir des édifices représentatifs de ce que fut le royaume de Grenade entre le 9ème et le 15ème siècle. Devant eux, défilent quelques uns des 350 figurants volontaires de villes et villages andalous qui, vêtus de costumes d’époque, ont participé au consortium du millénaire du royaume de Grenade qui travaille depuis deux ans à la commémoration de la fondation en 1013 de cet Etat islamique dans la péninsule ibérique.

Les scènes que peut découvrir celui qui visite Jérusalem, de l’entrée de la vieille ville à la porte de Damas et celles qu’il peut voir ensuite dans l’exposition ne sont pas si différentes. La casbah de Malaga, la madrasa de Grenade, le palais de Mondragon à Ronda… les tours, les décorations, les arches et jusque aux personnages qui apparaissent dans les photographies de l’exposition sur le royaume de Grenade, détonnent à peine avec les abords immédiats du quartier musulman de la ville fortifiée de Jérusalem, annexée par Israël en 1967.

Ronda: fontaine du palais Mondragon

C’est la première fois que le royaume de Grenade débarque dans le monde arabe. Un Palestinien entre deux âges, chargé d’accrocher les photos avant l’inauguration officielle, s’étonne devant la calligraphie arabe et les extraits du Coran qu’on peut voir dans une des salles de l’Alhambra.

«Ce qui nous intéresse, c’est de voir les choses que nous avons en commun, les parallélismes,» explique Carmen Pozuelo de la Fondation Legado Andalusi (héritage andalou) et commissaire de l’évènement tout en travaillant au montage d’une exposition qui se confond avec l’environnement.

Les rais de lumière qui filtrent par les ouvertures des voûtes du hammam Al Ayn sont très semblables à ceux des bains de Fiñana. La fontaine qui trône dans la salle principale de l’édifice qui accueille l’exposition, rappelle beaucoup celle du palais de Mondragon. Ce sont des parallélismes qui tiennent à leur fonction mais surtout à un héritage commun que l’exposition « Alma Desgranada: viaje a la memoria del reino de Granada » (égrenage de l’âme: voyage dans la mémoire du royaume de Grenade) essaye de mettre en évidence.

Juan Carlos González-Santiago et José Manuel Vera Borja signent les photos de l’exposition qui se posera bientôt au Caire et ensuite au Qatar.

Discutons confortablement assis en attendant le deuxième « holocauste »

24 avril 2012

Les députés Michael Ben-Ari et Aryeh Eldad semblent apprécier ce canapés

Ils ont l’air bien sympathiques ces deux messieurs d’un certain âge qui se détendent confortablement assis sur un canapé.

Le caractère incongru de cette scène, de deux personnes qui conversent gentiment sur un canapé, vient du fait qu’elle se passe dans la rue, ce qui renforce en un sens le caractère chaleureux de cette image et nous rend les personnages sympathiques.

Sauf que cette image est en fait un condensé de ce qu’est la colonisation sioniste puisque nous sommes en réalité devant deux parlementaires de l’entité sioniste (Michael Ben-Ari, à gauche, et Aryeh Eldad) qui fêtent l’expulsion d’une famille palestinienne à Beit Hanina, un quartier de Jérusalem occupée en prenant la pose et en conversant agréablement sur la canapé de la famille en question.
Ces salopards, qui devraient savoir que bien mal acquis ne profite jamais très longtemps, posent leurs derches sur le mobilier d’autrui tandis que huit terrosites sionistes (des colons) se sont installés dans la maison de la famille Natcheh

 « Nous sommes au début de la constitution d’un nouveau quartier juif dans le secteur, ce qui créera une séquence continue de quartiers juifs au nord de Jérusalem, » a déclaré Eldad à l’organe en ligne des colons Israel national News. Seule la ténacité des propriétaires fonciers Juifs et d’Aryeh King du National Land Redemption Fund ont finalement permis la réussite de ce jour et nous sommes certains que les instances judiciaires seront requises dès à présent pour expulser les squatters Arabes de toutes les propriétés juives du secteur. » Ben-Ari et Eldad ont « fixé des mézouzas » à l’intérieur de la maison, marquant ainsi rituellement sa prise sous contrôle.

Ce qui est décrit ici fait effectivement penser à la progression d’une tumeur maligne dont le but est de parachever la destruction de la société palestinienne
Et quand on voit ces deux délinquants sur la photo, on a vraiment la conviction qu’ils sont terrifiés par la perspective du deuxième « holocauste » dont l’Iran, dit-on, les menace!
via le site de Philip Weiss

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