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La connivence entre sionisme et antisémitisme remise en lumière par l’actualité américaine

20 novembre 2016

On ne sait pas trop ce que va donner la présidence de Donald Trump en dépit de signaux pas forcément encourageants, mais son élection aura eu au moins le mérite de semer (provisoirement) la discorde dans les rangs de l’establishment juif aux Etats Unis.

On sait que parmi les électeurs de Donald Trump, il faut compter des extrémistes de droite nostalgiques de l’époque qui avait précédé la guerre de sécession comme par exemple les membres du Ku Klux Klan.

Difficile de dire exactement combien pèsent réellement ces électeurs qui sont sans doute assez peu nombreux mais, par contre, relativement organisés dans une mouvance qu’on appelle alt-right aux Etats Unis, fachosphère dirait-on en France. Le site internet Breitbart News a été un des principaux vecteurs de diffusion et d’expression des idées et des opinions de cette fachosphère américaine avec tout ce qu’elles comportent notamment de racisme y compris dans sa version antisémite.

Il se trouve que le patron de Breitbart News, Steve Bannon, vient d’être choisi par Donald Trump pour être son directeur de la stratégie à la maison Blanche.

donald trump steve bannon

Steve Bannon (à droite) et Donald Trump

Un choix qui fait grincer des dents dans une bonne partie de la communauté juive mais qui rencontre un accueil favorable dans d’autres secteurs de la même communauté qui saluent son engagement en faveur de l’Etat prétendu juif.

Jamais depuis les débuts de l’hitlérisme en Allemagne la connivence entre sionisme et antisémitisme n’était apparue avec une telle netteté.

Pourquoi il est ‘absolument’ possible à Steve Bannon d’être pro-Israël et antisémite.

Voici ce que les dirigeants juifs pensent du choix de Donald Trump pour le poste de responsable de la stratégie

Par Carol Kuruvilla, The Huffington Post (USA) 17 novembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Steve Bannon , ancien patron de Breitbart News, a pendant des années et avec une grande fierté donné aux nationalistes blancs et aux antisémites une plateforme pour répandre leur haine.

Lorsque l’Anti-Defamation League, une des plus anciennes organisations juives américaines consacrées à la lutte contre l’antisémitisme, a dénoncé la décision de Donald Trump de faire de  Bannon son stratège en chef , les soutiens juifs du président élu se sont précipités pour défendre Bannon – le dépeignant comme un «défenseur d’Israël ».

Aaron Klein, chef du bureau de Breitbart à Jérusalem, a déclaré à BuzzFeed que Bannon est un «patriote engagé qui est profondément préoccupé par les menaces croissantes sur Israël. »

Mais certains leaders intellectuels et religieux juifs ne sont pas disposés à accepter l’argument selon lequel être pro-Israël ou s’engager fermement à protéger Israël ne disculpe pas automatiquement quelqu’un d’être un antisémite.

En fait, soutiennent ces leaders, il est absolument possible que des gens soutiennent Israël et soutiennent dans le même temps des réseaux qui promeuvent la haine à l’égard des Juifs américains.

Le Religious Action Center of Reform Judaism [Centre d’ action religieuse du judaïsme réformé] est la branche politique de l’Union for Reform Judaism, la plus grande organisation religieuse juive des Etats Unis. Dans une déclaration à The Huffington Post son directeur, le rabbin Dov Jonah Pesner, tient Bannon pour responsable de l’animation d’une plateforme pour  » l’ antisémitisme, le racisme, la misogynie et la xénophobie. »

« Nous ne pouvons le juger que par ses actes, et il était le PDG de l’entreprise de médias préférée des nationalistes blancs.  Il ne devrait y avoir aucune place pour ces opinions à la Maison Blanche, » a déclaré Pesner à The Huffington Post. « Son soutien professé à Israël ne change pas le fait qu’il n’a pas renié le travail imbibé de haine qu’il a publié. »

J Street, une organisation de lobbying pro-Israël libérale [centriste selon la terminologie américaine,NdT], a également été critique à l’égard de Bannon.  Jessica Rosenblum, vice-présidente de l’organisation chargée de la communication, a déclaré à The Huffington Post qu’il est « tout à fait adapté » d’accoler l’étiquette d’antisémite à ceux qui utilisent et promeuvent la rhétorique antisémite et qui «aident de manière routinière et soutiennent les tenants de la suprématie blanche en diabolisant les Juifs et d’ autres minorités religieuses et ethniques. »

 » Les amis de Steve Bannon à l’extrême droite de la communauté juive peuvent arguer facilement de son soutien à Israël, mais cela ne change rien au fait que Bannon propage une idéologie de haine et le sectarisme qui est extrêmement hostile et dangereuse pour les Juifs américains et toutes les valeurs – telles que la tolérance, la diversité et l’ égalité – que nous défendons et que nous protégeons dans ce pays « , a déclaré Rosenblum dans un communiqué.

La nomination de Bannon a provoqué une réaction mitigée au sein de la communauté juive américaine dans sa diversité – avec certaines organisations exprimant avec force leur mécontentement et d’autres, telles que l’Organisation Sioniste d’Amérique [Zionist Organization of America] et la Coalition juive républicaine,en faisant au contraire l’éloge et la soutenant. D’autres organisations, comme l’American Israel Public Affairs Committee [le cœur du lobby sioniste] et l’American Jewish Committee, choisissent de garder le silence ou en attendant de voir comment Bannon à l’œuvre à ce poste.

Le rabbin Abraham Cooper, vice-doyen du Centre Simon Wiesenthal, a longtemps travaillé à pister l’antisémitisme en ligne. Il a déclaré par courriel à The Huffington Post qu’il n’a pas vu de « preuve définitive » que Bannon est personnellement un antisémite, ou quelqu’un qui hait les Juifs, le judaïsme, et les valeurs juives.

« En 2016, Israël est le foyer de la plus grande communauté juive dans le monde. Il est également le centre spirituel du judaïsme et du monde juif « , a déclaré Cooper à The Huffington Post. «Compte tenu de ces faits, il serait difficile de classer quelqu’un comme un antisémite de type classique, s’il soutient et défend l’Etat juif et ses 8,3 millions de citoyens (dont plus de 6 millions de Juifs). »

 « Toutefois, compte tenu des éloges –appréciés ou pas –  que sa nomination a suscité de la part d’intolérants comme David Duke, tous les Américains, y compris les juifs américains, ont le droit et l’ obligation d’examiner attentivement tout ce que M. Bannon fait pour le président élu et chaque déclaration qu’il fait en rapport avec la politique sociale et les affaires étrangères et de les critiquer vigoureusement le cas échéant ».

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David Duke a été un Grand Dragon du ku Klux Klan

Le rabbin Jack Moline, Président de Interfaith Alliance [alliance interreligieuse], a déclaré à The Huffington Post penser qu’une personne peut «absolument» être pro-israélienne et antisémite dans le même temps. Moline se définit à la fois comme juif et sioniste. Mais il a prévenu qu’il était dangereux de confondre ces deux identités.

« Certains ont des raisons politiques, religieuses et idéologiques pour soutenir l’Etat d’Israël qui ont peu ou rien à voir avec le soutien pour le peuple juif lui-même », a affirmé Moline au Huffington Post dans un courriel. «Le fait que Bannon a gagné le soutien d’une poignée de juifs américains de droite qui partagent ses opinions politiques ne fait rien pour effacer ses propos antisémites ou la nature antisémite du mouvement alt-right que son site a favorisé. « 

Les désaccords entre Juifs américains autour de la nomination de Bannon interviennent au beau milieu d’informations sur du vandalisme et de la propagande antisémite qui se revendique de Trump en quelques endroits à travers le pays. En particulier, des journalistes juifs ont été confrontés à un déluge « quantité sans précédent » d’insultes antisémites sur internet pendant cette période électorale.

Jane Eisner, rédactrice en chef du site juif Forward, a parlé des propos haineux tenus sur internet contre elle et d’autres journalistes juifs pendant la campagne électorale. Elle pense qu’ils venaient en bonne partie de ceux qui s’identifient avec la candidature de Trump. Dans une tribune libre, Eisner a insisté sur ce qu’elle a appelé l’hypocrisie à couper le souffle » des Juifs qui soutiennent Bannon, et a condamné la logique qui veut que « tant que vous soutenez certaines politiques du gouvernement israélien actuel, il est correct de copiner avec des gens qui haïssent les Juifs « .

« Les Juifs en Amérique qui sont la cible de menaces et de harcèlement antisémites – et ici j’inclus beaucoup d’ entre nous au Forward – doivent faire cause commune avec d’ autres groupes minoritaires qui vivent cela et même pire dans l’ environnement politique toxique d’aujourd’hui», écrit Eisner. « Si, au contraire, les Juifs excusent le comportement odieux de l’extrême droite parce qu’il se trouve que certaines de ces personnes soutiennent certaines politiques en Israël – en particulier lorsque ces politiques prolongent près d’un demi-siècle d’occupation – alors ils abandonnent des alliés naturels dans la lutte pour une Amérique plus tolérante ».

« Et pire encore, ils ont abandonné leurs coreligionnaires juifs. »

 

Un rabbin que Dieudonné devrait inviter à discuter

19 janvier 2014

Les Juifs hollandais, souvent originaires de la péninsule ibérique, contrôlaient, nous dit-on dans l’article que je vous propose, 17 % du commerce dans la Caraïbe néerlandaise. 17 % c’est beaucoup pour une communauté qui devait représenter une infime fraction de la population des Pays bas à l’époque (la grande migration des Juifs ashkénazes n’avait pas encore eu lieu),

Et dans ce commerce, il y avait celui des esclaves dont l’écho persiste à ce jour aux Pays Bas dans une tradition vivace lors des fêtes de Noël où le Père Noël est flanqué d’un esclave, Pierre le Noir (« Zwarte Piet » en néerlandais). Cette tradition témoigne de la place qu’occupe l’esclavage dans la mémoire collective des Pays Bas, une mémoire partagée par les Juifs qui, s’ils s’abstiennent de mettre en scène le Père Noël (Saint Nicolas) ont intégré Pierre le Noir dans « Hanuklaas », probablement donc en lien avec la fête juive de Hanoucca.

Saint Nicolas et Pierre le Noir (Zwarte Piet)

Saint Nicolas et Pierre le Noir (Zwarte Piet)

La reconnaissance de ce rôle juif dans le commerce des esclaves est apparemment un sujet que le judaïsme hollandais officiel refuse d’aborder même si, d’un autre côté, on n’hésite pas à célébrer la splendeur de ceux qui firent leur fortune par cette activité.

Et ce n’est pas un hasard si le rabbin qui souhaite faire le point sur cette période de l’histoire des Juifs hollandais est aussi partisan d’un dialogue avec les Musulmans et s’oppose à leur diabolisation.

Il est vrai que reconnaître clairement le rôle majeur des marchands juifs dans le négoce des esclaves est de nature à contredire l’image d’une minorité confessionnelle éternelle victime sous toutes les latitudes.

Ce qui ne va pas pas dans le sens des besoins propagandistes du sionisme pour qui il est important de cultiver cette image de perpétuelle victime censée justifier le déploiement de force brute de s terroristes sionistes contre le peuple palestinien en Cisjordanie et à Gaza.

Manifestation de protestation contre la tradition de« Zwarte Piet »

Quel degré de culpabilité pour les Juifs hollandais dans le commerce des esclaves ?

par Cnaan Liphshiz et Iris Tzur, Jewish Telegraphic Agency 26 décembre 2013 10 traduit de l’anglais par Djazaïri

 LA HAYE, Pays-Bas (JTA) – Dans une rue passante près du Parlement néerlandais, trois musiciens blancs aux visages peints en noir régalent les passants avec des airs de fêtes qui évoquent le Père Noël néerlandais, Sinterklaas, et son esclave, Pierre le Noir.

Beaucoup de Hollandais de souche considèrent que se déguiser en Pierre le Noir au mois de décembre est une tradition vénérable, mais d’autres le considèrent comme un affront raciste aux victimes de l’esclavage. Avec la commémoration du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Hollande cette année, la controverse sur Pierre le Noir a atteint de nouveaux sommets. Des centaines de personnes ont manifesté contre la coutume à Amsterdam le mois dernier, et plus de 2 millions ont signé une pétition en faveur de cette tradition.

De leur côté, les Juifs hollandais – dont certains célèbrent leur propre version de la coutume de Pierre le Noir, appelée «Hanukklaas » – sont généralement restés silencieux.

 Mais les choses ont changé en octobre, quand Lody van de Kamp, un rabbin orthodoxe à la personnalité peu commune a écrit une critique mordante à ce sujet dans Republiek Allochtonie, un site internet hollandais d’information et de d’opinion. « La représentation de Pierre l’esclave » remonte à une époque à laquelle nous, en tant que citoyens, ne répondions pas aux critères qui nous engagent aujourd’hui, » écrivait van de Kamp.

Plaider contre la tradition de Pierre le Noir participe de ce que van de Kamp appelle sa fonction sociale, une mission qui l’amène à rappeler aux Juifs hollandais que l’implication profonde de leurs ancêtres dans le commerce des esclaves. En avril, il doit publier un livre sur la complicité des Juifs hollandais dans le commerce des esclaves, une démarche qui, il l’espère, sensibilisera les Juifs à l’esclavage en général et à la question de Pierre le Noir en particulier.

« J’ai écrit le livre et je me suis lancé dans le débat sur Pierre le Noir à cause de ce que j’ai appris de mes prédécesseurs sur ce qu’être un rabbin veut dire  – à savoir s’exprimer sur des questions de société, pas seulement donner des directives sur la manière de cuisiner pendant le Sabbat, » a déclaré van de Kamp à la JTA.

« De l’argent était gagné par les communautés juives en Amérique du Sud, en partie par l’esclavage, et l’argent partait en Hollande chez les banquiers juifs, » dit-il. « Des non Juifs étaient aussi complices, mais nous aussi. Je me sens en partie complice. »

 Quoique il ne jouisse d’aucun poste officiel dans la communauté juive hollandaise, van de Kamp, 65 ans, est un des rabbins orthodoxes les plus connus aux Pays bas, une notoriété qu’il doit à plusieurs de ses livres sur la communauté juive hollandaise et à sa présence médiatique.

Son prochain livre, un roman historique intitulé « L’esclave juif » va sur les traces d’un marchand juif du XVIIème siècle et de son esclave noir qui enquêtent que plantations propriétés de Hollandais dans le nord du Brésil dans l’espoir de persuader les Juifs de ne plus investir dans le commerce des esclaves. En faisant des recherches pour son livre, van de Kamp a appris des choses qui l’ont choqué.

Dans une partie de ce qui était alors la Guyane hollandaise [Surinam aujourd’hui, NdT], 40 plantations appartenant à des Juifs accueillaient une population totalisant au moins 5 000 esclaves, dit-il. Connue sous le nom de Jodensavanne, ou Savane Juive, cette région avait une communauté juive de plusieurs centaines de personnes avant sa destruction lors d’un soulèvement d’esclaves en 1832. Presque tous [les Juifs] émigrèrent en Hollande en emportant avec eux leurs richesses accumulées.

Une partie de ces richesses a été exposée l’an dernier dans la cave de la synagogue portugaise d’Amsterdam dans le cadre d’une exposition dédiée à la richesse des immigrants qui avaient fondé la synagogue.Van de Kamp explique que c’est cette exposition qui a éveillé son intérêt pour le rôle des Juifs hollandais dans l’esclavage, un rôle important.

Dans l’île caribéenne de Curaçao, les Juifs hollandais ont été responsables de la revente d’au moins 15 000 esclaves acheminés par des marchands hollandais du commerce transatlantique, selon Seymour Drescher, un historien de l’université de Pittsburgh. A un moment donné, les Juifs contrôlaient 17 % du commerce caribéen dans les colonies hollandaises, précise Drescher.

Les Juifs étaient si influents dans ces colonies que les ventes aux enchères d’esclaves qui tombaient au moment de fêtes juives étaient souvent reportées, selon Marc Lee Raphael, professeur d’études judaïques à la faculté de William & Mary.

Aux Etats Unis, le rôle des Juifs dans le commerce des esclaves a été l’objet d’un débat scientifique pendant près d’une vingtaine d’années, stimulé en partie par les efforts pour réfuter les thèses de la Nation of Islam selon lesquelles les Juifs dominaient le commerce transatlantique es esclaves. Mais en Hollande, on discute rarement de la question de la complicité juive.

« C’est parce que nous, aux Pays Bas, n’avons fait que profiter de l’esclavage mais ne l’avons pas vu de nos propres yeux, » explique van de Kamp. « Mais l’expérience américaine est différente. »

La question de l’esclavage n’est pas la première incursion de van de Kamp dans un domaine controversé. Dans les milieux juifs, il a la réputation d’un anticonformiste avec un penchant pour l’expression de points de vue anti-establishment.

 Une image qui s’est renforcée l’an dernier quand il a pris position contre un compromis conclu entre la communauté juive et le gouvernement [néerlandais] sur l’abattage rituel [casher]. Conçu pour éviter une interdiction totale, l’accord mettait certaines restrictions à l’abattage rituel qui ne sont pas contraires à la loi juive selon les grands rabbins de Hollande. Van de Kamp a dénoncé cet accord en tant que entrave inacceptable à la liberté religieuse.

Plus récemment, il a mécontenté des militants hollandais en soutenant que la diabolisation des Musulmans contribuait à générer de l’antisémitisme. Il a aussi plaidé pour le dialogue avec les Musulmans ouvertement antisémites [c.à.d. probablement antisionistes, NdT] à un moment où les organisations juives appelaient à les poursuivre e justice.

Mais sa réputation de rabbin non-conformiste dans une communauté portée sur le consensus a aussi valu quelques partisans à van de Kamp.

« Il est dans sa propre organisation, » explique Bart Wallet, un historien de l’université d’Amsterdam spécialiste d’histoire juive. « Depuis sa position un peu en marge il est libre de critiquer et n’a pas à se conformer à quoi que ce soit, »

80 % ou 90 %, Joe Biden cherche la réponse à la question juive

24 mai 2013

Joe Biden, le vice président des Etats Unis, s’est fendu d’un discours pour le moins élogieux à l’égard de la communauté juive de son pays.

Trop élogieux disent certains…

80 % ou 90 % Joe Biden cherche la réponse à la question juive

Biden: les leaders Juifs ont été à la tête du changement en faveur du mariage homosexuel (gay)

par Josh Lederman Associated Press – ABC News (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

Washington 22 mai 2013 (AP)

Le vice président Joe Biden a félicité les leaders Juifs pour avoir contribute à changer les attitudes des Américains à l’égard du mariage homosexuel et d’autres questions de société.

Biden a souligné que l’art et la culture changent les attitudes des gens. Il a cité les médias sociaux et la vieux feuilleton de NBC TV, «Will and Grace » comme des exemples de ce qui a aidé à faire évoluer les attitudes à l’égard du mariage homosexuel.

Biden a dit,

«Pensez que, derrière tout ça, je vous parie que 85 % de ces changements, que ce soit dans les médias sociaux ou à Hollywood, sont une conséquence [de l’action] des leaders Juifs dans l’industrie [de la communication].»

Biden a expliqué que cette influence est immense et que ces changements ont été dans le sens du bien.

Biden s’est exprimé ainsi mardi soir à la réception pour le Jewish American Heritage Month (mois du patrimoine judéo-américain) organisée par le Democratic National Committee. Il a affirmé que les valeurs juives sont une part essentielle de l’identité des Américains [essential part of who Americans are].

Ceci n’est qu’un résumé des propos dithyrambiques tenus par Joe Biden sur la place et le rôle des Juifs aux Etats Unis.

A tel point que Jonathan Chait du New York Mag estime qu’il est allé trop loin, donnant accidentellement du grain à moudre aux antisémites.

On l’aura compris en effet, le tour de force de Joe Biden  a consisté, par excès de philosémitisme à égrener les poncifs du suprématisme juif (le nombre de prix Nobel, les 11 % des élus au Congrès issus d’une communauté qui représente à peine 2 % de la population du pays) et les clichés antisémites, à savoir la volonté de détruire chez les Gentils l’attachement aux valeurs familiales ou l’énorme influence des Juifs dans le cinéma et les médias en général.

Jonathan Chait écrit :

Biden a en effet fait dans son propos un éloge vibrant et sincère avant de dériver dans un terrain très inconfortable et de prononcer un discours qui sera probablement cité par les antisémites pendant les années et les décennies à venir. (Il est déjà l’objet de discussions animées dans la communauté suprématiste blanche).

Contrairement à l’évidence, Chait considère que  le discours de Joe Biden n’était pas antisémite.

Or ce discours est antisémite malgré ce paradoxe qui tient à la nature élogieuse de propos tenus devant des Juifs influents dans le parti Démocrate et dans la société américaine en général.

Le paradoxe Biden peut s’expliquer rationnellement et j’y reviendrai sans doute à l’occasion d’un post ultérieur.

Pour l’instant, je me contenterai de la remarque finale de Jonathan Chait:

Et puis aussi, cette petite observation de rien du tout, quand on donne des chiffres complètement farfelus [out of your ass, littéralement ‘tirés de son cul’], on devrait probablement les arrondir à l’entier plutôt qu’au demi (les Juifs sont responsables à 85 % du changement des attitudes culturelles à l’égard des homosexuels ? 90 % aurait été trop haut et 80 % pas assez haut?).

Le principal problème ici, c’est que les droits des homosexuels, à la différence des droits civiques des noirs, sont politiquement controversés pour l’instant.  Bident peut trouver que c’est «une très bonne chose» que les Juifs aient utilisé leur influence sur la culture populaire pour faire changer les attitudes de la société à l’égard de l’homosexualité, mais beaucoup de gens ne trouvent pas ça bien du tout.

L’électorat juif, ce n’est pas le lobby juif et encore moins sioniste

5 septembre 2012

Il existe un mythe autour de l’électorat juif aux Etats Unis.

On a déjà eu l’occasion de le dire sur ce blog, non seulement l’électorat juif est numériquement faible, même s’il peut représenter un apport intéressant dans certains Etats, mais cet électorat , en admettant qu’il existe en tant que tel, se détermine avant tout sur des thématiques communes à l’ensemble de l’électorat des Etats Unis.

Nuançons: cet électorat tend à être plus libéral, c’est-à-dire à gauche dans le vocabulaire politique américain, que la population générale.

Une enquête d’opinion citée par The Economist observe en effet que

Parmi les communautés religieuses des Etats Unis, les Juifs tendent plus à s’identifier eux-mêmes comme libéraux [progressistes, de gauche]. 77 % des Juifs Américains étaient opposés à la guerre contre l’Irak, un plus fort pourcentage que chez les sans religion » (66 %) et l’opinion publique américaine dans son ensemble (52 %).

De fait,

depuis 1972, les candidats démocrates à la présidentielle ont reçu entre 64 % et 80 % des suffrages juifs sauf en 1980 quand Jimmy Carter en avait obtenu 45 %, Ronald Reagan 39 % et John Anderson 14 %. En 2008, le vice-président de la campagne républicaine destinée à convaincre les Juifs prédisait 40 % du vote juif pour John McCain; M. Obama avait obtenu 78 % des suffrages juifs.

Et malgré tout le tintamarre fielleux déversé aussi bien à Washington qu’à Tel Aviv sur le manque de soutien d’Obama à l’Etat sioniste, 56 % des électeurs Juifs jugent positivement l’actuel président sous cet aspect tandis que Romney recueille à peine 16 % d’avis favorables (malgré son attitude outrancièrement lèche-bottes vis-à-vis de Benjamin Netanyahou).

De toute façon, comme on l’a dit, les électeurs Juifs aux Etats Unis ont des motifs de préoccupation assez semblables à ceux de leurs compatriotes non juifs et le sort de l’entité sioniste n’apparaît nullement comme une priorité à leurs yeux.

Ce qui détermine le vote des électeurs juifs

En effet, le sort de l’entité sioniste vient seulement au huitième rang de leurs préoccupations loin derrière l’économie, le système de santé, les finances publiques, la protection sociale et la fiscalité.

Des électeurs comme les autres donc, et qui sont à une écrasante majorité (83 %) en faveur d’une solution de paix à deux Etats, même si, pour 67 % d’entre eux, cela impliquait que les Etats Unis manifestent publiquement leur désaccord avec l’entité sioniste.

Mais la réalité, c’est que ce ne sont pas tant les électeurs que les appareils politiques courtisent, mais plutôt l’argent des milliardaires Juifs et tous leurs réseaux d’influence et médiatiques qui, s’ils ne peuvent garantir complètement la victoire électorale aux élections nationales ou locales (qu’il ne faut surtout pas oublier), sont un plus incontestable et parfois décisif. 

Un pamphlet antisémite de Tani Goldstein

29 octobre 2011

Comment ont-ils fait pour devenir si riches ? Telle est la question que pose l’article que je vous livre aujourd’hui.

Ce « ils », ce sont les Juifs aux Etats Unis et la question est typiquement antisémite.

Comme la réponse dans laquelle nous trouvons tous les poncifs de l’antisémitisme occidental.

Par exemple, nous apprenons que « ils » sont dans tous les centres de pouvoir. Ou encore qu’il y a eu une pègre juive, l’équivalent  de la mafia italienne avec ses parrains.

Ou encore, que 46 % des Juifs gagnent plus de 100 000 $  par an contre 19 % de l’ensemble des Américains.

Que donc les Juifs sont plutôt riches voire même très riches puisque 100 des 400 milliardaires de la liste établie par Forbes des personnes les plus riches sont des Juifs

En fait quand on analyse même sommairement les chiffres qu’on nous donne on a surtout l’impression qu’il y a une plus forte présence d’une minorité richissime dans la minorité juive et que le niveau de vie du Juif « moyen » est assez proche de la norme du pays où il vit.

Fin de la parenthèse.

Autre poncif antisémite : d’après cet article les Juifs auraient largement pris le contrôle de l’industrie cinématographique des Etats Unis !

Et puis que le « capitalisme est bon pour les Juifs » et que les Juifs ont « des compétences pour fonctionner en réseau » et qu’ils « avaient un réseau de connexions au niveau mondial bien avant les autres nations, et une communauté forte et solidaire ».

Dans une émission de Frédéric Taddéi, j’avais entendu un certain Alain Soral se faire accuser d’avoir remis au goût du jour le « complot judéo-maçonnique » avec ses histoires de «réseaux» justement.

Pourtant l’article que je vous propose n’est pas d’Alain Soral ni d’un quelconque adepte antisémite du «complot judéo-maçonnique» mais d’une certaine Tani Goldstein et est paru dans le Yediot Aharonot, un des principaux journaux de l’Etat qui se dit « juif ». 

Comment les Juifs Américains sont-ils devenus si riches?

Depuis leur arrivée aux Etats Unis il y un siècle, les juifs sont devenus le groupe religieux le plus riche de la société américaine. Ils ne constituent que 2 % de la population US mais 25 % des 400 Américains les plus riches. Comment cela s’est-il produit et à quel point leur aide est-elle cruciale pour Israël?
par Tani Goldstein, Yediot Aharonot (Sionistan) 26 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le président du Congrès Juif Mondial Ronald Lauder a déclenché une polémique récemment en appelant Israël a entamer immédiatement des discussions de paix avec les Palestiniens. Cette déclaration a été perçue comme étant une critique à l’égard du premier ministre Benjamin Netanyahou qui est un ami personnel de Lauder.

Par la suite, Lauder a réitéré son soutien “sans équivoque” à Netanyahou et à des “politiques qui cherchent à créer une paix durable au Moyen Orient.”.

Les propos de Lauder ont fait la une de la presse et suscité des réactions aussi bien d’enthousiasme que de mécontentement, pas seulement en raison de son rôle important mais aussi – et surtout – parce que c’est un homme très riche.

Le magazine Forbes évalue sa fortune à 2,7 milliards de dollars. Sa famille possède le géant des cosmétiques Estée Lauder, il est l’un des plus grands collectionneurs du monde et il possède des dizaines de chaînes de télévision et medias aux Etats Unis et dans le monde, dont 25 % de la chaîne israélienne Channel 10 TV. Il est un important donateur pour d’innombrables organisations juives et israéliennes, ainsi que pour des organismes publics et des officiels – dont Netanyahou.

Des Juifs dans tous les centres de pouvoir.

Lauder n’est absolument pas le seul Juif Américain à donner de l’argent à Israël tout en exerçant une influence sur la pays. De nombreux adultes Israéliens avaient l’habitude de recevoir un colis de la part d’un « riche oncle en Amérique » pendant leur enfance. Des milliers d’organisations, dont les hôpitaux et les universités, reçoivent des milliards de shekels en dons en provenance des Etats Unis. Une étude de l’Université hébraïque a constaté qu’ils représentent environ les 2/3 de l’ensemble des dons en Israël.

Tout nouvel immigrant reçoit une aide de la part de l’Agence Juive dont le budget est constitué pour l’essentiel de dons venant des Etats Unis. Beaucoup d’entre nous vivent sur des terrains qui appartiennent au Fonds national Juif qui les a achetées aux Arabes avec de l’argent juif américain.  Un élève d’une école religieuse ultra-orthodoxe reçoit 1000 shekels (295 $) par mois et 3 000 shekels (885 $) de plus de la part des donateurs ultra-orthodoxes Américains. Sans compter l’aide fédérale [du gouvernement US], dont une part significative vient des impôts payés par les Juifs.

La Jewish Encyclopedia enligne indique que quelque 5,6 millions de Juifs résident aux Etats Unis (sans compter 500 000 Israéliens) – soit environ 1,8 % de la population. La plupart d’entre eux habitent des villes riches : Los Angeles, Miami, Boston,  Philadelphie et surtout New York.

Une étude du Pew Forum Institute en 2008 observe que les Juifs sont le groupe le plus riche aux Etats Unis: 46 % des Juifs gagnent plus de 100 000 $  par an contre 19 % chez l’ensemble des Américains. Une autre enquête réalisée par gallup cette année constaté que 70 % des Juifs Américains jouissent d’un « niveau de  vie élevé » conte 60 % de l’ensemble de la population et plus que n’importe quel autre groupe religieux.

Plus de 100 des 400 milliardaires de la liste établie par Forbes des personnes les plus riches sont des Juifs. Six des vingt sociétés de capital-risque des Etats Unis appartiennent à des Juifs, selon Forbes.

Le fondateur de Google Sergey Brin est de père juif [et n’est donc pas juif selon la loi juive, NdT]. Mark Zuckenberg, le créateur de Facebook, est Juif, tout comme son adjoint David Fischer qui est le fils de Stanley Fischer, le gouverneur de la Banque d’Israël. Le président de la Federal Reserve Ben Shalom Bernanke est Juif lui aussi, comme son prédécesseur Alan Greenspan ainsi que le fondateur de la Fed, Paul Warburg.i.

Les Juifs sont bien représentés à Wall Street, dans la Silicon Valley, au Congrès des Etats Unis, dans le gouvernement, à Hollywood, à la télévision et dans la presse américaine – bien au-delà du pourcentage qu’ils représentent sans la population.

De la ville aux ruelles de Brooklyn

Les Etats Unis sont un des pays les plus riches du monde, ce qui fait des Juifs Américains un des groups ethniques les plus riches de l’univers. L’histoire de leur réussite est encore plus phénoménale si on considère la rapidité de leur accès à la richesse.

Quelques milliers de Juifs à peine vivaient aux Etats Unis au moment de leur indépendance le 4 juillet 1776; c’étaient en majorité des Marranes et des gens qui étaient exiles ou avaient fui l’Espagne en  direction des colonies d’Amérique du Nord.

 A la moitié du 19ème siècle, quelque 200 000 Juifs immigrèrent aux USA, venant majoritairement d’Allemagne et d’Europe Centrale.  La plupart d’entre eux étaient des Juifs réformés, bien établis, qui se voyaient eux-mêmes comme des Allemands ou des Américains plus que comme des Juifs. Ils se dispersèrent sur le continent et lancèrent des affaires, depuis les petites boutiques ou fabriques jusqu’à des  mastodontes financiers comme Lehman Brothers et Goldman Sachs.

La grande vague d’immigration débuta en 1882. La Russie tsariste où se trouvait près de la moitié des Juifs du monde entier avait  connu un échec de sa révolution industrielle et se trouvait au bord de l’effondrement, tandis que les Juifs qui vivaient dans de petites villes s’appauvrissaient et subissaient de cruels pogroms.

En 42 ans, quelque deux millions de Juifs immigrèrent aux USA à partir de l’Ukraine, de la Russie occidentale, de la Pologne, de la Lituanie, de la Belarus et de la Roumanie Ils représentaient le quart de la population juive de ces pays, environ 15 % de la population juive mondiale et 10 fois le nombre de juifs qui avaient émigré en Palestine à cette époque.

Les Etats Unis devinrent la plus grande concentration de Juifs au monde. L’émigration de masse vers Israël débuta en 1924 quand les Etats Unis appliquèrent des lois plus strictes qui stoppèrent l’immigration.

 Les immigrants arrivaient aux Etats Unis à bord de bateaux bondés, et la plupart d’entre eux étaient pauvres comme Job. Le Dr Robert Rockaway qui a étudié cette période a écrit que 80 % des juifs des USA exerçaient une activité manuelle avant la première guerre mondiale, en majorité dans des usines textiles.

Beaucoup d’activités professionnelles étaient interdites aux juifs en raison d’une campagne antisémite animée par l’industriel Henry Ford. La plupart d’entre eux vivaient dans des bidonvilles insalubres et surpeuplés de New York – Brooklyn et le Lower East Side.

 De nombreux films ou livres décrivent l’univers qui s’est créé dans ces quartiers. Plein de vie mais rude et brutal. Il y avait une culture animée avec des cabarets et de petits théâtres yiddish, à côté d’une mafia juive avec des patrons de la pègre bien connus comme Meyer Lansky, Abner « Longie » Zwillman et Louis « lepke » Buchalter qui avaient grandi dans les ruelles sales.

Beaucoup de juifs, qui étaient socialistes en Europe, devinrent actifs dans les syndicats et dans les grèves et manifestations de travailleurs. Beaucoup de syndicats furent créés par des Juifs.

Les immigrants Juifs sont cependant sortis de la pauvreté et ont progressé plus vite que n’importe quel autre groupe d’immigrants. Selon Rockaway, dans les années 1930, environ 20 % des hommes Juifs exerçaient une profession indépendante, un proportion double de celle qu’on observe dans l’ensemble de la population américaine.

L’antisémitisme s’est affaibli après la seconde guerre mondiale et les restrictions au recrutement de Juifs diminuèrent avant de disparaître conformément au Civil Rights Act de 1964, grâce à la lutte de militants de gauche dont beaucoup étaient Juifs.

En 1957, 75 % des Juifs US étaient des travailleurs en col blanc, contre 35 % de l’ensemble des blancs aux Etats Unis; e, 1970, 87 % des homes Juifs exerçaient dans des employés de bureau contre 42 % pour l’ensemble des blancs; et les Juifs gagnaient 72 % de plus que la moyenne générale de la population. Le seul vestige de leur ancienne pauvreté est qu’ils sont une majorité à continuer à être favorable à une politique sociale dans le parti Démocrate.

En devenant plus riches, les Juifs se sont intégrés dans la société. Ils ont quitté leurs taudis pour les banlieues, abandonné le yiddish et adopté l’habillement, la culture, l’argot et les habitudes de consommation et le type de relations homme-femmes de l’élite non juive.

La plupart des Juifs avaient abandonné la religion en immigrant aux Etats Unis mais y sont retournés par la suite et ont rejoint les communautés conservatrices et réformées, se rapprochant ainsi beaucoup des Américains qui sont en majorité de religion chrétienne.

‘Les Juifs ont toujours étudié plus’

En même temps que les Juifs, des millions d’immigrants étaient arrives aux Etats Unis en provenance d’Irlande, d’Italie, de Chine et de dizaines d’autres pays. Ils se sont eux aussi enracinés depuis, mais les Juifs ont mieux réussi que n’importe qui. Pourquoi ? Tous les spécialistes auxquels nous avons posé la question ont dit que la raison en était l’éducation juive. L’organisation étudiante juive Hillel a constaté que 9 à 33 % des étudiants des plus grandes universités des USA étaient Juifs.

«La tradition juive a toujours sanctifié l’étude, et les Juifs ont fait l’effort d’étudier dès leur arrivée en Amérique, » explique Danny Halperin, ancien chargé des affaires économiques à l’ambassade d’Israël à Washington. « En outre, les Juifs ont une forte tradition entrepreneuriale. Les Irlandais par exemple, venaient de familles de travailleurs agricoles avec une mentalité différente, où on étudie moins et on entreprend moins.

“Les Juifs ont progressé parce que beaucoup de secteurs leur étaient inaccessible,” explique Halperin. « beaucoup d’Irlandais ont été intégrés dans la police par exemple, mais seulement quelques Juifs. Les Juifs ont accédé à des domaines nouveaux dans lesquels on avait besoin de personnes ayant le sens de l’initiative. Ils n’ont pas rejoint le secteur bancaire traditionnel, ils ont alors crée des banques d’investissement. »

“L’industrie cinématographique a été créée à partir de rien dans les années 1930, et les Juifs en ont largement pris le contrôle. A ce jour, il a beaucoup de noms juifs aux échelons supérieurs de Hollywwod et des réseaux de télévision. Ils ont ensuite aussi investi avec force la haute technologie – une autre industrie nouvelle qui requiert des aptitudes pour l’apprentissage. »

 ‘Grand père est arrivé avec deux dollars, papa a fait un doctorat’

“Les Juifs ont été les premiers à connaître la globalisation, » explique Rebecca Caspi, vice présidente des Jewish Federations of North America (JFNA). « Ils avaient un réseau de connexions au niveau mondial bien avant les autres nations, et une communauté forte et solidaire ».

“L’organisation communautaire  juive est considérée comme un modèle à imiter par les autres groups ethniques. Elle a aidé les Juifs partout et particulièrement aux Etats Unis qui ont été toujours beaucoup plus ouverts que d’autres pays et ont offert l’égalité des chances sans toutefois aider les individus. »

Comment les institutions communautaires aident-elles les gens à réussir dans les affaires?

“L’entraide a permis aux Juifs pauvres d’étudier. Ma famille est un exemple de ce qui est arrivé à des millions [de Juifs]. Mon grand-père était arrivé à New York avec deux dollars en poche. Il a vendu des crayons, puis des pantalons et ensuite d’autres choses, et dans le même temps il apprenant l’anglais, l’allemand et l’espagnol et nouait des relations.

 «Il avait cinq enfants et la famille avait une petite boutique à Brooklyn. Ils ont eu une aide de l’organisation juive HIAS qui leur a permis d’étudier. Ils étaient si pauvres qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour les manuels, alors les frères se sont entraidés. Mon père était le plus jeune et au moment où il est entré à l’université, ses quatre frères plus âgés avaient pu s’établir, alors ils l’ont tous aidé à terminer ses études de médecine.»

“Les Juifs devaient exceller pour survivre,” explique Avia Spivak, professeur d’économie et ancien vice gouverneur de la Banque d’Israël. « J’ai eu à une époque un étudiant d’origine russe qui m’avait dit que des parents lui disaient, ‘Tu dois être le meilleur, parce qu’alors tu pourras avoir un petit rôle.’

«C’était la situation des Juifs à l’étranger et en Amérique aussi jusque dans les années 1960. Les universités les plus prestigieuses ne prenaient pas d’étudiants Juifs, alors ils étudiaient dans des facultés [colleges] et obtenaient les meilleurs diplômes. Quand la discrimination a disparu, les Juifs sont arrivés au sommet.»

 Est-ce la raison pour laquelle ils ont mieux réussi aux Etats Unis qu’ailleurs?

La discrimination s’est atténuée dans la plupart des pays. Je pense que les Juifs ont réussi en particulier en Amérique parce que le capitalisme est bon pour les Juifs. Les Juifs ont l’esprit d’entreprise, ils étudient plus et comprennent vite, ils savent comment saisir les opportunités et ont des compétences pour fonctionner en réseau. Un environnement compétitif donne un avantage aux Juifs. »

Est-ce la raison pour laquelle les israéliens ne sont pas aussi riches que les Américains Juifs?

 «Je pense que le ‘génie juif’ – qui n’et pas de nature génétique mais culturelle – s’exprime dans d’autres domaines en Israël. Les Juifs en Amérique sont arrivés dans un pays avec une infrastructure existante, stable et solide. Ici, ils ont dû bâtir toute l’infrastructure à partir de rien, dans des conditions difficiles. »

 ‘Le gouvernement [sioniste] décourage l’aide, mais elle continuera

 Il est hors de doute que l’immense réussite des Juifs Américains a aide les Juifs à survivre en Israël.

“L’aide est plus large que les dons effectués,” explique Caspi. « L’aide fédérale arrive largement grâce aux pressions juives. Les milieux d’affaires israéliens se servent de leurs relations en Amérique pour ouvrir des marchés et lever des fonds, particulièrement dans le domaine du capital-risque. »

L’aide américaine renforce la connexion entre les deux communautés – qui constituent ensemble près de 80 % du peuple juif – mais crée aussi un malaise des deux côtés : les Américains voient Israël comme un «refuge en cas de mauvais jours» et se sentent engagés à aider l’Etat, mais certains pensent que leur argent est gaspillé à cause de mauvais choix ; les Israéliens vivent dans la crainte de qui arriverait si l’aide devait cesser. La crainte augmente compte tenu du fait qu’un tiers des Juifs US se marient avec des non Juifs et disent se sentir moins concernés par Israël.

 “Israël aurait été créée et aurait survécu même sans l’aide américaine, mais elle aurait été plus pauvre, » déclare Halperin. « Il y a des secteurs, comme l’enseignement supérieur, dans lesquels l’aide est vitale – et si elle disparaissait soudainement, les choses seraient très difficiles. »

Chaque fois qu’il y a des tensions entre le gouvernement israélien et les Juifs en Amérique, des personnalités Israéliennes et Américaines préviennent que «un jour ils en auront assez et cesseront de donner.» Cela peut-il arriver ?

  “Le montant des dons a diminué ces dernières années,” explique Halperin. « Les Juifs on un sentiment d’appartenance à la société américaine et font leurs dons auprès d’organisations américaines. Ils veulent voir leurs noms au musée de New York plutôt que dans celui de Jérusalem.

“Avec l’éloignement dans le temps de l’holocauste, les craintes pour l’existence d’Israël diminuent, israël n’est plus perçu comme un pays pauvre. Et les Américains ont leurs propres problèmes : la crise financière et le coût de plus en plus élevé de l’éducation aux Etats Unis. Les dons vont baisser graduellement et pourraient finir par disparaître. »

«Mais j’ai du mal à croire que les dont vont disparaître tout d’un coup à cause d’une crise politique. Il semble que notre gouvernement fasse tout son possible pour que cela arrive, mais heureusement, même de cela il n’est pas capable.»


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