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Le 22 mars, Bruxelles a été victime des « héros de la révolution »

28 mars 2016

Les attentats perpétrés le 22 mars à Bruxelles par des terroristes qui se rattacheraient à « l’Etat Islamique » (Daesh) ont provoqué à juste titre une vive émotion en Belgique et au-delà.

Les commentateurs se demandent pourquoi ces terroristes s’en sont pris à la petite et pacifique Belgique.

Ce sont les Français, en particulier les dirigeants politiques comme Patrick Kanner ou Michel sapin, qui ont donné quelques pistes en pointant du doigt le laxisme des autorités du royaume devant le communautarisme.

Patrick Kanner

Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports

Un danger qui existe potentiellement en France selon nos dirigeants socialistes mais qu’une politique autrement plus judicieuse que celle menée en Belgique permet de maîtriser.

Je laisse ce genre d’explication aux imbéciles parce qu’elle ne permet certainement pas d’expliquer pourquoi maintenant et pourquoi en Belgique ?

Parce que même si assurément ces attentats commis à Bruxelles n’ont pas de bonnes raisons, ils ont cependant des raisons.

L’une d’entre elles est que la Belgique n’est pas ce pays pacifique où on se contente de faire des frites et de brasser de la bière. La Belgique, ancienne puissance coloniale particulièrement brutale, est un pays membre de l’OTAN qui est une alliance militaire dont le siège se trouve précisément dans la capitale belge. A ce titre, la Belgique a participé aux opérations militaires en Libye et est impliquée dans les opérations en cours en Syrie/Irak. Par ailleurs, peu de temps avant les attentats, le gouvernement belge se posait la question de savoir si le pays allait déployer son aviation sur ce théâtre d’opérations ainsi qu’il en était prié par les Etats-Unis.

Il va sans dire que les attentats ont précipité une réponse belge  positive de la Belgique.

Mais il y  a autre chose.

Comme d’autres puissances occidentales, la Belgique a très tôt été favorable à la tentative de renverser par la force le régime en place en Syrie. C’est ainsi que des centaines de jeunes Belges (pour la plupart issus de l’immigration maghrébine) sont partis grossir les rangs de ceux qui luttent les armes à la mai contre le gouvernement syrien.

Ces jeunes ont évidemment le même profil que ceux qui sont passés à l’action à Bruxelles et à Paris ; on nous dit même qu’ils revenaient de ce champ de bataille.

La vérité, ainsi que nous le rappelle l’article que je vous propose, est que ces « djihadistes » étaient très bien vus en Europe et en Occident à une certaine époque. On se souvient de l’appel au meurtre de Bachar el Assad lancé en 2012 par Laurent Fabius selon qui le président syrien « ne mériterait même pas d’être sur la Terre  » ou encore de son jugement positif sur le « bon boulot » réalisé par al Qaïda en Syrie.

Les autorités belges n’étaient pas en reste puisqu’en 2012, le chef de la diplomatie belge envisageait même la possibilité de dédier un monument en mémoire de ceux qu’il qualifiait de « héros de la révolution. »

Nos fils sont victimes du lavage de cerveau de Daesh – et de notre gouvernement

Par Arthur Neslen, The Observer (UK) 27 mars 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Lorsque les fils de Jasmine sont partis pour la Syrie en 2013, elle en a informé la police qui n’a rien fait. Elle considère que sa famille a été trahie par les autorités belges.

Quand les bombes ont explosé à l’aéroport de Zaventem la semaine dernière, Jasmine avait d’abord été saisie par la peur pour sa propre vie et celles de ceux qui devaient prendre l’avion avec elle. Mais une autre crainte était tapie en elle, aussi : que ses fils qui avaient quitté Bruxelles pour la Syrie en 2013 aient pu être impliqués.

 “On ne sait jamais,” dit-elle. « J’ai cette crainte depuis les événements de novembre [à Paris] mais j’ai décidé d’arrêter de penser comme ça parce que c’est une attitude négative qui ne sert à rien pour améliorer les choses. »

Jasmine, qui se trouvait à l’aéroport au moment de l’attentat de la semaine dernière est furieuse que ses garçons aient eu l’autorisation de quitter tout simplement le territoire. Elle avait averti la police de sa crainte que son fils aîné ait été radicalisé et puisse se préparer à partir pour la Syrie après sa découverte dans son lit le soir de Noël 2012 d’un passeport et d’un billet d’avion pour Istanbul. La police n’avait pas été intéressée. « Ils m’avaient juste dit : ‘Non, votre fils a 22 ans. C’est un adulte. Nous n’avons pas de dossier sur lui et il n’est pas interdit d’aller en Syrie et de combattre Bachar, alors nous ne pouvons rien pour vous.’ »

 Son plus jeune fils, Rachid, avait suivi trios mois plus tard alors qu’il n’avait que 16 ans. Il avait dit à sa mère qu’il allait au cinéma puis au bowling avec quelques amis, et il l’avait appelée cette même nuit depuis Istanbul.

 “Comment avait-il pu passer le poste de douane de Zaventem alors qu’il n’avait pas 18 ans, Les autorités aéroportuaires auraient dû les stopper tous les deux, » dit-elle à The Observer. «J’étais complètement anéantie. J’ai juste eu la force d’appeler la police pour demander qu’elle aille là-bas pour me le ramener.»

 Elle fait campagne contre les organisations radicales et pour la réhabilitation de leurs recrues depuis 2013, mais sa colère n’est pas dirigée seulement vers les extrémistes. Le gouvernement a trahi ses enfants aussi, dit-elle, trop contents de laisser les extrémistes partir, et même les y encourageant tacitement.

 “Aujourd’hui, ils disent tous, ‘nous n’aurions jamais imaginé, nous ne savions pas,’ mais en fait, ils étaient complices,” dit-elle. « Nos enfants sont les premières victimes d’une organisation criminelle qui leur a lavé le cerveau. Mais ils sont aussi victimes de nos dirigeants politiques et du ministre des affaires étrangères. »

 Quelques jours après que Rachid eut quitté Bruxelles, Didier Reynders, le chef de la diplomatie belge avait dit de ceux qui partaient combattre : « Un jour, peut-être, nous leur élèverons un monument en tant que héros de la révolution. »

didier reynders

Didier Reynders, vice-premier ministre et ministre belge des affaires étrangères

 Moussa était ambitieux, il étudiait le génie mécanique et il rêvait de développer des moteurs pour voitures de course. Mais après avoir rencontré par hasard un prédicateur radical à Molenbeek – actuellement jugé pour avoir recruté de jeunes hommes pour Daesh – il a commencé à se replier sur lui-même.

 Le seul signal d’alerte qu’il avait donné à Jasmine le jour de son départ avait été une embrassade d’adieu inhabituellement longue dans la cuisine. Tour en se dirigeant vers sa voiture, « il a dit ‘Pardonne-moi maman, pour tous les moments difficiles que je t’ai donnés pendant Noël,’ » explique Jasmine. « Je n’avais pas réalisé qu’il me disait adieu en réalité. »

Rachid était plus calme que d’habitude, apparemment accablé par le départ de son frère, mais un thérapeute familial leur avait dit que c’était un comportement normal pour quelqu’un qui venait de perdre son frère pour cause de départ vers une zone de guerre. « Nous avions mis ça sur le compte du fait qu’il était en état de choc, » dit Jasmine. « Nous n’aurions jamais imaginé que quelque chose d’autre couvait. »

 Depuis lors, son seul contact avec ses enfants s’est fait par le biais de brefs messages écrits.

« Ils nous envoient occasionnellement un message pour demander des nouvelles de la famille et nous dire qu’ils ont la foi. Ils disent toujours qu’ils sont dans des lieux sûrs et que nous ne devons pas nous inquiéter, à part ça,je n’ai aucune piste. »

 Jasmine, Moussa et Rachid sont des pseudonymes

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La Turquie pas d’accord pour stopper la contrebande de pétrole exporté par l’Etat Islamique en Irak et au Levant

14 septembre 2014

Cet article du journal australien The Age est en fait une reprise d’un texte du New York Times avec simplement un titre différent.

Si le titre du New York Times affirme que les Etats Unis cherchent l’aide de la Turquie dans la lutte contre l’Etat Islamique (EI) ou Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), le titre de The Age affirme catégoriquement que la Turquie a opposé une fin de non recevoir à une demande très importante des Etats Unis. Les Etats Unis ont en effet demandé aux autorités d’Ankara de faire cesser la contrebande d’hydrocarbures en provenance d’Irak et de Syrie et ainsi tarir l’essentiel des revenus financiers de l’EIIL.

La Turquie a refusé pour plusieurs raisons dont certaines ont été présentées dans le post qui précède celui-ci : pour faire court, le gouvernement turc compte sur les milices de l’EI pour établir en Syrie et en Irak un ordre politique que le gouvernement présidé par Recep Tayyip Erdogan jugerait plus conforme aux intérêts de son pays.

Si 49 membres du corps consulaire sont en effet détenus par l’EIIL, il ne semble pas que leur vie soit en danger ni que leur sort ait pour l’instant une quelconque influence sur la politique turque dans la région.

La Turquie craint qu’une défaite de l’EIIL soit suivi d’un reflux sur son territoire de nombre de miliciens « djihadistes ». C’est en effet de Turquie que nombre d’entre eux sont venus et l’EIIL a de plus multiplié ses implantations en Turquie même, non seulement dans les zones frontalières mais jusque dans la métropole qu’est Istanbul et recrute des citoyens turcs par centaines.

Le ville industrielle de Dilovasi en périphérie d'Istanbul est un centre de recrutement de l'Etat Islamique en Irak et au Levant

Le ville industrielle de Dilovasi en périphérie d’Istanbul est un centre de recrutement de l’Etat Islamique en Irak et au Levant

Oserais-je dire que les lendemains risquent de déchanter pour Ankara, que les djihadistes perdent ou gagnent ?

Et pour finir, n’oublions pas l’esprit mercantile de Recep Tayyip Erdogan et de sa base politique : les régions méridionales de la Turquie proches de la Syrie et de l’Irak ont été dûrement touchées économiquement par les troubles dans les pays voisins. Leur assurer de l’essence à bon marché, fut-elle de contrebande, faire vivre un négoce lucratif est donc un moyen de solidariser avec le gouvernement les couches de la population qui profitent de ce trafic.

Autant de bonnes raisons pour éviter d’entrer en conflit avec l’EIIL. Les opposants syriens « modérés » selon Laurent Fabius et David Cameron sont arrivés à la même conclusion que le gouvernement turc et font entente avec l’Etat Islamique.

Observons pour conclure que l’armée américaine s’est pour l’instant gardée de s’attaquer aux camions qui acheminent en Turquie le pétrole exporté par l’EIIL.

La Turquie ne bloque pas les revenus pétrolier de l’Etat Islamique malgré la pression des Etats Unis

David E. Sanger et Julie Hirschfeld Davis, The Age (Australie) 14 septembre 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Washington: L’administration Obama s’efforce de bloquer les millions de dollars de revenus pétroliers qui ont fait de l’Etat Islamique une des organisations terroristes les plus riches de l’histoire, mais elle a pour l’instant été incapable de persuader la Turquie, le pays allié membre de l’OTAN où la plus grande partie du pétrole est écoulée sur le marché noir, de s’attaquer à un vaste réseau de vente.

Les officiels du renseignement occidental disent pouvoir suivre les cargaisons de pétrole de l’Etat Islamique quand elles sont transportées d’Irak vers les régions frontalières du sud de la Turquie.

En dépit de longues discussions internes au Pentagone, les forces américaines n’ont jusqu’à présent pas attaqué les camions citernes.

Cependant, a déclaré vendredi un haut responsable de l’administration Obama, « cela reste une option. »

Les difficultés pour un élargissement de l’action contre l’Etat Islamique sous la direction des Etats Unis ont été évidentes dans les discussions qu’a eues le Secrétaire d’Etat US John Kerry avec le président égyptien Fattah al-Sisi qui a exhorté la coalition militaire à cibler d’autres organisations plutôt que l’Etat Islamique.

L’absence de volonté de la Turquie de contribuer à enrayer le commerce pétrolier symbolise l’ampleur des défis auxquels est confrontée la Maison Blanche pour assembler une coalition pour contrer l’organisation militante sunnite et pour lui couper les vivre.

L’accès de l’Etat Islamique à l’argent est essentiel pour lui permettre de recruter des membres, de faire face à la masse salariale de plus en plus importante de ses combattants, d’étendre son rayon d’action et opérer à travers le territoire de deux pays.

« Sous beaucoup d’aspects, la Turquie est une carte maîtresse dans l’équation de cette coalition, » explique Juan Zarate, conseiller principal au Centre for Strategic and International Studies.

« C’est une grande déception : Il existe un vrai danger que la démarche pour affaiblir et détruire l’EIIL soit fragilisée, » explique M. Zarate parlant de l’Etat Islamique. « On a un important allié dans l’OTAN et on ne sait pas si il a la volonté et la capacité de couper le flux d’argent, de combattants et de soutien vers l’EIIL. »

Jeudi, la Turquie a refusé de signer un communiqué en Arabie Saoudite portant engagement des Etats du Golfe persique de la région [c.à.d. sauf l’Iran, NdT] à contrer à l’Etat Islamique, même dans les limites que chaque nation considérera « appropriées ».

Les responsables turcs ont dit à leurs homologies américains qu’avec 49 diplomates turcs retenus en otages en Irak, ils ne pouvaient pas courir le risque de prendre position publiquement contre l’organisation terroriste.

Pourtant, les officiels de l’administration américaine disent croire que la Turquie pourrait considérablement perturber les entrées d’argent vers l’Etat Islamique si elle essayait de le faire.

« Comme n’importe quelle sorte d’activité de contrebande et de marché noir, si vous y mettez les moyens et fautes l’effort de l’attaquer, vous ne l’éradiquerez sans doute pas, mais vous pouvez l’entamer fortement, » a déclaré samedi un haut responsable de l’administration.

Au centre des discussions, on trouve les dizaines de champs pétroliers et de raffineries en terrritoire irakien et syrien passés sous le contrôle de l’organisation. L’extraction a généré un flus financier régulier que les experts situent entre 1 et 2 millions de dollars par jour ; un montant dérisoire au regard du marché pétrolier mondial mais une formidable aubaine pour une organisation terroriste.

Mettant en relief la complexité de la mission de M. Kerry en vue d’obtenir du soutien au Moyen Orient, le président égyptien avait dit auparavant au Secrétaire d’Etat en visite qu’une coalition internationale contre le terrorisme ne devait pas seulement se concentrer sur les militants de l’Etat Islamique, mais aussi sur Ansar Bayt al-Maqdis et l’ennemi du régime égyptien, les Frères Musulmans.

Les responsables sécuritaires égyptiens ont affirmé que l’Etat Islamique avait établi des contacts avec Ansar Bayt al-Maqdis, l’organisation militante la plus dangereuse du pays qui a tué des centaines de membres des forces de sécurité depuis que l’armée a renversé le président islamiste Mohamed Morsi l’an dernier après des manifestations massives contre lui.

New York Times, Reuters

Le socialisme français sous la lumière crue de l’apartheid et du sionisme

9 décembre 2013

Les évolutions politiques en cours depuis la chute du mur de Berlin devraient nous inciter à réfléchir sur ce que nous appelons gauche, droite, fascisme, antifascisme, laïcité etc.

Parce qu’on tend à employer ces mots comme des totems, sans jamais s’interroger sur ce qu’ils recouvrent vraiment.

Certains événements particuliers sont pourtant des occasions de réflexion en ce qu’ils projettent une lumière crue sur une réalité habituellement voilée.

C’est le cas par exemple avec l’annonce du décès et des obsèques de Nelson Mandela, le grand leader Sud-Africain.

Au milieu du concert quasi universel de louanges on a en effet pu observer deux faits significatifs.

Le premier est que François Hollande a décidé d’inviter Nicolas Sarkozy à le rejoindre dans la délégation française qui assistera aux funérailles de Nelson Mandela en Afrique du Sud. Quand on se souvient de la teneur du discours de Nicolas Sarkozy sur l’homme Africain insuffisamment entré dans l’histoire, on peut se demander si cette invitation ne signale pas une affinité supplémentaire entre François Hollande et un Sarkozy avec la politique économique et étrangère duquel le gouvernement socialiste n’a pas vraiment rompu.

L’autre fait significatif est l’annulation du déplacement pour les mêmes funérailles de Benjamin Netanyahou et de Shimon Peres au motif du coût élevé du transport et du séjour ! (Ce qui revient en fait à insulter ouvertement le défunt).

Vous me direz que quand on aime on ne compte pas. Justement la presse ne se gêne pas pour rappeler que les dirigeants sionistes n’aimaient pas Mandela et que celui-ci le leur rendait bien en affichant son soutien à la cause palestinienne.

Maintenant, il faut juste se souvenir des dernières rencontres entre François Hollande et Benjamin Netanyahou et des déclarations d’amitié (presque d’amour) du président Français à l’égard du premier ministre sioniste, où des bisous entre Laurent Fabius et Shimon Peres pour comprendre le caractère incongru de la présence même de François Hollande aux obsèques de Nelson Mandela. Parce que le soutien à l’apartheid par l’entité sioniste n’était pas l’affaire de la droite ou de la gauche sioniste mais de tout le mouvement sioniste.

Laurent Fabius et Shimon Peres, plus qu'une amitié

Laurent Fabius et Shimon Peres, plus qu’une amitié

Shimon Peres, que les socialistes Français ont régulièrement côtoyé dans les rangs de l’Internationale Socialiste était ministre de la défense en 1974 et il fut un des principaux artisans du resserrement des relations avec l’Afrique du Sud ségrégationniste sur la base, selon ses propres termes, «de notre haine commune de l’injustice et de notre refus  de se soumettre à elle» et d’une «identité d’aspirations et d’intérêts».

Angry Arab reproduit une lettre adressée par Shimon Peres en 1974 à Eschel Rhoodie, alors  ministre de l’information Sud-Africain.

Lettre de Shimon Peres à Eschel Rhoodie

Lettre de Shimon Peres à Eschel Rhoodie

Cette lettre est mentionnée par The Guardian, journal selon lequel Eschel Rhoodie avait même rapporté de Tel Aviv, en bagage à main, ce qu’il présentait comme un détonateur pour bombe atomique, c’est-à-dire probablement une substance radioactive de nature à provoquer la réaction en chaîne, l’explosion de la matière fissile.

Ci-dessous la traduction de la lettre de l’ami de Laurent Fabius qui lui aussi a une longue histoire de soutien à Nelson Mandela.

Ministère de la défense

Tel Aviv, le 22 novembre 1974

Top secret

Cher Dr Rhoodie,

Permettez moi de vous remercier très sincèrement pour les gros efforts que vous avez déployés pour assurer le succès des réunions qui se sont tenues à Pretoria les 13 et 14 de ce mois.

C’est en très grande partie grâce à votre perspicacité, votre clairvoyance et à votre imagination politique qu’une coopération d’une importance vitale entre nos deux pays a été initiée. Cette coopération est basée non seulement  sur des intérêts communs et sur la détermination à résister également à nos ennemis, mais aussi sur les fondations inébranlables de notre haine commune de l’injustice et de notre refus  de se soumettre à elle.

Tout comme je suis conscient du rôle personnel significatif que vous avez joué dès les étapes préliminaires de nos discussions, je suis aussi convaincu  que les nouveaux liens que vous avez contribué à forger entre nos deux pays vont se développer dans une proche identité d’aspirations et d’intérêts qui s’avèreront durablement bénéfiques pour nos deux pays.

Je me réjouis de vous rencontrer à nouveau lors de votre prochaine visite en Israël.

Avec mes chaleureuses et sincères salutations,

Shimon Peres, ministre de la défense

Echec des négociations avec l’Iran: le rôle de la diplomatie française dans la stratégie sioniste

10 novembre 2013

La position intransigeante de la France dans les toutes récentes négociations avec l’Iran n’a échappé à personne. Elle en a désarçonné plus d’un et a eu pour résultat l’échec au moins momentané des discussions alors qu’un compromis semblait à portée de main.

On peut se demander ce qui a motivé cette position dure de la France.

On peut d’emblée écarter un motif lié à l’orgueil national blessé par la reculade de Barack Obama sur le dossier syrien alors que François Hollande était fin prêt à envoyer l’aviation française bombarder la Syrie.

Il n’est effectivement nullement question d’orgueil national et cocardier dans la démarche française mais plutôt d’un alignement et d’une obéissance complète à l’Etat (prétendu) juif dont les intérêts se confondent plus que jamais avec ceux de la France.

Du moins dans la tête de Laurent Fabius et de tous ceux qui à Paris ont soit des affinités tribales avec l’Etat prétendu juif, soit ont une dette envers les représentants du lobby sioniste dans l’hexagone ou aux Etats Unis.

Que je sache, l’Iran n’a jamais menacé la France et a toujours, au contraire, fait savoir son souhait d’entretenir des relations normales avec ce pays.

Le blogueur américain Moon of Alabama nous livre son analyse de l’échec des négociations de Genève en situant le positionnement de la France dans son contexte politique et dans la duré historique.

Il nous explique que si, à son avis, la France ne peut pas empêcher durablement les Etats Unis de conclure un accord avec l’Iran parce qu’un tel accord est d’une nécessité vitale pour Washington, l’objectif de la diplomatie française est, en accord avec Tel Aviv et les néoconservateurs Américains, d’obtenir le délai qui permettra au Congrès des Etats Unis d’adopter une nouvelle vague de sanctions contre l’Iran.

Voilà comment Laurent Fabius et François Hollande agissent au nom de la France mais en réalité comme de simples exécutants de la volonté des sionistes et de leurs amis néocons.

Cette attitude française, notamment de la gauche non communiste, n’est en rien une nouveauté ou un secret, On peut ainsi lire sur Juif.org :

– C’est Shimon Pérès [membre de l’Internationale Socialiste] qui est le grand architecte de ce programme et sans sa volonté déterminée et son grand talent diplomatique, Israël n’aurait jamais eu la Bombe atomique !

Dès 53, ce jeune DG de 30 ans (!) du Ministère de la Défense, aidé par Joseph Nahmias, délégué de la défense israélienne, pilote la coopération franco-israélienne.

Son contact est le ‘Dir Cab’ de Bourgès-Maunoury, Ministre de l’Intérieur, Abel Thomas, sioniste militant (frère mort à Buchenwald). La séduction passe, la coopération est totale : Thomas fournit les contacts nécessaires et un bureau au Ministère de la Défense !!

En 56, coup de chance avec Bourgès-Maunoury, nommé Ministre de la Défense de Guy Mollet.

Une étroite coopération s’amorce.

Eh oui, vous avez bien lu : l’Etat sioniste disposait d’un bureau dans les locaux du ministère français de la défense !

Vive la France crie-t-on à Tel Aviv.

La France bloque la bascule des USA vers la Perse

Moon of Alabama (USA) 10 novembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

La France a été un important agent de la prolifération nucléaire au Moyen Orient. Alors qu’elle a travaillé et continue à le faire pour permettre à certains pays de produire des armes atomiques, elle prétend s’opposer à toute capacité nucléaire civile dans d’autres. Les raisons premières de cette attitudes sont la rapacité et une certaine nostalgie de sa grandeur passée qui ne peut plus s’appuyer aujourd’hui sur les indispensables moyens économiques et militaires.

FAS: Nuclear Weapons – Israel

Le 3 octobre 1957, la France et Israël ont signé un accord révisé appelant la France à construire un réacteur de 24 MW (quoique les dispositifs de refroidissement et de traitement des déchets aient été conçus pour trois fois cette puissance) et, dans des protocoles non rendus publics, une installation de retraitement chimique. Ce complexe a été construit en secret, hors du régime d’inspection de l’AIEA, par des techniciens Français et Israéliens à Dimona dans le désert du Negev, sous la supervision du colonel Manes Pratt de l’armement israélien.

Saudi Gazette, Oct 3, 2013 La France prête à être le partenaire stratégique du royaume d’Arabie Saoudite dans les domaines du nucléaire et des énergies renouvelables

S’exprimant devant la Saoudi Gazette, l’ambassadeur de France auprès du royaume a déclaré «l’objectif de cette rencontre est très clair. La France a été le premier pays a signer un accord d’Etat à Etat sur le nucléaire et l’énergie parce que nous pensons qu’il faut prendre en compte le vaste programme que le gouvernement saoudien veut lancer dans le domaine nucléaire et que la France a beaucoup à apporter en terme d’excellence dans la technologie nucléaire au niveau mondial. 

France 24 : Hollande soutient Israël sur la menace nucléaire iranienne

Un jour après que Benjamin Netanyahou a exhorté la France a adopter une position de fermeté sur l’Iran, la président Français François Hollande a parlé au téléphone avec le premier ministre Israélien et a promis le soutien de la France.

The Guardian : Les discussions de Genève se terminent sans accord sur le programme nucléaire iranien

Trois jours éprouvants de diplomatie au plus haut niveau à Genève se sont achevés sans accord sur le programme nucléaire iranien, après le blocage par la France d’un accord intérimaire visant à réduire les tensions et à donner plus de temps aux négociations.

Les diplomates participant aux discussions étaient furieux du rôle joué par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius qu’ils ont accusé de briser l’unité des rangs en révélant des détails sur les négociations dès son arrivée à Genève samedi matin, puis d’avoir enfreint le protocole en présentant les résultats à la presse avant l’arrivée d’Ashton et de Zarif à la conférence de presse de clôture.

Un accord provisoire à Genève aurait été la première étape pour un accord plus global sur le nucléaire qui aurait ramené l’Iran dans le concert des nations. Cet accord aurait été le point de départ de la «bascule vers la Perse» par laquelle les Etats Unis auraient compensé leurs relations difficiles avec Israël et l’Arabie saoudite grâce à des relations amicales avec l’Iran. Sans un tel rééquilibrage au Moyen Orient, les Etats Unis seront financièrement et militairement incapables d’exécuter leur plan de recentrage vers l’Asie.

La France a fait capoter un accord historique et, malgré les signaux précédemment envoyés par la France, les autres pays «occidentaux» engagés dans les négociations n’étaient pas préparés et leurs ministres des affaires étrangères ont été incapables de gérer l’intransigeance française. Cette désunion à l’intérieur du groupe des P5+1 qui négocie avec l’Iran va entraver toute négociation ultérieure. Avec qui l’Iran peut-il négocier s’il n’y a pas d’opposition unie ?

A gauche: Laurent Fabius est le seul à sourire. A droite: ambiance détendue avec Catherine Ashton, John Kerry et Mohammad Javad Zarif,

A gauche: Laurent Fabius est le seul à sourire. A droite: ambiance détendue avec Catherine Ashton, John Kerry et Mohammad Javad Zarif,

L’impasse actuelle donne au Congrès des Etats Unis et aux laquais de Netanyahou en son sein une occasion d’infliger de nouvelles sanctions à l’Iran en les adjoignant au National Defense Authorization Act qui doit être voté d’ici quelques semaines. Mais la désunion des P5+1 est, au moins à court terme, positive pour l’Iran. Personne ne peut l’accuser de ne pas vouloir négocier et de ne pas chercher activement un compromis. Les sanctions que le Congrès va adopter seront des sanctions sur les parties tierces qui «puniront» les pays pour leur commerce avec l’Iran. Comme il est évident que ce n’est pas l’Iran qui fait obstacle à un accord, ces pays tiers seront peu disposés à se conformer à un tel diktat du Congrès US. Le régime des sanctions va donc se déliter. Lentement d’abord, puis de plus en plus vite.

Il est douteux que la France, l’Arabie Saoudite et Israël seront capables de bloquer un accord avec l’Iran pendant plus d’un an Il y a une logique historique dans un basculement des Etats Unis et de «l’Occident» en général vers la Perse car un tel repositionnement leur permettrait de se détacher des «alliés» capricieux qui sont actuellement les leurs au Moyen Orient. La réaction hostile de l’opinion américaine à la tentative de lancer une guerre ouverte contre la Syrie a été un signe que des changements historiques dans les alliances actuelles sont inévitables.

Armes chimiques en Syrie, les premières inculpations.

13 septembre 2013

Le gouvernement turc est un des plus fermes soutiens à l’opposition syrienne armée à laquelle il fournit une aide multiforme.

Il n’empêche que la justice turque vient d’inculper un «rebelle» syrien dont une des activités consistait à acheter des substances chimiques dont certaines qui entrent dans la composition du gaz sarin.

Le sarin est ce gaz de combat que les forces gouvernementales syriennes sont accusées d’avoir utilisé en août dernier dans la périphérie de Damas.

Laurent Fabius devrait aller expliquer à la justice turque qu’elle fait fausse route et que c’est Bachar al-Assad quelle devrait inculper.

 

Des groupes de rebelles syriens ont essayé d’acheté des composants d’armes chimiques, affirment des procureurs

ADANA – Doğan News Agency, Hürriyet (Turquie) 12 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un procureur a bouclé le 12 septembre son acte d’inculpation dans le cadre d’une enquête sur les substances chimiques saisies dans la province méridionale de Hatay. Il affirme que des groupes de rebelles djihadistes syriens avaient cherché à acquérir des matériaux qui pouvaient être utilisés dans la production de sarin, un gaz extrêmement toxique.

L’acte d’accusation qui comprend des transcriptions de plusieurs conversations téléphoniques entre les suspects impliqués indique qu’un citoyen syrien âgé de 35 ans, identifié sous le nom d’Hytham Qassap était entré en contact avec un réseau en Turquie afin de se procurer des substances chimiques pour le Front al-Nosra et les djihadistes des brigades Ahrar al-Sham.

L’acte d’accusation  a rejeté la validité des déclarations des suspects selon lesquelles ils ignoraient que les substances chimiques qu’ils essayaient d’obtenir pouvaient servir à produire du gaz sarin.

“Les suspects ont plaidé non coupable en affirmant qu’ils ne savaient pas que les substances qu’ils essayaient d’acquérir pouvaient servir à fabriquer du gaz sarin. Les suspects n’ont cessé d’énoncer des faits incohérents et contradictoires sur cette question,» indique l’acte d’accusation.

Les magistrats ont aussi signalé que les fournisseurs turcs des substances chimiques avaient dit au principal suspect, Qassap lors des conversations téléphoniques, que deux des huit produits chimiques qu’il essayait d’acquérir étaient soumis à approbation par l’Etat.

L’acte d’accusation contient aussi le témoignage de Qassap où il avoue ses liens avec les brigades Ahrar al-Sham et s’être rendu à Antakya sur ordre de leur chef, Abu Walid. «Après mon arrivée à Antakya, d’autres groupes rebelles sont entrés en contact avec moi. Tandis que certains le demandaient des médicaments et d’autres fournitures de nature humanitaire, d’autres voulaient obtenir de l’équipement militaire,» a-t-il dit aux procureurs.

Onze personnes en tout avaient été arrêtés au cours d’une enquête lancée en mai dernier après que la police avait reçu un tuyau suggérant que certains groupes de rebelles syriens cherchaient à se procurer des matériaux qui pouvaient servir à produire des armes chimiques.

Qassap et cinq suspects turcs ont été arrêtés tandis que cinq autres ont été relâchés. Ces derniers ont été libérés après que des tests en laboratoire ont démontré que les substances saisies durant l’opération n’étaient pas du gaz sarin.

 

A-t-on besoin de l’ONU pour traiter le dossier des armes chimiques syriennes?

11 septembre 2013

On entend certains commentateurs et le gouvernement français affirmer que c’est la menace crédible d’un recours à la force qui a amené la Russie à faire une proposition visant à détruire les stocks d’armes chimiques dont dispose ou disposerait l’armée syrienne.

Cette appréciation est fausse comme le montre le blogueur qui anime Moon of Alabama, un de ces sites indispensables pour comprendre le monde contemporain.

La vérité est que, comme au jeu d’échecs, les autorités russes ont exploité immédiatement une faille apparue dans le jeu de l’adversaire et ont avancé un pion dont le positionnement a désarçonné ce dernier.

L’analogie avec le jeu d’échecs s’arrête là, parce que le but de la diplomatie russe n’est pas de mettre en échec les Etats Unis et encore moins de les mettre mat (c’est-à-dire de les mettre à mort) mais de trouver un moyen pour sortir les Etats Unis de la logique de guerre dans laquelle ils se sont malencontreusement enferrés.

La France en est désormais réduite aux gesticulations oiseuses et belliqueuses du sieur Laurent Fabius qui est furieux de perdre l’occasion de faire sa guerre pour l’Etat prétendu juif. Après le report du vote au Congrès par le président Obama, c’est là le deuxième sévère camouflet subi par une diplomatie français prise en otage par les zélateurs de Tel Aviv.

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La paix, c’est pas la joie…

De fait, les possibilités offertes dorénavant à la diplomatie ne se limitent pas , tant s’en faut, à une résolution de l’ONU du genre « prête à être bafouée » par les prétendus garants du droit international que seraient la France et le Royaume Uni, deux régimes notoirement fauteurs de guerre.

Pas besoin de l’ONU pour régler la question de l’armement chimique syrien

Moon Of Alabama (USA) 10 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Gregg Carlstrom résume le message confus d’Obama sur la Syrie:

Nous sommes  « sérieusement sceptiques  » devant l’offre, qu’à l’origine nous avions accidentellement proposé quelques heures plus tôt, pour résoudre pacifiquement un bras de fer sur une «ligne rouge» qui nous avions accidentellement fixée l’année dernière. À tout le moins, elle va retarder de plusieurs semaines, notre réponse à un massacre «déplorable», notre «moment munichois» qui, nous le promettons sera « incroyablement petit et très limité. »

Pour tous ceux qui ont suivi de près les évènements d’hier (et les questions à plus long terme), il est évident que l’administration Obama n’avait pas prévu un tel développement. Il n’a pas été le résultat d’une diplomatie intelligente mais celui d’une autre gaffe de Kerry dont la Russie s’est servie pour transformer une situation tendue en un schéma gagnant pour presque toutes les parties.

L’initiative russe qui utilisé des propos désinvoltes de Kerry a épargné à la Syrie une attaque imminente par les forces US qui aurait modifié l’équilibre sur le champ de bataille au profit des rebelles et des terroristes soutenus par l’étranger. Elle renforce la position d’Assad à l’international en tant que chef de l’Etat syrien. Elle sauve aussi l’administration Obama d’une sévère défaite au Congrès et de l’embarras d’une frappe unilatérale et illégale qui aurait été trop puissante pour être vue comme justifiée – aussi bien dans le monde qu’au niveau national – et trop peu importante pour calmer les bellicistes israéliens et les autres soutiens de l’insurrection.

Le Secrétaire Général de l’ONU, la Chine, la Grande Bretagne, la France et la Ligue Arabe ont salué l’initiative russe. La Syrie l’a acceptée. Comme on pouvait le prévoir, les insurgés syriens sont contre la proposition russe tout comme les Israéliens. Ils n’y pourront rien. L’élan de l’administration Obama vers la guerre est maintenant brisé et ne pourra être relancé. Aller vers la guerre nécessiterait maintenant une campagne de propagande complètement nouvelle basée sur une autre cause pseudo-rationnelle.

La France propose aujourd’hui une résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU pour adopter une proposition qui reste encore à définir. La France et la Grande Bretagne vont essayer de placer cette résolution sous le chapitre VII de [la charte de] l’ONU qui autoriserait en fin de compte le recours à la force contre la Syrie.

Ni la Russie, ni la Chine ne l’accepteront. Il n’y a en réalité aucun besoin d’une résolution de l’ONU même si la Russie préférerait avoir une déclaration du Conseil de Sécurité sur cette question ne serait-ce que pour ramener les Etats Unis dans le champ du droit international.

Les stocks chimiques de la Syrie peuvent être placés sous contrôle international par une remise immédiate des clefs des dépôts à des officiers chinois et russes. La Syrie pourrait alors entrer en contact avec l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) et demander à ses inspecteurs de travailler avec les officiers étrangers pour inventorier et vérifier les registres de stockage et concevoir des plans pour leur destruction finale. L’OIAC est une organisation légale internationale de plein exercice et non une agence de l’ONU. La Syrie adhérerait à l’OIAC en signant et en ratifiant la Convention sur les Armes Chimiques. La Syrie informerait le Secrétaire Général de l’ONU de ces démarches. Il n’y a aucune raison juridique pour impliquer les nations Unies ou le Conseil de Sécurité dans ces démarches.

La destruction des stocks syriens pourrait prendre du temps. On cherchera à éviter de transporter ces produits chimiques et on préférera construire une installation spécifique de traitement et d’incinération quelque part dans le désert syrien pour y détruire ces munitions et produits chimiques. Ce qui pourrait prendre, comme aux Etats Unis, une dizaine d’années voire plus.

Je ne vois pas par quel moyen les Etats Unis et leurs allies pourraient exercer une pression raisonnable pour une résolution sous le chapitre VII. La Syrie déclare, comme tant d’autres Etats avant elle, qu’elle va volontairement  faire la démarche de satisfaire à la convention sur les armes chimiques. Alors pourquoi donc devrait-elle, contrairement à d’autres pays avent elle, être menacée par la force de devoir le faire ? En cas de résolution sur les armes chimiques au Moyen Orient, la Russie et la Chine doivent insister pour qu’elle concerne tous les pays du Moyen Orient, dont bien sûr l’armement chimique israélien. C’est une demande raisonnable qui sera rejetée par les Etats Unis à qui on pourra à bon droit reprocher d’avoir fait échouer l’adoption de la résolution.

Si Obama est intelligent, il reconnaîtra que la Russie lui aura évité de ruiner son mandat présidentiel. Il devrait se servir de ce moment pour repenser sa stratégie syrienne, pour se dissocier de l’alliance saoudo-turco-israélienne qui veut détruire la Syrie et accepter finalement une solution diplomatique et politique pour le peuple syrien.

Syrie: seule l’opinion publique française peut empêcher la guerre

1 septembre 2013

Après la décision inattendue de Barack Obama de demander au Congrès l’autorisation d’attaquer la Syrie, certains se sont pris à espérer que cette autorisation lui serait refusée comme elle l’a été à David Cameron par les députés britanniques.

Si le gouvernement syrien a salué une « reculade historique« , on est bien conscient à Damas que l’hypothèse que l’autorisation d’attaquer la Syrie soit accordée par le Congrès des Etats Unis reste d’actualité.

L’idée qui prévaut est qu’en cas d’accord du Congrès, l’armée américaine procédera à des bombardements limités sur des cibles militaires sans toucher au coeur du régime syrien.

Vu qu’on sait à peu près comment les guerres commencent mais rarement comment elles évoluent et finissent, Je vais me hasarder à une autre hypothèse (farfelue je l’espère): si Barack Obama a décidé contre toute attente de se tourner vers le Congrès, c’est qu’il envisage une attaque d’ampleur qui visera à mettre à bas le régime et conduira nécessairement à occuper ou faire occuper militairement la Syrie.

A cela il y a plusieurs raisons. La première est que les sionistes fanatiques, Bernard-Botul-Henri Lévy en tête, ont décidé qu’il fallait mettre un terme au régime baathiste et l’ont clairement notifié au président des Etats Unis.

L’autre raison tient à la situation politico-militaire en Syrie même. Depuis quelques temps, l’armée gouvernementale prend le dessus partout où elle a décidé de passer à l’offensive, ainsi qu’on a pu le voir à Homs, à al Qussayr et dans la Ghouta. L’hypothèse d’un succès décisif et définitif de l’armée syrienne est un scénario inacceptable pour tous les prétendus « amis » de la Syrie comme Laurent Fabius, Barack Obama , Recep Tayyip Erdogan où les différents potentats du Golfe.

Laurent Fabius et Barack Obama ne souhaitent cependant pas une victoire des djihadistes ou takfiristes qu’ils ont pourtant encouragés à combattre le régime syrien. Or ces djihadistes, takfiristes et autres Frères Musulmans sont la véritable force militaire que le gouvernement syrien doit affronter, l’Armés Syrienne Libre ayant surtout une existence documentaire et de relations publiques.

Par ailleurs, l’opposition en cour dans les chancelleries occidentales, la fameuse Coalition au nom à rallonge,

« ne contrôle pas de manière significative les événements sur le terrain, il n’y a donc pas [d’opposition cohérente] pour empêcher [les organisations islamistes] d’occuper l’espace, et c’est ce qu’on observe constamment sur le terrain. »

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« Si Assad tombe, on ne sait pas trop ce qui comblera le vide. Ce serait probablement un mélange d’un peu de tout [car] aucune organisation n’est assez forte. Les combats continueraient donc, avec le renforcement des extrémistes dans tous les camps. »

Nous avons donc la situation paradoxale d’une coalition d’opposition qui est avant tout une réalité virtuelle qui existe surtout dans la communication et les réunions avec des dirigeants étrangers mais qui est pourtant reconnue et présentée comme le représentant authentique du peuple syrien. Un paradoxe qui avait un peu gêné  le ministre des affaires étrangères britanniques William Hague qui avait résolu le problème en qualifiant la coalition de « légitime mais pas populaire.« 

En cas de chute du régime, le scénario le plus probable est une Syrie scindée en fiefs (pas exclusivement selon des clivages confessionnels) qui passent leur temps à se combattre et poseraient un risque sécuritaire pour tous les Etats de la région.

Le seul moyen logique d’éviter un tel scénario est une occupation militaire

La dernière raison qui plaide pour l’hypothèse d’une intervention militaire décisive, c’est que les gouvernements français et américain sont allés beaucoup trop loin non seulement sur le plan du soutien politique et militaire aux forces d’opposition, mais aussi sur le plan rhétorique. Qu’on songe seulement à Lolo (Laurent Fabius) selon qui Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre, à John Kerry, le Secrétaire d’Etat US qui parle du président syrien comme d’un voyou et d’un assassin.

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Pour M. et Mme Kerry, dîner avec un voyou avait été une expérience agréable

Las but not least, Harlem Désir se laisse aller à dénoncer l’esprit munichois de l’UMP.

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Nos trois physionomistes ont le coup d’oeil pour reconnaître les « munichois »

Et quand ces gens, qu’ils s’appellent Harlem Désir, Bernard Kouchner, Bernard-Botul-Henri Lévy ou Benjamin Netanyahou parlent d’esprit munichois, c’est qu’ils sont prêts à tout et ne reculeront pas devant les crimes les plus abjects quitte à les affubler du doux nom de guerres humanitaires.

Seule l’opinion publique française peut aujourd’hui faire avorter les projets guerriers concoctés avec les néoconservateurs américains par les socialistes à la manière Guy Mollet. Si la France renonce à ses projets d’agression, on peut concevoir que l’es Etats Unis renoncent à agir dans un isolement quasi total.

 

PS: mon scénario est sans doute inepte (mais pas plus que les propos d’Harlem Désir après tout)

 

Syrie et armes chimiques: la force de destruction du mensonge

26 août 2013

Jason Diltz d’Antiwar nous parle des armes chimiques en Syrie. Plus précisément, il fait le point sur la manipulation grotesque mise en place par les gouvernement occidentaux pour accuser les autorités syriennes d’avoir utilisé de telles armes contre la population civile.

A ceux qui veulent une preuve de l’étendue de la manipulation, celle-ci est apporté par Diltz qui signale que le gouvernement des Etats Unis a essayé d’obtenir du Secrétaire Général de l’ONU qu’il ordonne le retrait des inspecteurs spécialisés qui se trouvent en ce moment même en Syrie.

Apparemment, les régimes occidentaux seraient prêts à en découdre contre la Syrie et une attaque serait prévue dans les deux semaines à venir.

De fait, tout en stigmatisant une éventuelle agression occidentale contre la Syrie, la Russie a fait clairement savoir qu’ elle ne s’opposerait pas militairement à une telle entreprise.

On comprend bien que la Russie n’en a ni les moyens et encore moins la volonté. Mais qu’elle a sans doute reçu des garanties que les bombardements auraient une portée somme toute limitée sur le plan politique, c’est-à-dire qu’ils ne viseraient pas à détruire la direction politique syrienne mais à l’affaiblir significativement et à entretenir ainsi le chaos dans le pays.

Fait nouveau, le régime sioniste a également fait savoir nettement qu’il encourageait une telle démarche agressive contre le pouvoir syrien.

Pour prendre la mesure de l’émotion suscitée en effet par l’usage (certain d’après François Hollande) supposé d’armes chimiques par l’armée syrienne, il suffit de constater l’état de confusion mentale d’un Laurent Fabius qui est allé confier son affliction à son ami Shimon Peres, un utilisateur pourtant avéré de l’arme chimique contre le peuple palestinien.

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Le Journal du Dimanche « le président (sioniste) Shimon Peres, qui embrasse Laurent Fabius comme un membre de sa famille »

Ce qui déclenche ces poussées humanitaires (traduisez bellicistes) chez les dirigeants occidentaux, c’est tout simplement l’état de déconfiture politique et militaire de leurs protégés qui sont repoussés partout où l’armée gouvernementale a décidé de passer à l’offensive. Ce fut le cas à al Qussayr , aux alentours de Lattaquié et c’est maintenant le cas dans la périphérie de Damas.

Les offensives de l’armée syrienne se soldent à chaque fois par de lourdes pertes chez l’adversaire qui les compense en faisant de plus en plus appel à des gamins qu’on endoctrine  contre le gré des familles ou avec l’accord de celles qui ont un besoin désespéré de moyens de subsistance et qui acceptent donc de recevoir une indemnisation [le salaire de l’enfant soldat) et peuvent même passer en tête de liste pour l’accès à l’aide alimentaire.  

On signale même une tendance nouvelle, l’arrivée de jeunes mineurs venus de Tunisie, d’Algérie et d’Europe pour combattre en Syrie.

L’ONU rejette un appel des Etats Unis à retirer ses inspecteurs de Syrie tandis que la guerre menace

Les Etats Unis se préparent à attaquer, mais les inspecteurs contunuent ) enquêter sur les accusations

Par  Jason Ditz, Antiwar (USA) 26 août 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon a rejeté aujourd’hui les demandes américaines de retirer de Syrie les inspecteurs en armement chimique, les personnes informées de la teneur de la conversation affirmant qu’il est «resté ferme sur le principe.»

Les dirigeants des Etats Unis et d’autres pays occidentaux cherchent désespérément à préserver leur version sur l’usage d’armes chimiques par la Syrie et semblent craindre que cette dernière soit sérieusement mise à mal par l’enquête onusienne.

C’est pourquoi, après avoir d’abord exigé que les inspecteurs puissent se rendre sur site, les Etats Unis ont brusquement tourné  casaque quand la Syrie a accepté, insistant pour dire qu’il était «trop tard.» Depuis, les officiels [occidentaux] ont soutenu être déjà convaincus de la culpabilité [de l’armée] syrienne sur la base d’informations de presse et de déclarations des rebelles, et se préparent à lancer des attaques dans les quinze jours à venir.

Les dirigeants britanniques ont franchi un pas supplémentaire et ont essayé d’anticiper sur les conclusions de l’enquête en affirmant que les preuves ont probablement été détruites ou «trafiquées» et que ce que les enquêteurs diront au monde sur ce qui s’est passé à Jobar sera dépourvu de fiabilité.

A l’instar de ce qui avait conduit à l’invasion de l’Irak, les dirigeants occidentaux ont déjà pris leur décision et sont maintenant en train de faire tout leur possible pour éviter la production de preuves qui ruineraient leur projet.

Réunion des vrais amis de la Syrie le 29 mai à Téhéran

26 mai 2013

La France a été et reste très en pointe dans la démarche consistant à fédérer les énergies pour renverser le président Syrien Bachar al-Assad.

L’aspect le plus visible de cette démarche a été la mise en place du groupe des « amis de la Syrie » ou « du peuple syrien », soit une masse de pays supposés incarner une volonté internationale, en réalité un alibi pour couvrir les agissements d’une clique d’Etats voyous emmenée par le gouvernement français sous les couleurs de l’UMP puis du PS.

L’action française a fait long feu comme l’a montré la dernière réunion à Amman des « amis » de la Syrie, rassemblant péniblement onze Etats participants et une opposition syrienne à qui il a fallu tirer l’oreille pour qu’elle daigne être présente.

On rappellera qu’en juillet 2012, c’est une centaine de pays qui étaient présents à la réunion des « amis » de la Syrie qui se tenait à Paris.

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L’heure de gloire de Laurent Fabius en juillet 2012 à Paris

L’échec sur le plan diplomatique est patent pour Laurent Fabius qui n’en reste pas moins arrogant comme au premier jour.

Dans quelques jours, le 29 mai, une autre réunion des amis de la Syrie va se tenir mais à Téhéran et à l’invitation des autorités iraniennes.

Une quarantaine de pays devraient être représentés dont la Russie et la Chine. Le sultanat d’Oman a confirmé sa participation tandis que des invitations ont été adressées au Qatar, à la Turquie et à l’Arabie Saoudite.

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Téhéran août 2012: les représentants de 30 pays discutent de la situation en Syrie

On peut supposer que le royaume wahhabite sera présent parce que, et c’est quelque chose qui est négligé par vos journaux, l’Arabie Saoudite fait partie d’un groupe de contact sur la Syrie dans lequel elle est associée à l’Iran, à la Turquie et à l’Egypte. La création de ce groupe en mars 2012 s’était d’ailleurs faite à l’initiative de Mohamed Morsi, le président Egyptien.

Le gouvernement iranien est optimiste sur le succès de cette nouvelle réunion des vrais amis de la Syrie et sur les  progrès auxquels elle pourrait permettre d’aboutir.

Et n’oublions pas que dès le début, l’Iran a plaidé pour une résolution pacifique de la crise syrienne et, à cette fin, a pris langue et gardé contact avec toutes les parties.

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L’un est à gauche et l’autre à droite (du moins sur la photo)

A comparer avec le comportement barbare des deux énarques qui se sont succédé à la tête du Quai d’Orsay.

France – Syrie, le sens du mot amitié selon Laurent Fabius

25 mai 2013

Je vous reproduis un article de Reuters dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas beaucoup de succès dans la presse française qui le reprend fort peu.

Et qui permet de constater que le gouvernement français, qui se prétend « ami » de la Syrie (sans doute au nom de son passé e force occupante dans ce pays, rechigne à accueillir le réfugiés Syriens.

La même France qui a pourtant tout fait pour aggraver et prolonger le conflit dans ce pays arabe, dépêchant sur place et dans les pays voisins des conseillers militaires pour encadrer l’opposition armée, plaidant aussi comme une forcenée pour un accroissement quantitatif et qualitatif des livraisons d’armes aux milices d’opposition, exigeant comme condition préalable à tout arrêt des hostilités le départ de Bachar al-Assad qui « ne mériterait pas de vivre », dixit Laurent Fabius qui lui, par contre , mériterait de vivre.

C'est aux autres d'assumer les conséquences choix de la France

C’est aux autres d’assumer les conséquences des choix politiques de la France

L’article expose dans toute sa nudité l »hypocrisie de l’amitié de la France pour la Syrie

La France rechigne à accueillir plus de réfugiés syriens

Capital.fr
Source : Reuters 24/05/2013 à 12:40 / Mis à jour le 24/05/2013 à 12:45

Plusieurs centaines de Syriens ont demandé l’asile en France depuis 2011 dans l’espoir d’échapper au conflit qui fait rage depuis plus de deux ans et qui a causé la mort de 80.000 personnes et la fuite de plus de 1,5 million de personnes. Des chiffres dérisoires au regard des demandes adressées à l’Allemagne et à la Suède, – avec respectivement, pour la seule année 2012, 6.200 et 7.800 demandes de réfugiés syriens -, mais qui selon certaines ONG pourrait être revu à la hausse si la France acceptait de revoir ses capacités d’accueil.

Pour Marouane, tout à basculé à l’été 2012 lors de la bataille d’Alep opposant les rebelles aux forces du président Bachar al Assad. En l’espace de quelques semaines, les allusions jusque là discrètes à son engagement en faveur de la démocratie se sont transformées en menaces à peine voilées.

« J’ai reçu plusieurs coups de téléphone. Quand j’ai vu que les choses se dégradaient, j’ai décidé de partir pour mettre à l’abri ma femme et mes deux filles », explique ce médecin chrétien de 55 ans, qui a rejoint en novembre la France, où il a déposé une demande d’asile.

Comme lui, plusieurs centaines de Syriens ont demandé l’asile en France depuis 2011 dans l’espoir d’échapper au conflit qui fait rage depuis plus de deux ans et qui a causé la mort de 80.000 personnes et la fuite de plus de 1,5 million de personnes. Ils étaient 100 à faire cette demande en 2011, 450 en 2012 et 282 au cours de quatre premiers mois de 2013.

Des chiffres dérisoires au regard des demandes adressées à l’Allemagne et à la Suède, – avec respectivement, pour la seule année 2012, 6.200 et 7.800 demandes de réfugiés syriens -, mais qui selon certaines ONG pourrait être revu à la hausse si la France acceptait de revoir ses capacités d’accueil.

Un scénario qui permettrait de désengorger les camps de réfugiés en Turquie et en Jordanie mais qui est pour l’heure écarté par les autorités françaises qui évoquent un « système d’asile à bout de souffle » et appellent à s’attaquer aux racines du problème en trouvant en priorité une solution politique.

« L’Europe n’est pour l’instant pas affectée par l’exode des Syriens mais cela pourrait changer, notamment au vu du nombre important de Syriens dans les camps situés dans les pays limitrophes qui risquent d’être complètement submergés par l’afflux », souligne William Spindler, porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés à Paris.

Selon le HCR, le nombre de réfugiés syriens, actuellement d’un million et demi, risque en effet d’être multiplié par deux ou par trois d’ici à la fin de l’année.

« SATURES »

Face à la dégradation de la situation, l’Allemagne a annoncé en mars qu’elle accueillerait au moins 5.000 réfugiés syriens supplémentaires en 2013, une décision saluée par la Commission européenne qui a émis l’espoir que d’autres Etats membres de l’UE suivent cet exemple.

Un espoir partagé par le HCR qui estime qu’il est temps pour la France d’accueillir davantage de réfugiés face à la situation alarmante observée dans les camps turcs et jordaniens où les conditions sanitaires et sécuritaires se dégradent chaque jour.

Pour la présidente d’Amnesty International France, Geneviève Garrigos, « la dégradation de la situation et l’afflux constant de réfugiés peut avoir un impact sur la stabilité de toute la région et l’UE portera une grande part de responsabilité pour son inaction aujourd’hui. »

Invoquant des centres d’hébergement des demandeurs d’asile (Cada) « saturés », Paris, pourtant en première ligne dans le dossier syrien, se dit dans l’incapacité d’accueillir en urgence des réfugiés comme ce fut le cas pour les chrétiens d’Irak en 2010 après l’attaque de leurs lieux de culte.

« La saturation du dispositif d’accueil, due à la hausse de la demande d’asile et à l’augmentation des délais de traitement, ne permet pas à la France, à ce jour, de s’engager auprès du HCR à examiner un plus grand nombre de demandes », indiquait le ministère de l’Intérieur en mars.

« Consciente de la situation alarmante en Syrie, la France agit afin d’apporter des réponses concrètes aux difficultés des réfugiés syriens, elle apporte un soutien financier à l’aide humanitaire d’urgence en Syrie ainsi qu’aux ONG oeuvrant dans les pays voisin », faisait-il alors valoir.

Au total, selon le quai d’Orsay, la France a versé une aide de 11,2 millions d’euros pour les réfugiés situés dans les pays limitrophes sur une aide totale de 40 millions d’euros dans le cadre de la crise syrienne.

SOLIDARITÉ

Pour le directeur général de France Terre d’asile, si cet argument est recevable, il ne doit toutefois pas empêcher la France de réfléchir à son devoir de solidarité.

« Quand on dit que le dispositif est en crise, c’est vrai mais cela doit être réforme et cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à l’expression de notre solidarité avec notamment les réfugiés syriens et en liaison avec les organisations internationales », souligne Pierre Henry.

La création de 4.000 places d’hébergement, dont 2.000 ouvertes dès juillet et les autres avant le premier trimestre 2014 pourraient débloquer la situation, estime-t-il.

Dans le cadre du programme de réinstallation mené actuellement par la France, le HCR soumet 100 dossiers de candidature pour la réinstallation de réfugiés par an.

Un processus jugé marginal par Amnesty International qui appelle la France à mettre en place une procédure de réinstallation d’urgence.

« L’histoire se répète et on n’arrive pas à trouver de réponse », déplore Jean-François Dubost, responsable du programme personnes déracinées. « Au moment de la guerre en Libye, on a eu exactement le même phénomène. Il y avait des réfugiés libyens venus se réfugier en Tunisie et en Egypte et il y a eu des demandes de réinstallation par le HCR auprès des pays de l’UE dont la France. C’est la même chose pour la Syrie. »

PRÉCARITÉ

La durée du conflit et l’absence de solution politique à court ou moyen terme joue en défaveur de la population syrienne au sein de l’opinion publique davantage préoccupée par la crise économique, estiment les ONG.

La décision en janvier de la France de réintroduire de façon temporaire le visa de transit aéroportuaire pour les ressortissants syriens serait passée inaperçue si plusieurs ONG n’avaient pas déposé deux recours, tous deux rejetés, devant le Conseil d’Etat en dénonçant une entrave au droit d’asile.

« L’introduction de ce visa n’était pas une manière de freiner les flux de réfugiés demandant éventuellement à se rendre en France », assure-t-on au Quai d’Orsay. « Tout au contraire, c’était un moyen d’éviter que les réfugiés ne se retrouvent dans des zones de transit des aéroports internationaux dans des situations de très grande précarité. »

Pour le ministère des Affaires étrangères, la crise syrienne ne se réglera pas via la question des réfugiés.

« Il faut replacer les choses dans l’ordre, la manière de régler la question des réfugiés syriens c’est de leur permettre de rentrer chez eux, de rétablir des conditions qui permettent de le faire. »

Avec John Irish, édité par Yves Clarisse


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