Posts Tagged ‘lobby sioniste’

Esther Koontz fait plier le lobby sioniste au Kansas

10 février 2018

La pratique du boycott est bien ancrée aux Etats Unis. Pas seulement parce que le premier amendement garantit la liberté d’expression, mais aussi parce que la lutte d’indépendance des colonies anglaises d’Amérique du Nord commença par un boycott des marchandises britanniques.

Or, dans ce pays dont les citoyens n’hésitent pas à pratiquer le boycott pour faire avancer leurs revendications ou manifester leur mécontentement, certains Etats adoptent des réglementations qui criminalisent le boycott de l’entité sioniste.

C’est le cas par exemple de l’Etat du Kansas dont la décision de pénaliser le boycott est contestée en justice. Un juge fédéral vient d’ailleurs d’émettre un avis défavorable à cette pénalisation du boycott qui est selon lui contraire à la Constitution.

De fait, cette pénalisation du boycott ne laisse pas indifférent ceux qui tiennent à protéger la liberté d’expression comme c’est le cas de la rédaction du Kansas City Star qui signe collectivement un article pour dénoncer la législation adoptée par l’Etat du Kansas.

Il est piquant d’apprendre qu’un des arguments de l’Etat du Kansas pour pénaliser le boycott de l’entité sioniste car cette dernière « pourrait refuser de commercer avec ou dans l’Etat s’il ne punissait pas les boycotteurs ».

On a carrément l’impression que ce sont les Etats Unis, qui donnent des milliards de dollars chaque année à l’entité sioniste, qui seraient les obligés de l’Etat voyou !

La loi anti-boycott du Kansas n’est pas un cas isolé.

Non, Kansas, vous ne pouvez pas interdire aux entreprises de boycotter Israël

Par le Comité de Rédaction de The Kansas City Star (USA) 31 janvier 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un juge fédéral de Topeka a statué que le Kansas ne pouvait pas dire aux entreprises ce qu’elles pouvaient et ne pouvaient pas boycotter. Ce qui devrait apparaître comme évident à quiconque au fait des protections de la liberté d’expression en vertu du Premier Amendement [de la Constitution des Etats Unis, NdT].

Mais l’été dernier, l’Etat du Kansas a adopté une loi exigeant que tous ceux qui concluent des marchés avec lui certifient qu’ils ne boycottent pas Israël.

Pourquoi? Dans son avis bloquant l’application de la loi alors que le procès de l’American Civil Liberties Union est en cours, le juge de district américain Daniel Crabtree a écrit que ses partisans [de la législation anti-boycott] à l’Assemblée législative du Kansas ont fait valoir que son but était « d’empêcher les gens de s’opposer à Israël ».

Ils ont, écrit Crabtree,  « insisté sur la nécessité de s’opposer aux campagnes de « Boycott, Désinvestissment et Sanctions, BDS qui protestent contre le mauvais traitement par le gouvernement israélien des Palestiniens dans les territoires occupés. »

Dit autrement, la loi est supposée restreindre la liberté d’expression politique. Une loi similaire proposée au Congrès [la Chambre des Représentants et le Sénat, l’Israel Anti-Boyccott Act, criminaliserait purement et simplement ce genre de prise de position.

Avons-nous oublié que la Révolution Américaine a commencé par un boycott des marchandises britanniques ? Tout comme la protection des droits civiques l’a emporté par le boycott des autobus de Montgomery ?

En 1982, la Cour suprême a confirmé que les boycotts étaient des expressions politiques protégées par la Constitution. Dans l’affaire NAACP v. Claiborne Hardware Co. , la haute cour a examiné le boycott des entreprises appartenant à des Blancs à Port Gibson, Mississippi, et a conclu que «les discours, les réunions et pétition. . . pour changer un ordre social qui avait toujours traité [les Afro-Américains] comme des citoyens de seconde classe « sont » au plus haut dans la hiérarchie des valeurs du Premier Amendement. « 

C’est pourquoi Crabtree a considéré que la «Cour suprême a jugé que le premier amendement protège le droit de participer à un boycott comme celui puni par la loi du Kansas» qui est entrée en vigueur le 1er juillet.

L’action en justice de l’ACLU pour contester la loi a été intentée au nom d’Esther Koontz, une spécialiste mennonite de didactique des mathématiques de Wichita qui a été encouragée par son église à s’associer à un boycott des entreprises israéliennes au printemps dernier.

Résultat de recherche d'images pour "esther koontz"

Esther Koontz

Deux mois après la décision par Koontz de cesser d’acheter des produits israéliens, elle a été invitée à commencer à former des enseignants à travers l’Etat dans le cadre du programme de partenariat en mathématiques et en sciences du Département de l’Education du Kansas.

Elle était impatiente d’accomplir ce travail supplémentaire qui est rémunéré 600 dollars poar jour plus les frais. Mais le directeur du programme lui a dit qu’elle devait d’abord signer un certificat attestant qu’elle ne boycottait pas Israël.

Après mûre réflexion, Koontz a décidé qu’elle ne pouvait pas faire cela en toute bonne conscience.

Le directeur du programme a déclaré que dans ce cas, elle ne pouvait pas avoir un contrat avec l’Etat.

Dans sa défense, l’Etat du Kansas a fait valoir que Koontz aurait pu obtenir une dérogation pour des raisons religieuses si elle en avait demandé une.

Mais elle est arrivée à la même conclusion sur des bases non religieuses, elle avait toujours le même droit de s’exprimer politiquement.

L’Etat du Kansas a aussi soutenu que l’Etat d’Israël pourrait refuser de commercer avec ou dans l’Etat s’il ne punissait pas les boycotteurs. Mais il n’a présenté aucune preuve d’une menace quelconque pour l’économie du Kansas.

Et comme sujet de réflexion, peut-être  les partisans Républicains de cette loi devraient-ils considérer ce que serait leur réaction si l’Etat interdisait de boycotter Keurig, ou Starbucks, ou Nordstrom [magasins de prêt-à-porter], ou Target ou encore la National Football League. [tous ces boycotts sont organisés par des sympathisants du Parti Républicain, NdT]

Pas de vente, non ? Pas dans tous les cas.

NB : Target est une chaîne nord-américaine de supermarchés qui avait annoncé que ses toilettes seraient désormais ouvertes aux clients transgenre en fonction de qui leur semblait correspondre à leur genre. De nombreux clients se sont insurgés contre cette disposition qui, en permettant à des hommes de fréquenter les toilettes pour dames facilitait la tâche aux prédateurs sexuels. Le boycott a coûté des millions de dollars à cette chaîne de magasins. Target a dû investir 20 millions de dollars pour créer des toilettes individuelles dans ses magasins.

 

Publicités

L’Union Européenne refuse la marche vers la guerre contre l’Iran

5 janvier 2018

Encore un très bon article de Moon of Alabama sur la situation en Iran et surtout, sur la façon dont les lobbies militaristes, en premier lieu le lobby sioniste, cherchent à aggraver le régime de sanctions contre l’Iran avant une éventuelle intervention militaire.

Des actions qui sont non seulement contraires aux intérêts européens, comme l’ont fait comprendre plusieurs dirigeants dont le président français Emmanuel Macron et le chef de la diplomatie suédoise, mais également contraires aux intérêts américains.

L’intérêt des Etats Unis serait en effet d’entretenir des relations correctes avec l’Iran, ce qui est exactement ce que souhaitent les dirigeants iraniens.

La seule chose qui entrave ce rapprochement, beaucoup plus que la rivalité saoudo-iranienne que les Américains et leurs amis britanniques auraient vite fait d’apaiser, c’est le régime sioniste et ses différents lobbies dont le plus puissant exerce son influence à Washington.

Iran – L’Union Européenne rejette la marche des Etats Unis vers la guerre

Moon of Alabama (USA) 4 janvier 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

La réaction aux manifestations mineures en Iran a ouvert un autre fossé entre les Etats-Unis et l’Europe. Elle expose au grand jour l’agressivité du lobby sioniste et son influence dans la politique et les médias américains. La situation montre la divergence croissante entre les véritables intérêts américains et les intérêts d’Israël.

Certaines manifestations antigouvernementales et des attaques contre les institutions publiques persistent en Iran. Mais, comme le montre le graphique, ce genre de manifestations et d’émeutes continue de diminuer. La journée d’hier a vu se dérouler des événements dans seulement 15 endroits alors que, depuis le 28 décembre, un total de 75 villes et cités ont connu une forme de protestation ou d’incidents. En plus de ces derniers événements, plusieurs marches pro-gouvernementales ont eu lieu hier, chacune étant de loin plus importante que les manifestations antigouvernementales.

La courbe jaune représente des effectifs cumulés, les deux autres des effectifs pour chaque journée de manifestations/rassemblements

Source du graphique: Ali Kadivar

La violence contre les biens publics exercée certains jeunes émeutiers leur a aliéné les manifestants légitimes du début qui avaient suffisamment de raisons économiques pour rejeter les politiques néolibérales du gouvernement iranien actuel. L’instigation de la violence à partir de l’extérieur de l’Iran, probablement du fait des machinations de la CIA, les a privés de leur voix.

J’avais déjà posé la question :

Pourquoi les États-Unis font-ils ça ?

Le plan pourrait bien ne pas être de renverser immédiatement le gouvernement iranien, mais de provoquer une réaction brutale du gouvernement iranien contre les actions militantes dans son pays. … Cette réaction peut ensuite être utilisée pour appliquer des sanctions plus larges et plus strictes contre l’Iran, en particulier de la part de l’Europe. Ces sanctions s’inscriraient comme un autre élément constitutif d’un plan plus vaste visant à étrangler le pays et seraient une étape supplémentaire vers une escalade à plus grande échelle.

Et :

L’administration [américaine] vient d’appeler à une session d’urgence de l’ONU sur la situation. Une démarche risible…

Risible en effet. D’autres membres du Conseil de Sécurité et du Conseil de l’ONU pour les Droits Humains ont rejeté le plan américain. Ce n’est pas le rôle de l’ONU de s’immiscer dans les affaires intérieures de n’importe quel pays. Mais même pour ceux qui considèrent que l’ONU a un droit à intervenir, les manifestations en Iran, qui n’auraient jamais rassemblé plus de 15 000 personnes en même temps et peut-être 45 000 en effectifs cumulés, sont bien trop insignifiantes pour justifier une quelconque réaction onusienne.

L’Union européenne, principale cible des Etats-Unis qui veulent à nouveau imposer des sanctions contre l’Iran, a officiellement rejeté ces tentatives. Le ministre suédois des Affaires étrangères a déclaré que ces mesures sont « inacceptables » et que la situation ne peut être considérée comme justifiant une telle démarche [de réunion urgente de l’ONU]. Le président français Macron a averti que la rupture des relations avec l’Iran conduirait à la guerre. Il a été très explicite (traduction automatique) sur les acteurs derrière de telles démarches:

L’Union européenne, principale cible des Etats-Unis qui veulent à nouveau imposer des sanctions contre l’Iran, a officiellement rejeté ces tentatives. Le ministre suédois des Affaires étrangères a déclaré que ces mesures sont « inacceptables » et que la situation ne peut être qualifiée de telle sorte. Le président français Macron a averti (français) que la rupture des relations avec l’Iran conduirait à la guerre. Il était très explicite (traduction automatique) sur les acteurs derrière ces manœuvres :

La France a des relations fermes avec les autorités iraniennes mais veut conserver ce lien « parce que ce qui est train de se jouer sinon, c’est qu’on en train subrepticement de reconstruire un ‘axe du mal' », a déclaré le président français à des journalistes, en marge de ses voeux à la presse.

« On voit bien le discours officiel qui est porté par les Etats-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, qui sont nos alliés à de nombreux égards, c’est quasiment un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran », a-t-il ajouté, en soulignant sans davantage de précisions qu’il s’agissait d’une « stratégie délibérée de certains ».

Le ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde les Etats-Unis contre toute ingérence dans les affaires intérieures de l’Iran.

Pendant ce temps, un grand journal saoudien, Al Arabiya , fait concurrence à The Onion [équivalent américain du Gorafi]  en affirmant que l’Iran a appelé le Hezbollah, des unités irakiennes et des mercenaires afghans pour l’aider à réprimer les manifestations.

Dans une tribune libre publiée par le Washington Post, le vice-président Pence dénonce le manque de réaction selon lui de l’administration Obama face aux manifestations en Iran [en 2009], mais n’annonce aucune réaction de la part de l’administration Trump. La rédaction du Washington Post y a ajouté plusieurs tribunes de lobbyistes pro-sionistes qui dénigrent l’Iran et reprochent à l’Europe de ne pas suivre la ligne de Trump.

L’anti-iranienne Foundation for Defense of Democracies (FDD) qui est financée par un spéculateur sioniste extrémiste, se voit accorder beaucoup d’espace rédactionnel dans les journaux américains :

Adam H. Johnson @adamjohnsonNYC – 4:04 AM – 3 Jan 2018

ces 72 dernières heures, la FDD a publié des tribunes libres sur l’Iran dans le New York Times, le Washington Post, le New York Post, Politico et le Wall Street Journal, répétant à chaque fois les le même argumentaire usé pro-intervention.

Adam H. Johnson @adamjohnsonNYC – 6:14 PM – 3 Jan 2018

ayant consommé leurs espaces réservés pour cette semaine dans les respectables WSJ , WaPo, Politico, et NYTimes, la FDD doit se rabattre sur le Washington Times aujourd’hui. Comme c’est triste!

Le blog Lawfare soi-disant «centriste» a publié un appel en faveur de la livraison de mines improvisées avec des «charges à fragmentation» [« Explosive Formed Penetrators »] aux manifestants iraniens. (Lors de l’invasion américaine en Irak, la résistance locale a fabriqué et utilisé de tels EFP contre les occupants américains.) L’US Army avait mensongèrement prétendu que les EFP venaient d’Iran.) Le rédacteur en chef de Lawfare , le célèbre Benjamin Wittes, semble être d’accord avec ce texte . Lui, l’éditeur du blog, écrit qu’il ne modifie jamais rien de ce qui est publié sur son site. Son seul reproche à propos de l’article est que l’appel à armer les émeutiers en Iran manque d’un raisonnement juridique explicite. (On se demande comment ceux qui écrivent dans Lawfare réagiront lorsque la Chine livrera des armes antichar lors de la prochaine manifestation du type Occupy Wall Street .)

C’est une grande campagne [politico-médiatique] qui accompagne aux Etats Unis des événements assez peu importants en Iran. La campagne est conçue pour créer une atmosphère de guerre contre ce pays. Les médias lui donnent beaucoup d’espace. Mais les États-Unis sont très isolés dans cette démarche. L’Arabie Saoudite est un tigre de papier qui ne compte pas et Israël ne peut pas agir [militairement] contre l’Iran. L’axe de la résistance est prêt pour une guerre de grande ampleur, a dit le dirigeant du Hezbollah Nasrallah . Il explique qu’une telle guerre serait menée au plus profond d’Israël.

Stephen Kinzer [kinzer est professeur de relations internationales à la Brown University ans le Rhode Island] souligne que l’animosité américaine contre l’Iran et son gouvernement ne résulte d’aucun raisonnement stratégique :

L’histoire veut que tout gouvernement iranien doive être fortement nationaliste et un défenseur vigilant des musulmans chiites partout dans le monde, de sorte que l’idée qu’un «changement de régime» produirait un Iran plus pro-américain est un fantasme. La sécurité des États-Unis ne sera pas sérieusement affectée par le cours de la politique intérieure de l’Iran.

[…]

En 1980, le président Carter avait proclamé que toute contestation de la domination américaine dans le golfe Persique serait considérée comme «une atteinte aux intérêts vitaux des États-Unis d’Amérique». Il était animé par les impératifs mondiaux de son époque. Une grande partie du pétrole américain traversait le golfe Persique, et l’Occident ne pouvait pas risquer de le perdre face au pouvoir soviétique.

Aujourd’hui, il n’y a pas d’Union Soviétique et nous ne comptons plus sur le pétrole du Moyen-Orient. Pourtant, même si ce qui fondait notre politique s’est évaporé, la politique elle-même demeure inchangée, une relique d’un autre âge.

Kinzer a raison sur l’absence d’argument stratégique. Mais il néglige l’influence du lobby sioniste et son intérêt à maintenir les Etats-Unis impliqués dans la destruction de tout adversaire potentiel à son entreprise coloniale. L’intérêt véritable du peuple des États-Unis n’est pas ce qui motive la politique américaine et ce, depuis un certain temps (si jamais ce fut le cas).

Le livre pour enfants qui fait peur aux sionistes

2 décembre 2017

Un beau texte de Steven Salaita, un universitaire américano-palestinien dont la carrière avait été mise à mal du fait de ses prises de position hostiles au régime sioniste au moment où ce dernier agressait Gaza une fois de plus en 2014 [opération dite Bordure Protectrice].

Résultat de recherche d'images pour "Steven Salaita"

Steven Salaita

On avait présenté sa critique des agissements criminels de l’entité sioniste comme une manifestation d’antisémitisme…

Salaita nous parle ici d’un petit livre pour enfants des iraniennes Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi  en forme d’abécédaire et titré P est pour la Palestine.

Evidemment.

Et M est pour Meftah, la clef de leurs maisons que les palestiniens ont emportée avec eux dans leur exil.

Un abécédaire de la Palestine

Ce petit livre a pourtant suscité des réactions fortes aussi bien dans la presse juive que dans la presse d’extrême-droite et la presse tabloïd newyorkaise.

Steven Salaita nous explique pourquoi ce livre fait peur à ceux qui soutiennent l’entité sioniste.

Pourquoi un livre pour enfants fait-il perdre la tête aux sionistes ?

Par Steven Salaita, MondoWeiss (USA) 1er décembre 2017, traduit de l’anglais par Djazaïri

En ces temps de prolifération nucléaire, de brutalité policière, de résurgence du nazisme et d’énormes inégalités, les sionistes ont réussi à trouver le véritable ennemi : un livre pour enfants. Le titre incriminé, P is for Palestine [P pour Palestine], a récemment été publié par Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi après une longue campagne de financement participatif. Les sionistes ont réagi comme si c’était la charte du Hamas.

golbarg bashi-tile

Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi

Ma femme et moi avons acheté le livre pour notre fils de cinq ans. C’était un achat logique. Deux de ses grands-parents sont palestiniens, après tout. Le gamin n’était pas particulièrement excité par le livre, mais il l’aime. Je ressens la même chose. Le texte est un inventaire d’objets culturels et géographiques en ordre alphabétique, encadré par des illustrations (souvent belles). Rempli d’une imagerie culturelle romantique il faut environ cinq minutes pour le lire.

En d’autres termes, c’est un livre pour enfants typique. La seule façon dont il diffère de ses nombreux pairs sur le marché de la «diversité» est que le pays étranger qu’il magnifie est la Palestine. Par conséquent, il est ipso facto intolérable aux organisations professionnelles sionistes.

Nous pourrions simplement relier ce nouvel accès d’angoisse sioniste à un sentiment accru d’inquiétude devant le net déclin du prestige d’Israël dans le monde, poussé par un mouvement BDS [Boycott, Désinvestissement, Sanctions] en plein essor. Cela aide à expliquer la réaction excédée à un document politique écrit au crayon de couleur.

Il y a plus que ça à l’œuvre, cependant. Quelque chose à propos du P pour la Palestine a touché une corde sensible. Depuis quand parle-t-on d’un livre pour enfants dans le New York PostPage Six », un magazine people, pas moins), Forward , Ha’aretz , le New York Daily News et Breitbart ? Chaque fois que les partisans d’Israël se fâchent, de nombreuses publications se font une joie d’amplifier leurs griefs. Le fait que l’indignation ait commencé immédiatement après la publication du livre illustre comment la Palestine peut brusquement créer ou modifier un cycle de l’information aux États-Unis.

Mais quelque chose semble un peu plus désespéré dans ce procédé, presque comme si une Palestinienne en images dessinées avait la capacité spéciale de faire survenir une maladie grave et mortelle. Cela a probablement à voir avec la nature du genre. Les livres pour enfants ne sont pas simplement un divertissement précieux ; nous les imaginons comme des conduits pour la transmission de certaines valeurs. Depuis la prédiction dramatique de David Ben Gourion selon laquelle les futures générations d’enfants palestiniens oublieraient la Nakba [catastrophe de la proclamation de l’Etat juif et de l’exode palestinien], enseigner et apprendre sur la Palestine a été un point sensible pour les sionistes (voyez comment la chose est abordée dans les écoles secondaires et les universités).

Dit simplement, rien ne menace plus Israël que la survie de l’identité palestinienne à travers les générations successives, ce qui est exactement ce que le P est pour la Palestine essaye d’accomplir. Les sionistes ne s’opposent pas à son contenu ; ils s’opposent à sa simple existence comme document de la mémoire historique. Les sionistes expriment constamment leur mépris pour les Palestiniens qui refusent de valider Israël. Même les keffiehs et les falafels en caricature deviennent une menace existentielle.

M est pour Meftah, la clef de la maison perdue mais qu’on espère retrouver

P est pour la Palestine rend manifeste quelque chose que les sionistes craignent mais ne peuvent pas contrôler : de Santiago à Toronto, d’Athènes à Oslo, d’Abou Dhabi à Alep, les Palestiniens continuent de réclamer et d’honorer leur terre ancestrale. Les sionistes le savent et ne peuvent rien faire pour l’empêcher. Le livre fournit une cible visible à leur angoisse existentielle.

Israël possède une armée dévastatrice, d’une base territoriale sans cesse plus importante et d’une économie avancée, mais il est affligé d’un psychisme remarquablement fragile. Il n’y a pas d’autre raison pour que ses fidèles piquent une crise sur un livre pour enfants en autoédition. Les sondages ont montré à maintes reprises que l’attachement des Juifs américains à Israël, en particulier les jeunes, est en déclin. Dans le même temps, les Palestiniens sont unis par le désir de récupérer leur patrie.

Nous ne devons pas non plus négliger le public auquel P est pour la Palestine est destiné. Pendant 70 ans, Israël a infligé une misère indicible aux enfants palestiniens. Le désir de l’État [juif] de pureté ethnique a politisé les notions d’enfance dans l’imaginaire dominant. Le livre transforme vraisemblablement les enfants palestiniens en le genre de créatures politiques que les sionistes sont obligés de haïr.

Les États-nations sont fragiles. L’indigénéité ne l’est pas. Elle s’affirme constamment devant les forces qui veulent sa destruction. À son tour, elle s’attribue sans cesse le pouvoir de détruire – et elle le fait sans armes ou sans tromperie, mais avec la simple intemporalité de l’être.

P est aussi pour la paranoïa. Dans la mesure où le fétichisme politique de certains exige que les Palestiniens capitulent ou disparaissent, cet état [de paranoïa] est parfaitement justifié.

Extrême-Droite: philosémitisme et islamophobie

24 octobre 2017

La digue intellectuelle et morale qui contrariait la montée de l’extrême-droite en Europe est en passe d’être bientôt contournée, voire retournée par les partis représentatifs de ce courant de pensée.

Cette digue, c’était l’antisémitisme professé plus ou moins ouvertement par ces mouvements, un antisémitisme qui n’avait en principe plus droit de cité depuis la deuxième guerre mondiale et la déportation quasi-systématique des Juifs européens par le Troisième Reich.

Cette marginalisation de l’extrême-droite était-elle basée sur un principe humaniste intangible, à savoir l’égalité foncière de tous les hommes, qui avait été bafoué par le régime nazi ? Ou reposait-elle sur la stigmatisation d’un crime contre une population particulière sans qu’il en découle un principe général applicable à toutes les populations minoritaires ?

On a longtemps pu croire à la réalité du principe intangible. Mais ces dernières années nous ont au contraire apporté la preuve, s’il en fallait une, que tel n’était pas le cas et que c’est au contraire le caractère relatif du souvenir du sort des Juifs qui prévaut.

Cette démonstration nous est apportée par l’évolution de l’extrême-droite européenne qui a renoncé, à un rythme différent selon les pays, à l’antisémitisme qui le caractérisait, pour passer au « philosémitisme », tout en élaborant son discours islamophobe.

En soi, cela ne suffit pas à gagner des électeurs. Mais ça suffit à vous ouvrir la porte des studios des radios et des télévisions sans lesquels les messages politiques restent lettre morte dans les sociétés de communication de masse que sont les nations occidentales.

L’islamophobie n’a par contre évidemment pas cette vertu d’endiguement que possède l’antisémitisme.

L’article que je vous propose fait le point sur cette thématique du nouveau philosémitisme et de l’islamophobie qui caractérisent l’extrême-droite européenne actuelle.

On reprochera peut-être à l’auteur sa grande naïveté, ou pseudo naïveté car si je veux bien croire que l’extrême droite instrumentalise les juifs et le sionisme à ses propres fins, il aurait peut-être dû se poser la question du rôle du lobby sioniste et de l’entité sioniste elle-même dans l’ascension de l’extrême-droite et dans la promotion des discours islamophobes produits dans des cercles qui vont au-delà de cette mouvance politique.

Ce qui vaut pour l’Europe vaut aussi pour ses développements américain et australien.

La montée de la nouvelle extrême-droite : les ‘philosémites’ européens utilisent les Juifs pour combattre les Musulmans

L’extrême-droite redéfinit les Juifs comme les ‘victimes exemplaires de la menace de l’Islam,’ ainsi que l’affirme un analyste, le soutien à Israël en étant le corollaire. Mais l’antisémitisme reste très présent.

Par Michael Colborne, Haaretz (Sionistan) 21 octobre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il y a près d’une trentaine d’années, Heinz-Christian Strache était arrêté lors d’une marche aux flambeaux avec une organisation inspirée de la Jeunesse Hitlérienne. Mais ces jours-ci, le dirigeant du mouvement autrichien d’extrême droite Parti de la Liberté, – qui, après le scrutin de dimanche, devrait entrer dans le nouveau gouvernement de droite de l’Autriche – a l’air de vouloir devenir le meilleur ami d’Israël.

Résultat de recherche d'images pour "Heinz-Christian Strache"

Heinz-Christian Strache du FPÖ (Parti de la Liberté Autricien)

Strache s’est rendu à plusieurs reprises en Israël au nom du Parti de la Liberté, mais les responsables gouvernementaux d’Israël ont évité de rencontrer le chef d’un parti dont le premier dirigeant était un ancien officier SS. Strache a même écrit au Premier Ministre Benjamin Netanyahou plus tôt dans l’année, promettant de transférer l’ambassade d’Autriche de la banlieue de Tel Aviv vers Jérusalem, et de soutenir le droit d’Israël à construire dans les colonies de Cisjordanie.

Israël a « le droit de construire partout où c’est nécessaire sur la terre d’Israël, » écrivait Strache.

 

Strache est loin d’être le seul leader européen d’extrême droite qui soit perçu comme étant devenu un adepte du prétendu philosémitisme. Selon Geert Wilders, porte-drapeau des islamophobes néerlandais, Israël est « la première ligne de défense de l’Occident » contre l’islam. Selon sa propre compte, Wilders a visité Israël plus de 40 fois. En France, la dirigeante du Front National d’extrême droite, Marine Le Pen, a déclaré aux membres de la plus importante communauté juive d’Europe que son parti était «le meilleur bouclier pour vous protéger».

Image associée

Geert Wilders

Mais que ce soit en Autriche, en Allemagne, en France ou même en Bulgarie – où un parti ouvertement d’extrême-droite fait partie du gouvernement depuis mai – les dirigeants d’extrême droite utilisent les communautés juives, réelles ou imaginaires, comme des instruments pour diaboliser les musulmans et les autres minorités.

Cette évolution des extrémistes de droite vers le philosémitisme est cependant en grande partie une nouveauté, compte tenu en particulier du fait que beaucoup de ces partis comportent encore beaucoup d’éléments antisémites qui ne cessent de se manifester.

« Les positions pro-israéliennes et le philosémitisme sont relativement récents au sein de la droite radicale européenne, même pour la partie occidentale de l’Europe », a déclaré à Haaretz par courrier électronique Cas Mudde, professeur de sciences politiques à l’Université de Géorgie (USA).

Mudde, qui étudie les mouvements d’extrême droite en Europe, note également que les partis d’extrême droite comme le Parti de la liberté et le Front national qui ont adopté des positions philosémites «les ont développées dans le cadre de leur programme islamophobe».

Il y a plus de dix ans, Mudde écrivait dans une étude sur les partis populistes de la droite radicale en Europe, soulignant la position de nombreux extrémistes de droite sur les Juifs. Les Juifs, dit Mudde, sont considérés comme incarnant une modernité à défendre. D’autre part, l’importante minorité Rom d’Europe est considérée comme une population barbare vivant en marge de la modernité, tandis que les Musulmans sont considérés comme des barbares vivant dans la modernité – l’ennemi déjà présent à l’intérieur, selon l’extrême droite.

Par conséquent, le «tournant philosémite» de nombreux partis d’extrême droite, selon les mots du sociologue Rogers Brubaker, provient directement des préoccupations de ces partis à l’égard de l’islam. Ecrivant plus tôt cette année, Brubaker soutient que l’extrême droite en est venue à redéfinir les juifs en tant que «Européens» et «victimes exemplaires de la menace de l’islam»

L’antisémitisme fait encore rage

Mais tout le monde dans ces nouveaux partis philosémites ne semble pas avoir reçu la consigne. Avant les élections présidentielles françaises d’avril et de mai, Marine Le Pen a dû repousser les accusations selon lesquelles deux de ses compagnons de route étaient des sympathisants nazis qui organisaient des soirées «pyjama rayé» – en référence aux vêtements que les Juifs étaient obligés de porter dans les camps de concentration.

En Autriche, Strache fait semblant de dénoncer l’antisémitisme qui règne encore dans son parti ; ce mois-ci, il a dû suspendre un conseiller local du Parti de la Liberté qui a fait un salut nazi. En plus de cela, des militants autrichiens ont récemment publié une liste de ce qu’ils disent être plus de 60 incidents antisémites et racistes impliquant des personnalités du Parti de la liberté depuis 2013.

« S’il [le Parti de la Liberté] a vraiment changé d’idéologie, est une question à laquelle lui seul peut répondre, » a déclaré la politologue Alexandra Siegl à l’Agence France-Presse.

Mais parfois le masque semble glisser un peu. Quelques jours avant le vote autrichien qui a vu le Parti de la Liberté égaler son meilleur résultat, Strache a interrogé les motivations de l’un des donateurs du futur Chancelier Sebastian Kurz – l’homme d’affaires juif Georg Muzicant, fils de l’ancien président de la communauté juive de Vienne.

Strache a déclaré que le soutien financier de Muzicant pour Kurz était une preuve de Verstrickungen – enchevêtrements – un mot dans ce contexte impliquant une conspiration juive. Pour sa part, Kurz a déclaré que les commentaires de Strache étaient « déshonorants », bien qu’il semble toujours susceptible de former un gouvernement de coalition avec lui.

Fort en Bulgarie

En Bulgarie, sur les frontières souvent oubliées de l’Europe, un parti d’extrême-droite siège déjà dans un gouvernement de coalition – un parti qui utilise l’expérience de la Bulgarie pendant l’Holocauste pour attaquer les minorités les plus dénigrées du pays.

Les Patriotes Unis de Bulgarie, une coalition de trois partis d’extrême-droite, se sont frayés un chemin jusqu’au gouvernement après que les élections de cette année ont laissé le Premier Ministre Boyko Borisov, qui sortait de son troisième mandat, sans autre partenaire possible pour une coalition.

Patriotes Unis et leurs dirigeants islamophobes et anti-Roms sont de fiers promoteurs du rôle de la Bulgarie dans la sauvetage des Juifs des camps de la mort en Allemagne. En mars 1943, Boris III, le roi de la Bulgarie alliée aux nazis, refusa que les 50 000 Juifs bulgares soient déportés dans les camps. Presque tous ont survécu à la guerre et, avec le temps, sont partis pour Israël.

Aujourd’hui, il y a à peine 2 000 Juifs en Bulgarie et seulement deux synagogues an activité. Pourtant, les leaders de la communauté juive ont alerté cette année sur une augmentation des propos et des incidents antisémites, notamment la destruction de pierres tombales juives dans le cimetière central de Sofia le mois dernier et des manifestations en mémoire d’un général nazi notoire, Hristo Lukov.

Rien de tout cela n’a découragé les patriotes unis.

« Les Juifs en Bulgarie sont un exemple d’intégration réussie », a déclaré un député de Patriotes Unis au parlement bulgare à l’occasion de Rosh Hashanah, en lisant une déclaration du parti. Les Juifs, a déclaré le député, sont « un exemple que tous les groupes minoritaires de notre patrie devraient suivre », faisant un reproche subtil aux Roms et aux Turcs de Bulgarie, qui représentent ensemble près de 20% de la population bulgare.

Mais l’approche de l’histoire des Juifs en Bulgarie par Patriotes Unis occulte quelques points essentiels. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Juifs bulgares ont été forcés de porter des étoiles jaunes, de respecter des couvre-feux stricts et de remettre bijoux et autres objets de valeur. Et pendant la guerre, la Bulgarie a occupé la Macédoine, la Thrace et une partie de la Serbie – et n’a rien fait pour empêcher 11 000 juifs de ces régions d’être envoyés à la mort.

Ce n’est pas quelque chose dont Patriotes Unis aime parler.

Dans une déclaration, le parti a affirmé qu’aujourd’hui « les ennemis de la Bulgarie, activement soutenus par bezrodnitsi  » – un terme poétique pour les gens qui se sont éloignés de la nation – « tentent de lancer une accusation honteuse contre les Bulgares » en attirant l’attention sur ces 11 000 Juifs qui ont été déportés vers la mort.

C’est une attitude qui déconcerte la communauté juive actuelle de la Bulgarie. Tom Junes, historien et membre de la Fondation d’Etudes Sociales et Humaines de Sofia, un think-tank non gouvernemental, a rapporté à Haaretz quelque chose qu’un collègue juif bulgare lui avait dit : « Si j’ai cinq enfants et que tu en tues un, Je suis censé te remercier de ne pas avoir tué les quatre autres?

Patriotes Unis devra s’habituer à entendre plus de questions comme celle-ci. Le 75e anniversaire du refus de Boris III d’expulser les Juifs de Bulgarie tombe en mars, juste au moment où la Bulgarie assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, suivie, par coïncidence, par l’Autriche. Certains des politiciens d’extrême droite les plus fervents d’Europe pourraient se retrouver eux-mêmes et leur philosémitisme ostensible, à être plus observés que ce à quoi ils s’attendaient.

« Arrête de crier Hillary » ordonne le lobby sioniste à Mme Clinton

9 août 2016

Le lobby sioniste possède Hillary Clinton. Cette affirmation d’un officiel sioniste en 2008, au moment de la primaire qui opposait Mme Clinton à Barack Obama, reste d’actualité ainsi qu’en témoignent les propos d’Haim Saban, un des principaux contributeurs de la campagne de la candidate du Parti Démocrate.

Quand Haim Saban dit à Clinton d’arrêter de crier

Par Nathan Guttman, The Jewish Forward (USA)  29 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le méga-donateur démocrate Haim Saban a une ligne ouverte avec Hillary Clinton et il ne se gêne pas pour l’utiliser.

« Je lui ai dit: « Ne criez pas. Pourquoi criez-vous tout le temps, Ca me crève les tympans. Vous pouvez dire la même chose sans crier, laissez Trump, cet escroc, crier. Vous n’avez pas besoin de crier, » a déclaré Saban lors d’un entretien accordé à la chaîne israélienne Channel 10 TV. Il a expliqué qu’il se sentait en droit d’appeler la candidate chaque fous qu’il a le sentiment qu’il y a quelque chose qu’il est nécessaire de lui dire.

hillary-sabab-tzipi

Haim Saban entouré de Tzipi Livni (ancienne chef de la diplomatie sioniste) et Hillary Clinton

Pendant l’entretien, qui a été enregistré dans la suite de Saban à l’hôtel Wells Fargo arena de Philadelphie quelques heures avant le discours d’acceptation de Clinton, le milliardaire qui réside à Los Angeles a expliqué que la raison pour laquelle Hillary Clinton est perçue comme froide et distante par les électeurs est que « elle est mariée à la personne la plis charismatique du monde. » Il a ajouté que dans le cas de l’ancien président Bill Clinton, « même ceux qui ne son pas d’accord avec lui l’aiment quand même. Donc son problème est que les gens la comparent à lui et que ce n’est pas juste. »

Saban n’a pas accepté de chiffrer le montant de sa contribution à la campagne de Clinton, mais il a dit que c’était un nombre à « huit chiffres » [donc au moins une dizaine de millions de dollars, NdT].

Abordant l’inévitable comparaison avec un autre milliardaire juif et donateur pro-israélien, Sheldon Adelson, qui s’est engagé à mettre son argent en soutien à Trump, Saban a déclaré : « Sheldon aime le peuple juif et il aime Israël. Nous ne sommes pas d’accord sur le chemin à prendre, mais nous sommes au fond sur la même ligne. »

Sheldon-Adelson-Kingmaker

Sheldon Adelson

Cependant, Saban pense que Trump sera « un désastre » pour Israël. Pendant l’entretien, il s’est tourné avec gravité vers la caméra et a ajouté : « Public israélien – je veux vous dire: ne croyez pas un mot de ce que dit cet homme. C’est un escroc, un menteur, un voleur et un cynique. Tout ce que fait Trump est uniquement dans l’intérêt de Donald trump. »

Le lobby sioniste passe directement à l’action pour essayer de neutraliser Jeremy Corbyn

14 juillet 2016

La politique britannique est décidément passionnante. On l’a vu avec le référendum sur le Brexit mais c’est surtout en réalité au sein du labour Party que se joue quelque chose d’absolument essentiel.

En effet, l’arrivée de Jeremy Corbyn à la tête du Parti Travailliste est sans doute le signal d’un changement fondamental que serait la réappropriation par les militants et la base de gauche de ce parti qui était depuis Tony Blair passé sous la coupe des néoconservateurs.

La contestation contre Corbyn ne faiblit cependant pas, que ce soit du côté de la droite [les Tories et le patronat] ou dans les rangs travaillistes

Du côté travailliste, la contestation vient essentiellement des parlementaires qui, s’ils ne représentent absolument pas les sentiments de la base du parti, ont une capacité de nuisance importante par leur accès aux médias qui leur permet de donner l’impression d’un Jeremy Corbyn aux abois.

Ce qui n’est cependant pas le cas car Jeremy Corbyn, comme on l’a dit ici, s’appuie sur la base des militants et sympathisants et c’est pour cette raison qu’il a refusé de démissionner.

Il pourrait cependant avoir à remettre en jeu son mandat dans le cadre d’un nouveau scrutin de désignation du leader du parti. On voit mal Corbyn, qui a été élu avec une majorité très confortable, refuser de se plier à une telle procédure.

La seule solution pour ses opposants serait que Jeremy Corbyn ne puisse pas se présenter à sa propre succession. Malheureusement pour ces derniers, les instances du parti viennent de décider que, en tant que leader sortant, Corbyn serait automatiquement autorisé à être candidat sans passer par l’investiture d’un certain nombre de parlementaires.

C’en est trop pour ses ennemis qui pensaient tenir là le moyen d’empêcher une candidature de Corbyn dans la mesure où les parlementaires sont à la tête de la fronde contre Corbyn.

Fort des grosses sommes d’argent qu’il a données au Labour Party, un des opposants à Corbyn a cru bon d’aller au tribunal pour que la justice dise si la désignation automatique de Jeremy Corbyn par les instances nationale du parti est conforme ou non à son règlement.

Ce généreux donateur, Michael Foster, n’est autre qu’un représentant du lobby sioniste dans le Labour Party qui en veut particulièrement au leader travailliste dont le soutien à la cause palestinienne ne s’est pas démenti avec son arrivée à la direction du parti.

Michael_Foster

Michael Foster

Ce qui oblige le lobby a intervenir de plus en plus ouvertement dans la vie politique britannique, permettant à tout un chacun de constater l’influence de ces représentants de l’étranger.

Un donateur du Labour Party va contester en justice le mode de désignation des candidats à la direction du parti

Michael Foster veut que la haute cour examine la décision du parti de permettre à Jeremy Corbyn de se présenter au scrutin

Par Jessica Elgot, The Guardian (UK) 14 juillet 2016 taduit de l’anglais par Djazaïri

Un donateur du Labour va contester au tribunal la décision du comité directeur national du parti de désigner automatiquement Jeremy Corbyn comme candidat à la prochaine compétition pour la direction du parti.

Michael Foster, un ancien candidat aux élections législatives, va introduire sa requête auprès de la haute cour jeudi après-midi.

« Le problème soulevé par ma requête près la haute cour est celui de l’interprétation correcte du règlement du parti, » a-t-il déclaré sur BBC Radio, affirmant que la présence automatique de Corbyn sur la liste des candidats à l’élection à la direction du parti était « fondamentalement un problème de légalité. »

Le comité directeur national du parti a entendu trois avis juridiques contradictoires mardi soir, dont celui de Michael Mansfield QC [Queen’s Counsel] qui a conclu que seuls ceux qui briguaient le poste avaient besoin d’être désignés et celui de James Goudie QC selon qui tous les candidats devraient avoir l’investiture des parlementaires travaillistes.

« Trois avis juridiques ont été présentés par des QCs, et tous étaient à contre-courant [sic] et aucune des personnes [du comité directeur] présentes n’était impartiale par rapport à ces avis, » a affirmé Foster.

« Tout ce que je dis est que l’avis qui a été retenu n’a pas été examiné avec le regard expert qui serait celui d’un juge en haute cour. Chaque personne présente [au comité directeur] avait un agenda politique différent. »

Tom Watson, vice-président Parti Travailliste a déclaré que la démarche de Foster était mal venue: « Cette contestation en justice n’est d’aucune utilité et peut déstabiliser la labour Party. Le comité directeur national a pris une décision. Il a conclu que Jeremy Corbyn était automatiquement sur la liste des candidats. Nous devons respecter cette décision et donner à nos membres un choix de candidats aussi vite que possible. »

Foster a précisé qu’il n’avait pas voté pour Corbyn à la dernière élection pour la direction du parti mais il a soutenu que la règle ne devait pas être fonction de circonstances politiques particulières et devrait être arbitrée par une instance neutre.

« Je n’ai pas voté pour Corbyn quand il s’est présenté, mais ça n’a rien à voir avec la politique, et à l’heure actuelle je pense moi aussi que Jeremy devrait avoir le droit de figurer parmi les candidats mais pas de manière automatique, » a-t-il dit.

Le jugement de l’affaire sera une question de jours, pas de semaine, si la haute cour décide d’entendre les arguments des uns et des autres, a déclaré Foster.

Foster est un ancien agent du showbiz qui a donné plus de £400 00 (un peu moins de 500 000 euros) au parti depuis 2010 et a gagné en importance au cours de la dernière conférence du Labour Party après s’être confronté à Corbyn pendant une réception des Labour Friends of Israel [amis travaillistes de l’entité sioniste] en manifestant sa colère à cause de l’absence du mot « Israël » dans le discours qu’il avait prononcé à cette réunion.

« Dites le mot Israël », avait-il crié à Corbyn qui est un militant de longue date en faveur de la cause palestinienne. (à 8’25″sur la vidéo)

L’Ecossais Terry Kelly donne une nouvelle preuve de la résistance des travaillistes britanniques au lobby sioniste

13 juillet 2016

L’arrivée de Jeremy Corbyn à la tête du Parti Travailliste en Grande Bretagne a mis fin à la domination de ce parti par le courant néoconservateur incarné par Tony Blair. C’est grâce à un nouveau mode de désignation par les adhérents et sympathisants que Corbyn a pu s’emparer de la direction du parti, au grand dam des représentants du blairisme.

Ces derniers ont immédiatement déterré la hache de guerre contre le nouveau leader travailliste qui a été élu pour réorienter le parti à gauche. Il va sans dire que la faction travailliste hostile à Corbyn a dès le début pu compter sur les prédictions catastrophistes de tout ce que le royaume compte de conservateurs aussi bien sur la scène politique que dans la presse. Et le résultat du référendum sur la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne a donné lieu à un regain d’attaques et d’appels à la démission, auxquels même le premier ministre conservateur David Cameron, le grand perdant du scrutin sur le Brexit, s’est associé !

Mais la première véritable attaque contre Jeremy Corbyn est venue du lobby sioniste qui, très inquiet des prises de position ouvertement pro-palestiniennes du nouveau leader a commencé à lancer des accusations d’antisémitisme aussi bien contre le chef du Labour que contre des militants.

C’est ainsi que l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone, a pu être visé par cette accusation tout comme Bob Campbell, un militant appartenant à la base du parti.

Le but du lobby sioniste est d’amener la direction travailliste à sanctionner ceux qu’il accuse et d’inciter Jeremy Corbyn à condamner leurs propos et/ou prises de position. L’objectif ultime étant que le leader travailliste finisse par comprendre que l’accès au poste de premier ministre passe par des déclarations d’attachement à l’entité sioniste.

Ces manoeuvres ont pour l’heure échoué puisque si quelques militants, comme la députée Naz Shah ont pu être suspendus dans l’attente des conclusions de commissions d’enquête, aucun n’a été sanctionné. Et certes Naz Shah a présenté des excuses pour les propos qu’elle a tenus, mais sans renoncer à manifester de fortes convictions en faveur de la justice en Palestine et en remettant aux calendes grecques le voyage à Auschwitz qui lui était proposé comme remède à la maladie antisémite qui la ronge.

L’article que je vous propose nous donne un autre exemple d’un antisioniste plutôt virulent qui vient d’être réintégré sans autre forme de procès dans le parti après deux mois de suspension.

Le conseiller travailliste Terry Kelly réintégré dans le Parti après une controverse sur le sionisme

Par Dan Vevers, Scotland on TV (UK) 12 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le conseiller de circonscription du Renfrewshire avait été suspendu suite à une série de blog posts critiques à l’égard d’Israël.

Renfrew_Shire_Map.gif

Centre historique de l’industrie textile écossaise, le Renfrewshire balance entre la travaillisme encore majoritaire et le nationalisme

Le conseiller de circonscription du Renfrewshire a été réintégré dans le Scottish Labour après avoir été suspendu pour des propos présumés antisémites.

Kelly a écrit pendant des années des séries de messages sur un blog dans lesquels il critique Israël, le sionisme et le « lobby juif », mais il affirme n’être « en aucune façon antijuif ».

Un de ses posts a été écrit en soutien aux propos tenus par Ken Livingstone par lesquels l’ancien maire de Londres suggérait que Hitler soutenait le sionisme.

Les propos de Livingstone avaient conduit à sa suspension du Labour Party et suscité une controverse sur l’antisémitisme à l’intérieur du parti qui avait vu un certain nombre d’autres personnalités travaillistes suspendues en attendant les résultats des enquêtes en cours, comme dans le cas de la députée Naz Shah.

Kelly avait été suspendu le 4mai.

Il a révélé que sa suspension du parti avait été levée dans un blog post de jeudi dernier dans lequel il qualifiait la controverse sur l’antisémitisme de « politique de caniveau dans toute sa bassesse. »

council22_778x436.jpg

Terry Kelly

Kelly écrit: « C’était de la classique diffamation contre moi et d’autres membres du parti par une coalition constituée de sionistes extrémistes israéliens, de Tories de droite opportunistes et des habituels suspects puants du SNP (Scottish National Party).

« Ils ont échoué assez spectaculairement. Ils étaient voués à échouer parce qu’ils ont visé des membres du Labour Party qui ont une solide réputation pour avoir milité toute leur vie contre le racisme et l’intolérance.

« Au cours de mes 43 années au Parti travailliste, je n’ai pas entendu tenir un seul propos antisémite, c’était de la politique de caniveau dans toute sa bassesse. »

Dans des blog posts antérieurs, Kelly qui représente la circonscription de Paisley Nord-Ouest prétendait que les Oscars sont manipulés per le « puissant lobby juif » et que ce même lobby a dicté sa politique étrangère au président Obama, affirmant : « Le lobby juif américain est extrêmement puissant et la nuque d’Obama est sous sa botte. »

Le leader du Conseil du Renfrewshire et le groupe travailliste ont confirmé la réintégration de Kelly.

 

Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite et de gauche et du lobby sioniste

8 juillet 2016

Le vote majoritaire des électeurs britanniques en faveur de la sortie de leur pays de l’Union Européenne (Brexit) est un événement considérable qui a et aura des répercussions politiques et économiques au Royaume Uni et bien sûr en Europe. A en croire le catastrophisme des commentateurs juste après les résultats du scrutin, on aurait même pu imaginer que la Grande Bretagne allait être submergée par la mer ou, pire, allait cesser d’être une île sous l’effet d’un séisme qui serait venu la coller au continent européen.

Mais le vote des sujets de Sa majesté est aussi le résultat de la situation politique en Europe et en Grande Bretagne, avec la poussée du néolibéralisme en matière économique et le recul du contrôle des nations sur leurs destins.

Si David Cameron a logiquement décidé de présenter sa démission suite à la victoire du Brexit, on assiste de manière plus surprenante à des appels insistants à la démission de Jeremy Corbyn de la direction du Parti Travailliste. Non seulement la grande majorité des députés travaillistes ainsi que l’ancien chef du gouvernement Tony Blair l’ont explicitement appelé à remettre son mandat mais, fait singulier, ils ont été rejoints en ce sens par l’actuel premier ministre conservateur.

Vous me direz : de quoi se mêle ce ministre quand il vient s’ingérer dans les affaires internes du principal parti opposé à sa politique ?

La réponse à cette question doit être recherchée dans les mutations qu’a connues la vie politique en Europe depuis la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS et la marginalisation de l’idéologie communiste. En l’absence d’alternative systémique, les partis politiques se sont transformés avant tout en machines à propulser au pouvoir des équipes qui défendent peu ou prou les mêmes visions de la société qui perdurent malgré les alternances dans l’accès aux fonctions gouvernementales.

La France en est un bon exemple avec la continuation de politiques libérales après la victoire à l’élection présidentielle de 2012 d’un candidat qui laissait entrevoir à ses électeurs une autre approche des questions sociales et économiques.

De fait, les courants néo-libéraux voire néoconservateurs sont désormais très présents sur tout l’échiquier politique où ils dominent les appareils des grandes organisations politiques.

Ils le sont aussi évidemment dans le Parti Travailliste britannique.

A la différence près que le leader de ce parti, Jeremy Corbyn, n’a pas été coopté par une nomenklatura prétendument de gauche, mais a été élu par les adhérents et sympathisants travaillistes. Et il a été élu à une large majorité pour orienter le parti à gauche, c’est-à-dire dans le sens de l’intérêt des travailleurs et des personnes les plus fragiles.

De fait, Jeremy Corbyn est un véritable homme de gauche. A ce titre, il a toujours été eurosceptique même s’il avait appelé du bout des lèvres à voter contre le Brexit.

C’est cette mollesse de son engagement qui lui est reprochée et qui serait la cause de la défaite du camp du maintien dans l’UE.

Et les appels à sa démission suite au résultat du référendum sur le Brexit viennent à peu près des mêmes cercles et personnes qui ont récemment attaqué Jeremy Corbyn et d’autres militants et cadres du Labour Party en les accusant avec insistance d’antisémitisme au motif de leurs prises de position pro-palestiniennes. Le cas le plus fameux est celui de l’ancien maire travailliste de Londres Ken Livingstone qui a eu le tort d’évoquer les accointances bien établies par les historiens [pas des cinéastes, des historiens !] entre le mouvement sioniste et les autorités nazies.

Il est remarquable de constater que Jeremy Corbyn,  Ken Livingstone et d’autres militants travaillistes n’ont pas cédé aux pressions du lobby sioniste, même quand, comme l’ancien maire de Londres, ils en ont subi des conséquences dans des activités à caractère professionnel.

jeremy-corbyn-has-Israel-running-scared-630x350.jpg

Le soutien de Jeremy Corbyn à la cause palestinienne est ancré dans ses valeurs de gauche et non affaire de circonstances

Jeremy Corbyn a très bien vu le coup venir et il a eu tôt fait d’informer ses ennemis qu‘il ne démissionnerait pas.

Même s’il est lâché par la majorité des députés de son parti, Corbyn sait qu’il peut compter sur le soutien de la base populaire, un soutien qui non seulement ne s’est pas démenti mais s’est encore renforcé depuis que les néolibéraux, sionistes et autres va-t-en-guerre ont juré ouvertement sa perte.

Le Labour Party enregistre 100 000 nouvelles adhésions alors que la crise au sommet s’approfondit

Il semble que les nouveaux membres se préparent à voter pour maintenir Jeremy Corby à la direction du Labour Party, en opposition aux parlementaires du parti.

Par Adam Lusher, The Independent (UK) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Parti Travailliste a enregistré 100 000 nouvelles adhésions depuis le référendum sur l’UE [Brexit], ce qui correspondrait à des démarches de partisans de la base du parti pour maintenir Jeremy Corbyn à sa tête en opposition à la volonté de la grande majorité de ses députés au parlement.

On soupçonne que la plupart des 100 000 nouveaux adhérents ont rejoint le parti Travailliste depuis le 23 juin dans l’intention expresse de défier les parlementaires travaillistes et de voter pour Jeremy Corbyn dans toute élection relative à la direction du parti.

La hausse du nombre d’adhérents intervient au milieu de ce que certains qualifient de tentative de coup de force contre Corbyn à l’instigation des députés du parti. Il y a eu les démissions en masse du cabinet fantôme de M. Corbyn, les membres sortants l’appelant à démissionner, et un vote de défiance par lequel les députés travaillistes au parlement se sont opposés à leur leader à une majorité écrasante avec 172 contre 40.

Le vieux routier de la gauche a cependant refusé de démissionner et pourrait être en mesure de s’accrocher au pouvoir contre la volonté de ses députés grâce aux votes des membres de la base du parti.

Si les choses se passaient ainsi et que le bond des 100 000 nouvelles adhésions faisait écho aux événements des élections de septembre à la direction du parti qui avaient vu plus de 100 000 personnes payer 3 £ pour s’inscrire comme sympathisants du Parti Travailliste et obtenir ainsi la possibilité de voter.

Corbyn avait remporté une victoire écrasante avec 59,5 % des voix des adhérents, contre 19 % pour son plus proche rival, Andy Burnham.

Pourtant M. Corbyn n’avait reçu que peu de soutien de la part des députés travaillistes. Il avait d’abord dû batailler pour obtenir les 35 signatures nécessaires pour se présenter, et il n’y était parvenu que parce que certains députés travaillistes lui avaient « apporté » leur soutien pour « élargir le débat. » Une parlementaire dans ce cas, l’ex Secrétaire aux affaires étrangères Margaret Beckett, a admis avoir été une « imbécile. »

HuffPost UK a rapporté que le nombre d’adhérents au Labour Party a maintenant atteint environ 500 000 membres – dépassant largement le record précédent de 405 000 qui datait de l’époque où Tony Blair dirigeait le parti.

Cette fois-ci, par contre, la hausse des adhésions semble être un symptôme d’une crise interne au Labour Party dans laquelle le leader est coupé de ses députés mais soutenu par la base.

L’ancienne ministre du commerce du cabinet fantôme, Angela Eagle, est considérée comme la rivale la plus probable de Jeremy Corbyn dans une élection à la direction du parti. Elle a la confiance de ses collègues parlementaires mais il est beaucoup moins certain qu’elle puisse être en capacité de persuader les membres ordinaires du parti de voter pour elle et contre M. Corbyn.

Et si M. Corbyn est réélu à la direction du Parti Travailliste, l’hostilité à son égard de la grande majorité des parlementaires pourrait bien rendre inévitable une scission dans le parti.

La crainte d’une telle éventualité est si forte que, comme l’a révélé The Independent, de hauts responsables du Labour ont même commencé à chercher à savoir qui possède la dénomination du parti, son logo, son siège londonien et ses bureaux dans les régions.

Le vice leader du Labour, Tom Watson, a eu des discussions en tête-à-tête avec Len McCluskey, le leader d’Unite, le plus important syndicat britannique, pour trouver un compromis qui résoudrait la crise, mais les chances d’accord semblent lointaines.

Il semble que les syndicats tiennent à ce que M. Corbyn garde la direction du parti tandis que M. Watson leur a dit que la ligne rouge pour les parlementaires travaillistes est que M. Corbyn doit s’en aller.

Boycotter l’entité sioniste, c’est être du bon côté de l’histoire!

26 juin 2016

Le Washington Post publie une tribune d’une militante du BDS, le mouvement qui appelle au boycott, au désinvestissement et à des sanctions contre l’Etat sioniste tant qu’il ne respecte pas le droit international et continue sa politique de répression et de colonisation de la Palestine.

L’auteure, Rebecca Vilkomerson, attire l’attention sur certains aspects très importants en lien avec la campagne BDS.

Rebecca-Vilkomerson-JVP-Staff.jpg

Rebecca Vilkomerson de Jewish Voice for Peace

Elle rappelle d’abord l’efficacité de cette campagne en citant notamment deux exemples de grandes entreprises qui se sont désengagées du marché de l’entité sioniste.

Elle relève ensuite l’évolution de l’opinion publique en Occident, et aux Etats unis singulièrement, qui tend à éprouver de plus en plus de sympathie à l’égard du peuple palestinien.

 Elle observe enfin que, en contradiction avec cette évolution des opinions publiques, une campagne concertée cherche à faire adopter et appliquer des réglementations qui prétendent interdire les appels au boycott au motif de leur caractère antisémite.

Ce dernier point est d’une importance particulière puisque, ainsi qu’elle le signale, et comme l’avaient déjà fait Glenn Greenwald et Andrew Fishman,  cette campagne de dénigrement du BDS a pu obtenir d’un gouverneur d’Etat, celui de New York, qu’il arrête des mesures répressives à l’encontre du BDS, passant par-dessus la tête de l’assemblée de l’Etat qui avait renoncé à voter une loi en ce sens.

On observe la même chose en France où une circulaire signée par Mme Michelle Alliot-Marie en 2010 appelle les juges à se saisir des appels au boycott de l’entité sioniste qui seraient des appels à la discrimination! Michelle Alliot-Marie était ministre d’un gouvernement de droite. L’arrivée des socialistes n’a pas entraîné l’abrogation de cette circulaire. L’actuel Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas qui, en son temps, avait manifesté son opposition à cette circulaire n’en a pas reparlé depuis…

Comme le notaient Glenn Greenwald et Andrew Fishman, certains politiciens sont ouverts, voire même enthousiastes, à l’idée de sanctionner leurs propres concitoyens quand ils appellent à œuvrer pacifiquement pour contribuer à mettre un terme à une politique d’oppression et de déni du droit !

En se comportant ainsi, ces politiciens nous disent clairement qu’ils ne sont pas là pour servir leurs électeurs de compatriotes mais plutôt pour servir les intérêts d’une puissance étrangère qui méprise le droit international depuis des dizaines d’années.

Je suis juive et je veux que les gens boycottent Israël

Ce pays doit être tenu responsable de ses violations des droits de l’homme

par Rebecca Vilkomerson, The Washington Post (USA) 24 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Rebecca Vilkomerson est directrice exécutive de Jewish Voice for Peace.

En 2009, j’habitais à Tel Aviv ai moment de l’opération Plomb Durci. Pendant cette offensive, Israël a tué environ 1 400 Palestiniens à Gaza. Les quelques uns d’entre nous qui étaient descendus dans la rue pour protester contre la guerre étaient souvent bombardés d’œufs ou agressés par les passants. Quand je déposai mes enfants à l’école maternelle, les parents discutaient comme si rien d’inhabituel ne se passait. Quand ils me demandaient ce qui n’allait pas, je leur disais que j’étais très préoccupée par ce qui se passait à seulement une cinquantaine de kilomètres d’ici. Leur réponse : un silence gêné ou une défense rageuse des actions d’Israël.

Je voulais agir concrètement pour la liberté et les droits des palestiniens. Alors j’ai adhéré au mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cette action non violente qui a été lancée en 2005 par une large coalition d’organisations de la société civile palestinienne est un appel à la solidarité de la communauté internationale jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et cesse de violer les droits des Palestiniens. C’est une démarche qui a du mal à frayer son chemin – le gouverneur de mon propre Etat, New York, a récemment condamné le BDS en adoptant unilatéralement un arrêté exécutoire.

Sept ans après, il y a eu deux autres agressions horribles contre Gaza. Près de 500 enfants palestiniens ont été tués en 2014. Même quand il n’y a pas de campagnes de bombardements intenses, les Palestiniens vivent en état de siège à Gaza. Les habitants de la Cisjordanie vivent sous le contrôle extrêmement contraignant de l’appareil sécuritaire israélien, avec ses checkpoints, la détention administrative et les démolitions de maisons. En Israël, les Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne vivent dans un système d’inégalité des droits. Hors d’Israël, les réfugiés ne peuvent pas rentrer chez eux.

Bien sûr, pendant ce temps, il y a eu aussi des attaques contre des civils israéliens. Elles sont un horrible symptôme de l’occupation et de la répression comme l’a observé Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, suite à l’attentat qui a récemment tué quatre Juifs israéliens.

Je suis convaincue qu’Israël ne changera pas de politique tant qu’il pourra ignorer les pressions venues de l’extérieur. Le BDS est un moyen puissant d’encourager l’Etat à agir. Et pendant les années que j’ai passées dans le mouvement, nous avons connu un succès grandissant. Les grandes églises [protestantes] ont retiré leurs investissements des entreprises qui profitent de l’occupation. Des dizaines de campus américains ont voté des résolutions pour le désinvestissement. Plus d’une centaine d’artistes refusent de se produire en Israël, et des sociétés multinationales comme G4S et Véolia se sont retirées du marché israélien.

Pendant ce temps, il y a aussi eu une évolution dans l’opinion publique. Un sondage effectué en 2015 par le Brookings Institute a montré que 49 % des Démocrates soutiennent l’imposition de sanctions économiques contre Israël et ses constructionsd e colonies. Un sondage effectué par Pew le mois dernier a montré que pour la première fois, les Démocrates libéraux éprouvaient plus de sympathie pour les Palestiniens que pour les Israéliens. En mai, l’institut d’étude de l’opinion Opsos a constaté que le tiers des Américains soutenaient le boycott, le désinvestissement et els sanctions contre Israël tant qu’il ne respecterait pas les droits des Palestiniens.

Mais nos efforts ont été menacés ici aux Etats Unis par une stratégie coordonnée à l’échelle nationale et financée par le gouvernement israélien et des organisations qui le soutiennent. L’an dernier, 22 Etats ont introduit ou adopté des législations anti-BDS. Beaucoup de ces mesures rendent illégales pour ces Etats toute relation contractuelle avec des entreprises qui soutiennent le BDS. Le gouverneur de New York, le Démocrate Andrew Cuomo, a franchi un palier dans cette stratégie avec un arrêté exécutoire draconien qui créée une liste noire des entreprises et des organisations qui soutiennent le BDS. L’arrêté exécutoire pris par Cuomo contourne l’assemblée législative de l’Etat où l’opposition des partisans des droits des palestiniens et de la liberté d’expression, dont de nombreux membres de Jewish Voice for Peace, avaient réussi à faire bloquer la législation anti-BDS en commission des lois.

C’est une erreur. Ce n’est pas faire de la discrimination que de tenir un Etat pour responsable de ses infractions au droit international et de ses violations des droits de l’homme. Etat d’Israël et peuple juif, ce n’est pas la même chose.

Mes filles, que je déposais à l’école maternelle à tel Aviv en 2009 sont maintenant au collège à Brooklyn. Si en tant que citoyennes israéliennes, elles choisissent un jour de vivre en Israël/Palestine, j’espère que ce sera une terre où tous, Juifs et Palestiniens, peuvent vivre libres et égaux. Je crois que le BDS est le meilleur outil à notre disposition pour faire de cette vision une réalité. Nous regarderons plus tard ces tentatives pour légiférer contre le BDS comme ayant été les dernières tentatives désespérées pour protéger Israël des pressions qui s’imposent pour qu’il change de politique. Cuomo se range du mauvais côté de l’histoire.

Les sionistes s’invitent dans la campagne du Brexit

17 juin 2016

En matière de politique extérieurs, les sionistes n’ont pas de préférence nette pour les partis de droite ou de gauche. Ce qui les intéresse, c’est la position de ces partis vis-à-vis du sionisme et de l’aide, politique, diplomatique et éventuellement militaire et matérielle qu’ils sont prêts à lui accorder.

De ce point de vue les sionistes ont tout intérêt à être proches de ceux qui sont au pouvoir. Mais comme dans les démocraties libérales, il existe toujours une possibilité d’alternance, les sionistes cultivent généralement les amitiés intéressées dans les deux camps. Le chantage et la corruption sous toutes ses formes jouent bien sûr un rôle éminent dans cette stratégie de présence dans les partis politiques influents.

La campagne actuellement en cours outre-Manche pour ou contre la sortie de la Grande Bretagne de l’UE (Brexit) permet d’en donner encore un exemple, même s’il est moins flagrant que ce qui se passe en ce moment aux Etats Unis avec les primaires pour la présidentielle.

On apprend en effet qu’une organisation sioniste fait campagne pour le Brexit en reprenant l’argument classique (et pas forcément injustifié) de l’absence de contrôle des autorités bruxelloises par les citoyens. Mais Regavim, c’est le nom e cette organisation, soutient aussi que le Brexit permettrait à la Grande Bretagne de ne plus être partie prenante au financement du terrorisme palestinien par l’UE.

On peut classer cette organisation sioniste à l’extrême droite et sa démarche s’inscrit dans une stratégie plus large qui consiste pour les sionistes à courtiser, encourager et finalement contrôler sous certains aspects les partis et mouvements d’extrême droite. Si la chose est accomplie depuis longtemps aux pays bas avec le parti de Geert Wilders, les choses sont en bonne voie avec le Front National en France , le Parti de la Liberté en Autriche et UKIP , le parti « nationaliste » de Nigel Farage en Grande Bretagne.

Une organisation israélienne lance une campagne de soutien au Brexit à cause des politiques européennes « pro-palestiniennes »

Agence EFE, Publico (Espagne) 17 juin  2016 traduit de l’espagnol par Djazaïri

L’organisation demande aux Britanniques qui résident en Israël  ou aux Anglais qui sympathisent avec le pays [l’entité sioniste, NdT] qu’ils « se prononcent contre l’Union Européenne » en riposte au « bloc [l’UE] qui soutient la Palestine. »

Jérusalem – Une organisation israélienne a lancé une campagne de soutien au Brexit (sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne) pour se venger de ce qu’elle considère comme des politiques européennes favorables aux Palestiniens.

Selon l’édition imprimée du journal Haaretz, Regavim promeut la campagne « Soutien à Israël – Stop à l’Europe », pour demander aux britanniques qui vivent en Israël ou aux Anglais qui sympathisent avec ce pays de « se prononcer contre l’UE, » en riposte à ce que l’organisation appelle le bloc de soutien européen à la cause palestinienne.

Et elle lance cet appel à la veille du référendum historique qui se tiendra jeudi prochain et par lequel les Britanniques décideront s’ils souhaitent rester dans l’Union Européenne ou en sortir.

« Le référendum va se tenir parce que de nombreux Britanniques ont le sentiment que Bruxelles est hors de contrôle et qu’ils ne peuvent pas dire leur mot sur la manière dont sont dépensés les impôts gagnés à la sueur de leurs fronts. Ce dont beaucoup de Britanniques ne se rendent pas compte, c’est de l’ampleur des dégâts causés par l’UE dans le monde entier, particulièrement en Israël, » lit-on sur le site web de a campagne.

Afficher l'image d'origine

Nigel Farage critique le biais anti-sioniste (selon lui) de l’Union Européenne

Regavim dont, selon Haaretz, l’action se concentre sur la supervision et les démarches juridiques contre ce qu’elle considère comme des constructions illégales ou l’accaparement de terres en Cisjordanie par des Palestiniens ou des communautés bédouines, critique l’UE qui « finance des terroristes assassins. »

L’organisation israélienne dénonce la « construction [par l’UE] de colonies européennes sur le sol israélien, » en référence aux constructions en Cisjordanie de structures, de puits ou d’installations électriques dans le cadre de l’aide humanitaire, et elle critique « l’étiquetage des produits qui encourage le boycott, » lit-on sur le site internet.

On y trouve aussi [sur le site de Regavim] une vidéo d’une conférence de presse de l’organisation islamiste Hamas dont la bande son a été manipulée pour faire entendre une voix qui demande le maintien de la Grande Bretagne dans l’UE pour pouvoir continuer à bénéficier des supposés avantages qu’en retirent le mouvement palestinien et les Palestiniens.

« Si tu détestes vraiment Isra-hell [enfer en anglais] et si tu veux soutenir notre lutte, aide la Grande Bretagne à rester dans l’Union Européenne. Pour chaque jour de ton maintien dans l’UE, nous recevons de l’argent ! », affirme l’enregistrement qui ajoute que l’organisation islamiste est désireuse d’accepter une présumée invitation à prendre le thé avec le leader travailliste Jeremy Corbyn.


%d blogueurs aiment cette page :