Posts Tagged ‘Maghreb’

Lyon: Conférence de Lahouari Addi sur « Deux approches opposées de l’anthropologie de l’Islam »

25 mai 2013

A l’occasion de la publication du dernier ouvrage de Lahouari Addi « Deux anthropologues au Maghreb : Ernest Gellner & Clifford Geertz* « , le GREMMO a le plaisir de vous convier à sa prochaine conférence le jeudi 30 mai 2013

Deux approches opposées de l’anthropologie de l’Islam
Intervenants : Lahouari Addi – Professeur de sociologie à l’IEP de Lyon

Jeudi 30 mai 2013 de 18h à 20h

Grand Amphi de Sciences Po Lyon
Rue Appleton, 69007 Lyon

Lahouari Addi vient de publier un ouvrage consacré à Ernest Gellner et Clifford Geertz deux anthropologues de l’islam, célèbres pour leurs travaux sur le Maroc. Dans cette conférence, l’auteur présente les approches des deux chercheurs anglophones pour qui la Nahda, pour l’un a été une réforme modernisatrice des sociétés musulmanes, et pour l’autre, elle a été une tentative d’idéologisation du sacré dans des sociétés sous domination occidentale.

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* publié aux Editions des Archives Contemporaines


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Marie-Christine MICHEL
Gestionnaire Secrétaire

Groupe de Recherches et d’Etudes sur la
Méditerranée et le Moyen-Orient
Université Lumière Lyon 2 – CNRS
Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux
7, rue Raulin – F 69365 LYON Cedex 07
Téléphone : 33- (0)4 72 71 58 45
Télécopie : 33- (0)4 78 58 12 57
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Jérusalem est arabe, la preuve par Grenade

17 octobre 2012

Une fondation culturelle espagnole vient faire la nique aux autorités sionistes à Jérusalem même en venant rappeler que cette ville est arabe : musulmane, chrétienne et juive, mais arabe.

Et la démonstration en est faite in situ avec une exposition sur le royaume de Grenade sous le règne des dynasties ziride et nasride. 

Pour ceux que ça intéresse, les Zirides étaient une famille originaire d’Achir dans l’Algérie actuelle et ils tiraient leur nom du fondateur de la dynastie, Ziri Ibn Menad. L’émir Bologhin, le fils de Ziri est le (re)fondateur de la ville qui porte toujours le nom qu’il lui a donné : al Djazaïr (les îles dans une forme de pluriel archaïque).

Ce sont les vicissitudes de l’histoire et des luttes intestines qui ont amené une branche de la famille ziride à établir son pouvoir à Grenade tandis que deux autres rameaux demeuraient au Maghreb, l’un d’entre eux gouvernant sur ce qui correspond à peu près à la Tunisie actuelle, l’autre sur une partie du Maghreb central, établissant sa capitale dans une ville nouvelle, la Qalaa (Qalaa beni Hammad). 

Les Zirides étaient des Berbères, appartenant à la branche chiite de l’Islam au départ.

La dynastie nasride était par contre d’origine arabe semble-t-il et n’a de toute façon gouverné qu’en Espagne, jusqu’à la disparition de l’Etat musulman de Grenade.

Le royaume de Grenade atterrit à Jérusalem

Une exposition présente à la vieille ville la vie sous les dynasties ziride et nasride

Par Ana Carbajosa, El Pais (Espagne) le 17 oct 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

C’est dans un magnifique bain arabe de l’époque mamelouk, en plein cœur de la vieille ville de Jérusalem qu’a atterri le royaume de Grenade. Une exposition espagnole, dédiée à recréée la vie des dynasties ziride et nasride, a été inaugurée la semaine dernière à Jérusalem Est, la partie palestinienne de la ville, asphyxiée par le conflit avec les Israéliens et où la vie culturelle est presque anecdotique.

Juan Carlos González-Santiago et José Manuel Vera Borja signent les photos de l’exposition

Sur les 30 photographies accrochées aux murs blanchis à la chaux du hammam, on peut voir des édifices représentatifs de ce que fut le royaume de Grenade entre le 9ème et le 15ème siècle. Devant eux, défilent quelques uns des 350 figurants volontaires de villes et villages andalous qui, vêtus de costumes d’époque, ont participé au consortium du millénaire du royaume de Grenade qui travaille depuis deux ans à la commémoration de la fondation en 1013 de cet Etat islamique dans la péninsule ibérique.

Les scènes que peut découvrir celui qui visite Jérusalem, de l’entrée de la vieille ville à la porte de Damas et celles qu’il peut voir ensuite dans l’exposition ne sont pas si différentes. La casbah de Malaga, la madrasa de Grenade, le palais de Mondragon à Ronda… les tours, les décorations, les arches et jusque aux personnages qui apparaissent dans les photographies de l’exposition sur le royaume de Grenade, détonnent à peine avec les abords immédiats du quartier musulman de la ville fortifiée de Jérusalem, annexée par Israël en 1967.

Ronda: fontaine du palais Mondragon

C’est la première fois que le royaume de Grenade débarque dans le monde arabe. Un Palestinien entre deux âges, chargé d’accrocher les photos avant l’inauguration officielle, s’étonne devant la calligraphie arabe et les extraits du Coran qu’on peut voir dans une des salles de l’Alhambra.

«Ce qui nous intéresse, c’est de voir les choses que nous avons en commun, les parallélismes,» explique Carmen Pozuelo de la Fondation Legado Andalusi (héritage andalou) et commissaire de l’évènement tout en travaillant au montage d’une exposition qui se confond avec l’environnement.

Les rais de lumière qui filtrent par les ouvertures des voûtes du hammam Al Ayn sont très semblables à ceux des bains de Fiñana. La fontaine qui trône dans la salle principale de l’édifice qui accueille l’exposition, rappelle beaucoup celle du palais de Mondragon. Ce sont des parallélismes qui tiennent à leur fonction mais surtout à un héritage commun que l’exposition « Alma Desgranada: viaje a la memoria del reino de Granada » (égrenage de l’âme: voyage dans la mémoire du royaume de Grenade) essaye de mettre en évidence.

Juan Carlos González-Santiago et José Manuel Vera Borja signent les photos de l’exposition qui se posera bientôt au Caire et ensuite au Qatar.

Nadine Morano, plus blanche qu’une tchadienne!

24 juin 2012

Nadine Morano défraye pas mal la chronique en ce moment, après ses appels du pied appuyés à l’électorat du Front National, le canular dont elle a été victime et sa bourde récente sur son amie tchadienne «donc plus noire qu’une arabe».

Nadine Morano, née Pugelle

C’est sûr que Mme Morano est pour sa part très blanche (rose) de peau et blonde.

Pourtant, il convient de rappeler que Morano est un patronyme catalan. La Catalogne, dont est originaire le ministre de l’intérieur Manuel Valls est une région que la France et l’Espagne ont en partage. Ses métropoles sont Barcelone en Espagne et, sauf erreur de ma part, Perpignan en France.

Morano est un nom très proche du patronyme espagnol Moreno et français Morand ou Maurin. Comme l’explique le site généalogie.com :

« Morano » est un nom de famille catalan, sobriquet désignant celui qui est brun de peau comme un maure.

Un teint de peau basané dû précisément parfois à une origine maure. Les Maures étant les habitants de la Maurétanie, cette région qu’on appelle communément aujourd’hui le Maghreb. C’est donc une désignation classique en occident des Berbères d’Afrique du Nord puis, par extension, des arabo-musulmans, ou arabo-berbères comme on voudra, du Maghreb.

Mais Nadine Morano n’a pas d’origine maure, ni même catalane puisqu’elle porte en réalité le patronyme de son ex-mari.

Pour la simple raison que son nom de jeune fille, Pugelle, rappelle peut-être un peu trop celui un peu lourd à porter qui était le sien jusqu’à sa modification par décret en 1975.

Alors Nadine Morano est-elle raciste ?

Personnellement, je ne le pense pas. Elle participe cependant, pour des raisons principalement électoralistes, à une rhétorique islamophobe qui porte en elle les ferments de la guerre civile. Ce dont elle ne semble pas consciente puisque son discours prétend au contraire vouloir éviter à la France une situation à la « libanaise ».

Mais à sa décharge en quelque sorte, on dira que ce discours ne lui est pas propre et qu’il n’est pas non plus le monopole de la droite, extrême ou pas.

Un article sympathique sur le métro d’Alger

13 mai 2012

Je n’ai pas parlé des élections législatives en Algérie.

 Pas intéressant.

Certains pensent peut-être qu’elles ont été truquées mais ce n’était sans doute pas le cas. Le morcellement voulu par les autorités de l’offre politique et l’abstention étaient en réalité la clef du succès du FLN et, plus largement, de l’équipe au pouvoir.


J’ai par contre trouvé un article bien sympathique sur le métro d’Alger.

Le métro d’Alger: un voyage à travers le tunnel du temps

Par Rosa Meneses à Ager, El Mundo (Espagne) 13 mai 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

– Les habitants de la capitale ont attendu 30 ans pour le voir terminé

– Conçu dans les années 70 avec 64 kilomètres de réseau, le chantier, a débuté en 1982

-Jusqu’en 2006, le projet n’a pas été relancé, mais ces longues années d’abandon ont renchéri le projet

– Le billet, 50 dinars (50 cents €), est cher pour les habitants

C’est le premier métro du Maghreb et probablement le plus lent du monde. Les Algérois ont dû attendre trente ans pour voir se concrétiser le projet du métro de la capitale. La première ligne a été inaugurée fi octobre 2011 par le président Abdelaziz Bouteflika. Le centre d’Alger, avec ses édifices blancs et ses balcons bleus avait été nettoyé pour l’occasion.

«Un pays riche comme l’Algérie a dû attendre trente ans pour avoir un transport en commun comme le métro, » se lamente Dalila Taleb, une militante Algérienne. Projeté sans les années 1970 avec un réseau de 64 kilomètres, les travaux n’avaient pas réellement commencé avant 1982. Par la suite, la crise économique, la chute des prix du pétrole et le manque d’expérience des entreprises nationales se conjuguèrent à l’inertie des autorités pour retarder le projet.

Puis vint la « décennie rouge », les années 1990 pendant lesquelles le terrorisme tacha le pays de sang. Les tunnels et les bouches qui avaient été construits durent être obturés pour éviter que les miliciens islamistes s infiltrent pour contrôler la ville en profitant de l’obscurité ses souterrains.

Les autorités n’ont pas repris le projet avant 2006. Elles ont ensuite décidé de le confier aux entreprises Siemens, Vinci et à l’espagnole CAF. Mais la topographie difficile d’Alger et la proximité de la mer n’ont pas facilité la tâche. Toutes ces années ont renchéri le projet qui a coûté au total 1 000 millions d’euros.

Le 1er novembre dernier, la Ligne 1 a été ouverte au public. Les habitants d’Alger sont déjà plus habitués à utiliser les installations, mais les premiers jours, il avait fallu leur montrer comment se déplacer avec ce nouveau moyen de transport. Le métro d’Alger est propre, sûr – 400 policiers le surveillent – et il fonctionne de manière très efficace. « Les seul aspect négatif est que dans beaucoup de stations, il n’y a pas d’escaliers mécaniques, » se plaint une dame d’un certain âge devant la perspective d’un long escalier pour rejoindre la surface.

Sur la plate-forme de la station de Tafoura, des jeunes habillés à la dernière mode se photographient en posant avec des gestes de rappeurs. A côté d’eux, un homme d’âge moyen immortalise avec son appareil photo les jeux et les sauts de ses trois filles. Le train, blanc et bleu – comme le paysage algérois – arrive par la droite. Les portes s’ouvrent sur des wagons spacieux. Un policier a oublié sa casquette noire sur un siège.

La Ligne 1 relie le centre de la capitale – où se dresse l’imposante façade blanche de la grande poste – le quartier colonial français, à Al Badr, à Kouba, un faubourg populaire en périphérie sud est.Dix stations, neuf kilomètres. Le métro peut assurer le transport de 25 000 personnes par heure. Pourtant, taxis et autobus restent les plus populaires étant donné que le métro ne dessert que certaines parties de cette ville de près de 2,5 millions d’habitants, la plus grande du Maghreb.

La prolongation de la Ligne 1 et la construction d’une seconde ligne sont en cours. En 2014, on prévoit l’ouverture des extensions à l’est. Et on espère disposer de 40 kilomètres de réseau en 2020.

Le ticket, 50 dinars (50 centimes d’euros) est un peu cher pour la population. Le salaire minimum en Algérie est de 18 000 dinars (environ 180 euros). « Le trajet coûte en réalité 84 dinars. Le prix est subventionné par l’Etat, » se défend le ministre des transports, Amar Tou.

Le vendredi, jour de prière, le métro est un peu vide. Ce sont alors les familles qui accaparent la ligne pour emmener leurs enfants au jardin botanique ou à l’aire de jeux installée au monument des martyrs. Un trajet court qui suppose en réalité un voyage à travers le temps pour les Algérois .

Hillary Clinton et le leadership du Maroc, Alger et son rêve futile d’un axe algéro-américain

27 février 2012

Mme Clinton était tout récemment en Algérie et sa visite a inspiré au quotidien algérois L’Expression ce titre suggestif :

 L’axe algéro-américain se précise

J’ignore comment on peut parler d’axe formé par deux Etats aussi dissemblables, l’un étant un  pays de plus de 313 millions d’habitants, avec une économie qui, même si elle semble sur le déclin, reste au 1er rang mondial et doté d’une puissance militaire inégalée, tandis que l’autre est un pays de 37 millions d’habitants, encore sous-développé et dont la puissance militaire tient peut-être plus de l’inventaire de matériels que de réelles capacités combatives.

Rien dans le discours de Mme Clinton ne peut suggérer l’existence d’un tel axe même si elle a exprimé son

 «plaisir personnel et profond d’être en Algérie et d’avoir l’occasion de représenter le Président Barack Obama et le gouvernement des Etats-Unis en Algérie».

(Ouf, pas de révolution du nar-nar en vue en Algérie)

et indiqué que sa visite en Algérie avait pour objet

«d’évoquer des questions communes, de  discuter du renforcement de la coopération bilatérale  et d’échanger les idées sur les événements qui se déroulent actuellement dans la région».

De là à parler d’un «axe», il y a un pas que je me garderais bien de franchir.

Il faut quand même relever que Mme Clinton, si elle a parlé d’Algérie, a fait référence à un «peuple maghrébin ».

Vous me direz que ce peuple maghrébin existe et je suis d’accord. L’existence d’un peuple maghrébin ancré dans un territoire et cimenté par une histoire et une culture communes est une réalité qui n’a pas encore de traduction politique.

Mais cette traduction politique est l’affaire des intéressés, pas de Mme Clinton. Or, son emploi de l’expression «peuple maghrébin» est tout sauf innocent et nous donne sans doute une indication sur les desseins de Washington pour la région maghrébine : une intégration politique sous la houlette et dans l’intérêt des Etats Unis qui passera par la réactivation opportune d’une Union du Maghreb Arabe maintenant dominée par les véritables amis de Washongton, à savoir le Maroc, la Tunisie et la Libye « révolutionnaire ».

Ecoutons Henry S. Ensher, ambassadeur des États-Unis à Alger, interviewé par Hadjer Guenanfa pour Tout sur l’Algérie :

Q- On parle de plus en plus de l’ouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc. Vous avez même proposé, dans une déclaration à la presse, une médiation américaine…
R- Jamais ! Il n’y aura pas de médiation. Les Algériens sont nos amis et les Marocains aussi. La décision relève des prérogatives des deux gouvernements. Cela dit, on pense que la consolidation des relations entre ces deux pays sera bénéfique pour eux mais aussi pour les États-Unis
Q- L’ouverture des frontières permettra de relancer l’Union du Maghreb arabe. Comment voyez‑vous cette relance ?
R- L’Union du Maghreb arabe (UMA) aura un rôle significatif en matière de sécurité, de développement économique et d’intégration régionale. Le rôle de l’UMA sera bénéfique.

De fait, Mme Clinton est arrivée à Alger en provenance de Tunis avant de conclure son périple à Rabat.

Rabat où Hillary Clinton a consacré le leadership marocain selon le journal L’Economiste.

Mais leadership de quoi au juste ? Du fameux axe ?

Pas vraiment puisque selon Mme Clinton,

«Le Maroc est aujourd’hui en pôle position pour jouer le rôle de leadership afin de mettre fin à ce qui se passe en Syrie»

Le leadership marocain n’a donc rien à voir avec le fameux «axe» et assez peu de choses à voir avec le « peuple maghrébin » mais bien plutôt avec la volonté hégémonique des Etats Unis dans le monde arabe.

Donc leadership signifie ici, le plus fidèle des serviteurs des intérêts des américains dans l’Occident et l’Orient arabes.

On pourrait ajouter que ce leadership concerne aussi la démocratisation puisque :

L’Administration américaine, a-t-elle ajouté, oeuvre avec les gouvernements de la région arabe dans le but d’enclencher une dynamique de réformes

Et à ce propos, le journal L’Economiste nous précise que

L’exemple marocain en matière de réformes et de démocratie a d’ailleurs été salué par la secrétaire d’Etat américaine. Dans la foulée, elle a rendu hommage à la jeunesse marocaine et au Roi qui a su répondre très tôt à ses attentes.

Le roi Mohamed VI explique sa vision de la démocratie à Hillary Clinton

Mme Clinton n’a pas dit ce qu’elle comptait faire pour la démocratisation du royaume de Jordanie sans parler de celui d’Arabie Saoudite…

En attendant, la rencontre qu’elle devait avoir avec des représentants de la société civile marocaine a été annulée sans qu’on en connaisse la raison.

Elle n’a pas évoqué, comme de juste, le sort des deux jeunes condamnés pour atteinte au caractère sacré de la personne du monarque.


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