Posts Tagged ‘Mahmoud Ahmadinejad’

Un rabbin excommunié au Parlement Européen!

8 décembre 2013

Une petite info fort édifiante qui nous offre un raccourci saisissant sur ce qu’est (selon un certain point de vue) la communauté juive en Europe, sur la lecture imposée de l’histoire et sur la réalité des groupes de pression sionistes.
Vous remarquerez que le Parlement Européen est sommé d’entériner une excommunication religieuse (et qu’il ne se fait apparemment pas prier pour le faire). C’est la moindre des choses puisque ce parlement a été « fondé sur les ruines de l’holocauste »!

Le Parlement Européen regrette d’avoir accueilli un rabbin accusé de négation de l’holocauste
Jewiish Telegraphic Agency, 6 décembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

(JTA) – L’Union Européenne regrette la présence d’un rabbin antisioniste accusé de négation de l’holocauste lors d’une manifestation sous son patronage

Le rabbin Moché Aryeh Friedman avait assisté le mois dernier à une conférence sur le dialogue arabo-européen au siège du Parlement européen à Bruxelles. Friedman, qui vit à Anvers, est peut-être mieux connu pour avoir participé à une conférence à Téhéran en 2006 organisée par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, avec des négationnistes. Selon The Guardian, Friedman avait affirmé là-bas que seulement 1 million de Juifs avait disparu dans l’holocauste. L’agence de presse Bloomberg avait rapporté qu’il avait dit que l’holocauste était une « fiction à succès. »

Le rabbin Moshe Aryeh Friedman et Mahmoud Ahmadinejad

Le rabbin Moshe Aryeh Friedman et Mahmoud Ahmadinejad

Friedman avait déclaré à la JTA que les deux informations « étaient fausses et mensongères. »
« Il est regrettable que ceci ait conduit à une situation offensante, » a déclaré jeudi à JTA la porte parole de l’UE Marjory van den Broeke.

Le rabbin Menachem Margolin de l’European Jewish Association a déclaré jeudi: « Il est révoltant que le Parlement Européen, qui a été fondé sur les ruines de l’holocauste, utilise l’argent des contribuables pour financer un événement auquel assiste une personne qui nie l’holocauste. »

Selon van den Broeke, Friedman avait été invité à la conférence du 13 novembre intitulée « Le dialogue arabo-européen au 21ème siècle: vers une vision commune » par les organisateurs de la manifestation, la Fondation Al Babtain dont le siège est au Koweit. Sa photo figurait dans le dépliant de présentation de l’événement frappé du logo du Parlement Européen.

« Compte tenu des résolutions adoptées antérieurement par le Parlement Européen, il est clair que les points de vue exprimés par M. Friedman ne sont pas partagés par le Parlement, » écrit-elle. Friedman, a-t-elle ajouté, « n’a pas été contacté ou invité par un responsable du Parlement Européen mais est venu en tant que représentant de la communauté juive orthodoxe en Belgique et en Autriche. »

Margolin a précisé que « Ces communautés ont condamné et excommunié Friedman. Nous attendons du Parlement qu’il prenne au sérieux les évènements qu’il finance. Nous apporterons avec joie notre aide pour prévenir des erreurs si malencontreuses à l’avenir. »

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Le parlement argentin dit oui à la réconciliation avec l’Iran

28 février 2013

Ne comptez pas trop sur la presse française pour vous parler de la ratification par le parlement argentin d’un accord conclu entre l’Argentine et l’Iran pour traiter un dossier judiciaire qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis 1994.

La version officielle étant en France que l’Iran est un pays isolé sur la scène internationale même si on a vu récemment Mahmoud Ahmadinejad en visite en Egypte, une première depuis la chute du régime impérial, et si tout le monde avait répondu présent pour la conférence des pays Non Alignés convoquée à Téhéran en août 2012. Dans les deux cas, ces succès de la diplomatie iranienne ont fait enrager nos propagandistes bellicistes qui craignent de se voir privés d’une occasion d’en découdre avec la république islamique.

La ratification de l’accord par le parlement argentin ouvre la voie à une normalisation complète des relations avec l’Iran et donc à leur développement, chose qui sera profitable aux deux pays mais qui est peut-être surtout dans l’intérêt d’une Argentine dont la volonté d’échapper aux griffes de la finance internationale ne fait pas que des heureux.

L’accord prévoit aussi d’examiner la procédure judiciaire conduite par les magistrats et la police argentines depuis 1994. Un examen qui ne débouchera pas sur de grandes révélations pour la simple raison que ceux qui ont les clefs de l’énigme de l’attentat contre l’AMIA sont ceux-là mêmes qui se trouvent derrière la fausse piste iranienne.

L’Argentine approuve un accord avec l’Iran sur l’attentat contre l’AMIA

Le Parlement autorise une commission de juristes à examiner la procédure judiciaire qui accuse Téhéran de l’attentat

EFE , El Pais (Espagne) 28 février 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Après plus de treize heures de débat, le parlement argentin a ratifié l’accord avec l’Iran pour enquêter sur l’attentat contre l’AMIA, l’association israélite, qui avait été perpétré en 1994 à Buenos Aires.

Le projet du gouvernement de Cristina Fernandez a été approuvé par 131 voix pour et 113 contre, dans une journée tendue marquée par la mobilisation des familles des victimes de l’attentat contre l’AMIA

Des centaines de personnes ont défilé avec les organisations politiques et associatives devant le parlement argentin en rejet de l’accord avec l’Iran au cours d’une manifestation organisée par l’Association pour l’élucidation du massacre impuni de l’AMIA, avec parmi elles des proches des 85 personnes tuées dans l’attentat, avec la participation de la Délégation des Associations Israélites d’Argentine (DAIA, équivalent de la LICRA), le bras politique de la communauté juive locale

Manifestants de la communauté juive qui disent non au traité et non à la vérité sur l'attentat contre l'AMIA

Buenos Aires: manifestation d’organisations juives qui disent non à l’accord et non à la vérité sur l’attentat contre l’AMIA

Lors d’une cérémonie devant l’entrée du parlement, les organisateurs ont lu un document pour exiger que soit mis «un terme à l’impunité dans le cas AMIA » et pour rejeter l’accord avec l’Iran, qu’ils ont stigmatisé en tant que «nouvel acte de dissimulation et d’impunité »» dont l’objectif est de fermer définitivement ce dossier. »

L’accord conclu en janvier dernier avec l’Iran, et ratifié par le Sénat, prévoit la création d’une commission de juristes pour examiner la procédure judicaire sur l’attentat et interroger à Téhéran ceux qui sont accusés d’avoir fait exploser le siège de l’AMIA à Buenos Aires, Argentine.

Selon le ministre argentin des Affaires étrangères Hector Timerman, l’accord permettra aux Iraniens d’interroger uniquement nécessaire pour la Justice pesant sur les mandats d’arrêt en Argentine avec «alerte rouge» par Interpol permettra d’interroger uniquement les Iraniens recherchés par la justice argentine et sur lesquels pèsent des mandats d’arrêt internationaux avec ‘alerte rouge’ à Interpol.

Ces personnes recherchées sont le ministre Iranien de la défense, Ahmad Vahidi ; l’ex ministre de l’information Ali Fallahijan ; l’ex conseiller du gouvernement Mohsen Rezai, l’ex attaché de l’ambassade iranienne à Buenos Aires, Ahmad Reza Ashgari

Mais l’accord exclut d’interroger l’ancien vice ministre des affaires étrangères pour l’Afrique, Hadi Soleimanpour ; l’ancien chef de l’Etat iranien, Ali Akbar Rafsanjani et l’ancien ministre des affaires étrangères Ali Akbar Velayati, recherchés par la justice argentine depuis 2006, mais sans ‘alerte rouge’ à Interpol.

L’attentat contre l’AMIA fut la deuxième attaque terroriste contre les intérêts juifs en Argentine, après l’explosion d’une bombe devant l’ambassade d’Israël à Buenos Aires qui avait tué 29 personnes en 1992.

Le dessinateur Carlos Latuff médaille de bronze de l’antisémitisme!

30 décembre 2012

La Centre Simon Wiesenthal est une ONG basée à Los Angeles et qui intervient dans le domaine des droits de l’homme, de la tolérance et plus spécialement de la tolérance à l’égard des droits de l’homme juif, c’est-à-dire de l’antisémitisme.

De fait, la tolérance du Centre Simon Wiesenthal ne s’étend pas à la préservation d’un cimetière musulman de Jérusalem Ouest où le centre est en train de bâtir un musée de la  tolérance» au sens où il l’entend.

Le Centre Simon Wiesenthal n’a qu’un rapport indirect avec le fameux chasseur de nazis du même nom.

Comme l’explique Wikipedia, le centre a repris le nom de Simon Wiesenthal

bien qu’il ne soit pas lié avec Wiesenthal lui-même, qui déclarait cependant : « J’ai reçu beaucoup d’honneurs au cours de ma vie. Quand je mourrai, ces honneurs disparaîtront avec moi. Mais le Centre Simon Wiesenthal me survivra comme mon héritage ».

Ces propos lénifiants de Simon Wiesenthal ne sauraient cependant occulter le fait que ce dernier a cédé son nom contre des espèces sonnantes et trébuchantes comme une vulgaire marque.

La grosse affaire du centre Simon Wiesenthal, c’est donc la lutte contre l’antisémitisme dans une acception très large puisqu’elle inclut tout discours hostile ou seulement critique à l’égard de l’entité sioniste (ou Etat Juif). Ne parlons bien entendu pas des palestiniens qui ont le tort d’agir pour recouvrer leurs droits…

L’article de Wikipedia reprend justement un certain nombre des hauts faits du Centre Simon Wiesenthal comme ses accusations d’antisémitisme envers le président vénézuelien Hugo Chavez ou sa pseudo-information sur un projet de réglementation en Iran pour contraindre les juifs de ce pays à porter des signes distinctifs.

Ces gens là on, comme on le voit, un culot inouï, ce qui ne les empêche pas le Centre Simon Wisenthal de conserver un statut consultatif auprès d’une instance comme l’UNESCO ou le Conseil de l’Europe.

Où de proposer un classement des personnalités ou organisations les plus antisémites. Le classement 2012 vient justement de sortir and the winner is

Le mouvement des Frères Musulmans actuellement au pouvoir en Egypte.

Le centre Simon Wisenthal reproche notamment la déclaration suivante à Mohammed Badie, le guide moral de la confrérie :

 «Les juifs ont dominé la terre, répandu la corruption dans le monde, versé le sang des croyants et profané par leurs actions des lieux saints. Les sioniste n’entendent que le langage de la force et ils ne céderont que par la contrainte, ce qui ne pourra se faire que par la guerre sainte. »

Je n’ai pas vérifié si le centre a rapporté fidèlement les propos de Mohammed Badie. J’en serais cependant étonné.

La médaille d’argent échoit au régime iranien qu’on aurait pourtant pu considérer comme le favori de la compétition.

A l’appui de cette distinction, nous avons droit à une citation (même remarque que pour la précédente citation) de l’affreux Mahmoud Ahmadinejad :

“Il y a maintenant 400 ans qu’un affreux clan sioniste dirige les grandes affaires de ce monde et, dans la coulisse des cercles dirigeants des grandes puissances mondiales, dans les structures politiques,  médiatiques, monétaires et bancaires du monde, ce sont eux qui prennent les décisions , à tel point que dans une grande puissance avec une très importante économie et une population de plus de 300 millions d’habitants, les candidats à la présidentielle doivent baiser les pieds des sionistes pour s’assurer la victoire électorale.»

La médaille de bronze revient à un artiste, en l’occurrence un caricaturiste brésilien d’origine palestinienne, Carlos Latuff.

Il est notamment reproché à Carlos Latuff d’avoir calomnié le premier ministre Benjamin Netanyahou dans des dessins comme celui ci-dessous :

netanyahu-gaza-massacre

Ce dessin a été fait par Latuff pendant la dernière opération sioniste contre la bande de Gaza, un «conflit déclenché par le Hamas contre l’Etat juif » selon le Centre Simon Wiesenthal

Comme l’observe le site Jews sans Frontières, Latuff semble avoir été extrêmement vexé de recevoir cette médaille de bronze. Il se montre ici lui-même recevant la médaille des mains du rabbin Marvin Hier, le patron du Centre Simon Wiesenthal.

Latuff upset

Carlos Latuff reçoit sa médaille de bronze des mains du rabbin Marvin Hier

Charlie hebdo devrait proposer une collaboration à Carlos Latuff (fermeture définitive du magazine garantie !)

En dialoguant avec l’Iran, l’Argentine fait enrager le régime sioniste

4 novembre 2012

Emilio Marin est un journaliste argentin qui publie depuis 1987 un édito hebdomadaire dans le journal La Arena qui parait dans la ville de Santa Rosa dans la Pampa. Emilio Marin collabore aussi avec un certain nombre d’organes de presse, le plus souvent de gauche mais aussi de type universitaire.

Emilio Marin

Il nous propose un article extrêmement intéressant dans lequel il offre un aperçu assez complet de l’évolution des relations entre l’Argentine et l’Iran à partir de l’attentat contre l’AMIA (l’association mutuelle israélite de Buenos Aires) à la  récente relance des discussions entre les deux pays.

Emilio Marin n’est ni chiite, ni crypto chiite (sa barbe renvoie plus sûrement à Fidel Castro et Che Guevara). Il n’empêche qu’il expédie rondement les accusations contre l’Iran dans l’affaire de l’AMIA qui reposent sur une enquête bâclée à dessein sur fond de corruption du pouvoir et de manœuvres américaines et sionistes.

Emilio Marin évoque une des raisons de cette reprise des relations : un Iran qui cherche à rompre son isolement et une Argentine en quête de débouchés pour ses productions, agricoles notamment.

Il y a bien sûr d’autres aspects qu’Emilio Marin ne fait en fin de compte que suggérer qui sont ceux de la réorientation de la diplomatie argentine vers une plus grande autonomie à l’égard de Washington dans un processus qui travaille une bonne partie de l’Amérique latine, et une volonté de rejeter les oukases imposés par la finance mondiale. Et qui dit finance mondiale, dit FMI, Banque Mondiale, dollar et donc Etats Unis et le reste du monde capitaliste.

Aussi bien sur le volet diplomatique qu’économique, l’Argentine joue une partie serrée dans laquelle les adversaires de sa politique utiliseront  tous les moyens qu’ils jugent bons pour la ramener dans ce qu’ils estiment être le droit chemin.

Un dialogue irano-argentin cordial à Genève

Les deux pays en avaient décidé ainsi aux Nations Unies et ils ont tenu leur première réunion à Genève. L’objectif est d’apurer les conflits et de trouver une solution au contentieux sur l’AMIA. Une décrispation des relations qui a deux ennemis puissants.

Par Emilio Marin, La Arena (Argentine) 3 novembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Les relations entre l’Argentine et l’Iran se sont améliorées petit à petit depuis 2010. Les deux parties ont cherché à surmonter les obstacles qui se dressent entre elles depuis que, en juillet 1994, s’était produit un attentat brutal à Buenos Aires contre l’AMIA, une association israélite. 85 personnes avaient trouvé la mort. Une enquête judiciaire avec une forte interférence des services secrets d’Israël et des Etats Unis avait accusé sans preuves l’Iran d’être le présumé responsable. C’est alors qu’avait commencé le déclin de cette relation et la méfiance entre les deux pays.

L’Argentine avait réclamé en 2006 auprès d’Interpol l’extradition de hauts responsables accusés d’être les commanditaires de l’attentat. Parmi eux, entre autres, l’ex président Ali Rafsandjani, l’actuel ministre de la défense Ahmad Vahidi, l’ambassadeur de l’époque à Buenos Aires, Hadi Soleimanpour, qui est maintenant vice ministre des relations extérieures, chargé des affaires africaines. Téhéran avait rejeté cette demande et les relations furent de fait réduites au minimum.

Les représentations diplomatiques des deux pays ont été ramenées au niveau de chargés d’affaires. A Buenos Aires, c’est Ali Pakdaman qui représente l’Iran.

Ces requêtes judiciaires infondées résultaient de l’instruction menée par le magistrat Juan José Galeano, en pleine époque menemiste (du président Carlos Menem) qui ne se distinguait pas précisément par la qualité ou par l’indépendance de la justice. Galeano avait fini par être destitué par le Conseil de la magistrature et ce qu’on lui reprochait avait en partie à voir avec sa gestion de ce dossier. Il avait payé 400 000 dollars, sur des fonds réservés à la SIDE (services secrets argentins) à Carlos Telleldín un des prisonniers [en relation avec l’attentat] afin qu’il charge certains accusés et qu’il en disculpe d’autres. A la fin, tous s’étaient retrouvés libres mais un des éléments de ce dossier scandaleux restait inchangé : l’accusation selon laquelle l’attentat avait été décidé par l’Iran et exécuté par ses agents du Hezbollah libanais. Les pièces de ce puzzle ne s’emboîtaient pas, mais la SIDE, la CIA et le Mossad firent en sorte qu’on les voie comme allant bien ensemble. Galeano limogé de ses fonctions à la justice le dossier sera repris tel quel par Rodolfo Canicoba Corral et le procureur de la république Alberto Nisman, qui maintiendront la pression judiciaire contre Téhéran.

On avait atteint le fond en matière de relations entre les deux pays. Le commerce bilatéral était tombé moins de 50 millions de dollars, presque rien. Le président Néstor Kirchner, puis Cristina Fernández étaient allés à l’Assemblée générale de l’ONU avec des dirigeants de la communauté israélite dans leurs délégations officielles. Et dans leurs discours, ils avaient réclamé les extraditions à Téhéran. En l’absence de réponse positive, à l’instar des Etats Unis et d’Israël, la représentation argentine avait quitté l’Assemblée Générale au moment où le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad avait commencé son discours. L’Argentine participait au boycott et aux sanctions de l’ONU sur l’accusation contre l’Iran pour un autre fait non démontré : que son programme nucléaire pacifique aurait des visées militaires.

Parlons un peu

Après ce tableau peu reluisant, a commencé à poindre un vent contraire dans les relations bilatérales à partir de 2010. Comme tout est lié, les choses avaient commencé par le commerce et les nécessités économiques. Les exportations argentines étaient en augmentation, passant à 84 millions de dollars en 2008, 371 millions en 2009, 1 455 millions en 2010 et 1 189 millions en 2011. Le chiffre sera supérieur en 2012.

La république achète surtout des denrées alimentaires, de la farine et de l’huile de soja, du blé, du maïs et d’autres produits. Et le gouvernement argentin, heureux d’un fort excédent dans les échanges, a en vue un dispositif semblable à celui qui le lie au Venezuela. L’Iran est un grand producteur de pétrole dont le client principal était jusqu’alors l’Union Européenne. Les multiples sanctions imposées par ce bloc impérialiste, aligné sur les Etats Unis, laisse une partie de la production iranienne disponible pour d’autres marchés comme la Chine ou ceux d’autres pays membres du Mouvement des Non Alignés.

Ce ne sont pas seulement les échanges avec l’Iran qui se sont améliorés mais aussi les relations politiques. A la 66ème Assemblée Générale de l’ONU, en 2011, Cristina Fernández avait proposé à son homologue de tenir le procès des responsables de l’attentat contre l’AMIA dans un pays tiers. Même si l’Iran n’a pas donné de suite favorable, insistant sur le fait qu’il n’avait rien à voir avec cet acte, cela revenait dans les faits à un assouplissement de l’exigence par Buenos Aires d’obtenir l’extradition d’un ancien président et d’un ministre en exercice, entre autres accusés.

Cristina Fernandéz et Hector Timerman

A la veille de la 67ème Assemblée, en septembre dernier, Ahmadinejad avait demandé à l’Argentine une réunion au niveau ministériel pour essayer de trouver une solution à ce différend. Il trouva un écho chez la présidente Argentine qui dans son discours à l’Assemblée répondit favorablement à cette demande. Et le 27 septembre, dans le palais de cristal newyorkais, les deux chefs de la diplomatie, Héctor Timerman et Alí Akbar Salehi, ainsi que le vice ministre des affaires étrangères Eduardo Zuain et un autre fonctionnaire Iranien.

Revenir en arrière du chemin vers la mésentente n’est jamais facile. A cette occasion, les diplomates ont dialogué et consigné leur accord de principe dans un document qui disait deux choses. Qu’ils chercheraient une solution légale compatible avec la législation de chaque pays. Et qu’ils poursuivraient le dialogue par l’intermédiaire dé délégués au siège genevois de l’ONU, jusqu’à aboutir à un accord sur le dossier de l’AMIA.

Le premier dialogue en territoire suisse a eu lieu le 29 octobre. La délégation venue de Buenos Aires comprenait le vice ministre des affaires étrangères Zuain, la responsable du Trésor [avec rang de ministre] Angelina Abbona et la directrice du service juridique du ministère des affaires étrangères, Susana Ruiz Cerutti.

Il n’y a pas eu de grandes nouveautés, ni d’informations précises de ce qui a été discuté. Ce n’est pas de l’excès de zèle mais plutôt un signe de responsabilité de la part des deux parties, pour avancer pas à pas et éviter de faire capoter un processus très compliqué, avec des ennemis puissants à l’affût. Ce qui est positif, c’est qu’ils se sont parlé à nouveau, sans que personne ne quitte la partie.

Oiseaux de mauvais augure.

Un certain nombre d’oiseaux de mauvais augure machinent et manœuvrent pour que rien de positif ne sorte de Genève.

L’un d’entre eux est le gouvernement des Etats Unis, qui a intérêt à isoler, à sanctionner et éventuellement à agresser l’Iran sous le prétexte jamais démontré d’un programme nucléaire à visées militaires. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), dirigée par le japonais Yukiya Amano, n’a pas été en mesure de dissiper tous les doutes en dépit de l’autorisation par Téhéran d’une inspection de tous les sites nucléaires.

On peut comparer avec Israël, l’autre grand ennemi de la réconciliation irano-argentine, qui ne montre pas ses installations nucléaires à Dimona et dans d’autres centrales, alors qu’on sait avec une quasi certitude qu’elle dispose de 200 armes nucléaires.

Le Département d’Etat a été un peu plus discret dans son travail de sape contre le dialogue de Genève et celui qui l’a précédé à New York. Mais il n’y a pas eu de changement de politique. Il y a plutôt une division du travail avec son allié sioniste qui a endossé le rôle du «méchant» qui lui va si bien.

Quand Timerman a rencontré à New York son collègue Israélien Avigdor Lieberman le 28 septembre, à peine 24 heures après en avoir fait de même avec son homologue Iranien, il fut surpris parce que l’ambassade d’Israël à Buenos Aires avait diffusé un document déplorant la rencontre entre officiels Argentins et Iraniens. Le communiqué parlait de «la grande désillusion» israélienne du fait de cette rencontre, ce qui revenait à une ingérence dans les affaires intérieures de notre pays et ç une attitude déloyale à l’égard de Timerman qui représentait habituellement le point de vue le plus pro-israélien au palais San Martin.

A l’approche de la date de la réunion des délégués Argentins et Iraniens à Genève, le 29 octobre, Israël a recommencé à tirer à l’artillerie lourde contre cette démarche. Le même calibre, ou à peu près, que celui qu’elle utilise pour bombarder les Palestiniens à Gaza.

C’est l’ambassadrice de Tel Aviv à Buenos Aires, Dorit Shavit, qui avait parlé en premier pour chicaner les autorités argentines : «nous attendons que vous ne soyez pas naïfs avec l’Iran» (La Nacion, 14/10).

Puis était arrivé au siège du ministère des affaires étrangères le directeur général du Département Amérique latine du ministère israélien, Itzhak Shoham, qui avait fait pression contre le dialogue avec la république islamique. Il avait été reçu par le sous-secrétaire à la politique latino-américaine au ministère, Diego Tettamanti et par le directeur du Département Afrique du Nord et Moyen Orient, Hernán Plorutti.

Finalement, le jour même où les délégations se sont rencontrées au Palais des Nations de Genève, on a pu entendre «La Nacion» (29/10) tirer à boulets rouges avec un éditorial. Les deux premières lignes disaient : «la décision du gouvernement de négocier avec le régime de Téhéran viole la constitution, affecte notre souveraineté et profite aux auteurs de l’attentat.»

Il aurait aussi bien pu être écrit par Benjamin Netanyahou et publié dans une gazette de l’armée israélienne. Cet éditorial se résumait à une défense inconditionnelle de l’Etat sioniste et à une critique féroce de Cristina [Fernandéz, la présidente]. Résultat : objectivité zéro, comme chez les dirigeants de l’AMIA et de la DAIA [équivalent du CRIF en Argentine].

Qui a trahi le secret de la bombe atomique iranienne?

1 octobre 2012

La prestation de Benjamin Netanyahou à l’ONU, dessin d’une bombe de bande dessinée à l’appui, aurait suscité au minimum des réactions sarcastiques  dans les chancelleries occidentales et chez les commentateurs si elle avait été faite par, disons, Mahmoud Ahmadinejad.

On aurait eu en effet sans doute droit à toutes sortes de qualifications et d’épithètes, allant de grotesque à fou à lier.

Rien de tout ça pour Netanyahou. Vous comprenez, il est à la tête du gang démocratique qui se proclame l’Etat juif.

Les parodies ont par contre fleuri sur internet, sur la base généralement de photomontages souvent très drôles.

Mais la parodie que j’ai le plus appréciée est cette caricature de Rob Rogers pour la Pittsburgh Post-Gazette, précédée du texte suivant:

Benjamin Netanyahou qui était devant l’AG des Nations Unies la semaine dernière a tracé une ligne rouge sur le dessin d’une bombe qui symbolisait le programme nucléaire iranien. Apparemment, les renseignements les plus sensibles obtenus par Israël viennent d’un dessin animé des Warner Brothers.

OK… lequel d’entre vous a révélé les plans de notre bombe à Netanyahou?

via The Angry Arab

Retrouvailles entre l’Iran et l’Argentine

29 septembre 2012

Voilà une information typique de ce que la presse française tend à escamoter ou à aborder superficiellement alors qu’elle touche à quelque chose de très important.

Ce quelque chose n’est rien moins que le rapprochement en cours entre l’Argentine et l’Iran en dépit d’un contentieux très lourd puisque neuf Iraniens, dont un ministre en exercice et un ancien président de la république, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice argentine.

Ces mandats d’arrêt concernent un attentat qui avait visé le siège d’une importante association juive à Buenos Aires et dont l’Iran avait été accusé conjointement avec le Hezbollah.

Le dossier contre l’Iran est vide mais il s’agit d’une affaire dont les contours judiciaires avaient été tracés immédiatement par l’entité sioniste et le gouvernement des Etats Unis dans le sens de la désignation du gouvernement iranien et de l’organisation libanaise comme respectivement commanditaire et auteur du crime.

Vous trouverez sur ce blog des informations sur cette affaire qui était venue nuire à des relations irano-argentines qui étaient sur le point de connaître un développement remarquable.

Les deux gouvernements veulent aujourd’hui s’entendre sur une démarche permettant de faire la lumière sur l’attentat, ce qui indispose grandement le régime sioniste pour qui la vérité est celle qu’il a dictée dès le début et qu’il a imposée en utilisant ses relais habituels (je crois qu’on appelle ça des sayanim).

 

L’Argentine d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et elle affirme son indépendance vis-à-vis de la tutelle du FMI et donc des Etats Unis. Il en découle une indépendance sur un autre plan qui est celui de la diplomatie qui rejoint ainsi celle d’autres pays comme Cuba ou le Nicaragua.

Et j’imagine que l’Argentine a un intérêt bien concret à vouloir retisser des liens avec la république islamique.

On voit une fois de plus que, contrairement à ce que nous racontent nos journaux, l’Iran n’est pas du tout un pays isolé sur la scène internationale.

L’Argentine et l’Iran renouent le dialogue après six années de tension

Les relations s’étaient dégradées après l’émission par l’Argentine d’un mandat d’arrêt contre des terroristes iraniens

Par Alejandro Rebossio, El Pais (Espagne) 29 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

L’Argentine et l’Iran ont renoué le dialogue politique ce jeudi. Les deux pays mettent ainsi fin à six années de tension liées au mandat d’arrêt international émis par la justice de Buenos Aires contre 9 iraniens qui ont occupé de hautes fonctions dans le gouvernement de leur pays et qui sont accusés d’avoir perpétré l’attentat contre le siège de l’Association Mutuelle Israélite Argentine (AMIA) dans la capitale sud américaine en 1994, un attentat qui avait coûté la vie à 85 personnes.

Le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad avait proposé cette semaine un dialogue pour « parvenir à la vérité » sur l’attentat terroriste contre l’AMIA, et la présidente argentine, Cristina Fernández de Kirchner a accepté mardi la proposition lors de son discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU à New York. La présidente a précisé que tout accord conclu avec l’Iran sera soumis à l’approbation du parlement argentin. Dans son allocution jeudi à l’ONU, Ahmadinejad a souhaité la fin des «malentendus» avec l’Argentine, dont il impute la responsabilité à des tierces parties, et il a suggéré la mise en place d’une commission pour identifier les auteurs de l’attentat. L’Iran réfute toute participation à l’attentat dont on suppose qu’il a aussi impliqué le Hezbollah, le mouvement libanais de guérilla pro iranien. L’actuel ministre iranien de la défense, Ahmad Vahidi, est une des neuf personnes recherchées par la justice argentine, tout comme l’ancien président Ali Rafsanjani.

Finalement, les ministres des affaires étrangères des deux pays, l’iranien Ali Akbar Salehi et l’argentin  Héctor Timerman, qui appartient en outre à l’importante communauté juive de son pays (250 000 personnes). En effet, une organisation judéo-argentine a rejeté la reprise du dialogue avec l’Iran au motif que la proposition du gouvernement iranien était une «blague». Les ministres se sont engagés à organiser le mois prochain à Genève une rencontre entre des représentants de leurs institutions judiciaires pour explorer la création d’un mécanisme juridique pour établir la vérité sur l’AMIA «qui ne soit pas en contradiction » avec les systèmes judiciaires de l’un et de l’autre pays, ainsi que l’a expliqué le gouvernement argentin. De plus, les deux gouvernements ont proposé de maintenir les discussions jusqu’à l’aboutissement à une solution «mutuellement satisfaisante» sur «toutes les questions liées à l’attentat.»

Hector Timerman et Ali Akbar Salehi

La reprise du dialogue entre l’Argentine et l’Iran a provoqué un malaise en Israël et aux Etats Unis, deux pays qui cherchent à isoler Téhéran à cause de son développement présumé de l’arme nucléaire. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou a fait savoir qu’il était «très déçu» par la rencontre entre les ministres de l’Argentine et de l’Iran. «L’expérience nous enseigne que l’Iran n’arrive pas les mains propres dans le dialogue sur sa responsabilité dans les actes terroristes dans le monde, comme celui de l’AMIA, pas plus qu’il ne l’est par rapport à son programme nucléaire,» a déclaré le gouvernement israélien dans un communiqué émis par son ambassade à Buenos Aires.

Malgré la déception de Tel Aviv, les ministres des affaires étrangères d’Argentine et d’Israël, Timerman et Avigdor Lieberman se sont rencontrés vendredi à Tel Aviv. Timerman a fait part de sa «surprise» devant les déclarations du gouvernement de Netanyahou et il a affirmé que «le ministre  Liberman et les membres de sa délégation avaient indiqué ne pas être au courant» du communiqué dont a eu connaissance Buenos Aires. Il a également souligné que «la résolution pacifique des conflits correspond à la volonté du peuple argentin.»

Les Etats Unis ont eux aussi fait connaître leur position sur la décision de l’Argentine, dont les relations avec l’Iran contrastent avec les liens étroits que ce pays asiatique entretient avec Cuba, le Venezuela, l’Equateur et le Nicaragua dans le cadre de sa stratégie pour élargir son influence en Amérique latine. La Secrétaire d’Etat adjointe des Etats Unis pour les affaires de l’hémisphère occidental, Roberta Jacobson, a déclaré vendredi que « ce n’est pas le moment pour un rapprochement avec l’Iran, mais au contraire de rester fermement unis derrière les résolutions de l’ONU.» [la plupart des sanctions infligées à l’Iran sont unilatérales et hors cadre onusien, NdT] Le président des Etats Unis, Barack Obama, a affirmé mardi à l’ONU qu’il ferait « ce qu’il devait faire» pour éviter que l’Iran obtienne son arme nucléaire.

Syrie: l’occident pour la guerre, l’Iran pour le dialogue

9 août 2012

Vos journaux, si avides d’informations sur le conflit syrien et si impatients de voir ce peuple sortir de la détresse dans laquelle il est plongé, ne se précipitent cependant pas pour parler d’une initiative visant à régler le conflit en cours.

Il est vrai que cette initiative vient de l’Iran, le régime honni que les sionistes veulent mettre au ban des nations.

Une dépêche de Reuters reprise par Le Point et le Nouvel Observateur

 en rend compte comme suit :

ALEP, Syrie (Reuters) – Alors que la situation apparaît confuse à Alep, la capitale économique de la Syrie, l’Iran, soutien clé du président syrien Bachar al Assad, organise une conférence ministérielle jeudi en Syrie visant à mettre fin à un conflit qui bascule chaque jour un peu plus dans la guerre civile.
La conférence doit réunir une dizaine de ministres des Affaires étrangères représentant des Etats dont les positions sont proches de celle de l’Iran mais l’origine des participants n’a pas été divulguée.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié la réunion d’occasion « de remplacer les affrontements militaires par une approche politique, locale, pour régler les différends. »
L’incursion diplomatique de l’Iran dans la crise syrienne est observée avec scepticisme par les pays occidentaux.
« Le soutien de la République islamique au régime d’Assad n’est guère compatible avec une tentative véritable de conciliation entre les parties », commente un diplomate occidental basé à Téhéran. Cela montre, dit-il que l’Iran est « à court d’idées ».
Pour un autre diplomate occidental, Téhéran essaie d’élargir la base de soutien au leader syrien.

Nous lisons donc que la dizaine de ministres conviés viendraient de pays dont la position est proche de celle de l’Iran.

 

Quelle est la position exacte de l’Iran ? Mystère, la presse n’en souffle mot.

On lit aussi que les diplomates occidentaux font montre de scepticisme car le soutien de Téhéran au régime de Damas est incompatible avec une véritable démarche de conciliation entre les parties.

Parce que l’ordre de déguerpir intimé par Alain Juppé, Laurent Fabius, Hillary Clinton ou William Hague à Bachar al-Assad est par contre compatible avec une véritable tentative de conciliation !

L’Iran est peut-être «à court d’idées » mais l’Occident ne manque lui pas de toupet !

Examinons donc ce que rapporte le journal turc Hüriyet à propos de cette conférence organisée par le gouvernement iranien :

Une douzaine de  pays sont attendus pour participer à une conférence organisée à la hâte à Téhéran aujourd’hui pour discuter des voies pour mettre fin à la violence en Syrie, a déclaré le ministre Iranien des affaires étrangères Ali Akbar Salehi, sans préciser qui participerait.
«La réunion de consultations sur la Syrie se tiendra à Téhéran avec des représentants de 12 ou 13 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine,» a déclaré Salehii hier. La Turquie n’a pas décidé si elle participerait ou pas à la réunion, a déclare le ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu. «Son format et ses objectifs sont également importants,» a-t-il dit, ajoutant qu’Ankara envisageait encore d’y participer.
Salehi a indiqué que lors de sa rencontre à Ankara avec Davutoglu, il avait souligné que l’Iran recherchait un dialogue inclusif sur la Syrie pour arrêter la violence. «J’ai insisté sur la disponibilité de l’Iran à accueillir une réunion avec les organisations de l’opposition [syrienne] en Iran et notre volonté qu’ils s’assoient les uns à côté des autres en Iran et discutent avec le gouvernement syrien, » a-t-il dit hier. L’émissaire international Kofi Anan n’enverra pas de représentant. Le Liban ne sera pas non plus présent. Le ministre Irakien des affaires étrangères a déclaré qu’il n’était pas certain que le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari participerait.

On le voit, il y a beaucoup de zones d’ombre et d’incertitudes autour de cette réunion. Elle tranche cependant avec la démarche occidentale en ce sens que l’Iran manifeste clairement son intention de mettre les parties au conflit autour d’une table là où l’Occident et les monarchies procèdent par le chantage et la menace.

Et on voit aussi que le gouvernement turc, qui fait comme on le sait partie des «amis de la Syrie» version Clinton-Cameron-Fabius a été convié à cette réunion et qu’il n’a pas rejeté l’invitation d’un revers de main sans réfléchir (ou sans prendre l’avis de Washington). Il est vrai que la diplomatie turque est en ce moment complètement désorientée..

En tout cas, rien à voir avec le tableau brossé par nos journaux !

 

La Turquie, l’Iran et les deux Azerbaïdjans

14 mai 2012

On sait que l’Iran se trouve dans la région du Moyen Orient et entretient une frontière avec l’Afghanistan à l’est et l’Irak à l’ouest. On oublie ou néglige cependant trop souvent le fait que ce pays se trouve aussi aux marches du Caucase, une région  dont l’instabilité n’a rien à envier à celle des Balkans.

Ceci pour dire que l’Iran se trouve au cœur d’un jeu d’influences et de rapports de forces  complexe avec des risques évidents d’affrontements militaires. Ces rapports de force locaux s’insèrent aussi , pétrole et gaz obligent, dans les stratégies géopolitiques des grandes puissances, les Etats Unis en premier lieu.

Comme on l’a vu, un des foyers de tension dans la région a trait aux relations entre l’Azerbaïdjan et la Turquie d’une part et l’Arménie d’autre part. Ce dernier pays pouvant compter sur  l’amitié historique de l’Iran, république islamique ou pas.

En fait la qualité des relations entre l’Arménie est d’un tel niveau qu’un certain nombre d’Azeris s’en trouvent irrités au plus haut point.

On peut ainsi lire sur le site francophone d’une agence de presse azerie que :

Un groupe de jeune ont tenu le 11 mai vendredi des actions de protestation devant l’ambassade de l’Iran en Azerbaïdjan.

Un peu plus loin, on peut lire ce que reprochent ces jeunes au gouvernement iranien :

Mahmoud Ahmadinejad qui n’a parlé jamais au génocide commis par les arméniens contre les azerbaïdjanais à Karabakh, a déposé des fleurs sur le monument de génocide soi-disant arménien. Nous, les jeunes azerbaïdjanais ne donnerons pas la possibilité aux propagandes iraniennes dans notre pays.

Voilà, Mahmoud Ahmadinejad, le négateur de l’holocauste a déposé une gerbe de fleurs sur le monument dédié au génocide arménien à Erevan.

Pourtant Mahmoud Ahmadinejad n’ignore pas que ce geste a un poids symbolique incommensurablement plus faible que quelques minutes de recueillement en kippa à Yad Vashem. Ce que les Azeris semblent savoir également.

Et si Ahmadinejad est un laïc, on peut supposer d’après le slogan entendu à Bakou qu’il n’est pas le bienvenu en Azerbaïdjan :

«Les mollahs iraniens homosexuels n’ont pas de place en Azerbaïdjan !»

Charmant !

Ceci pourrait paraître un peu anecdotique et ne pas prêter vraiment à conséquence. Voire, parce que plusieurs millions d’Azeris  (les estimations varient de 15 à 30 millions !) vivent dans la région iranienne d’Azerbaïdjan . Et qu’il existe à Bakou des velléités d’unification de l’Azerbaïdjan en incluant la région iranienne qui porte ce nom dans l’actuel Etat azeri.

Je dirais que la situation est quand même gérable tant que d’autres puissances ne s’immiscent pas dans cette affaire.

Une période qui est sans doute en train de se terminer puisque la Turquie, sans doute moins par panturquisme que dans le cadre d’une mission attribuée par l’OTAN pour déstabiliser l’Iran vient de s’inviter dans les relations irano-azeries.

On peut ainsi lire dans le journal turc Zaman que :

Les Azeris Iraniens créent un conseil national en Turquie et aspirant à l’indépendance.

Ces indépendantistes Azeris se présentent cependant comme “indépendants” de puissances tierces:

Les Azeris Tucs ont aussi souligné pendant la conférence de presse – désireux sans doute de ne pas être associés à des intentions d’Israël ou des Etats Unis à l’égard de l’Iran –que leur recherche de l’indépendance n’a rien à voir avec une possible intervention militaire en Iran par les Etats Unis ou avec une frappe aérienne israélienne contre les sites nucléaires iraniens. Ils assurent que leur but est un rêve séculaire qui remonte à une époque antérieure à la fondation de l’Iran moderne en 1925 et est donc indépendante de toute autre initiative.

 Rien à redire ?

Ben si, parce que le Dr. Yasemen Karakoyunlu, responsable des études stratégiques de ce conseil azeri ajoute ce qui suit :

Si les Etats Unis ont des plans quelconques pour l’Iran, ils devraient en parler non seulement avec la Turquie et l’Azerbaïdjan, mais aussi avec les Azeris Turcs en Iran.

On nous dit certes que ces nationalistes Azeris critiquent les autorités d’Ankara parce qu’elles s’intéressent de près au dossier palestinien  (tiens, tiens !) pour lequel elles donnent de la voix mais ne s’intéressent pas à l’Azerbaïdjan iranien. Et qu’une première réunion de ce conseil national a été empêchée à Ankara les 12 et 13 mai par le gouvernorat d’Ankara suite à des « pressions iraniennes « .

Ils ont pourtant pu se réunir dans la même ville trois jours après et tenir une conférence de presse !

Or, il va de soi que si elles l’avaient voulu, les autorités turques auraient aisément pu interdire cette réunion et/ou la conférence de presse.

Alors, est-ce là un moyen de plus de mettre la pression sur Téhéran ?

 En tout cas, la Turquie joue dans la région un jeu extrêmement dangereux dont elle ne sortira gagnante qu’en rêve.

Objectif atteint pour le poème de Günter Grass

8 avril 2012

L’écrivain Allemand Günter Grass vient de publier sous forme de poème un texte qui veut alerter l’opinion de son pays sur la menace que fait peser l’arsenal nucléaire sioniste sur la paix mondiale.

Bien sûr, les partisans du régime sioniste n’ont pas tardé à pourfendre aussi bien le texte que l’homme en rappelant que le prix Nobel de littérature avait un sombre passé nazi.

Effectivement, comme beaucoup d’Allemands de sa génération, le Pape Benoît XVI par exemple, il a servi dans l’armée nazie, la Waffen-SS plus précisément.

Il convient cependant de rappeler que Günter Grass avait 17 ans en 1944…

Les autorités sionistes viennent de le déclarer persona non grata dans l’Etat voyou où on s’est empressé de le taxer d’antisémite.

M. Grass, nous dit-on aurait été unanimement cloué au pilori dans son propre pays.

Certes, il a été cloué au pilori par cette classe politique qui prétend lier indissolublement le destin de l’Allemagne à l’entité sioniste pour prix des crimes commis dans la première moitié du 20ème siècle.

Au point de prétendre dissuader le gouvernement sioniste de lancer une agression en lui offrant à prix réduit un 6ème sous-marin Dolphin capable d’emporter des missiles balistiques (plus intelligent, plus bête disait mon père).

Pourtant Günter Grass n’a fait qu’interpeller l’opinion de son pays sur la menace que fait peser l’entité sioniste sur la paix mondiale. Une menace qui est d’ailleurs claironnée par les responsables sionistes eux-mêmes qui n’ont de cesse d’annoncer leur volonté de bombarder l’Iran, si possible avec l’accord des Etats Unis, ou mieux leur participation.

"Ce qui doit être dit", le poème de Günter Grass qui lui a valu la réaction haineuse du lobby sioniste

« Ce qui doit être dit », le poème de Günter Grass qui lui a valu la réaction haineuse du lobby sioniste

Et les commentateurs Occidentaux ne se préoccupent que de la riposte éventuelle de l’Iran contre le régime sioniste, sans se préoccuper des victimes et des destructions infligées à l’Iran, sans parler de la catastrophe écologique entraînée par le bombardement d’installations atomiques.

Reste que contrairement à ce qui a été dit, Gunter Grass n’a pas été cloué au pilori dans son pays puisque nous pouvons lire que

Plusieurs manifestations pour la paix se rangent derrière Gunter Grass

ou

Nombreux soutiens à Günter Grass

Günter Grass voulait simplement lancer un débat sur la menace sur la paix que pose le gouvernement sioniste et son objectif a semble-t-il été atteint si on en juge par les soutiens qu’il a recueillis ou encore par cet édito paru dans le Spiegel, sous la plume de Jakob Augstein.

On notera bien que l’auteur de l’édito ne se départit pas d’une attitude prosioniste et hostile à l’Iran puisqu’il met dos à dos les deux pays dans le chantage à la guerre dans le contexte d’une course à l’armement atomique. Ce faisant il s’expose d’ailleurs à une charge pour antisémitisme car comment oser mettre dos à dos l’Etat juif et l’Iran ?

Or, c’est bel et bien le régime sioniste qui menace l’Iran d’une agression, et non l’inverse. C’est le régime sioniste qui dispose déjà de l’arme atomique et des vecteurs pour l’utiliser. Enfin, c’est l’Iran et non le régime sioniste qui fait l’objet de sanctions unilatérales destinées à asphyxier son économie.

Mais quand on en vient à l’Iran et au régime sioniste, comme dans l’inconscient freudien la contradiction n’existe pas.

Par exemple, Jakob Augstein écrit que

Israël, un pays qui a été entouré d’ennemis depuis des dizaines d’années, beaucoup d’entre eux considérant qu’Israël n’a pas le droit d’exister – quelles que soient ses options politiques.

Pourtant, si on examine les pays qui sont à proximité de l’Etat sioniste, nous en voyons deux (l’Egypte et la Jordanie) qui sont liés par traité avec lui ; Chypre qui fait partie de l’Union Européenne et est de ce fait tout sauf ennemie de l’Etat sioniste, et la Turquie qui a longtemps été le seul pays musulman à reconnaître l’Etat juif. Restent deux pays en état de conflictualité armée avec Tel Aviv : le Liban et la Syrie, aucun des deux ne représentant une menace réelle. On peut ajouter l’Arabie Saoudite qui est plutôt une alliée objective du gouvernement sioniste.

Alors où Jakon Augstein trouve-t-il ce « beaucoup » ? Mystère !

Un point de vue sur Günter Grass

Pourquoi nous avons besoin d’un débat ouvert sur Israël

Un commentaire de Jakob Augstein, Der Spiegel (Allemagne) 6 avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Israël est-elle une menace pour la paix mondiale? L’écrivain Allemand Günter Grass a été taxé d’antisémite cette semaine pour l’avoir affirmé dans un nouveau poème. Mais si ces vers n’auront peut-être pas de prix littéraire, Grass a donné le coup d’envoi d’un débat important –  et attendu depuis longtemps. Et il a raison.

Ce n’est pas un grand poème. Ce n’est pas non plus une brillante analyse politique. Mais les quelques lignes que Grass a publiées sous le titre « Ce qui doit être dit » seront vues un jour comme ses mots qui auront eu la plus forte influence. Ils marquent une rupture. C’est cette simple phrase que nous ne pourrons pas ignorer à l’avenir : «La puissance nucléaire d’Israël met en danger une paix mondiale déjà fragile.»

C’est cette phrase qui a déclenché un tollé. Parce qu’elle est vraie. Parce que c’est un Allemand, un prix Nobel qui l’a dite. Parce que c’est Günter Grass qui l’a dite. Et c’est là que réside la rupture du tabou. Et c’est pour cela qu’il faudrait remercier Grass. Il a pris sur lui de dire ces mots pour nous tous. Un dialogue très tardif a commencé.

C’est une discussion sur Israël et sur l’éventualité de préparatifs d’Israël pour une guerre contre l’Iran, un pays dont le président Mahmoud Ahmadinejad a menacé Israël dont il parle comme d’un «cancer» qui doit être «rayé de la carte.» Israël, un pays qui a été entouré d’ennemis depuis des dizaines d’années, beaucoup d’entre eux considérant qu’Israël n’a pas le droit d’exister – quelles que soient ses options politiques.

C’est une guerre qui pourrait précipiter le monde dans l’abîme. Quand un Allemand parle de ce genre de choses, l’Allemagne doit participer à la discussion avec sa responsabilité historique.

Ce genre de débat suit un modèle préétabli. Grass savait qu’il serait taxé d’antisémite – un risque pris par n’importe quel Allemand qui critique Israël. De fait, Mathias Döpfner – le responsable de la maison d’adition Axel Springer, la société mère de Bild, le plus grand journal quotidien du pays – a accusé Grass « d’antisémitisme politiquement correct » dans un éditorial paru jeudi. Döpfner, un homme qui se targue d’être le gardien des relations israélo-allemandes, suggérait aussi que Grass devrait être envoyé dans un centre de réhabilitation historique tout en lançant quelques piques sur la participation longtemps tenue secrète de Grass à la Waffen-SS. Oui, Grass dait faire face également à ce genre d’accusation.

Grass est un réaliste

Mais Grass n’est ni un antisémite, ni un zombie de l’histoire allemande. Grass est un réaliste. Il dénonce le fait que les installations nucléaires israéliennes « ne soient pas accessibles à des inspections.» Il objecte à la politique allemande en matière d’exportations d’armes avec la livraison à Israël d’un autre sous-marin capable de lancer des missiles nucléaires. » Et il rejette d’un ton las « l’hypocrisie de l’Occident,» qui – il ne le dit pas explicitement – a été le principe directeur de nos politiques au Moyen Orient, de l’Algérie à l’Afghanistan.

Grass écrit aussi des absurdités. Il poursuit en expliquant pourquoi il s’est tu si longtemps et pourquoi il ne gardera plus le silence maintenant – « âgé et avec mes dernières gouttes d’encre » – et qu’il veut libérer les autres du sentiment de devoir rester silencieux. Cette partie n’est pas très bien formulée. Il avertit aussi du risque d’annihilation du peuple iranien, ce qui n’est certainement pas prévu dans l’agenda politique israélien. Le teste aurai pu être mieux protégé contre la critique. Mais il atteint néanmoins son objectif.

Après tout, quelqu’un nous a enfin tirés de derrière l’ombre des paroles prononcées par la chancelière Angela Merkel lors d’une visite à Jérusalem en 2008. A l’époque, elle avait dit que la sécurité d’Israël relevait de la raison d’Etat pour l’Allemagne. Pour éviter tout malentendu, avait-elle ajouté, « C’est une réalité, et non des paroles qui resteraient vaines si venaient des temps difficiles.»

Helmut Schmidt, chancelier Allemand de 1974 à 1982, avait dit qu’avoir un sentiment de responsabilité pour la sécurité d’Israël est « compréhensible émotionnellement » mais est une conception  téméraire qui pourrait avoir des conséquences graves.». Si une guerre éclatait entre Israël et l’Iran, poursuivait-il, « alors, selon cette conception, les soldats Allemands devraient combattre également.» Depuis cette époque, Israël a considéré l’Allemagne comme étant le seul pays, avec les Etats Unis, sur lequel elle peut compter.

Le monde retient son souffle

Actuellement, avec le soutien des Etats Unis dont les présidents doivent s’assurer du soutien des organisations du lobby juif en période électorale ainsi qu’avec celui d’une Allemagne où la repentance historique a pris une dimension militaire, le gouvernement Netanyahou tient en haleine le monde entier. « L’Israël de Netanyahou a dicté l’ordre du jour au reste du monde comme aucun petit Etat n’a jamais pu le faire auparavant, » écrit le journal israélien Haaretz. Des cours du pétrole au terrorisme, le monde a de nombreuses raisons de craindre une guerre entre Israël et l’Iran.

Personne ne prétend que l’Iran dispose déjà d’une bombe atomique. Personne ne sait si l’Iran travaille vraiment à une telle bombe. Au contraire, les responsables des services secrets américains pensent que l’Iran a stoppé son programme de développement d’armes atomiques en 2003.

Ces éléments n’intéressent cependant pas les Israéliens. Pour eux, la question n’est plus d’empêcher les Iraniens d’obtenir la bombe atomique. Il s’agit maintenant d’empêcher – et plus d’être en mesure d’empêcher – les Iraniens d’être en capacité de produire une telle bombe. Ils ne veulent pas s’embarrasser du problème qu’ont eu les USA avec l’Irak. Les Américains continuaient à penser qu’ils devaient donner la preuve que leur adversaire disposait d’armes de destruction massive. Mais ces preuves n’avaient pas pu être trouvées en Irak – pas plus que de telles armes. Alors, les Américains avaient simplement fabriqué les preuves dont ils avaient besoin.

Israël a lancé un ultimatum au monde. Elle ne veut pas fournir de preuves que l’Iran possède une bombe. Elle ne veut pas non plus apporter de preuves que l’Iran serait en train de construire une bombe. La position d’Israël est simple : elle ne veut pas que l’Iran atteigne la «zone d’immunité.»

En conséquence, Israël menace de lancer une attaque avant que les Iraniens soient en mesure d’enterrer leurs installations atomiques si profondément sous la roche que même les bombes anti-bunkers les plus puissantes ne pourraient plus les atteindre.

Il est temps de faire pression sur Israël

Israël et l’Iran jouent une partie de poker que tous les deux peuvent gagner tant qu’il n’y a pas de guerre. La presse tabloïd qualifie Ahmadinejad de «cinglé de Téhéran.» Mais il n’est pas fou. Il veut rester au pouvoir et a réprimé l’opposition dans son pays dans ce but. Le sang avait coulé il y a trois ans quand il avait écrasé des manifestations contre son pouvoir, mettant en prison de nombreux opposants dans la foulée.

Ahmadinejad laisse intentionnellement le monde dans le flou sur ses intentions pour le nucléaire. Il profite de son ambigüité stratégique tout comme les Israéliens profitent de leurs menaces de guerre. Les deux pays s’aident l’un l’autre à étendre leur influence bien au-delà de ce que leurs dimensions méritent réellement.

De façon perverse, ils se retrouvent en état de dépendance mutuelle. Et les choses auraient pu rester leur problème propre s’ils n’avaient pas pris le monde entier en otage. Comme l’écrit Grass, le temps est venu d’exiger « un contrôle permanent et sans entraves du potentiel nucléaire d’Israël et des installations nucléaires de l’Iran par une entité internationale qui aurait l’approbation des gouvernements des deux pays » .

En ce moment, l’Iran éprouve la pression des sanctions. Mais le temps est venu d’exercer certaines pressions sur Israël aussi. Remarquez que celui qui dit ce genre de chose n’est pas en train d’essayer « de relativiser la culpabilité des Allemands en transformant les Juifs en fautifs» comme l’affirme Mathias Döpfner. Nous ne parlons pas ici d’histoire de l’Allemagne. Nous parlons du monde. Et nous parlons du temps présent.

La France ira-t-elle en guerre pour aider un « menteur » que Nicolas Sarkozy ne peut plus voir?

11 novembre 2011

Le Christian Science Monitor est un journal américain représentatif de la vieille élite anglo-saxonne qui a perdu la haute main sur les affaires de son pays au profit de nouveaux venus qui l’ont soit exclue des responsabilités importantes, soit domestiquée.

Et cette élite qu’incarne ce journal semble refuser l’éventualité d’une guerre avec l’Iran que les nouvelles élites néoconservatrices et fanatiques appellent de leurs vœux.

Le dernier rapport de l’AIEA était supposé satisfaire les ardeurs bellicistes de ces néoconservateurs et vous avez certainement lu dans vos journaux que ce rapport est accablant pour l’Iran ou des choses du même genre.

Or, il n’en est rien et le Christian Science Monitor qui nous a tout récemment rappelé l’ancienneté de l’imminence de l’acquisition d’une bombe atomique par l’Iran, se livre à un démontage soigneux de ce rapport de l’AIEA dont l’administration Obama a d’ailleurs reconnu, assez discrètement il faut bien le dire, qu’il ne comportait rien de neuf.

Rien de neuf, ce n’est pas ce que disent Benjamin Netanyahou et Shimon Peres, les chefs du gang sioniste, qui ne cessent de menacer d’attaquer l’Iran.

Eh oui, le gouvernement sioniste menace ouvertement de bombarder l’Iran, mais chacun parle de « menace iranienne ». Nous sommes bien dans un monde orwellien où le sens des mots est trop souvent inversé !

En attendant, le président Nicolas Sarkozy a assuré au gouvernement sionistevia le CRIF et le Congrès Juif Mondial (!!!) que la France se tiendrait à ses côtés au cas où l’Iran mettrait ses menaces à exécution en… ripostant à une attaque sioniste.

 Voilà, le chef de l’Etat français est prêt à engager son pays dans une guerre forcément dévastatrice et aux conséquences imprévisibles pour défendre un pays agresseur dirigé par quelqu’un que M. Sarkozy a lui-même qualifié de «menteur» qu’il ne peut «plus voir.»

Il y a là un mystère qu’il faudra bien éclaircir un jour.

 Rapport sur le nucléaire iranien: pourquoi il ne changera finalement pas la donne

Le rapport sur le nucléaire iranien rendu public hier par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique veut corroborer des détails fournis par un rapport des services de renseignements US de 2005. Mais certains spécialistes du nucléaire ne sont pas convaincus.

 par Scott Peterson, The Christian Science Monitor (USA) 9 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le dernier rapport de l’ONU sur le programme nucléaire iranien pourrait ne pas “changer la donne”  contrairement à ce qui était attendu, car certains spécialistes du nucléaire émettent des doutes sur la qualité de ses informations – et soulignent l’absence de preuve d’une réelle activité nucléaire de type militaire.

 Dans 14 pages annexes à son rapport trimestriel sur l’Iran rendu public hier, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) affirme que de nouvelles informations et d’autres données sont pour elle un « grave motif de préoccupation » sur  na nature prétendument pacifique du programme nucléaire iranien.

Mais le casus-belli justifiant une frappe militaire que les faucons en Israël et aux Etats Unis espéraient trouver dans ce rapport de l’AIEA  est loin d’être évident.

Le rapport est base sur plus de 1000 pages d’informations transmises à l’AIEA par les services secrets US en 2005, un an après qu’elles aient  été, semble-t-il, ramenées d’Iran dans un ordinateur portable. Mais un grand scepticisme entoure encore la crédibilité de ces documents – l’Iran affirme depuis longtemps que ce sont des faux en provenance de services secrets hostiles – malgré les démarches concertées de l’AIEA pour vérifier les données et écarter ces doutes.

“C’est très mince. Je pensais qu’il y aurait plus de choses là dedans,” déclare Robert Kelley, un ingénieur atomiste Américain et ancien inspecteur de l’AIEA qui avait été parmi les premiers à étudier les données originales en 2005. «C’est du réchauffé, c’est  vraiment étonnant de voir si peu d’informations nouvelles là dedans.»

L’AIEA a complété les informations de l’ordinateur portable avec des données provenant de dix Etats membres, des entretiens menés sur trois continents et ses propres investigations en Libye, au Pakistan et en Russie.

Le résultat “renforce et tend à corroborer” les données de 2005 de l’ordinateur portable, affirme l’AIEA et «les approfondit substantiellement.»  Elle juge l’information « crédible dans l’ensemble. » mais les spécialistes n’en sont pas si sûrs.

L’Iran taxe l’AIEA de pion de Washington 

Avant la divulgation du rapport, la spéculation a monté en Israël et à Washington sur de nouvelles révélations qui pourraient précipiter des frappes militaires pour empêcher l’Iran d’acquérir une arme. Pourtant, disent les spécialistes, une bonne partie de ces informations est connue depuis des années, n’est pas concluante – et peut-être pas complètement authentique.

L’essentiel de l’activité nucléaire militaire présentée a été stoppée il y a près d’une dizaine d’années – en 2003 – déclare l’AIEA, et des activités moins formelles qui « pourraient » se poursuivre ne peuvent pas étayer la thèse selon laquelle l’Iran est une nation engagée dans la course pour avoir la bombe.

L’Iran “ne semble pas avoir la même obsession que la Corée du Nord à  développer des armes nucléaires. On n’en trouve nulle trace [d’un programme militaire] dans les preuves de l’AIEA, » affirme Shannon Kile, directeur du Nuclear Weapons Project au Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).

“Oui, l’Iran progresse, ils maîtrisent maintenant les principaux domaines techniques nécessaires au développement d’une arme nucléaire,” explique M. Kile. « Mais il n’y a aucune preuve qu’ils ont un programme en cours dans ce but. Ce n’est pas comme s’ils se dirigeaient vers la production d’armes atomiques, c’est comme s’ils allaient à petits pas vers l’acquisition de la capacité technique. »

Les responsables iraniens ont rejeté le rapport comme étant une fabrication des ennemis de l’Iran aux USA, en Israël et en Occident – colportée par Yukiya Amano, le directeur Japonais de l’AIEA – avant même sa publication.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a assuré aujourd’hui que l’Iran ne reculerait pas “d’un iota” dans son programme d’anergie nucléaire que la République Islamique a toujours présenté comme pacifique et a tancé l’AIEA pour son rôle de marionnette de l’Occident.

«Pourquoi détruisez-vous le prestige de l’agence [l’AIEA] avec des assertions américaines absurdes ? a demandé M. Ahmadinejad qui s’exprimait devant une foule brandissant des drapeaux à Shahr e Kord, une ville du centre de l’Iran. «La nation iranienne est sage. Elle ne construira pas deux bombes contre les 20 000 bombes [nucléaires] que vous possédez. Mais elle construit quelque chose contre quoi vous ne pouvez rien : une éthique, l’honnêteté, le monothéisme et la justice.»

Trois sites nucléaires clefs mis en avant dans les documents de 2005

Les documents de 2005 tirés de l’ordinateur portable se concentrent sur trois sites: un soi-disant « projet sel vert » visant à un approvisionnement clandestin en uranium, à tester des explosifs de forte puissance et à adapter le missile Shahab-3 à l’emport d’une charge militaire atomique.

Les informations dans la presse de l’époque étaient empreintes d’un grand scepticisme lorsqu’une partie du contenu de l’ordinateur portable avait été d’abord montré à des diplomates accrédités auprès de l’AIEA. Le doute reste encore très persistant. Prenant en compte un tel scepticisme,  une partie du rapport de l’AIEA a été consacrée à répondre sur la crédibilité des informations. Mais M. Kelley, l’ancien inspecteur de l’AIEA qui a aussi travaillé comme chef de département à l’agence, n’est toujours pas convaincu.

« “Il y a d’abord le problème des falsifications. Il n’y a rien qui nous dise que ces documents sont authentiques, » explique Kelley, dont l’expérience comprend des inspections dans des pays aussi éloignés que l’Irak et la Libye, jusqu’à l’Afrique su Sud en 1993.

 «Mon sentiment en parcourant les documents il y a des années était qu’il était possible que beaucoup de son contenu soit authentique, quoique ça ressemblait à une sorte de bric-à-brac,» explique Kelley. Et il y avait des petites choses  plutôt que des informations de qualité » comme le document sur le sel vert. «C’était deux ou trois pages qui n’étaient reliées à rien d’autre dans le paquet de documents. C’était sur un sujet différent, et on ne pouvait que se demander s’il n’avait pas été mis là pour que quelqu’un le trouve ?»

Ce genre d’intox ne serait pas une première. Il rappelle les années 1993 et 1994, quand l’AIEA avait reçu des « faux très élaborés » sur l’Irak qui avaient entravé pendant deux ans les investigations nucléaires sur place.

“Ces documents avaient des en-têtes, et ils avaient été faits pour ressembler à des documents irakiens officiels, mais quand nous les avons examiné de manière approfondie, c’étaient des faux évidents, » ajoute Kelley. « Ils avaient été fabriqués par deux Etats de cette région membres de l’AIEA et transmis  à l’agence dans l’intention de nuire et de ralentir le travail.»

En 2002, observe Kelley, l’AIEA avait dû aussi gérer des faux « plutôt bâclés » fabriqués par les Italiens sur les supposés liens de l’Irak avec le Niger dans le domaine nucléaire, dont la CIA s’était emparés pour l’ajouter au dossier de l’administration Bush pour justifier une guerre contre l’Irak.

La science politisée?

Ali Asghar Soltanieh, ambassadeur de l’Iran auprès de l’AIEA, a qualifié le nouveau rapport “d’erreur historique” de M. Amano, le directeur de l’AIEA. L’Iran a «d’ores et déjà levé toute quelconque ambiguïté,», a affirmé M. Soltanieh, démontrant le caractère «obsolète et répétitif [d’erreurs anciennes]» des points soulevés en annexe.

Amano a orienté l’AIEA sur une ligne plus dure à l’égard de l’Iran, après avoir pris la succession il y a deux ans de son prédécesseur Egyptien, Mohammad ElBaradei. Une communication diplomatique d’octobre 2009, révélée par Wikileaks, reprenait mot pour mot les propos tenus par Amano devant l’ambassadeur des Etats Unis selon lesquels il était «solidement  dans le camp des Etats Unis sut toutes les décisions stratégiques », y compris l’Iran.

Selon les observateurs, les Etats Unis ont fait pression depuis l’été sur Amano pour qu’il sorte un rapport plus percutant sur l’Iran, qui détaillerait le dossier de l’AIEA – et présenterait l’Iran comme étant engagé activement dans l’acquisition d’armes nucléaires.

« II renvoie encore au soi-disant ‘ordinateur portable de la mort’ et aux prétendues études, » explique Kile du SIPRI. L’AIEA s’est « clairement écartée de sa démarche habituelle » en montrant qu’elle a essayé «de traçabiliser une bonne partie de tout ça, y compris en vérifiant et en confirmant de manière indépendante cette information.»

 «Personnellement, je n’ai jamais vu des informations sur les présumées activités militaires, notamment les circuits administratifs du programme d’arme nucléaire, présentés avec autant de détails,” déclare Kile. « je n’ai aucun moyen de juger l’information sur laquelle c’est basé, mais le simple fait de les voir présentées si clairement a été réellement assez utile.»

Pour Kelley, un ancien de l’AIEA, l’actuel rapport sur l’Iran est un vrai méli-mélo » qui contient des «analyses d’amateurs.»

Entre autres points d’ordre technique, Kelley signale la discussion dans le rapport  des « détonateurs amorces à pont-fil » (exploding bridge-wire detonators) ou EBWs. Le rapport de l’AIEA admet « qu’ils ont des applications non-nucléaires, quoique peu nombreuses, » et pointe vers une probable finalité militaire pour l’Iran.

 « L’AIEA a tort. Les EBWs ont de nombreuses applications, » explique Kelley. « Etre dans l’erreur  sur un tel sujet, et ensuite essayer de tromper l’opinion publique montre un biais en faveur de ce qu’on souhaite démontrer… Ce n’est pas professionnel. »


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