Posts Tagged ‘Mali’

L’Algérie, l’Afrique et la facture de l’expédition de l’OTAN contre la Libye

28 mars 2012

La sécession du sud Soudan en a été en réalité le coup d’envoi, et la guerre en Libye la transformera peut-être en phénomène inéluctable ou contre lequel il faudra résister avec force : la fragmentation de l’Afrique et/ou la recomposition de ses frontières avec les risques subséquents de guerres interétatiques ou civiles..

Or l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation est un principe très important auquel l’Algérie notamment est très attachée.

Or, dans ses démêlés avec les puissances et les stars occidentales de la chanson et du cinéma, le Soudan s’est finalement retrouvé bien seul et a fini par connaître un début de démembrement. C’est maintenant au tour du Mali et de la Libye.

Dans ce dernier pays où le régime en place a été éliminé par les bombardements de l’OTAN  (au nom de la démocratie, de la protection des civils etc.) les idées séparatistes s’expriment de plus en plus fort. Après la province de Cyrénaïque qui a proclamé son autonomie, ce sont maintenant les Toubous du sud du pays qui, face à ce qu’ils qualifient  de plan de nettoyage ethnique, menacent de « demander une intervention internationale et oeuvrer pour un Etat comme le Sud-Soudan ».

Comme quoi, je ne fais pas qu’élucubrer !

Tous ces événements au Mali ou en Libye concernent directement la sécurité nationale de l’Algérie qui risque bientôt d’avoir à payer le prix fort de son inaction devant les agissements de l’Occident dans la région. Parce que, à la différence de la Tunisie ou même de l’Egypte, l’Algérie est un pays où, un peu comme en Libye, des forces centrifuges peuvent à tout moment s’exprimer, que ce soit au nord ou au sud du pays.

La boîte de Pandore est désormais grande ouverte alors que, les autorités algériennes auraient sans doute pu, avec d’autres pays africains, faire en sorte qu’elle se referme en Libye. Il  aurait certes fallu un courage dont le gouvernement algérien semble dépourvu, mais il en faudra peut-être encore plus pour faire face aux tourments qui risquent de s’emparer de la zone saharo-sahélienne dont l’Algérie est partie prenante.

Le chef des Toubous libyens brandit la menace séparatiste

L’Expression (Algérie) Mercredi 28 Mars 2012

Le chef des Toubous en Libye, Issa Abdelmajid Mansour, a dénoncé hier à l’AFP un plan de «nettoyage ethnique» visant sa tribu, brandissant pour la première fois la menace séparatiste, au lendemain de violences tribales impliquant des Toubous, au sud du pays. «Nous annonçons la réactivation du Front Toubou pour le Salut de la Libye (FTSL, mouvement d’opposition sous l’ancien régime) pour protéger les Toubous d’un nettoyage ethnique, et s’il le faut, nous allons demander une intervention internationale et oeuvrer pour un Etat comme le Sud-Soudan», a-t-il déclaré. Issa Abdelmajid Mansour, un ex-opposant au régime de Mouamar El Gueddafi, avait annoncé la dissolution de son mouvement après la chute de l’ancien régime en août. «Il s’est avéré que le Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) et le régime d’El Gueddafi ne sont pas différents. Le CNT a un programme pour nous exterminer», a accusé M.Mansour, dont la tribu avait joué un rôle clé dans la rébellion contre Mouamar El Gueddafi depuis le sud du pays.

Alain Juppé, salué à Tunis, hué à Bamako

27 février 2012

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, souhaite une saisine de la Cour pénale Internationale concernant la Syrie.  Ce qui n’est pas gagné puisque comme il le signale lui-même, la Syrie «n’est pas un Etat partie» de la Convention de Rome qui établit la CPI. 

Par contre, M. Juppé pourrait aller se présenter volontairement devant la CPI pour répondre du sort que son pays a fait subir à la Libye: de nombreuses pertes humaines que les humanitaires  dans son genre ne se casseront pas la tête à décompter. Contrairement aux dégâts matériels qui eux sont potentiellement sources de juteux contrats avec un marché évalué à 200 milliards de dollars.

C’est ce même Juppé qui vient d’aller faire le beau au mali où il a été accueilli comme il se doit par une population qui accuse le gouvernement français d’agir en sous-main pour nuire au Mali, notamment en attisant la sédition au nord du pays.

Le Mali qui était d’ailleurs opposé à l’intervention militaire étrangère en Libye et qui paye aujourd’hui, comme s’autres pays de la région, le prix de la guerre livrée par l’OTAN.

Je vous reproduis ci-dessous intégralement le papier que consacre le Journal du Mali à la visite de M. Juppé.

Mali : « Alain Juppé n’est pas le bienvenu ! »

Par Issa Fakaba SISSOKO – 27/02/2012

C’est une manifestation de colère de certains activistes qui a accueilli dimanche l’arrivée à Bamako du ministre français des Affaires étrangères.

Après le Bénin et le Burkina Faso, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a bouclé ce dimanche 26 février une visite sommaire de quelques heures dans notre capitale. Reçu par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré, M. Juppé était, dit-il, venu « rassurer les autorités maliennes face la crise du Nord et assurer de la disponibilité de la France à l’Etat malien dans la résolution de la rébellion ». C’est du moins ce qu’il a révélé aux journalistes à sa sortie d’audience à Koulouba.

Mais le discours est loin de convaincre certains militants des organisations politiques et de la société civile, qui l’ont accueilli par des slogans hostiles. C’était à la faveur d’une manifestation organisée par le Collectif « Touche pas à ma Constitution » et la jeunesse SADI, principal parti d’opposition. La marche, qui a quitté l’Ambassade de France pour le Musée national de Bamako, a enregistré la participation de nombreux leaders de la société civile, dont le président de la Coalition des Alternatives, Dette et développement (CAD-Mali), un mouvement altermondialiste réputé proche de la gauche.

Les manifestants, qui scannaient des slogans hostiles à la France, ont dénoncé ce qu’ils appellent « l’ingérence » de l’ex colonie dans les affaires intérieures du Mali. « La question de la rébellion est un problème maliano-malien, et nous ne comprenons pas l’intérêt accordé par la France à cette crise. Pire, l’insistance de celle-ci à imposer au Mali à déposer les armes après avoir été attaqué par des groupes d’assaillants, donne matière à réfléchir », a déclaré le président de la CAD-Mali, Sékou Diarra. Qui s’interroger sur « l’attitude ambigüe de la France ».

Dans un contexte de fortes suspicions

La visite du ministre français des Affaires étrangères au Mali intervient dans un contexte très difficile dans les relations entre les deux pays à propos de la question du Nord. A Bamako, comme dans les grandes villes du pays, les commentaires vont bon train quant au rôle présumé de l’ancienne colonie en faveur des rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Aujourd’hui, nombreux sont les observateurs à s’accorder que la France a de bonne raisons d’attiser le feu sur le sol malien. Si M. Juppé s’en est défendu ce dimanche face aux journalistes, certains analystes sont formels : « Contrairement aux déclarations officielles, les autorités françaises n’apportent rien au Mali pour la résolution de la crise au nord. Bien au contraire, elles veulent tirer profit de la résurrection de la rébellion dont les leaders politiques bénéficient de tout le confort nécessaire à Paris, et des manifestations de colère des populations pour régler leurs comptes avec le président Amadou Toumani Touré « coupable » d’ avoir refusé d’accéder à des sollicitations de Nicolas Sarkozy comme l’installation d’une base militaire française à Sévaré ».

En clair, arguent de nombreux spécialistes de la question, ces refus, passés pour une défiance de la très grande France, viennent s’ajouter à un autre contentieux entre le président malien et son homologue français : celui de la non signature par le Mali de l’ « Accord de réadmission des expulsés ». En dépit des pressions, notre pays est resté sur cette position depuis 2006 alors que la France a déjà fait signer le fameux « Accord » par 8 pays d’Afrique dont le Burkina Faso et le Sénégal ainsi que l’Ile Maurice. Dans ce bras de fer, ATT est adossé à un soutien total de tout le pays dont la population expatriée est à 4 millions de ressortissants, 3 millions d’entre eux étant installés en Afrique et 200 000 en Europe, dont 100 000 en France, selon les estimations.

« Il allait donc de soi que le président Sarkozy prenait très mal que le chef de l’Etat malien affichait ses soutiens à Kadhafi quand la France planifiait la mise à mort du dirigeant libyen » expliquent d’autres commentaires. Pour qui, « les manifestations de très grande envergure menées à Bamako ont sonné à Paris comme la dernière provocation du président ATT à qui il faudra rendre la vie impossible durant les derniers mois de son dernier mandat ». Bref, pensent certains, « il allait finalement de soi que Sarkozy et son pays soient aujourd’hui derrière tous les projets de déstabilisation du pouvoir au Mali ».

En attendant que toute la lumière soit faite sur l’éclatement de la rébellion au Nord, les commentaires vont bon train, et chacun y va de son argumentaire. Mais Alain Juppé, lui, est retourné en France avec l’image qu’une importante partie de la population malienne désapprouve sa présence sur le sol malien en cette période.



120 000 réfugiés très discrets

23 février 2012

Certains de vos journaux en parlent puisqu’on trouve trois références de publications françaises qui évoquent les 120 000 personnes qui ont fui les combats dans la région nord du Mali. La moitié de ces personnes se trouvent maintenant dans des pays voisins comme la Mauritanie, le Niger ou l’Algérie.

Mais cette affaire n’a bien entendu rien à voir avec ce qu’a subi la Libye de la part des pompiers pyromanes David Cameron et Nicolas Sarkozy. Que toutes ces personnes déplacées remercient, ça va de soi.

En tout cas, les dépêches reproduites dans la presse française n’en soufflent mot. 

Mali: Les combats persistent, le peuple fuit

20 Minutes (France) le 23/02/2012
MALI – Les combats entre l’armée et la guérilla targui font rage depuis la mi-janvier…
Plus de 100.000 déplacés. Les combats qui font rage depuis la mi-janvier dans le nord désertique du Mali, entre l’armée et la guérilla targui, ont provoqué d’importants déplacements de population, selon les Nations unies.
La moitié de ces déplacés auraient gagné des pays limitrophes du Mali: la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger et l’Algérie.
Renforcés par des effectifs et des armes en provenance de Libye, les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont lancé depuis le début de l’année des attaques contre plusieurs villes ou postes militaires dans le nord du Mali. Les forces gouvernementales ont riposté en bombardant à l’aide d’hélicoptères de combat des positions de la guérilla targui.
Ces affrontements ont fait des dizaines de morts. Leur recrudescence, dans une zone où étaient déjà actives des cellules du réseau Al-Qaida, fait craindre à certains un report de l’élection présidentielle prévue en avril.

Les conséquences désastreuses pour l’Afrique de l’intervention occidentale en Libye

17 février 2012

On nous parle de ce qui se passe en ce moment au Mali avec la lutte armée qui oppose le Mouvement de Libération de l’Azawad (Touareg) au pouvoir central.

Si dans un premier temps l’armée malienne a subi un coup sévère avec notamment une centaine de soldats qui auraient été purement et simplement massacrés, le gouvernement est passé à l’offensive et dit avoir infligé de lourdes pertes aux militants indépendantistes.

Dans le premier temps des affrontements, des soldats maliens n’ont semble-t-il dû leur salut qu’à la possibilité qui leur a été offerte de se réfugier dans l’Algérie voisine.

C’est dire que cette révolte Touareg est grosse d’importants risques de déstabilisation pour une région déjà fragilisée par les activités de bandes terroristes et de l’armée américaine qui ont porté un coup sévère au tourisme mais plus encore par les contrecoups de l’intervention occidentale en Libye. Oui, celle dont MM. Sarkozy et Cameron sont si fiers mais dont l’Afrique commence à payer le prix.

La guerre en Libye a en effet privé nombre de pays d’Afrique sub-saharienne d’un véritable poumon économique, entre les aides directes ou indirectes apportées par le gouvernement de Mouammar Kadhafi et l’argent envoyé aux familles par les centaines de milliers d’émigrés qui travaillaient en Libye.

C’est fini tout ça et il ne reste plus que de maigres ressources à partager et d’immenses étendues à parcourir pour des masses de réfugiés

On l’a vu, des soldats maliens ont dû se replier en Algérie et il est vrai que demain, l’Algérie, comme d’autres pays de cette région d’Afrique, risque de subir les conséquences de la destruction de la Libye. Et ces conséquences peuvent être extrêmement graves pour l’Algérie qui se mordra sans doute bientôt les doigts de ne pas avoir fait preuve de fermeté au moment de l’affaire libyenne.

Et franchement, quand j’apprends que l’Algérie vient de commander des blindés russes de dernière génération, je me demande sincèrement à quoi ils pourraient bien servir. A mon avis à rien du tout et sûrement pas à réprimer la population comme certains le prétendent de manière assez grotesque (pendant les années de guerre civile, les blindés lourds n’ont été utilisés que très ponctuellement voire pas du tout).

Denis Koné nous offre un très bon article dans lequel il met en cause directement la responsabilité de l’intervention occidentale en Libye dans la crise malienne. Un article qui explique mais qui se lit aussi comme un réquisitoire contre la passivité des gouvernements africains.

Crise au Nord Mali: La rançon de la crise libyenne

Par Denis Koné, Afrique en Ligne 16 février 2012

Sécurité au nord du Mali – L’Afrique et ses dirigeants ont vécu la crise libyenne comme un spectacle et dont les conséquences sont loin de se limiter de nos jours, à ce que nous vivons au Mali. Les dirigeants africains et leur organisation, l’Union africaine ont assisté passivement à la liquidation du régime du colonel Mouammar Kadhafi.

Pour le colonel Mouammar Kadhafi, la page s’est définitivement refermée le 20 octobre dernier. Tué ce jour-là, il en finissait définitivement avec les contradictions et les soucis de son existence de révolutionnaire ; mais pour bien d’autres États africains dont le Mali et les autres pays de l’espace Uémoa, les difficultés n’ont commencé que ce jour-là.

Il en est ainsi de la rébellion touarègue à laquelle nous assistons. Des experts en tout genre cherchent à trouver les raisons qui ravivent ce conflit que l’on croyait éteint suite à la signature du Pacte national. Mais le combat que les Touaregs mènent actuellement contre notre armée n’a rien d’identitaire. Il est existentiel. Il s’agit d’hommes et de femmes qui, estimant ne pas pouvoir trouver de quoi vivre chez eux-mêmes, avaient décidé d’aller voir ailleurs.

Le hasard les conduit alors en Libye où ils trouvent de quoi mener une existence à l’abri de l’indigence. Mais un beau jour, leur quotidien devait subitement être bouleversé. Plus parce que sa tête ne plaisait plus à certains que parce qu’il gérait mal son pays, le colonel voyait se lever contre lui une armée mondiale. L’issue fut tragique. Et pour les touaregs accusés à tort ou à raison de s’être rangés du côté du perdant, c’est la chasse aux sorcières, c’est le vandalisme, c’est le pillage des biens et c’est le retour forcé.

Retour d’émigrés démunis, pleins d’amertume mais puissamment armés. L’Etat ayant, à travers les autorités militaires ayant failli à leur devoir de désarmer les revenants, la crise était inévitable. Aujourd’hui, c’est la nation malienne qui est menacée dans son unité et son intégrité territoriale et le processus électoral jadis prometteur, est plus que compromis. On n’entend aucune des puissances impérialistes qui étaient intervenues en Libye, reconnaître leur part de responsabilité dans la crise actuelle que traverse le Mali et par ricochet, les pays comme le Niger, le Burkina Faso puisque ces pays accueillent de nombreux Maliens réfugiés.

L’Onu qui avait donné quitus à l’intervention, à travers sa fameuse résolution 1973 est muette de nos jours. Au Mali et à tous les autres pays sur lesquels se déversent actuellement les conséquences de cette crise libyenne de les gérer. Les autres avaient pour mission de tuer Kadhafi. Celle-ci accomplie, ils se sont retirés et tant pis pour le reste. Pauvre Afrique !

Et c’est là que se manifeste la responsabilité des dirigeants africains. Eux qui avaient laissé faire, ils avaient naïvement pensé que cela se limiterait à Kadhafi seulement. Eh bien, ils se sont dangereusement trompés. Parce qu’en réalité, la crise malienne ne sera certainement pas la seule conséquence fâcheuse que l’Afrique aura à déplorer, suite à son incapacité à se faire respecter par le monde entier.

Déjà, le fiasco enregistré lors de l’élection du président de la commission de l’Union africaine, est également à mettre au compte de ces conséquences malheureuses et regrettables. Car la gestion calamiteuse de l’interventionnisme occidental dans les crises ivoirienne et libyenne par Jean Ping est l’élément fondamental de l’inimitié absolue que l’Afrique du sud éprouve à son encontre.

Le 40e sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui s’ouvre aujourd’hui dans la capitale nigériane Abuja saura -t-il tirer une belle leçon de ce vécu ? Les sommets étant souvent de grandes rencontres au cours desquels des discours mielleux sont prononcés sans que des actes concrets ne s’en suivent.

Denis Koné

Les Echos du 16 Février 2012

Bientôt des troupes britanniques à la frontière tuniso-libyenne?

28 avril 2011

La crise libyenne a de multiples conséquences dont certaines peuvent échapper à l’observateur non directement concerné. Comme par exemple ses répercussions sur l’Afrique sahélienne qui connaît un afflux de réfugiés et subira sans doute des conséquences économiques désastreuses de l’actuel conflit en Libye. Que le régime de M. Kadhafi tombe ou pas.

Peut-être M. Bernard-Botul-Henri Lévy accueillera-t-il ces réfugiés dans son riad marocain? Et, de la même façon, fera-t-il don de ses droits d’auteur aux économies africaines affaiblies par ce conflit qu’il a appelé de ses voeux?

Ce conflit, s’il devait perdurer, risque d’avoir des conséquences incalculables pour la région, et bien sûr pour l’Algérie qui n’avait pas besoin d’une intervention militaire étrangère à ses portes.

Intervention que le pouvoir en place à Alger n’a que trop mollement essayé d’empêcher, ce dont il risque d’avoir à se mordre les doigts.

Il tente maintenant de sauver les meubles ainsi qu’en témoignent ces deux rencontres simultanées des ministres malien et algérien des affaires étrangères d’une part, et des chefs d’état major des armées malienne et algérienne d’autre part.

La sécurité a par ailleurs été sensiblement renforcée depuis début avril le long de la frontière algéro-libyenne  où, nous dit la presse algérienne, c’est l’alerte maximale.

A ce risque, s’en ajoutera peut-être bientôt un autre, celui que des secteurs frontaliers entrent dans la zone de conflit.

Les choses semblent commencer à évoluer en ce sens à la frontière tuniso-libyenne. En effet, il y a quelques jours, le poste frontalier de Dehiba-Wazin était passé sous contrôle des rebelles avant d’être repris aujourd’hui par les forces gouvernementales libyennes (je viens d’entendre sur France-Info que les rebelles auraient repris ce poste frontière).

Au-delà des péripéties entre rebelles et armée libyenne, ce qui me parait important est ce qui suit:

« Des combats se sont déroulés en territoire tunisien; à Dehiba, après l’attaque du poste frontière par les forces de Kadhafi, » explique Ali, un Tunisien qui participe à l’assistance aux [réfugiés] Libyens à Dehiba. « Les rebelles se sont repliés et sont maintenant à l’intérieur de la Tunisie. »

Ces rebelles qui sont à la frontière et même sur le territoire tunisien ne vont sans doute pas tarder à solliciter l’intervention de l’aviation de l’OTAN. Et ils auraient tort de se gêner puisque, comme souvent, leurs désirs ont été anticipés par le Grande Bretagne dont le ministre de la défense, Liam Fox, vient de suggérer l’éventualité de la présence de soldats Britanniques à la frontière entre la Libye et la Tunisie. Pour protéger les réfugiés, ça va de soi.

On ne comprend d’ailleurs pas très bien de quel côté de la frontière seraient stationnés ces soldats.

Oui, parce que les réfugiés Libyens sont précisément réfugiés en… Tunisie où ils sont à l’abri d’éventuelles actions du gouvernement libyen (mais pas des rebelles qui n’hésitent pas à se positionner en territoire tunisien).

Nous sommes donc devant une volonté britannique de contrôler la frontière entre deux pays arabes et africains indépendants qui ont tous deux une frontière commune avec l’Algérie.

On aurait aimé entendre une réaction digne de ce nom des autorités d’Alger ou même de Tunis car la Tunisie aussi est concernée par les risques qu’entraîne le nouvel accès de fièvre colonialiste des occidentaux.


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