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Palestine: la vérité continue à sortir de sa boîte

28 avril 2013

Les terroristes sionistes, qu’ils soient armés d’un fusil, d’un stylo ou même simplement de leurs langues de vipères, ont un discours bien huilé sur les étapes de leur projet colonial ainsi que sur la phase décisive qui a amené à la proclamation d’un Etat juif sur le sol palestinien.

Le problème est que ce discours est un tissu de mensonges et que la vérité comme mue par une volonté autonome n’a de cesse de se manifester pour de faire connaître.

On sait le travail accompli en ce sens par les historiens Palestiniens ou autres ainsi que par les militants de la cause de la Palestine.

Beaucoup reste à faire cependant, notamment pour propulser les résultats de ce travail dans le discours ordinaire des médias et pour en faire l’arrière-fond obligé de toute réflexion publique sur la question palestinienne.

L’ouverture de certaines archives et l’information sur leur contenu par la presse y contribue utilement, comme cet article du Guardian sur les rapports des services de renseignements britanniques concernant la situation en Palestine et, par voie de conséquence dans le reste de cette région arabe, à la veille de la première guerre arabo-sioniste.

Ces archives confirment ce qu’on savait déjà, c’est-à-dire la confiance peut-être naïve des Arabes dans un règlement pacifique de la question de l’indépendance palestinienne, l’activisme terroriste des sionistes aussi bien contre les forces britanniques que contre les Palestiniens, et la préparation des mêmes terroristes sionistes à l’accaparement par la force du maximum de territoire possible.

Les autorités britanniques avaient prévu la guerre – et la défaite arabe – en Palestine en 1948

Des rapports britanniques déclassifiés documentent l’intensification du conflit, l’approbation par l’opinion publique juive de la position pro-terroriste de ses dirigeants et observent que les armées des pays arabes étaient le «seul espoir» des Palestiniens.

Par Richard Norton-Taylor, The Guardian (UK) 26 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le gouvernement britannique savait dès le moment où il avait envisagé le retrait de ses forces de Palestine il y a plus de 60 ans que la partition du territoire et le fondation de l’Etat d’Israël aboutiraient à la guerre et à la défaite des Arabes, ainsi que le montrent clairement des documents secrets rendus publics.

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Mai 1948: barbelés séparant secteurs juif et arabe de Jérusalem

Ces documents, qui ont une remarquable résonance contemporaine, révèlent comment les autorités britanniques se contentaient de regarder les colons juifs prendre le contrôle de toujours plus de terres arabes.

Pendant les semaines qui ont précédé la partition de la Palestine en 1948, quand la Grande Bretagne avait renoncé à son mandat onusien, les organisations terroristes juives avaient accru le nombre de leurs attaques contre les forces britanniques et les combattants arabes, montrent les documents du Colonial Office.

Et ils révèlent comment les hauts fonctionnaires britanniques étaient occupés à décider la meilleure manière de se répartir entre eux deux Rolls-Royces et une Daimler.

Les documents, disponibles aux national Archives, montrent comment, dans des remontées routinières d’informations à Londres, les fonctionnaires britanniques à Jérusalem décrivaient une montée régulière de la tension au moment où la Grande Bretagne, les Etats Unis, l’ONU et les sionistes s’orientaient vers la partition de la Palestine.

Dès octobre 1946, deux ans avant la partition, les officiels britanniques avaient averti Londres que l’opinion publique juive s’opposerait à la partition «sauf si la part [de territoire] juive était agrandie au point de rendre  la proposition complètement inacceptable pour les Arabes.»

Les fonctionnaires britanniques avaient prévenu le Secrétaire aux colonies George Hall: «L’opinion publique juive… a approuvé l’attitude de ses dirigeants pour lesquels le terrorisme est la conséquence naturelle de la politique générale du gouvernement de Sa Majesté,» comme le déroutement des bateaux qui transportent des immigrants Juifs «illégaux »

Les dirigeants Juifs [sionistes] modérés qui avaient peur d’être qualifiés de quislings, avaient signalé à Londres ces fonctionnaires Britanniques, en référence à ceux qui avaient collaboré avec l’Allemagne nazie dans les pays occupés [l’officier Norvégien Vidkun Quisling était en effet un genre de Philippe Pétain nordique, NdT]. Le rapport suivant des services de renseignements parlait des «pressions efficaces que les sionistes en Amérique sont en position d’exercer sur le gouvernement des Etats Unis.»

Après la multiplication des attaques violentes perpétrées par les militants sionistes du groupe Stern et de l’Irgoun, les officiels britanniques rapportaient en 1946 : «Les dirigeants Arabes semblent encore disposés à différer une opposition active [armée, NdT] tant qu’existe une chance de décision politique acceptable pour les intérêts arabes.» Mais ils prévenaient : «Il existe un vrai danger et une vraie crainte qu’une quelconque nouvelle provocation juive puisse entraîner des actes de rétorsion isolés qui déboucheront inévitablement sur une extension des affrontements entre Juifs et Arabes.»

Un rapport daté d’octobre 1947 parle de Menahem Begin, le chef de l’Irgoun, affirmant dans un entretien avec la presse que «la lutte contre l’envahisseur britannique se poursuivra jusqu’à ce que le dernier [britannique] quitte la Palestine.»

Begin sera plus tard élu premier ministre d’Israël et signera un traité de paix avec le président Egyptien Anouar Sadate en 1979, ce qui vaudra aux deux dirigeants d’être récompensés par le prix Nobel de la paix.

Début 1948, les officiels Britanniques signalaient que “les Arabes ont subi une série de défaites écrasantes.” Ils ajoutaient : «Les victoires juives… ont réduit le moral des Arabes à zéro et, à l’exemple de leurs ineptes et couards dirigeants, ils fuient par milliers les zones de peuplement mixte. Il est maintenant évident que leur seul espoir de récupérer leur position repose sur les armées régulières des Etats arabes.»

Londres était avertie: “La violence arabo-juive a maintenant diffusé dans pratiquement toute la Palestine.” Quelques jours plus tard, les officiels Britanniques parlaient de «conflits mutuellement destructeurs» et d’un «afflux régulier de volontaires Arabes» venant des pays voisins.

Les documents montrent que deux ans auparavant, les agents de renseignements britanniques avaient signalé «des indices inquiétants de renouveau de l’intérêt et de l’activité politiques chez les  Palestiniens Arabes ordinaires… La décision d’accepter l’entrée des expulsés de Chypre [des Juifs expulsés dans des camps sur cette île] malgré les quotas d’immigration,  l’impression que le gouvernement de Sa majesté avait fait des concessions en cédant devant les pressions et le terrorisme juifs… ont  contribué à éveiller les sentiments de l’opinion publique arabe.»

Comme maintenant, mais pour des raisons très différentes, la Syrie était au centre des préoccupations des puissances occidentales. «Le nationalisme arabe va vers une nouvelle crise. C’est particulièrement notable en Syrie,» observait un rapport rédigé pendant la seconde guerre mondiale pour les officiers du renseignement britannique et les responsables de la propagande.

L’opinion répandue alors était que le Liban et la Syrie pourraient être rendus à la France une fois la guerre terminée. «Le Syrie pourrait être le théâtre du prochain acte de la Révolution Arabe,» ajoutait le rapport en référence à l’humiliation ressentie dans le monde arabe.

Ce rapport de temps de guerre établi pour les chefs du renseignement britannique affirmait que le nationalisme arabe avait une «nature double… un mouvement rationnel et constructif ouvert à l’influence et à l’aide occidentales [et] un mouvement émotionnel de révolte contre l’Occident.»

Il concluait: «Le conflit entre ces deux tendances sera tranché pendant la génération actuelle. Le premier objectif de la politique des puissances occidentales doit être d’empêcher le triomphe de la deuxième tendance.

Parmi les documents classifiés rendus publics aujourd’hui, on trouve un rapport sur la manière de répartir des voitures entre les diplomates et les agents du renseignement britanniques qui devront rester à Jérusalem après la partition. Une Rolls-Royce  sept places était décrite comme une «grosse voiture rapide.» Le problème, notait le rapport, était que le Haut Commissaire britannique en Palestine, le général Sir Alan Gordon «a l’intention de la ramener au pays pour s’en servir dans le protem [sic] au Royaume Uni » [son poste provisoire ?].

Winston

Daimler de Churchill. Daimler est une marque anglaise. Comme Jaguar qui l’a absorbée, elle est aujourd’hui la propriété de l’industriel  Tata (Inde)

Une autre Rolls-Royce était présentée comme “une excellente voiture sauf pour les longs déplacements dans le pays parce qu’elle n’a pas assez de puissance dans les collines.» Une automobile Daimler blindée était décrite comme «la voiture anti-raid aérien du Roi » quand elle était en Grande Bretagne était signalée comme «lente à cause de son poids.»

L’Etat d’Israël a été proclamé le 14 mai 1948. Le lendemain, les derniers soldats Britanniques se retiraient et la première guerre israélo-arabe commençait.

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Complice de crimes, non repenti et prix Nobel de la paix!

11 novembre 2012

L’Académie Nobel semble avoir une tendance incoercible à décerner le prix Nobel de la Paix à des individus ou des institutions qui ne se caractérisent pas franchement par leur pacifisme.

Ainsi de Menahem Begin, Shimon Peres ou encore le président Barack Obama et tout dernièrement l’Union Européenne.

Certes, les pays membres de l’Union Européenne ne se font plus la guerre entre eux, mais ils exportent la violence ailleurs comme en Afghanistan ou en Libye. Et, en dehors de toute légalité internationale, ils appliquent des sanctions et un boycott contre l’Iran qu’ils accusent d’entretenir un programme nucléaire de nature militaire.

Tandis que dans le même temps, l’Union Européenne n’a de cesse de renforcer sa coopération avec l’Etat sioniste qui occupe, colonise et exploite illégalement des territoires palestiniens, exerce un blocus terrestre, aérien et maritime sur la bande de Gaza, bombarde et tue comme ça lui chante, viole régulièrement l’espace aérien libanais etc.

Après les criminels Shimon Peres et Menahem Begin, l’attribution du Nobel de la paix à Elie Wiesel, celui qui se définit comme un conteur est sans doute un des points culminants du dévoiement de cette distinction. A ceux qui s’indigneraient en découvrant la masse de boniments que leur a infligés Elie Wiesel, je dirai que ce dernier n’a jamais caché faire œuvre d’imagination.

On sait que M. Wiesel entretient des amitiés tarifées avec des antisémites notoires aux Etats Unis et que le véritable Dieu qu’il adore est celui de l’argent qu’il avait cru voir incarné dans la personne de l’escroc désormais célèbre Bernard Madoff.

En 2001, Christopher Hitchens avait écrit un petit article où il relevait l’hypocrisie du personnage mais, rappelait surtout un fait rarement évoqué : l’appartenance d’Elie Wiesel à l’Irgoun, une organisation terroriste juive animée d’idéaux racistes et fascistes pour laquelle il pratiquait le «journalisme». L’Irgoun a notamment participé au massacre perpétré dans le village palestinien de Deir Yacine. La classe politique sioniste actuellement au pouvoir s’inscrit dans la lignée de cette organisation terroriste.

Affiche de propagande de l’Irgoun

Voilà l’autorité morale dont les livres sont prescrits comme bréviaires pour la jeunesse !

Les mots de Wiesel

Par Christopher Hitchens, The Nation (USA) 19 février 2001  traduit de l’anglais par Djazaïri

Existe-t-il un poseur plus méprisable et bavard que Elie Wiesel? C’est possible. Mais sûrement pas un poseur et bavard qui fait l’objet (ce qu’il considère comme un dû) d’une telle déférence grotesque sur les questions morales. Jetez un oeil si vous voulez bien, à son essai sur Jérusalem publié dans le New York Times du 24 Janvier 2001.

En tant que Juif qui vit aux Etats Unis, je me suis longtemps refusé le droit d’intervenir dans le débat interne en Israël… Mes détracteurs ont leur conception de l’éthique collective et individuelle; j’ai la mienne. Mais alors que je leur accorde le droit de critiquer, ils me refusent parfois le droit de m’abstenir [dans le débat public, NdT].

Quelle magnifique condescendance, d’accorder le doit à ses détracteurs. Et on ne sait pas trop à quelle date Wiesel fait remonter sa noble abstention des affaires intérieures d’Israël ; il était membre de l’Irgoun de Menahem Begin dans les années 1940, époque où cette milice faisait preuve d’une violence extrême cintre les civils Arabes et était tout à fait disposée à faire de même contre des Juifs. En tout état de cause, cette affirmation douteuse est seulement un artifice pompeux pour se défausser de sa non intervention en ce moment où [le statut de] Jérusalem est en jeu puisque « le fait que je ne vive pas à Jérusalem est secondaire ; Jérusalem vit en moi» (toujours modeste). Il y a, c’est triste à dire, ses serpents dans l’Eden intérieur de Wiesel, et il faut aussi s’accommoder d’eux :

Que les Musulmans puissent souhaiter maintenir des liens étroits avec cette ville qu’on ne peut comparer à aucune autre est compréhensible. Quoique son nom ne figure pas dans le Coran, Jérusalem est la troisième ville sainte de l’islam. Mais pour les Juifs, elle reste la première. Pas seulement la première; l’unique.

«Pourraient souhaiter.» «Liens.» «Compréhensible.» «Troisième ville sainte.» Même ces gestes hautains et méprisants semblent coûter à Wiesel. Après tout, il énonce que la ville est «mentionnée plus de 600 fois dans la Bible,» ce qui (en admettant qu’on doive penser comme un fondamentaliste religieux) autoriserait les Arabes Chrétiens – au moins 15 % de la population palestinienne – à avoir de fortes prétentions sur la vieille ville. (En passant, permettez-moi de demander aux lecteurs combien de fois le nom de  Jérusalem est cité dans la Torah.) Mais pour Wiesel, tous les Arabes sont musulmans, et même s’ils vivent à Jérusalem, ils ne sont pas dans la Jérusalem qui est en Elie Wiesel. En fait, elle vivrait beaucoup plus à l’aise en lui s’il n’y avait pas d’Arabes du tout à Jérusalem. J’exagère ? Je ne crois pas. Dans une récente tournée de propagande, il a soutenu qu’en 1948, «incités par leurs dirigeants, 600 000 Palestiniens avaient quitté le pays, persuadés qu’une fois Israël vaincu ils pourraient rentrer chez eux.»

Cette affirmation est grossièrement mensongère et Wiesel le sait. C’est en outre un mensonge tellement discrédité que les officiels Israéliens ne le répètent même plus. Les historiens Israéliens et Juifs l’ont dénoncé à maintes reprises : toutes les émissions radiophoniques arabes de la région, en 1947 comme en 1948, étaient écoutées, enregistrées et transcrites par la BBC, et tous les journaux arabes étaient épluchés, et aucun exemple d’une telle «incitation,» directe ou rapportée, n’a jamais été mis en évidence. Feu l’historien et diplomate Erskine Cholders avait lancé dès les années 1950 un défi public sur ce point, défi qui n’a jamais été relevé et ne le sera jamais. Et bien sûr ce mensonge est un mensonge fondateur parce que le déni de l’expulsion est à la raine de tout le problème et contribue à empoisonner la situation de nos jours encore.(Au moins, quand les négociateurs discutent précautionneusement du droit au retour, ils ne prétendent pas parler de fantômes ou d’âmes mortes).

Dans une brillante réponse à Wiesel publiée dans Vesti, le plus grand journal russophone d’Israël, Israel Shamir le compare de manière assez clémente non à Jabotinsky mais au Chevalier à la Triste Figure dans sa folle recherche de la pureté :

Sois raisonnable, vieil homme. Reste dans le cadre de l’histoire et dans les limites de la décence la plus élémentaire. Don Quichotte ne s’était pas rendu à Toboso dans une jeep pour violer son ancien flirt. OK, tu l’aimais et tu pensais à elle, mais ça ne te donne pas le droit de tuer ses enfants, de raser au bulldozer les fleurs de son jardin et mettre tes pieds sous sa table.

Shamir parle de la très belle ville que les Palestiniens ont, il y des siècles de cela, «ornée d’une magnifique pièce d’orfèvrerie, le dôme doré du Haram-al-Sharif, où ils ont bâti leurs maisons avec des arches en ogive et de larges porches, où ils ont planté cyprès et palmiers.» Il perd son temps ce Wiesel qui dit que la Palestine était un désert avant son arrivée parmi les hommes de main de Begin et qui calomnie le peuple dont il a participé à la spoliation, en prétendant mensongèrement qu’ils ont quitté leur chère ville ancestrale et ensuite en leur contestant le droit de ressentir ne serait-ce que de la nostalgie pour elle.

En 1982, après que le général Ariel Sharon se fut occupé des habitants des camps de Sabra et Chatila pour en faire des cibles d’exercice pour ses fondés de pouvoir rémunérés, Wiesel nous avait gratifiés d’un autre des ses exercices de neutralité. Interrogé par le New York Times au sujet de ce pogrom, il avait été un ses rares Américains questionnées à ce sujet à n’exprimer aucun remords. «Je ne pense pas devoir ne serait-ce que commenter,» avait-il dit, avant de gémir qu’il ressentait de la «tristesse – avec Israël et pas contre Israël.» Pas un seul mot, même de pure forme, pour les victimes.

Au moment où j’écris, il semble que le même Sharon va devenir premier ministre d’Israël. Vous vous rappelez peut-être qu’il avait occupé Beyrouth Ouest après l’assassinat du premier ministre Maronite Béchir Gemayel, au prétexte hautement improbable que les civils Palestiniens auraient besoin d’être protégés contre des représailles phalangistes. Il avait alors envoyé vers leurs camps sans défenses la faction la plus extrémiste de la milice phalangiste et avait supervisé le sale boulot de ces fascistes notoires avec force fusées éclairantes et en assurant leurs arrières pendant la journée, pendant 36 heures avant de les escorter en triomphe et de les remercier pour leur travail. Autrement dit, la majeure partie de l’aide militaire à l’étranger est sur le point d’être allouée à un homme qui se tenait debout mains sur les hanches, avec le ceinturon, le casque d’acier et la paire de jumelles, qui voyait monter le tas de corps humains et qui pensait que c’était bien.

Pour arriver à ce résultat, le sol avait été bien engraissé du fumier des belles pensées d’Elie Wiesel.

Qui dirige le sionisme chrétien?

28 octobre 2012

Maidhc Ó Cathail est un journaliste Irlandais ouvertement engagé en faveur de la Palestine. Tout en contribuant à un certain nombre d’organes de presse, il anime un blog baptisé The Passionate Attachment.

Son engagement affiché ne lui fait cependant pas perdre de vue les règles du journalisme et il s’efforce d’avancer des informations étayées et vérifiables.

Il nous en donne ici un exemple en mettant en évidence cette situation en principe incongrue dans laquelle on constate qu’un des dirigeants du mouvement sioniste chrétien aux Etats Unis est certes sioniste mais pas du tout chrétien.

A chacun d’en tirer les conclusions qu’il voudra.

Le cousin d’Ehud Barak est à la tête des sionistes Chrétiens aux Etats Unis

par Maidhc Ó Cathail, The Passionate Attachment 22 octobre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Afin de détourner l’attention de son influence sur la politique des Etats Unis au Moyen Orient, le lobby pro-israélien souligne parfois le soutien passionné apporté par de nombreux Chrétiens évangéliques – qualifiés habituellement de sionistes chrétiens – à l’Etat juif. La plus importante des organisations sionistes chrétiennes, avec plus d’un million d’adhérents – est Christians United for Israel (CUFI); ce qui en fait dans le même temps la plus grande organisation pro-israélienne établie aux Etats Unis. La plupart des gens qui s’intéressent à cette organisation extrémiste pro-israélienne l’associent à John Hagee, le théâtral pasteur sioniste chrétien de San Antonio qui préside CUFI. On en sait beaucoup moins par contre sur le directeur exécutif de CUFI.

Fait révélateur, la personne qui dirige la plus importante organisation sioniste chrétienne n’est même pas un Chrétien. Dans un questions – réponses avec des lecteurs du journal israélien Haaretz il y a quelques années, il avait été demandé à David Brog si sa conception religieuse voulait qu’Israël contrôle l’ensemble de la Terre Sainte. «Simplement pour clarifier les choses,» avait répondu Brog, «la théologie évangélique sur laquelle j’écris n’est pas ma théologie. Je suis juif.»

David Brog (à gauche sur la photo)

Si le directeur exécutif de Christians United for Israel n’est peut-être pas Chrétien, il n’y a aucun doute sur son pedigree sioniste. Quand un autre lecteur lui avait demandé s’il était apparenté à l’actuel ministre de la défense Israélien, Brog l’avait complimenté pour sa perspicacité. Et le directeur de CUFI d’expliquer :

L’ancien premier ministre Ehud Barak est mon cousin. Il a changé son patronyme de «Brog» en «Barak» au moment de son entrée dans l’armée. Compte tenu de son illustre carrière dans l’armée et le gouvernement israéliens, c’est un lien dont je suis très fier.

Avec des liens aussi étroits entre le gouvernement israélien et l’homme qui dirige la majorité des sionistes chrétiens aux Etats Unis, on ne doit pas s’étonner que les dirigeants Israéliens puissent se permettre de se moquer des croyances soigneusement entretenues de ces sionistes chrétiens. C’est ainsi qu’avait plaisanté l’ancien premier ministre Menahem Begin, considéré par un initié bien placé comme le «père» du mouvement sioniste chrétien :

Je vous dis que si ces Chrétiens fondamentalistes nous soutiennent au Congrès aujourd’hui, je les soutiendrai demain quand arrivera le Messie.

Peut-être Arlen Specter, un autre pilier du lobby pro-Israël sourit-il dans sa tombe à l’idée de voir son adjoint de longue date exercer une si forte influence sur la droite chrétienne que ce sénateur avait dénoncée lors d’une campagne présidentielle en 1995 (Specter avait été candidat à l’investiture républicaine) comme une tendance extrémiste qui joue un trop grand rôle dans la définition de l’agenda politique du Parti Républicain.

Dernière info : Selon un article du Jewish Georgian Newspaper d’Atlanta, chaque fois qu’Ehud Barak se rend à Washington, il consacre toujours du temps à son cousin David Brog.


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