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200 Nigérians détenus au secret par les « rebelles » en Libye

7 septembre 2011

Le Nigeria a reconnu le nouveau pouvoir libyen, incarné par le CNT, c’est-à-dire les « rebelles » pour lesquels la France, le Royaume Uni, les Etats Unis et quelques autres puissances de l’axe du bien ont déroulé un tapis rouge. Rouge de sang libyen, mais pas seulement puisque les pseudo-rebelles ont comme une tendance à s’acharner sur les personnes à la peau très foncée qui sont tantôt des ressortissants libyens, tantôt des travailleurs migrants.

Pour l’instant, le Nigeria n’est cependant guère payé de retour, car si de nombreux immigrés Nigérians avaient senti le vent tourner et quitté précipitamment le pays, d’autres sont restés piégés et tombent un à un dans les filets des prétendus rebelles.

200 d’entre eux sont actuellement retenus dans les geôles du CNT  [ils font donc partie de ceux qui n’ont pas été tués] et 25 d’entre eux viennent tout juste d’être faits prisonniers en dépit des assurances données aux autorités d’Abuja par les dirigeants rebelles, que ces « rebelles » s’appellent Mustapha Abdeljalil, David Cameron ou encore Nicolas Sarkozy.

Ces personnes d’origines diverses sont réputées, d’après le CNT et sur la seule base de leur teint de peau, être des mercenaires à la solde de M. Kadhafi. Ce que les membres du CNT devraient pourtant savoir, c’est qu’en cas de défaire imminente, les mercenaires sont presque toujours les premiers à s’enfuir puisqu’ils ne combattent que pour l’argent.

Les mercenaires occidentaux ne se sont pour leur part rangés aux côtés du CNT que parce que le risque que leur aviation ou leur marine subissent des pertes était absolument infime, compte tenu de la disproportion des forces en présence.

La chasse aux immigrés d’origine subsaharienne se poursuit donc en Libye. Et si le gouvernement nigérian a reconnu le pouvoir du CNT, ce ne sont pas les voix qui manquent dans ce pays pour s’élever contre cette reconnaissance.

Et ce n’est qu’un indice de plus de la prise de conscience dont l’Afrique est le lieu je vais essayer de vous proposer un autre article pour illustrer ce point] et qui laisse supposer que la victoire militaire de l’OTAN aura des conséquences très importantes en Afrique mais pas forcément celles que les maléfiques forces du bien imaginent(lisez donc les commentaires des lecteurs sur la page originale de l’article de The Nation pour vous faire une idée.

 

200 Nigérians retenus en otages par les rebelles Libyens

Par  Yusuf Alli, Abuja, The Nation (Nigeria) 7 septembre 2011traduit de l’anglais par Djazaïri

La chasse aux Nigérians en Libye s’est poursuivie hier, avec l’arrestation de 25 personnes par le Conseil National de Transition  (CNT) des rebelles qui ont mis fin au pourvoir du colonel Kadhafi qui l’exerçait depuis 42 ans.

Le nombre de Nigérians détenus s’élève donc maintenant à plus de 200, a appris The Nation. On craint que les Nigérians détenus soient tués par les rebelles si le gouvernement fédéral [du Nigeria] n’agit pas à temps.

Un porte parole des Nigérians pris au piège à Tripoli, M. Daramola Sili qui a parlé au téléphone avec notre correspondant, a déclaré : « Environ 25 Nigérians ont été arrêtés aujourd’hui à Tripoli et ils sont détenus dans le quartier Salahdin de la capitale. Nous n’avons accès à aucun d’entre eux.

“Pour l’instant, nous avons plus de 200 Nigérians détenus dans diverses regions de la Libye. Nous ignorons leur sort. Nous prions pour qu’ils ne soient pas tués comme d’autres travailleurs émigrés noirs.

 «Le modus operandi habituel est que les rebelles mettent en place des barrages routiers et chaque fois que des noirs sont aperçus dans un autobus, ils les arrêtent immédiatement et ils les jettent dans des cellules dans différents quartiers de la ville.»

Interrogé sur la façon dont les Nigérians sont tombés entre les mains des rebelles, Siji explique: “S’étant retrouvé à court de nourriture, ils ont décidé de se risqué hors de leurs domiciles pour chercher quelque chose à acheter, et c’est ainsi que la plupart d’entre eux ont été arrêtés.

«Je voudrais lancer un appel au gouvernement fédéral pour qu’il agisse. Nous n’avons pas pu joindre le ministère des affaires étrangères. L’ambassadeur Olugbenga Ashiru a été sensible à notre situation et a ouvert des pourparlers avec les chefs du Conseil national de Transition.

“Bien que le ministère ait désigné notre ambassadeur en Ethiopie pour prendre en charge la situation en Libye, ce dernier est resté injoignable. »

Répondant à une question, Siji explique: «Les rebelles ont pensé que les migrants noirs étaient des mercenaires utilisés par Mouammar Kadhafi pour les combattre, et c’est pourquoi commettent des assassinats en représailles..

“Mais nous avons fait comprendre au CNT que les mercenaires de kadhafi étaient surtout des Tchadiens et des Nigériens. Aucun Nigérian n’a combattu dans le camp de Kadhafi.

Une source de haut niveau du ministère des affaires étrangères qui s’est exprimée en toute confiance, a déclaré : « Le ministre est à l’étranger, en Suède pour une réunion avec les ministres scandinaves. Mais il suit de très près la situation, même depuis l’étranger. »

“Nous avons reçu des assurances du CNT, de la Grande Bretagne et de la France que les migrants noirs ne seraient plus agressés.

Les « rebelles » massacrent à Tripoli. Chose promise, chose due.

25 août 2011

Les massacres que M. Bernard-Botul-Henri Lévy entendait prévenir en Libye sont en train de se produire. Personne ne pourra feindre d’être surpris car Mustapha Abdeljalil, leader du Conseil de National de Transition les avait annoncés clairement et en toute franchise.

Et les forces liguées contre la Libye au nom des principes humanitaires savaient parfaitement aux côtés de qui elles faisaient tonner leurs armes.

Cette dépêche de l’Associated Press nous donne un petit aperçu des aptitudes criminelles des amis de M. Bernard-Henri-Lévy. J’ai envie d’écrire que qui se ressemble s’assemble.

Notez bien comment l’Associated Press, qui ne peut éviter de retransmettre l’info obtenue par ses équipes de terrain fait son possible pour, si ce n’est disculper les tueurs « rebelles », presque renvoyer dos à dos ces criminels et le gouvernement de M. Kadhafi.

Appréciez par exemple ce passage : « On n’a pas de certitude sur l’identité des morts mais il s’agit, selon toute probabilité ». Quelle est la différence entre ne pas être certain et être pratiquement sûr ? Oui, ce sont des termes qui s’opposent.

Un peu plus loin, on peut lire qu’un des morts avait au poignet une pièce d’étoffe verte, la couleur du drapeau de la Libye de Kadhafi. N’importe qui sait que le port d’une pièce de tissu de couleur verte au poignet est très courant dans tout le Maghreb et sans doute en d’autres terres musulmanes. Pas besoin d’adhérer à l’idéologie de Kadhafi pour ce faire.

Ce cadavre au bout d’étoffe verte donne d’ailleurs une autre occasion d’insinuation à l’Associated Press qui constate que ce corps a la peau nettement plus foncée que le Libyen moyen,  ce qui donne l’occasion de rappeler, sans preuve d’aucune sorte, que Kadhafi avait recruté des « combattants » d’Afrique subsaharienne.

D’ailleurs, même si Kadhafi l’avait fait, en quoi cette pratique différait-elle par exemple de ce qu’on appelle en France la Légion Etrangère ?

Et l’Associated Press signale-t-elle la présence aux côtés des «rebelles» de nombreux mercenaires venus d’Europe à bord de leurs avions de combat et de leurs navires de guerre?

Aux atrocités commises par les rebelles, l’Associated Press oppose, pour la forme, des atrocités commises, selon le commandement « rebelle » par les troupes de M. Kadhafi. Je dis pour la forme parce qu’aucune élément de preuve n’est apporté. Et que par contre, les « rebelles » se sont gardé d’accuser les soldats de M. Kadhafi d’avoir commis ces assassinats.

Des cadavres évoquent le spectre de tueries de masse en Libye

Par Paul Schemm, AP Seattle Post Intelligencer (USA) 25 août 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Cadavres de civils en décomposition. Beaucoup sont ligotés mains dans le dos.

Tripoli, Libye – Les cadavres sont éparpillés sur une place gazonnée près de Bab al Azizia, le quartier général de Mouammar Kadhafi. Ils sont étendus sur des parcelles de verdure, comme s’ils faisaient la sieste affalés sous des tentes. Certains d’entre eux ont les poignets entravés pas des liens en plastique. On n’a pas de certitude sur l’identité des morts mais il s’agit, selon toute probabilité, de militants  qui avaient mis en place un village de tentes impromptu en solidarité avec Kadhafi à proximité de son quartier général, au mépris de la campagne de bombardement de l’OTAN.

Il est impossible de savoir qui les a tués, mais cette découverte renvoie au spectre inquiétant de tueries en masse de non combattants, de prisonniers et de blessés.

Entre Bab al Azizia, prise par les rebelles ce mardi, et le bastion de Kadhafi dans le quartier d’Abou Salim, où les combats faisaient rage jeudi, les journalistes d’Associated Press ont vu une vingtaine de cadavres jeudi. Cinq ou six se trouvaient dans un rond-point, sous des tentes qui abritaient des militants et arboraient les drapeaux de nombreuses nations africaines. Un mort avait une perfusion à un bras, un autre cadavre était complètement carbonisé, sans jambes.

Au moins dix autres cadavres ont été trouvés dans une zone herbeuse et un canal non loin. Plusieurs des tués sont mains liées dans le dos et ont été reçu des  balles dans la tête. Un cadavre vêtu d’une blouse de médecin hospitalier a été découvert dans le canal. Les corps étaient gonflés.

Un des morts avait une pièce d’étoffe d’un vert de couleur vive, la couleur nationale de la Libye de Kadhafi nouée à son poignet. Cet homme avait un teint de peau plus foncé que celui de la majorité des Libyens. Kadhafi avait recruté des combattants d’Afrique subsaharienne,

D’après le conseil militaire rebelle de Misrata, une ville portuaire de l’ouest, des prisonniers détenus par les forces de Kadhafi dans la base aérienne de Metiga ont été enfermés et des grenades ont été jetées dans leurs cellules. Le conseil dit que les rebelles ont récupéré pour l’instant 13 corps sévèrement brûlés

Le régime de Kadhafi détenait des milliers de prisonniers politiques.


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