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Pamphlet antisémite : le guide des Juifs influents de l’ère Donald Trump

24 mai 2018

A vrai dire ce pamphlet antisémite n’est pas de moi, mais publié par la Jewish Telegraphic Agency, une agence de presse qui alimente nombre de titres de la presse communautaire juive un peu partout dans le monde.

Le cliché le plus répandu sur les Juifs est bien présent et parfaitement illustré de cas concrets.

Connaissez votre oligarque : Un guide des machers (mot yiddish:hommes d’influence) juifs dans l’enquête sur la Russie

Par Ron Kampeas, Jewish Telegraphic Agency (USA) 23 mai 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

Washington – L’enquête du procureur spécial sur l’ingérence russe dans les élections de 2016 offre un voyage étrange pour quiconque est bien au fait de la communauté juive russe et du passage de la répression dans l’ex-Union soviétique aux libertés relatives de la Fédération de Russie.

Sur les 10 milliardaires ayant des liens avec le Kremlin qui ont versé des contributions [financières] politiques à Donald Trump et à un certain nombre de hauts dirigeants républicains, au moins cinq sont juifs. (Le Dallas Morning News propose une série de graphiques interactifs très parlants.)

Il y a Len Blavatnik, le citoyen binational américano-britannique qui a déversé d’énormes sommes d’argent sur les candidats républicains au cours du dernier cycle électoral, dont la plus grande partie a transité par ses innombrables sociétés d’investissement.

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Len Blavatnik et Harvey Weinstein

(Le même Len Blavatnik finance des bourses d’études pour les vétérans de Tsahal et est un ami du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.)

Alexander Shustorovich est le président d’IMG Artists, un géant parmi les impresarios, qui a donné 1 million de dollars au comité d’inauguration de Trumps. Il est arrivé en 1977 avec sa famille qui n’avait pas un sou à New York à l’âge de 11 ans, fuyant la persécution des Juifs en Union Soviétique.

La liste continue – nous explorons certains noms qui y figurent ci-dessous. Mais au fait, que se passait-il en Union Soviétique alors qu’elle se dirigeait vers l’effondrement à la fin des années 1980, ce qui a conduit à la prolifération de noms juifs parmi sa classe d’oligarques ?

« Tous les oligarques ne sont pas juifs, bien sûr, pas la majorité, mais il y en a un nombre important », observe Mark Levin, le PDG de la Coalition Nationale de Soutien à la Communauté Juive Eurasienne, qui avait intégré en 1980, en tant qu’employé, l’organisation qui l’avait précédée, le Conseil National de la Communauté Juive Soviétique.. « Ils étaient au bon endroit au bon moment. »

Voici quelques-uns des facteurs qui ont fait qu’ils étaient au «bon endroit au bon moment».

Vous pouvez rentrer au pays

Beaucoup de juifs soviétiques avaient quitté le pays parce que le sectarisme et les politiques répressives soviétiques les empêchaient, entre autres indignités, d’obtenir des emplois dans leurs professions préférées [je serais curieux de savoir lesquelles, NdT]. Mais avec l’effondrement de l’URSS et avec les opportunités qui s’ouvrirent dans leur pays un certain nombre de ces jeunes émigrés ont tiré parti de la montée de l’entrepreneuriat, de la formation dont ils avaient bénéficié et des relations qu’ils avaient nouées dans leurs nouveaux pays, aux États-Unis, Grande-Bretagne et en Israël.

À la fin des années 1980, quand ils ont appris que la politique de glasnost [transparence] libéralisait les marchés, un certain nombre d’entre eux sont retournés dans leur patrie à la recherche d’opportunités, armés de connaissances et de relations fortunées dans leurs nouveaux pays. Ils étaient sur place après 1991, lorsque la Russie et ses anciennes républiques ont tout privatisé au pas de charge, des mines jusqu’aux médias.

« Je connais des gens qui avaient quitté l’Union Soviétique, elle a implosé, ils sont revenus, ils avaient des amis et des connaissances qui leur disaient qu’il y avait de grandes opportunités », explique Levin. « Il y avait des gens du monde des affaires qui étaient en partenariat avec des gens en Russie et dans d’autres pays parce qu’ils avaient les connexions nécessaires pour conclure des transactions. »

Réseaux

Les Juifs qui étaient restés en Union Soviétique étaient restés en contact avec les amis et les membres de la famille qui connaissaient la réussite à l’étranger et étaient en mesure de faire appel à eux pour des opportunités d’investissements.

« Les Juifs de l’ex-URSS disposaient d’un réseau opérationnel de contacts de confiance aux Etats-Unis et en Israël avec qui ils pouvaient faire des affaires », déclare Oliver Bullough, essayiste et journaliste britannique expert en histoire et politique russes. « C’était plus difficile pour les Russes qui n’avaient pas de contacts à l’étranger d’y parvenir. Cela aussi, à mon avis, explique pourquoi les anciens du KGB se sont bien débrouillés du fait qu’ils avaient un réseau d’anciens espions dans d’autres pays. « 

La Glasnost a ouvert les portes

La Glasnost, ou ouverture, instituée par Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant soviétique, incluait l’ouverture d’emplois dans la haute administration à des minorités jusque-là marginalisées. Cela a accéléré l’entrée des Juifs dans les niveaux élevés de la bureaucratie au moment même où il était opportun d’être en mesure de savoir quel secteur allait être privatisé et quelles entreprises publiques étaient sur le point d’être démantelées.

Un facteur facilitant fut que, contrairement aux régimes communistes d’Europe de l’Est, en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques, les élites restèrent en place – seule l’idéologie du communisme était abandonnée.

« La Russie et la plupart des Etats successeurs de l’Union soviétique sont passés par une transformation très différente de celle des anciens pays communistes européens », dit-il. « Pour l’essentiel, l’élite au pouvoir n’avait pas changé. »

De plus, les mêmes professions auxquelles [lesquelles?] les Juifs avaient été confinés sous l’ancien régime soviétique étaient celles qui se révélaient utiles dans la nouvelle économie. Les Juifs, affirme Levin, étaient plus susceptibles d’être des entrepreneurs.

« Des Juifs ont aidé à faire la transition d’une économie dirigée vers une économie de marché », dit-il.

L’essayiste Michael Wolff, dressant le profil de l’entrepreneur de la high-tech Yuri Milner en 2011, écrivait, « Les Juifs en Russie soviétique, souvent tenus à l’écart des carrières dans la fonction publique, en sont venus à prospérer dale marché informel et le marché noir. Ils étaient par conséquent les seuls capitalistes en Russie quand le capitalisme a émergé. »

Bullough explique que les disciplines scientifiques qui acceptaient les Juifs sous l’ancien système étaient soudainement très demandées sous le nouveau système.

« Les juifs étaient souvent exclus du genre d’universités qui produisaient des diplomates, et par conséquent ils allaient plus vers les sciences pures, ce qui signifiait qu’il y avait un nombre disproportionné de mathématiciens juifs qui étaient capables de s’engager dans la nouvelle industrie bancaire ».

Mais qui sait vraiment

Surtout, dit Levin, c’était le chaos. Des pans énormes de l’économie étaient en jeu. À certains moments, il semblait n’y avoir aucune autorité de contrôle. Quand la poussière est retombée, la Russie était entrée dans l’ère des oligarques. « Au début, c’était comme Chicago dans les années 1920 », dit-il. Connie Bruck, établissant le profil de Blavatnik dans The New Yorker en 2014, a cité un nouvel adage russe: « Ne posez jamais de question sur le premier million ».

Voici quelques-uns des hommes d’affaires ayant des origines juives soviétiques qui ont été cités dans des reportages sur l’enquête Trump-Russie.

 Leonard Blavatnik, 60 ans

Côté oligarque : citoyen américain-britannique. Forbes l’inscrit comme le 48e homme le plus riche du monde. Access Industries, qu’il a fondé en 1986 alors qu’il était à la Harvard Business School, a explosé dans ses premières années grâce à des investissements dans le pétrole et l’uranium au moment de l’effondrement de l’Union soviétique. Il s’est depuis diversifié dans les médias lourds. (Blavatnik rejette le terme « oligarque », le jugeant péjoratif. « M. Blavatnik n’a aucune implication dans la politique russe ou dans le gouvernement russe, et, en fait, n’a jamais été un citoyen russe », a déclaré un porte-parole à la JTA. Le porte-parole a également souligné que Blavatnik ne figurait pas sur la liste des oligarques désignés par le Trésor américain (son partenaire de longue date, Viktor Vekselberg, par exemple, figure en bonne place sur la liste).

Côté Trump : Il a donné plus de 6 millions de dollars pendant la campagne électorale de 2016, pratiquement la totalité pour les républicains, après avoir longtemps donné des sommes relativement modestes aux deux partis politiques. En relation d’affaires de longue date avec Viktor Vekselberg, l’oligarque prétendument en relation à des paiements secrets à l’avocat de Trump Michael Cohen. Blavatnik a donné l’année dernière 12 700 $ au parti Républicain, qui en a utilisé une partie pour un fonds légal qui a contribué à payer les avocats de Trump dans l’enquête sur l’influence russe. (Le porte-parole de Blavatnik a déclaré que l’homme d’affaires ne savait pas que l’argent était destiné à ce fonds légal.)

Côté Juifs : Il a siégé au conseil d’administration de l’Université de Tel Aviv, au Centre for Jewish History et à la 92nd Street Y [un important centre socio-culturel newyorkais]. Sa fondation familiale finance une banque alimentaire et un entrepôt gérés par Colel Chabad à Kiryat Malachi en Israël, qui envoie chaque mois des de la nourriture à 5.000 familles pauvres dans 25 villes israéliennes. Il est ami avec Netanyahou et a été interrogé par la police dans le cadre de l’enquête sur les cadeaux que le premier ministre aurait reçus de riches bienfaiteurs. Il finance des bourses pour les soldats de l’armée.

Andrew Intrater, 55 ans

Cousin de Vekselberg, qui a un père juif mais ne se considère pas comme juif. Intrater, un citoyen américain, est le PDG de Columbus Nova, une société d’investissement avec des liens étroits avec Renova de Vekselberg. Une déclaration à la Commission des opérations de bourse de 2007 cite Intrater en tant que président du conseil d’administration de CableCom, un opérateur de télévision par câble de la région de Moscou

Côté Trump : Columbus Nova a transféré les paiements de Renova à Michael Cohen, l’avocat de Trump. Intrater a également fait don de 250 000 $ au comité inaugural de Trump.

Côté Juifs : Intrater, fils d’un survivant de l’Holocauste, a donné plus de 500 000 $ à la Fondation Shoah de l’Université de Californie du Sud et a fait un don au Comité de la Fondation Auschwitz-Birkenau. Le frère d’Intrater, Frederick, directeur de la modélisation pour Columbus Nova, a acheté un lot de noms de domaine en relation avec « l’alt-right » [droite alternative, extrême droite, NdT] à l’été 2016, quand le soutien venu d’extrême droite en faveur du candidat Trump augmentait.et que les campagnes pour inciter à aller voter s’intensifiaient. Frederick Intrater a dit avoir les achats [de noms de domaine] sans qu’Andrew en soit informé, et plus tard, il l’a regretté, laissant noms d’URL dépérir. « Conclure que je soutiens la suprématie blanche ou l’antisémitisme n’a pas de sens compte tenu de ce que j’ai décrit ci-dessus et aussi en tenant compte du fait que je suis un Juif et fils d’un survivant de l’Holocauste, » a déclaré Frederick Intrater.

Alexander Shustorovich, 52 ans

Côté oligarque : Shustorovich, un citoyen américain, s’est rendu à Moscou en 1989, un an après avoir été diplômé de Harvard, et est immédiatement devenu un acteur dans le domaine des médias, en lançant des publications scientifiques. Il a cherché en vain à faire entrer son entreprise, Pleiades Group, dans la transaction de 12 milliards de dollars pour la vente de combustible nucléaire soviétique aux États-Unis. Il est actuellement PDG d’IMG Artists, une société qui gère des talents de la musique classique et de la danse.

Côté Trump : Shustorovich a donné 1 million de dollars au comité inaugural de Trump. On notera que sa tentative de donner à la campagne de George W. Bush 250 000 $ en 2000 avait été rejetée en partie à cause de ses liens avec le gouvernement russe à l’époque.

Côté Juifs : Shustorovich est arrivé à New York à l’âge de 11 ans en 1977 avec sa famille, qui n’avait pas assez d’argent pour acheter de la nourriture. Son père, Evgeny, avait quitté son travail de chimiste en Russie en raison des espoirs qu’il plaçait dans d’émigration et avait rejoint Kodak à Rochester, NY et il avait rapidement gravi les échelons dans son domaine. En 1986-1987, Evgeny Shustorovich était l’un des visages du mouvement juif soviétique, car il devint un fervent défenseur du droit de son frère – également nommé Alexander – à émigrer de l’ex-Union soviétique.

Simon Kukes, 72 ans

Côté oligarque : Kukes, un citoyen américain, a quitté l’Union soviétique en 1977, s’installant dans la région de Houston. Chimiste, il a exercé un certain temps à l’université puis a travaillé dans l’industrie pétrolière du Texas. Il est retourné en Russie et est devenu un dirigeant dans l’industrie pétrolière post-soviétique là-bas. En 2003, il a pris la tête de la compagnie pétrolière Ioukos après qu’un autre oligarque juif, Mikhaïl Khodorkovski, a été emprisonné par le dirigeant russe Vladimir Poutine pour évasion fiscale et vol – mais surtout, selon la plupart des observateurs, pour avoir financé des partis d’opposition.

En 2003, The Guardian a découvert des documents de la CIA liant Kukes à des dessous de table, accusations qu’il a démenties. Kukes était président de TNK, une autre compagnie pétrolière, dont les principaux actionnaires étaient Blavatnik et Vekselberg. En 2012, alors qu’il dirigeait la branche russe de la compagnie pétrolière Hess, Forbes a rapporté que l’ancien chauffeur de Kukes, qui avait gravi les échelons, était un patron de la mafia russe. L’homme a nié les accusations, mais Kukes l’a écarté de la compagnie. L’année dernière, Kukes était PDG de Nafta, une société américaine de conseil pour les investisseurs dans le secteur de l’énergie en Russie. Le site web de Nafta a depuis été nettoyé.

Côté Trump : Sans antécédent de dons importants au parti Républicain, Kukes a soudainement injecté 285 000 $ dans la campagne électorale de Trump – en grande partie après juin 2016, lorsque l’intérêt russe pour l’éventualité d’une présidence de Trump s’est intensifié.

Côté Juifs : Kukes n’a pas de liens formels apparents avec la communauté juive organisée, bien qu’il dise aux interviewers qu’il a quitté l’ex-Union soviétique parce qu’il était juif. En 2015, il a pris une participation de 12,5 % dans Leverate, une société fondée en Israël qui développe des logiciels de courtage

Yuri Milner, 56 ans

Côté oligarque : Milner n’a jamais fui l’Union soviétique – ses parents vivent encore à Moscou. Il a été le premier non-émigré de l’Union soviétique à fréquenter l’école de commerce de Wharton [à Philadelphie] et a été pendant des années engagé dans les activités bancaires russes avant d’entrer dans le domaine de la technologie. Il est connu comme un investisseur de la Silicon Valley, propriétaire de l’une des maisons les plus luxueuses de Los Altos Hills, estimée en 2011 à 100 millions de dollars. L’année dernière, il a été révélé à travers des documents divulgués que le gouvernement russe avait financé des prises de participations importantes dans Twitter et Facebook qui furent détenues pendant un certain temps par sa société, DST Global.

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Mark Zuckerberg et Yuri Milner

En 2013, Milner a rejoint Mark Zuckerberg de Facebook, Sergey Brin de Google et Anne Wojcicki de 23andme dans la création du prix Breakthrough doté de plusieurs millions de dollars pour les scientifiques.

Côté Trump : Après les révélations de l’année dernière, Milner a tourné en dérision l’idée que la Russie investissait dans les médias sociaux pour influencer les élections, soulignant qu’il n’avait jamais cherché à siéger au conseil d’administration des entreprises dans lesquelles il investissait. En 2015, Milner a investi 850 000 dollars dans Cadre, une startup immobilière lancée par Jared Kushner, le gendre de Trump, et Josh, le frère de Kushner. Milner a indiqué qu’il avait rencontré Jared Kushner une seule fois. La participation de Kushner dans Cadre était l’un des nombreuses participations qu’il avait initialement omis de déclarer lorsqu’il est devenu un conseiller de son beau-père.

Côté Juifs : Milner fréquente une synagogue quand il est à Moscou. A un moment donné, il semble avoir acquis la citoyenneté israélienne. Parlant avec Forbes en 2017 après que le magazine l’ait nommé l’un des 100 «plus grands génies des affaires vivants», Milner a déclaré qu’il était «touché et honoré» d’être «le seul citoyen russe ou israélien sur la liste».

 

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