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Le nouveau chef de l’OTAN est-il un homosexuel rouquin ou un chasseur de louves?

13 mai 2013

On apprend que 

Le général américain Philip Breedlove est entré aujourd’hui en fonction au poste de Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), remplaçant l’amiral James Stavridis, qui occupait ce poste depuis le 2 juillet 2009.

Il va sans dire que c’est une fonction d’une grande importance qui fait de lui, entre autres, le responsable des opérations militaires en Afghanistan.

On nous signale qu’il est le 17ème officier Américain à occuper ce ports inauguré en 1951 par personne d’autre que Dwight Eisenhower!

J’ignore ce que signifie le nom Eisenhower – tout au plus suis-je arrivé à savoir que « eisen » est le mot allemand qui signifie le fer. Impossible par contre de trouver ce que signifie hower.

Par contre, j’ai tout de suite été frappé par le nom de Breedlove.

En effet, tout le monde sait ce que signifie le mot « love » tandis que « breed » est un mot moins familier.

« Breed » est un substantif qui signifie « race » ou « lignée ».

Le verbe « breed » signifie quant à lui « élever » [des animaux ou des enfants], « accoupler » [des animaux], « engendrer », « procréer ».

En argot anglais, la « breed-box » désigne le vagin.

Mais qu’en est-il de « breedlove »?

On ne trouve pas ce composé dans l’anglais standard, mais il existe sous cette forme exacte en argot et il a deux significations:

– la première est celle d’une boisson alcoolisée consommée en matinée.

– la deuxième est celle d’un homosexuel [gay] rouquin et blanc [redneck] de Géorgie plein de pellicules.

Un nom donc un peu lourd à porter pour quelqu’un qui occupe de si hautes fonctions militaires et politiques.

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Je ne suis pas « gay » (et pas gai non plus)

Bon, mais le nom Breedlove a en réalité une étymologie bien différente. On apprend ainsi que la partie « love » de ce nom ne renvoie pas au mot anglais qui veut dire « amour » mais à l’ancien anglais-français [c.à.d certainement le normand] « love » ou « louve », le canidé donc.

Et « breed » n’a pas de rapport avec le vocabulaire de la reproduction mais avec le mot français « bride ».

Breedlove renvoie donc à un homme ou à une famille dont l’activité consistait à capturer les loups en les maintenant avec une bride!

Un nom déjà martial finalement.

 

L’axe anti-syrien Riyad – Ankara – Tel Aviv

31 mars 2013

Un bruit circule sur Facebook selon lequel Bachar al-Assad aurait été tué. Ce n’est pas la première fois, mais on verra si c’est vrai et, dans cette dernière hypothèse, on verra si la mort du président Syrien suffira à ramener la paix en Syrie et dans quelles conditions.

En attendant, on peut dire que la crise syrienne agit comme un révélateur du positionnement des uns et des autres vis-à-vis de l’entité sioniste.

La Syrie est en effet, on a trop souvent tendance à l’oublier, le dernier pays du «champ de bataille» contre le régime sioniste avec le Liban.

Parce que ceux qui fustigent (j’ai dû moi-même le faire, mea culpa) ce pays pour son inaction ou sa faiblesse devant les agissements sionistes omettent de rappeler que la Syrie est bien seule et que d’autres pays de la région ont par contre des relations diplomatiques avec l’Etat voyou.

Et que la Syrie a été, et reste, un soutien important du Hezbollah et que, récemment encore, Damas accueillait la direction du Hamas palestinien, une organisation qui lui a tourné le dos, cédant aux dollars agités par le Qatar.

Il y a d’autres aspects à évoquer sur la question de la place de la Syrie dans la résistance au régime sioniste, mais ce n’est pas l’objet de ce post.

Je voudrais plutôt aborder la nouvelle alliance qui s’est formée sur le dos de la Syrie entre l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’entité sioniste.

Cette alliance est clairement présentée, au moins dans ses perspectives, par Ceylan Ozbudak, une commentatrice politique turque qui écrit dans un journal saoudien, The Saudi Gazette, propriété de la famille royale un peu comme tout ce qui respire en Arabie. Ceylan Ozbudak collabore également avec un journal de l’entité sioniste.

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Ceylon Ozbudak: Mon débardeur a fait fureur à Riyad

Le scénario proposé par cette journaliste semble un peu fantastique pour ne pas dire fantasque, mais ce qui importe en réalité c’est que de telles thèses puissent être publiées dans un organe de presse chargé de présenter pour l’étranger la vision saoudienne des évènement politiques dans la région.

J'ai plein d'idées pour démocratiser l'Arabie Saoudite

J’ai plein d’idées pour démocratiser l’Arabie Saoudite

Et que ce journal n’hésite pas à publier un article qui appelle ouvertement à une action militaire du régime sioniste en Syrie.

Israël peut-il aider au renversement d’Assad?

Par Ceylan Ozbudak, The Saoudi Gazette, 31 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Depuis deux ans, le monde regarde la Syrie saigner et espère que la communauté international puisse s’entendre pour agir et restaurer l’ordre dans ce pays. En mars 2012, Kofi Annan avait proposé un plan en six points qui était tombé à plat. Depuis, une action militaire unifiée est restée un espoir déçu et l’effusion de sang a continué.

Ce mardi 27 mars 2013, les 22 nations de  la Ligue Arabe ont adopté une résolution autorisant la livraison d’armes aux forces rebelles mais il n’existe cependant pas de plan d’action concertée et les divisions internes paralysent la Ligue.

Le même jour, l’OTAN rejetait une requête du dirigeant rebelle Syrien Moaz Al-Khatib pour que les missiles Patriot abattent des avions syriens. Les Etats Unis surcompensent leurs erreurs en Irak et en Afghanistan et,  sans leur consentement, il y a peu de chances que les «lions» de l’Europe arment l’opposition. Si les rebelles n’ont pas assez d’armes, le forces d’Assad continueront à avoir la supériorité militaire, à tuer encore des Syriens et à prolonger la guerre civile.

Et donc les combats continuent: alors qu’un million de Syriens dans leurs abris de fortune cherchent de la nourriture dans tout le Moyen Orient, le Comité International de Secours signale que les camps frontaliers au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Irak sont bondés avec plus de 650 000 réfugiés, en majorité des femmes et des enfants. L’ONU estime par ailleurs à 70 000 le nombre de tués depuis le début des hostilités en avril 2011.

Le guerre brutale menée par Assad a destabilize un gouvernement au Liban; provoqué la venue de forces spéciales iraniennes en Syrie, isolé le gouvernement irakien de ses concitoyens Sunnites, oblige Israël à pénétrer en territoire syrien sur les hauteurs du Golan, et envoyé des réfugiés en Turquie, en Jordanie, en Irak et au Liban. L’ensemble de la région est affectée par la guerre menée par Assad, et nous avons tous le devoir moral et politique d’agir pour extirper de parmi nous ce seigneur de la guerre [warlord]. Le message est clair : c’est un problème pour tout le Moyen Orient.

Les excuses présentées récemment au peuple turc par le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou pour l’incident du Mavi Marmara en 2010 sont le signe d’une amélioration des relations entre nos deux pays. Jérusalem va certainement respecter la promesse de Netabyahou d’une indemnisation des familles des victimes turques et il est sûr que si tel est le cas, les relations israélo-turques vont connaître une renaissance. Etant les deux principales puissances économiques et militaires de la région, ces pays devraient œuvrer ensemble pour faire cesser le soutien russe à Assad. Erdogan avait déjà proposé aux Russes une base navale sur la côte turque et cette proposition, associée à des garanties qu’une Syrie post-Assad ne signifierait pas la fin de l’accès et de l’influence russe en Syrie, pourrait bien éloigner la Russie d’Assad. Maintenir les Etats Unis à l’écart de cette opération contribue aussi à garantir à Poutine que la Syrie ne deviendra pas la Libye : un Etat client des USA.

Un engagement conjoint de la Turquie, de la Russie et d’Israël à cette étape du conflit a des avantages politiques évidents : premièrement, étant donné que l’opposition syrienne est basée en Turquie, il est commode pour Ankara de négocier un accord entre les rebelles et la Russie pour faire en sorte que les inquiétudes de Moscou pour les minorités chrétienne et alaouite soient entièrement dissipées. Si cela signifie que les forces armées russes souhaitent mettre en place des « zones sécurisées» pendant une période de transition, cela doit être sérieusement considéré. En bref, les conséquences du renversement d’Assad ne doivent pas être négligées. Mais les craintes pour le lendemain [de la chute d’Assad] ne doivent pas nous empêcher de trouver des réponses créatives pour stopper les massacres d’aujourd’hui.

Deuxièmement, sauf si la Turquie et Israël travaillent ensemble pour arrêter la tuerie en Syrie et s’impliquent plus à ce stade, les djihadistes continueront à se renforcer. Tandis que le monde regarde les Syriens se faire massacrer par les forces d’Assad, les djihadistes viennent en Syrie pour prendre le rôle dominant dans une Syrie nouvelle. La Turquie, Israël et d’autres nations ne peuvent pas le permettre. La Syrie ne doit pas devenir un nouvel Afghanistan.

Les éléments qui s’opposent à Assad affrontent des troupes disciplines disposant de matériel militaire sophistiqué. Deux ans de guérilla ne lui ont pas fait perdre son emprise sur la population syrienne. Si les rebelles Syriens veulent un espoir raisonnable de victoire, il leur faudra des armes sophistiquées et un appui aérien. Si personne ne fournit ces deux éléments, il en résultera une ou deux conséquences : soit les rebelles échoueront et Assad maintiendra son régime assassin, ou les rebelles recevront une aide venue d’ailleurs. Dans cette dernière éventualité, ni la Turquie, ni Israël n’auront le droit de se plaindre si les extrémistes sont présents dans le scénario et tirent avantage des désordres dans le pays.

Les Etats Unis et l’Union Europenne n’agiront pas. Ils ne sont pas menacés aussi directement que nous le sommes dans la région. Malgré ses défauts, Israël dispose de la supériorité aérienne pour neutraliser les forces aériennes d’Assad. A lui seul, ce facteur ferait beaucoup pour faire pencher la balance en faveur des civils Syriens qui sont bombardés par leur propre gouvernement.

Assad et sa  famille doivent avoir une porte de sortie vers l’exil. Après toute la violence dont il a fait preuve, il serait beaucoup plus avantageux de lui offrir un asile sûr plutôt que de l’obliger à choisir entre continuer da campagne de destruction ou risquer de finir comme Kadhafi et Moubarak. Mais une Syrie nouvelle ne pourra pas résoudre ses problèmes toute seule. La Syrie et les Syriens auront besoin de leurs voisins pour aider à mettre fin au conflit et à créer une Syrie pluraliste et démocratique. Combien de vies supplémentaires doivent être perdues avant que nous mettions de côté nos divisions et agissions de manière concertée pour le peuple syrien ?

 — Ceylan Ozbudak est une journaliste politique et présentatrice de télévision turque et elle est directrice de Building Bridges, une ONG sise à Istanbul

Afghanistan, Irak, Libye, Syrie: responsabilité de protéger ou droit de semer la mort et la désolation

13 mars 2013

Vijay Prashad nous parle des prétendues guerres humanitaires que livre ou entend livrer l’Occident.

Son article traite essentiellement de la Libye, exemple type d’une guerre meurtrière au prétexte de protéger une population qui avait déjà, affirmait la propagande, subi de lourdes pertes au moment où la décision d’intervenir avait été prise.

Mais il est clair que ce qu’écrit Vishay Prashad est parfaitement valable pour la situation actuelle en Syrie.

Le mythe des grands nombres

Par Vijay Prashad, The Hindu (Inde) 12 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les Etats-Unis utilisent souvent des chiffres de victimes civiles exagérés pour plaider en faveur d’une intervention militaire dans les régions déchirées par des conflits

Depuis les années 1990, l’Occident a justifié ses interventions militaires par des motivations généreuses – pour destituer des dirigeants néfastes qui oppriment leur peuple ou qui ont commencé à pratiquer des politiques qui semblent génocidaire. Porté par l’intervention en Yougoslavie et mortifié par les massacres au Rwanda, l’Occident a incité en 2005 les Nations Unies à adopter une politique connue sous le nom de Responsabilité de Protéger (R2P). Si l’ONU établit qu’un génocide est imminent, elle a l’obligation de demander à ses Etats membres d’agir pour protéger les civils contre un tel danger. Les actions prévues comportent notamment « des démarches diplomatiques, humanitaires appropriées et d’autres moyens pacifiques » qui sont conformes avec  les chapitres VI et VIII de la Charte des Nations Unies. Si ces mesures ne suffisent pas, l’ONU est enjointe d’agir sur la base du Chapitre VII, à savoir d’utiliser la force militaire. La R2P  a consacré la doctrine de l’intervention militaire altruiste [liberal] dans les principes de l’ONU.

Il ya un an, l’ambassadeur Indien à l’ONU, Hardeep Singh Puri, a fait une critique vigoureuse de la doctrine de la  R2P. L’ambassadeur Puri a souligné que l’ONU utilise la doctrine R2P de manière «sélective», et que quand l’ONU choisit d’intervenir dans un conflit, la phase armée est immédiate plutôt que «calibrée et progressive». La sélectivité est en fonction de ceux qui continuent à exercer leur pouvoir à travers les organes de l’ONU – c’est-à-dire que c’est l’Occident qui établit l’ordre du jour pour l’utilisation de la doctrine R2P.

L’ambassadeur Puri avait la Libye en tête à l’époque où il avait formulé ces observations. Le conflit en Libye a commencé en Février 2011. En une semaine, Ibrahim Dabbashi, le représentant adjoint de la Libye à l’ONU, avait fait défection pour rallier la rébellion et il était devant les caméras de télévision e 21 Février 2011.

“Nous nous attendons à un véritable génocide à Tripoli.” Deux jours plus tard, la télévision satellitaire Al-Arabiya, propriété de membres de la famille royale saoudienne, commençais à diffuser des informations selon lesquelles 50 000 personnes avaient été blessées et 10 000 tuées – toutes en l’espace d’une semaine, le régime Kadhafi assumant la part du lion dans la responsabilité des massacres.

La source de ces informations était Sayed al-Shanuka, le représentant de la Libye à la Cour Pénale Internationale, qui avait fait défection en faveur de la rébellion. Le britannique David Cameron et le Français Nicolas Sarkozy avaient commencé à appeler à une «zone d’exclusion aérienne» et à une certaine forme d’intervention militaire. La question de la R2P avait déjà été soulevée. Le président américain Barack Obama avait suivi, la Ligue arabe (sous la pression saoudienne) s’était alignée, l’ONU avait voté pour une intervention et les bombardiers français et les missiles de croisière américains avaient frappé. Quelques mois plus tard, le cadavre de Kadhafi était exposé dans les rues de Syrte.

Le problème est que, même en Février 2011, Human Rights Watch n’était pas été en mesure de confirmer plus que quelques centaines de morts. Néanmoins, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, avait commencé à parler d’«informations de la presse » sur l’utilisation d’hélicoptères par les autorités libyennes pour tuer un grand nombre de civils.

Le Secrétaire Américain à la Défense Robert Gates, et le président du commandement interarmes Mike Mullen avaient également parlé d’ »informations de la presse », mais quand il s avaient été mis en demeure de corroborer les informations des chaînes  satellitaires en s’appuyant sur tout l’arsenal des services de renseignement américains, ils avaient déclaré: «. Nous n’avons aucune confirmation » Une telle hésitation n’avait pas dissuadé les représentants qui siègent autour de la table en fer à cheval à New York de lever la main pour  voter oui à la résolution 1973, qui a permis à l’OTAN d’intervenir militairement en Libye.

 Tout le poids de la justification de la Résolution 1973 de l’ONU reposait sur ​​l’allégation de « lourdes pertes civiles ». On a aujourd’hui des informations provenant du ministère libyen des affaires des martyrs et des personnes disparues affaires selon lesquelles le nombre total des rebelles et des civils tués au cours du conflit de 2011 s’élève à 4,700 auxquels s’ajoutent 2.100 personnes disparues. Ce nombre ne comprend pas les morts parmi les troupes de Kadhafi (et probablement pas les victimes dans les bastions de Kadhafi, comme Syrte). Miftah Duwadi, N°2 de ce ministère, a déclaré au Libyan Herald du 7 Janvier que ce n’est pas encore un « chiffre exact », mais que c’est ce qu’ils ont pour le moment. Il est probable que les chiffres définitifs ne seront pas bien loin des chiffres provisoires.

Ces données de l’actuel gouvernement libyen contredisent en tout point les reportages d’Al-Arabiya et, bien sûr, les informations du Conseil National de Transition, qui avait affirmé constamment que des dizaines de milliers de civils avaient été tués par le régime de Kadhafi dès le premier mois de l’insurrection. Il semble maintenant que tel n’était pas le cas, et en effet, les chiffres n’ont rein à voir avec ceux d’un génocide. C’est un avertissement pour ceux qui acceptent sans mot dire ce qui leur vient de médias, qui ont des intérêts particuliers quant à l’issue des conflits. Il soulève également la question de savoir comment l’ONU arrive à certains de ses chiffres.

Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU avait aussi fait des affirmations sur des crimes contre l’humanité en février et en mars 2011. Il s’avère maintenant que la société privée qu’il avait engagée pour collecter, mais pas pour évaluer, les chiffres des victimes, est Benetech qui est financée en partie par le Département US de la Défense. Non seulement Benetech ne procède pas à une évaluation critique des chiffres qu’elle claironne, mais ses propres intérêts ne sont peut-être pas aussi scientifiques qu’elle le prétend.

 L’ONU a refusé d’ordonner une évaluation de l’intervention de l’OTAN sur la base d’informations sur les  victimes civiles de ses bombardements (comme je l’avais indiqué dans « Quand le Protecteur se mue en Tueur», The Hindu , 11 Juin, 2012). Rien n’indique que l’ONU envisage une évaluation de la manière dont sa doctrine R2P a été subornée pour créer une résolution de l’ONU afin de justifier l’intervention de l’OTAN, particulièrement à la lumière des récentes données chiffrées libyennes.

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Vijay Prashad

Vijay Prashad est professeur d’université à Hartford dans le Connecticut (USA). En 2013-2014, il occupera la chaire Edward Saïd à l’Université Américaine de Beyrouth.  Il est l’auteur entre autres d’Arab Spring, Libyan Winter (New Delhi: LeftWord, 2012)

L’OTAN n’est pas plus populaire en Sicile qu’en Turquie

1 février 2013

La Sicile bloque la construction d’une base militaires américaine de télécommunications par satellite

Gazetta del Sud (Italie) 11 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les manifestants se heurtent à la police alors que la construction s’accélère

Sicily blocks construction of US defense satellite base

Palerme, 11 janvier – Ce vendredi, la région de Sicile s’est mobilisée pour suspendre le projet de construction par l’armée américaine d’un système de télécommunications par satellite sur l’île italienne après le blocage des équipes de construction par des militants.

L’action, annoncée par la gouverneure de Sicile Rosario Crocette, est intervenue après que des manifestants ont bloqué des camions et des grues pendant la nuit dans la ville de Niscemi avant de se heurter à la police près d’une base militaire américaine.

Les équipes de construction du site, qui fait partie d’un réseau mondial de satellites de défense appelé Mobile User Objective System (MUOS), aurait accéléré les travaux ces derniers jours, selon la gouverneure de Sicile. « Le gouvernement régional a trouvé cette précipitation soudaine pour achever le projet vraiment extraordinaire, » a déclaré Crocetta. Les opposants au projet affirment qu’il sera nuisible pour l’environnement et qu’il menace la paix dans le monde. D’autres bases intégrées dans le MUOS se trouvent en Australie, à Hawaï et en Virginie.

Les patriotes Turcs contre les Patriots américains

23 janvier 2013

Sur le conseil avisé des Etats Unis, le gouvernement turc a sollicité le déploiement par l’OTAN  de missiles Patriot sur son sol.

Officiellement pour être en mesure de contrer des attaques aériennes venues de Syrie. Un prétexte qui serait risible si le contexte était différent.

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Le Patriot est un système antiaérien de longue portée capable d’intercepter des missiles balistiques

Et si ce déploiement est fort mal accueilli  par les autorités syriennes, mais aussi iraniennes et russes, il n’est pas non plus du goût d’une partie non négligeable de la population turque qui n’hésite pas à faire part de son mécontentement.

Elle le fait par des manifestations organisées à l’initiative de partis de gauche ou …islamistes ! 

On peut ainsi lire dans The National, un journal des Emirats Arabes Unis :

“En tant que Musulmans Turcs, nous sommes contre les soldats étrangers,” a déclaré cette semaine Mustafa Tuten, président de la section locale du Parti de la Félicité de cette ville [Kahramamaras] du sud-est de l’Anatolie, lors d’une rencontre avec des électeurs au siège du parti.

Il a affirmé que les troupes étrangères devaient faire profil bas à Kahramanmaras pour éviter une réaction hostile.

L’arrivée des soldats de l’OTAN en Turquie a suscité des manifestations chez les militants islamistes et gauchistes. Certaines des critiques se nourrissent d’une méfiance à l’égard de l’Occident en général et des Etats Unis en particulier, et certaines de souvenirs de l’intervention étrangère après la première guerre mondiale.

Et puis il y a un refus qui relève du sens commun :

“S’ils mettent leurs missiles ici, ça veut dire que ce sera le premier endroit qui sera attaque, non?” déclare Alaatin Namli, un commerçant.

Et on se demande aussi s’il y a

«une guerre de la Syrie contre la Turquie ? Non, il n’y en a pas, » affirme Malik Ecder Kirecci, qui gère un kiosque près de la caserne où sont hébergés les Allemands. «Ces missiles sont pour Israël et contre l’Iran.»

On nous dit un peu plus loin que l’Union de la Jeunesse Turque a commandé plusieurs centaines de sacs pour les mettre sur la tête de chaque soldat Américain rencontré.

Et les militants de cette organisation sont passés à l’acte, ainsi que le rapporte la radio iranienne IRIB mais aussi le journal turc Hürriyet

 

Des soldats Allemands agressés pendant une manifestation contre les missiles Patriot

Hürriyet (Turquie) 22 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des soldats Allemands stationnés [en Turquie] dans la cadre de la mission de l’OTAN de déploiement de systèmes de défense anti-aérienne Patriot dans le port méditerranéen d’Iskenderun dans la province du Hatay, ont été attaqués par un groupe de militants Turcs. Ces Membres de l’Union de la Jeunesse Turque (TGB) affiliée au Parti des Travailleurs de Turquie, ont essayé de mettre des sacs sur la tête des soldats alors qu’ils étaient en permission et en tenue civile dans le centre ville d’Iskenderun.

Les informations sur le nombre de soldats concernés par l’incident sont contradictoires. Selon l’agence de presse Anatolia, deux soldats ont été attaqués alors que l’agence de presse Dogan indique que six soldats, dont une femme, ont été visés.

Les soldats se sont réfugiés dans une bijouterie après avoir eu une altercation avec les militants. 26 militants, dont İlker Yücel, le président de TGB, ont été arrêtés momentanément par la police. Le bureau du procureur d’Iskenderun a indiqué que 14 suspects ont été placés en détention et que 28 ont été inculpés pour tentative volontaire de causer un préjudice, rapportent les agences.

La première livraison de batteries de missiles Patriot est arrive à Iskenderun lundi. Le système de défense anti-aérienne sera manipulé par une unité hollandaise constituée de 270 soldats et une unité de 240 soldats Allemands. Ces systèmes vont être déployés en Turquie dans la cadre de la décision de l’OTAN de soutenir la défense aérienne de la Turquie conte la menace de missiles syriens.

Antiaméricanisme en Turquie, suite

13 janvier 2013

J’avais illustré un post précédent sur l’antiaméricanisme en Turquie d’un petit article sur des dégradations dans une mosquée attribuée par la presse locale à des soldats Américains. Des allégations démenties par le commandement de l’armée turque.

Un démenti qui n’a cependant  pas suffi à la justice qui vient de décider d’ouvrir une enquête dans la base de l’OTAN d’Incirlik.

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La ville d’Incirlik et sa base aérienne

Parce que contrairement à ce qu’on comprenait à la lecture du premier article, la mosquée concernée se trouve dans la ville d’Incirlik où se trouve une base de l’OTAN et non dans celle d’Adana.

Lancement d’une enquête suite aux informations sur l’attaque contre une mosquée dans une base de l’OTAN

Hürriyet (Turquie) 13 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le ministère public a ouvert une enquête officielle sur l’attaque contre une mosquée à la base aérienne d’Incirlik dans la province méridionale d’Adana, suite à des allégations selon lesquelles l’attaque avait été perpétrée par des soldats Américains, a rapporté l’agence Dogan News Agency.

Dans le cadre de l’enquête, des informations seront demandées aux généraux Turcs et Américains  ainsi qu’à d’autres autorités compétentes, indique l’agence.

La presse locale d’Adana avait auparavant relaté qu’un certain nombre de soldats de la base d’Incirlik étaient entrés dans la mosquée pendant la nuit de la Saint-Sylvestre, avaient détruit son minbar [chaire] et des fenêtres ainsi qu’un Coran. Des allégations démenties par la suite par le chef d’état major de l’armée turque.

Des fenêtres de la sale de prière ont été brisées par des inconnus et il y a eu quelques autres dégâts mineurs, avait affirmé le chef d’état major dans une déclaration écrite publiée le 10 janvier.

Armes chimiques syriennes et puissance de la propagande américaine

5 décembre 2012

En rentrant chez moi, tard dans la soirée d’hier, j’écoutais distraitement le journal télévisé de France 3 que ma femme était en train de regarder.

Il était question d’armes chimiques que l’armée syrienne s’affairait à préparer en mélangeant les deux substances dont la combinaison produit un gaz neurotoxique, d’où l’appellation d’arme binaire.

On nous disait aussi que le président Barack Obama et sa meute de roquets avaient sévèrement mis en garde les autorités syriennes contre l’utilisation de cet armement chimique contre la population de leur pays.

Je n’étais déjà pas franchement de bonne humeur mais j’ai senti comme une vague désespérance m’envahir avec cette question lancinante : les journalistes de France 3 sont-ils tout simplement bêtes où sont-ils consciemment complices de l’entreprise américaine de désinformation ?

Je vous assure que ceci est un puissant hypnotique produit par l'armée de Saddam Hussein

Je vous assure que ceci est un puissant hypnotique produit par les savants fous de Saddam Hussein

Moon of Alabama nous propose un bon petit papier sur cette nouvelle manoeuvre propagandiste du régime de Washington et de ses caniches de l’OTAN.

Faudrait peut-être le signaler aux journalistes de France 3

Ce serait peut-être aussi le 8ème élément qu’on pourrait ajouter en tête des 7 prétendues choses à savoir sur la menace des armes chimiques syriennes d’après le magazine L’Express.

Les affirmations de Wired sur les armes de destruction massive syriennes sont mensongères

Par MoA (USA) 3 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Wired’s Danger Room propose un étrange article en exclusivité sur de supposées armes chimiques syriennes.

Les techniciens qui travaillent pour le régime d’Assad en Syrie ont commence à combiner les deux précurseurs chimiques nécessaires pour armer les charges militaires au gaz sarin, a déclaré à Danger Room un officiel américain au courant du dossier. Les observateurs internationaux sont aujourd’hui plus préoccupés que jamais par l’utilisation éventuelle par le gouvernement de Damas de son stock d’agents neurotoxiques pour massacrer sa propre population.

    …

Le gaz sarin comporte deux constituants chimiques principaux – l’isopropanol, ou alcool à brûler, et le methylphosphonyl difluoride. Le gouvernement syrien dispose de 500 tonnes de ces précurseurs qu’il stocke d’ordinaire séparément sous une forme dite «binaire» afin d’éviter une fuite accidentelle de gaz neurotoxique.

La semaine dernière, les choses ont changé. L’armée syrienne a commencé à combiner une partie de ces précurseurs binaires. «Ils ne l’ont pas fait sur l’ensemble de leur arsenal mais juste pour une petite quantité,» affirme l’officiel. «Nous n’avons pas de certitudes sur leurs intentions.»

Du fait apparemment de leur ignorance, les gens de Danger Room tombent dans le panneau de chaque stupide propagande du genre Un pays arabe va bientôt utiliser des armes de destruction massive.» Faut-il rappeler des affirmations semblables faites par des «officiels américains» il y a une dizaine d’années et qui se sont avérées mensongères ?

Dans ce cas précis, nous pouvons être certains que les affirmations sont mensongères. Personne en Syrie n’est en train de combiner des précurseurs binaires.

Il suffit de savoir comment les armes chimiques binaires fonctionnent réellement:

Les armes ou munitions chimiques binaires sont des armes chimiques dans lesquelles l’agent toxique n’est pas contenu à l’état actif dans l’arme, mais sous la forme de deux précurseurs chimiques physiquement séparés à l’intérieur de l’arme. Les précurseurs sont conçus pour être significativement moins toxiques que l’agent qui résulte de leur mélange, ce qui permet de stocker et transporter l’arme avec une plus grande sécurité. La sécurité apportée par les armes chimiques binaires est particulièrement importante pour les personnes qui résident  près des dépôts de munitions.

La réaction chimique a lieu quand l’arme est en vol. Le fait de tirer la munition provoque la rupture des capsules. Les rotations rapides de la munition pendant sa trajectoire mélangent entièrement les deux précurseurs qui entrent en interaction. Pour finir, une charge explosive vaporise et diffuse l’agent chimique.

L’armée syrienne n’a donc pas besoin de combiner les substances pour remplir les charges militaires parce que les précurseurs sont déjà stockés dans les munitions quand les obus ou les bombes pour l’aviation sont livrées aux unités qui sont supposées les utiliser. Les précurseurs sont stockés dans deux chambres séparées dans chaque munition qui peut ainsi être transportée et stockée en sécurité. Seul le tir de la munition ou le largage de la bombe provoquera la combinaison des précurseurs binaires.

Ce que l’officiel américain anonyme prétend n’est pas en train de se produire en Syrie. Si ceux qui écrivent dans Wired, Noah Shachtman et Spencer Ackerman (de fervents partisans d’Israël avant tout, fait-il constater), avaient un minimum de connaissances de la technologie de l’armement, ils ne seraient pas tombés dans le panneau de la déclaration stupide faite par un officiel américain anonyme.

L’affirmation selon laquelle “le régime Assad en Syrie a commencé à combiner les deux précurseurs chimiques” est complètement fausse. Que l’armée syrienne fasse ou pas quelque chose avec son armement stratégique, cette chose n’est pas ce que prétend «l’officiel américain» anonyme.

Mouammar Kadhafi assassiné par un tueur à gages français?

30 septembre 2012

Mahmoud Jibril, ancien premier ministre du Conseil National de Transition libyen vient de déclarer lors d’un entretien télévisé que le colonel Mouammar Kadhafi n’a pas été assassiné par un milicien libyen mais par un agent, un tueur à gages, français.

Et que ce tueur agissait sur ordre et dans l’intérêt personnel du président français de l’époque Nicolas Sarkozy.

Cette théorie, nous dit-on, serait très en vogue dans les milieux diplomatiques en Libye.

Alors vrai ou faux ?

Difficile à dire, mais Mahmoud Jibril n’est sans doute pas le moins bien informé des politiciens libyens actuels !

On peut juste noter que cette théorie ou information sort au moment où on sent que Nicolas Sarkozy commence à repointer le bout de son nez. Ne l’a-t-on pas vu en effet tout sourire lors d’un récent match du Paris Saint-Germain, le club de football qui appartient désormais à ses amis du Qatar ?

On rigole,mais la prochaine fois que tu marques pas, je te bute

Un agent Français derrière la mort de Kadhafi

L’ancien premier ministre Libyen Mahmoud Jibril déclare au Caire que l’auteur du tir [mortel] était un agent qui ne faisait pas partie des milices [rebelles]

ABC (Espagne) 29 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Une fois de plus, la version officielle de la mort de Kadhafi est mise en doute. Mais cette fois ci, les spéculations sont formulées par l’ancien premier ministre du gouvernement de transition qui se trouve être aujourd’hui un des prétendants à la direction politique du pays.

Selon sa théorie, reprise ce samedi par le «Corriere della Sera», ce serait un «agent étranger» et non un membre des brigades révolutionnaires libyennes qui aurait été l’auteur du tir qui aurait finalement causé la mort de Kadhafi.

Jibril a fait ces déclarations dans une interview au Caire avec la chaîne de télévision égyptienne «Dream TV», et il a affirmé textuellement que l’auteur du tir mortel «était un agent étranger qui s’était mêlé aux brigades révolutionnaires.»

Cette théorie est étayée, selon le journal italien, par les commentaires «non officiels» qui circulent le plus souvent chez les diplomates occidentaux présents en Libye, selon lesquels «s’il y avait vraiment un tueur à gages, il était sûrement français.»

Ce raisonnement s’appuie sur le fait que dès que l’OTAN a montré qu’elle appuyait ouvertement l’opération viant à destituer le leder libyen, ce dernier a menacé de révéler les détails de sa relation avec l’ancien président de la France, Nicolas Sarkozy, qui «avait donc raisons plus que suffisantes pour essayer de lui ôter la vie,» soutient le Corriere Della Sera qui fait référence à des révélations recueillies par le journal il y a trois jours à Benghazi.

Comment les Etats Unis arment les « rebelles » en Syrie

2 août 2012

Dans mon précédent post, je relevais que le gouvernement des Etats Unis avait résolu de soutenir les opposants armés au régime syrien en leur permettant d’accéder à du «matériel non létal» comme des radios cryptées.

Ce dispositif, nous dit-on, exclut la fourniture d’armes.

C’est du moins l’explication fournie pour le Comité Nobel et pour les gogos que nous sommes. Parce que, comme je l’écrivais aussi, l’administration Obama a bien sûr décidé de fournir armes et argent en procédant indirectement tout en s’assurant que les destinataires sont ceux qui lui agréent et que les armes sont celles qu’elle juge utiles.

On comprend aussi que l’objectif de la démarche est de modeler l’opposition sur le terrain en fonction des desiderata de Washington comme c’est déjà le cas pour la majeure partie de l’opposition en exil. C’est le sens des propos qui clôturent l’article.

Sur la base du nom du service qui a délivré l’autorisation de collecte de fonds destinés à l’Armée Syrienen Libre, l’Office of Foreign Assets Control, on peut déduire que l’argent sera en réalité prélevé dans les avoirs syrien gelés ou confisqués par les Etats Unis.

Tous les détails sont dans l’article que je vous propose ci-après

Les Etats-Unis facilitent les achats d’armes pour les rebelles syriens

par Hannah Allam, McClatchy Newspapers (USA) 2 août 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

WASHINGTON – L’administration Obama a discrètement ouvert la voie pour que des personnes qui résident aux États-Unis puissent acheter des armes pour les rebelles qui se battent pour renverser le président syrien Bachar al-Assad, par l’octroi, rarissime, à une organisation de soutien [aux rebelles] basée à Washington d’une licence pour collecter des fonds pour de l’armement et d’autres équipements.

La licence, qui a été délivrée sans tambour ni trompette le mois dernier par le Treasury Department’s Office of Foreign Assets Control, donne à l’organisme à but non lucratif Syrian Support Group (Groupe de soutien à la Syrie) le pouvoir de réunir de l’argent et de le transmettre directement à des insurgés armés. Auparavant, l’assistance à la Syrie via des entités américaines était restreint à des programmes humanitaires et éducatifs.

Brian Sayers, un Américain qui a travaillé auparavant à l’OTAN comme chargé des affaires politiques et est désormais le lobbyiste du Syrian Support Group à Washington, considère que cette licence nouvelle va réduire les craintes de nombreux bailleurs de fonds potentiels d’aller à l’encontre des lois américaines en aidant les rebelles à acheter des armes « Beaucoup de donateurs étaient réticents, » a-t-il dit.

D’autres analystes considèrent que cette licence devrait être un message au régime Assad, malgé l’opposition de l’administration Obama à une intervention militaire US et sa réticence à fournor directement des armes aux rebelles.

«C’est une pression indirecte mise sur le régime par les Etats Unis : Hé, on s’engage avec l’Armée Syrienne Libre si vous n’arrêtez pas ça,’» explique Mohammad Abdallah, le chef du tout nouveau Syria Justice and Accountability Center, une organisation partiellement financée par les Etats Unis pour documenter les atrocités.

Sayers explique que le Syrian Support group a approuvé une liste de neuf comités ou conseils militaires de l’Armée Syrienne Libre, la force rebelle mal organisée, et acceptait déjà des dons pour envoi en Syrie dans un délai de «quelques semaines.»

Le Syrian Support Group consulte également des juristes pour s’assurer que ses membres et des donateurs ne se retrouveront pas dans des problèmes si l’argent finit entre les mains des militants islamistes dont le rôle est de plus en plus visible dans la révolte syrienne ces dernières semaines.

Sayers affirme que la licence permettra  une plus grande transparence dans le flux d’armement en direction des milices hétéroclites qui combattent contre des troupes de Assad mieux équipées. Il dit que l’argent pourra servir aussi à payer les salaires des combattants et contribuer à l’acquisition de masques à gaz, de véhicules et d’autres matériels dont les rebelles signalent la rareté.

Avec ces transferts de fonds détaillés et des registres sur la manière dont l’argent est utilisé, ajoute-t-il, les achats d’armes peuvent être mieux suivis et distribués que ce n’est le cas dans le système actuel, qui implique des dons faits clandestinement dans des pays du Golfe persique comme le Qatar et l’Arabie saoudite.

Sayers indique que le Syrian Support Group participe aux conférences [visioconférences ?] du conseil des comandants de l’Armée Syrienne Libre afin de faire le point sur leur besoins pour le champ de bataille. Dès qu’on a rassemblé assez d’argent pour faire un envoi, dit-il, l’organisation s’assure qu’il est réparti équitablement entre les conseils [de l’ASL] plutôt que d’aller à des fidèles d’un «cheikh qui vit dans quelque petit patelin frontalier en Arabie saoudite. »

«Evidemment, il sera toujours difficile de dire qui est l’utilisateur final pour chaque cent, chaque dollar, mais nous n’imaginons pas que les conseils de l’ASL donneront de l’argent à des organisations marginales, » explique Sayers.

Cette licence, signalée pour la première fois vendredi sur le site web centré sur le Moyen orient, Al-Monitor, donne au Syrian Support Group le droit d’exporter, de vendre ou de fournir des «moyens financiers, de communication, de la logistique et d’autres services » à l’Armée Syrienne Libre.

Le document du 23 juillet ajoute que le groupe doit transmettre régulièrement des rapports détaillés sur ses transactions, en précisant également les parties concernées, le montant envoyé et les services fournis.

Un fonctionnaire du Département du Trésor, s’exprimant seulement sous condition d’anonymat, a confirmé la délivrance de la licence et indiqué qu’elle ne couvrait pas la livraison directe d’armements, de radions ou d’autres matériels techniques qui nécessiteraient un autre type de permis.

Ce fonctionnaire a reconnu cependant que l’argent pouvait aller à des armes pour les rebelles et précisé que le Syrian Support Group avait la responsabilité de vérifier que la licence ne serivirait pas au profit de quiconque lié à des organisations qui figurent sur la liste nationale des organisations terroristes étrangères.

«Ils se doivent d’être très vigilants sur ce point, » affirme le fonctionnaire des finances. «Il est claitr que l’argent ne doit pas aller à quiconque est désigné [comme terroriste] par les Etats Unis.»

L’Armée Syrienne Libre montre des signes d’évolution vers plus d’organisation, mais elle souffre encore d’un manque de commandement central et du degré très variable de professionnalisme parmi ses combattants.

Alors que les unités les plus qualifiés sont constitués de transfuges de l’armée Assad, les autres sont simplement des civils redevenus insurgés sans formation militaire ou au maniement des armes, une situation qui a conduit à un nombre croissant signalements d’exécutions et d’abus commis par les forces de l’opposition

En outre,des extrémistes islamistes syriens et étrangers ont rejoint la cause, et on sait peu de choses au sujet de leurs affiliations ou de leurs buts ultimes pour une Syrie post-Assad.

Même ceux qui sont pour la décision du département du Trésor d’autoriser le financement disent qu’il ne remplace pas un engagement plus direct des Etats Unis pour renverser rapidement Assad et identifier des autorités de transition de confiance, non seulement parmi les rangs des combattants mais aussi parmi les technocrates en exil et les militants sur le terrain en Syrie.

Les experts et les militants disent que les risques sont trop élevés pour que le gouvernement des Etats Unis se contente de parier sur une victoire finale des rebelles dans un conflit généralisé et sanglant sans une plus grande assistance militaire américaine et internationale.

 «L’Armée Syrienne Libre a beaucoup à prouver, mais l’OFAC (la licence) n’est pas arrivée seulement parce que l’administration [Obama] voulait se laver les mains de cette affaire, » déclare Sayers.

La Syrie, prochain pays démocratisé par l’OTAN?

30 juillet 2012

Apparemment Laurent Fabius est tellement satisfait de ce que la France et ses alliés britanniques, américains, qataris etc. ont fait en Libye qu’il propose de récidiver en Syrie pour stopper le massacre, ça va de soi.

Sauf qu’en Libye, ce sont les prétendus rebelles et les bombes de l’OTAN qui ont provoqué massacre et destruction.

Aujourd’hui, le pays est livré au chaos. Il parait qu’il y a eu des élections libres pour une constituante et que ce sont même les «libéraux » qui les ont gagnées !

On nous refait l’Afghanistan, pays dans lequel il y a aussi, dit-on, des élections libres.

Tout va bien en Afghanistan, chacun le sait bien.

C’est un peu pareil en Libye mais on n’en parle pas trop et pour cause.

J’ai pas trouvé cette info en français, sûrement qu’elle plait pas à MM. Fabius et Sarkozy (en passant, l’intervention de l’OTAN a complètement disparu du processus qui a vu la fin du régime de Mouammar Kadhafi ! Il suffisait pourtant de rajouter « avec l’appui d’intenses bombardements aériens de l’OTAN.»

Ah, la liberté de la presse…

Le convoi d’un général Libyen attaqué dans l’est du pays

Associated Press, The Times (UK) 29 juillet 2012

Le commandant d’une milice libyenne a annoncé qu’un convoi qui transportait un haut reponsable de l’armée libyenne a été visé par des tirs d’armes à feu dans la ville de benghazi, à l’est du pays.

Abdel-Basit Haroun, un chef de milice à Benghazi, a déclaré que le général Khalifa Hifter  [Hifter est un agent de la CIA, note de Djazaïri] avait été attaqué dimanche par des assaillants inconnus. Il n’a pas été blessé. Le conseil intérimaire au pouvoir l’a chargé de former la nouvelle armée nationale.

Benghazi et la région orientale de la Libye ont connu une forte augmentation des tentatives d’assassinats contre d’anciens responsables de l’armée et des services de sécurité. Haroun précise que 13 d’entre eux ont été tués ce mois-ci.

Samedi soir, l’ancien chef du renseignement militaire, le colonel Suleiman Bouzz-Redah a été assassiné alors qu’il se rendait à la mosquée à Benghazi. Il avait abandonné le régime de Mouammar Kadhafi pour rejoindre les rebelles qui ont renversé au terme d’une guerre civile celui qui a longtemps dirigé le pays


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