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Le livre pour enfants qui fait peur aux sionistes

2 décembre 2017

Un beau texte de Steven Salaita, un universitaire américano-palestinien dont la carrière avait été mise à mal du fait de ses prises de position hostiles au régime sioniste au moment où ce dernier agressait Gaza une fois de plus en 2014 [opération dite Bordure Protectrice].

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Steven Salaita

On avait présenté sa critique des agissements criminels de l’entité sioniste comme une manifestation d’antisémitisme…

Salaita nous parle ici d’un petit livre pour enfants des iraniennes Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi  en forme d’abécédaire et titré P est pour la Palestine.

Evidemment.

Et M est pour Meftah, la clef de leurs maisons que les palestiniens ont emportée avec eux dans leur exil.

Un abécédaire de la Palestine

Ce petit livre a pourtant suscité des réactions fortes aussi bien dans la presse juive que dans la presse d’extrême-droite et la presse tabloïd newyorkaise.

Steven Salaita nous explique pourquoi ce livre fait peur à ceux qui soutiennent l’entité sioniste.

Pourquoi un livre pour enfants fait-il perdre la tête aux sionistes ?

Par Steven Salaita, MondoWeiss (USA) 1er décembre 2017, traduit de l’anglais par Djazaïri

En ces temps de prolifération nucléaire, de brutalité policière, de résurgence du nazisme et d’énormes inégalités, les sionistes ont réussi à trouver le véritable ennemi : un livre pour enfants. Le titre incriminé, P is for Palestine [P pour Palestine], a récemment été publié par Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi après une longue campagne de financement participatif. Les sionistes ont réagi comme si c’était la charte du Hamas.

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Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi

Ma femme et moi avons acheté le livre pour notre fils de cinq ans. C’était un achat logique. Deux de ses grands-parents sont palestiniens, après tout. Le gamin n’était pas particulièrement excité par le livre, mais il l’aime. Je ressens la même chose. Le texte est un inventaire d’objets culturels et géographiques en ordre alphabétique, encadré par des illustrations (souvent belles). Rempli d’une imagerie culturelle romantique il faut environ cinq minutes pour le lire.

En d’autres termes, c’est un livre pour enfants typique. La seule façon dont il diffère de ses nombreux pairs sur le marché de la «diversité» est que le pays étranger qu’il magnifie est la Palestine. Par conséquent, il est ipso facto intolérable aux organisations professionnelles sionistes.

Nous pourrions simplement relier ce nouvel accès d’angoisse sioniste à un sentiment accru d’inquiétude devant le net déclin du prestige d’Israël dans le monde, poussé par un mouvement BDS [Boycott, Désinvestissement, Sanctions] en plein essor. Cela aide à expliquer la réaction excédée à un document politique écrit au crayon de couleur.

Il y a plus que ça à l’œuvre, cependant. Quelque chose à propos du P pour la Palestine a touché une corde sensible. Depuis quand parle-t-on d’un livre pour enfants dans le New York PostPage Six », un magazine people, pas moins), Forward , Ha’aretz , le New York Daily News et Breitbart ? Chaque fois que les partisans d’Israël se fâchent, de nombreuses publications se font une joie d’amplifier leurs griefs. Le fait que l’indignation ait commencé immédiatement après la publication du livre illustre comment la Palestine peut brusquement créer ou modifier un cycle de l’information aux États-Unis.

Mais quelque chose semble un peu plus désespéré dans ce procédé, presque comme si une Palestinienne en images dessinées avait la capacité spéciale de faire survenir une maladie grave et mortelle. Cela a probablement à voir avec la nature du genre. Les livres pour enfants ne sont pas simplement un divertissement précieux ; nous les imaginons comme des conduits pour la transmission de certaines valeurs. Depuis la prédiction dramatique de David Ben Gourion selon laquelle les futures générations d’enfants palestiniens oublieraient la Nakba [catastrophe de la proclamation de l’Etat juif et de l’exode palestinien], enseigner et apprendre sur la Palestine a été un point sensible pour les sionistes (voyez comment la chose est abordée dans les écoles secondaires et les universités).

Dit simplement, rien ne menace plus Israël que la survie de l’identité palestinienne à travers les générations successives, ce qui est exactement ce que le P est pour la Palestine essaye d’accomplir. Les sionistes ne s’opposent pas à son contenu ; ils s’opposent à sa simple existence comme document de la mémoire historique. Les sionistes expriment constamment leur mépris pour les Palestiniens qui refusent de valider Israël. Même les keffiehs et les falafels en caricature deviennent une menace existentielle.

M est pour Meftah, la clef de la maison perdue mais qu’on espère retrouver

P est pour la Palestine rend manifeste quelque chose que les sionistes craignent mais ne peuvent pas contrôler : de Santiago à Toronto, d’Athènes à Oslo, d’Abou Dhabi à Alep, les Palestiniens continuent de réclamer et d’honorer leur terre ancestrale. Les sionistes le savent et ne peuvent rien faire pour l’empêcher. Le livre fournit une cible visible à leur angoisse existentielle.

Israël possède une armée dévastatrice, d’une base territoriale sans cesse plus importante et d’une économie avancée, mais il est affligé d’un psychisme remarquablement fragile. Il n’y a pas d’autre raison pour que ses fidèles piquent une crise sur un livre pour enfants en autoédition. Les sondages ont montré à maintes reprises que l’attachement des Juifs américains à Israël, en particulier les jeunes, est en déclin. Dans le même temps, les Palestiniens sont unis par le désir de récupérer leur patrie.

Nous ne devons pas non plus négliger le public auquel P est pour la Palestine est destiné. Pendant 70 ans, Israël a infligé une misère indicible aux enfants palestiniens. Le désir de l’État [juif] de pureté ethnique a politisé les notions d’enfance dans l’imaginaire dominant. Le livre transforme vraisemblablement les enfants palestiniens en le genre de créatures politiques que les sionistes sont obligés de haïr.

Les États-nations sont fragiles. L’indigénéité ne l’est pas. Elle s’affirme constamment devant les forces qui veulent sa destruction. À son tour, elle s’attribue sans cesse le pouvoir de détruire – et elle le fait sans armes ou sans tromperie, mais avec la simple intemporalité de l’être.

P est aussi pour la paranoïa. Dans la mesure où le fétichisme politique de certains exige que les Palestiniens capitulent ou disparaissent, cet état [de paranoïa] est parfaitement justifié.

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Le projet américano-sioniste pour la Palestine

2 décembre 2017

Une initiative de « paix » » américaine » est imminente selon Natan Sharansky, ce dirigeant sioniste malencontreusement sorti des geôles soviétiques en 1986.

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Févrie1986: Natan Sharansky acceuilli à sa l’aéropoort Ben Gourion par Shimon Peres, premier ministre du gang sioniste à l’époque

Sharansky, président de l’Agence Juive, feint de ne rien savoir officiellement mais dit tout. En tant que président de l’agence qui a fondé l’entité sioniste, il est naturellement au courant de tout ce qui se trame en matière d’initiatives américaines pour le Moyen Orient d’autant que, comme il le dit lui-même, l’équipe de négociateurs américain est constituée exclusivement de Juifs pratiquants, dont Jared Kushner, le propre gendre de Donald Trump.

Jamais la mainmise sioniste sur les appareils d’Etat occidentaux n’aura été aussi évidente qu’aujourd’hui. C’est vrai en France, c’est vrai en Grande Bretagne, en Australie tandis que cette emprise est totale à Washington où un Donald Trump à priori peu désireux de s’impliquer au Moyen Orient a délégué le dossier à des sionistes intransigeants.

Natan Sharansky peut bien se figurer que les Etats arabes (lesquels,) acquiesceront à un plan qui vise à faire de la Palestine un bantoustan, ce qu’il ne comprend pas, n’est pas Frederik de Klerk qui veut, c’est que le refus d’aller vers une solution honorable et acceptable pour les Palestiniens, aura pour conclusion, tôt ou tard, la disparition de l’Etat juif, que ce soit par la force des armes ou d’une autre manière.

Israël obtiendra ‘plus de compréhension’ de la part des négociateurs de Trump parce que ce sont des Juifs pratiquants, déclare Sharansky.

par Philip Weiss, MondoWeiss (USA) 30 novembre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’équipe de négociateurs de Donald Trump pour le Moyen Orient prépare une proposition de paix « sérieuse » parce que l’équipe est constituée de Juifs pratiquants qui comprennent mieux Israël que les précédents négociateurs américains, dit Natan Sharansky, le président de l’Agence Juive pour Israël.

« Franchement, oubliez le président, mais si vous prenez simplement les gens qui sont impliqués dans les négociations, sachez que ces gens comprennent beaucoup mieux Israël que les équipes précédentes », a déclaré Sharansky. « Et ils comprennent vraiment les préoccupations des Juifs, parce qu’ils en font partie … Il est vraiment très intéressant de voir que lorsque le Premier ministre [Benjamin Netanyahu] siège avec Ron Dermer, [Jared] Kushner, David Friedman, et [Jason] Greenblatt, le seul qui n’a pas de kippa est le premier ministre. Donc, vous pouvez vous attendre à plus de compréhension. « 

La fondation de la famille de Jared Kushner a donné des dizaines de milliers de dollars aux colonies israéliennes illégales. Par le passé, Netanyahou a séjourné dans la maison de la famille [Kushner] dans le New Jersey. David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël, a dirigé une organisation qui a collecté des fonds pour une colonie.

De gauche à droite: Jason Greenblatt, Jared Kushner, Benjamin Netanyahou, la conseillère US à la sécurité nationale, Dina Powell, et David Friedman, ambassadeur à Tel-Aviv

Sharansky a déclaré que le Premier ministre israélien présenterait une proposition de paix pour un Etat palestinien démilitarisé, et que les dirigeants palestiniens rejetteraient l’accord, mais que les pays arabes feront pression sur les Palestiniens pour qu’ils l’acceptent. « Ils [les Etats arabes] ne seront pas automatiquement avec les Palestiniens. C’est une nouvelle donne. « 

Sharansky s’est exprimé au Centre communautaire juif de Manhattan mardi soir. Il a dit qu’il ne basait cette prédiction sur aucune information privilégiée, bien qu’il ait passé du temps avec l’ambassadeur israélien Ron Dermer et qu’il ait assisté récemment à des discours de Netanyahou, dont il a été membre de l’équipe gouvernementale autrefois.

Si vous écoutez simplement avec attention, attentivement, il est absolument clair pour vous que quelque chose se prépare », a-t-il dit. « J’écoute simplement ce qu’il dit partout dans le monde, j’ai le sentiment, encore une fois que ce n’est pas officiel, c’est officieux, j’ai le sentiment que quelque chose de sérieux se prépare. »

En ce qui concerne les grandes lignes de l’accord, Sharansky a déclaré : « D’après les discours de Bibi, je comprends plus ou moins ce que ce sera. Les Palestiniens obtiendront probablement, eh bien, un Etat, mais les questions de sécurité ne seront pas entre leurs mains … parce que dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui la compétition sera entre le Hezbollah et le Hamas – qui sera contrôlé. Donc, Israël ne peut pas se le permettre ».

Sharansky a déclaré que le Secrétaire d’Etat du président Obama, John Kerry, n’avait jamais envisagé un Etat palestinien sans armée.

Netanyahou, a-t-il dit, « sait comment leur donner [aux Palestiniens] l’occasion de gérer leur vie, comment ne pas leur donner l’occasion de contrôler la sécurité au Moyen-Orient ».

Les Israéliens seraient en grande majorité favorables à un plan de paix, parce qu’ils veulent de l’espérance, a-t-il poursuivi. « Je suis presque sûr que … les dirigeants palestiniens ne l’accepteront pas. Et encore une fois je ne sais pas ce qui se prépare. Je suis sûr que la réaction du monde arabe sera très différente du passé. « 

Sharansky a dit qu’il avait passé toute sa vie, y compris quand il avait été emprisonné dans l’ex-Union soviétique, à essayer de construire des ponts entre les Juifs et Israël. L’organisation qu’il dirige, l’Agence Juive, a contribué à la création d’Israël au siècle dernier et travaille aujourd’hui à construire un soutien juif mondial pour l’Etat [sioniste].

Sharansky a parlé avec Jodi Rudoren du New York Times et Amir Tibon de Haaretz. En écoutant l’entretien discours, j’ai été frappé par l’arrogance de cette discussion. Pourriez-vous imaginer un forum sur les questions de harcèlement sexuel aujourd’hui dans lequel seuls les hommes auraient été invités à parler ? Impossible. Pourtant, à maintes reprises, le processus de paix est débattu aux États-Unis – et négocié aussi – et la partie la moins puissante, les Palestiniens, n’est jamais invitée d’égal à égal. Le jeu est ouvertement truqué. Et vous vous demandez pourquoi le processus de paix n’a rien produit en 25 ans.

Appelons un chat un chat: l’Etat juif est un Etat d’apartheid

27 octobre 2017

Je n’ai pas le temps de commenter. Je dirai simplement que l’article que je vous propose est intéressant, non par ce qu’il nous apprend ou par la thèse qu’il développe mais par le fait que celui qui veut appeler un chat un chat est Neil Macdonald, un journaliste canadien reconnu qui s’exprime dans un important média, où il assume la fonction d’éditorialiste [ce qui n’est pas rien dans la presse anglo-saxonne). Ce média, c’est la Canadian Broadcasting Corporation, l’équivalent de feu l’ORTF en France.

Photo of Neil Macdonald

Neil Macdonald

Il va sans dire que seul un professionnel dont la carrière est déjà faite peut se permettre ce genre d’article.

Ne parlons plus de ‘terrain glissant’ – Israël est déjà un Etat d’apartheid : Neil Mcdonald

Depuis l’élection de Donald Trump, la colonisation se poursuit avec un enthousiasme renouvelé

par Neil Macdonald, CBC News (Canada) 24 octobre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le moment est venu d’appeler un chat un chat. Il est temps d’être d’accord avec une longue liste de leaders politiques, universitaires et personnages publics israéliens de droite comme de gauche, dont trois anciens premiers ministres, un lauréat du prix Israël, deux anciens chefs du service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet, et un des principaux journaux du pays qui ont tous prévenu que l’Etats juif était en train de devenir, ou est déjà, un Etat d’apartheid.

Je choisirais cette dernière caractérisation.

Il est intéressant de constater que, dans le discours israélien, cette affirmation semble être devenue routinière, alors qu’elle reste sulfureuse en Occident, où des activistes pro-israéliens consacrent beaucoup d’anergie à scruter les médias, le monde universitaire et le discours politique, prêts à accuser d’antisémitisme ou d’incitation [à l’antisémitisme] dès que ce mot est utilisé.

Songez à l’indignation et au venin dont a été accablé l’ancien Président Jimmy Carter, sous les auspices duquel l’accord de paix entre l’Egypte et Israël avait été signé, quand il a intitulé son livre de 2006 « Palestine: la Paix, pas l’apartheid. »

Soudainement, Carter était passé du statut de lauréat du prix Nobel de la paix et d’homme d’État à celui de vieil homme sous l’emprise des terroristes, du moins aux yeux des partisans d’Israël, dont une fraction importante de ses propres troupes, les Chrétiens évangéliques américains.

Un chat est un chat

Mais la réalité est la réalité, et un chat un chat. Comme l’avait dit feu Yossi Sarid, longtemps dirigeant du parti israélien Meretz et ancien ministre de l’éducation : « Ce qui agit comme un apartheid, est gouverné comme un apartheid et harcèle comme un apartheid, n’est pas un chat – c’est l’apartheid. »

En juin dernier, l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak a réaffirmé la position qui est la sienne depuis des années : « si nous continuons à contrôler l’ensemble du territoire de la Méditerranée au fleuve Jourdain où vivent quelque 13 millions de personnes – huit millions d’Israéliens et cinq millions de Palestiniens… si une seule entité gouvernait toute cette région, nommée Israël, elle deviendrait inévitablement – c’est le mot clef, inévitablement – soit non juive, soit non démocratique. » Le pays est, répétait-il, « sur une pente glissante » qui se terminera en apartheid.

La ligne de séparation entre les personnalités israéliennes qui utilisent le terme ici et maintenant, plutôt que comme un avertissement pour ce qui pourrait arriver, semble porter sur la persistance d’un « processus de paix », avec sa promesse d’un Etat palestinien et son autogouvernement.

Et à l’époque où j’étais en poste à Jérusalem pour CBC News à la fin des années 1990, cela semblait vraiment de l’ordre du possible, même si c’était peu probable.

Depuis lors, le processus de paix – jamais enthousiaste – s’était complètement effondré. L’expansion des colonies juives en Cisjordanie s’est poursuivie et, depuis l’élection de Donald Trump, la colonisation s’est accélérée connaissant un regain d’enthousiasme.

Leur existence est en fait saluée à chacun de ses déplacements par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

« Nous sommes ici pour rester, pour toujours, » a-t-il déclaré il y a deux mois dans la colonie de Barkan où il commémorait le 50ème anniversaire de l’occupation de la Cisjordanie par Israël.

« Il n’y aura plus de démantèlement de colonies sur la terre d’Israël. » (La « Terre d’Israël » par opposition à l’Etat d’Israël est un terme utilisé par la droite israélienne pour parler du territoire situé entre le Jourdain et la méditerranée, et parfois même au-delà).

Ayelet Shaked et Naftali Bennett, respectivement ministres israéliens de la justice et de l’éducation, ont dit que les Palestiniens devaient comprendre qu’ils n’auront jamais un Etat. Le ministre de la défense, Avigdor Lieberman, lui-même colon, a dit qu’il n’y avait « aucun espoir » d’un Etat palestinien sur lequel il y aurait accord mutuel, mais il a mis en garde Naftali Bennett contre la promotion d’une annexion pure et simple :

« Ce que Bennett et son parti Foyer Juif proposent est un état binational classique », a déclaré Liberman il y a deux ans. « Ils doivent décider s’ils parlent d’un Etat binational entre le Jourdain et la Méditerranée … ou s’ils parlent d’un Etat d’apartheid ».

Sous-classe palestinienne

La logique de Lieberman semble être que tant que les Palestiniens sont simplement occupés et gouvernés par un ensemble de lois différent, avec beaucoup moins de droits que les Israéliens (par opposition au fait de leur refuser un Etat mais de leur donner le droit de vote dans une version élargie d’Israël, ce que la droite israélienne considère comme un suicide national), alors ce n’est pas vraiment l’apartheid.

Mais à ce stade l’annexion consisterait simplement à officialiser un fait accompli.

Ces dix dernières années, la doctrine du « Mur d’acier » de Ze’ev Jabotinsky a donné naissance à un véritable mur, parfois en acier, qui court à peu près le long des frontières de 1967 de Gaza et de la Cisjordanie. Les principales routes depuis Jérusalem vers Ramallah et Naplouse au nord, et vers Bethléem et Hébron au sud sont désormais coupées par des barrières fortifiées gigantesques. Les colons juifs, environ 750 000 personnes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ont une liberté complète de mouvement sur des routes qui leur sont réservées et sont effectivement interdites à la sous-classe palestinienne privée de ses droits.

Les colons soupçonnés de crimes jouissent de tous leurs droits devant les tribunaux israéliens ; les Palestiniens subissent les tribunaux militaires, l’emprisonnement pour une durée indéfinie sans inculpation (« détention administrative ») et les punitions collectives. Les colons ont le droit de porter des armes et de s’en servir en auto-défense; pas les Palestiniens. Les colons jouissent du droit de propriété. Les palestiniens revendiquent leurs propriétés. Et cetera.

Netanyahou présente tout cela comme une question de survie nationale, avertissant que toute terre concédée sera immédiatement occupée par des terroristes fondamentalistes déterminés à détruire l’État d’Israël, avec ses armes nucléaires, ses chars, ses avions de combat, ses systèmes de défense antimissile et ses plus 600 000 soldats d’active et troupes de réserve.

Sa définition du terrorisme est nuancée; lors d’une manifestation commémorant il y a quelques années le 60ème anniversaire de l’attentat à la bombe de l’hôtel King David par des combattants de l’Irgoun, considéré comme un acte terroriste par le gouvernement britannique, Netanyahou a qualifié les auteurs de combattants militaires légitimes et a prévenu le gouvernement britannique indigné de surveiller son langage.

Mais dès lors, une vision du monde élastique est apparemment nécessaire pour maintenir le statu-quo; quand le Fatah de Mahmoud Abbas a signé récemment un accord de réconciliation officielle avec les « terroristes » du Hamas qui gouvernent Gaza, Israël et les Etats-Unis s’y sont opposés, affirmant qu’une telle entente met en danger, mais oui, le processus de paix. Le fait que les terroristes actuels tendent à devenir les hommes d’État de demain (les poseurs de bombes de l’Irgoun rejoignirent le gouvernement israélien naissant et l’ancien chef de l’Irgoun, Menahem Begin, devint Premier ministre) n’est apparemment pas pertinent dans ce contexte.

En tout cas, la pente glissante dont parlait Ehud Barak est maintenant dans le rétroviseur. Le chat de Yossi Sarid est arrivé. Reconnaissons ce fait, laissons tomber les faux-semblants et avançons.

Le plaidoyer sioniste en chanson de Bob Dylan

16 octobre 2016

Bob Dylan vient de recevoir le prix Nobel de littérature. Il a dû en être le premier surpris parce que même s’il a un répertoire dans l’ensemble intéressant, j’ai personnellement du mal à le considérer comme à l’origine d’une œuvre littéraire dont la qualité justifierait une telle reconnaissance.

On peut par exemple trouver dans son œuvre une chanson dont le but est de plaider la cause de l’entité sioniste si injustement critiquée par certains suite à l’invasion du Liban en 1982. Je vous laisse apprécier le texte de cette chanson qui n’est qu’une resucée pompeuse de l’argumentaire sioniste de base.

Exhumation d’une chanson pro-israélienne oubliée de Bob Dylan

Ecrite après la guerre du Liban en 1982, la chanson de Dylan Neighborhood Bully » (la terreur du quartier) assimile Israël a un ‘homme en exil’ qui est injustement qualifié de terreur parce qu’il repousse les attaques incessantes dont il est l’objet.

Par Gabe Friedman, Haaretz (entité sioniste) 24.05.2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

JTA (Jewish Telegraphic Agency).” « J’étais tellement plus vieux alors, je suis plus jeune maintenant, » chantait Bob Dylan en 1964 dans « My back pages. »

Vieillissement à l’envers ou pas, le légendaire chanteur folk juif aura 75 ans ce mardi.

Si la juidéité de Dylan a été examinée et réexaminée des années durant, on a accordé assez peu d’attention à sa chanson de 1983 « Neighborhood Bully » – une rare déclaration franche et massive de soutien à Israël par un rocker américain connu.

Les paroles (reproduites intégralement ci-dessous) assimilent Israël à un « homme en exil » qui est injustement qualifié de brute parce qu’il repousse les attaques incessantes de ses voisins.

Dylan avait enregistré la chanson dans son second album studio « Infidels » après sa brève expérience de Chrétien born-again [un Juif revenu au christianisme! NdT] à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

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Pochette de l’album « Infidels » produit par Mark Knopfler (Dire Straits)

Certaines des paroles auraient pu être reprises de discours du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui présente souvent Israël comme assiégé.

Rarement interprétée par Dylan sur scène, cette chanson fait intégralement partie du répertoire de la propagande sioniste qui ne l’a pas du tout oubliée.

Vous trouverez ci-après le texte original de Dylan et une traduction en vis-à-vis. J’ai repris la traduction du site Debriefing.org après y avoir apporté quelques modifications. La traduction n’est pas parfaire, tant s’en faut, mais le texte original n’est pas bon non plus.

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Quand les sionistes essayèrent de tuer le président des Etats Unis

13 octobre 2016

C’est presque chaque jour qu’on en apprend un peu plus sur les agissements des sionistes dont l’Etat voyou est le « combat de sa vie » pour Nicolas Sarkozy et dont François Hollande est follement amouraché.

On savait que ces bandes criminelles avaient tué, outre de nombreux anonymes, Lord Moyne,  le représentant de la reine d’Angleterre au Caire en pleine guerre contre le nazisme, qu’ils avaient assassiné en 1947 le Comte Folke Bernadotte, un diplomate suédois chargé d’une mission de paix en Palestine, qu’ils avaient tenté une attaque aérienne sur Londres au départ de Paris …

On apprend maintenant qu’ils avaient aussi essayé en 1947 de tuer Harry Truman qui était rien moins que le président des Etats Unis.

Ce qui n’empêche pas les responsables politiques de multiplier les déclarations sur les liens « unbreakable » et « unshakable » entre l’entité sioniste et les Etats Unis.

Peut-être par peur de se faire liquider ?

 L’auteur de l’article, Richard Silverstein, est un Juif très critique du sionisme mais pas nécessairement antisioniste ainsi qu’on le comprend en faisant attention à son vocabulaire. Il est par contre très bien informé sur le sionisme, son histoire, son actualité et son unité en dépit de ses apparentes tendances divergentes.

Les Israéliens du Groupe Stern avaient envoyé une lettre piégée au Président Truman à la Maison Blanche

par Richard Silverstein | Tikun Olam (USA) 11 octobre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

J’ai interviewé un militant à Kansas City, Jeremy Rothe-Kushel en prévision d’un article sur son arrestation à la demande de la fédération juive locale pendant un discours de Dennis Ross. Jeremy est un chercheur enthousiaste et j’aime parler avec des gens comme lui parce qu’inévitablement j’apprends des choses sur l’histoire du sionisme que je ne savais pas. Comme ce qui suit…

En 1947, le Yishouv [la population sioniste avant la création de l’Etat juif] était dans la tourmente. David Ben Gourion poursuivait son plan de proclamation d’un Etat juif. Il était en compétition avec des extrémistes juifs qui avaient leurs propres plans pour libérer la Palestine du joug de l’Empire Britannique. Si Ben Gourion les considérait comme des rivaux dangereux, il savait aussi qu’ils étaient le méchant flic sui faisait pendant à son bon flic. Leur existence même et les ravages qu’ils provoquaient dans l’appareil colonial britannique donnaient à Ben Gourion l’allure d’un modéré par comparaison. A ce titre, ils étaient extrêmement utiles. Le fait que Ben Gourion pardonna beaucoup de ces terroristes pour les crimes qu’ils perpétrèrent après la création de l’Etat d’Israël et n’en poursuivit aucun en justice est le signe qu’ il était en collusion directe avec eux ou bien qu’ils servaient si bien ses buts qu’il se sentit obligé de leur accorder le pardon.

Au moment même où tout cela se passait, l’ONU essayait d’appliquer son propre plan de partition de la région entre des enclaves juives et arabes. Les extrémistes juifs de l’Irgoun et tout particulièrement de l’organisation dissidente, le Lehi (ou Groupe Stern), trouvaient Ben Gourion par trop accommodant. Ils avaient la conviction qu’il n’y avait pas grand-chose à gagner à négocier avec la puissance coloniale. Ils cherchaient au contraire à mettre les Britanniques à genoux et les forcer ainsi à abandonner le Mandat et libérer la Palestine.

Le Lehi en particulier s’était lancé, tout comme l’OLP dans les années 1970, dans des actions terroristes spectaculaires. La spécialité du Lehi était l’assassinat. Leur attaque la plus choquante fut l’assassinat au Caire de Lord Moyne. Ils assassinèrent aussi le Comte Folke von Bernadotte, le membre de la famille royale de Suède qui avait sauvé des Juifs pendant l’holocauste et avait été désigné par l’ONU pour faire avancer les négociations entre les protagonistes pour qu’ils acceptent la partition. Il y eut aussi des échecs retentissants comme les séries de lettres piégées envoyées aux domiciles et aux bureaux de ministres, anciens ou en fonction, des affaires étrangères britanniques, et à d’autres hauts responsables britanniques. Plusieurs d’entre elles explosèrent blessant des employés des services postaux ou des fonctionnaires du gouvernement. Aucune, fort heureusement, ne blessa une des cibles visées.

Nous savons, comme un fait historique, que les terroristes juifs visèrent les Britanniques. Mais on sait rarement qu’ils avaient aussi élargi leurs objectifs pour inclure des officiels américains. Margaret Truman et le chef du service du courrier de la maison Blanche ont écrit chacun un livre (celui de Mme Truman est une biographie de son père, et celui du chef du service du courrier est un livre de souvenirs sur ses dizaines d’années au service de plusieurs présidents). Tous deux ont noté qu’en 1947, une série de lettres piégées avait été découverte et que les services secrets les avaient faites exploser avant qu’elles parviennent à leur victime désignée.

Pendant l’été 1947, ce qu’on appelait le Groupe Stern de terroristes en Palestine avait essayé d’assassiner papa avec du courrier. Un certain nombre d’enveloppes couleur crème d’environ 20 cm sur 15 arrivèrent à la maison Blanche, adressées au Président et à plusieurs de ses collaborateurs. A l’intérieur de chacune d’entre elles, se trouvait une enveloppe plus petite avec l’inscription « Personnel et confidentiel ». A l’intérieur de cette seconde enveloppe se trouvait de la gélignite [plastic] en poudre, une pile crayon et un détonateur qui devait faire exploser la gélignite à l’ouverture de l’enveloppe. Heureusement, la salle du courrier à la Maison Blanche était alertée sur la possibilité qu’arrivent des lettres de ce genre. Au mois de juin, au moins huit d’entre elles avaient été adressées à des membres du gouvernement britannique, dont le ministre des affaires étrangères Ernest Bevin et l’ancien ministre des affaires étrangères Anthony Eden. La police britannique en avait fait exploser une de manière contrôlée et avait conclu qu’elle pouvait ruer, au à tout le moins mutiler quiconque aurait eu la malchance de l’ouvrir. Le service du courrier avait remis les lettres aux services secrets et elles furent désamorcées par leurs experts en explosifs.

Le président Truman et sa fille Margaret

Après la publication du livre de Mme Truman, Nathan Yelin-Mor, le dernier chef du Lehi, dénonça Truman et son récit. Il qualifiait de mensongères ses assertions et la mit au défi de le poursuivre en justice. Yelin-Mor était soit un imbécile, soit un avocat finaud. Parce qu’il n’est pas possible à un auteur de vous poursuivre si vous affirmez qu’une histoire relatée dans son livre est inexacte. Sur quelles bases ? Vous exprimez votre opinion, une liberté garantie par la loi. A contrario, Yelin-Mor aurait pu poursuivre en justice Margaret Truman pour diffamation et essayer de prouver que son histoire était fausse et qu’elle savait qu’elle était fausse. C’est ce qu’on appelle diffamation. Mais bien sûr, Yelin-Mor savait qu’il aurait perdu cette bataille. Il n’alla donc pas en justice.

Le chef du Lehi soutenait que son organisation n’avait aucune raison d’attaquer les Etats Unis parce qu’Israël avait besoin d’autant d’alliés que possible dans sa lutte pour devenir un Etat indépendant. Cette affirmation était hypocrite parce que Truman n’a jamais été un chaud partisan de l’Etat d’Israël. En réalité, il avait fait de nombreuses déclarations qui témoignaient de son profond scepticisme devant la thèse selon laquelle le nouvel Etat permettrait d’aboutir à une quelconque résolution pacifique du conflit. S’il est vrai qu’il finit par acquiescer et permit à ses représentants de voter en faveur de la résolution onusienne de partition et que les Etats Unis reconnurent le nouvel Etat, le Lehi n’avait aucune possibilité de le savoir en 1947.

Si le Lehi avait sombré dans le néant après 1948, alors rien de tout ça n’aurait plus eu d’importance particulière. Mais Yitzhak Shamir, le chef du Lehi, et Menahem Begin, le chef de l’Irgoun, devinrent premiers ministres. Leurs successeurs ont assumé les rênes du pouvoir et dirigé Israël pendant une bonne partie de ces quarante dernières années. Israël est devenu un Etat qui incarne la vision de ces anciens terroristes israéliens.
L’assassinat a fini par devenir la signature des méthodes d’Israël pour débarrasser la Terre de ses ennemis politiques parmi les Arabes. A ce jour, le Mossad et le Shabak [sécurité intérieure] pratiquent le meurtre comme politique d’Etat (lisez mon article sur Mint Press qui relate l’assassinat d’Omar Zayed par Yossi Cohen du Mossad).

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Omar Zayed assassiné en 2016 en Bulgarie par les terroristes sionistes

En outre, les héritiers d’extrême droite du Lehi et de l’Irgoun rejettent aussi le pragmatisme de la vieille gauche travailliste qui voulait faire avancer son projet de façon graduelle. Si le Parti Travailliste était une main de fer dans un gant de velours, le Likoud est la main de fer sans gant d’aucune sorte prête à frapper durement pour la suprématie juive, le nettoyage ethnique et le maximalisme dans tous les domaines. Bibi Netanyahou, c’est Avraham Stern en costume.

Ce que Begin a accompli à une relativement petite échelle à Deir Yacine, Ben Gourion l’a fait à grande échelle avec la Nakba. Les guerres israéliennes de conquête qui suivirent en 1956 et 1967 et l’aventurisme militaire d’Israël à Gaza et au Liban depuis le tournant du siècle sont dans la même veine que la vision terroriste des débuts avec Israël comme Etat garnison qui domine la région et impose sa volonté à quiconque ose être en désaccord.

Original: Hank Johnson, membre du Congrès US, compare les colons sionistes à des termites

26 juillet 2016

Représentant Démocrate : les colons israéliens sont comme des termites

par Mark Hensch, The Hill (USA) 25 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Le Représentant au Congrès Hank Johnson

Le Représentant Hank Johnson (Démocrate, Géorgie) a comparé lundi les colons israéliens à des termites pendant une discussion sur les relations Israël  -Palestine.

« Il y a eu un flux régulier, presque comme les termites qui peuvent entrer dans une maison et la manger avant même que vous sachiez que vous avez été dévoré et qu’elle s’écroule sur vous, » a-t-il dit selon le Washington Free Beacon.

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Les termites peuvent grignoter non seulement votre rampe d’escalier mais toute partie en bois de votre maison

« Il y a eu une activité de colonisation qui est allée de l’avant en toute impunité et en s »accélérant au point que c’en est devenu alarmant, » a déclaré Johnson lors d’un événement sponsorisé par l’US Campaign to End the Israeli Occupation (campagne pour mettre fin à l’occupation israélienne).

Le Washington Free Beacon de lundi explique que l’organisation fédère le soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS)

Johnson a affirmé que l’occupation actuelle par Israël de territoires disputés [The Hill fait ici sienne la terminologie employée par le régime sioniste, NdT] réduit les chances d’une Palestine indépendante.

« Nous sommes arrivés au point où l’idée d’une patrie palestinienne s’éloigne de plus en plus de la réalité, » a-t-il dit.

« Vous voyez que les maisons sont appropriées l’une après l’autre par la population juive qui vient revendiquer cette parcelle du territoire simplement parce que personne n’y a passé la nuit, » a déclaré Johnson, membre de la Commission parlementaire des forces armées.

« La maison dans laquelle leurs ancêtres [palestiniens] ont vécu pendant des générations devient une maison israélienne et un drapeau se lève dessus. Les Palestiniens n’ont pas le droit de hisser des drapeaux dans leurs propres quartiers. »

Johnson a aussi comparé le ministre israélien de la défense Avidor Lieberman au candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump.

« Le fait est que dans le gouvernement israélien, qui est le gouvernement le plus à droite qui ait jamais existé dans l’Etat d’Israël, un gouvernement d’extrême droite, vous avez un type comme Trump qui est actuellement ministre de la défense et qui tire les ficelles de la défense en Israël, » a-t-il dit, ajoutant que d’autres membres du Congrès partagent son point de vue.

 

Une délégation saoudienne en visite à Jérusalem

22 juillet 2016

Ceux qui observent les événements en Syrie constatent généralement le soutien apporté par l’Occident aux forces qu’on appelle communément « djihadistes », c’est-à-dire l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh) et al Qaïda.

Ce soutien habituellement éludé par la grande presse, à quelques exceptions près, n’a cependant pas manqué d’être relevé suite à l’assassinat par décapitation en Syrie d’un enfant (présenté comme un soi-disant enfant soldat d’une milice palestinienne pro-gouvernementale) par des combattants appartenant à une organisation soutenue par les Etats Unis ainsi que l’a reconnu le Pentagone.

On évoque par contre moins souvent le soutien apporté aux « djihadistes » par le régime sioniste, un soutien qui est particulièrement apparent dans la région du Golan et qui ne se borne pas comme certains le croient à une aide médicale.

Ce soutien de l’entité sioniste aux « djihadistes » en Syrie est bien entendu cohérent avec celui qu’apportent les pays occidentaux mais il l’est aussi avec la politique de la monarchie saoudienne qui est leur principal parrain dans la région.

Et en effet, le régime sioniste comme l’Arabie Saoudite ont un intérêt commun à affaiblir l’axe qui réunit le Hezbollah, la Syrie et l’Iran et à essayer d’éliminer le dernier régime qui se réclame du nationalisme arabe

Cette communauté d’intérêt s’est traduite par un certain nombre de signaux adressés au régime sioniste par le biais de la presse saoudienne, puis de rencontres discrètes et lus tard ouvertes sur des thématiques non directement politiques et dans des pays tiers.

 Nous sommes aujourd’hui arrivés à un stade avancé du rapprochement entre la monarchie saoudienne et le régime sioniste puisqu’une délégation saoudienne dirigée par un ancien officier supérieur de l’armée et ancien diplomate vient de séjourner dans l’entité sioniste où elle a pu rencontrer un carde du ministère des affaires étrangères et quelques députés d’opposition.

Le but de la visite était, selon ce qu’en ont dit certains députés de l’entité sioniste, d’encourager un dialogue chez les parlementaires autour de l’initiative arabe de paix.

Un prétexte qui laisse perplexe. En effet, si c’était là le véritable objectif de la visite, il aurait fallu que les rencontres ne se limitent pas à quelques députés d’une opposition marginale.

Par ailleurs, le simple fait que cette visite ait eu lieu adresse au régime sioniste le signal que le rapprochement se fera de toute façon puisqu’elle n’a pas été assortie de contreparties. En tout cas pas des contreparties en relation avec les droits du peuple palestinien.

 

Un ancien Général saoudien séjourne en Israël et rencontre le Directeur Général pour le Moyen-Orient du ministère des affaires étrangères

Pendant ce voyage des plus inhabituels, le Général en retraite Anwar Eshki a également rencontré un groupe de membres de la Knesset pour encourager le dialogue en Israël sur l’initiative arabe de paix.

Par Barak Ravid, Haaretz (Sionistan)  22 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Général en retraite saoudien a visité Israël cette semaine et a rencontré le Directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold et le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires, le Général-Major. Yoav Mordechai.

Eshki, qui conduisait une délégation d’universitaires et d’hommes d’affaires saoudiens a aussi rencontré un groupe de membres de la Knesset pour encourager le dialogue en Israël sur l’initiative arabe de paix.

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L’ex général saoudien Anwar Eshki à la rencontre de députés sionistes

Eshki a occupé des fonctions importantes dans l’armée saoudienne et au ministère des affaires étrangères et il dirige actuellement un institut de recherche. On ignore son degré de proximité avec les responsables du gouvernement de Ryad et du palais royal. Même si ce n’était pas une visite officielle, elle était des plus inhabituelles car Eshki ne pouvait pas s’être rendu en Israël dans l’approbation du gouvernement saoudien.

Eski et Gold avaient participé à une manifestation conjointe médiatisée dans un institut de recherche à Washington en juin 2015 après plusieurs rencontres en privé dans des contextes universitaires l’année qui avait précédé. Gold avait assisté à cette manifestation quelques jours avant d’assumer le rôle de Directeur-général au ministère des affaires étrangères.

Eshki et sa délégation sont arrivées en Israël en début de semaine. Ils ont aussi rencontré le Président palestinien Mahmoud Abbas et d’autres hauts responsables du gouvernement de Ramallah.

Leurs rencontres avec les deux officiels israéliens – Gold et Mordechai – n’ont pas eu lieu dans un bureau du gouvernement mais à l’hôtel King David à Jérusalem.

L’ancien Général et les délégués ont rencontré vendredi des députés d’opposition. La rencontre a été organisée par le député du Meretz Esawi Freige et elle a vu la participation des députés Michael Rozin, du même parti, de Ksenia Svetlova et Omer Bar-Lev de l’Union Sioniste. Freige a déclaré à Haaretz que les délégués avaient aussi rencontré mardi le président de Yash Atid, Yair Lapid. Il a dit que Lapid voulait que deux membres de son parti, les députés Jacob Perry et Ofer Shelah assistent à la réunion de vendredi mais que àa n’a pas marché à cause de problèmes d’agendas.

Freige, Svetlova et Rozin ont déclaré lors de conversations avec Haaretz que Eshki et les délégués avaient voulu rencontrer des parlementaires israéliens afin d’encourager le dialogue en Israêl sur l’initiative arabe de paix. Ils ont ajouté que pendant la réunion de vendredi, les membres de la Knesset avaient proposé qu’Eshki invite les députés israéliens qui soutiennent l’initiative à une réunion en Arabie Saoudite. « Les Saoudiens veulent s’ouvrir à Israël, » a déclaré Freige. « C’est une étape stratégique pour eux. Ils disent qu’ils veulent poursuivre de que l’ancien président égyptien Anouar Sadate avait commencé. Ils veulent se rapprocher d’Israël. C’est tout à fait évident. »

Pendant la réunion, le général saoudien en retraite a parlé aux députés de sa relation avec Gold, observant que le Directeur-Général du ministère des affaires étrangères avait écrit un livre anti-saoudien intitulé « Le royaume de la haine » il y a une dizaine d’années. Eshki a dit aux membres de la  Knesset que, au cours d’une de leurs rencontres, Gold avait présenté des excuses pour ses accusations contre l’Arabie Saoudite et avait dit qu’une partie de ce qu’il avait écrit était faux et il avait souligné qu’il souhaitait renforcer les relations entre les deux pays.

Boycotter l’entité sioniste, c’est être du bon côté de l’histoire!

26 juin 2016

Le Washington Post publie une tribune d’une militante du BDS, le mouvement qui appelle au boycott, au désinvestissement et à des sanctions contre l’Etat sioniste tant qu’il ne respecte pas le droit international et continue sa politique de répression et de colonisation de la Palestine.

L’auteure, Rebecca Vilkomerson, attire l’attention sur certains aspects très importants en lien avec la campagne BDS.

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Rebecca Vilkomerson de Jewish Voice for Peace

Elle rappelle d’abord l’efficacité de cette campagne en citant notamment deux exemples de grandes entreprises qui se sont désengagées du marché de l’entité sioniste.

Elle relève ensuite l’évolution de l’opinion publique en Occident, et aux Etats unis singulièrement, qui tend à éprouver de plus en plus de sympathie à l’égard du peuple palestinien.

 Elle observe enfin que, en contradiction avec cette évolution des opinions publiques, une campagne concertée cherche à faire adopter et appliquer des réglementations qui prétendent interdire les appels au boycott au motif de leur caractère antisémite.

Ce dernier point est d’une importance particulière puisque, ainsi qu’elle le signale, et comme l’avaient déjà fait Glenn Greenwald et Andrew Fishman,  cette campagne de dénigrement du BDS a pu obtenir d’un gouverneur d’Etat, celui de New York, qu’il arrête des mesures répressives à l’encontre du BDS, passant par-dessus la tête de l’assemblée de l’Etat qui avait renoncé à voter une loi en ce sens.

On observe la même chose en France où une circulaire signée par Mme Michelle Alliot-Marie en 2010 appelle les juges à se saisir des appels au boycott de l’entité sioniste qui seraient des appels à la discrimination! Michelle Alliot-Marie était ministre d’un gouvernement de droite. L’arrivée des socialistes n’a pas entraîné l’abrogation de cette circulaire. L’actuel Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas qui, en son temps, avait manifesté son opposition à cette circulaire n’en a pas reparlé depuis…

Comme le notaient Glenn Greenwald et Andrew Fishman, certains politiciens sont ouverts, voire même enthousiastes, à l’idée de sanctionner leurs propres concitoyens quand ils appellent à œuvrer pacifiquement pour contribuer à mettre un terme à une politique d’oppression et de déni du droit !

En se comportant ainsi, ces politiciens nous disent clairement qu’ils ne sont pas là pour servir leurs électeurs de compatriotes mais plutôt pour servir les intérêts d’une puissance étrangère qui méprise le droit international depuis des dizaines d’années.

Je suis juive et je veux que les gens boycottent Israël

Ce pays doit être tenu responsable de ses violations des droits de l’homme

par Rebecca Vilkomerson, The Washington Post (USA) 24 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Rebecca Vilkomerson est directrice exécutive de Jewish Voice for Peace.

En 2009, j’habitais à Tel Aviv ai moment de l’opération Plomb Durci. Pendant cette offensive, Israël a tué environ 1 400 Palestiniens à Gaza. Les quelques uns d’entre nous qui étaient descendus dans la rue pour protester contre la guerre étaient souvent bombardés d’œufs ou agressés par les passants. Quand je déposai mes enfants à l’école maternelle, les parents discutaient comme si rien d’inhabituel ne se passait. Quand ils me demandaient ce qui n’allait pas, je leur disais que j’étais très préoccupée par ce qui se passait à seulement une cinquantaine de kilomètres d’ici. Leur réponse : un silence gêné ou une défense rageuse des actions d’Israël.

Je voulais agir concrètement pour la liberté et les droits des palestiniens. Alors j’ai adhéré au mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cette action non violente qui a été lancée en 2005 par une large coalition d’organisations de la société civile palestinienne est un appel à la solidarité de la communauté internationale jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et cesse de violer les droits des Palestiniens. C’est une démarche qui a du mal à frayer son chemin – le gouverneur de mon propre Etat, New York, a récemment condamné le BDS en adoptant unilatéralement un arrêté exécutoire.

Sept ans après, il y a eu deux autres agressions horribles contre Gaza. Près de 500 enfants palestiniens ont été tués en 2014. Même quand il n’y a pas de campagnes de bombardements intenses, les Palestiniens vivent en état de siège à Gaza. Les habitants de la Cisjordanie vivent sous le contrôle extrêmement contraignant de l’appareil sécuritaire israélien, avec ses checkpoints, la détention administrative et les démolitions de maisons. En Israël, les Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne vivent dans un système d’inégalité des droits. Hors d’Israël, les réfugiés ne peuvent pas rentrer chez eux.

Bien sûr, pendant ce temps, il y a eu aussi des attaques contre des civils israéliens. Elles sont un horrible symptôme de l’occupation et de la répression comme l’a observé Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, suite à l’attentat qui a récemment tué quatre Juifs israéliens.

Je suis convaincue qu’Israël ne changera pas de politique tant qu’il pourra ignorer les pressions venues de l’extérieur. Le BDS est un moyen puissant d’encourager l’Etat à agir. Et pendant les années que j’ai passées dans le mouvement, nous avons connu un succès grandissant. Les grandes églises [protestantes] ont retiré leurs investissements des entreprises qui profitent de l’occupation. Des dizaines de campus américains ont voté des résolutions pour le désinvestissement. Plus d’une centaine d’artistes refusent de se produire en Israël, et des sociétés multinationales comme G4S et Véolia se sont retirées du marché israélien.

Pendant ce temps, il y a aussi eu une évolution dans l’opinion publique. Un sondage effectué en 2015 par le Brookings Institute a montré que 49 % des Démocrates soutiennent l’imposition de sanctions économiques contre Israël et ses constructionsd e colonies. Un sondage effectué par Pew le mois dernier a montré que pour la première fois, les Démocrates libéraux éprouvaient plus de sympathie pour les Palestiniens que pour les Israéliens. En mai, l’institut d’étude de l’opinion Opsos a constaté que le tiers des Américains soutenaient le boycott, le désinvestissement et els sanctions contre Israël tant qu’il ne respecterait pas les droits des Palestiniens.

Mais nos efforts ont été menacés ici aux Etats Unis par une stratégie coordonnée à l’échelle nationale et financée par le gouvernement israélien et des organisations qui le soutiennent. L’an dernier, 22 Etats ont introduit ou adopté des législations anti-BDS. Beaucoup de ces mesures rendent illégales pour ces Etats toute relation contractuelle avec des entreprises qui soutiennent le BDS. Le gouverneur de New York, le Démocrate Andrew Cuomo, a franchi un palier dans cette stratégie avec un arrêté exécutoire draconien qui créée une liste noire des entreprises et des organisations qui soutiennent le BDS. L’arrêté exécutoire pris par Cuomo contourne l’assemblée législative de l’Etat où l’opposition des partisans des droits des palestiniens et de la liberté d’expression, dont de nombreux membres de Jewish Voice for Peace, avaient réussi à faire bloquer la législation anti-BDS en commission des lois.

C’est une erreur. Ce n’est pas faire de la discrimination que de tenir un Etat pour responsable de ses infractions au droit international et de ses violations des droits de l’homme. Etat d’Israël et peuple juif, ce n’est pas la même chose.

Mes filles, que je déposais à l’école maternelle à tel Aviv en 2009 sont maintenant au collège à Brooklyn. Si en tant que citoyennes israéliennes, elles choisissent un jour de vivre en Israël/Palestine, j’espère que ce sera une terre où tous, Juifs et Palestiniens, peuvent vivre libres et égaux. Je crois que le BDS est le meilleur outil à notre disposition pour faire de cette vision une réalité. Nous regarderons plus tard ces tentatives pour légiférer contre le BDS comme ayant été les dernières tentatives désespérées pour protéger Israël des pressions qui s’imposent pour qu’il change de politique. Cuomo se range du mauvais côté de l’histoire.

Le Juif éternel selon… selon qui au juste?

5 juin 2016

L’utilisation de l’imagerie antisémite n’est en rien une nouveauté, ni un fait exceptionnel chez les sionistes. Pour ces derniers, la caricature classique du Juif, avec le nez crochu en particulier, renvoie au Juif éternel, celui qui vit et travaille avec les Gentils ,ou à leurs dépens, et est nécessairement confronté à leur mépris et à leur hostilité. Bref, c’est le Juif anormal du peuple sans patrie avant que la création de l’Etat juif vienne rectifier cette situation. Selon la doctrine sioniste classique, l’antisémitisme des Gentils à l’égard de ce Juif de la diaspora est quelque chose de normal et d’inévitable.

Une collectivité locale israélienne reprend le financement de l’organisation de colons qui avait diffusé une vidéo antisémite

Le Conseil Régional de Shomron va transférer 195 000 dollars à l’organisation de colons qui a diffusé une vidéo représentant les Européens comme des Nazis et les gauchises comme des Juifs aux nez crochus qui collaborent avec eux.

Par Chaim Levinson, Haaretz (Sionistan) 25 mai 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Le Juif  éternel  dans l’imagerie véhiculée par un clip produit par des colons juifs de Cisjordanie

Le Conseil Régional de Shomron a récemment décidé de renouveler son soutien au Conseil des Résidents de Samarie, une association de colons, et leur allouera 750 000 shekels (195 000 dollars). Cette décision intervient juste un an après le tollé provoqué par la vidéo antisémite diffusée par l’association, qui comparait les Européens à des Nazis et les organisations de gauche à des « Juifs lâches qui collaborent avec eux pour de l’argent. »

Le Conseil des Résidents de Samarie a été fondé il y a huit ans par des militants de la région, sous la direction de l’actuel président du conseil, Yossi Dagan, pour animer des campagnes politiques au nom des colons de Cisjordanie. L’an dernier, l’organisation s’est retrouvée au centre de ceux scandales publics: le premier avait été sa campagne pour séparer Juifs et Palestiniens dans les bus en Cisjordanie et d’interdire aux Palestiniens les bus utilisés par les colons; le second avait été une vidéo qui avait été considérée comme antisémite à cause de la manière dont elle recourait à des caricatures nazies bien connues pour représenter  les organisations de la gauche israélienne. La vidéo avait provoqué une tempête de réactions aussi bien à droite qu’à gauche et le Conseil Régional de Shomrom avait par la suite décidé de suspendre ses subventions à cette organisation. C’est pour cette raison que l’ancien président du Conseil des Résidents Benny Katzover avait décidé de démissionner.

La semaine dernière, le Conseil Régional de Shomrom a décidé de reprendre son soutien financier au Conseil des Résidents de Samarie. Selon les minutes de sa réunion, l’autorité locale a conclu que le Conseil des Résidents était éligible à recevoir des subventions pour la colonisation en Samarie et a décidé de lui allouer 750 000 shekels.En même temps, le Conseil Régional de Shomrom avait besoin de financements étatiques pour équilibrer son budget. La somme que va allouer l’autorité locale représente près de la moitié du budget de l’association qui se finance aussi par des dons et d’autres sources de revenus.

Une lycéenne d’origine palestinienne exclue d’un concours d’art oratoire sur injonction du lobby sioniste.

30 mai 2016

Eloquence, plaidoyer, parler en défense/en faveur de/contre, art oratoire; difficile de traduire cette expression anglaise toute simple: speak out.

L’art oratoire est l’outil de travail privilégié des avocats, des politiciens et c’est quand même mieux quand les militants dévoués à une cause quelconque se montrent à l’aise dans le maniement du verbe et de l’argument.

La place de cet art est reconnue dans la société comme l’atteste l’existence de concours destinés notamment à la jeunesse et dont la presse se fait régulièrement l’écho.

Il existe justement un concours de ce genre Outre Manche, le Jack Petchey Speak Out Challenge qui se flatte d’être la plus grande manifestation d’expression de la jeunesse – au Royaume Uni peut-on supposer.

Eh bien, il se trouve qu’une finale régionale de ce concours a été remporté par une lycéenne palestino-britannique qui s’est exprimé sur la condition du peuple palestinien et a conquis l’auditoire à un point tel que la vidéo de sa prestation a fait le tour du net.

Ce qui n’a pas manqué d’irriter un membre du lobby qui n’existe pas qui est intervenu auprès des organisateurs du concours. Ce membre du lobby, nommé Edgar Davidson, a été efficace puisqu’il a obtenu que la jeune oratrice soit écartée de la suite de la compétition.

On se demande bien ce qu’a pu signifier ce Davidson aux organisateurs du concours pour qu’ils se plient à sa réclamation. L’article n’en dit rien, mais ont peut supposer qu’à côté de remarques sur l’éthique, la neutralité qui auraient été bafouées dans le discours de la jeune fille, devaient se trouver quelques menaces suggérées de manière plus ou moins voilées, comme par exemple celle de réduire la couverture média du concours, ou encore de porter atteinte aux budgets de la fondation en la privant des apports de mécènes et autres sponsors publicitaires.

Une lycéenne palestino-britannique exclue d’un concours d’éloquence

Leanne Mohammad, 15 ans, lycéenne à la Wanstead High School à Londres a remporté la finale régionale du Jack Petchey Speak Out Challenge [concours d’éloquence dans la défense d’une cause.

Middle East Moniitor, 30 mai 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une lycéenne palestino-britannique a été exclue d’un concours public d’art oratoire après qu’une vidéo de sa prestation émouvante soit devenue virale sur le net la semaine dernière.

Leanne Mohammed, âgée de 15 ans, et lycéenne à la Wanstead High School à Londres a remporté une finale régionale du Jack Petchey Speak Out Challenge avec son discours intitulé « Des oiseaux, pas de bombes », dans laquelle décrit lé réalité historique et contemporaine des Palestiniens sous la colonisation de peuplement.

Le concours sponsorisé par Jack Petchey est organisé par Speakers Trust et se qualifie lui-même de plus grande manifestation d’expression de la jeunesse.

En réponse à des protestations venues du blogueur anti-palestinien Edgar Davidson, la directrice du Speakers Trust, Julie Holness, a déclaré avoir pris ses « inquiétudes très au sérieux, » et a confirmé que Mohamad ne participera pas à la prochaine étape de la compétition et « ne parlera pas à la Grande Finale. »

La décision d’exclure Mohamad, prise par un panel de juges du Speakers Trust et de la Petchey Foundation, s’est basée sur deux règles : que le discours soit avoir un message positif et édifiant, » et qu’un orateur ne doit jamais provoquer ou offenser l’e public ou insulter autrui. »

Holness a proposé de faire suivre l’email de Davidson à l’école de Mohamad et elle a déclaré que le blogueur « ne devait pas hésiter à utiliser [mon numéro de téléphone au bureau] à tout moment. »

Réagissant à ces informations, Mohamad a tweeté: « Pourquoi appelle-t-on ça « Speak Out Challenge » [se faire entendre, plaider une cause] alors qu’on me fait taire? Si le Speakers Trust a retiré le discours de son site web et de sa chaîne YouTube, il a été remis en ligne ici.

L’an dernier, Davidson avait fait l’éloge du fondateur de l’English Defence League [organisation d’extrême droite] qualifié de « simplement un patriote britannique. » Son blog ‘Key Readings’ contient un article qui affirme que « les palestiniens sont une création mensongère. »


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