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La Turquie pas d’accord pour stopper la contrebande de pétrole exporté par l’Etat Islamique en Irak et au Levant

14 septembre 2014

Cet article du journal australien The Age est en fait une reprise d’un texte du New York Times avec simplement un titre différent.

Si le titre du New York Times affirme que les Etats Unis cherchent l’aide de la Turquie dans la lutte contre l’Etat Islamique (EI) ou Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), le titre de The Age affirme catégoriquement que la Turquie a opposé une fin de non recevoir à une demande très importante des Etats Unis. Les Etats Unis ont en effet demandé aux autorités d’Ankara de faire cesser la contrebande d’hydrocarbures en provenance d’Irak et de Syrie et ainsi tarir l’essentiel des revenus financiers de l’EIIL.

La Turquie a refusé pour plusieurs raisons dont certaines ont été présentées dans le post qui précède celui-ci : pour faire court, le gouvernement turc compte sur les milices de l’EI pour établir en Syrie et en Irak un ordre politique que le gouvernement présidé par Recep Tayyip Erdogan jugerait plus conforme aux intérêts de son pays.

Si 49 membres du corps consulaire sont en effet détenus par l’EIIL, il ne semble pas que leur vie soit en danger ni que leur sort ait pour l’instant une quelconque influence sur la politique turque dans la région.

La Turquie craint qu’une défaite de l’EIIL soit suivi d’un reflux sur son territoire de nombre de miliciens « djihadistes ». C’est en effet de Turquie que nombre d’entre eux sont venus et l’EIIL a de plus multiplié ses implantations en Turquie même, non seulement dans les zones frontalières mais jusque dans la métropole qu’est Istanbul et recrute des citoyens turcs par centaines.

Le ville industrielle de Dilovasi en périphérie d'Istanbul est un centre de recrutement de l'Etat Islamique en Irak et au Levant

Le ville industrielle de Dilovasi en périphérie d’Istanbul est un centre de recrutement de l’Etat Islamique en Irak et au Levant

Oserais-je dire que les lendemains risquent de déchanter pour Ankara, que les djihadistes perdent ou gagnent ?

Et pour finir, n’oublions pas l’esprit mercantile de Recep Tayyip Erdogan et de sa base politique : les régions méridionales de la Turquie proches de la Syrie et de l’Irak ont été dûrement touchées économiquement par les troubles dans les pays voisins. Leur assurer de l’essence à bon marché, fut-elle de contrebande, faire vivre un négoce lucratif est donc un moyen de solidariser avec le gouvernement les couches de la population qui profitent de ce trafic.

Autant de bonnes raisons pour éviter d’entrer en conflit avec l’EIIL. Les opposants syriens « modérés » selon Laurent Fabius et David Cameron sont arrivés à la même conclusion que le gouvernement turc et font entente avec l’Etat Islamique.

Observons pour conclure que l’armée américaine s’est pour l’instant gardée de s’attaquer aux camions qui acheminent en Turquie le pétrole exporté par l’EIIL.

La Turquie ne bloque pas les revenus pétrolier de l’Etat Islamique malgré la pression des Etats Unis

David E. Sanger et Julie Hirschfeld Davis, The Age (Australie) 14 septembre 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Washington: L’administration Obama s’efforce de bloquer les millions de dollars de revenus pétroliers qui ont fait de l’Etat Islamique une des organisations terroristes les plus riches de l’histoire, mais elle a pour l’instant été incapable de persuader la Turquie, le pays allié membre de l’OTAN où la plus grande partie du pétrole est écoulée sur le marché noir, de s’attaquer à un vaste réseau de vente.

Les officiels du renseignement occidental disent pouvoir suivre les cargaisons de pétrole de l’Etat Islamique quand elles sont transportées d’Irak vers les régions frontalières du sud de la Turquie.

En dépit de longues discussions internes au Pentagone, les forces américaines n’ont jusqu’à présent pas attaqué les camions citernes.

Cependant, a déclaré vendredi un haut responsable de l’administration Obama, « cela reste une option. »

Les difficultés pour un élargissement de l’action contre l’Etat Islamique sous la direction des Etats Unis ont été évidentes dans les discussions qu’a eues le Secrétaire d’Etat US John Kerry avec le président égyptien Fattah al-Sisi qui a exhorté la coalition militaire à cibler d’autres organisations plutôt que l’Etat Islamique.

L’absence de volonté de la Turquie de contribuer à enrayer le commerce pétrolier symbolise l’ampleur des défis auxquels est confrontée la Maison Blanche pour assembler une coalition pour contrer l’organisation militante sunnite et pour lui couper les vivre.

L’accès de l’Etat Islamique à l’argent est essentiel pour lui permettre de recruter des membres, de faire face à la masse salariale de plus en plus importante de ses combattants, d’étendre son rayon d’action et opérer à travers le territoire de deux pays.

« Sous beaucoup d’aspects, la Turquie est une carte maîtresse dans l’équation de cette coalition, » explique Juan Zarate, conseiller principal au Centre for Strategic and International Studies.

« C’est une grande déception : Il existe un vrai danger que la démarche pour affaiblir et détruire l’EIIL soit fragilisée, » explique M. Zarate parlant de l’Etat Islamique. « On a un important allié dans l’OTAN et on ne sait pas si il a la volonté et la capacité de couper le flux d’argent, de combattants et de soutien vers l’EIIL. »

Jeudi, la Turquie a refusé de signer un communiqué en Arabie Saoudite portant engagement des Etats du Golfe persique de la région [c.à.d. sauf l’Iran, NdT] à contrer à l’Etat Islamique, même dans les limites que chaque nation considérera « appropriées ».

Les responsables turcs ont dit à leurs homologies américains qu’avec 49 diplomates turcs retenus en otages en Irak, ils ne pouvaient pas courir le risque de prendre position publiquement contre l’organisation terroriste.

Pourtant, les officiels de l’administration américaine disent croire que la Turquie pourrait considérablement perturber les entrées d’argent vers l’Etat Islamique si elle essayait de le faire.

« Comme n’importe quelle sorte d’activité de contrebande et de marché noir, si vous y mettez les moyens et fautes l’effort de l’attaquer, vous ne l’éradiquerez sans doute pas, mais vous pouvez l’entamer fortement, » a déclaré samedi un haut responsable de l’administration.

Au centre des discussions, on trouve les dizaines de champs pétroliers et de raffineries en terrritoire irakien et syrien passés sous le contrôle de l’organisation. L’extraction a généré un flus financier régulier que les experts situent entre 1 et 2 millions de dollars par jour ; un montant dérisoire au regard du marché pétrolier mondial mais une formidable aubaine pour une organisation terroriste.

Mettant en relief la complexité de la mission de M. Kerry en vue d’obtenir du soutien au Moyen Orient, le président égyptien avait dit auparavant au Secrétaire d’Etat en visite qu’une coalition internationale contre le terrorisme ne devait pas seulement se concentrer sur les militants de l’Etat Islamique, mais aussi sur Ansar Bayt al-Maqdis et l’ennemi du régime égyptien, les Frères Musulmans.

Les responsables sécuritaires égyptiens ont affirmé que l’Etat Islamique avait établi des contacts avec Ansar Bayt al-Maqdis, l’organisation militante la plus dangereuse du pays qui a tué des centaines de membres des forces de sécurité depuis que l’armée a renversé le président islamiste Mohamed Morsi l’an dernier après des manifestations massives contre lui.

New York Times, Reuters

La Turquie prise au piège de sa propre diplomatie

17 février 2012

La Turquie qui voulait avoir « zéro problème » avec ses voisins a finalement obtenu le résultat inverse. Ne vouloir mécontenter personne ne remplace pas une politique censée servir les intérêts nationaux et la Turquie s’en aperçoit maintenant à ses dépends.

On a également du mal à voir quelle est la vision stratégique d’Ankara car sinon comment expliquer que, alors que les relations étaient au beau fixe, la direction politique turque ait tourné ainsi le dos au gouvernement syrien. A l’heure précisément où la Turquie aurait dû se servir de la qualité de ces relations pour encourager les autorités de Damas à faire des réformes audacieuses.

Au lieu de quoi, la Turquie s’est lancée dans une surenchère diplomatique visant à isoler la Syrie et a stimulé l’irrédentisme de la partie de l’opposition qui rêve d’exterminer le président Bachar al-Assad et ses proches (c’est du moins la partie la plus claire de son projet politique).

Si le régime syrien ne tombe pas à plus ou moins brève échéance, la Turquie va se trouver confrontée à un épineux problème qui remettra en cause ses projets de développement dans sa partie sud-est. Et que le régime syrien tombe ou pas, le problème kurde deviendra sans doute encore plus difficile à gérer.

Si on regarde du côté de l’entité sioniste ; on constate que le gouvernement turc n’est pas allé au-delà de certains gestes qui, même s’ils sont forts comme l’expulsion de l’ambassadeur de Tel Aviv, sont contredits par certaines postures d’Ankara comme la reprise des échanges d’informations entre les deux armées de l’air ou l’autorisation de survol du territoire turc par des engins de l’armée sioniste. On constate aussi, et c’est un coup dur pour la Turquie, que l’entité sioniste s’est beaucoup rapprochée de la Grèce, l’ennemi historique de la Turquie et de Chypre avec laquelle la Turquie a un double contentieux lié d’une part au contrôle (illégal) qu’exerce l’armée turque sur le nord de l’île et d’autre part à l’exploration des ressources en hydrocarbures des fonds marins, une activité contre laquelle la Turquie a récemment levé le ton. Avec pour résultat de pousser le gouvernement de Nicosie à se rapprocher du régime sioniste. Un régime sioniste qui, disons-le en passant, semble beaucoup plus intégré à l’Union Européenne que ne l’est ou ne le sera jamais la Turquie.

Une preuve de plus qu’Ahmet Davutoglu, le chef de la diplomatie turque avait raison quand il disait que plus tarderait le règlement du problème palestinien plus le prix à payer serait élevé pour tous les pays de la région, Turquie comprise

Et en parlant de prix justement, la Turquie se lamente maintenant de prix de l’énergie trop élevés en raison de la crise avec l’Iran et ce, malgré tous les efforts du ministère turc de l’énergie pour faire baisser les prix dans le cadre d’accords bilatéraux.

Il y a en effet quelque chose de pathétique à voir un ministre turc se lamenter pour une situation que son gouvernement a contribué à aiguiser par son rôle dans l’affaire syrienne (car l’agression contre la Syrie est une modalité de la guerre contre l’Iran) et par l’accueil d’un système de radars de l’OTAN tourné explicitement contre la «menace» iranienne. Menace est entre guillemets car le seule menace proférée par l’Iran est d’exercer des représailles contre tout pays qui l’agresserait.

Le premier ministre Pakistanais Gilani, le président Afghan Karzai et ses homomogues Pakistanais et Iranien Zardari et Ahmadinejad tiennent une très importante réunion au sommet à Islamabad

 La    tension sur le nucléaire iranien fait échouer les efforts de la Turquie pour le pétrole

Hurriyet (Turquie) 17 février 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’instabilité mondiale qui résulte en partie des tensions entre Washington et Téhéran au sujet du programme nucléaire de ce dernier se traduit par des coûts de l’énergie de plus en plus élevés sur le marché domestique turc en dépit des gros efforts d’Ankara pour importer des ressources énergétiques à un prix plus abordable, a déclaré hier Taner Yildiz, ministre de l’énergie.

“Les prix de l’énergie continuent à augmenter du fait de la pression exercée par l’instabilité politique mondiale en dépit de tous les efforts de la Turquie pour faire baisser les prix par des accords bilatéraux, » a déclaré Yildiz pendant la réunion à Ankara de la commission mixte Turquie – Afrique du Sud.

“Nous ne sommes pas satisfaits de cette situation,” a ajouté Yildiz

“Les efforts de la Turquie – pour s’entendre sur des importations d’énergie meilleur marché – s’avèrent finalement inutiles, » a-t-il dit selon l’agence de presse Anatolia.

Observant que le pris du baril de pétrole brut est passé de 108$ à 118$ du fait des menaces par l’Occident d’imposer des sanctions contre l’Iran pour son programme nucléaire et les menaces en retour par Téhéran de fermer le détroit d’Ormuz au trafic des navires pétroliers, Yildiz a déclaré, « Le simple fait de prononcer le mot sanction suffit à faire peser un fardeau sur nos épaules.»

Mais Yildiz a aussi dit que les relations commerciales avec l’Iran ne rencontraient aucun problème et se poursuivaient au contraire comme d’habitude.

En dépit d(un hiver exceptionnellement rigoureux en Turquie, le pays continue d’importer sans problème du gaz et du pétrole de chez son voisin oriental.

“Nos exigences d’un gaz naturel moins cher sont maintenues dans un cadre autre que celui de nos relations commerciales avec l’Iran,” a déclaré Yildiz.

La Turquie a déféré l’Iran devant le tribunal arbitral international le 16 janvier en raison d’un désaccord sur les prix du gaz.

L’Irak étudie des alternatives

L’Irak considère aussi des options pour exporter le pétrole produit dans ses puits du sud au cas où l’Iran bloquerait le détroit d’Ormuz par où transite environ deux tiers de sa production, a annoncé hier le ministre Irakien de la planification,  Ali Youssef al-Shukri cité par Bloomberg.

Le voisin au sud de la Turquie étudie trois routes alternatives, don’t une via la Syrie et le Liban, et par via le port méridional turc de Ceyhan sur la méditerranée, a dit le ministre de la planification.

“Le gouvernement irakien est préoccupé par le problème de la fermeture du détroit d’Ormuz, » a-t-il ajouté.

L’intensification de la guerre économique contre l’Iran

7 janvier 2012

Je ne ferai pas de commentaires sur ce papier de Pepe Escobar sauf pour dire que le chantage qu’exerce un pays de merde sur les élus des Etats Unis a eu et aura encore des conséquences désastreuses pour le monde. Et pour les Etats Unis eux-mêmes.

Et que Pepe Escobar omet quand même de signaler que la position de l’occident sur ce qui se passe en Syrie a un lien direct avec la volonté d’accroître l’isolement de l’Iran dans la région.

La guerre économique irano-américaine

par Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 6 janvier 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

NEW YORK – Je vous propose un cours accéléré sur la manière de ruiner encore plus l’économie mondiale

Un amendement crucial au National Defense Authorization Act signé par le président des Etats Unis Barack Obama le dernier jour de l’année 2011 – alors que personne n’y prêtait attention – impose des sanctions à tout pays ou entreprise qui achète du pétrole iranien et le paye via la banque centrale de l’Iran. A partir de cet été, quiconque aura interdiction de faire des affaires avec les Etats Unis.

Cet amendement – en pratique, une déclaration de guerre économique – vous a été offerte par l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), sur instructions directes de la machine de propagande israélienne qui a essayé de le rationaliser en le présentant comme le plan B de l’administration Obama dans son opposition au déclenchement unilatéral, par les chiens de guerre israéliens, d’une guerre contre l’Iran et son supposé programme nucléaire militaire.

La stratégie de départ des Israéliens était cependant encore plus hystérique – elle consistait à empêcher n’importe quel pays ou entreprise de payer du pétrole iranien importé avec de possibles exceptions pour l’Inde et la Chine. Par-dessus le marché, les Américains pour Israël avant tout [American Israel-firsters] voulaient persuader tout un chacun que cela n’entraînerait pas de hausse continue des cours du pétrole.

Faisant une fois de plus de l’étalage de leur incomparable capacité à se tirer une balle dans le pied, les gouvernements de l’Union Européenne (UE) discutent de la poursuite ou de l’arrêt des achats de pétrole iranien. La question existentielle qu’ils se posent est devrions-nous boycotter dès maintenant ou attendre quelques mois. Aussi inévitable que la mort ou l’impôt, le résultat a été – what else – une augmentation des prix du pétrole. Le baril de Brent oscille autour de 114$ et il ne peut aller qu’à la hausse.

Donnez-moi du brut en temps voulu

L’Iran est le deuxième plus grand producteur de l’Organisation des Pays Exportateurs de pétrole (OPEP) et exporte jusqu’à 2;5 millions de barils par jour. Environ 450 000 de ces barils sont destinés à l’Union Européenne – deuxième plus important marché pour l’Iran après la Chine.

Le bureaucrate sans visage aux ordres, le commissaire européen à l’énergie Gunther Ottinger, raconte que l’UE peut compter sur l’Arabie Saoudite pour compenser l’arrêt de l’approvisionnement en Iran.

Tout expert pétrolier qui se respecte sait que l’Arabie Saoudite n’a pas nécessairement la capacité supplémentaire nécessaire. De plus, et c’est très important, l’Arabie Saoudite a besoin de gagner beaucoup d’argent grâce à un pétrole cher. Parce que, après tout, la dynastie contre révolutionnaire des Saoud a salement besoin de cet argent pour acheter la paix sociale auprès de ses sujets pour qu’ils rejettent toute idée d’un printemps arabe local.

Ajoutez à ça la menace de Téhéran de bloquer le détroit d’Ormuz, empêchant ainsi 1/6ème du pétrole mondial et 70 % des exportations de l’OPEP de rejoindre le marché ne nous étonnons pas si les courtiers en pétrole dans le monde s’affairent à acquérir autant de pétrole que possible.

Oubliez le pétrole au prix abordable de 50 ou même 70$ le barils. Le prix du pétrole pourrait bientôt atteindre 120$ et même 150$ le baril cet été, exactement comme au moment de la crise de 2008. Rappelons en passant que l’OPEP n’a jamais extrait autant de pétrole que maintenant depuis fin 2008.

Alors ce qui a commence comme un engin explosive improvise place sur le bord de la route par les israéliens a maintenant évolué en multi-attentat suicide économique qui vise des pans entiers de l’économie mondiale.

Ne nous étonnons pas si le président de la commission parlementaire iranienne pour lé sécurité nationale et la politique étrangère Al’eddin Broujerdi a averti que l’Occident avait sans doute commis une « erreur stratégique » avec ces sanctions pétrolières.

Traduction: au train où vont les choses, le résultat de la manœuvre sera une profonde récession mondiale en 2012.

Obama lance les dés

En premier lieu, Wahington avait fait savoir que les sanctions contre la banque centrale iranienne «n’étaient pas sur la table». Après tout, l’administration Obama elle-même savait bien qu’elles auraient eu pour effet de faire monter les prix du pétrole en flèche et auraient garanti un aller simple ver plus de récession mondiale. Le régime iranien, qui plus est, aurait tiré encore plus de revenus de ses exportations pétrolières.

Pourtant, le combo Bibi – AIPAC n’a pas eu de mal à imposer l’amendement via ces Mecques des Israël avant tout que sont le Sénat et le Congrès des Etats Unis – alors même que le Secrétaire d’Etat au Trésor Tim Geithner s’y opposait expressément.

L’amendement qui vient d’être adopté pourrait ne pas représenter les «sanctions paralysantes» exigées bruyamment par le gouvernement israélien. Téhéran va ressentir la pression – mais pas à un niveau insupportable. Seuls pourtant ces irresponsables qui siègent au Congrès des Etats Unis – méprisés par une écrasante majorité des Américains selon nombre de sondages – pouvaient vraiment croire qu’ils pouvaient retirer 2,5 millions de barils/jour d’exportations pétrolières iraniennes du marché mondial sans conséquences dramatiques pour l’économie du monde.

L’Asie a de plus en plus besoin de pétrole – et elle continuera à en acheter à l’Iran. Et les cours du pétrole continueront de flirter avec la stratosphère.

Alors pourquoi Obama l’a-t-il signé? Pour l’administration Obama, tout maintenant n’est plus que calcul électoral. Ces cinglés complets du cirque présidentiel républicain – à l’exception honorable de Ron Paul – promettent une guerre contre l’Iran s’ils sont élus – et des pans importants de l’électorat sont assez paumés pour gober ça.

Personne, cependant, ne se livre aux calculs élémentaires qui amènent à conclure que les économies européenne et américaine n’ont certainement pas besoin d’un pétrole flirtant avec le niveau des 120$ si on veut un minimum de reprise de l’économie.

Montrez- moi que vous en avez

A part la bande autodestructrice de l’OTAN/UE en phase terminale de crise, tout le monde va contourner cette déclaration israélo-américaine de guerre économique :

– La Russie a déjà annoncé qu’elle la contournerait

– L’Inde paye déjà son pétrole iranien via la Halkbank en Turquie

– L’Iran discute activement avec la Chine pour lui vendre plus de pétrole. L’Iran est le deuxième fournisseur pétrolier de la Chine, derrière l’Arabie Saoudite. La Chine paye en euros et pourrait bientôt faire ses règlements en yuan. Vers mars, ils auront signé un accord sur le nouveau prix.

– Le Venezuela et l’Iran sont associés depuis 2009 dans une banque par laquelle transitent les paiements à l’Iran pour son commerce en Amérique latine.

– Même des allies traditionnels des Etats Unis veulent déroger. La Turquie qui importe près de 30 % de son pétrole d’Iran va demander une exemption des sanctions US pour Tupras, l’importateur turc.

– Et la Corée du Sud cherchera aussi une exemption pour l’achat d’environ 200 000 barils par jour – 10 % de ses besoins – en Iran en 2012.

La Chine, l’Inde et la Corée du Sud ont toutes de complexes liens commerciaux bilatéraux avec l’Iran (le commerce Chine-Iran par exemple s’élève à 30 milliards de dollars par an et se développe). Ces échanges ne vont pas disparaître parce que l’axe Tel Aviv/Washington l’a décrété. Il faut donc s’attendre à l’éclosion de nouvelles banques privées à travers le monde en développement dans le but d’acheter du pétrole iranien.

Washington n’aura pas le cran d’essayer d’imposer des sanctions à des banques chinoises parce qu’elles traiteront avec l’Iran.

D’un autre côté, on peut saluer le courage de Téhéran. Après une campagne secrète incessante d’assassinats, d’enlèvements de savants Iraniens, d’attaques transfrontalières dans la province du Sistan-Baloutchistan, de sabotages par Israël de ses infrastructures, avec des virus informatiques ou par d’autres moyens, la violation de son territoire par des drones espions US, les menaces non stop des Israéliens et des Républicains d’une opération « choc et effroi », et la vente par les Etats Unis de 60 milliards de dollars d’armement à l’Arabie Saoudite, l’Iran refuse toujours de plier.

Téhéran vient tout juste de tester – avec succès – ses propres missiles de croisière dans le détroit d’Ormuz, entre autres lieux. Mais quand Téhéran réagit aux mesures agressives non stop de l’Occident, on l’accuse « d’actes de provocation. »

Vendredi dernier, la rédaction du New York Times était complètement séduite par les menaces du Pentagone contre l’Iran ainsi que par les appels à une «pression économique maximale.»

Pour l’essentiel, ce sont les Iraniens moyens qui souffriront – tout comme les Européens moyens endettés et frappes par la crise. L’économie des Etats Unis souffrira aussi. Et à chaque fois que l’Occident se mettra à devenir par trop hystérique, Téhéran se réservera le droit de faire grimper en flèche les prix du pétrole.

Le régime de Téhéran continuera à vendre du pétrole, il continuera à enrichir de l’uranium et, surtout, ils ne tombera pas. Comme un missile Hellfire frappant une noce pachtoune, ces sanctions occidentales échoueront lamentablement. Mais pas sans faire au passage un gros dommage collatéral – en occident même.

L’OTAN en Libye, ou quand les fripouilles parlent d’honneur (comme les mafieux, c’est vrai)

4 septembre 2011

L’intervention militaire de l’OTAN en Libye, avec la participation de démocraties avancées comme la Jordanie, le Qatar ou les Emirats Arabes Unis, est l’exemple même d’une action humanitaire qui répond non seulement aux critères des droits de l’homme mais aussi de la morale.

Oui, Alain Juppé a parlé d’un « investissement sur l’avenir. » Mais en fait vous êtes trop prosaïque parce que je ne crois pas qu’il parlait de contrats pétroliers ni de contrats de »reconstruction » (oui, une spécialité de l’Occident est la reconstruction de ce qu’il a détruit). Il voulait parler du surcroît de richesse spirituelle et morale que le rôle de la France allait lui valoir et du nouveau rayonnement des valeurs universelles que porte la France.

C’est-y-pas beau ?

Un calcul électoral de la part de certains dirigeants politiques comme Cameron, Obama ou Sarkozy ainsi que le suggère le Daily Mirror ?

Une thèse étayée par les tous récents propos de François Fillon qui

a regretté dimanche au Campus UMP à Marseille la « relative indifférence qui a entouré le succès » de la diplomatie et de l’armée françaises en Libye.

« Ce qui est sûr, c’est que si Nicolas Sarkozy n’avait pas eu l’audace de sauver Benghazi, le carnage aurait eu lieu et l’honneur de la communauté internationale aurait été bafoué », a jugé le Premier ministre.

François Fillon parle d’honneur, on va croire qu’il sait ce que c’est ! S’il avait lu Hannah Arendt, François Fillon aurait compris que les victoires dans les guerres impérialistes suscitent rarement un élan populaire en faveur de ceux qui les commanditent.

Maintenant, voyons d’un peu plus près ce qu’il en est des principes chez ceux qui se sont coalisés contre le régime de Mouammar Kadhafi, en foulant aux pieds la lettre et l’esprit de la résolution 1973 de l’ONU.

Vos journaux parlent d’une opération réalisée par le gouvernement britannique afin de contourner l’embargo onusien sur la Libye qui interdisait aux « rebelles » de se procurer le carburant indispensable aux véhicules de combat et de transport. Ce contournement était en tant que tel une violation en toute connaissance de cause du droit international

Le Figaro et Le Monde vous parlent en détail de cette opération secrète.menée sous la houlette d’Alan Duncan, un ministre dont je vous avais parlé au sujet de la fermeté de ses principes. Seul le journal Le Monde apporte les précisions suivantes sur la compagnie Vitol :

Certes, les arrière-pensées de relations publiques n’étaient pas absentes après une série de scandales qui ont terni l’image de Vitol (en 2008, l’organisme américain de régulation des marchés à terme avait classé Vitol comme un spéculateur et non plus comme un intermédiaire commercial)

Ce journal qui s’inscrit lui aussi dans la démarche propagandiste au service des buts de guerre en Libye, en dit pourtant soit trop, soit pas assez..

Le Daily Mirror, nous en dit beaucoup plus, aussi bien sur la compagnie Vitol que sur le ministre Alan Duncan.

Après avoir lu l’article, je me suis dit que décidément Mouammar Kadhafi n’avait pas su s’y prendre avec les politiciens Occidentaux et qu’il avait omis de mettre à disposition quelques éphèbes locaux. Il est vrai que dans les monarchies, on sait beaucoup mieux faire sous cet aspect. Et soyez certain que des Alan Duncan, ce n’est pas ce qui manque dans les pays coalisés.

Les liens du ministre conservateur avec les milieux troubles du négoce du pétrole

Par Ryan Parryn Daily Mirror (UK) 3 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Sous le feu de la critique, le ministre conservateur Alan Duncan faisait face hier à des pressions croissantes au sujet de son rôle secret dans un accord pétrolier d’une valeur d’un milliard de dollars pour un vieil ami.

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Alan Duncan, député et ministre conservateur

Le ministre du Département pour le Développement International a secrètement négocié un accord lucratif entre la société pétrolière Vitol et les rebelles.

On a su hier soir que M. Duncan avait auparavant fait partie du personnel de l’entreprise, empochant 1 750 £ par jour.

Ses liens étroits avec Vitol et son chef Ian Taylor sont apparus au microscope par rapport à un accord pour couper l’approvisionnement en carburant des troupes du colonel Kadhafi et assurer d’énormes profits à Vitol.

Nous avons aussi appris que M. Taylor, qui est un contributeur financier du parti conservateur, avait payé des dizaines de milliers de livres sterling au cabinet privé de M. Duncan.

Des questions plus graves ont été soulevées  sur le maintien des relations entre ce député âgé de 54 ans et le milieu interlope du négoce international de pétrole.

Avant d’entrer en politique, M. Duncan s’était fait beaucoup d’argent en décrochant des contrats pour acheter et vendre de grandes quantités « d’or noir », et en le transportant à travers le globe sur une flotte de bateaux pétroliers affrétés.

Pendant une vingtaine d’années, il a évolué dans des milieux qui étaient mêlés  à des contrats douteux avec des dictateurs, des criminels de guerre et des gouvernements corrompus. Le passé d’aventurier du pétrole du député soulève un énorme point d’interrogation sur son dernier projet et a suscité des appels à une enquête du gouvernement.

Sur fond «d’énorme conflit d’intérêt, » l’ancien ministre de la défense, Bob Ainsworth, a exigé hier qu’Alan Duncan divulgue tout les détails sur cette opération secrète

M. Ainsworth, un député travailliste, et membre de la commission des affaires étrangères, a déclaré qu’il était “essentiel” de tout savoir sur la cellule du pétrole libyen, une organisation mise en place par M. Duncan qui a en définitive profité à Vitol.

Il a affirmé: « Il importe que nous trouvions des voies adéquates pour enquêter à fond sur ce sujet. Il est inacceptable que ce genre de choses se passe à huis clos. »

Et hier soir, Douglas Alexander, ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme, a déclaré : « Les ministres du gouvernement devraient consacrer leur temps à agir de manière impartiale pour l’intérêt national du Royaume Uni, pour aider le peuple libyen plutôt que de faire des déclarations grandiloquentes sur leur propre rôle et leur expertise. » De 1982 à 1988, M. Duncan, formé à Oxford, a travaillé pour Marc Rich, un négociant Américain de matières premières très controversé.

M. Rich avait été inculpé sur l’accusation de commerce illégal avec l’Iran et pour évasion fiscale, ce qui avait obligé l’Américain à vivre en Suisse parce que ce pays n’avait pas d’accord d’extradition avec les Etats Unis.

Il avait été finalement gracié pendant la dernière semaine du mandat de Bill Clinton.(grâce à l’intercession du délinquant Ehud Barak).

 M. Duncan, alors qu’il travaillait pour M. Rich, avait été impliqué dans une opération complexe pour contourner les sanctions de l’ONU contre l’Afrique du Sud de l’apartheid, selon un journal en 2001.

Le ministre a rejeté ces allégations qu’il qualifie de “malveillantes et fausses », affirmant qu’un exemplaire des documents sur l’accord lui avait été adressé par erreur.

Il a créé le cabinet Harcourt Consultants après la fuite de M. Rich des Etats Unis.

Il gagnait environ 400 000£ par an – et se vantait de s’être fait 1 million de £ pendant la guerre du Golfe en vendant du pétrole au Pakistan, entre 1988 et 1992.

A la même époque, M. Duncan mettait le pied en politique, et était élu à la chambre des Communes en 1992.

Après plusieurs postes mineurs dans le gouvernement de John Major, il joua un rôle essentiel dans l’accès de William Hague à la direction du parti Conservateur en 1997.

M. Duncan devint ministre du commerce et de l’industrie dans le cabinet fantôme dirigé par David Cameron.

Mais il maintint des liens très étroits avec ses vieux amis de l’industrie pétrolière.

En 1993 encore, alors qu’il était dans la vie politique depuis un an, M. Duncan s’était trouvé mêlé à un contrat pétrolier de plusieurs millions de £ dont l’illégalité présumée avait entraîné une enquête criminelle.

 En 2001, on avait appris que  le gouvernement pakistanais enquêtait sur une énorme cargaison de pétrole livrée en 1993, quand Vitol avait vendu 280 000 tonnes de pétrole « contaminé » à la société publique d’électricité de ce pays.

M. Duncan était un consultant rémunéré par Vitol à l’époque et il s’occupait principalement de ses opérations au Pakistan.

En 1994; le gouvernement pakistanais avait lance une enquête sur ce scandale. Elle sera abandonnée par la suite.

Rien ne permet de laisser entendre que M. Duncan ou Vitol aient agi de manière irrégulière ou illégale.

Son amitié avec Vitol, plus spécialement avec le patron de la compagnie, M. Taylor ; se poursuivra les 17 années suivantes.

M. Taylor a donné plus de 200 000£ au Parrti Conservateur, dont une bonne partie s’est retrouvée directement sur le bureau [parlementaire] de M. Duncan. M. Duncan a toujours soutenu ne pas être au courant que l’argent de son bureau venait de M. Taylor.

Le député n’était certes pas perturbé par les controverses régulières autour de Vitol.

Entre avril 2008 et avril 2009, Duncan, alors ministre du cabinet fantôme, était payé 35 000£ par an pour 20 jours de travail – 1 750 £ par jour – au service d’Arawak Energy, une société de prospection pétrolière avec des intérêts en Russie, en Azerbaïdjan et au Kazakhstan.

La société, qui a des bureau à St James, à Londres, appartient en partie à Vitol.

M. Duncan était entré à Arawak comme administrateur non exécutif, seulement quelques semaines après que cette entreprise canado-britannique ait levé des capitaux par une introduction à la bourse de Londres.

A la même époque, M. Duncan gagnait également 45 000 £ par an avec le société technologique basée à Los Angeles Catalytic Solutions.

M. Duncan -qui avait dit une fois qu’il aurait été « super-riche » s’il avait continué à travailler dans le secteur pétrolier – a démissionné de ses deux fonctions en 2009 et son cabinet de consultant avait aussi cessé ses activités.

Une démarche effectuée après que David Cameron ait exigé un contrôle sur les intérêts extérieurs des ministres du cabinet fantôme. Mais la persistance des liens lucratifs de M. Duncan avec Vitol avaient causé plus de soucis, notamment  quand des contrats pétroliers douteux ont été évoqués par les media.

Des documents montraient qu’il avait signé un contrat avec la compagnie serbe Orion pour vendre du pétrole à l’ex Yougoslavie.

En 2007, Vitol avait plaidé coupable de “vol qualifié” devant un tribunal des Etats Unis et avait été condamnée à une amende de 17 millions de dollars pour avoir payé 13 millions de dollars de dessous de table au gouvernement de Saddam Hussein pour faciliter l’obtention de contrats pétroliers.

L’éloquent M. Duncan a l’oreille des magnats du pétrole super-riches, particulièrement ceux du Moyen Orient, depuis une vingtaine d’années.

Ce politicien, ouvertement homosexuel [gay] avait même proposé le mariage à son compagnon, James Dunseath, le jour de la Saint Valentin alors qu’ils séjournaient à Oman.

Ses liens avec cette riche nation pétrolière se sont tissés par son travail et il manqué rarement de passer le nouvel an là-bas en tant qu’invité du sultanat. Ces dix dernières années, il a passé plus de 100 jours à vivre dans le luxe à Oman. Les frais sont à la charge du gouvernement du sultan qui lui a offert cinq montres, trois paires de boutons de manchette, une cafetière traditionnelle omanaise et un encensoir.

Duncan a toujours rejeté l’idée selon laquelle il y a quelque chose d’anormal dans ses relations avec le régime omanais mais, une fois encore, elles soulèvent la question de savoir comment il peut rester impartial quand il négocie des contrats pétroliers pour le compte du gouvernement britannique.

Hier soir, le député travailliste John Speller a déclaré: “Il est curieux qu’il ait gardé des liens aussi forts avec ces compagnies qui ont eu régulièrement des démêlés avec la loi. Cela soulève de graves problèmes de jugement. »

Les Etats Unis doivent transférer 300 millions de dollars d’avoirs libyens bloqués au Vitol Group pour payer le carburant livré aux rebelles.

On rapporte que Vitol a acheté deux cargaisons de pétrole brut au Conseil National de Transition, l’organisation qui chapeaute les rebelles, tout en fournissant environ 20 chargements de pétrole raffiné.

Duncan a affirmé avec force qu’il n’y a pas eu de conflit d’intérêt dans son rôle avec la cellule du pétrole libyen et il a explique que ses liens avec l’industrie pétrolière sont connus et déclarés.

L’OTAN en Libye, ou la barbarie pétrolière à visage humain

18 mai 2011

Il y a peut-être encore des gens qui pensent que l’intervention de l’OTAN e Libye est motivée par des raisons humanitaires et la protection de la population civile sur place.

A elle seule, une simple observation des événements suffit à nous démontrer qu’il n’en est rien car, tout en prétendant le contraire, les puissances coalisées font en sorte de préparer le terrain aux avancées des forces rebelles mais ciblent également des bâtiments administratifs ainsi que le colonel Kadhafi et sa famille.

Les dénégations des membres de l’axe du bien ne changent rien à cette réalité.

On peut toutefois se dire que la Libye se porterait mieux sans le colonel Kadhafi au pouvoir.

Certes, mais aucun principe légal n’autorise Londres, Paris ou Washington à se lancer dans ce genre de choses. C’est précisément pourquoi, en tant que criminels hypocrites consommés, ils pratiquent la dénégation. Or ce ne sont pas des gouvernements qui disent à la légère qu’un régime doit partir : s’ils le disent, c’est qu’ils ont décidé de se donner les moyens d’y parvenir. C’est la principale différence entre eux et le colonel Kadhafi qui tend plutôt à exceller dans des rodomontades que son pays et lui-même sont en train de payer.

Alors pourquoi cette intervention ? Pour le pétrole, tout simplement comme nous l’explique cet article de McClatchy basé sur des câbles  diplomatiques obtenus par WikiLeaks.

Parce que le pétrole ne sert pas seulement à faire fonctionner votre scooter, votre Zippo ou encore toute une gamme d’industries, il est aussi une formidable source de revenus. Il est enfin, pour celui qui contrôle les diverses phases de son cycle  – prospection, extraction, acheminement, commercialisation –  une extraordinaire source de puissance.

C’est donc dans ce contexte que l’intervention de l’OTAN en Libye doit être comprise et les choses sont très claires après lecture : les Etats Unis ont suscité l’intervention en Libye pour contrer l’implantation des entreprises pétrolières russes en partenariat avec la société italienne ENI, leader sur le sol libyen. Ce n’est pas la première fois qu’ENI s’illustre dans une démarche stratégique qui a permis à l’Italie de disposer d’un des principaux acteurs mondiaux du secteur des hydrocarbures.

Mais là c’en était trop pour les Etats Unis et le paltoquet Bernard-Botul-Henri Lévy a donc été mandaté pour crier au crime contre l’humanité et portraiturer M. Kadhafi en Hitler.

Plus c’est gros, plus ça marche car s’il faut persuader les opinions que la guerre est juste, on n’a en réalité que faire en haut lieu de ces paravents humanitaires.

C’est d’ailleurs pour cette raison que ni la Chine, ni la Russie n’ont usé de leur droit de veto. La première craignant des rétorsions non par une insistance nouvelle sur la question du Tibet mais par des perturbations de son approvisionnement pétrolier en provenance du Moyen Orient. La seconde n’a semble-t-il pas désespéré de pouvoir faire valoir ses intérêts en Libye. Ce qui est peut-être sur le point de lui être accordé et expliquerait son rapprochement progressif avec ceux qui veulent la peau de Mouammar Kadhafi. Sans oublier que les pétromonarchies démocratiques qui soutiennent la rébellion libyenne ont un pouvoir de nuisance non négligeable en Tchétchénie et dans le Proche Etranger de la Russie.

Voilà, les crimes humanitaires de l’Occident sont motivés uniquement par la cupidité et l’appétit de puissance. Et le plus drôle dans tout ça, s’il est toutefois permis d’en rire, c’est que les pays européens agissent dans un sens contraire à leurs intérêts pour complaire au gouvernement des Etats Unis.

Ils viennent également de prouver qu’ils sont capables de diaboliser du jour au lendemain celui avec qui ils traitaient pourtant volontiers aussi bien en matière d’exploitation pétrolière que d’échanges commerciaux, dont le négoce des armes. Et qui était un de leurs alliés dans la lutte contre les membres ou sympathisants ce qu’on appelle al Qaïda qui se retrouvent comme par enchantement (une prouesse de la philosophie Bhélienne) dûment estampillés démocrates. Une leçon que d’autres gouvernants, autocrates ou pas, vont sans doute méditer quand ils auront à trancher sur des partenariats avec l’Occident ou avec des puissances comme la Russie, la Chine ou le Brésil

Des câbles WikiLeaks montrent que tout n’était qu’une affaire de pétrole

Par Kevin G. Hall, | McClatchy Newspapers (USA) 17 mai 2011 de l’anglais par Djazaïri

WASHINGTON — En 2006, trois après que le gouvernement russe ait inculpé Mikhail Khodorkovsky – le plus riche homme d’affaires de Russie à l’époque – de fraude et ait commencé à démanteler sa compagnie pétrolière Yukos, les diplomates US en avaient déjà assez.

Gazprom, une émanation de l’ancien ministère soviétique chargé du gaz, s’employait à racheter l’immense empire Yukos, attisant la crainte aux Etats-Unis de voir bientôt la Russie et son leader énergique, Vladimir Poutine, prendre virtuellement le contrôle de tout le gaz naturel destiné à l’Europe.

Les Etats-Unis voulaient empêcher que cela arrive. Alors l’ambassade américaine en Slovaquie a recruté un consultant pétrolier Texan et a commencé à conseiller secrètement le gouvernement slovaque sur la manière d’acheter la part de 49 % que Yukos détenait dans Transpetrol, la compagnie slovaque de transport d’hydrocarbures par pipeline.

Sans expérience dans le domaine pétrolier, le gouvernement slovaque ne savait pas combien il aurait à débourser. Le consultant, qui participait aux négociations, avait assuré le ministre slovaque de l’économie, Lubomir Jahnatek, que le prix de 120 millions de dollars proposé par le groupe en possession des avoirs de Yukos était une bonne affaire. Gazprom était prêt à payer beaucoup plus.

 « Nous avions fait clairement savoir à toutes les parties que nous ne voulions pas que notre rôle de conseil technique soit rendu public, » écrivait l’ambassade dans un câble du 10 août 2006 qui présentait ce qui devint finalement un accord. Il est évident que Jahnatek apprécie ce que lui apporte le consultant et continuera à se tourner vers lui et vers l’ambassade US pour des informations dans les semaines à venir où il va devoir négocier un accord ».

Cette communication, une partie du cache des câbles du Département d’Etat que WikiLeaks a transmis à McClatchy et à d’autres agences d’informations, est seulement une indication de la manière dont le gouvernement US a manœuvré au fil des ans pour influer sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz naturel.

Avec un pétrole qui se vend à près de 100 dollars le baril et l’essence à près de 4 dollars le gallon à la pompe, les Américains pourront se consoler en apprenant que la sécurisation de l’approvisionnement pétrolier a été depuis des années la préoccupation principale des ambassades US  à travers le globe.

Sur les 251 287 documents WikiLeaks, McClatchy en a obtenu 23 927 – presque un sur dix – portant sur les hydrocarbures. A elle seule, Gazprom est mentionnée dans 1789 documents.

Dans les câbles, on constate que des diplomates US échafaudent des manières d’empêcher des entités étatiques comme Gazprom de prendre le contrôle d’installations pétrolières de première importance, en pressant les compagnies pétrolières à ajuster leurs politiques pour qu’elles cadrent avec les objectifs de la politique étrangère des Etats-Unis, en aidant les compagnies pétrolières des Etats-Unis à arranger des accords aux termes avantageux et en pressant les gouvernements étrangers à assister les compagnies qui veulent accepter les offres US.

L’approche US semble parfois mystifiante. Un câble secret du 17 août 2009 émanant de l’ambassade US à Ryad en Arabie Saoudite, rappelait comment, quelques jours plus tôt, le chargé d’affaires US Richard Erdman avait poussé le ministre du pétrole d’Arabie Saoudite, Ali al Naimi à se rapprocher de la Chine.

Mais c’était avec une arrière-pensée. A l’époque, les Etats-Unis essayaient de persuader la Chine de soutenir des sanctions contre l’Iran pour le programme d’enrichissement de l’uranium de ce pays. Les Etats-Unis considèrent que ce programme fait partie des efforts de l’Iran pour développer des armes atomiques. « Nous ne verrions pas d’inconvénient à ce que des ventes saoudiennes remplacent une partie des exportations pétrolières de l’Iran vers la Chine;» avait dit Erdman à Naimi dans un câble.

Naimi avait répondu que l’Arabie Saoudite, en grande rivalité avec l’Iran, serait bientôt le plus grand fournisseur de pétrole de la Chine, et c’est ce qui se produisit. En 2010, l’Arabie Saoudite était le premier fournisseur de pétrole de la Chine, l’Iran venant au troisième rang, selon le site web chinois ChinaOilWeb.

Un câble secret du 30 juillet 2009 de l’ambassade US à Ryad retrace comment le secrétaire d’Etat au Trésor Timothy Geithner s’était appuyé, lors d’une visite dans le royaume, sur son homologue Saoudien, Ibrahim al-Assaf, pour contenir la hausse des prix du pétrole.

“Geithner avait déclaré que ce serait positif pour la reprise mondiale qi les prix du pétrole ne montaient pas plus haut, que ce soit en raison de la spéculation ou de la production OPEP,”  disait le câble, notant que Geithner avait concédé « que les Etats Unis n’avaient pas trouvé la bonne manière de limiter la volatilité du prix du pétrole. »

Les documents montrent également comment dans leur chasse mondiale au pétrole, des entreprises de pays alliés aussi bien qu’ennemis compliquent la réalisation des objectifs  politiques des Etats Unis.

Un objet répété des foudres des Etats Unis est le géant pétrolier italien ENI, la plus grande entreprise italienne et dont l’Etat italien détient 30 % des parts. Ses efforts pour renforcer sa présence en Iran tout comme ses liens étroits avec le russe Gazprom sont des thèmes fréquents dans les câbles.

“Le PDG d’ENI, Paolo Scaroni, a dit à l’ambassadeur que le ministre Iranien de l’énergie a propose à ENI des opportunités d’investissements dans les champs pétroliers de South Pars et d’Azadegan, » du sud de l’Iran » disait un câble secret de l’ambassade US en Italie daté du 12 janvier 2007. « Scaroni a dit qu’ENI est intéressé par de nouveaux investissements en Iran tant que des  sanctions multilatérales contre l’Iran ne sont pas en vigueur. En effet, l’Iran verse de l’argent qu’elle doit à ENI au terme de contrats existants, et les investissements sont structurés de sorte que le retour sur investissement d’ENI est basé sur les prix mondiaux du gaz et du pétrole.

L’ambassade était particulièrement chagrinée de voir que ENI cherchait à organiser ses nouveaux partenariats en Iran de sorte à pouvoir prétendre que l’Iran ne faisait que lui rembourser d’anciennes dettes envers la compagnie, certaines datant des années 1950. Ce qui permettrait à ENI d’aider l’Iran à développer les champs pétroliers et à contourner toute sanction imposée pour son programme nucléaire dont les Etats Unis croient qu’il vise à la production d’armes nucléaires.

L’ambassade avait recommandé aux officiels en poste à Washington de mettre la pression sur Scaroni lors d’une prochaine visite pour faire capoter tout accord. Un câble suivant indique que c’est ce qu’ils firent.

Scaroni était sur le point d’essayer encore avec l’administration Obama, selon le compte rendu du 5 mai 2009 d’une rencontre avec un autre cadre d’ENI.  « L’ambassade pense que le gouvernement US a de bonnes raisons de se montrer sceptique devant cette requête, » disait le câble.

Les relations d’ENI avec Gazprom étaient le sujet d’un câble du 24 avril 2008 qui exhortait les Départements d’Etat et du Trésor à exprimer très clairement leur mécontentement à Scaroni.

Etait spécifiquement en cause, un accord de l’ENI qui aurait donné à Gazprom l’accès au pétrole libyen et engagé ENI à assister Gazprom dans la construction d’un pipeline à travers la mer Noire. Ce projet aurait été en concurrence avec un projet similaire soutenu par le gouvernement US qui aurait relié les champs gaziers de la région de la Caspienne directement à l’Europe, sans passer par la Russie et Gazprom.

A l’époque, Silvio Berlusconi était sur le point de devenir une deuxième fois premier ministre de l’Italie et l’ambassade avait exhorté l’administration US à faire pression aussi sur lui [littéralement : à lui tordre le bras].

“L’ambassade voulait faire pression sur le nouveau gouvernement Berlusconi pour forcer ENI à agir moins comme paravent pour les intérêts de Gazprom, » disait ce câble confidentiel. « ENI… semble travailler à soutenir les efforts de Gazprom pour dominer la fourniture d’énergie en Europe, et contre les efforts de l’UE, que soutiennent les Etats Unis, pour diversifier ses sources d’approvisionnement en énergie.

On a parlé d’ENI tout récemment parce que c’est le plus important acteur du secteur pétrolier en Libye et Scaroni a exprimé publiquement sa préoccupation devant l’action conduite par les USA pour évincer son homme fort, Mouammar Kadhafi, qui n’est pas conforme aux intérêts de l’Italie. Le 20 avril, Scaroni a annoncé qu’ENI avait suspendu provisoirement son accord en Libye qui aurait donné à Gazprom une grosse participation dans le pétrole libyen, un recul que les Américains cherchaient à obtenir depuis 2008 ainsi que le montrent  les documents WikiLeaks

Parfois, cependant, les efforts des Etats Unis ont visé à ouvrir les vannes du pétrole russe.

Un câble secret de Moscou daté du 16 avril 2009 dit comment la compagnie ConocoPhillips, basée à Houston, envisageait de s’associer à la firme ruse Lukoil pour soumissionner pour des contrats pétroliers en Irak. L’effort conjoint en Irak avait la bénédiction de Poutine, affirmaient les responsables de ConocoPhillips qui observaient que Poutine avait proposé de faire une remise de dette à l’Irak si le consortium américano-russe obtenait un contrat.

Le pétrole irakien était le sujet de nombreux câbles de diplomates en Irak dont certains traitaient de l’annonce surprise en 2007 de l’accord pour un partage de production conclu entre la firme texane Hunt Oil Co et le gouvernement autonome de la région du Kurdistan dans le nord de l’Irak. Le problème étant que l’Irak n’avait pas encore promulgué de loi sur le pétrole et que le PDG de l’entreprise, un homme d’affaires de Dallas, Ray Hunt, était un ami du président George W. Bush. Et Hunt avait travaillé dans le comité des conseillers de  Bush en matière de renseignements extérieurs.

Un câble du 9 septembre 2007 de l’équipe du  gouvernement US pour la reconstruction du Kurdistan présentait David McDonald, le chargé d’affaires de Hunt Oil pour le Moyen Orient comme indifférent  par rapport aux aspects légaux de l’accord.

“Il n’exprimait aucune inquiétude sur la controverse susceptible d’entourer la signature d’un PSC (accord de production) avec le gouvernement de la région du Kurdistan et qui couvre des secteurs d’activité actuellement hors du contrôle légal de ce gouvernement, » avait averti l’équipe de reconstruction. « Il avait dit, « C’est une réelle opportunité qui l’emporte sur l’ambigüité légale.’ »

Le câble disait que McDonald avait décrit la chasse au pétrole dans le nord de l’Irak comme “tirer sur un poisson dans un tonneau.”

Les câbles fourmillent d’informations sur le secteur de l’énergie qui ne peuvent que causer la surprise. Un câble de l’ambassade des Etats Unis à Malabo, en Guinée Equatoriale, plaide que l’administration Obama devrait être plus attentive à l’égard de cette petite nation d’Afrique de l’ouest, observant qu’un brusque retournement de tendance politique pourrait coûter leur emploi à des centaines de travailleurs Américains du secteur pétrolier et menacer 20 % de l’approvisionnement des Etats Unis en pétrole.

 “Si on met à part les importations énergétiques des USA venant d’Amérique du Nord (c.à.d. des voisins immédiats, le Canada et le Mexique), nous voyons que plus de 30 % du gaz et du pétrole que nous importons vient de la région du golfe de Guinée – plus, par exemple, que du Moyen Orient, observait un câble du 21 mai 2009. “La plus grande portion du territoire maritime du golfe de Guinée appartient à la petite Guinée Equatoriale”.

Le câble ajoutait que l’Espagne et la Chine sont activent dans le pétrole dans ce pays où les sociétés US Marathon Oil Corp. et Hess Corp ont investi pas moins de 30 % de leur capital.

En dépit de la réputation peu flatteuse de Teodoro Obiang, le président de la Guinée Equatoriale, qui s’est autoproclamé un Dieu vivant, le moment semblait opportune pour relancer les relations bilatérales, suggérait le câble où on notait qu’Obama était un patronyme courant là-bas.

 “Le récent changement dans l’administration US – dans un pays où on a la plus forte densité “d’Obamas” per capita au monde – a été reçu comme un signe annonciateur de relations plus chaleureuses,” disait le câble


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