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L’étoile dite de David, symbole du judaïsme ou du sionisme et des antisémites?

14 janvier 2017

L’article date certes quelque peu puisqu’il a été publié en pleine campagne électorale aux Etats Unis mais il traite de questions historiques qui débordent largement l’actualité immédiate.

L’article parle en effet de ce qu’on appelle l’étoile de David qui est considérée habituellement comme le symbole du judaïsme et nous explique que ce n’est qu’assez récemment que les communautés juives ont commencé à adopter ce symbole.

D’abord imposé par Charles IV, le souverain de Prague, cette étoile se généralisera bien plus tard, au 19ème siècle, chez les Juifs allemands émancipés qui voulaient ainsi avoir un signe pour se distinguer de leurs compatriotes chrétiens qui pour leur part disposaient su symbole de la croix.

Le svastika, ou croix gammée, aurait pu devenir le symbole du judaïsme, si Charles IV en avait décidé ainsi!

Vous tirerez les conclusions que vous voudrez

Qu’est-ce que l’Etoile de David et quelle est sa signification pour les Juifs?

par Lauren Markoe, Religion News Service, Deseret News (USA) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’utilisation récente par Donald Trump d’une étoile à six branches dans un tweet considéré généralement comme antisémite a soulevé de nombreuses questions sur l’Etoile de David, un symbole du judaïsme. Elle orne les synagogues dans le monde entier et est au centre du drapeau israélien. Mais elle a longtemps été utilisée pour dénigrer les Juifs.

D’où vient cette étoile et en quoi est-elle juive? Explications.

Q – Cette étoile remonte-t-elle au roi David de la Bible?

R – C’est ça. Mais n’allez pas chercher dans la Bible des références à l’Etoile de David. Selon la légende [biblique], c’est le « Magen David », le « bouclier de David » en hébreu qui avait la forme d’une étoile à six branches ou qui avait un motif avec cette forme par repoussage Mais on n’en a aucune preuve pour l’attester, qu’elle soit écrite ou archéologique. Et pendant des centaines d’années, c’est la menorah [chandelier] qui a été le symbole le plus habituel du judaïsme.

Q – Alors d’où vient cette étoile?

R – « Le triangle symétrique entrecroisé était un symbole répandu au Proche Orient dans l’antiquité, » explique le rabbin hassidique Pinchas Taylor dans une vidéo sur ses origines. On peut en trouver des exemples dans les cultures anciennes hindoue, perse et shinto entre autres – et dans des anciens décors juifs également. Elle semble pointer à la fois en direction du ciel et de la terre, de Dieu et de l’humanité et de tous les côtés de l’univers. Les mystiques pensaient qu’elle avait des pouvoirs spéciaux [magiques, NdT].

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Le chandelier (menorah) est le symbole le plus ancien du judaïsme

Q: Quand les Juifs ont-ils commencé à se servir de l’étoile?

R – Certains Européens, notamment à Prague, l’utilisaient dans les années 1600. Mais son adoption généralisée par les communautés juives n’intervint pas avant le début du 19ème siècle, d’abord chez les Juifs allemands, selon Jonathan Sarna, professeur d’histoire juive à l’université Brandeis.

« Les chercheurs pensent que les Juifs allemands récemment émancipés adoptèrent le symbole par opposition à la croix qui symbolisait si visiblement le christianisme allemand, » écrit Sarna dans son livre « American Juidaism ». L’Etoile de David fit sa première apparition dans le vitrail d’une fenêtre à la Baltimore Hebrew Congregation en 1845. Peu après, « elle devint une affirmation visible de judéité » sur les livres, les objets de cérémonie et les pierres tombales.

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Le vitrail de la synagogue de la Baltimore Hebrew Congregation

Q: Est-ce pour cette raison que les Nazis s’en servirent pour identifier les Juifs?

R – Oui, mais les Nazis ne furent pas du tout les premiers à faire porter aux Juifs un signe d’identification. Dans le monde islamique, le Calife Omar II (qui régna de 717 à 720) obligea les juifs, comme les Chrétiens, à porter des « signes distinctifs ». Dans toute l’Europe médiévale, les Juifs devaient porter des écussons – souvent jaunes – et parfois des chapeaux pointus.

Les nazis obligeaient les Juifs à porter des écussons jaunes, bien que la couleur était parfois différente dans certains territoires sous contrôle du IIIème Reich. L’étoile séparait et isolait les Juifs, les désignant ainsi pour la déportation vers les camps de concentration. Un Juif découvert sans son étoile jaune pouvait écoper d’une amende, mis en prison ou tué.

Q – Quel est le lien entre l’étoile et Israël?

R – Le mouvement sioniste adopté l’Etoile de David pour symbole en 1897. Il devint le drapeau de l’Etat d’Israël peu de temps après sa création en 1948. L’étoile est représentée entre une bande bleue sur le dessus et une autre en dessous qui sont supposées évoquer le tallit, le châle de prière juif, qui est habituellement bleu et blanc.

Q – Qu’en est-il de l’affirmation de Trump selon qui il n’y a rien d’antisémite dans l’étoile à 6 branches tweetée par son équipe de campagne?

R – L’équipe de campagne de Trump a écrit les mots « Candidate la plus corrompue de l’histoire! » à l’intérieur d’une étoile à six branches sur fond de billets de banque et à côté d’une photo d’Hillary Clinton. Etant donné qu’une bonne partie du discours antisémite reproche aux Juifs de manipuler l’économie mondiale, la présence de l’étoile associée à de l’argent a été immédiatement vue par les Juifs ainsi que par les non Juifs comme franchement antisémite.

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Le tweet litigieux du candidat Donald Trump

Pour être plus précis, l’image provenait d’un forum de discussion où s’expriment volontiers les poncifs et les diatribes des antisémites et des suprématistes blancs

L’explication fournie par l’équipe de campagne, une étoile de shériff, a été largement tournée en ridicule.

 

Le soutien de Juan Goytisolo à Günter Grass

17 avril 2012

Günter Grass est âgé et n’a plus grand-chose à attendre de la vie. C’est pour cette raison qu’il s’est permis d’écrire ce poème qui lui a valu les foudres de toute la valetaille au service du sionisme.

Pourtant son poème se voulait simplement une mise en garde sur les conséquences d’une attaque «préventive» de l’entité sioniste contre l’Iran en même temps qu’une réaction à la vente à l’armée sioniste par son pays d’un sixième sous-marin capable de transporter des charges nucléaires. Le risque d’attaque préventive n’est pas une invention de M. Grass puisque les responsables sionistes ne cessent de crier sur les toits qu’ils ont le droit d’attaquer l’Iran pour, disent-ils, empêcher ce pays de se procurer l’arme atomique (l’Iran étant signataire du Traité de Non Prolifération, ce qui n’est pas le cas de l’Etat juif).

Les conséquences évoquées par le poème sont d’abord celles en termes de victimes et de destructions pour le peuple iranien dont Günter Grass semble être un des rares occidentaux à se préoccuper.

Et les conséquences ensuite pour la paix mondiale.

A aucun moment l’écrivain Allemand ne met en question le droit à l’existence ou à la sécurité de l’Etat prétendu juif.

Son délit, ce qui fait de lui aux yeux de certains un antisémite, c’est qu’il ose demander qu’on applique aux installations nucléaires de l’Etat juif, les mêmes contrôles que ceux mis en place ou qu’on prétend mettre en place pour celles de l’Iran.

Oui, il a osé le faire : mettre sur le même plan que les Nations ce qu’il aurait dû considérer comme une « Lumière parmi les Nations ».

Poutant si on se limite aux « Nations », force est de constater que la « Lumière » est particulièrement agressive et belliqueuse, jugez-en : elle a rayé de la carte la nation palestinienne après avoir entre autres fait sauter l’hôtel King David à Jérusalem et assassiné le Comte Bernadotte, représentant de l’ONU en Palestine, participé en 1956 à une opération de grand banditisme contre l’Egypte aux côtés de la Grande Bretagne et de la France, occupé militairement en 1967 la Cisjordanie, le Golan et le Sinaï, abattu un avion civil libyen, envahi le Liban en 1982, bombardé le siège de l’OLP à Tunis, bombardé un site nucléaire irakien, agressé le Liban à nouveau en 2006, Gaza fin 2008, début 2009… La liste n’est ni exhaustive ni close.

A moins d’être miro ou domestiqué par le sionisme, on voit bien où est la menace !

Le grand écrivain Français Bernard-Botul-Henri Lévy vient d’écrire quelque chose sur la «première mort» de Günter Grass. Un tel titre n’est pas anodin, il signifie bien entendu que celui qui est désigné par le lobby sioniste comme un ennemi (nécessairement antisémite) est «mort» symboliquement, c’est-à-dire qu’il n’a plus droit de cité et que, s’il est écrivain, il aura du mal à se faire publier et, si par hasard il était quand même publié, il aurait aussi du mal à faire diffuser ou promouvoir son livre.

Günter Grass ne risque rien de ce côté-là : trop vieux. Tout ce qu’il ratera peut-être ce sont des obsèques  avec un hommage unanime de tout le Gotha politique et intellectuel de son pays.

En attendant, Günter Grass vient de recevoir un soutien de grande qualité (autre chose que le Botul Henri-Lévy) de la part de l’écrivain Espagnol Juan Goytisolo, excusez du peu !

Juan Goytisolo

Juan Goytisolo défend Günter Grass et lui dédie le prix Spiros Vergos

Agence EFE, La Informacion (Espagne) 17 avril 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

L’écrivain Espagnol Juan Goytisolo a défendu aujourd’hui son collègue  Allemand Günter Grass à qui il a dédié son prix Spiros Vergos  de la liberté d’expression qui lui a été décerné par le « Festival des Ecrivains de Prague ».

« Il a absolument le droit au respect de ses opinions. Il m’a semblé juste de le lui dédier, bien qu’il aille à contre-courant, » a déclaré l’écrivain Barcelonais qui s’était exilé volontairement au Maroc dans les années 1960 à cause de des divergences avec le régime franquiste.

Le célèbre auteur de «Pièces d’identité,» qui a reçu récemment le prix Formentor (2012), le Prix International Don quichotte de la Manche (2010) et le prix National des Lettres (2008) a fait cette déclaration lors d’une réunion informelle à l’Institut Cervantes de Prague.

Il faisait ainsi allusion au prix Vergos qu’il a reçu dimanche dans la capitale tchèque.

Goytisolo, dont l’œuvre a été interdite en Espagne de 1962 à 1976, s’est répandu en éloges sur le poème polémique intitulé « Was gesagt werden muss » («Ce qui doit être dit») que l’auteur Allemand a publié début avril ; et qui a suscité une avalanche de controverses et de critiques.

 « Je suis toujours allé à contre-courant, » a-t-il ajouté dans son apologie de Grass, prix Nobel de littérature 1999 qui, dans le poème en question paru le 4 avril, il s’en est pris à une possible «attaque préventive» contre l’Iran par Israël, pays qui a réagi en interdisant l’entrée sur son territoire de l’auteur du roman «Le tambour».

Pour Goytisolo, c’est une « persécution » qui s’exerce contre l’octogénaire Grass et c’est pour cette raison que l’Espagnol a souhaité se solidariser avec son collègue écrivain.

Goytisolo a reçu le prix tchèque créé en l’honneur du poète Grec Spiros Vergos au moment de l’inauguration du Festival des Ecrivains de Prague, une rencontre internationale de romanciers, poètes et éditeurs qui se tient chaque année  dans la capitale tchèque.

(Agencia EFE)


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