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Un regard optimiste sur les discussions sur le nucléaire iranien

20 avril 2012

Patrcik Seale est un spécialiste reconnu des affaires du Moyen Orient. Ce Britannique qui collabore avec divers organes de presse nous propose sa lecture des récentes discussions sur le nucléaire iranien qui se sont tenues à Istanbul.

Selon lui, ces discussions ont marqué, peut-être définitivement, l’ échec du clan belliciste occidental et de son mentor, le sieur Benjamin Netanyahou, chef du gang de Tel Aviv.

Il en veut pour indice probant le fait que Catherine Ashton qui est à la tête de la diplomatie européenne a admis que les négociations devaient se faire sur la base du Traité de Non Prolifération Nucléaire dont l’Iran est partie prenante et qui reconnaît le droit à l’exploitation et à l’enrichissement de l’uranium à des fins civiles.

Un regard optimiste dont on saura bientôt si la suite des discussions lui donnera raison.

Ce qu’on ne peut qu’espérer.

Surprises dans le duel israélo-iranien

En dehors de l’ oppression et de la dépossession ininterrompues des Palestiniens, Israël a un long palmarès d’assassinat de ses opposants politiques, et on pense généralement que ce pays est responsable de l’assassinat de cinq scientifiques nucléaires Iraniens ces deux dernières années, ainsi que de l’introduction du virus Stuxnet dans les réseaux informatiques iraniens – des actes  qui sont clairement du terrorisme d’Etat, observe Patrick Seale.

Middle East Online (UK), 17 avril 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Même s’il est trop tôt pour en juger, on dirait que la politique israélienne vis-à-vis de l’Iran connaît des ratées et pourrait aboutir à une issue bien différente de celle que le premier ministre Benjamin Netanyahou recherchait depuis longtemps.

Ces trois dernières années, Israël considérait que des sanctions punitives, la guerre cybernétique et l’assassinat de savants atomistes Iraniens devaient finir par obliger une république islamique paralysée à accepter le «zéro enrichissement» de l’uranium – ce qui signifierait le démantèlement complet du programme nucléaire. Ce qui, espérait-on [à Tel Aviv] ouvrirait la voie à un ‘changement de régime’ à Téhéran.

Pour parvenir à une pression suffisamment forte sur l’Iran, la stratégie israélienne a été de menacer de passer à l’attaque. Le calcul israélien était – à raison comme il s’est avéré – que les Etats Unis et leurs alliés n’oseraient pas prétendre qualifier leur attitude de bluff. Au contraire – pour parer à une attaque israélienne dont ils craignaient qu’elle déclenche une guerre  régionale aux conséquences imprévisibles et potentiellement catastrophiques – ils ont travaillé à mettre l’économie iranienne à genoux.

La stratégie israélienne fonctionnait. Tout semblait marcher comme sur des roulettes. Les sanctions punitives contre l’Iran commençaient à faire mal. Dans leur impatience pour un changement de régime, les propagandistes pro-Israël aux Etats Unis avaient même commencé à appeler à des actions secrètes en soutien à l’opposition iranienne.

Catherine Ashton,la chef de la diplomatie européenne, est alors entrée dans la mêlée.

Au grand dam des faucons, elle a fait une offre de reprise des négociations à l’Iran, en recourant à un ton conciliant assez différent du ton menaçant qui était celui de Londres, Washington et Paris, et en complète discordance avec les incessantes rodomontades d’Israël.  L’Iran a répondu positivement à l’invitation d’Ashton. Sa première réunion avec les P5 + 1 (les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU plus l’Allemagne) a eu lieu le 14 avril à Istanbul et, selon tous les observateurs, ce fut un succès surprenant.

Saeed Jalili, le chef négociateur Iranien – qui a rencontré Catherine Ashton pour un dîner informel au consulat iranien la veille au soir – a parlé d’une «approche positive.» Mme Ashton a, à son tour, qualifié les discussions de « constructives et utiles.» Pour cadrer les discussions, elle a énuméré un certain nombre de principes qui ont dû rassurer les Iraniens et provoquer des grincements de dents chez les faucons Israéliens.

Le Traité de Non Prolifération nucléaire TNP), a-t-elle déclaré, doit être le fondement absolu des discussions. Mais le TNP permet aux signataires d’enrichir l’uranium sur leur territoire à hauteur de 3,5 % pour la production d’électricité et d’autres fins pacifiques. Il semble donc qu’Ashton a ainsi envoyé le message selon lequel le droit de l’Iran à le faire serait reconnu. C’était comme si les P5 + 1 avaient abandonné l’exigence israélienne de zéro enrichissement. On a eu au contraire l’impression que l’intérêt allait se porter sur l’arrêt par l’Iran de l’enrichissement de l’uranium à 20 % dès lors qu’on lui en aura garanti la fourniture pour le réacteur de recherche de Téhéran qui a besoin d’uranium enrichi à ce niveau pour produire des isotopes nécessaires au traitement des patients Iraniens atteints d’un cancer. Le président Ahmadinejad ayant dit à plusieurs reprises que l’Iran cesserait de produire de l’uranium à 20 % si on l’assurait de lui en fournir de l’étranger, l’esquisse d’un accord semblait en vue.

En outre, Catherine Ashton a aussi déclaré que las négociateurs seraient “guidés par le principe d’une démarche pas à pas et la réciprocité. » Cette référence à une approche progressive et à des concessions mutuelles est une forte indication d’une levée probable des sanctions par étapes quand l’Iran aura présenté des preuves convaincantes qu’il ne cherche pas à obtenir l’arme nucléaire et qu’il acceptera des inspections intrusives de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Elle a à l’évidence décidé d’accorder un certain crédit à la fatwa de 2005 promulguée par le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, par laquelle il interdisait la production, le stockage et l’utilisation d’armes atomiques.

A la clôture des dix heures de réunion à Istanbul, l’Iran et les P5 + 1 ont convenu de tenir leur prochaine réunion le 23 mai à Bagdad, pour ce qui promet d’être une série prolongée  de discussions.

La réaction de colère de Netanyahou a été absolument typique du personnage. « L’Iran a reçu un ‘billet de faveur’ a-t-il déclaré avec amertume, «pour continuer l’enrichissement sans aucune limitation, aucune inhibition. L’Iran devrait prendre des mesures immédiates,»  a-t-il tempêté pour « arrêter tout enrichissement, retirer tout le matériel d’enrichissement et démanteler l’installation nucléaire de Qom. Je crois que le plus grand adepte mondial du terrorisme ne doit pas avoir la possibilité de développer des bombes atomiques.»

Ces cris d’orfraie font penser à l’hôpital qui se fout de la charité. En dehors de l’ oppression et de la dépossession ininterrompues des Palestiniens, Israël a un long palmarès d’assassinat de ses opposants politiques, et on pense généralement que ce pays est responsable de l’assassinat de cinq scientifiques nucléaires Iraniens ces deux dernières années, ainsi que de l’introduction du virus Stuxnet dans les réseaux informatiques iraniens – des actes qui sont clairement du terrorisme d’Etat

Avec l’aide décisive de la France, Israël a fabriqué ses premières bombes atomiques dans les années 1960, il y a près d’un demi-siècle. Si les choses avaient mal tourné, les israéliens étaient prêts à s’en servir pendant la guerre de 1967 qu’ils avaient déclenchée contre les Arabes cette année là. La plupart des spécialistes estiment aujourd’hui que l’arsenal israélien comporte entre 75 et 150 têtes nucléaire. Israël dispose aussi d’une possibilité de deuxième frappe [en cas de neutralisation ou de destruction de son potentiel militaire] sous la forme de missiles à tête nucléaire qui arment ses sous-marins de construction allemande.

Netanyahou soutient que la République Islamique pose une ‘menace existentielle’ pour Israël. Il n’y a pas la moindre preuve pour étayer cette affirmation. Le président Iranien a dit quelque chose du genre qu’Israël serait un jours « effacé des pages du temps» – une phrase dont Israël a fait une traduction tendancieuse, sans doute à des fins propagandistes, en parlant d’un plan pour « rayer Israël de la carte.» C’est plutôt le contraire et l’Iran qui risquerait l’annihilation si elle essayait d’attaquer Israël. En plus de son important arsenal nucléaire et de vecteurs sophistiqués (missiles, sous-marins), Israël a un potentiel militaire conventionnel beaucoup plus puissant que l’Iran, en grande partie fourni par les Etats Unis. Les Etats Unis se sont en fait engagés à maintenir la supériorité militaire d’Israël sur tous les Etats de la région – ce qu’ils appellent l’avantage militaire qualitatif – un engagement qui force de loi aux Etats Unis.

Quelle est donc alors la raison de l’anxiété d’Israël ? Israël craint que si l’Iran était en mesure de fabriquer une arme nucléaire – ou acquérait simplement la capacité d’en fabriquer – la liberté d’action d’Israël en serait restreinte. Israël ne serait plus capable de frapper ses voisins à volonté sans risquer des représailles. La simple vérité est qu’Israël veut nier à ses voisins la capacité à se défendre. Personne n’a le droit de se doter d’une capacité de dissuasion ! Israël déteste le Hezbollah ai Liban et le Hamas à  Gaza parce que ces mouvements de résistance ont acquis une capacité limitée de riposter aux agressions israéliennes. C’est pour cette raison qu’Israël les qualifie d’organisations terroristes et accuse l’Iran de les armer.

Netanyahou s’oppose depuis longtemps à des pourparlers entre l’Iran et la communauté internationale, et il doit certainement prier pour qu’ils échouent. Le lobby pro-israélien aux Etats Unis va très probablement se mobiliser dans ce but. Mais si Catherine Ashton fait valoir ses vues, si les négociations avec l’Iran réussissent et que le spectre de la guerre est écarté, Israël pourrait devoir vivre avec une suprématie régionale légèrement écornée.

Le Britannique Patrick Seale est un spécialiste de premier plan du Moyen Orient. Son dernier livre est « The Struggle for Arab Independence : Riad el-Solh and the Makers of the Modern Middle East (Cambridge University Press).

L’Iran, le géant américain et le petit paranoïaque

19 mars 2012

L’Union Européenne vient de faire exclure l’Iran du système interbancaire SWIFT, participant de manière très significative à l’étranglement de l’économie de ce pays.

Il s’agit en réalité d’un acte de guerre, une guerre financière et économique qui prépare la guerre qui utilise d’autres armes, comme les fusils ou l’artillerie.

On nous dit que c’est parce que l’Iran serait soupçonné d’avoir un programme nucléaire militaire.

Pourtant, le régime sioniste comme le gouvernement des Etats Unis reconnaissent publiquement que l’Iran n’a pas de programme nucléaire militaire.

En fait, les sionistes craignent avant tout que l’Iran puisse se doter un jour de l’arme atomique si ses dirigeants en décidaient ainsi.

Ce que ces derniers n’ont pas fait, d’autant que l’imam Khomeiny a déclaré cette arme contraire à la religion.

Selon les sionistes, les Iraniens ont donc commis un délit de possibilité d’avoir l’intention de faire quelque chose.

Et dire que l’occident se mobilise pour cette engeance, et est prêt à répandre le chaos pour complaire à la racaille qui gouverne à Tel Aviv.

Il faudrait dire aux Occidentaux qu’aucune preuve ne saurait convaincre un paranoïaque qu’on ne cherche pas à l’anéantir dans un «holocauste» nucléaire.

Et qu’un paranoïaque doté de l’arme atomique est extrêmement dangereux et doit être absolument mis hors d’état de nuire.

Les Israéliens reconnaissent que l’Iran n’a pas décidé de faire la bombe atomique

Par Amy Teibel, Associated Press, 18 mars 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Malgré les rodomontades de Jérusalem, les officiels Israéliens sont maintenant d’accord avec l’évaluation américaine selon laquelle Téhéran n’a pas encore décidé la production effective d’une bombe atomique selon de hauts responsables politiques et militaires Israéliens.

Malgré tout, Israël est très préoccupé à l’idée de laisser l’Iran « tout près » de la bombe – ce qui explique pourquoi Israël continue à entretenir l’hypothèse d’une attaque contre les installations nucléaires de l’Iran avant que suffisamment d’entre elles soient enterrées pour être à l’abri des bombes israéliennes.

Les dirigeants israéliens lancent des accusations précises depuis des années sur les tentatives par l’Iran de produire des armes atomiques. Si les officiels israéliens disent accepter la vision américaine plus nuancée, ils préviennent que ce n’est qu’une question de sémantique, parce qu’un Iran sur le point d’être en mesure de fabriquer une bombe resterait un danger.

Les Etats Unis arguent de leur évaluation selon laquelle l’Iran n’a pas encore pris de decision définitive et l’exposent publiquement pour persuader Israël d’annuler tour projet d’agression et de donner le temps aux sanctions sévères prises contre l’Iran de convaincre l’Iran de faire machine arrière [machine arrière par rapport à leur non décision! NdT].

L’inquiétude – largement partagée en Israël dans le cadre d’un calcul complexe – porte sur des représailles iraniennes qui pourraient provoquer un conflit tégional et faire grimper les prix du pétrole au moment où l’économie mondiale est déjà en difficulté et à la veille d’élections présidentielles aux Etats Unis.

Cette équation comprend aussi des inquiétudes sur la capacité de la défense israélienne à résister à un déluge de missiles iraniens tirés en représailles. Les alliés iraniens du Hezbollah au Liban et du Hamas dans la bande de Gaza pourraient aussi bombarder Israël avec des milliers de roquettes, et les troupes américaines dans la région du Golfe pourraient aussi être visées.

Plusieurs responsables Israéliens de haut niveau qui se sont exprimés ces jours avec Associated press ont indiqué qu’Israël s’était rangée au point de vue américain selon lequel aucune décision finale de construire une bombe n’avait été prise en Iran. Ces responsables, proches des services secrets et des discussions sur le programme iranien affirment que telle est l’opinion dominante dans la communauté du renseignement, mais que des questions se posent aussi sur l’éventuelle dissimulation par l’Iran d’opérations particulières de fabrication de bombes.

L’inquiétude, disent-ils, tient au fait de permettre au programme nucléaire iranien d’atteindre le moment où il y aurait suffisamment d’uranium enrichi de niveau militaire pour qu’une bombe puisse être rapidement réalisée, en l’espace d’une année.

Le premier ministre Israélien Benyamin Netanyahou a declare dimanche: “l’Iran, don’t le dirigeant fomente le terrorisme et la violence à travers le globe et appelle à notre destruction… ce régime ne dois jamais pouvoir disposer d’armes nucléaires.”


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