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Syrie: ce que François Hollande demande, la propagande l’exige

9 juin 2013

On peut lire dans la presse, par exemple dans le magazine Le Point que

Hollande exige « la libération immédiate » de deux journalistes français disparus en Syrie

L’Est Républicain comme Le Point et nombre d’autres médias titre aussi:

HOLLANDE EXIGE LA LIBÉRATION DE 2 JOURNALISTES FRANÇAIS DISPARUS EN SYRIE

Pourtant, si on se donne la peine de lire les articles dans la presse, on constate que François Hollande n’exige pas mais demande, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Le journal 20 minutes est un des seuls médias à titrer avec le verbe « demander »:

Syrie: Hollande demande la «libération» de deux journalistes disparus

Il est vrai que c’est en anglais que le verbe « to demand » signifie exiger.

M. Hollande se garde sans doute d’exiger parce qu’il ne sait pas trop entre les mains de qui se trouvent les deux journalistes.

On peut gager que s’il avait la certitude qu’ils sont entre les mains du gouvernement syrien il aurait vitupéré et exigé.

Dans le cas présent, François Hollande se contente de gloser sur la mission des journalistes

« qui sont des hommes qui travaillent pour que le monde puisse recevoir des informations » (bien vu M. Hollande, note de Djazaïri)

et

« doivent être traités comme des journalistes et en aucune façon comme des éléments sur lesquels (on ferait) peser une menace pour agir au détriment d’un Etat».

«La presse doit pouvoir circuler en Syrie pour donner les informations qui sont attendues dans le monde entier» sur ce qui s’y passe, a insisté François Hollande.

Un gentil discours sur l’éthique journalistique pourtant contredit par Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères de François Hollande ainsi que par ses comparses, de pseudo journalistes du Monde qui ont cru bon de fournir au gouvernent français des arguments susceptibles de justifier une intervention militaire contre la Syrie.

Des journalistes qui pourraient aussi bien travailler pour la DICoD.

M. Hollande qui confond japonais et Chinois confond également semble-t-il le journalisme et la vulgaire propagande des nostalgiques de la IVème République.

Syrie, propagande et réalités

1 juin 2013

Comme dans l’affaire libyenne, la crise syrienne a montré que la presse occidentale était une machine de propagande redoutable derrière ses oripeaux de professionnalisme et d’objectivité. Angry Arab nous en livre un exemple que je vous propose traduit en français.

Depuis le début de la crise en Syrie, on nous vend le concept d’une population civile désarmée lâchement massacrée par une armée suréquipée épaulée par des espèces de miliciens cruels, les «shabiha.»

Le moteur de la bestialité du régime étant bien sûr le sectarisme d’une minorité alaouite arc-boutée sur ses privilèges face à une majorité sunnite opprimée et éprise de liberté et de démocratie. Incidemment, on apprend par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) que près de la moitié des victimes de la guerre en Syrie sont alaouites…

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J’ignorais que j’étais alaouite.

Parce que le problème est que ce beau roman n’est en fait qu’un mauvais roman qui ne permet pas de comprendre par quel miracle le régime de Damas n’a été emporté ni par un putsch, ni par l’élan populaire.

De fait, le régime et son armée où, contrairement à ce que raconte le roman concocté à Londres, Paris et Ankara, toutes les composantes de la société sont partie prenante, ont montré une cohésion remarquable qui s’est traduite par un nombre limité de défections.

De la même manière, la population ne s’est pas soulevée, ni par la violence, ni par des manifestations de désobéissance civile.

La seule réalité pour une bonne partie des gens, c’est la peur pour la sécurité de sa famille et les difficultés à se nourrir et à se loger dans une guerre où les opposants Syriens et étrangers ont fait le choix de s’implanter dans des villes qui ne leur avaient généralement rien demandé.

Tel est le cas d’al Qusayr, cette ville moyenne qui est le théâtre de durs combats entre les «rebelles» et l’armée gouvernementale épaulée par le Hezbollah qui sont semble-t-il en passe d’en reprendre le contrôle.

Al Qussayr n’est pas et ne sera pas un nouveau Guernica. D’abord parce que Bachar al-Assad n’est pas un Adolf Hitler Arabe (comme l’étaient avant lui le colonel Nasser er Saddam Hussein sans parler du non arabe Mahmoud Ahmadinejad) et ensuite parce que ça fait longtemps que la majorité des habitants a fui la ville ou en a été chassée au moment où cette dernière est tombée entre les mains des prétendus rebelles.

Ces civils, comme la plupart des civils Syriens se sont soit réfugiés à l’étranger, au Liban tout proche, soit dans des secteurs de la Syrie restés sous contrôle gouvernemental.

Parce que la grande majorité des gens fuit d’abord la guerre, pas le gouvernement.

 Que la propagande sur Qusayr commence (II)

par As’ad AbuKhalil, Angry Arab 1er juin 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le correspondant bien connu d’un journal occidental au Moyen Orient m’a envoyé ce qui suit:(il/elle ne veut pas être cité(e) : «Franchement, j’ai parlé hier avec des gens qui ont des informations sur Qusayr, ils disent que la plupart des civils sont partis, les quelques centaines qui sont restés sont surtout des proches des combattants, des femmes qui leur font la cuisine etc. c’est vrai qu’il y a eu entre 600 et 700 blessés mais ce sont presque tous des combattants. Les civils, y compris les femmes et les enfants de certains combattants ont évacué depuis longtemps, les rebelles savaient que l’offensive se préparait et ils ne les auraient pas laissés dans la ville. A chaque fois qu’ils [les soldats Syriens] ont progressé dans la ville, il n’y avait pas de civils, ni dans les maisons , ni dans les rues ou les quartiers qu’ils ont pris aux rebelles, ce qui amène l’armée à supposer et à conclure qu’il ne reste plus de civils. Notez qu’Abdallah, quelque soit son vrai nom, le journaliste citoyen/militant a annoncé sur al Jazeera que 40 000 civils sur place allaient être massacrés.  Sur la BBC, le général Idriss a déploré que 50 000 civils dans Qusayr allaient être passés au fil de l’épée par le Hezbollah, mais personne ne lui a objecté le fait que la population entière de Qusayr se situe entre 30 000 et 40 000 personnes au plus et que nous savons que la majorité d’entre eux sont partis avant l’offensive et l’année dernière quand les rebelles ont pris la ville et que plusieurs milliers, 5 000 au total environ, ont quitté la ville au début de l’offensive (ainsi que l’a signalé un organisme de l’ONU qui rendu visite à ces familles déplacées non loin de là), alors comment peut-il y avoir  de 40 à 50 000 personnes dans la ville comme le prétend l’opposition ?

Ce sont ces chiffres [ceux de l’opposition] que la BBC a choisi de citer dans son reportage en ligne !»   

Règles de déontologie journalistique applicables dans le cas de la Syrie

25 février 2013

Le règlement politique de la crise syrienne semble avancer et c’est sans doute la meilleure solution aussi bien pour la population que pour le pouvoir en place ou pour la coalition d’opposition dont l’influence est sûrement plus  grande du côté turc de la frontière que du côté syrien. Et qui a surtout une existence médiatique.

Justement, As’ad AbuKhalil, alias Angry Arab, nous explique ce qu’est la déontologie journalistique quand il s’agit de couvrir les troubles qui secouent la Syrie.

Des principes qu’il expose ici, découle une pratique du journalisme qui prétend nous renvoyer une image des évènements correspondant peu ou prou à la réalité alors que cette image est surtout faite de faux semblants.

Sur le plan militaire d’abord, avec ces annonces régulières de prises «décisives» de routes, d’aérodromes et même d’un barrage. Des victoires qui s’avèrent sans lendemain voire même purement imaginaires.

Sur le plan politique ensuite, avec une opposition en exil qui s’avère être de plus en plus une coquille vide dont la composition est supposée refléter la diversité politique, ethnique et religieuse de la Syrie comme se la figurent les Occidentaux mais qui ne correspond pas à  grand chose sur le terrain syrien. Un terrain où l’opposition militaire réelle au pouvoir est le fait de brigades islamistes, notamment celles qui sont liées aux Frères Musulmans.

Si ces forces aspirent à représenter une alternative au régime en place, il ne s’agit en aucun cas d’une alternative démocratique. Mais comme on l’a dit, la situation militaire fait que cette alternative au régime syrien ne semble pas sur le point de renverser ce dernier.

Ce qui nous amène au dernier point qui est, en dépit de quelques défections, la  cohésion d’ensemble du régime, qui n’est pas un régime alaouite comme on le prétend, tant s’en faut.

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Cette cohésion est un des facteurs de la résistance de ce pouvoir aux coups de boutoir qui lui sont assénés par des forces qui sont loin d’être toutes syriennes puisque des tueurs sont venus de l’ensemble du monde musulman et même non musulman pour participer à la curée.

L’autre facteur de la résistance de ce pouvoir, c’est l’absence d’insurrection populaire. En effet, partout où le pouvoir est resté présent, c’est-à-dire sur l’essentiel du territoire, la vie suit son cours avec bien sûr les souffrances qu’endure la population d’un pays mis sous embargo et dont l’économie a été en grande partie ravagée, voire pillée par les prétendus révolutionnaires comme on l’a vu à Alep.

Ce fait est d’autant plus remarquable que l’armée syrienne, il faut le rappeler, est constituée en grande majorité de conscrits et qu’on ne peut pas forcer bien longtemps des appelés à tirer sur leurs propres concitoyens. Un pays comme les Etats Unis avait même pu s’apercevoir qu’il était difficile de forcer très longtemps des conscrits à tuer des étrangers, même quand ils n’ont pas la même couleur de peau. 

 

Comment couvrir la Syrie depuis Beyrouth et le Liban

par As’ad AbuKhalil, Al-Akhbar (Liban) 25 février 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

En se fondant sur la couverture de la Syrie dans la presse des Etats Unis, il est possible d’identifier certaines caractéristiques de cette couverture depuis Beyrouth. 

1. Ecrivez les articles mais appuyez vous sur des pigistes locaux sous payés qui peuvent assurer la traduction et l’interprétation pour vous. 

2. Appelez le service de presse d’Hariri et les services de presse des organisations de Syriens en exil dès votre arrive dans la ville. 

3. Vous n’avez pas besoin de sortir de chez vous: le boulot nécessite d’utiliser abondamment Skype. Vous n’avez pas besoin de chercher des adresses Skype : les services de presse d’Hariri et ses alliés dans l’opposition syrienne en exil vous donneront des noms et pourront même en inventer pour vous.

4. C’est bien de montrer de la sympathie pour les organisations syriennes armées et de l’émotion dans vos reportages, exactement comme il n’est pas bien de montrer de l’émotion quand on couvre le côté arabe du conflit arabo-israélien. 

5. Traitez largement de la souffrance humaine, sauf quand elle est causée par les groupes armés syriens eux-mêmes. 

6. Ne citez pas les vrais chefs des organisations syriennes en exil qui sont dominées par les islamistes: citez par contre des Syriens qui résident dans des pays occidentaux afin de donner un visage occidentalisé à l’opposition syrienne en exil. 

7. Essayez de minimiser le rôle de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite aux côtés des organisations armées syriennes. 

8. N’hésitez pas à vous engager dans des campagnes de collecte de fonds dans vos articles en faisant référence constamment à la pauvreté des groupes armés et à leurs carences en armes et en équipement. 

9. Essayez de montrer l’humanité des groupes armés: des photos d’enfants soldats devraient souligner le fait que ce sont d’abord des enfants après tout et qu’ils représentent la face humaine des groupes armés [comme peut-être cet adolescent Libyen qui résidait en Irlande et qui a été tué au combat en Syrie à l’âge de 16 ans]. 

10. Ne parlez pas avec les deux parties au conflit. Un côté (celui qui est soutenu par le Qatar et l’Arabie Saoudite) est suffisant. 

11.Rappelez-vous: les voitures bourrées d’explosifs ne sont pas une mauvaise chose quand elles sont utilisées par le camp soutenu par les Etats Unis. Les voitures piégées ne sont des armes destructrices haineuses que quant elles sont utilisées par des ennemis des Etats Unis.12. Dans les articles sur une intervention étrangère en Syrie, rappelez-vous qu’une intervention par l’Arabie Saoudite, le Qatar, Bahreïn, la Turquie, la Jordanie, la Libye, l’OTAN, Israël, l’UE et les Etats Unis n’est pas vraiment une intervention. C’est simplement un geste humanitaire et de bonne volonté. Intervention militaire réfère seulement à la Russie, à l’Iran et  au Hezbollah. 

13. Quand vous traitez de l’intervention libanaise en Syrie, souvenez-vous qu’on ne parle que du Hezbollah. L’intervention (militaire ou autre) des organisations hariristes et salafistes ne compte pas et ne justifie pas une intervention [pour y mettre fin].

14. Rappelez-vous que l’étalon en matière de professionnalisme journalistique dans la couverture de la Syrie est représenté par les medias des princes Saoudiens et de la famille Hariri. 

1. Les rumeurs et les inventions répandues par les médias saoudiens et d’Hariri sont «bonnes à imprimer» si elles servent les objectifs de la propagande de la coalition emmenée par les Etats Unis. 

16. Les préjugés contre les Alaouites et la lecture sectaire sont essentiels à la compréhension du conflit. SVP, parlez de tous les Alaouites, bébés compris, comme de Shabiha. Ce qui rendra plus facile de justifier leur assassinat par les groupes armés. 

17. Faites de votre mieux pour dissimuler le poids d’un leadership islamiste fanatique et l’affiliation des groupes armés. Essayez plutôt de trouver quelqu’un qui porte des jeans et affirme parler au nom de l’unité militaire libérale et «laïque» [secular]. 

18. Toute histoire relative à la défection d’une personne, même un simple soldat ou le chauffeur d’un petit cadre d’une usine locale de traitement des déchets devra être couverte très largement. 

19.  Oublions SVP notre ancienne hostilité envers al-Jazeera. Al-Jazeera a changé maintenant et nous la considérons maintenant comme une télévision exemplaire qui représente la merveilleuse propagande de la famille royale du Qatar.

20. La famille Hariri vous fournira des noms et des numéros de téléphone de ses homes dans les services de sécurité intérieure du Liban et de ceux qui acceptant de livrer toute information ou rumeur qui va contre les intérêts du Hezbollah et vous pouvez citer ces personnes comme de «hauts responsables du gouvernement libanais en matière de sécurité.» 

21. Les intérêts et la propagande d’Israël devront être fortement représentés dans la couverture du conflit, et Israël devra être présenté comme l’ami du peuple syrien, malgré son occupation [du Golan] et ses attaques en territoire syrien.

22. Exactement comme dans le cas de la couverture de presse de l’opposition irakien en exil avant 2003, souvenez-vous SVP que toutes les personnalités de l’opposition syrienne en exil sont intelligents, éloquents (même dans le cas de Cicéron de Syrie) et vraiment drôles. 

23. En parlant des armes chimiques syriennes, ne mentionnez pas SVP l’arsenal israélien d’armes de destruction massive. Au contraire, pour que les Israéliens passent encore pour des victimes, choisissez des photos d’Israéliens posant avec des masques à gaz à chaque fois que vous écrivez sur l’armement chimique syrien. 

24. Rappelez-vous, vous êtes là pour remonter le moral et pas seulement pour “couvrir” les évènements. Vous devez écrire chaque semaine quelque chose sur la chute imminente du régime de Bachar et sur les rebelles qui sont sur le point de contrôler le centre ville de Damas. 

25. Il est important de rappeler aux lecteurs que 99 % de la population syrienne soutient l’action des Etats Unis et d’Israël en Syrie et que 99 % d’entre elle s’oppose farouchement au régime. Seuls des scélérats et des voyous persistent à soutenir le régime. 

26. A l’appui du succès de l’opposition syrienne à obtenir du soutien parmi toutes les minorités en Syrie, le service de presse d’Hariri à Beyrouth vous donnera les numéros de téléphone d’un Druze, d’un Chrétien, d’un Kurde et même d’un Alaouite qui sont contre le régime. 

27. La connaissance de la langue arabe – comme toujours quand on traite du Moyen Orient – n’est pas nécessaire du moment que vous savez reconnaître un sandwich au falafel.

Michelle Obama et le cinéma de propagande en économie de marché

25 février 2013

 Vous avez sans doute vu comme moi Michelle Obama, l’épouse du président des Etats Unis, apparaître en duplex à la cérémonie des Oscars pour annoncer le prix du meilleur film décerné à Argo de Ben Affleck.

Si certains ont pu voir là la simple magie du charme de la première dame des Etats Unis, qu’on a vue aussi dans d’autre s circonstances comme dans une séquence vidéo s’inscrivant dans le cadre de la lutte contre la surcharge pondérale, on était bien obligé de faire une lecture politique de cette intrusion de la Maison Blanche dans cette fête du cinéma.

D’autant que le film récompensé porte toutes les marques d’une propagande que les critiques de cinéma n’auraient pas manqué de relever ou de dénoncer si un film de ce genre avait été produit en Iran ou même en Russie.

C’est précisément le constat que fait Max Read dans les colonnes de Gawker, ce magazine  décidément pas comme les autres.

Michelle Obama et ses conseillers culturels en treillis chic

Michelle Obama et ses conseillers culturels en treillis chic

La Première Dame des Etats-Unis attribue l’Oscar du «Meilleur Film» à la propagande de la CIA

Par Max Read, Gawker (USA) 25 février 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Michelle Obama, la première Dame des Etats Unis, est apparue en direct par satellite à l’Academy Awards ce dimanche soir pour annoncer qu’Argo, le film de Ben Affleck sur les escapades de la CIA en Iran, avait remporté l’oscar du Meilleur Film. Oui, Michelle Obama, l’épouse du commandant en chef, entourée de militaires en grand uniforme, badinant avec jack Nicholson et célébrant un film qui en lui-même célèbre une collaboration réussie ente l’industrie cinématographique américaine et son industrie du renseignement.

Il faut dire que son apparition à la fil de ce spectacle bizarre et interminable de remise de récompenses était la plus grosse faute de goût de cette soirée (imaginez Lyudmila Poutine proclamant «meilleur film» la restitution fictionnelle d’une opération du SVR en Géorgie), mais ici le maître de cérémonies était Seth MacFarlane, le créateur de Gamily Guy, ce qui signifiait trois heures de plaisanteries sirupeuses et égocentriques, aussi niaises et pas drôles qu’elles étaient sexistes et homophobes, ponctuées par un inexplicable «hommage» à trois comédies musicales de ces dix dernières années.

Ce qui était vraiment le plus gênant dans la présence de Michelle Obama est qu’elle a été la reconnaissance solennelle que l’industrie cinématographique est un instrument de la puissance impériale des Etats Unis, et pas quelque chose qui aurait pu, disons, nous offrir une cérémonie de remise de prix divertissante.

Le serval est un carnassier

27 janvier 2013
Le serval n'est répandu que dans le sud du Mali

Le serval n’est répandu que dans le sud du Mali

Le serval  s’attaque peu aux grandes proies. Le serval joue souvent avec sa proie pendant plusieurs minutes avant de la manger. La plupart du temps, il défend farouchement sa nourriture contre les autres prédateurs.

Serval

Serval

Le lieutenant Damien Boîteux est pour l’instant en tout cas, le seul soldat Français à avoir été tué dans les opérations ordonnées par François Hollande au Mali.

Ce pilote d’hélicoptère avait en effet été mortellement blessé au tout début de l’opération « Serval » au cours d’une mission de bombardement sur la ville de Konna alors tenue par les « islamistes ».

Comme le dit la mère de ce soldat:

« Mon fils a fait son travail, en risquant sa vie pour la paix au Mali et aussi en France, car si on n’arrête pas Al Qaïda, l’organisation menacera un jour la France »,

On comprend parfaitement l’émotion de cette mère. Mais a-t-elle une véritable idée de la nature du travail que faisait son fils?

On peut ainsi lire dans La Voix de l’Amérique:

Nottre correspondant a constaté, à première vue, que Konna est « une ville cicatrisée, une ville martyrisée par les bombardements de l’aviation française.»
« De la sous-préfecture en passant par le rond-point, sur le port de pêche, partout où nous sommes passés, on a trouvé que tous les lieux sont calcinés », rapporte Mamadou Bocoum.

On nous dit quand même que les gens sont soulagés. C’est sûr que ça fait du bien qaund ça s’arrête!

Ce sont en fait pas moins de 11 civils qui ont péri à Konna sous les bombes françaises le jour où le lieutenant Boiteux est mort en héros de la paix etc.

Souleymane Maiga a déclaré à l’Associated Press que trois femmes et un enfant étaient décédés le 11 janvier lors de la destruction de leur arrière cour par un bombardement. Les enfants de l’une des femmes ont survécu à l’attaque.

Le maire de Konna a confirmé qu’au moins 11 civils étaient morts durant l’opération.

Parmi les « dommages collatéraux » qui accompagnent les destructions matérielles dans le village figurent quatre membres de la famille Maiga.

Ils étaient sous un manguier dans la cour de leur maison, en train de préparer de la nourriture, quand un hélicoptère d’attaque a surgi à basse altitude au dessus de leurs têtes. Terrifiés, ils s’étaient précipités dans leur maison, mais des éclats d’obus traversèrent la mince épaisseur de la porte, prenant la vie de leur mère âgée de 42 ans, qui s’appelait aussi Aminata et de ses trois enfants, Zeinab, 6 ans, Alean, 10 ans et Ali, 11 ans.

L’autre Aminata, c’était Aminata Jallo, 30 ans, tuée alors qu’elle était sortie de chez elle avec ses enfants pour les emmener dans un lieu qu’elle estimait plus sûr. Tuée sur le coup par un missile, son fils Saida âgé d’un an seulement qu’elle portait sur son dos a miraculeusement survécu.

Il y a certainement eu d’autres civils tués par les bombardements de l’armée française. On voit déjà qu’on ne peut pas compter sur la presse hexagonale pour nous en parler.

Mais peut-être qu’elle aussi fait son travail?

Cruauté et abjection dans la propagande en Syrie

3 janvier 2013

J’ignore personnellement qui va l’emporter en Syrie, entre les forces du gouvernement présidé par Bachar al-Assad et les « rebelles » dont on nous dit qu’ils portent un projet démocratique.

Il y a une guerre que le gouvernement syrien a cependant perdue, du moins en Occident, c’est celle de la propagande.

Non pas que la propagande produite par ses ennemis soit particulièrement bien élaborée mais plus simplement qu’elle rencontre un large écho dans la presse internationale puisque la moindre vidéo filmée avec le téléphone portable d’un prétendu témoin d’une scène horrible fait le tour de la planète à la vitesse grand V.

Le blogueur américano-libanais Angry Arab, ordinairement méfiant, avait reproduit par exemple cette vidéo dans un billet intitulé: Torture par les sbires du régime syrien

Un lecteur d’Angry Arab a bien voulu attirer l’attention de ce dernier sur cette vidéo:

Amir m’a envoyé ce qui suit: J’ai regardé cette vidéo youtube d’une exécution réelle en Syrie avec horreur(). C’était bizarre cependant. Pourquoi quelqu’un voudrait-il exposer une telle cruauté. Montrer le résultat final suffirait à faire peur aux opposants potentiels mais ce film montre un pur sadisme pathologique… ou cela sert dans le cadre d’un false-flag [action sous  faux pavillon pour faire endosser le crime à son ennemi]. Ce qui suit reste de la spéculation, mais si vous faites un peu attention, à 1′ 10 » et à 2 sur le compteur de la vidéo, vous pouvez reconnaître le même acteur que dans le faux document débusqué par « Moon of Alabama ».

Et aussi, les « soldats » semblent s’être rasé la tête mais ont de longues barbes comme celles des fondamentalistes, ce qui, tout du moins, ne colle pas avec des soldats de l’armée régulière syrienne.’

Ci-dessous l’acteur déjà repéré par Moon of Alabama:

Abou Salah gravement blessé le 6 février 2012- le même dix jours après en colère contre le bombardement d'un oléoduc

Abou Salah gravement blessé le 6 février 2012- le même, dix jours après, en colère contre le bombardement d’un oléoduc par l’armée syrienne

J’ai une belle photo d’Abou Salah ce même 16 février en train de prendre tranquillement la pose devant l’oléoduc qu’il vient d’incender.

Le 19 février ce même Abou Salah agonisait encore

Un officier syrien promu général par les monarchies du Golfe

29 décembre 2012

La presse nous a informés récemment de la défection d’un très haut gradé de l’armée syrienne, à savoir Abdelaziz Jassim Al Chalal, le général chargé de diriger la police militaire syrienne.

Abdel Aziz Jassim al-Shallal: "j'ai été promu général par l'émir du Qatar"

Abdel Aziz Jassim al-Shallal: « j’ai été promu général par l’émir du Qatar »

Bon, j’ignore si diriger la police militaire de l’armée syrienne fait de vous un maillon important de la chaîne de commandement, mais on a un problème avec cet  Abdelaziz Jassim Al Chalal.

Ce problème n’est pas tant le fait qu’il ait, selon lui, rejoint l’opposition et commencé à déverser des mensonges dont même Goebbels n’aurait pas voulu.

Non, le problème comme le relève Angry Arab est qu’Abdelaziz Jassim Al Chalal n’est pas général, mais colonel et qu’il n’est absolument pas chef de la police militaire de son pays.

Angry Arab s’appuie sur un article en langue turque (Hürriyet) dans lequel une source apaprtenant à l’opposition au gouvernement syrien décrit le « général » en question comme un escroc qui veut se faire passer pour un héros.

Hollywood ou la propagande en économie de marché

25 décembre 2012

Quand on pense à la propagande sous ses différents aspects, on a souvent à l’esprit celle qui est produite par les régimes autoritaires comme celui de Corée du Nord ou encore celui qui gouverne actuellement en Syrie.

Pourtant, les systèmes de propagande de ces pays se caractérisent avant tout par leur manque de subtilité et, surtout, d’efficacité sauf quand le pays concerné est complètement fermé vis-à-vis du monde extérieur. La population locale est alors complètement tributaire des médias gouvernementaux.

Ce qui est le cas de la Corée du Nord mais pas du tout de la Syrie qui était encore récemment largement ouverte sur son environnement régional et même au-delà.

Dans la crise que vit ce pays, d’aucuns insistent sur le poids de la propagande gouvernementale dans la couverture des évènements. Pourtant, chacun sait que les médias dépendant du gouvernement syrien n’ont qu’un impact limité hors de Syrie et ne représentent absolument rien par rapport aux poids lourds de la communication que sont TF1 et Libération en France, Sky News et le Times au Royaume Uni ou CNN et USA Today aux Etats Unis. On se souvient du rôle de ces médias dans la crise en Libye, les guerres contre l’Irak, le conflit yougoslave etc.

Et ce ne sont pas quelques blogueurs ici ou là qui seraient susceptibles de concurrencer ces médias lourds (sans parler des blogueurs pro opposition).

De fait, les principaux acteurs de la propagande relative à la Syrie sont bel et bien les médias occidentaux dont beaucoup se parent de la qualité d’organes de presse «indépendants» et donc crédibles.

Pourtant ces médias ne sont ni indépendants, ni nécessairement crédibles et leur rôle dans la propagande a été démontré dans divers contextes, notamment celui de la seconde guerre mondiales ainsi que nous le rappelait opportunément Timothy Sexton à propos du cinéma hollywoodien dont le rôle idéologique n’a fait que croître avec le développement de la télévision.

L’histoire d’Hollywood: la propagande pendant la deuxième guerre mondiale

Par Timothy Sexton, Yahoo! Contributor Network (USA) 29 décembre 2006 traduit de l’anglais par Djazaïri

Beaucoup d’américains seraient hérissés par l’idée que les films hollywoodiens étaient aussi délibérément propagandistes que les films produits en Allemagne à l’époque du nazisme. Alors que ces films [allemands] étaient pour la plupart lourds et sans subtilité, il y eut des exceptions comme Olympia [connu en France sous le titre : Les dieux du stade], un documentaire sur les Jeux Olympiques réalisé avant-guerre par Leni Riefenstahl. Peu de gens contesteraient qu’Olympia a une valeur artistique bien supérieure à sa valeur propagandiste.

Affiche et images extraites du film Olympia

Affiche et images extraites du film Olympia

Les américains restent cependant encore réticents devant toute suggestion selon laquelle la propagande pro-américaine serait sous un aspect quelconque comparable à la propagande produite par n’importe quel pays qui serait notre ennemi du moment. Et pourtant, il suffit simplement de regarder Rambo III de Sylvester Stallone pour en avoir confirmation. Ce film dépeint comme des héros les «combattants de la liberté» en Afghanistan qui sont maintenant des terroristes connus sous le nom de Talibans.

La propagande pendant la deuxième guerre mondiale tendait à être beaucoup moins flagrante à Hollywood qu’elle ne l’était à Berlin, mais pour une seule raison. Même dans la quête d’un aussi noble objectif que d’appeler à soutenir la guerre, les dirigeants d’Hollywood gardaient un seul véritable objectif : gagner de l’argent en faisant des entrées.  Le fait que les films américains n’étaient pas que de la propagande pure et simple témoigne du bon vieil appât du gain des patrons des studios et du talent des scénaristes, des acteurs et des réalisateurs. Si les intrus de l’Office of War Information [bureau d’information sur la guerre] et du Bureau of Motion Pictures [bureau du cinéma avaient eu les coudées franches, il est à peu près certain qu’on se souviendrait aujourd’hui de peu de films relatifs à la guerre.

Là où Hollywood a le mieux réussi – ou a peut-être fait le pire – pour présenter l’idée propagandiste de Washington, c’est dans ses courts métrages et ses dessins animés.  Certains dessins animés de la Warner de l’époque ont été définitivement retirés de la circulation en raison de leur description souvent raciste ou à prédominance raciste des allemands et, spécialement, des japonais. Le fait que ces dessins animés n’aient pas passé avec succès l’épreuve du temps du point de vue artistique et sont aujourd’hui considérés comme embarrassants par les studios est en vérité une preuve suffisante pour démontrer qu’Hollywood savait ce qui se passait. A côté de ces dessins animés, toute une série de courts métrages avaient été produits montrant des vedettes d’Hollywood contribuant à l’effort de guerre, tentant d’inciter à l’achat de bons de guerre en se faisant généralement passer pour des gens ordinaires. Ces courts métrages sont à peu près aussi ridicules aujourd’hui que les dessins animés, offrant une image d’authenticité et se sincérité qui n’existait pas.

Le gouvernement cherchait à influer sur tous les aspects de la production cinématographique du temps de guerre, depuis la quantité de sang qui coulait pendant les scènes de combat jusqu’à décider si un film qui faisait d’une manière ou d’une autre la satire des valeurs américaines devait être distribué à l’étranger. (En passant, saviez vous que  [de Frank Capra avec James Stewart dans le rôle principal, NdT] avait été dénoncé dans la vraie vie par certains sénateurs à sa sortie à l’époque comme étant un-américan, anti-américain ? Ce n’est pas une blague.) Les politiciens semblaient déterminés à jouer le même jeu que leurs homologues allemands : c’est-à-dire à dépouiller complètement les films de toute valeur artistique au profit d’une propagande enthousiaste et naïve.

Heureusement, l’appât du gain l’avait emporté sur le patriotisme à courte vue. Même si une bonne partie de sous-produits oubliés dans l’instant du cinéma de propagande avait pu voir le jour, la démarche d’Hollywood pour instiller de la ferveur guerrière était incroyablement subtile. Même le film de guerre typique qui essayait de présenter une unité militaire comme un microcosme du rêve américain en y mettant un soldat de chaque groupe ethnique, à l’exception des noirs et des japonais, s’est avéré un terrai fertile pour des récits dramatiques. Le concept d’un groupe de types venant de différents milieux et s’unissant pour une cause commune a peut-être tôt fait de devenir un cliché, mais il a rarement nui à un film.

Un aspect essentiel de l’effort de guerre consistait bien sûr en l’arrivée de la main d’œuvre féminine, un fait qui se reflétera dans les films. Tout film qui se déroulait dans un contexte contemporain – qu’il traite ou non de la guerre – devait par définition tenir compte de l’absence d’hommes dans la main d’œuvre. Le résultat fut que le public féminin se voyait montrer de manière routinière des images de femmes au travail. Même si les femmes qui travaillent étaient depuis longtemps un élément de base des intrigues cinématographiques, c’est seulement avec les années de guerre que le fait qu’une femme occupe un emploi normalement exercé par un homme n’a plus fait partie intégrante de l’intrigue. La femme occupait un emploi masculin parce c’était le reflet de la réalité.

Le plus bel exemple  de la grande subtilité avec laquelle Hollywood menait une campagne de propagande est peut-être le film Casablanca, un classique du cinéma.

Humphrey Bogart et Ingrid Bergmann

Humphrey Bogart et Ingrid Bergman

Quoique considéré dans le monde entier comme étant peut-être le plus beau mélodrame jamais porté à l’écran, l’histoire sentimentale n’était pas la seule chose qu’avaient à l’esprit ses producteurs. Les cinéastes d’aujourd’hui feraient bien de regarder plusieurs fois  Casablanca avant de se lancer dans leurs projets de films de propagande; c’est un magnifique exemple de la manière dont un film peut fonctionner efficacement à deux niveaux. Tout en étant une des plus grandes romances de notre temps, Casablanca existe aujourd’hui d’abord parce que certaines personnalités puissantes d’Hollywood voulaient faire quelque chose qui pourrait convaincre l’Amérique de cesser d’être un pays qui ne prend de risques pour personne [isolationniste, NdT].

Armes chimiques syriennes et puissance de la propagande américaine

5 décembre 2012

En rentrant chez moi, tard dans la soirée d’hier, j’écoutais distraitement le journal télévisé de France 3 que ma femme était en train de regarder.

Il était question d’armes chimiques que l’armée syrienne s’affairait à préparer en mélangeant les deux substances dont la combinaison produit un gaz neurotoxique, d’où l’appellation d’arme binaire.

On nous disait aussi que le président Barack Obama et sa meute de roquets avaient sévèrement mis en garde les autorités syriennes contre l’utilisation de cet armement chimique contre la population de leur pays.

Je n’étais déjà pas franchement de bonne humeur mais j’ai senti comme une vague désespérance m’envahir avec cette question lancinante : les journalistes de France 3 sont-ils tout simplement bêtes où sont-ils consciemment complices de l’entreprise américaine de désinformation ?

Je vous assure que ceci est un puissant hypnotique produit par l'armée de Saddam Hussein

Je vous assure que ceci est un puissant hypnotique produit par les savants fous de Saddam Hussein

Moon of Alabama nous propose un bon petit papier sur cette nouvelle manoeuvre propagandiste du régime de Washington et de ses caniches de l’OTAN.

Faudrait peut-être le signaler aux journalistes de France 3

Ce serait peut-être aussi le 8ème élément qu’on pourrait ajouter en tête des 7 prétendues choses à savoir sur la menace des armes chimiques syriennes d’après le magazine L’Express.

Les affirmations de Wired sur les armes de destruction massive syriennes sont mensongères

Par MoA (USA) 3 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Wired’s Danger Room propose un étrange article en exclusivité sur de supposées armes chimiques syriennes.

Les techniciens qui travaillent pour le régime d’Assad en Syrie ont commence à combiner les deux précurseurs chimiques nécessaires pour armer les charges militaires au gaz sarin, a déclaré à Danger Room un officiel américain au courant du dossier. Les observateurs internationaux sont aujourd’hui plus préoccupés que jamais par l’utilisation éventuelle par le gouvernement de Damas de son stock d’agents neurotoxiques pour massacrer sa propre population.

    …

Le gaz sarin comporte deux constituants chimiques principaux – l’isopropanol, ou alcool à brûler, et le methylphosphonyl difluoride. Le gouvernement syrien dispose de 500 tonnes de ces précurseurs qu’il stocke d’ordinaire séparément sous une forme dite «binaire» afin d’éviter une fuite accidentelle de gaz neurotoxique.

La semaine dernière, les choses ont changé. L’armée syrienne a commencé à combiner une partie de ces précurseurs binaires. «Ils ne l’ont pas fait sur l’ensemble de leur arsenal mais juste pour une petite quantité,» affirme l’officiel. «Nous n’avons pas de certitudes sur leurs intentions.»

Du fait apparemment de leur ignorance, les gens de Danger Room tombent dans le panneau de chaque stupide propagande du genre Un pays arabe va bientôt utiliser des armes de destruction massive.» Faut-il rappeler des affirmations semblables faites par des «officiels américains» il y a une dizaine d’années et qui se sont avérées mensongères ?

Dans ce cas précis, nous pouvons être certains que les affirmations sont mensongères. Personne en Syrie n’est en train de combiner des précurseurs binaires.

Il suffit de savoir comment les armes chimiques binaires fonctionnent réellement:

Les armes ou munitions chimiques binaires sont des armes chimiques dans lesquelles l’agent toxique n’est pas contenu à l’état actif dans l’arme, mais sous la forme de deux précurseurs chimiques physiquement séparés à l’intérieur de l’arme. Les précurseurs sont conçus pour être significativement moins toxiques que l’agent qui résulte de leur mélange, ce qui permet de stocker et transporter l’arme avec une plus grande sécurité. La sécurité apportée par les armes chimiques binaires est particulièrement importante pour les personnes qui résident  près des dépôts de munitions.

La réaction chimique a lieu quand l’arme est en vol. Le fait de tirer la munition provoque la rupture des capsules. Les rotations rapides de la munition pendant sa trajectoire mélangent entièrement les deux précurseurs qui entrent en interaction. Pour finir, une charge explosive vaporise et diffuse l’agent chimique.

L’armée syrienne n’a donc pas besoin de combiner les substances pour remplir les charges militaires parce que les précurseurs sont déjà stockés dans les munitions quand les obus ou les bombes pour l’aviation sont livrées aux unités qui sont supposées les utiliser. Les précurseurs sont stockés dans deux chambres séparées dans chaque munition qui peut ainsi être transportée et stockée en sécurité. Seul le tir de la munition ou le largage de la bombe provoquera la combinaison des précurseurs binaires.

Ce que l’officiel américain anonyme prétend n’est pas en train de se produire en Syrie. Si ceux qui écrivent dans Wired, Noah Shachtman et Spencer Ackerman (de fervents partisans d’Israël avant tout, fait-il constater), avaient un minimum de connaissances de la technologie de l’armement, ils ne seraient pas tombés dans le panneau de la déclaration stupide faite par un officiel américain anonyme.

L’affirmation selon laquelle “le régime Assad en Syrie a commencé à combiner les deux précurseurs chimiques” est complètement fausse. Que l’armée syrienne fasse ou pas quelque chose avec son armement stratégique, cette chose n’est pas ce que prétend «l’officiel américain» anonyme.

Gilad Shalit, un spectateur encombrant pour le FC Barcelone

27 septembre 2012

Castille contre Catalogne

Hier, cette dépêche AFP ne semblait avoir été reprise par aucun organe de presse français, un peu comme si les pérégrinations du soldat sioniste Gilad Shalit n’intéressaient plus personne. Aujourd’hui, seul Europe 1 en parle.

Le soldat israélien Shalit invité par le FC Barcelone au clasico

(AFP) – il y a 1 heure
MADRID — Le soldat franco-israélien Gilad Shalit, retenu prisonnier par le mouvement palestinien Hamas entre 2006 et 2011, a reçu une invitation de la part du FC Barcelone pour le clasico contre le Real Madrid du 7 octobre, a annoncé le club catalan mercredi.
« Nous avons reçu une demande d’invitation de la part d’un ancien ministre israélien pour cette personne, et le club a décidé de l’inviter comme il le fait pour beaucoup d’autres », a expliqué à l’AFP une source du club catalan.
« Nous n’avons pas entendu parler de protestations en ce qui concerne cette invitation, mais pour bien faire comprendre que le Barça ne prend aucunement position à travers cette invitation dans le conflit israélo-palestinien, nous rappelons qu’en 2011, le vice-président du club Carles Villarubi avait reçu le leader palestinien Mahmoud Abbas et lui avait montré les installations du club », a ajouté la même source.
Enfin, le FC Barcelone a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait nullement d’une invitation dans la tribune présidentielle, mais d’une invitation normale en tribunes.
Le journal El Pais a affirmé mercredi que cette invitation avait provoqué une polémique et des protestations de la part de plusieurs associations pro-palestiniennes.
Selon le journal, plusieurs de ces associations ont adressé une lettre au président du Barça, Sandro Rosell, pour lui demander de renoncer à l’invitation, soulignant que Gilad Shalit n’était pas « un simple citoyen », mais un soldat de l’armée israélienne.

L’information est par contre largement répercutée par la presse espagnole et notamment par le journal El Pais qui donne le ton dès le titre de l’article consacré à cette invitation. On voit qu’effectivement, les dirigeants du club sont gênés aux entournures (au moment de la publication de l’article, l’invitation n’est pas confirmée officiellement).

Un spectateur gênant

Par Ignacio Cembrero / Ramon Besa, El Pais (Espagne) 25 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri
Controverse autour de l’invitation qu’aurait faite le Barça à un soldat israélien, détenu pendant cinq ans par le Hamas, pour assister au classique contre Madrid le 7 octobre au Camp Nou.
La présence annoncée du sergent israélien Gilad Shalit lors du classique Barcelone-Madrid le 7 Octobre, au Camp Nou, a suscité une réaction de rejet chez les militants et associations pro-palestiniens et est devenue un problème difficile à gérer pour le club catalan. Le militaire, captif pendant cinq ans du Hamas dans la bande de Gaza , qui est un fervent partisan du FC Barcelone a t raté les hauts faits de son équipe au moment de son apogée (2006-2011). Shalit a exprimé son désir d’aller voir un match du Barça et le club catalan est prêt à exaucer son souhait.
Des sources auprès du club barcelonais ont confirmé hier à notre journal qu’un ancien ministre israélien avait contacté le service du protocole de Barcelone pour solliciter une invitation pour Shalit pour assister au classique du championnat.
Bien que non encore satisfaite, la requête aurait été approuvée ainsi que l’ont annoncé la chaîne de télévision Eurosport et le journal Sport. L’accord a été divulgué officieusement sur Facebook et par l’Association Catalane des Amis d’Israël. Pilar Rahola, ex dirigeante de Esquerra Republicana de Catalunya (Gauche Républicaine) a précisé que le Barça lui avait demandé d’ête son hôte («c’est un honneur pour moi,» a-t-elle dit ; je l’accompagnerai à la tribune et je lui présenterai l’histoire du barça et du pays»).
Pendant la réunion des représentants des adhérents de barcelone, samedi, une des personnes présentes a demandé au président Sandro Rosell s’il était vrai que le soldat israélien avait été invité. La réponse fut «non.» Un porte parole du club a expliqué hier que Rosell n’était alors pas au courant de la requête reçue par le protocole.
Musa Amer Odeh, le délégué général de Palestine en Espagne s’est également intéressé à cette éventuelle invitation et a obtenu une réponse plus alambiquée. «Ils m’ont dit qu’ils avaient distribué des invitations VIP non nominatives à une association dont le nom ne m’a pas été précisé, et que cette dernière, à son tour, pourrait en donner une à Shalit,» nous a-t-il dit au téléphone.
Les associations pro palestiniennes ont demandé par écrit à Rosell de retirer l’invitation à Shalit qui, malgré une santé fragile avait voulu faire partie d’une unité combattante de l’armée israélienne.  Shalit, 26 ans, «n’est pas un simple citoyen israélien, mais un sergent major,» est-il rappelé à Rosell
Dans une lettre rédigée par Jorge Sánchez de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui recueille des signatures sur les réseaux sociaux. Sanchez s’étonne de l’empathie dont témoigne le club «à l’égard du seul soldat israélien à avoir été en captivité ces dernières années (…) alors qu’il garde un silence absolu sur les 4 660 prisonniers palestiniens qui sont enfermés dans les prisons israéliennes, parmi lesquels se trouvent 260 enfants, six femmes et 20 parlementaires.»
«Shalit était tankiste et il tirait sur Gaza, tuant des victimes en grande majorité civiles,» poursuit Odeh, le délégué de Palestine. «Il n’était pas un otage séquestre, mais un prisonnier de guerre,» soutient-il, indigné.
La convention de Genève ne s’appliquait pas à lui. Pour essayer de le libérer, l’armée israélienne avait déchaîné l’opération Pluie d’Eté (de juin à novembre 2006) dans laquelle 405 Palestiniens périrent, dont 60 % de civils. Ce fut un échec et Shalit ne fut libéré qu’en octobre 2001, en échange de la sortie des prisons israéliennes de 477 prisonniers palestiniens, dont beaucoup étaient en détention administrative sans avoir été jugés.
 «Les protestations pendant la match de basket Barça – Maccabi de Tel Aviv [en février 2011 au Palau Blaugrana] seront peu de choses en comparaison de ce que nous préparons au Camp Nou,» a annoncé BDS. La rencontre avait été interrompue par des spectateurs qui brandissaient des drapeaux palestiniens. Ils ont également l’intention de demander à la Qatar Foundation qu’elle cesse de sponsoriser le Barça.

Les instances du club ont beau dire que cette invitation n’a pas de caractère politique, en tout cas qu’elle ne signifie pas un parti pris, peuvent-elles vraiment ignorer que la démarche du terroriste sioniste, effectuée par l’intermédiaire de politiciens sionistes, a une finalité propagandiste avérée.

Comment comprendre sinon que :

Au départ, le club lui avait offert un siège au balcon, une proposition rejetée par Gilad Shalit, qui se retrouvera en tribune près de la pelouse, aussi parce qu’une équipe de télévision va rassembler des éléments pour un documentaire.

Les dirigeants du club sont donc au courant de l’aspect propagandiste d’une présence qui n’a pas grand-chose à voir avec une passion pour le football et c’est ce qui explique probablement leur gêne. On aimerait juste connaître la contrepartie offerte par les sionistes.

Pour conclure, disons que le Qatar a une occasion rêvée de démontrer son engagement en faveur de la cause palestinienne (c’est vrai, on peut toujours rêver).


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