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Suite aux protestations, Starbucks renonce à confier à une officine sioniste le pilotage de sa formation contre le racisme

28 avril 2018

Vous avez sans doute entendu parler de cette histoire survenue dans un Starbucks de Philadelphie aux Etats Unis où deux clients afro-américains avaient été arrêtés alors qu’ils étaient attablés, sans consommation certes, mais depuis quelques minutes seulement, tout à fait tranquilles et sans donc causer de dérangement quelconque à personne.

Comme le remarquait une cliente qui a filmé la scène dans une vidéo qui a fait le buzz sur Internet:

« La police a été appelée parce que ces hommes n’avaient rien commandé. Ils attendaient un ami, qui est arrivé alors que ses amis étaient embarqués en menottes pour n’avoir rien fait. Tous les autres Blancs se demandent pourquoi ça ne nous est jamais arrivé quand on fait la même chose », écrit en commentaire son auteure, Melissa DePino.

Pour des raisons qui peuvent tenir à la mauvaise publicité que peut représenter ce genre d’incident, ou pour des raisons d’éthique pourquoi pas, la direction de Starbucks a non seulement présenté des excuses mais a aussi décidé de lancer un  plan de formation de son personnel sur le thème des préjugés racistes.

Une initiative largement saluée jusqu’à ce qu’on découvre que le pilotage de cette action avait été confié à l’Anti-Defamation League (ADL, équivalent de la LICRA aux Etats Unis], ce qui a fait grincer des dents toux*s ceux qui savent à quel point cette organisation, pour des raisons présentées dans l’article que je vous propose, est loin d’être qualifiée pour animer des sessions de formation contre le racisme.

Les associations antiracistes des Etats Unis ne sont pas restées les bras croisés et se sont mobilisées pour faire savoir leur mécontentement à la société Starbucks. La mobilisation a été suffisamment puissante pour amener Starbucks à rétrograder la place de l’ADL dans son action de formation et à en donner le pilotage à des organisations nettement plus qualifiées

 

Les protestations forcent Starbucks à écarter l’ADL de la formation contre le racisme

Après le tollé suscité par l’inclusion de l’Anti-Defamation League en tant que pilote de la formation anti-raciste de Starbucks, la chaîné de cafés a reculé, comme le rapporte Marjorie Cohn pour Consortium News.

par Marjorie Cohn  Special to Consortium News (USA) 28 avril 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Marjorie Cohn

Après qu’une vidéo de l’arrestation de deux hommes afro-américains assis dans un Starbucks sans avoir acheté de consommation soit devenue virale, Starbucks a programmé une formation anti-raciste. Mais leur inclusion de l’Anti-Defamation League dans la formation a provoqué un autre tollé et Starbucks a capitulé.

Le 12 avril, Rashon Nelson et Donte Robinson ont été arrêtés pour intrusion dans un Starbucks de Philadelphie. Un gérant avait appelé la police parce que les hommes, qui étaient au café depuis seulement quelques minutes, n’avaient rien acheté.

Melissa DePino, une cliente de Starbucks qui a enregistré la vidéo de l’arrestation qui est devenue virale sur les réseaux sociaux, a déclaré : « Ces gars-là n’ont jamais levé la voix. Ils n’ont rien fait d’agressif. . . J’étais assis près de là où ils se trouvaient. Tout près. Ils ne faisaient rien. Rien du tout. « 

Dans le but d’éviter un désastre en matière e relations publiques après que l’incident raciste soit devenu public, Starbucks a annoncé qu’il fermerait la plupart de ses 8 000 établissements le 29 mai pour une formation sur préjugés raciaux.

Mais, ajoutant l’insulte à l’injure, Starbucks avait fait appel à l’Anti-Defamation League (ADL), avec ses antécédents racistes notoires, en tant qu’intervenant principal dans la formation contre le racisme.

L’indignation de la communauté [afro-américaine] devant le rôle central de l’ADL dans la formation s’est manifestée rapidement et avec force. Starbucks a rétrogradé ADL à un rôle de consultant, et a nommé des représentants de trois importantes organisations de droits civiques dirigées par des afro-américains pour piloter la formation.

ADL: « Anti-Musulman, Anti-Palestinien, Anti-Noir et Anti-Activiste »

Après l’annonce initiale par Starbucks de la composition de ses formateurs à l’antiracisme, il y a eu une réaction négative très forte dans la communauté des droits civiques contre le rôle prédominant de l’ADL.

Tamika Mallory, co-présidente de la Marche des Femmes et de Black Lives Matter, a appelé au boycott de Starbucks. Mallory, une organisatrice de premier plan au niveau en faveur du contrôle des armes à feu, des droits des femmes, et contre les violences policières, est la lauréate 2018 du prix Coretta Scott King Legacy.

Tamika Mallory de la marche des Femmes

Mallory a tweeté que Starbucks « n’est pas sérieux quant à faire réaliser l’action par des personnes BLACK! ainsi qu’on le voit avec le rôle prédominant qu’il a donné à ADL, qui « s’attaque constamment aux personnes noires et basanées ».

Cat Brooks, cofondatrice de l’Anti Police-Terror Project, a déclaré qu’elle était d’accord avec Mallory. « Vous ne pouvez pas participer à une formation anti-préjugés quand vous soutenez ouvertement la colonisation raciste, oppressive et brutale de la Palestine. »

Linda Sarsour, également co-présidente de la Marche des Femmes, a écrit sur Facebook que l’ADL est «une organisation anti-arabe et anti-palestinienne qui colporte l’islamophobie et attaque les organisations et le militants musulmans en vue aux États-Unis et elle soutient/sponsorise les voyages de policiers qui vont suivre une entraînement avec l’armée israélienne. « 

Amer Zahr, comédien et activiste palestinien-américain, a grandi à Philadelphie. Zahr  nous a déclaré que l’ADL et l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) « étaient les architectes de l’industrie anti-arabe et anti-islamique en Amérique pendant les 50 à 60 dernières années. »

Zahr a affirmé que « accueillir des organisations comme ADL dans la famille des organisations de défense des droits civiques . . . est une vraie gifle pour les Palestiniens, les Arabes et les musulmans qui sont victimes de la rhétorique de l’ADL depuis des dizaines d’années. « 

Invité à réagir à la décision de Starbucks, un porte-parole de l’ADL que nous avons contacté a refusé de s’exprimer.

Espionner les gauchistes

ADL a été créé en 1913 « pour défendre les Juifs, et plus tard d’autres groupes minoritaires contre la discrimination », écrivait Robert I. Friedman en 1993. Elle mena la lutte contre le Ku Klux Klan et le parti nazi américain et soutint le mouvement des droits civiques dans les années 1960 Mais à la fin des années 1940, « l’ADL a espionné les gauchistes et les communistes, et a partagé des dossiers d’enquête avec le FBI et le comité de la Chambre des représentants sur les activités anti-américaines. L’ADL a basculé brusquement vers la droite sous l’administration Reagan, devenant un bastion du néoconservatisme. « 

En 1993, le procureur du district de San Francisco a publié 700 pages de documents qui impliquaient l’ADL dans une vaste opération d’espionnage contre des citoyens américains opposés à la politique israélienne en Cisjordanie occupée et à Gaza, et à l’apartheid en Afrique du Sud. L’ADL avait ensuite transmis ces informations au Mossad israélien et au renseignement sud-africain.

Les documents révélaient que l’ADL avait fourni des informations aux services secrets sud-africains peu avant l’assassinat de Chris Hani. Hani était un responsable de l’African National Congress, qui dirigeait la lutte contre l’apartheid, et était considéré comme le successeur de Nelson Mandela. Hani avait été tué peu de temps après son retour d’une tournée de conférences en Californie, où il avait été espionné par l’ADL.

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Chris Hani a été assassiné en 1993

Quinze associations de défense des droits civiques et sept individus avaient intenté un procès fédéral contre ADL en 1993 pour violation de leurs droits civiques et de leur vie privée en les espionnant. Six ans plus tard, le juge fédéral Richard Paez a émis une injonction interdisant de façon permanente à ADL d’espionner illégalement  des organisations  arabo-américaines et d’autres organisations de droits civiques.

Mais les activités haineuses de l’ADL continuent. La directrice exécutive de Jewish Voice for Peace (Voix Juive pour la Paix, JVP), Rebecca Vilkomerson, a déclaré dans un entretien avec Consortium News que l’ADL, qui se désigne elle-même comme organisation de défense des droits civiques, joue vraiment un rôle préjudiciable dans un certain nombre de communautés. Elle observe que l’ADL « promeut et est complice de campagnes anti-musulmans, anti-Noirs et anti-activistes. »

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Rebecca Vilkomerson de Jewish Voice for Peace

Vilkomerson a critiqué l’ADL pour avoir honoré le département de police de St. Louis un an après que ses agents eurent tué Michael Brown, un homme afro-américain non armé à Ferguson.

Arielle Klagsbrun du Jewish Voice for Peace de St. Louis explique : «Le camp de l’ADL est le camp de la police. En tant que personne dont les membres de la famille sont des survivants de l’holocauste, les leçons que je tiré de l’holocauste pour aujourd’hui sont que les vies noires comptent et que nous devons nous opposer au racisme systémique. « 

Soffiyah Elijah, directrice exécutive de l’Alliance of Families for Justice, a déclaré dans une interview que si l’on élaborait un programme de formation contre l’antisémitisme, « vous n’iriez pas à la NAACP, National Association for the Advancement of Colored People, [association nationale pour la promotion des gens de couleur] pour une formation de sensibilisation ». , J’ai trouvé que[l’inclusion de ADL] c’était une insulte de plus ».

Vilkomerson qualifie l’ADL « d’un des plus grands pourvoyeurs » d’échanges entre les forces de l’ordre israéliennes et américaines, avec la police américaine qui se rend en Israël pour apprendre les méthodes de « contre-terrorisme » à appliquer ici. Cela englobe «le profilage racial, l’espionnage, la surveillance de masse et les châtiments collectifs».

Mais « la police étatsunienne n’a pas vraiment besoin de leçons de racisme, » ajoute Wilkomerson.

Starbucks recule après une réaction anti-ADL

JVP a fait circuler une pétition contre l’inclusion de l’ADL, qui a recueilli 11 000 signatures en 72 heures. Selon Vilkomerson, « l’énorme déferlement » sur Twitter d’opposition au rôle central initialement prévu pour l’ADL dans la formation sur le racisme et la « semaine de mise sous pression » y compris la pétition de JVP, ont amené Starbucks à reculer.

Starbucks a publié une déclaration dans laquelle figurent les noms de ceux qui vont diriger la formation contre le racisme : Bryan Stevenson, fondateur et directeur exécutif de Equal Justice Initiative; Sherrilyn Ifill, présidente et directrice-conseil du Fonds de défense et d’éducation juridiques de la NAACP; et Heather McGhee, présidente de Demos, une organisation de défense des droits civiques.

Les trois dirigeants «donneront des aviss, des conseils, feront le lien avec d’autres experts et feront des recommandations à Starbucks pour la formation du 29 mai, qui lancera l’action en plusieurs phases de l’entreprise».

Starbucks a annonvé qu’il « consultera également un éventail d’organisations et d’experts des droits civiques – y compris l’Anti-Defamation League, le Leadership on Civil and Human Rights, UnidosUS, Muslim Advocates, et des représentants d’associations LGBTQ, d’organisations religieuses, de personnes handicapées , et autres. »

Le directeur adjoint de JVP, Ari Wohlfeiler, a déclaré dans un communiqué de presse :

Starbucks ne le dira jamais publiquement, mais à cause du tollé général suscité par la position résolument pro-israélienne de l’ADL, son refus de condamner la violence policière, son islamophobie persistante et la convergence de toutes ces positions rétrogrades pour faciliter activement les programmes d’échanges entre les polices américaine et israélienne, Starbucks n’avait pas d’autre choix que de la mettre en retrait.

C’était un « excellent résultat », a déclaré Vilkomerson

Marjorie Cohn est professeure émérite à la faculté de droit Thomas Jefferson, ancienne présidente de l’ordre national des avocats, secrétaire générale adjointe de l’Association internationale des juristes démocrates.

 

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Boycotter l’entité sioniste, c’est être du bon côté de l’histoire!

26 juin 2016

Le Washington Post publie une tribune d’une militante du BDS, le mouvement qui appelle au boycott, au désinvestissement et à des sanctions contre l’Etat sioniste tant qu’il ne respecte pas le droit international et continue sa politique de répression et de colonisation de la Palestine.

L’auteure, Rebecca Vilkomerson, attire l’attention sur certains aspects très importants en lien avec la campagne BDS.

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Rebecca Vilkomerson de Jewish Voice for Peace

Elle rappelle d’abord l’efficacité de cette campagne en citant notamment deux exemples de grandes entreprises qui se sont désengagées du marché de l’entité sioniste.

Elle relève ensuite l’évolution de l’opinion publique en Occident, et aux Etats unis singulièrement, qui tend à éprouver de plus en plus de sympathie à l’égard du peuple palestinien.

 Elle observe enfin que, en contradiction avec cette évolution des opinions publiques, une campagne concertée cherche à faire adopter et appliquer des réglementations qui prétendent interdire les appels au boycott au motif de leur caractère antisémite.

Ce dernier point est d’une importance particulière puisque, ainsi qu’elle le signale, et comme l’avaient déjà fait Glenn Greenwald et Andrew Fishman,  cette campagne de dénigrement du BDS a pu obtenir d’un gouverneur d’Etat, celui de New York, qu’il arrête des mesures répressives à l’encontre du BDS, passant par-dessus la tête de l’assemblée de l’Etat qui avait renoncé à voter une loi en ce sens.

On observe la même chose en France où une circulaire signée par Mme Michelle Alliot-Marie en 2010 appelle les juges à se saisir des appels au boycott de l’entité sioniste qui seraient des appels à la discrimination! Michelle Alliot-Marie était ministre d’un gouvernement de droite. L’arrivée des socialistes n’a pas entraîné l’abrogation de cette circulaire. L’actuel Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas qui, en son temps, avait manifesté son opposition à cette circulaire n’en a pas reparlé depuis…

Comme le notaient Glenn Greenwald et Andrew Fishman, certains politiciens sont ouverts, voire même enthousiastes, à l’idée de sanctionner leurs propres concitoyens quand ils appellent à œuvrer pacifiquement pour contribuer à mettre un terme à une politique d’oppression et de déni du droit !

En se comportant ainsi, ces politiciens nous disent clairement qu’ils ne sont pas là pour servir leurs électeurs de compatriotes mais plutôt pour servir les intérêts d’une puissance étrangère qui méprise le droit international depuis des dizaines d’années.

Je suis juive et je veux que les gens boycottent Israël

Ce pays doit être tenu responsable de ses violations des droits de l’homme

par Rebecca Vilkomerson, The Washington Post (USA) 24 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Rebecca Vilkomerson est directrice exécutive de Jewish Voice for Peace.

En 2009, j’habitais à Tel Aviv ai moment de l’opération Plomb Durci. Pendant cette offensive, Israël a tué environ 1 400 Palestiniens à Gaza. Les quelques uns d’entre nous qui étaient descendus dans la rue pour protester contre la guerre étaient souvent bombardés d’œufs ou agressés par les passants. Quand je déposai mes enfants à l’école maternelle, les parents discutaient comme si rien d’inhabituel ne se passait. Quand ils me demandaient ce qui n’allait pas, je leur disais que j’étais très préoccupée par ce qui se passait à seulement une cinquantaine de kilomètres d’ici. Leur réponse : un silence gêné ou une défense rageuse des actions d’Israël.

Je voulais agir concrètement pour la liberté et les droits des palestiniens. Alors j’ai adhéré au mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cette action non violente qui a été lancée en 2005 par une large coalition d’organisations de la société civile palestinienne est un appel à la solidarité de la communauté internationale jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et cesse de violer les droits des Palestiniens. C’est une démarche qui a du mal à frayer son chemin – le gouverneur de mon propre Etat, New York, a récemment condamné le BDS en adoptant unilatéralement un arrêté exécutoire.

Sept ans après, il y a eu deux autres agressions horribles contre Gaza. Près de 500 enfants palestiniens ont été tués en 2014. Même quand il n’y a pas de campagnes de bombardements intenses, les Palestiniens vivent en état de siège à Gaza. Les habitants de la Cisjordanie vivent sous le contrôle extrêmement contraignant de l’appareil sécuritaire israélien, avec ses checkpoints, la détention administrative et les démolitions de maisons. En Israël, les Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne vivent dans un système d’inégalité des droits. Hors d’Israël, les réfugiés ne peuvent pas rentrer chez eux.

Bien sûr, pendant ce temps, il y a eu aussi des attaques contre des civils israéliens. Elles sont un horrible symptôme de l’occupation et de la répression comme l’a observé Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, suite à l’attentat qui a récemment tué quatre Juifs israéliens.

Je suis convaincue qu’Israël ne changera pas de politique tant qu’il pourra ignorer les pressions venues de l’extérieur. Le BDS est un moyen puissant d’encourager l’Etat à agir. Et pendant les années que j’ai passées dans le mouvement, nous avons connu un succès grandissant. Les grandes églises [protestantes] ont retiré leurs investissements des entreprises qui profitent de l’occupation. Des dizaines de campus américains ont voté des résolutions pour le désinvestissement. Plus d’une centaine d’artistes refusent de se produire en Israël, et des sociétés multinationales comme G4S et Véolia se sont retirées du marché israélien.

Pendant ce temps, il y a aussi eu une évolution dans l’opinion publique. Un sondage effectué en 2015 par le Brookings Institute a montré que 49 % des Démocrates soutiennent l’imposition de sanctions économiques contre Israël et ses constructionsd e colonies. Un sondage effectué par Pew le mois dernier a montré que pour la première fois, les Démocrates libéraux éprouvaient plus de sympathie pour les Palestiniens que pour les Israéliens. En mai, l’institut d’étude de l’opinion Opsos a constaté que le tiers des Américains soutenaient le boycott, le désinvestissement et els sanctions contre Israël tant qu’il ne respecterait pas les droits des Palestiniens.

Mais nos efforts ont été menacés ici aux Etats Unis par une stratégie coordonnée à l’échelle nationale et financée par le gouvernement israélien et des organisations qui le soutiennent. L’an dernier, 22 Etats ont introduit ou adopté des législations anti-BDS. Beaucoup de ces mesures rendent illégales pour ces Etats toute relation contractuelle avec des entreprises qui soutiennent le BDS. Le gouverneur de New York, le Démocrate Andrew Cuomo, a franchi un palier dans cette stratégie avec un arrêté exécutoire draconien qui créée une liste noire des entreprises et des organisations qui soutiennent le BDS. L’arrêté exécutoire pris par Cuomo contourne l’assemblée législative de l’Etat où l’opposition des partisans des droits des palestiniens et de la liberté d’expression, dont de nombreux membres de Jewish Voice for Peace, avaient réussi à faire bloquer la législation anti-BDS en commission des lois.

C’est une erreur. Ce n’est pas faire de la discrimination que de tenir un Etat pour responsable de ses infractions au droit international et de ses violations des droits de l’homme. Etat d’Israël et peuple juif, ce n’est pas la même chose.

Mes filles, que je déposais à l’école maternelle à tel Aviv en 2009 sont maintenant au collège à Brooklyn. Si en tant que citoyennes israéliennes, elles choisissent un jour de vivre en Israël/Palestine, j’espère que ce sera une terre où tous, Juifs et Palestiniens, peuvent vivre libres et égaux. Je crois que le BDS est le meilleur outil à notre disposition pour faire de cette vision une réalité. Nous regarderons plus tard ces tentatives pour légiférer contre le BDS comme ayant été les dernières tentatives désespérées pour protéger Israël des pressions qui s’imposent pour qu’il change de politique. Cuomo se range du mauvais côté de l’histoire.


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