Posts Tagged ‘réfugiés’

Racisme et antisémitisme? Vraiment?

29 novembre 2015

Nous constatons une montée en puissance des partis d’extrême droite dans plusieurs pays européens : en France, en Grèce, en Autriche et en Pologne notamment.

Cette montée de l’extrême droite ne se fait pas de manière uniforme, ni dans son ampleur, ni dans son contenu car ces aspects dépendent des contextes qui sont différents et de l’histoire locale.

Ainsi, en France, l’extrême droite a dû produire un certain nombre de garanties quant à son renoncement à l’antisémitisme , au déni de l’existence des chambres à gaz et à afficher ouvertement la nostalgie du pétainisme . Le caractère impératif ce cette contrainte s’explique à la fois par le contexte local et le poids particulier de la communauté juive sur la vie politique française mais aussi par le fait que le régime républicain s’est reconstruit au sortir de la guerre en opposition au régime de Vichy qui l’avait rejeté. Ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui  tous les dirigeants politiques font référence à de Gaulle, ce qui n’avait pas toujours été le cas, notamment de la part de personnalités qui avaient fait œuvre de résistance à l’occupation allemande.

En Pologne, les choses sont différentes car si ce pays a connu une occupation allemande féroce, la résistance nationale non communiste s’en prenait certes aux soldats allemands, mais elle attaquait aussi les Juifs. Un historien a ainsi pu affirmer que les Polonais avaient tué plus de Juifs que d’Allemands pendant la guerre.

L’antisémitisme reste donc vivace en Pologne ainsi qu’en témoigne la nomination dans le gouvernement de droite d’un ministre qui a affirmé publiquement que les Protocoles des Sages de Sion étaient probablement un document authentique.

En témoigne aussi cette manifestation anti-réfugiés dans une grande ville polonaise où des manifestants ont brûlé des mannequins représentant des Juifs orthodoxes.

Des Polonais anti-réfugiés brûlent des effigies de Juifs orthodoxes pedant una manifestation à Wroclaw.

par la rédaction, The Algemeiner (USA) 18 novembre 2015 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des dizaines de manifestants dans la ville de Wroclaw, ouest de la Pologne, ont brûlé des effigies accoutrées comme des Juifs avec des papillotes aux cheveux et des chapeaux noirs, a rapporté le journal polonais Gazeta Wyborcza mercredi. (à 3’30 » sur la vidéo)

La manifestation s’inscrivait dans le cadre d’une protestation plus large contre l’admission en Pologne de réfugiés de la guerre civile en Syrie. Les manifestants affirmaient que les réfugiés étaient en réalité des migrants économiques et des terroristes, selon l’article.

La manifestation s’est déroulée sur une scène mobile devant la mairie de Wroclaw. La Police a contenu la manifestation mais ne l’a pas empêchée, en l’absence de plaintes officielles.

Beaucoup en Europe s’inquiètent de l’arrivée des réfugiés qui fuient la violence en Syrie qui a coûté la vie ) des milliers de personnes ces cinq dernières années et au causé d’immenses dévastations.

Plus tôt dans la semaine, The Algemeiner avait parlé d’une autre manifestation anti-réfugiés qui s’est tenue dans la plus grande avenue de Poznan.

La Pologne a officiellement décidé d’accepter 5 000 réfugiés.

France – Syrie, le sens du mot amitié selon Laurent Fabius

25 mai 2013

Je vous reproduis un article de Reuters dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas beaucoup de succès dans la presse française qui le reprend fort peu.

Et qui permet de constater que le gouvernement français, qui se prétend « ami » de la Syrie (sans doute au nom de son passé e force occupante dans ce pays, rechigne à accueillir le réfugiés Syriens.

La même France qui a pourtant tout fait pour aggraver et prolonger le conflit dans ce pays arabe, dépêchant sur place et dans les pays voisins des conseillers militaires pour encadrer l’opposition armée, plaidant aussi comme une forcenée pour un accroissement quantitatif et qualitatif des livraisons d’armes aux milices d’opposition, exigeant comme condition préalable à tout arrêt des hostilités le départ de Bachar al-Assad qui « ne mériterait pas de vivre », dixit Laurent Fabius qui lui, par contre , mériterait de vivre.

C'est aux autres d'assumer les conséquences choix de la France

C’est aux autres d’assumer les conséquences des choix politiques de la France

L’article expose dans toute sa nudité l »hypocrisie de l’amitié de la France pour la Syrie

La France rechigne à accueillir plus de réfugiés syriens

Capital.fr
Source : Reuters 24/05/2013 à 12:40 / Mis à jour le 24/05/2013 à 12:45

Plusieurs centaines de Syriens ont demandé l’asile en France depuis 2011 dans l’espoir d’échapper au conflit qui fait rage depuis plus de deux ans et qui a causé la mort de 80.000 personnes et la fuite de plus de 1,5 million de personnes. Des chiffres dérisoires au regard des demandes adressées à l’Allemagne et à la Suède, – avec respectivement, pour la seule année 2012, 6.200 et 7.800 demandes de réfugiés syriens -, mais qui selon certaines ONG pourrait être revu à la hausse si la France acceptait de revoir ses capacités d’accueil.

Pour Marouane, tout à basculé à l’été 2012 lors de la bataille d’Alep opposant les rebelles aux forces du président Bachar al Assad. En l’espace de quelques semaines, les allusions jusque là discrètes à son engagement en faveur de la démocratie se sont transformées en menaces à peine voilées.

« J’ai reçu plusieurs coups de téléphone. Quand j’ai vu que les choses se dégradaient, j’ai décidé de partir pour mettre à l’abri ma femme et mes deux filles », explique ce médecin chrétien de 55 ans, qui a rejoint en novembre la France, où il a déposé une demande d’asile.

Comme lui, plusieurs centaines de Syriens ont demandé l’asile en France depuis 2011 dans l’espoir d’échapper au conflit qui fait rage depuis plus de deux ans et qui a causé la mort de 80.000 personnes et la fuite de plus de 1,5 million de personnes. Ils étaient 100 à faire cette demande en 2011, 450 en 2012 et 282 au cours de quatre premiers mois de 2013.

Des chiffres dérisoires au regard des demandes adressées à l’Allemagne et à la Suède, – avec respectivement, pour la seule année 2012, 6.200 et 7.800 demandes de réfugiés syriens -, mais qui selon certaines ONG pourrait être revu à la hausse si la France acceptait de revoir ses capacités d’accueil.

Un scénario qui permettrait de désengorger les camps de réfugiés en Turquie et en Jordanie mais qui est pour l’heure écarté par les autorités françaises qui évoquent un « système d’asile à bout de souffle » et appellent à s’attaquer aux racines du problème en trouvant en priorité une solution politique.

« L’Europe n’est pour l’instant pas affectée par l’exode des Syriens mais cela pourrait changer, notamment au vu du nombre important de Syriens dans les camps situés dans les pays limitrophes qui risquent d’être complètement submergés par l’afflux », souligne William Spindler, porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés à Paris.

Selon le HCR, le nombre de réfugiés syriens, actuellement d’un million et demi, risque en effet d’être multiplié par deux ou par trois d’ici à la fin de l’année.

« SATURES »

Face à la dégradation de la situation, l’Allemagne a annoncé en mars qu’elle accueillerait au moins 5.000 réfugiés syriens supplémentaires en 2013, une décision saluée par la Commission européenne qui a émis l’espoir que d’autres Etats membres de l’UE suivent cet exemple.

Un espoir partagé par le HCR qui estime qu’il est temps pour la France d’accueillir davantage de réfugiés face à la situation alarmante observée dans les camps turcs et jordaniens où les conditions sanitaires et sécuritaires se dégradent chaque jour.

Pour la présidente d’Amnesty International France, Geneviève Garrigos, « la dégradation de la situation et l’afflux constant de réfugiés peut avoir un impact sur la stabilité de toute la région et l’UE portera une grande part de responsabilité pour son inaction aujourd’hui. »

Invoquant des centres d’hébergement des demandeurs d’asile (Cada) « saturés », Paris, pourtant en première ligne dans le dossier syrien, se dit dans l’incapacité d’accueillir en urgence des réfugiés comme ce fut le cas pour les chrétiens d’Irak en 2010 après l’attaque de leurs lieux de culte.

« La saturation du dispositif d’accueil, due à la hausse de la demande d’asile et à l’augmentation des délais de traitement, ne permet pas à la France, à ce jour, de s’engager auprès du HCR à examiner un plus grand nombre de demandes », indiquait le ministère de l’Intérieur en mars.

« Consciente de la situation alarmante en Syrie, la France agit afin d’apporter des réponses concrètes aux difficultés des réfugiés syriens, elle apporte un soutien financier à l’aide humanitaire d’urgence en Syrie ainsi qu’aux ONG oeuvrant dans les pays voisin », faisait-il alors valoir.

Au total, selon le quai d’Orsay, la France a versé une aide de 11,2 millions d’euros pour les réfugiés situés dans les pays limitrophes sur une aide totale de 40 millions d’euros dans le cadre de la crise syrienne.

SOLIDARITÉ

Pour le directeur général de France Terre d’asile, si cet argument est recevable, il ne doit toutefois pas empêcher la France de réfléchir à son devoir de solidarité.

« Quand on dit que le dispositif est en crise, c’est vrai mais cela doit être réforme et cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à l’expression de notre solidarité avec notamment les réfugiés syriens et en liaison avec les organisations internationales », souligne Pierre Henry.

La création de 4.000 places d’hébergement, dont 2.000 ouvertes dès juillet et les autres avant le premier trimestre 2014 pourraient débloquer la situation, estime-t-il.

Dans le cadre du programme de réinstallation mené actuellement par la France, le HCR soumet 100 dossiers de candidature pour la réinstallation de réfugiés par an.

Un processus jugé marginal par Amnesty International qui appelle la France à mettre en place une procédure de réinstallation d’urgence.

« L’histoire se répète et on n’arrive pas à trouver de réponse », déplore Jean-François Dubost, responsable du programme personnes déracinées. « Au moment de la guerre en Libye, on a eu exactement le même phénomène. Il y avait des réfugiés libyens venus se réfugier en Tunisie et en Egypte et il y a eu des demandes de réinstallation par le HCR auprès des pays de l’UE dont la France. C’est la même chose pour la Syrie. »

PRÉCARITÉ

La durée du conflit et l’absence de solution politique à court ou moyen terme joue en défaveur de la population syrienne au sein de l’opinion publique davantage préoccupée par la crise économique, estiment les ONG.

La décision en janvier de la France de réintroduire de façon temporaire le visa de transit aéroportuaire pour les ressortissants syriens serait passée inaperçue si plusieurs ONG n’avaient pas déposé deux recours, tous deux rejetés, devant le Conseil d’Etat en dénonçant une entrave au droit d’asile.

« L’introduction de ce visa n’était pas une manière de freiner les flux de réfugiés demandant éventuellement à se rendre en France », assure-t-on au Quai d’Orsay. « Tout au contraire, c’était un moyen d’éviter que les réfugiés ne se retrouvent dans des zones de transit des aéroports internationaux dans des situations de très grande précarité. »

Pour le ministère des Affaires étrangères, la crise syrienne ne se réglera pas via la question des réfugiés.

« Il faut replacer les choses dans l’ordre, la manière de régler la question des réfugiés syriens c’est de leur permettre de rentrer chez eux, de rétablir des conditions qui permettent de le faire. »

Avec John Irish, édité par Yves Clarisse

La Syrie victime de l’amour wahhabite

20 mai 2013

Ce n’est pas un sujet vraiment abordé par la presse française. C’est sans doute pour cette raison qu’on n’entend pas ces féministes officielles, si promptes à plaider le droit des femmes en Afghanistan ou même en Russie (cas des ‘pussy riot’) pour justifier l’ingérence étrangère.

Or, dans les difficultés que subissent les Syriens, il y a ce drame particulier que vivent des jeunes filles poussées par la misère à épouser de riches ressortissants des pays du Golfe, toujours beaucoup plus âgés qu’elles, voire franchement vieux.

Il s’agit d’une forme d’exploitation qu’on peut assimiler à de la prostitution même si elle se fait en principe avec le consentement des jeunes filles et de leurs familles et avec l’imprimatur de « religieux » dûment stipendiés.

Et pourquoi n’en parle-t-on pas ?

Simplement parce que ces agissements ne sont pas du fait du gouvernement syrien, ni même des horribles shabiha, ces miliciens pro Assad à côté desquels les membres de la SS font figure de doux agneaux, mais de réseaux qui agissent parmi les réfugiés Syriens pour une clientèle qui vient de ces pays qui s’impatientent de voir la démocratie fleurir en Syrie.

En attendant, ces mécènes cueillent d’autres fleurs…

 

Adolescentes vendues, les oubliées de l’exil syrien

Dans la misère, des familles de réfugiés en Jordanie marient leurs filles pour de l’argent à de riches Saoudiens

Ces mariages qui impliquent des filles mineures se terminent généralement rapidement par un divorce

Par David Alandete à Ammán, El Pais (Espagne) 19 mai 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri 

Dégoûtée et sans le vouloir en réalité Rim s’est mariée à l’âge de 16 ans le 6 février avec un Saoudien de 70 ans qui avait versé un peu d’argent à sa famille pour le mariage. Entre les larmes, son seul soulagement était que son mari se lasserait bientôt d’elle, et la répudierait en demandant le divorce. C’est qui s’est passé, après deux mois de vie commune. L’annulation du mariage est tombée par téléphone, et elle n’a même pas eu besoin d’être présente. Elle est rentrée libre auprès de sa famille. Mais pas pour longtemps. Elle est maintenant demandée par un autre Saoudien,  de 47 ans celui là qui est prêt aussi  à payer. Elle espère répéter ce cycle, ne voulant pas être mariée à des hommes très âgés. Mais elle le fait, dit-elle, avec résignation, pour que sa famille puisse payer le loyer et acheter de la nourriture. Ce sont des réfugiés Syriens en Jordanie, après avoir fui une guerre qui dure depuis plus de deux ans et a déplacé 1,5 millions de personnes . Beaucoup d’entre eux sont dans la misère. 

La Jordanie est le pays qui accueille le plus de réfugiés Syriens, 532 000. Parmi eux, 382 400 vivent hors des camps de réfugiés, hôtes gênants dans un pays qui a ses propres problèmes économiques et est incapable de les absorber et de les intégrer dans sa société. La Jordanie ne peut pas leur donner de permis de travail parce que le chômage dans le pays atteint déjà les 12,8 %. En situation de nécessité, de nombreuses familles syriennes se sont retrouvées poussées à des pratiques qui seraient considérées dans les pays occidentaux comme proches de la traite des mineurs ou de la prostitution. Et même si dans des cas comme celui de Rim il existe un acte de mariage, délivré par un religieux, qui dans certains cas peut être valable du point de vue religieux, cet acte n’a aucune valeur juridique pour les autorités jordaniennes. 

Image

Les réfugiés Syriens se répartissent pour l’essentiel sur le territoire de la Grande Syrie

«Mon ex-mari ne me plaisait pas, je ne le nie pas,» dit Rim qui préfère ne pas faire connaître son nom de famille. Couverte du voile islamique, elle semble beaucoup plus jeune qu’elle ne le dit. Elle espère un jour retourner en Syrie et se marier avec son cousin, un jeune de 22 ans qui vit à Homs. «J’ai dû me sacrifier pour aider ma famille. Mon frère est petit, il a besoin de nourriture infantile et de couches.» Elle assure que son ex-mari l’a bien traitée pendant les six premières semaines de leur mariage. «Il disait qu’il m’aimait, que nous étions mariés pour toujours,» se souvient-elle sans cacher son dégoût. Puis elle a refusé d’obéir à certaines de ses demandes sexuelles. «Alors il s’est lassé. Il a commencé à me crier après. Il me frappait. Finalement, il a appelé ma famille pour qu’elle me reprenne et il est reparti en Arabie Saoudite, à Djeddah,» dit-elle. Pour le divorce, il a rencontré le religieux et tous deux ont informé Rim par téléphone qu’elle était libre. 

Le cas de Rim n’est pas exceptionnel à Amman. C’est par une de ses connaissances qui avait connu le sort qu’elle était allée trouver la marieuse qui a arrangé son mariage. Sa famiile avait besoin d’argent, et vite. En Syrie, son père avait rejoint l’Armée Syrienne Libre (ASL) pour lutter contre le régime de bachar al-Assad, mais il a été blessé. Il y a neuf mois, après la destruction de leur maison dans une attaque, il a décidé de quitter Homs où il habitait pour aller en Jordanie avec sa femme et ses quatre enfants de deux à seize ans. L’x mari de Rim avait promis à la famille 2 000 dinars (2 200 euros) pour se marier avec elle, mais il n’a finalement payé que la moitié.

 «C’est très triste. Je n’aurais jamais imaginé devoir faire ça. Ce n’est pas ce que je voulais pour ma fille,» dit la mère, Qamar, âgée de 36 ans. «Je veux toujours qu’elle épouse son cousin, qu’elle ait de véritables noces avec une robe blanche. Mais la vie ici est misérable. Nous devons de l’argent au propriétaire et au supermarché. Nous ne pouvons pas travailler. C’est douloureux. Chaque nuit, son père et moi, nous pleurons. Ça fait deux semaines maintenant que nous songeons à rentrer en Syrie, mais ça nous fait peur.» Qamar a essayé de gagner un peu d’argent en préparant et en vendant de la nourriture chez elle, mais elle dit que ce commerce ne marche pas parce qu’elle doit s’occuper de son mari et du plus petit de ses enfants. A ce jour, Rim est la seule source de revenus pour la maisonnée. 

Il y a déjà 1,5 million de personnes déplacées par le conflit syrien [sans compter les déplacés de l’intérieur, NdT]. La Jordanie est le pays qui a accueilli le plus de réfugiés mais la pression sociale de cette diaspora menace d’ébranler le pays. En Jordanie, l’âge légal du mariage est à 18 ans..

Dans le jargon des marieuses, les riches époux du Golfe Persique sont appelés des «donateurs .» C’est ainsi qu’en parle Hala Ali, 27 ans, elle aussi réfugiés Syrienne à Amman. Divorcée et mère de trois enfants, elle touche 50 dinars pour présenter les jeunes filles aux «donateurs.» Si finalement il y a mariage, elle empoche 400 dinars. Variable selon l’âge et le physique, le prix que touche une famille pour une épouse vierge peut aller jusqu’à 7 000 dinars. Les divorcées se dévaluent dans ce marché et atteignent au maximum 4 000 dinars.

«Les ‘donateurs’ disent qu’ils veulent aider la population syrienne et ils offrent de l’argent. Ce qu’ils exigent, c’est une fiancée, [‘novia’ qu’on peut aussi traduire par petite amie]» dit sarcastiquement cette marieuse.  Elle soutient qu’en Syrie, il est possible et même normal de marier des filles à partir de 13 ans avec l’accord de la famille ou du tribunal. «Ces filles se marient  avec un acte de mariage et ne deviennent  donc pas des prostituées. Elles obtiennent ainsi de l’argent et payent le loyer,» dit-elle. Mais ces mariages se font en Jordanie où l’âge légal est de 18 ans. Et les parties contractantes savent que le divorce est juste au tournant. « Qu’est-ce- que j’en sais ? Ce n’est pas de ma responsabilité. Je mets en contact l’épouse et l’époux. Et ce n’est pas légal ? Si les deux parties sont consentantes ! Et d’ailleurs, est-ce que c’est légal ce qui nous est arrivé en Syrie ?» 

Les autorités jordaniennes sont récemment allées devant le Conseil de Sécurité de l’ONU pour exposer le problème que posent ces réfugiés à sa population de 6,1 millions d’âmes. Ils apportent avec eux des problèmes de santé publique, comme de nouvelles poussées de tuberculose et, comme dans le cas présenté, les pratiques répréhensibles et gênantes. « Dans de telles situations en Jordanie, quelqu’un doit déposer plainte pour que l’Etat puisse agir,» explique Anmar Al Hmoud, coordonnateur du comité spécial du gouvernement jordanien pour les réfugiés Syriens. «Ce dont on a vraiment besoin ici, c’est d’une solution pacifique au conflit en Syrie pour que ces gens puissent finalement regagner leurs foyers,» ajoute-t-il.

Cette solution semble cependant s’éloigner de plus en plus chaque jour, avec des informations sur la violence et la mort qui arrivent chaque jour de Homs et du reste de la Syrie. En deux ans et deux mois de guerre, on compté déjà plus de 80 000 morts. Le pays est saigné par les affrontements et l’exode massif. «Cela ne se terminera que si Bachar tombe,» déclare Qamar, la mère de Rim. «Nous rentrerons alors dans notre pays même si c’est pour vivre dans les décombres» 

Amorce d’un retour des réfugiés en Syrie

4 mars 2013

Je n’ai toujours pas de boule de cristal et je ne sais donc toujours pas qui va l’emporter en Syrie, des forces gouvernementales ou des forces des oppositions armées.

On peut simplement constater que la perspective, même encore lointaine, d’une solution politique a amené les milices d’opposition à lancer une offensive d’une certaine ampleur pour essayer de s’assurer un contrôle territorial significatif près de leurs bases arrières turques.

On verra si elles pourront maintenir voire étendre ce contrôle et si la coalition adoubée par les Etats Unis sera capable de rester unie et de se faire obéir de l’ensemble des milices.

Je dirai simplement que ce n’est pas gagné.

En attendant, là où les forces gouvernementales exercent un contrôle suffisant, on observe un retour en nombre important de réfugiés. Ce qui ne signifie bien sûr pas que le flux vers l’étranger se tarit.

Cela signifie simplement que beaucoup de réfugiés, peut-être bien la majorité, ne fuient pas les tourments que leur infligent l’armée et la police gouvernementales, mais tout bonnement une situation d’insécurité.

C’est une idée qu’on peut d’autant mieux accepter que les services de sécurité syriens n’essayent absolument pas d’empêcher leurs concitoyens de quitter le territoire.

Ce retour de réfugiés ne concernera bien entendu pas, en tout cas pas tout de suite, les familles que les combattants ont mises à l’abri à l’étranger pour pouvoir faire le coup de feu sans s’inquiéter du sort de leur progéniture.

Jdeidet Yabous à la frontière syro-libanaise récemmebt

Jdeidet Yabous à la frontière syro-libanaise ces derniers jours

Voyage aller – retour pour les réfugiés syriens

Beaucoup de ceux qui ont fui en Jordanie, au Liban et en Turquie commencent à revenir. Pas parce que la situation s’est améliorée, mais par pure nécessité

Par M. Ayestaran, ABC (Espagne) 4 mars 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Près d’un million de Syriens vivent en tant que réfugiés au Liban, en Jordanie et en Turquie . Fuyant une guerre qui a commencé il y a deux, causant aussi, selon les Nations Unies,  la mort de plus de 70.000 personnes . La situation dans le pays est très compliquée, mais peu à peu beaucoup de ceux qui ont fui commencent à revenir. Ils ne le font pas parce que les conditions de sécurité se sont améliorées, ils le font par nécessité, en particulier ceux qui sont au Liban et ne peuvent plus soutenir leur niveau de vie élevé avec leurs économies. C’est cette image que l’on voit tous les jours au poste frontière de Jdeidet Yabous  où arrivent des familles dans des camions chargés à ras bord. Elles montrent leurs passeports, les bagages sont déchargés pour le contrôle de douane et elles font lentement route vers Damas après être passées sous un grand portrait du président.

 «Mieux vaut le danger en Syrie que la misère au Liban,» dit une mère de famille qui a passé trois mois loin de chez elle et qui rentre à Dera, la ville du sud où avait éclaté la révolte contre Assad. D’autres comme Mohamed font le va et vient chaque semaine pour leurs affaires. «La route est sûre et même si à Damas on entend des explosions et s’il y a eu des attentats à la voiture piégée, on peut continuer à vivre de manière relativement normale, donc je n’ai pas peur.»

Les 40 km de route qui relient la capitale à Jdeidet Yabous  sont la dernière voie sûre qui reste au gouvernement et aux citoyens pour enter et sortir du pays. Depuis la fermeture technique de l’aéroport – il est opérationnel, mais la route d’accès est dangereuse – les Syriens sont obligés de se rendre à l’aéroport international de Beyrouth pour prendre l’avion. «Nous qui avons donné refuge à tous les Arabes quand ils avaient des problèmes, maintenant nous entrons dans des tentes et des champs où ils nous font la vie impossible », se lamente un autre père de famille qui rentre et ne sait pas ce qu’il découvrira dans votre quartier proche de l’aéroport de Damas

Jdeidet Yabous en 2006: réfugiés fuyant les bombardements sionistes au Liban

Jdeidet Yabous en 2006: réfugiés fuyant les bombardements sionistes au Liban

La presse a été autorisée à aller à la frontière suite à une annonce par les autorités syriennes de l’arrivée de plusieurs autobus avec des réfugiés, quoique finalement cette arrivée n’ait pas eu lieu et les agents à la frontière ont alors invité la presse à ranger les appareils photo et à retourner à Damas. On n’a pu couvrir que l’arrivée de Syriens [à bord de véhicules individuels]. Séparée simplement par un trottoir, une file semblable de voitures attendait pour sortir du pays, mais nous n’avons demandé à aucun d’entre eux pourquoi ils quittaient le pays. «Je l’ai fait lors d’une précédente visite au poste frontière et j’ai eu quelques problèmes par la suite, alors je me concentre sur ceux qui reviennent, ce qui me semble en outre être l’histoire la plus importante compte tenu de l’état de la situation,» assure le cameraman d’une chaîne internationale qui dispose d’un bureau à Damas.

Des gens entrent et sortent. L’activité normale d’un poste frontalier. Les choses inhabituelles commencent quand on commence à circuler sur les autoroutes syriennes et leurs points de contrôle qui ont été établis pour surveiller l’itinéraire. Tous les quelques kilomètres on doit montrer ses papiers et ouvrir la malle arrière. Il semble incroyable qu’on ait pu tuer sur cette route le général Iranien des Gardiens de la révolution Hasan Shateri, une attaque «perpétrée par Israël» selon le régime et qui s’est produite, selon des sources que nous avons consultées, dans le no man’s land entre le Liban et la Syrie et pas dans cette route qui est sous entier contrôle militaire.

Confusion totale

La confusion est totale, personne ne sait vraiment comment vont les choses, et les choses évoluent très rapidement. Tout n’est que rumeurs. Les médias officiels donnent l’image d’une situation qui s’améliore et que l’armée  tue des centaines de « terroristes tous les jours. » Les grandes chaînes de télévision arabes, les mêmes que les Syriens suivaient avec dévotion quand elles parlaient de la Tunisie, de  l’Egypte et de la Libye, sont aujourd’hui les plus critiques envers le gouvernement et rendent compte des avancées de l’opposition armée. Les citoyens ordinaires sont fatigués de cette bataille médiatique et ne croient que ce qu’ils voient de leurs yeux . C’est pourquoi ils rentrent en Syrie et circulent dans le pays en passant par les points de contrôle des deux camps et défient les bandes criminelles qui sévissent au milieu du chaos.

Les réfugiés Syriens fuient-ils tous la violence du régime?

26 juillet 2012

Il s’en faut de beaucoup en réalité.

Un article du Spiegel allemand qui, s’il n’a sans doute pas grande valeur en termes d’analyse politique, nous rappelle que tous les réfugiés qui quittent la Syrie ne le font pas par crainte des forces gouvernementales. On avait vu par exemple que les Irakiens fuient la Syrie sous la pression des forces d’opposition au régime de Damas. De la même manière, le Spiegel nous parle de ces chrétiens qui fuient également la marche en avant de la démocratie, à Qusayr notamment. Et puis on a tous ces réfugiés qui fuient simplement la situation dangereuse que connaît leur pays.

Incidemment, nous apprenons que d’autres réfugiés sont tout simplement les membres des familles de ceux qui ont pris les armes contre le gouvernement de leur pays et qui ne se gênent pas pour menacer ou tuer leurs compatriotes qui ne sont pas de la bonne confession ou couleur politique. Leur parenté étant en sécurité, ils se sentent effectivement libres de se livrer à leurs exactions.

D’ailleurs ces combattants eux-mêmes sont qualifiés de réfugiés ! C’est dire à quel point la crise syrienne permet à la presse occidentale de donner libre cours à ses abus de langage.

Pour information, c’est plus d’un million de réfugiés que la Syrie accueillait sur son sol au début cette crise. Des réfugiés essentiellement Irakiens qui avaient fui la terreur imposée par George W. Bush et d’autres grands démocrates occidentaux comme Tony Blair. Mais bon Dieu, vous savez pas que la terre d’asile c’est la France ?

A comparer aux 112 000 réfugiés Syriens à l’étranger décomptés par l’ONU (et non les centaines de milliers comme l’indique l’article).

Sur la question des réfugiés Syriens, je me permets de vous renvoyer à un précédent post qui est plus que jamais d’actualité.

Je souhaite bien entendu que tous ces réfugiés puissent rentrer chez eux en toute sécurité, chose qui dépend avant tout malheureusement des pétromonarchies et de l’OTAN.

Pour finir cette introduction à l’article, quand je parle de la valeur limitée de l’article en termes d’analyse politique, je veux simplement dire qu’il semble ignorer la place capitale des chrétiens d’orient dans l’idée moderne de nation arabe. Une idée dont le régime de Damas, avec tous ses défauts il est vrai, est sans doute la dernière incarnation. C’est pour cette raison aussi que les monarchies démocratiques du Golfe ont décidé de l’éliminer.

Les Chrétiens fuient les rebelles extrémistes en Syrie

par Ulrike Putz à Qa, Liban

Der Spiegel (Allemagne) 25 juillet 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des milliers de Syriens fuient vers le Liban voisin – pas tous par peur du régime Assad. La minorité chrétienne du pays souffre sous les coups des attaques menées par les troupes rebelles. Dans la vallée de la Bekaa dans l’est du Liban, les familles chrétiennes ont trouvé un refuge temporaire, mais elles sont encore terrifiées.

On nous a averti maintes fois que la famille Khouri (nom d’emprunt) n’accepterait pas de parler. »Ils ne diront pas un mot – ils sont trop effrayés,» nous avait prédit le maire de Qa, un petite bourg du nord-est du Liban où les Khouris se sont installés. « Ils n’ouvriront pas même la porte aux journalistes,» avait dit une autre personne qui était entrée en contact avec la famille pour une organisation non gouvernementale.

D’une manière ou d’une autre, l’interview a quand même pu être organisée en fin de compte. Réservées et hésitantes, les femmes ont relaté ce qui était arrivé à leurs maris, frères et neveux dans leur ville de Qusayr en Syrie. Ils ont été assassinés par des combattants rebelles syriens, disent les femmes – assassinés parce qu’ils étaient chrétiens, des gens qui, aux yeux des combattants de la liberté islamistes radicaux, n’ont pas de place dans la nouvelle Syrie.

En un an et demi, depuis le début du soulèvement contre Bachar al-Assad, le président autoritaire de la Syrie, des centaines de milliers de Syriens ont fui leurs domiciles pour chercher refuge à l’étranger. A l’intérieur du pays, les nations Unies estiment à 1 million le nombre de personnes qui sont parties de chez elles pour fuir la violence et se retrouvent maintenant déplacées à l’intérieur du pays. La majorité a probablement fui pour échapper à la brutalité des soldats d’Assad. En effet, comme c’est le cas depuis le début de la guerre civile syrienne, la plupart des violences sont toujours commises par l’armée, les services secrets et des groupes de voyous aux ordres de l’Etat.

Avec la poursuite des combats cependant, les rebelles ont aussi commis des excès. Et certaines factions qui composent le patchwork de groupes disparates qui forment l’Armée Syrienne Libre se sont radicalisées à un rythme très rapide dans les derniers mois. Certains sont même influencées par des djihadistes étrangers qui sont venus en Libye pour leur prodiguer leurs conseils. C’est du moins ce que rapportent les témoignages sur le terrain à Qusayr où de rudes combats ont fait rage pendant des mois. Le contrôle de la ville a changé de mains à plusieurs reprises ; passant parfois entre celles du régime et parfois entre celles des rebelles. En ce moment, ce sont les combattants de l’Armée Syrienne Libre qui ont la haute main, e t ils ont fait de cette ville de 40 000 habitants un endroit où la minorité chrétienne du pays ne se sent plus en sécurité.

Campagnes contre les Chrétiens

«Il y a toujours eu des chrétiens à Qusayr – ils étaient environ 10 000 avant la guerre [civile], » explique Lila, la matriarche du clan Khouri. Présentement, 11 membres du clan se partagent deux pièces. Il y a la grand-mère, le grand-père, trois filles, un mari et cinq enfants. «En dépit du fait que beaucoup de nos époux travaillaient dans la fonction publique, ça se passait plutôt bien avec les rebelles pendant les premiers mois de l’insurrection. Les rebelles laissaient les chrétiens tranquilles. De leur côté, les chrétiens prenaient soin de préserver leur neutralité dans l’esclade des combats. Mais la situation a commencé à se détériorer l’été dernier, raconte Lila, baissant un peu plus la voix avant de garder le silence.

 «Nous avons trop peur pour parler,» explique sa fille Rim, avant de trouver le courage de poursuivre. «l’été dernier, des salafistes sont venus à Qusayr, des étrangers. Ils ont monté les rebelles locaux contre nous, » dit-elle. Bientôt, une campagne ouvertement contre les chrétiens de Qusayr a pris forme. «Ils disaient dans les sermons du vendredi dans les mosquées que c’était un devoir sacré que de nous expulser, » dit-elle. «Nous étions constamment accusés de travailler pour le régime. Et les chrétiens devaient souvent graisser la patte  des djihadistes pour éviter d’être tués.»

La grand-mère, Leila, fait le signe de la croix. «Quiconque croit en cette crois souffre,» dit-elle.

Des Djihadistes Etrangers au Combat à Qusayr

Il n’est pas possible de corroborer de manière indépendante le récit des Khouris, mais l’essentiel des informations est cohérent avec ce qu’on sait déjà. Le 20 avril, Abdel Ghani Jawhar a involontairement apporté la preuve que des djihadistes étrangers participent aux combats à Qusayr. Jawhar, un ressortissant libanais qui était un des chefs de l’organisation terroriste Fatah al islam, avait péri dans la ville syrienne ce jour là. Spécialiste des explosifs, Jawhar se trouvait à Qusayr pour former les rebelles à la fabrication de bombes et il une bombe qu’il était en train d’assembler avait explosé accidentellement. Jusqu’à sa mort, Jawhar avait été l’homme le plus recherché au Liban où il était mis en cause pour la mort de 200 personnes. Les autorités libanaises ont confirmé sa mort en Syrie. Le fait que les rebelles aient coopéré avec un homme comme Jawhar a éveillé des craintes de coir après sa mort les rangs insurgés de plus en plus infiltrés par des acteurs du terrorisme international.

La décision des Khouris de fuir la Syrie est en partie attribuable aux menaces quasi quotidiennes qu’ils commençaient à recevoir, tout comme les autres chrétiens de la ville. Elle résulte aussi cependant du fait que les combats dans la ville sot tout simplement devenus insupportables. «Les bombes tombaient au beau milieu de notre quartier. Nous sommes incapables de dire d’où venaient les tirs – des rebelles ou de l’armée, » déclare un membre de la famille. Pendant une pause dans les tirs, un jour d’hiver glacial, la famille a fini par partir. «Nous nous sommes procurés une voiture et nous avons roulé vers le Liban. Le trajet n’est que de 45 minutes.»

Le mari de Rim avait aussi fui avec eux. Son destin fut scellé quand il repartit en voiture pour Qusayr, le 9 février. Il possédait une supérette dans la ville et il voulait rentrer pour ramener de la nourriture à sa famille en exil. Sa famille ne sait ce qui lui est arrivé par ce que leur en ont raconté des parents et amis qui sont restés à Quasyr. «Il a été stoppé à un checkpoint rebelle près de la bolangerie gérée par l’Etat, »explique Rim. «les rebelles savaient qu’il était chrétien. Ils l’ont emmené et puis ils ont jeté son corps devant la porte de la maison de ses parents quatre ou cinq heures après.»

La grand-mère Leila se signe à nouveau. Il n’y a pas que son gendre qui a été tué. Son frère et deux de ses neveux ont aussi été tués. «Ils ont tué par balles un de mes neveux, un pharmacien, dans son appartement parce qu’il soutenait le régime,» dit-elle.

Peur de ses Compatriotes Syriens

32 familles chrétiennes ont trouvé refuge et asile à Qa, qui se trouve à seulement 12 kilomètres de la frontière syrienne. Quoique la ville soit aussi chrétienne et veille sur ceux qui ont fui les rebelles pour cette raison, n’empêche pas les Khouris et les autres victimes comme eux de vivre dans un état de permanent de peur.  La première raison en est qu’ils peuvent entendre le grondement assourdi des tirs d’artillerie dans la Syrie toute proche. Le bruit diffuse bien au-delà de la frontière et sert de rappel constant de ce qui se passe dans leur pays. Le jour de l’interview, on pouvait voir une colonne de fumée s’élever derrière au-dessus de la chaîne de montagne à côté. La veille, un obus avait touché une station service du coté syrien de la frontière provoquant un incendie qui n’est toujours pas terminé. Il y a quatre semaines, les Khouris ont appris que leur maison avait été détruite après avoit été frappée par une roquette

Mais ce dont la famille a le plus peur, c’est de ses propres compatriotes Syriens. En tant que ville frontalière, Qa est un pôle d’attraction pour deux types de réfugiés, explique Mansour Saad. «Vous avez d’un côté les chrétiens qui fuient les rebelles,» dit-il. Et puis vous avez les réfugiés qui appartiennent aux familles des hommes qui combattent dans des rangs de l’ASL. Ces deux groupes antagonistes s’affrontent parfois dans leur exil libanais.»

«Il y a beaucoup de tension entre eux, » observe Saad. «Nous faisons de notre mieux pour maintenir les deux groupes séparés.»

Comme de nombreux chrétiens Libanais et Syriens, Saad est aussi un partisan du régime d’Assad. En tant que minorité religieuse au Moyen Orient, les Chrétiens n’ont guère d’autre choix que de s’aligner avec un homme fort qui peut les protéger, déclare Saad. «Les rebelles n’ont pas réussi à me convaincre qu’ils luttaient pour plus de démocratie, » affirme le maire.

Et si on peut franchement se des poser des questions sur le régime syrien, par exemple sur le fait « qu’il n’y a assurément pas de liberté d’expression en Syrie,» il considère que les rebelles ne sont pas mieux. Il y a avait peut-être des objectifs louables au début du soulèvement, mais l’insurrection a depuis été détournée par les islamistes, soutient le maire. «Et nous savons quel genre de musulmans a pris la tête de la rébellion : ceux qui voudraient ramener la population à l’âge de pierre.»

* Les noms des personnes citées ont été changés afin de protéger l’identité des personnes interviewées.

Au peuple turc, les « rebelles » syriens reconnaissants

22 juillet 2012

Un petit article intéressant qui nous en dit long sur la mentalité d’au moins une partie des opposants Syriens qui se sont réfugiés en Turquie.

Loin d’être reconnaissants au pays qui les héberge, ils y ont transporté leur mentalité sectaire à un point tel que le fait de se retrouver avec des Turcs [des Turkmènes en fait] en Turquie leur est insupportable.

Et ce n’est pas là une simple réaction de colère (peu importe l’acceptabilité ou pas de sa justification) de réfugiés ordinaires, mais celle d’hommes qui sont capables d’investir des locaux de police, d’abaisser le pavillon national du pays qui les héberge pour le remplacer par le leur.

C’est donc bien une réaction politique qui serait inimaginable si les «réfugiés » Syriens n’étaient pas conscients de l’état de soumission des autorités turques vis-à-vis des puissances sui tirent réellement les ficelles dans la crise syrienne, à savoir le Qatar et l’Arabie Saoudite d’une part, et l’axe anglo-saxon d’autre part

Après l’épisode des camions turcs pillés et brulés par les «rebelles» en Syrie, c’est donc une nouvelle marque d’estime adressée au gouvernement d’Ankara pour son soutien

Et on a comme l’impression que la population turque a un peu marre de ces « rebelles » syriens.

Révolte des Syriens qui font flotter leur propre drapeau dans un camp de réfugiés en Turquie

Hürriyet (Turquie) 22 juillet 2012

GAZİANTEP – Doğan News Agency – traduit de l’anglais par Djazaïri

Des réfugiés Syriens ont provoqué une émeute aujourd’hui dans un camp de réfugiés, retirant le drapeau turc pour hisser le leur à la place, rapporte l’agence d’informations Doğan.

Les réfugiés Syriens de ce camp ont commencé par protester au sujet des 1 500 réfugiés Turkmènes qui étaient venus d’ajouter au camp. Précipitant de vifs échanges verbaux avec les agents des services de sécurité. La dispute s’est rapidement transformée en émeute quand des centaines de Syriens ont pris les agents de police Turcs en otage et se sont emparés de leurs armes. Le drapeau turc à l’entrée du camp a été abaissé et les régugiés l’ont remplacé par le leur [le drapeau de l’opposition, NdT].

Les réfugiés Syriens ont aussi fortement endommagé l’immeuble tout proche de la police en détruisant des ordinateurs et des véhicules de service qui se trouvaient sur place. Les autorités locales ont immédiatement demandé des renforts.

Les forces spéciales sont arrivées rapidement et ont pénétré dans le camp pour disperser les émeutiers. Des citoyens Turcs ont aussi essayé d’intervenir mais en ont été empêchés.

Réfugiés Syriens en Jordanie: 80 000 ou 5 000?

1 mars 2012

Les Syriens en fuite continuent d’affluer dans le nord de la Jordanie

titre le journal «20 minutes» dont les envoyés spéciaux affirment que ce sont 80 000 Syriens qui ont trouvé refuge au royaume hachémite.

Le Nouvell Observateur se base lui sur une dépêche de l’AFP qu’il intitule

Plus de 80.000 Syriens sont réfugiés en Jordanie.

Ces 80 000 se répartissent comme suit selon le Nouvel Observateur et l’Associated Press :

Le ministre jordanien de l’Information, Rakan al-Majali, a déclaré que 73.000 réfugiés syriens étaient entrés légalement en Jordanie par la frontière nord, tandis que, de son côté, le ministère de l’Intérieur faisait état il y a quelques jours d’au moins 10.000 Syriens, dont des officiers des forces de sécurité, passés clandestinement en Jordanie depuis le début de la contestation à la mi-mars 2011.

Des chiffres qui attestent selon le Nouvel Observateur,

« de la montée de violence en Syrie, où le régime tente de mettre fin au soulèvement qui se radicalise ».

Nous avons donc 73 000 réfugiés Syriens entrés légalement en Jordanie et au moins 10 000 autres qui seraient des membres des forces de sécurité entrés clandestinement depuis mars 2011. Il ne s’agit donc pas là de réfugiés mais de militants/combattants qui ont établis leur base arrière en Jordanie.

Restent quand même 73 000 véritables réfugiés, et c’est beaucoup même si ce sont des chiffres infiniment plus faible que le nombre de réfugiés causés par la crise libyenne par exemple. Sans parler de l’exode des Palestiniens…

Ceci dit, dans une  dépêche de l’Associated Press sur le même sujet mais publiée par USA Today, nous lisons ce qui suit :

Plus de 80 000 réfugiés ont traverse la frontière syro-jordanienne, ont déclaré des officiels Jordaniens à l’Associated Press, quoique le parlementaire Mamdouh Al- Abbadi affirme que certains chiffres ont été gonflés pour faire apparaître la situation comme plus grave qu’elle ne l’est afin d’augmenter les financements extérieurs [à la Jordanie].
Il n’y a «peut-être pas plus de 5 000 j’en suis sûr.» affirme Al-Abbadi.

Alors 80 000 ou 5 000 ?

Comme je vous l’avais déjà dit, le problème avec les réfugiés Syriens est qu’ils ne sont pas assez nombreux.

Le problème posé par les réfugiés Syriens est qu’ils ne sont pas assez… nombreux!

20 février 2012

Les guerres comme les troubles intérieurs ont généralement comme conséquences un afflux de réfugiés dans les pays voisins de celui qui en est le théâtre; donnant presque invariablement le spectacle d’hommes, de femmes et d’enfants, dans des véhicules ou à pied qui se pressent aux postes frontières.

Par exemple, peu après le début des troubles en Libye l’an dernier, c’étaient quelque 50 000 personnes qui avaient quitté la Libye pour se réfugier en Tunisie. En mai 2011, c’étaient plus de 400 000 personnes qui avaient fui le pays, en août 2011 c’était le cas de plus de 800 000 personnes, soit plus de 10 % de la population. On se rappellera que ces gens fuyaient en majorité les bombardements de l’OTAN (censés les protéger du méchant Kadhafi) et les exactions des prétendus rebelles.

On nous dit que la Syrie est à feu et à sang, que l’armée et la police de ce pays tirent quasiment à vue sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un opposant pacifique au gouvernement.

La Syrie est beaucoup plus peuplée que la Libye puisqu’elle compte 23 millions d’habitants, avec une densité de population de 120 habitants au km2 (à titre de comparaison Libye 3,13, France 97). Compte tenu du caractère effroyable de la répression que subit la population d’après l’opposition syrienne, au moins aussi violente que celle qu’aurait exercée en son temps le colonel Kadhafi en Libye, nous devrions avoir à peu près 2,3 millions de réfugiés Syriens dans les pays voisins.

 Alors faisons les comptes :

– en Jordanie, nous aurions … 3 000 réfugiés Syriens

– au Liban, mi-janvier 2012 on comptait 5238 réfugiés venus de Syrie

– en Turquie ; les chiffres font du yoyo puisqu’on est passé de 16 624 réfugiés au début de la crise à 6 833 en août 2012 (suite à des retours volontaires au pays) et que leur nombre tendrait à remonter actuellement pour se situer vers 10 000 selon le journal espagnol El Mundo.

Le journal belge Le Vif titrait en juin 2011 : « Déjà 10 000 réfugiés Syriens en Turquie. » Il pourrait réutiliser son titre légèrement modifié : «Toujours 10 000 réfugiés Syriens en Turquie.»

Nous sommes donc loin de l’exode caractéristique d’un pays à feu et à sang et ce n’est pas un hasard si on a beaucoup de mal à trouver des chiffres dans les dépêches d’actualités.

Mais la propagande étant rarement à court d’imagination, le ministre Turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu a trouvé une explication à ce nombre finalement réduit de réfugiés. Et cette explication tient bien sûr là aussi à la rouerie malveillante des autorités de Damas car pour le chef de la diplomatie turque,  toujours selon El Mundo qui cite le journal turc Hurriyet :

le régime d’Assad a miné les frontières de la Syrie avec le Liban et la Jordanie

Il s’agit là d’une affirmation et non d’une hypothèse. Mais Davutoglu, qui n’a pas peur du ridicule et qui semble mieux savoir ce qui se passe à la frontière syro-jordanienne qu’à la frontière syro-turque ajoute :

et il a pu en faire autant à la frontière avec la Turquie.

Je serais à la place des Turcs, je me ferais du mouron d’avoir un ministre de ce genre.



%d blogueurs aiment cette page :