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« Je ne suis pas une musulmane modérée. Et je n’ai nul désir de l’être »

10 mars 2017

Aux Etats Unis, il existe une presse étudiante très vivante dont le niveau éditorial n’a souvent rien à envier aux médias professionnels (ce serait même parfois l’inverse).

Cette presse étudiante à l’intérêt particulier de mettre en évidence ce que pensent les jeunes dont beaucoup feront partie de l’élite américaine et auront donc un poids particulier dans la vie publique de leur pays.

C’est le cas du Harvard Crimson, journal d’une université parmi les plus prestigieuses des Etats Unis, membre de l’Ivy League qui rassemble huit universités de renom dont certaines au nom évocateur comme Princeton ou Yale.

Shireen Yunus est une jeune éditorialiste qui collabore au Harvard Crimson où elle nous propose un article dans lequel elle dénonce avec talent la quête perpétuelle dans les médias dominants et dans le discours des politiques du « Musulman modéré », cet individu marginal voire introuvable face à la horde des Musulmans extrémistes assoiffés de violence.

Shireen

Shireen Younus

A cette demande des médias dominants, Shireen Younus a finalement choisi de répondre par une fin de non-recevoir.

Un propos qu’on peut et doit évidemment considérer comme valable pour la situation en France.

Je ne suis pas une Musulmane modéré

Par Shirenn Younus, Rédaction de The Harvard Crimson (USA) 9 février 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

A l’âge de quatre ans, ma mère m’apprit à lire le Coran. Nous commençâmes avec l’alphabet arabe. Je me souviens avoir appris comment prononcer la lettre « alif », la première lettre du mot « Allah » (Dieu), et « sheen », le première lettre de mon propre nom. Comme je grandissais, ma mère m’apprit comment placer mes mais pour la prière, mon père me parla du courage et de la piété des premiers Musulmans, mes parents m’emmenèrent dans une petite mosquée qui devait devenir comme une deuxième maison pour moi.

Je sais que mes expériences sont différentes. Je couvre mes cheveux avec un foulard. Mon livre sacré se lit de droite à gauche. Et je vais à la mosquée, pas à l’église. Mais je sais aussi qu’il n’y a là rien d’extrémiste. Ma foi m’a enseigné aussi les mêmes règles morales de base : la bonté, l’honnêteté et le respect.

C’est seulement à l’âge adulte que j’ai réalisé que, pour certains, mon enfance et mon identité n’étaient pas seulement différents mais dangereuses. Dans le monde post 11 septembre, la langue que j’ai apprise à côté de l’Anglais est associée au terrorisme, mon foulard est un autre symbole de mon altérité et la mosquée où j’avais noué des amitiés et joué à la balançoire est le signe d’une atteinte malvenue à la société américaine. C’est aussi à ce moment que j’avais réalisé qu’être Musulman ne suffisait pas – je devais me définir comme une « Musulmane modérée. »

Je dus commencer à endurer les blagues sur les terroristes et rester calme devant des accusations insultantes. Je commençais à faire ouvertement acte de contrition et à m’interroger sur comment mes erreurs avaient pu aboutir à la généralisation de stéréotypes négatifs sur les Musulmans. A l’époque, ça paraissait logique. J’entendais partout l’Amérique en appeler à des voix « musulmanes modérées. » C’était ce qui apparaissait comme la voie la plus évidente pour distinguer les convictions pacifiques de l’idéologie pervertie de ceux que je voyais à la télévision.

Même ma connaissance de l’Islam avait été affectée par mes tentatives pour être modérée. Au lieu d’aller dans le sens de ma curiosité naturelle pour la religion, j’appris comment être sur la défensive. Aujourd’hui, je suis capable de parler de l’histoire islamique des droits des femmes et de la signification du mot « djihad ». Je peux expliquer comment l’Islam valorise la modération dans la pratique religieuse. Je peux vous dire que le Coran ne prescrit pas la peine de lapidation, que la première université dans le monde fut fondée par une femme musulmane et que le mot « infidèle » n’appartient pas à la tradition musulmane.

Cependant, dans mes vaines tentatives pour être modérée, j’ai appris qu’un Musulman modéré est bien plus qu' »un Musulman qui n’est pas un terroriste. » Un Musulman modéré est plus « laïque » [secular] – moins ouvertement religieux. Un Musulman modéré doit se montrer aveuglément patriote et reconnaissant à l’égard des Etats Unis en dépit de politiques intérieures et extérieures bi-partisanes qui font quotidiennement du mal aux Musulmans partout dans le monde. Un Musulman modéré doit constamment coller au stéréotype du « Musulman libéral [au sens américain] et laïque [secular] qui est tout aussi peu nuancé que le stéréotype du « Musulman terroriste dangereux ». Un Musulman modéré ne se voir accorder qu’un minimum d’espace par les médias et par l’Amérique. Un Musulman modéré est une personne diminuée.

Je ne suis pas une Musulmane modérée. Et je n’ai nul désir de l’être.

Le qualificatif « modéré » suggère qu’il y a quelque chose d’intrinsèquement violent dans l’Islam. Il pousse à conclure à tort qu’un petit groupe de « modérés » se situe en opposition à de grandes bandes d’extrémistes violents qui soutiennent Daesh. Ce n’est tout simplement pas vrai parce que la réalité est complètement à l’opposé. Quand les médias parlent de « Musulmans modérés », ils propagent un discours dangereux selon lequel l’Islam est une religion violente qui n’est pas compatible avec la société américaine.

L’expression « Musulman modéré » présume qu’être musulman n’est pas suffisant. Qu’être musulman est une menace. Elle enjoint aux Musulmans de s’abstenir de lutter pour les droits de l’Homme et un respect élémentaire. Elle nous enseigne à associer notre propre foi et nos propres mois à la violence, bien que nous sachions à quel point ce mythe est faux. Elle fait que nous nous retrouvons sans cesse à condamner le terrorisme et à nous attribuer la charge de la preuve en réaffirmant que nous sommes des gens bons, pacifiques et libéraux.

C’est épuisant, et contraignant, et j’en ai assez. Je ne pense pas qu’il soit de ma responsabilité individuelle de réaffirmer constamment mon humanité. Je ne crois pas que réaffirmer l’humanité de milliards de Musulmans dans le monde entier relève de ma responsabilité.

Mon identité, comme l’identité de tout individu musulman est diverse. Oui, je prie cinq fois par jour et le mois de Ramadan est ma période de l’année préférée. Mais je suis une inconditionnelle de Beyoncé et j’ai une propension à zapper sur Netflix. Je ne devrais pas avoir à sacrifier une quelconque partie de moi-même pour mériter votre respect.

Shireen Younus,’20 ans, est une éditorialiste du Crimson qui vit à Greenough

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Selon un pasteur chrétien, le gouvernement devrait condamner à mort les homosexuels

15 juin 2016

La tuerie du Pulse Bar,  une boîte pour homosexuels d’Orlando en Floride a d’abord été à l’origine d’un débat et de doctes interventions dans les médias sur la place des homosexuels dans la religion musulmane.

La rapide découverte que le tueur, Omar Mateen, était lui-même homosexuel et fréquentait la boîte en question depuis trois ans, n’a cependant pas découragé les pseudo spécialistes et les politiciens. Le massacre a fonctionné au fond comme un prétexte pour lancer les sommations à une réforme de l’Islam sur tel ou tel aspect et ce pseudo débat vit finalement sa propre vie en réalité indépendante du crime lui-même.

Si on en vient à l’Islam lui-même et s’il est certain que la doctrine musulmane condamne l’homosexualité, les sociétés musulmanes se sont généralement accommodées des homosexuels, comme ces derniers se sont en général accommodés des sociétés musulmanes.

Les problèmes pour les homosexuels commencent en réalité quand leur identité sociale est définie par leur pratique sexuelle et qu’ils se constituent ainsi en communauté.

A y regarder de près, c’est une idée étrange car l’homosexuel peut être un homme, une femme, un paysan, un médecin etc. Il peut être riche, pauvre, citoyen d’un pays ou résident étranger.

Et s’il existe une communauté homosexuelle (ou LGBT comme on dit), existe-t-il une communauté hétérosexuelle avec les « bi » faisant le pont entre l’une et l’autre?

Qui dit communauté, dit traits caractéristiques de cette communauté. Mais en quoi une pratique sexuelle peut-elle fonder une communauté?

A moins qu’il existe une culture homosexuelle ? Mais si c’est le cas, en quoi consiste-t-elle?

Autant de questions pour lesquelles je n’ai pas de réponses à ce stade de mes réflexions.

Mais revenons à cette question du regard de la religion musulmane sur l’homosexualité, interrogé avec insistance par les commentateurs dans nos journaux et nos radios.

J’ai juste envie de demander ce qu’il en est dans la religion chrétienne.

Les Etats Unis nous ont donné au moins deux exemples de l’attitude du christianisme à l’égard de l’homosexualité. Ces réactions émanent de pasteurs protestants et on sait que le protestantisme, éclaté en de multiples obédiences, est la principale acception chrétienne aux Etats Unis et est en pleine expansion dans sa version évangélique. Les pasteurs de ces églises ont une plus grande liberté de ton que les prêtres catholiques qui s’inscrivent dans une hiérarchie ecclésiastique stricte.

Le premier de ces pasteurs est Steven Anderson d’une église baptiste dans les environs de Phoenix en Arizona. Steven Anderson se flatte d’avoir été traduit en plus d’une centaine de langues !

On peut lire dans le Phoenix New Times qui se réfère à une vidéo diffusée par le pasteur :

« La bonne nouvelle est qu’il y a 50 pédophiles de moins dans ce monde, » affirme dans la vidéo Anderson, le pasteur de la Tempe’s Faiithful Word Baptist Church. « Parce que ces homosexuels sont une bande de pervers dégoûtants et de pédophiles. Voilà qui était la victime ici – juste une bande d’homosexuels dégoûtants dans un bar gay. »

Et « la mauvaise nouvelle, c’est que beaucoup d’homos dans le bar sont encore vivants… »

Anderson says the French deserved terrorist attacks on their civilians because, duh, they're French.

Le Pasteur Steven Anderson

On va dire que c’est juste un siphonné. Et c’est vrai qu’il n’en est pas à sa première déclaration choquante. Il s’était ainsi réjoui de la tuerie du Bataclan le 13 novembre 2015.

Mais enfin, il a quand même ses sources n’est-ce-pas puisqu’il se réfère au Lévitique 20 : 13

« Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. »

Le Lévitique est un des cinq livres qui forment l’Ancien Testament ou Pentateuque.

L’autres pasteur protestant, un Baptiste également, qui s’est illustré par ses réactions à la tuerie prêche en Californie à la Verity Baptist Church de Sacramento [Sacramento est la capitale de la Californie].

Le pasteur Roger Jimenez a lui aussi diffusé une vidéo qui a rencontré un nombreux public. Il déclare entre autres ce qui suit :

« En tant que Chrétiens, nous ne devrions pas déplorer la mort de 50 sodomites. Je vais être franc et direct. En tant que Chrétiens, nous ne devrions pas être attristés ou bouleversés. »

Pastor Roger Jimenez (Photo: capture d'écran)

Le Pasteur Roger Jimenez

La vidéo du pasteur Jimenez ayant été retirée de YouTube pour cause d’infraction au règlement de ce média, l’homme d’église n’en a pas moins confirmé sa façon de voir dans un entretien accordé à ABC10 News:

« La Bible enseigne que l’homosexualité mérite la peine de mort, » a-t-il dit, reconnaissant qu’il ne regrettait pas son sermon. « Le lévitique 20:13 dit que si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable et seront certainement mis à mort. Romains 1 [partie des Evangiles] dit que ceux qui font de telles choses méritent la mort. »

Roger Jimenez semble se rattraper un peu en disant qu’il n’incite pas à tuer des homosexuels et que le tueur d’Orlando a eu ce qu’il méritait en tombant sous les balles de la police.

Mais en réalité, il aggrave son cas en concluant ainsi:

« Ce serait bien si le gouvernement était celui qui condamnerait les LGBT à mort. « Je serais complètement d’accord avec ça, si le gouvernement le faisait. C’est ce qu’il ferait si nous vivions dans une nation vertueuse. »

Comme on le voit, les deux phénomènes s’appuient sur des textes qui sont sacrés aussi bien pour le christianisme que pour le judaïsme et dont le langage est on ne peut plus clair sur la question de l’homosexualité masculine.

 

Une prosélyte aux arguments frappants

16 février 2015

Aux Etats Unis, qui sont un pays laïque (certainement plus que la France) la religion est une donnée importante, y compris dans sa dimension prosélyte.

En effet, nombre de croyants , le plus souvent des pasteurs, se font un devoir de rappeler le message du Christ ou de le propager auprès des mécréants. Toutes les techniques de prédication sont utilisées, les plus spectaculaires étant les méga-rassemblements ou la prédication télévisée.

Mais chaque croyant peut aussi considérer comme de son devoir de transmettre le message aux incrédules.

C’est ce qu’a entrepris Marguerite Haragan, une fidèle de Boise dans l’Idaho, qui a cherché les arguments les plus frappants pour amener à Jésus une de ses concitoyennes de confession juive.

Situation de l'Idaho

Situation de l’Idaho

Le procureur explique qu’une femme de Boise a menacé et agressé une femme juive

par Erin Fenner, Idaho Statesman (USA) 13 février 2015 traduit de l’anglais par Djazaïri

Boise – Marguerite Haragan a appuyé son pied sur la gorge d’une femme juive tout en lui disant qu’elle « ferait mieux d’accepter Jésus », a expliqué un procureur du Comté d’Ada pendant la mise en accusation de Haragan jeudi.

Boise est la capitale de l'Idaho et le siège du Comté d'Ada

Boise est la capitale de l’Idaho et le siège du Comté d’Ada

Haragan est sous le coup de deux chefs d’inculpation pour harcèlement malveillant. Elle a d’abord essayé de renoncer à son droit à un avocat car, disait-elle, elle était « lucide » et comprenait ses droits ; Mais le juge a insisté sur l’intérêt pour elle d’être représentée par un avocat du fait de la « gravité » des deux chefs d’inculpation retenus contre elle, selon les minutes de la mise en accusation.

Haragan se livrait déjà à du harcèlement verbal contre la femme – identifiée au tribunal par ses initiales « AG » – y compris par téléphone, selon le procureur. Mais le 5 février, elle se serait livrée à une escalade violente.

Selon le procureur, AG a rapporté que Haragan s’était présentée à son domicile ce jour là, avait frappé à la fenêtre de devant et crié qu’elle « ferait mieux de croire en Jésus, et qu’elle ne partirait pas tant qu’elle ne l’aurait pas fait. »

Marguerite Haragan

Marguerite Haragan

AG avait ouvert la porte pour relever la plaque minéralogique de Haragan et lui demander de s’en aller, a déclaré le procureur. Haragan aurait alors giflé AG au visage, lui aurait tiré les cheveux, l’avait jetée au sol pour lui donner des coups de pied dans le ventre et sur les cuisses. Haragan criant que AG devait croire en Jésus pour que cessent les coups, a expliqué le procureur. Haragan avait plaqué son pied sur le cou de AG et lui tirait les cheveux, provoquant une blessure au cou encore douloureuse, selon le procureur.

« Finalement, la victime a du s’exécuter » pour mettre fin à l’agression, a indiqué le procureur.

Mais le 7 février, Haragan est revenue chez AG et a gravé le mot « Mort » sur sa boîte à lettres, selon le procureur.

Le juge a ordonné l’interdiction de tout contact de Haragan avec ZG et a fixé le montant de la caution à 100 000 dollars. Haragan était toujours dans la prison du Comté vendredi matin. Sa prochaine comparution en audience préliminaire se teindra le 26 février, mais ces audiences sont parfois reportées ou annulées.

David Ward, le député Anglais qui n’a rien compris à « l’holocauste »

26 janvier 2013

Un de plus!

A la veille de la journée de commémoration de «l’holocauste», David Ward, un député Libéral Démocrate défraie la chronique en Grande Bretagne pour son propos sur ces juifs qui, quelques années seulement après avoir été libérés des camps de concentration, se sont livrés eux-mêmes à des exactions à l’encontre du peuple palestinien.

Ce propos porte d’autant plus à polémique que le parti Libéral démocrate fait partie de la coalition actuellement au pouvoir en Grande Bretagne.

Face au tollé suscité par la prise de position de M. Ward, son parti va sans doute engager une procédure disciplinaire contre lui.

Ce qui ne serait pas forcément une bonne idée, car une telle procédure donnerait non seulement au député l’occasion de  défendre et d’argumenter sa position, mais contraindrait aussi son parti à expliquer en quoi M. Ward tient des propos scandaleux ou non conformes à la vérité.

D’autant qu’on aurait de la peine à faire passer David Ward pour un négateur de «l’holocauste », lui qui a fait deux fois le pèlerinage à Auschwitz et est au contraire un adepte fervent et sincère  de ce culte.

Trop sincère peut-être puisqu’il croit que les leçons morales tirées de l’holocauste sont universelles et doivent concerner l’humanité entière.

Oui, l’humanité entière, Juifs compris, puisque comme nombre d’esprits humanistes, David Ward considère que les Juifs font partie de l’humanité.

Et c’est précisément ce que semblent lui reprocher certains esprits et organisations communautaristes qui ont exprimé, ainsi que nous le dit The Guardian, leurs critiques « dans les médias sociaux et ailleurs.»

On aimerait bien avoir des précisions sur ce que recouvre cet «ailleurs.»

Le député Lib Dem David Ward défend ses propos sur Israël

Par Ben Quinn, The Guardian (UK)25 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ward est très critiqué depuis qu’il a accusé ‘les Juifs’ d’infliger au quotidien des atrocités aux Palestiniens

Un député Lib Dem qui encourt une procédure disciplinaire au sujet de propos sur le traitement par Israël des Palestiniens qu’il a tenus à la veille de la Journée de Commémoration de l’Holocauste a annoncé qu’il défendrait sa prise de position devant le chef du groupe parlementaire de son parti.

David Ward a posté un texte sur son site internet sur le respect dû à ceux qui ont été persécutés et tués pendant l’holocauste mais qui accuse aussi «les Juifs» d’infliger des atrocités aux Palestiniens au quotidien.»

Malgré les vives critiques exprimées dans les médias sociaux et ailleurs, le député a maintenu sa prise de position et a indiqué qu’il la présenterait en détail s’il devait faire l’objet d’une procédure disciplinaire. «J’essayerai d’expliquer ma position. Aucun doute sur le fait que le chef de groupe expliquera pourquoi il a le sentiment que ce que j’ai fait est mal,» a-t-il ajouté.

Les propos initiaux sont contenus dans un post sur le site internet de Ward qui porte sur la signature qu’il a apposée à un livre d’engagement qui avait été placé à la Chambre des Communes par l’Holocaust Educational Trust pour donner aux députés une occasion d’honorer ceux qui ont souffert et sont morts.

Pour David Ward, la leçon de l'holocauste s'applique à tous

Pour David Ward, la leçon de « l’holocauste » s’applique à tous

Le post contenait le propos suivant du député:

« Ayant visité Auschwitz par deux fois – une fois avec ma famille et une fois avec des élèves de ma circonscription – je suis peiné de voir que les Juifs, qui ont souffert de persécutions à un niveau incroyable pendant l’holocauste, ont pu, quelques années à peine après avoir été libérés des camps de la mort, infliger des atrocités aux Palestiniens dans le nouvel Etat d’Israël et continuent à le faire au quotidien en Cisjordanie et à Gaza. »

Réagissant à la controverse, Karen Pollock, directrice de l’Holocaust Educational Trust, a declare: Je suis profondément attristée qu’en ce moment de recueillement en mémoire de ceux qui ont été assassinés par les nazis, M. Ward attaque délibérément la mémoire de l’holocauste, causant une profonde souffrance et indignation – ces propos sont écoeurants et inadmissibles et n’ont aucune place dans la vie politique britannique.»

Ward a été critiqué particulièrement fortement sur Twitter. Il a été accusé de «antisémitisme ordinaire» par Rachel Wenstone, vice-présidente de la National Union of Students pour les étudiants du supérieur, et de «racisme» par Ian Austin, un député travailliste.

Un porte parole du parti Libéral Démocrate a affirmé:

C’est une affaire que nous prenons extrêmement au sérieux. Les Libéraux démocrates regrettent profondément et condamnent la déclaration faite par David Ward et sont utilisation d’un langage inacceptable. »

Les victimes de l’holocauste et de la persécution nazie marqueront l’Holocaust Memorial Day ce dimanche, même si des manifestations se sont tenues avant le weekend.

 Ward a mis à jour son site web après la montée en puissance de la controverse, ajoutant ce qui suit :

«Tout au long de ma carrière politique, j’ai lutté contre les préjugés. Je rentre à l’instant de la manifestation qui s’est tenue au mémorial de l’holocauste de Bradford où des gens de toutes cultures et confessions se sont rassemblés pour dire ‘Nous portons témoignage des horreurs de l’holocauste et n’en oublierons jamais ses leçons.»

Interrogé par  Sky News pour savoir s’il maintenait ses propos, Ward a répondu que c’était « juste un état de fait.»

A la question de savoir s’il accusait les Juifs plutôt que l’Etat israélien d’infliger des persécutions aux Palestiniens, il a répondu :

«J’accuse les Juifs qui l’ont fait, donc si vous êtes un Juif et que vous n’y avez pas participé, je ne vous accuse pas. Je dis que les juifs qui ont fait ça et qui continuent à le faire n’ont pas retenu ces leçons [de l’holocauste, NdT]. Si vous êtes un Juif qui ne fait pas ces choses et n’a jamais fait ces choses, il va alors de soi que ce n’est pas vous que je critique.»


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