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La connivence entre sionisme et antisémitisme remise en lumière par l’actualité américaine

20 novembre 2016

On ne sait pas trop ce que va donner la présidence de Donald Trump en dépit de signaux pas forcément encourageants, mais son élection aura eu au moins le mérite de semer (provisoirement) la discorde dans les rangs de l’establishment juif aux Etats Unis.

On sait que parmi les électeurs de Donald Trump, il faut compter des extrémistes de droite nostalgiques de l’époque qui avait précédé la guerre de sécession comme par exemple les membres du Ku Klux Klan.

Difficile de dire exactement combien pèsent réellement ces électeurs qui sont sans doute assez peu nombreux mais, par contre, relativement organisés dans une mouvance qu’on appelle alt-right aux Etats Unis, fachosphère dirait-on en France. Le site internet Breitbart News a été un des principaux vecteurs de diffusion et d’expression des idées et des opinions de cette fachosphère américaine avec tout ce qu’elles comportent notamment de racisme y compris dans sa version antisémite.

Il se trouve que le patron de Breitbart News, Steve Bannon, vient d’être choisi par Donald Trump pour être son directeur de la stratégie à la maison Blanche.

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Steve Bannon (à droite) et Donald Trump

Un choix qui fait grincer des dents dans une bonne partie de la communauté juive mais qui rencontre un accueil favorable dans d’autres secteurs de la même communauté qui saluent son engagement en faveur de l’Etat prétendu juif.

Jamais depuis les débuts de l’hitlérisme en Allemagne la connivence entre sionisme et antisémitisme n’était apparue avec une telle netteté.

Pourquoi il est ‘absolument’ possible à Steve Bannon d’être pro-Israël et antisémite.

Voici ce que les dirigeants juifs pensent du choix de Donald Trump pour le poste de responsable de la stratégie

Par Carol Kuruvilla, The Huffington Post (USA) 17 novembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Steve Bannon , ancien patron de Breitbart News, a pendant des années et avec une grande fierté donné aux nationalistes blancs et aux antisémites une plateforme pour répandre leur haine.

Lorsque l’Anti-Defamation League, une des plus anciennes organisations juives américaines consacrées à la lutte contre l’antisémitisme, a dénoncé la décision de Donald Trump de faire de  Bannon son stratège en chef , les soutiens juifs du président élu se sont précipités pour défendre Bannon – le dépeignant comme un «défenseur d’Israël ».

Aaron Klein, chef du bureau de Breitbart à Jérusalem, a déclaré à BuzzFeed que Bannon est un «patriote engagé qui est profondément préoccupé par les menaces croissantes sur Israël. »

Mais certains leaders intellectuels et religieux juifs ne sont pas disposés à accepter l’argument selon lequel être pro-Israël ou s’engager fermement à protéger Israël ne disculpe pas automatiquement quelqu’un d’être un antisémite.

En fait, soutiennent ces leaders, il est absolument possible que des gens soutiennent Israël et soutiennent dans le même temps des réseaux qui promeuvent la haine à l’égard des Juifs américains.

Le Religious Action Center of Reform Judaism [Centre d’ action religieuse du judaïsme réformé] est la branche politique de l’Union for Reform Judaism, la plus grande organisation religieuse juive des Etats Unis. Dans une déclaration à The Huffington Post son directeur, le rabbin Dov Jonah Pesner, tient Bannon pour responsable de l’animation d’une plateforme pour  » l’ antisémitisme, le racisme, la misogynie et la xénophobie. »

« Nous ne pouvons le juger que par ses actes, et il était le PDG de l’entreprise de médias préférée des nationalistes blancs.  Il ne devrait y avoir aucune place pour ces opinions à la Maison Blanche, » a déclaré Pesner à The Huffington Post. « Son soutien professé à Israël ne change pas le fait qu’il n’a pas renié le travail imbibé de haine qu’il a publié. »

J Street, une organisation de lobbying pro-Israël libérale [centriste selon la terminologie américaine,NdT], a également été critique à l’égard de Bannon.  Jessica Rosenblum, vice-présidente de l’organisation chargée de la communication, a déclaré à The Huffington Post qu’il est « tout à fait adapté » d’accoler l’étiquette d’antisémite à ceux qui utilisent et promeuvent la rhétorique antisémite et qui «aident de manière routinière et soutiennent les tenants de la suprématie blanche en diabolisant les Juifs et d’ autres minorités religieuses et ethniques. »

 » Les amis de Steve Bannon à l’extrême droite de la communauté juive peuvent arguer facilement de son soutien à Israël, mais cela ne change rien au fait que Bannon propage une idéologie de haine et le sectarisme qui est extrêmement hostile et dangereuse pour les Juifs américains et toutes les valeurs – telles que la tolérance, la diversité et l’ égalité – que nous défendons et que nous protégeons dans ce pays « , a déclaré Rosenblum dans un communiqué.

La nomination de Bannon a provoqué une réaction mitigée au sein de la communauté juive américaine dans sa diversité – avec certaines organisations exprimant avec force leur mécontentement et d’autres, telles que l’Organisation Sioniste d’Amérique [Zionist Organization of America] et la Coalition juive républicaine,en faisant au contraire l’éloge et la soutenant. D’autres organisations, comme l’American Israel Public Affairs Committee [le cœur du lobby sioniste] et l’American Jewish Committee, choisissent de garder le silence ou en attendant de voir comment Bannon à l’œuvre à ce poste.

Le rabbin Abraham Cooper, vice-doyen du Centre Simon Wiesenthal, a longtemps travaillé à pister l’antisémitisme en ligne. Il a déclaré par courriel à The Huffington Post qu’il n’a pas vu de « preuve définitive » que Bannon est personnellement un antisémite, ou quelqu’un qui hait les Juifs, le judaïsme, et les valeurs juives.

« En 2016, Israël est le foyer de la plus grande communauté juive dans le monde. Il est également le centre spirituel du judaïsme et du monde juif « , a déclaré Cooper à The Huffington Post. «Compte tenu de ces faits, il serait difficile de classer quelqu’un comme un antisémite de type classique, s’il soutient et défend l’Etat juif et ses 8,3 millions de citoyens (dont plus de 6 millions de Juifs). »

 « Toutefois, compte tenu des éloges –appréciés ou pas –  que sa nomination a suscité de la part d’intolérants comme David Duke, tous les Américains, y compris les juifs américains, ont le droit et l’ obligation d’examiner attentivement tout ce que M. Bannon fait pour le président élu et chaque déclaration qu’il fait en rapport avec la politique sociale et les affaires étrangères et de les critiquer vigoureusement le cas échéant ».

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David Duke a été un Grand Dragon du ku Klux Klan

Le rabbin Jack Moline, Président de Interfaith Alliance [alliance interreligieuse], a déclaré à The Huffington Post penser qu’une personne peut «absolument» être pro-israélienne et antisémite dans le même temps. Moline se définit à la fois comme juif et sioniste. Mais il a prévenu qu’il était dangereux de confondre ces deux identités.

« Certains ont des raisons politiques, religieuses et idéologiques pour soutenir l’Etat d’Israël qui ont peu ou rien à voir avec le soutien pour le peuple juif lui-même », a affirmé Moline au Huffington Post dans un courriel. «Le fait que Bannon a gagné le soutien d’une poignée de juifs américains de droite qui partagent ses opinions politiques ne fait rien pour effacer ses propos antisémites ou la nature antisémite du mouvement alt-right que son site a favorisé. « 

Les désaccords entre Juifs américains autour de la nomination de Bannon interviennent au beau milieu d’informations sur du vandalisme et de la propagande antisémite qui se revendique de Trump en quelques endroits à travers le pays. En particulier, des journalistes juifs ont été confrontés à un déluge « quantité sans précédent » d’insultes antisémites sur internet pendant cette période électorale.

Jane Eisner, rédactrice en chef du site juif Forward, a parlé des propos haineux tenus sur internet contre elle et d’autres journalistes juifs pendant la campagne électorale. Elle pense qu’ils venaient en bonne partie de ceux qui s’identifient avec la candidature de Trump. Dans une tribune libre, Eisner a insisté sur ce qu’elle a appelé l’hypocrisie à couper le souffle » des Juifs qui soutiennent Bannon, et a condamné la logique qui veut que « tant que vous soutenez certaines politiques du gouvernement israélien actuel, il est correct de copiner avec des gens qui haïssent les Juifs « .

« Les Juifs en Amérique qui sont la cible de menaces et de harcèlement antisémites – et ici j’inclus beaucoup d’ entre nous au Forward – doivent faire cause commune avec d’ autres groupes minoritaires qui vivent cela et même pire dans l’ environnement politique toxique d’aujourd’hui», écrit Eisner. « Si, au contraire, les Juifs excusent le comportement odieux de l’extrême droite parce qu’il se trouve que certaines de ces personnes soutiennent certaines politiques en Israël – en particulier lorsque ces politiques prolongent près d’un demi-siècle d’occupation – alors ils abandonnent des alliés naturels dans la lutte pour une Amérique plus tolérante ».

« Et pire encore, ils ont abandonné leurs coreligionnaires juifs. »

 

Le plaidoyer sioniste en chanson de Bob Dylan

16 octobre 2016

Bob Dylan vient de recevoir le prix Nobel de littérature. Il a dû en être le premier surpris parce que même s’il a un répertoire dans l’ensemble intéressant, j’ai personnellement du mal à le considérer comme à l’origine d’une œuvre littéraire dont la qualité justifierait une telle reconnaissance.

On peut par exemple trouver dans son œuvre une chanson dont le but est de plaider la cause de l’entité sioniste si injustement critiquée par certains suite à l’invasion du Liban en 1982. Je vous laisse apprécier le texte de cette chanson qui n’est qu’une resucée pompeuse de l’argumentaire sioniste de base.

Exhumation d’une chanson pro-israélienne oubliée de Bob Dylan

Ecrite après la guerre du Liban en 1982, la chanson de Dylan Neighborhood Bully » (la terreur du quartier) assimile Israël a un ‘homme en exil’ qui est injustement qualifié de terreur parce qu’il repousse les attaques incessantes dont il est l’objet.

Par Gabe Friedman, Haaretz (entité sioniste) 24.05.2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

JTA (Jewish Telegraphic Agency).” « J’étais tellement plus vieux alors, je suis plus jeune maintenant, » chantait Bob Dylan en 1964 dans « My back pages. »

Vieillissement à l’envers ou pas, le légendaire chanteur folk juif aura 75 ans ce mardi.

Si la juidéité de Dylan a été examinée et réexaminée des années durant, on a accordé assez peu d’attention à sa chanson de 1983 « Neighborhood Bully » – une rare déclaration franche et massive de soutien à Israël par un rocker américain connu.

Les paroles (reproduites intégralement ci-dessous) assimilent Israël à un « homme en exil » qui est injustement qualifié de brute parce qu’il repousse les attaques incessantes de ses voisins.

Dylan avait enregistré la chanson dans son second album studio « Infidels » après sa brève expérience de Chrétien born-again [un Juif revenu au christianisme! NdT] à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

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Pochette de l’album « Infidels » produit par Mark Knopfler (Dire Straits)

Certaines des paroles auraient pu être reprises de discours du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui présente souvent Israël comme assiégé.

Rarement interprétée par Dylan sur scène, cette chanson fait intégralement partie du répertoire de la propagande sioniste qui ne l’a pas du tout oubliée.

Vous trouverez ci-après le texte original de Dylan et une traduction en vis-à-vis. J’ai repris la traduction du site Debriefing.org après y avoir apporté quelques modifications. La traduction n’est pas parfaire, tant s’en faut, mais le texte original n’est pas bon non plus.

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Quand les sionistes essayèrent de tuer le président des Etats Unis

13 octobre 2016

C’est presque chaque jour qu’on en apprend un peu plus sur les agissements des sionistes dont l’Etat voyou est le « combat de sa vie » pour Nicolas Sarkozy et dont François Hollande est follement amouraché.

On savait que ces bandes criminelles avaient tué, outre de nombreux anonymes, Lord Moyne,  le représentant de la reine d’Angleterre au Caire en pleine guerre contre le nazisme, qu’ils avaient assassiné en 1947 le Comte Folke Bernadotte, un diplomate suédois chargé d’une mission de paix en Palestine, qu’ils avaient tenté une attaque aérienne sur Londres au départ de Paris …

On apprend maintenant qu’ils avaient aussi essayé en 1947 de tuer Harry Truman qui était rien moins que le président des Etats Unis.

Ce qui n’empêche pas les responsables politiques de multiplier les déclarations sur les liens « unbreakable » et « unshakable » entre l’entité sioniste et les Etats Unis.

Peut-être par peur de se faire liquider ?

 L’auteur de l’article, Richard Silverstein, est un Juif très critique du sionisme mais pas nécessairement antisioniste ainsi qu’on le comprend en faisant attention à son vocabulaire. Il est par contre très bien informé sur le sionisme, son histoire, son actualité et son unité en dépit de ses apparentes tendances divergentes.

Les Israéliens du Groupe Stern avaient envoyé une lettre piégée au Président Truman à la Maison Blanche

par Richard Silverstein | Tikun Olam (USA) 11 octobre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

J’ai interviewé un militant à Kansas City, Jeremy Rothe-Kushel en prévision d’un article sur son arrestation à la demande de la fédération juive locale pendant un discours de Dennis Ross. Jeremy est un chercheur enthousiaste et j’aime parler avec des gens comme lui parce qu’inévitablement j’apprends des choses sur l’histoire du sionisme que je ne savais pas. Comme ce qui suit…

En 1947, le Yishouv [la population sioniste avant la création de l’Etat juif] était dans la tourmente. David Ben Gourion poursuivait son plan de proclamation d’un Etat juif. Il était en compétition avec des extrémistes juifs qui avaient leurs propres plans pour libérer la Palestine du joug de l’Empire Britannique. Si Ben Gourion les considérait comme des rivaux dangereux, il savait aussi qu’ils étaient le méchant flic sui faisait pendant à son bon flic. Leur existence même et les ravages qu’ils provoquaient dans l’appareil colonial britannique donnaient à Ben Gourion l’allure d’un modéré par comparaison. A ce titre, ils étaient extrêmement utiles. Le fait que Ben Gourion pardonna beaucoup de ces terroristes pour les crimes qu’ils perpétrèrent après la création de l’Etat d’Israël et n’en poursuivit aucun en justice est le signe qu’ il était en collusion directe avec eux ou bien qu’ils servaient si bien ses buts qu’il se sentit obligé de leur accorder le pardon.

Au moment même où tout cela se passait, l’ONU essayait d’appliquer son propre plan de partition de la région entre des enclaves juives et arabes. Les extrémistes juifs de l’Irgoun et tout particulièrement de l’organisation dissidente, le Lehi (ou Groupe Stern), trouvaient Ben Gourion par trop accommodant. Ils avaient la conviction qu’il n’y avait pas grand-chose à gagner à négocier avec la puissance coloniale. Ils cherchaient au contraire à mettre les Britanniques à genoux et les forcer ainsi à abandonner le Mandat et libérer la Palestine.

Le Lehi en particulier s’était lancé, tout comme l’OLP dans les années 1970, dans des actions terroristes spectaculaires. La spécialité du Lehi était l’assassinat. Leur attaque la plus choquante fut l’assassinat au Caire de Lord Moyne. Ils assassinèrent aussi le Comte Folke von Bernadotte, le membre de la famille royale de Suède qui avait sauvé des Juifs pendant l’holocauste et avait été désigné par l’ONU pour faire avancer les négociations entre les protagonistes pour qu’ils acceptent la partition. Il y eut aussi des échecs retentissants comme les séries de lettres piégées envoyées aux domiciles et aux bureaux de ministres, anciens ou en fonction, des affaires étrangères britanniques, et à d’autres hauts responsables britanniques. Plusieurs d’entre elles explosèrent blessant des employés des services postaux ou des fonctionnaires du gouvernement. Aucune, fort heureusement, ne blessa une des cibles visées.

Nous savons, comme un fait historique, que les terroristes juifs visèrent les Britanniques. Mais on sait rarement qu’ils avaient aussi élargi leurs objectifs pour inclure des officiels américains. Margaret Truman et le chef du service du courrier de la maison Blanche ont écrit chacun un livre (celui de Mme Truman est une biographie de son père, et celui du chef du service du courrier est un livre de souvenirs sur ses dizaines d’années au service de plusieurs présidents). Tous deux ont noté qu’en 1947, une série de lettres piégées avait été découverte et que les services secrets les avaient faites exploser avant qu’elles parviennent à leur victime désignée.

Pendant l’été 1947, ce qu’on appelait le Groupe Stern de terroristes en Palestine avait essayé d’assassiner papa avec du courrier. Un certain nombre d’enveloppes couleur crème d’environ 20 cm sur 15 arrivèrent à la maison Blanche, adressées au Président et à plusieurs de ses collaborateurs. A l’intérieur de chacune d’entre elles, se trouvait une enveloppe plus petite avec l’inscription « Personnel et confidentiel ». A l’intérieur de cette seconde enveloppe se trouvait de la gélignite [plastic] en poudre, une pile crayon et un détonateur qui devait faire exploser la gélignite à l’ouverture de l’enveloppe. Heureusement, la salle du courrier à la Maison Blanche était alertée sur la possibilité qu’arrivent des lettres de ce genre. Au mois de juin, au moins huit d’entre elles avaient été adressées à des membres du gouvernement britannique, dont le ministre des affaires étrangères Ernest Bevin et l’ancien ministre des affaires étrangères Anthony Eden. La police britannique en avait fait exploser une de manière contrôlée et avait conclu qu’elle pouvait ruer, au à tout le moins mutiler quiconque aurait eu la malchance de l’ouvrir. Le service du courrier avait remis les lettres aux services secrets et elles furent désamorcées par leurs experts en explosifs.

Le président Truman et sa fille Margaret

Après la publication du livre de Mme Truman, Nathan Yelin-Mor, le dernier chef du Lehi, dénonça Truman et son récit. Il qualifiait de mensongères ses assertions et la mit au défi de le poursuivre en justice. Yelin-Mor était soit un imbécile, soit un avocat finaud. Parce qu’il n’est pas possible à un auteur de vous poursuivre si vous affirmez qu’une histoire relatée dans son livre est inexacte. Sur quelles bases ? Vous exprimez votre opinion, une liberté garantie par la loi. A contrario, Yelin-Mor aurait pu poursuivre en justice Margaret Truman pour diffamation et essayer de prouver que son histoire était fausse et qu’elle savait qu’elle était fausse. C’est ce qu’on appelle diffamation. Mais bien sûr, Yelin-Mor savait qu’il aurait perdu cette bataille. Il n’alla donc pas en justice.

Le chef du Lehi soutenait que son organisation n’avait aucune raison d’attaquer les Etats Unis parce qu’Israël avait besoin d’autant d’alliés que possible dans sa lutte pour devenir un Etat indépendant. Cette affirmation était hypocrite parce que Truman n’a jamais été un chaud partisan de l’Etat d’Israël. En réalité, il avait fait de nombreuses déclarations qui témoignaient de son profond scepticisme devant la thèse selon laquelle le nouvel Etat permettrait d’aboutir à une quelconque résolution pacifique du conflit. S’il est vrai qu’il finit par acquiescer et permit à ses représentants de voter en faveur de la résolution onusienne de partition et que les Etats Unis reconnurent le nouvel Etat, le Lehi n’avait aucune possibilité de le savoir en 1947.

Si le Lehi avait sombré dans le néant après 1948, alors rien de tout ça n’aurait plus eu d’importance particulière. Mais Yitzhak Shamir, le chef du Lehi, et Menahem Begin, le chef de l’Irgoun, devinrent premiers ministres. Leurs successeurs ont assumé les rênes du pouvoir et dirigé Israël pendant une bonne partie de ces quarante dernières années. Israël est devenu un Etat qui incarne la vision de ces anciens terroristes israéliens.
L’assassinat a fini par devenir la signature des méthodes d’Israël pour débarrasser la Terre de ses ennemis politiques parmi les Arabes. A ce jour, le Mossad et le Shabak [sécurité intérieure] pratiquent le meurtre comme politique d’Etat (lisez mon article sur Mint Press qui relate l’assassinat d’Omar Zayed par Yossi Cohen du Mossad).

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Omar Zayed assassiné en 2016 en Bulgarie par les terroristes sionistes

En outre, les héritiers d’extrême droite du Lehi et de l’Irgoun rejettent aussi le pragmatisme de la vieille gauche travailliste qui voulait faire avancer son projet de façon graduelle. Si le Parti Travailliste était une main de fer dans un gant de velours, le Likoud est la main de fer sans gant d’aucune sorte prête à frapper durement pour la suprématie juive, le nettoyage ethnique et le maximalisme dans tous les domaines. Bibi Netanyahou, c’est Avraham Stern en costume.

Ce que Begin a accompli à une relativement petite échelle à Deir Yacine, Ben Gourion l’a fait à grande échelle avec la Nakba. Les guerres israéliennes de conquête qui suivirent en 1956 et 1967 et l’aventurisme militaire d’Israël à Gaza et au Liban depuis le tournant du siècle sont dans la même veine que la vision terroriste des débuts avec Israël comme Etat garnison qui domine la région et impose sa volonté à quiconque ose être en désaccord.

Le sionisme ou l’antisémitisme en miroir

25 septembre 2016

Le sionisme n’est que l’antisémitisme en miroir. On le savait depuis Theodor Herzl mais l’actualité nous en donne un nouvel aperçu avec cet ancien cadre dirigeant d’un parti d’extrême droite hongrois qui se prépare à faire son « aliya », c’est-à-dire à aller rejoindre ceux qui squattent la Palestine aux dépens de la population autochtone.

L’article que je vous propose commence par une question : pourquoi cet ancien antisémite va-t-il s’installer en Palestine occupée?

La réponse est simple et vous l’aurez devinée : cet individu a découvert qu’il avait des grands-parents maternels juifs et que donc, conformément à la croyance nazie et à la halacha (loi juive) il en a conclu qu’il était lui-même juif.

Si ce raisonnement est effectivement conforme aux convictions et aux pratiques du judaïsme et du sionisme, ce n’est sans doute qu’un subterfuge.

En effet, si on peut admettre qu’il soit possible d’ignorer que ses grands-parents maternels étaient juifs, on se demande comment, sauf à être orphelin, on peut ignorer que sa propre mère était juive surtout quand on sait qu’elle a été internée au camp de concentration d’Auschwitz dont elle est une rescapée.

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Csanad Szegedi

Le dénommé Csanad Szegedi a évidemment toujours su qu’il était juif (au sens talmudique et donc biologique du terme). Il a reçu une mission qui consistait à participer au développement d’un mouvement d’extrême droite en Hongrie et c’est ce qu’il a fait puisqu’il a très vite fait partie de l’encadrement de ce mouvement. L’implication de sionistes dans les mouvances d’extrême droite en Europe n’est en rien une exclusivité hongroise et on a pu la constater en Angleterre avec l’English Defence League et en Allemagne avec le mouvement Pegida.

Une fois sa mission accomplie, eh bien sa récompense, son cadeau, est la possibilité de « retour » à Sion.

Et comme il le dit lui-même, il a une longue expérience politique dont il serait heureux de faire profiter AUSSI à des organisations sionistes EN Israël. »

Effectivement, après avoir servi des organisations sionistes en Hongrie, ne serait-il pas une bonne chose de continuer dans l’entité sioniste elle-même ?

Pourquoi cet ancien antisémite quitte-t-il la Hongrie pour Israël ?

Par Sam Kestenbaum, The Jewish Forward (USA) 25 septembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un ancien député du parti d’extrême droite hongrois Jobbik en Hongrie, qui a démissionné après avoir découvert ses racines juives, va maintenant émigrer en Israël.

Dans une interview accordée au site en hébreu Ma’ariv, Csanad Szegedi a dit qu’il veut discuter avec des organisations israéliennes pour coordonner la lutte contre le type d’antisémitisme dont il était auparavant le partisan.

Dans une traduction de l’entretien en anglais publiée par le Jerusalem Post, Szegedi a déclaré ne pas être inquiet pour sa sécurité en déménageant en Israël et qu’il espérait vivre à Jérusalem.

Szegedi, qui a été un membre fondateur d’une organisation extrémiste inspirée de la garde collaborationniste des Croix fléchées hongroises, a déclaré, « Il y a beaucoup plus d’éléments positifs que d’éléments négatifs dans le fait d’être un Juif, et le plus grand cadeau pour n’importe quel Juif, c’est l’existence de l’Etat d’Israël. »

Quand il était un jeune politicien, Szegedi avait rapidement gravi les échelons du parti Jobbik et il avait même représenté le parti au parlement européen et e avait été vice-président. Le magazine Tablet l’avait qualifié de « un des antisémites les plus connus de Hongrie et une des voix les plus écoutées dans l’extrême droite européenne. »

Mais en 2012, Szegedi a découvert – et révélé au monde – ses propres racines juives. Ses grands-parents maternels étaient juifs, sa mère était une rescapée d’Auschwitz et son grand-père avait été prisonnier dans un camp de travail.

Szegedi a étudié le judaïsme et a observé quelques prescriptions religieuses. Il s’est aussi rendu en Israël un certain nombre de fois – et dans le cours du weekend il a révélé qu’il avait entamé la procédure d’immigration.

Dans l’interview avec Maariv, Szegedi a envisagé la possibilité de revenir à la politique en Israël.

« j’ai de nombreuses années d’expérience en politique, » a-t-il dit, « et je serais heureux d’en faire profiter aussi à des organisations sionistes en Israël. »

Original: Hank Johnson, membre du Congrès US, compare les colons sionistes à des termites

26 juillet 2016

Représentant Démocrate : les colons israéliens sont comme des termites

par Mark Hensch, The Hill (USA) 25 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Le Représentant au Congrès Hank Johnson

Le Représentant Hank Johnson (Démocrate, Céorgie) a comparé lundi les colons israéliens à des termites pendant une discussion sur les relations Israël  -Palestine.

« Il y a eu un flux régulier, presque comme les termites qui peuvent entrer dans une maison et la manger avant même que vous sachiez que vous avez été dévoré et qu’elle s’écroule sur vous, » a-t-il dit selon le Washington Free Beacon.

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Les termites peuvent grignoter non seulement votre rampe d’escalier mais toute partie en bois de votre maison

« Il y a eu une activité de colonisation qui est allé de l’avant en toute impunité et en s »accélérant au point que c’en est devenu alarmant, » a déclaré Johnson lors d’un événement sponsorisé par l’US Campaign to End the Israeli Occupation (campagne pour mettre fin à l’occupation israélienne).

Le Washington Free Beacon de lundi explique que l’organisation fédère le soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS)

Johnson a affirmé que l’occupation actuelle par Israël de territoires disputés [The Hill fait ici sienne la terminologie employée par le régime sioniste, NdT] réduit les chances d’une Palestine indépendante.

« Nous sommes arrivés au point où l’idée d’une patrie palestinienne s’éloigne de plus en plus de la réalité, » a-t-il dit.

« Vous voyez que les maisons sont appropriées l’une après l’autre par la population juive qui vient revendiquer cette parcelle du territoire simplement parce que personne n’y a passé la nuit, » a déclaré Johnson, membre de la Commission parlementaire des forces armées.

« La maison dans laquelle leurs ancêtres [palestiniens] ont vécu pendant des générations devient une maison israélienne et un drapeau se lève dessus. Les Palestiniens n’ont pas le droit de hisser des drapeaux dans leurs propres quartiers. »

Johnson a aussi comparé le ministre israélien de la défense Avidor Lieberman au candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump.

« Le fait est que dans le gouvernement israélien, qui est le gouvernement le plus à droite qui ait jamais existé dans l’Etat d’Israël, un gouvernement d’extrême droite, vous avez un type comme Trump qui est actuellement ministre de la défense et qui tire les ficelles de la défense en Israël, » a-t-il dit, ajoutant que d’autres membres du Congrès partagent son point de vue.

 

Le Juif éternel selon… selon qui au juste?

5 juin 2016

L’utilisation de l’imagerie antisémite n’est en rien une nouveauté, ni un fait exceptionnel chez les sionistes. Pour ces derniers, la caricature classique du Juif, avec le nez crochu en particulier, renvoie au Juif éternel, celui qui vit et travaille avec les Gentils ,ou à leurs dépens, et est nécessairement confronté à leur mépris et à leur hostilité. Bref, c’est le Juif anormal du peuple sans patrie avant que la création de l’Etat juif vienne rectifier cette situation. Selon la doctrine sioniste classique, l’antisémitisme des Gentils à l’égard de ce Juif de la diaspora est quelque chose de normal et d’inévitable.

Une collectivité locale israélienne reprend le financement de l’organisation de colons qui avait diffusé une vidéo antisémite

Le Conseil Régional de Shomron va transférer 195 000 dollars à l’organisation de colons qui a diffusé une vidéo représentant les Européens comme des Nazis et les gauchises comme des Juifs aux nez crochus qui collaborent avec eux.

Par Chaim Levinson, Haaretz (Sionistan) 25 mai 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Le Juif  éternel  dans l’imagerie véhiculée par un clip produit par des colons juifs de Cisjordanie

Le Conseil Régional de Shomron a récemment décidé de renouveler son soutien au Conseil des Résidents de Samarie, une association de colons, et leur allouera 750 000 shekels (195 000 dollars). Cette décision intervient juste un an après le tollé provoqué par la vidéo antisémite diffusée par l’association, qui comparait les Européens à des Nazis et les organisations de gauche à des « Juifs lâches qui collaborent avec eux pour de l’argent. »

Le Conseil des Résidents de Samarie a été fondé il y a huit ans par des militants de la région, sous la direction de l’actuel président du conseil, Yossi Dagan, pour animer des campagnes politiques au nom des colons de Cisjordanie. L’an dernier, l’organisation s’est retrouvée au centre de ceux scandales publics: le premier avait été sa campagne pour séparer Juifs et Palestiniens dans les bus en Cisjordanie et d’interdire aux Palestiniens les bus utilisés par les colons; le second avait été une vidéo qui avait été considérée comme antisémite à cause de la manière dont elle recourait à des caricatures nazies bien connues pour représenter  les organisations de la gauche israélienne. La vidéo avait provoqué une tempête de réactions aussi bien à droite qu’à gauche et le Conseil Régional de Shomrom avait par la suite décidé de suspendre ses subventions à cette organisation. C’est pour cette raison que l’ancien président du Conseil des Résidents Benny Katzover avait décidé de démissionner.

La semaine dernière, le Conseil Régional de Shomrom a décidé de reprendre son soutien financier au Conseil des Résidents de Samarie. Selon les minutes de sa réunion, l’autorité locale a conclu que le Conseil des Résidents était éligible à recevoir des subventions pour la colonisation en Samarie et a décidé de lui allouer 750 000 shekels.En même temps, le Conseil Régional de Shomrom avait besoin de financements étatiques pour équilibrer son budget. La somme que va allouer l’autorité locale représente près de la moitié du budget de l’association qui se finance aussi par des dons et d’autres sources de revenus.

Ken le Rouge viré de son émission à la radio pour avoir dit la vérité sur la relation entre sionisme et nazisme

28 mai 2016

Le mois dernier, l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone surnommé Ken le Rouge, avait défrayé la chronique dans son pays et même à l’étranger pour avoir déclaré publiquement sur les ondes de la BBC qu’Adolf Hitler avait soutenu le sionisme au début des années 1930 avant d’être pris d’une folie meurtrière et de massacrer six millions de Juifs.

Ces propos ont été qualifiés d’antisémites, voire d’apologie de Hitler, par beaucoup de politiciens et d’organes de presse britanniques. On a pu observer la même tonalité dans la presse française comme par exemple le journal Le Monde qui titrait « Grande-Bretagne : malaise au Labour après des dérapages antisémites », ou  Courrier International selon qui « Antisémitisme : la gauche britannique est dans le déni »

Les choses sont allées tellement loin que de nombreuses voix se sont levées à gauche, à droite et partout ailleurs en Grande Bretagne pour exiger l’exclusion de Ken le Rouge. Même le nouveau maire de la capitale britannique s’est joint au chœur de ceux qui veulent « la tête » de Ken Livingstone.

Ce dernier ne s’est pas démonté et a confirmé ses propos qui, selon lui, sont conformes à la vérité historique :

« je ne regrette jamais avoir dit quelque chose de vrai et si le premier ministre d’Israël dit la même chose, c’est peut-être vrai », en référence à des déclarations de Benyamin Nétanyahou qui avaient fait polémique en octobre.

Ken Livingstone a cependant émis des regrets quant au tohu-bohu provoqué par cette « histoire ».

Ken Livingstone a été suspendu de son parti. Une commission d’enquête statutaire doit rendre ses conclusions et dire si oui ou non l’ancien maire de Londres a tenu des propos antisémites.

On verra bien quelles seront ses conclusions, mais sur les faits historiques Ken Livingstone a toute raison d’être tranquille tant la collaboration entre les sionistes et le régime nazi est un fait bien documenté par les historiens.

Vous me direz : que peuvent bien peser des livres d’histoire qui dorment sur les étagères des bibliothèques universitaires ou qui sont lus surtout par des spécialistes face aux romans historiques dont on nous abreuve sous forme littéraire ou cinématographique ?

En attendant une éventuelle sanction par son parti, le lobby n’est pas resté les bras croisés et est intervenu là où il est fort en amenant la radio LBC (Leading Britain’s Conversation) à mettre un terme à huit années de collaboration avec M. Livingstone qui co-animait une émission politique hebdomadaire.

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Ken Livingstone dans son ex studio de LBC

Mais si certains naïfs pensent que ce sont ces références historiques au nazisme qui gênent dans le discours de Ken Livingstone, ces dernières en réalité n’émeuvent pas beaucoup les sionistes qui sont bien informés sur leurs propres agissements dans la première moitié du 20ème siècle.

Non, ce qui à la fois irrite les sionistes et les inquiète, ce sont les propos qu’a tenus l’ancien maire de Londres sur l’erreur, la catastrophe, qu’a été la création de l’Etat juif.

Dire cela, c’est remettre en cause la légitimité de cet Etat. Et si cette remise en cause prenait de l’ampleur dans les opinions publiques, la posture sioniste pourrait vite devenir intenable.

Et l’attaque contre Livingstone fait en réalité partie d’une campagne bien orchestrée contre la nouvelle direction du Labour Party, animée par Jeremy Corbyn dont le soutien à la cause palestinienne a toujours été vu d’un mauvais œil par le lobby sioniste britannique et ses clients.

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Jeremy Corbyn renoncera-t-il à son engagement                     en faveur de la Palestine?

Le but est d’amener Corby et son équipe à se renier. On y verra plus clair dans quelques temps, mais il est incontestable que le lobby a marqué un certain nombre de points en mettant Jeremy Corbyn sur la défensive sur la question de l’antisémitisme.

Ken le Rouge viré de son travail de commentateur radio, suite à ses propos sur Hitler qui ont déclenché une tempête autour de l’antisémitisme

Par Sebastian Shakespeare, The Daily Mail (UK) 28 mai 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’obsession de Ken Livingstone à parler d’Hitler s’avère très coûteuse.

Je peux révéler que l’ancien maire travailliste de Londres a été renvoyé après huit années au poste de présentateur sur la radio LBC suite à ses propos ‘antisémites’.

Ken le Rouge présentait une émission politique le samedi matin avec l’ancien ministre consercateur David Mellor, mais il vient d’être remplacé par le journaliste politique de Channel 4 News, Michael Crick.

Son départ de la station de radio nationale avait d’abord été présenté comme un ‘break’ pour permettre de respecter l’impartialité de la station,compte tenu de  l’influence que pourraient avoir les participants dans les élections locales et le référendum sur l’Union Européenne [Brewxt].

Cependant, LBC a confirmé qu’il ne réintègrerait pas son poste suite à son refus répété de s’excuser pour ses propos incendiaires du mois dernier.

‘Ken Livingstone n’est pas à l’antenne en ce moment sur LBC et il ne réintègrera pas la station de radio à la fin de son contrat’, m’a dit un porte-parole de la radio.

La station de radio ne parle pas de la rémunération du présentateur, mais on pense que les émoluments de Ken sont de l’ordre de dizaines de milliers [de livres sterling] par an.

Le présentateur vedette de Channel 4 News, Krishnan Guru-Murthy fait partie de ceux qui ont appelé au renvoi de Ken pour ses propos dans lesquels il soutenait qu’Adolf Hitler avait été un sioniste avant de devenir fou et de massacrer les Juifs.

Guru-Murthy avait ensuite demandé: ‘LBC se sent-elle  bien aise de le payer comme présentateur après ce qu’il a dit hier?’

La mesure prise par LBC va renforcer la pression dur le dirigeant du Labour Party Jeremy Corbyn pour qu’il prenne des dispositions contre son vieil ami et allié Ken.

Même si Livingstone a été suspendu ‘pour avoir jeté le discrédit sur le parti,’ les conclusions de sa commission d’enquête interne sur les propos qu’il a tenus n’ont pas encore été annoncées.

Le nouveau maire de Londres, Sadiq Kahn, figure parmi ceux qui ont appelé à l’exclusion de Ken, 70 ans, du parti.

Cependant, Livingstone ne fait pas repentance. La semaine dernière, il a promis un repas à quiconque capable de lui prouver que ses propos étaient antisémites, déclarant: ‘pas un seul journal, ni radio, ni télévision n’a produit une seule preuve démontrant que ce que j’ai dit était faux.’

 

Pour la majorité des étudiants juifs américains, l’Etat « juif » n’est pas civilisé.

24 février 2016

Le site de Philip Weiss reste une des sources les plus riches quand on s’intéresse à l’actualité relative à la cause palestinienne. [vous pouvez aller directement à l’article qui se trouve à la fin de mon texte]

Il le prouve une nouvelle fois en révélant l’essentiel de la teneur d’une conférence qui s’est tenue à Jérusalem dans l’objectif de trouver les moyens d’une propagande efficace en faveur de l’entité sioniste et de contrer le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions)

On sait que faute d’arguments légitimes, les partisans de l’entité sioniste en sont désormais le plus souvent réduits à faire pression sur les gouvernements étrangers pour qu’ils adoptent des dispositions qui rendent l’appel au boycott illégal. C’est déjà le cas en France avec la circulaire Alliot-Marie que Sainte Christiane Taubira s’est bien gardée d’abroger. Ailleurs, comme au Canada, c’est une motion motion votée au parlement tandis que le Royaume Uni se prépare à légiférer pour interdire le BDS…

Ce qui n’empêchera pas le mouvement de boycott de prendre de l’ampleur tout comme l’impopularité ou du moins le scepticisme à l’égard de l’entité sioniste.

Ainsi, les conférenciers sionistes ont pu avoir un état des lieux inquiétants sur la perception de l’entité sioniste par les étudiants juifs américains. Ces derniers non seulement ne sont pas une majorité à penser que l’entité sioniste veut la paix, mais ils sont à peine 38 % à considérer que nous parlons d’un Etat « civilisé ».

Ce qui ne signifie bien sûr pas qu’ils renoncent nécessairement à soutenir l’entité sioniste mais qui donne à penser que ce soutien n’est pas un acquis intangible.

Et c’est là un gros problème pour le régime sioniste. En effet, cette entité coloniale s’est elle-même mise sous la coupe d’une métropole en obtenant la protection des Etats Unis. Au fil des ans, la colonie juive a su construire tout un dispositif de propagande, d’influence et de contrôle qui lui permet d’influer fortement sur la politique de la métropole, du moins quand cette politique est en rapport avec sa sécurité et sa prospérité.

Ce contrôle n’est pas absolu et il peut être mis en échec à force de patience et d’habileté, ce qu’ont su démontrer Barack Obama et John Kerry dans le dénouement de la crise avec l’Iran. Une démarche qui n’a été possible que parce que Barack Obama effectue son deuxième et dernier mandat présidentiel !

Un des instruments de ce contrôle est la communauté juive, ou plus exactement les organisations communautaires juives qu’elles agissent dans le domaine social, culturel, religieux ou politique. C’est par leur intermédiaire que l’actions sioniste peut se déployer verticalement, vers les couches dirigeantes (élus municipaux, gouverneurs d’Etats, sénateurs etc.) et horizontalement (vers les citoyens ordinaires).

L’animation et les relais de ces organisations, aussi bien verticalement qu’horizontalement, est le plus souvent assurée par des membres de l’élite, c’est-à-dire des gens qui occupent des postes à responsabilité dans les domaines de l’économie, de la culture, de l’information, de la religion etc. Ces gens ont généralement été formés à l’université [il n’existe pas de « grandes écoles » aux Etats Unis] où ils ont acquis non seulement des compétences et des connaissances mais aussi une vision de la vie et de la politique au sens large parfois sur la base d’engagements pour telle ou telle cause.

L’état moral de cette frange de la population étudiante donne donc une indication sur les orientations que pourrait prendre cette population une fois arrivée à l’âge de maturité et de la participation active à la vie publique locale, régionale ou nationale.

Et quand on s’intéresse à la population étudiante juive, cet état moral semble des plus préoccupants si on en croit un spécialiste des enquêtes d’opinion qui participait à la conférence de Jérusalem.

 La majorité des étudiants juifs américains ne voit pas Israël comme un pays « civilisé » ou une « démocratie » affirme Luntz lors d’une conférence secrète anti-BDS

par Ofer Neiman, Mondoweiss (USA) 2 février 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le lien vers l’information en hébreu. En résumé :

Le ministre Gilad Erdan [ministre de la sécurité publique, des affaires stratégiques et de l’information] a organisé une conférence secrète à Jérusalem, qui a réuni 150 partisans influents d’Israël.

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Gilad Erdan et son complice Benjamin Netanyahou

Le spécialiste des sondages d’opinion Frank Luntz, marqué politiquement à droite, [qui avait auparavant affirmé que sionisme était devenu un gros mot pour les élites des Etats Unis] a présenté des statistiques :

_ La tentative du ministère du tourisme pour vendre Israël comme une destination sympa [filles et bikinis] a échoué.

– Les étudiants juifs américains ont une image de plus en plus négative d’Israël

– Ils ne sont que 42 % à croire qu’Israël veut la paix.

-Seulement 38 % d’entre eux pensent que ‘Israël est civilisé et occidental”.

-31% seulement considèrent qu’Israël est une démocratie.

– Pas moins de 21 % d’entre eux pensent que les Etats Unis devraient prendre le parti des Palestiniens.

Le nouvel agenda, pas si nouveau que ça, proposé par Luntz et Cie : les partisans d’Israël doivent dire qu’ils sont pour le dialogue et un processus de paix qui passe par la diplomatie, et ils doivent accuser ceux qui soutiennent le BDS de faire obstacle au dialogue et de répandre la haine.

Une candidate aux élections sénatoriales en Espagne bloquée pendant quatre mois dans la bande de Gaza

18 décembre 2015

Izquierda Unida (IU, Gauche Unie) est à peu près l’équivalent espagnol du Front de Gauche français qui est cependant de constitution plus récente. Formation politique à géométrie variable, IU est structurée essentiellement autour du Parti Communiste Espagnol (PCE) qui y joue un rôle prédominant.

Aux dernières élections générales tenues en 211 , IU avait rassemblé 6,9 ¨des voix et 11 députés. Aux élections européennes de 2014 , IU a obtenu 9,9 % des voix. C’est donc une force politique non négligeable même si elle ne peut prétendre jouer les premiers rôles.

Il se trouve que Jaldia Abubakra, une membre d’IU, candidate qui plus est aux prochaines élections sénatoriales en Espagne, a été retenue contre son gré quatre mois dans la bande de Gaza, Cette militante d’origine palestinienne vient tout juste d’être autorisée par les terroristes sionistes à quitter ce territoire palestinien sous blocus et elle a pu regagner Madrid aujourd’hui.

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Jaldia Abubakra

On notera que le gouvernement égyptien, pourtant sollicité par l’Espagne, n’a pas daigné ouvrir sa frontière pour laisser sortir la militante hispano-palestinienne.

On notera aussi le silence de la classe politique européenne sur cette situation qui aurait provoqué l’indignation générale si elle avait été le fait de n’importe quel autre pays.

La candidate de Izquierda Unida (IU, Gauche Unie) peut sortir de Gaza où elle était bloquée depuis août

Jaldia Abubakra, retenue à Gaza par les autorités israéliennes arrive vendredi en Espagne

Agences Madrid, El Pais (Espagne) 17 décembre 2015 traduit de l’espagnol par Djzaïri

La candidate de IU à l’élection sénatoriale Jaldia Abubakra, retenue à Gaza par les autorités israélienne, est en chemin pour Jérusalem, et elle prévoit d’arriver en Espagne vendredi, a annoncé l’agence Efe. Après quatre mois passés dans la bande de Gaza, Abubakra en est sortie jeudi accompagnée d’agents de la Guardia Civil. L’ambassade d’Espagne en Israël lui cherche un avion pour qu’elle puisse arriver vendredi à Madrid.

La candidate était entrée le 18 août dernier dans le territoire palestinien pour rendre visite à sa sœur qui venait de perdre son mari et, depuis lors, elle essayait de quitter la bande de Gaza. Abubakra est née à Gaza mais vit en Espagne depuis trente ans et travaille à la mairie de Madrid où ses collègues de travail lui ont obtenu une exemption d’obligation de présence en raison des circonstances particulières.

Le 11 décembre dernier, les eurodéputés de IU, Marina Albiol y Javier Couso, ont demandé à la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini ainsi qu’au Service Européen d’Action Extérieure (SEAE) de faire pression sur Israël pour qu’il laisse sortir de Gaza la candidate qui vient en seconde position sur la liste de IU – Unidad Popular por Madrid pour l’élection sénatoriale.

En troisième position sur la liste d’IU pour l’élection au Congrès, Enrique Santiago avait de son côté transmis au ministère des affaires étrangères à Madrid une autre lettre signée également par Albiol et Couso dans laquelle ils exigeaient du ministre José Manuel Garcia – Margallo qu’il intervienne auprès des autorités israéliennes et égyptiennes pour débloquer la situation.

A Gaza, danser c’est aussi résister

30 novembre 2015

Comme dans le ballet, cet article intéressant ne nous épargne pas quelques figures imposées, comme celle qui nous ferait presque croire que ce que vit la bande de Gaza, blocus et bombardements, est la faute du Hamas dont l’arrivée au pouvoir aurait en quelque sorte mis fin à une situation… Au fait quelle situation ?

Une image de pirouettes et de rose dans l’unique école de ballet de Gaza

Au milieu du chaos et de la destruction qui a ravagé la bande de Gaza si souvent, avec des guerres répétées entre Israël et le Hamas, l’école est un havre de calme et d’ordre.

par Nidal al-Mughrabi, Reuters Christian Science Monitor (USA) 30 novembre 2015 traduit de l’anglais par Djazaïri

Gaza ville – Le groupe de fillettes aux cheveux nattés et vêtues de rose étiraient leurs bras sur les côtés et pivotaient sur la pointe des pieds, essayant désespérément de tenir l’équilibre. L’oeil perçant de leur professeur surveillait la dernière cuvée d’aspirantes ballerines de Gaza.

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Quinze filles âgées de cinq à huit ans sont actuellement inscrites à l’école de ballet du Al-Qattan Center for Children de Gaza, ce qui en fait un des cours les plus populaires parmi ceux que propose le centre, sous le regard attentif d’une enseignante ukrainienne.

Au milieu du chaos et de la destruction qui a ravagé la bande de Gaza si souvent au cours des cinq dernières années, avec des guerres répétées entre Israël et le Hamas, l’école est un havre de calme et d’ordre, un lieu dont bon nombre de parents sont impatients que leurs enfants puissent profiter.

« Le projet de ballet était un rêve pour beaucoup de familles, » explique Heyam Al-Hayek, le directeur des activités culturelles au centre Qattan. « Ils demandaient des cours de ballet mais nous ne trouvions pas de formateurs. C’était difficile de faire venir un instructeur de l’étranger. »

Le rêve a commencé à prendre forme quand ils ont rencontré Tamara, une Ukrainienne mariée à un Palestinien et qui réside à Gaza, qui avait étudié la danse et avait la qualification pour l’enseigner. Elle a demandé à ce pas donner son nom de famille.

Un programme pilote a commencé pendant l’été dans l’attente de savoir combien de parents adhéreraient au projet étant donné que Gaza est une société conservatrice où le ballet n’est pas une passe-temps commun. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, 50 enfants, uniquement des filles, étaient inscrites. Il y a maintenant une liste d’attente qui va dans les centaines.

Dans le hall carrelé, 14 élèves étaient alignées à l’unisson le long du mur, une main serrant une longue barre métallique. Quand Tamara leur montrait les pas, elles l’imitaient avec précision, faisant angle avec leurs pieds et fléchissant leurs genoux, un bras en extension, mentons relevés.

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Certains de ces enfants ont connu quatre guerres dans leurs courtes vies, avec la bande de Gaza sous tension depuis que l’organisation islamiste Hamas a pris le plein contrôle de l’enclave en 2007. Depuis lors, l’Egypte et Israël ont maintenu un blocus sur le territoire, contrôlant de près les entrées et sorties de biens et de personnes.

Pour les parents, la chance pour un enfant de participer à quelque chose de si éloigné de la vie quotidienne à Gaza est une richesse à la fois éducative et psychologique. La mère de Maria, six ans, dit que le ballet a aidé sa fille à surmonter des années de traumatisme.

« Elle souffrait depuis la guerre de 2012, et son était avait empiré avec la guerre de l’an dernier, » explique Manal Abu Muamar en décrivant les cauchemars de Maria et sa peur au moment d’aller dormir.

« Après le premier cours de baller, elle était rentrée à la maison gaie comme un pinson. Elle avait fait les mouvements qu’elle avait appris, et elle tournait dans la maison comme un papillon. »

Près de la moitié du 1,8 million d’habitants de gaza a moins de 18 ans, et l’UNICEF, estime que 400 000 d’entre eux ont besoin d’une forme de soutien psychologique.

Mais outre l’aspect loisir pour s’évader et désir d’essayer ce qu’lles ont peut être vu seulement à la télévision, certaines élèves sont décrites par leur professeur comme des « filles costauds » et« excellentes » qui ont la volonté d’aller plus loin dans la danse.

« J’imitais les danses de ballet que je voyais à la télévision ou sur YouTube, » dit Bana Zuarub, huit ans.

« Maintenant j’apprends pour de bon, et j’adore ça. »


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