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Libye: les habitants de Tawergha à la place des animaux dans un zoo.

24 février 2012

Voilà ce que font subir les « rebelles » aux habitants de Tawergha. Tawergha est cette cité à proximité de Misrata et peuplée majoritairement de Libyens noirs. Chassés de leur ville, avec interdiction de s’y réinstaller, un certain nombre d’entre eux sont prisonniers des prétendus rebelles portés au pouvoir par l’OTAN, David Cameron et Nicolas Sarkozy (au nom des droits de l’homme bien entendu, ce que BHL a certifié comme on le sait).

Traités comme des animaux dans un parc zoologique, on les oblige dans cette séquence à manger le drapeau vert qui était l’emblème de la Libye sous Kadhafi. Et comme au zoo, il y a du public.

Via The (very) Angry Arab

Libye; après des mois de propagande, l’heure de vérité va sonner

21 février 2012

Nous sommes encore tout près de l’anniversaire du déclenchement des évènements qui ont permis l’intervention militaire de l’OTAN contre la Libye, avec un résultat dont il y a quelques jours encore le premier ministre Britannique David Cameron et le président Nicolas Sarkozy se félicitaient.

Mais de se félicitent-ils au juste ? Parce qu’après les mois de propagande, c’est l’heure dé vérité qui commence à sonner pour ce qui s’est passé en Libye.

Je n’en veux pour indication que ce long article qui ferait un très bon réquisitoire contre la bande de criminels en col blanc qui a ordonné la destruction de la Libye et la mort de milliers de ses habitants dont celle du colonel Mouammar Kadhafi.

Et cet article nous montre que la véritable nature de l’intervention occidentale avait toujours été clairement énoncée par ses chefs miliaires et politiques mais qu’elle était simplement noyée dans le flot propagandiste dont la presse «libre» aime à se faire le véhicule.

 

Et surtout, il faut noter que cet article n’est pas tiré d’un journal ou d’un blog militant mais est paru dans un quotidien tout ce qu’il y a de grand public, en l’espèce The Ottawa Citizen.

La mission en Libye, un an après: les règles d’engagement

Par David Pugliese, The Ottawa Citizen (Canada) 19 février 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

La radio à bord du HMCS Charlottestown crachotait les informations. L’équipe d’arraisonnement du navire de guerre canadien avait fait une découverte – un bateau dans les eaux internationales chargé d’armes et de munitions qui essayait de se faufiler vers la Libye.

C’était en mai 2011, au troisième mois de la guerre civile libyenne, et l’’OTAN avait mis en place une barrière constituée de 20 navires de guerre pour appliquer l’embargo de l’ONU sur les armes. Aucune arme, fourniture militaire ou munition ne devait entrer en Libye, que ce soit pour les troupes fidèles au dirigeant du pays, Mouammar Kadhafi, ou pour les rebelles qui luttaient pour le renverser.

“Il y a des tas d’armes et de munitions, plus que ce que je pensais,” l’officier de bord avait rappelé par radio le commandant de bord, Craig Skjerpen. « Ca va des munitions de petit calibre aux obus de 105 ainsi que nombreux explosifs.»

Les rebelles Libyens qui manoeuvraient le bateau avaient reconnu ouvertement qu’ils allaient livrer les armes à leurs forces à Misrata.

 Skjerpen contacta alors par radio le quartier général de l’OTAN pour instructions. La réponse fut rapide : laissez le bateau poursuivre sa route afin que l’équipage puisse livrer sa cargaison meurtrière.

Un officier supérieur de l’OTAN, le vice-amiral Rinaldo Veri  s’était félicité seulement quelques semaines auparavant que le blocus de l’alliance avait fermé la porte au flux d’arments vers la Libye.

Pas vraiment. Alors que l’embargo de l’ONU était clairement conçu pour empêcher la livraison d’armes aussi bien à Kadhafi qu’à ceux qui le combattaient, l’OTAN a vu les choses autrement en ce qui concernait les rebelles. Des centaines de tonnes de munitions et d’armes sont passées à travers les mailles du blocus, montrant au grand jour ce que leurs détracteurs considèrent comme ayant été les véritables motivations de l’OTAN pendant la guerre libyenne – un changement de régime sous couvert de protection des civils.

Le Qatar, une des deux pays arabes à avoir participé à la mission dirigée par l’OTAN a fourni aux rebelles des missiles MILAN de fabrication française, les livraisons étant effectuées par mer. Ce pays avait aussi donné aux rebelles toutes sortes de camions et de matériel de communication, tandis que des conseillers militaires Qataris étaient entrés discrètement en Libye pour assurer la formation.

L’Egypte a fourni des fusils d’assaut et des munitions, avec le soutien des Etats Unis.

La Pologne a livré des missiles antichars et des véhicules militaires.

La Canada n’a pas été non plus en reste pour ce qui est de la fourniture de materiel aux rebelles.

Au cinquième mois de la guerre, les officiels Canadiens mirent en oeuvre un plan de fourniture d’un drone de surveillance pour les rebelles de sorte qu’ils puissant mieux attaquer l’armée libyenne, de nuit comme de jour.

Le micro-engin sans pilote Aeryon Scout, conçu et fabriqué à Waterloo (Canada), était un petit drone espion qui tient dans une mallette.

Le gouvernement canadien a mis en contact la société Aeryon avec les rebelles du Conseil national de Transition et Zariba Security, une société privée de sécurité [de mercenaires, NdT] d’Ottawa a été chargée d’assurer la livraison. En juillet, le drone d’une valeur de 100 000$ était livtré aux rebelles par Charles Barlow, président de Zariba et ancien officier de l’armée canadienne. Il lui avait fallu un trajet de 18 heures en bateau pour se rendre de malte au camp d’entraînement des rebelels à Misrata, naviguant sans encombre à travers le blocus de l’OTAN.

Barlow a montré aux rebelles comment manœuvrer le drone et s’en servir pour localiser une position militaire libyenne, avant de s’en aller peu de temps après.

Environ un mois avant le voyage de Barlow, un avion français, sans être inquiété par les chasseurs de l’OTAN , avait largué une quantité estimée à 40 tonnes d’armes et de munitions, dont des missiles antichars, pour les rebelles combattant au sud-ouest de Tripoli.

La France et les autres nations qui mettaient des armes entre les mains des forces d’opposition, les justifiaient d’une manière qui semblait tout droit tirée du roman 1984 d’Orwell. Un embargo était en place, reconnaissaient-elles, mais il y avait une autre résolution de l’OTAN qui autorisait toutes les mesures nécessaires à la protection des civils menacés ou attaqués

Alors les fusils d’assaut et les missiles antichars largués pour les troupes rebelles n’étaient pas destinées à la guerre. Elles étaient, avait soutenu Alain Juppé, le ministre Français des affaires étrangères, des armes d’autodéfense », raison pour laquelle elles ne contrevenaient pas à la résolution de l’ONU.

Dans le cas de l’ordre donné au HMCS Charlottestown de permettre au navire d’armes rebelles de poursuivre sa route, l’OTAN justifiera plus tard sa décision de la même manière alambiquée. Techniquement, le bateau rebelle intercepté par la frégate canadienne violait l’embargo sur les armes dans la mesure où il se trouvait dans les eaux internationales et faisait route vers le Libye. Mais l’OTAN a prétendu que comme le bateau était parti d’un port libyen pour se rendre vers un autre port du pays, il n’y avait pas d’infraction. Les armes venaient de Libye et étaient simplement transportées via les eaux internationales.

A ce jour, la position officielle du gouvernement et de la hiérarchie militaire du Canada est que ni l’OTAN, ni le Canada n’ont pris parti dans la guerre, même si occasionnellement ils ont baissé la garde pour mettre en relief ce qui se passait réellement.

Après la fin de la guerre avec la mort de Kadhafi en octobre, le vice amiral Paul Maddison, commandant de la marine canadienne, a déclaré lors d’une réunion avec des sous traitants de l’armée canadienne que le HMCS Charlottestown “avait joué un rôle crucial dans le maintien de l’ouverture du port de Misrata en tant que centre vital pour les forces anti-Kadhafi. »

Comme pour l’embargo sur les armes, la stratégie de communication de l’OTAN pour les frappes aériennes en cours consistait à soutenir que ces attaques ne venaient pas en soutien des buts de guerre des rebelles. Mais comme le HMCS Charlottestown, les avions de l’OTAN furent en réalité des « catalyseurs décisifs » pour les forces hostiles à Kadhafi.

Les forces d’opposition ont admis ouvertement devant les journalistes qu’elles avaient été en contact dès le début avec la coalition pour repérer les cibles qui devaient ensuite être détruites par l’aviation de l’OTAN.  « Notes travail est de leur faire savoir quelles sont les zones qu’il faut bombarder, » avait reconnu en mars [2011] le porte parole rebelle Ahmed Khalifa.

Un autre rebelle, du nom de Jurbran, avait dit en detail aux journalistes comment le système fonctionnait: “J’appelais pour une frappe contre un tank après 16h, en faisant connaître sa position à notre quartier général de l’aérodrome de Benina qui transmettait sa position aux Français, » avait-il expliqué. «Ils s’en occupaient très rapidement.»

Les frappes de l’OTAN étaient très efficaces et presque à chaque fois que les forces blindées de Kadhafi faisaient mouvement même pour battre en retraite, elles étaient détruites. Les rebelles ont reconnu sans difficulté que les attaques coordonnées de l’OTAN contre les chars de Kadhafi et d’autres véhicules blindés les avaient mis en mesure de s’emparer de nombre de cilles et agglomérations.

Mais le but affiché par l’OTAN de protéger les civils a été considéré par ses détracteurs comme partial, se concentrant sur la protection de ceux qui étaient avec les rebelles. On saura plus tard que les forces rebelles avaient pourchassé les Libyens noirs considérés comme ayant soutenu Kadhafi ainsi que les travailleurs Africains immigrés.

La BBC avait interviewé un entrepreneur Turc du BTP qui avait dit à cet organe d’informations qu’il avait assisté au massacre de 70 Tchadiens qui travaillaient pour son entreprise.

Il y eu aussi des informations sur le nettoyage ethnique de la vllle de Tawergaha, au sud de Benghazi, ainsi que dans d’autres endroits. Tawergha était peuplée de 30 000 habitants, en majorité des descendants d’esclaves noirs amenés en Libye au 18ème et au 19ème siècles, mais la ville, qui soutenait Kadhafi et a lui a fourni des soldats, a été vidée de sa population. Certains de ses habitants ont été tués, d’autres ont fui.

Des gens de Tawergha qui avaient voulu se mettre en sûreté dans des camps de réfugiés ont été pourchassés par des groupes de rebelles, ont été emmenés et ont disparu, a alerté Amnesty International. Des femmes de la ville ont été violées. « D’autres ont simplement diparu après avoir été arrêtés à des checkpoints ou extraits d’hôpitaux par des révolutionnaires armés, » a rapporté Amnesty.

Le général Charles Bouchard, qui a dirigé l’action militaire de la coalition, n’a pas répondu à une requête de l’Ottawa Citizen pour un entretien.

Mais il a récemment déclaré devant une commission sénatorial de défense avoir mis en garde les forces rebelles contre les violences sur les civils, les informant qu’eux aussi pouvaient être visés par des frappes aériennes de l’OTAN.  Bouchard a aussi dit aux sénateurs que la «situation des gens de Tawergha n’a pas changé » à ce jour.

Mais il a ajouté: “Beaucoup de ces personnes sont d’ex mercenaires qui doivent quitter le pays et rentrer chez eux parce que les garder n’a aucun intérêt. »

Où exactement ces Libyens devraient aller, Bouchard ne l’a pas dit.

Interrogé par l’Ottawa Citizen pour savoir si des frappes aériennes ont été effectuées contre des positions rebelles pour protéger des civils, le général de brigade Derek Joyce, qui a supervisé la force aérienne canadienne combattant en Libye, a répondu : «Pas que je sache.»

Un autre aspect de la guerre de l’OTAN en Libye qui est aussi sujet à controverse tourne autour des allégations qu’elle essayait d’assassiner Kadhafi en le tuant par une frappe aérienne.

Au début, les politiciens Britanniques et Américains ainsi que les généraux affirmaient qu’ils n’avaient pas de mandat renverser le dirigeant Libyen. Le premier ministre Britannique David Cameron avait déclaré au parlement que la résolution de l’ONU ne donnait pas de base juridique à une telle action.

Mais les choses changèrent vite.

Le président US barrack Obama annonçait le 25 mars que “la position des Etats Unis est que Kadhafi doit s’en aller.” Le ministre [canadien] de la défense Peter MacKay avait repris cette position, ajoutant que parmi les buts de la guerre «figureraient le départ ou l’élimination imminente de Kadhafi ».

Les Etats Unis el l’OTAN par la suite s’activèrent avec diligence pour  faire aboutir cette élimination imminente. Les premières attaques du 19 mars avaient rasé une des résidences de Kadhafi mais il avait échappé au bombardement.

Bouchard, qui a pris le commandement des opérations après les premières attaques conduites par les USA, affirme qu’il n’y a jamais eu une seule tentative pour tuer le dirigeant Libyen. Les bombes de l’OTAN étaient larguées seulement sur « les centres de contrôle et de commandement » qui participaient à la direction des forces libyennes, avait-il ajouté.

Mais ce genre de raisonnement permettait beaucoup de souplesse, reconnaissent en privé les officiers de l’armée. Kadhafi, ses fils et des ministres occupant des postes clefs pouvaient eux-mêmes être considérés comme des éléments essentiels de l’appareil de contrôle et de commandement. S’ils se trouvaient dans un édifice quelconque, on pouvait alors prétendre que ce dernier était un centre de commandement et de contrôle et donc une cible potentielle.

Le 30 avril, une frappe aérienne de l’OTAN tuait un fils de Kadhafi âgé de 29 ans , Saif Al-Arab, et trois de ses petits enfants. Kadhafi aurait quitté la résidence seulement quelques heures avant que des missiles touchent la structure [maison en langage militaire, NdT]. L’OTAN avait affirmé que le bâtiment attaqué était un bunker de commandement et de contrôle.

Deux semaines après, des avions de l’OTAN bombardaient un bâtiment réservé à l’hébergement d’invités VIP.  Là encore, il avait été qualifié de centre de contrôle et de commandement.

“Nous décidons d’attaquer ces centres de commandement et de contrôle, » avait expliqué un officier à un journal britannique. « S’il arrive qu’il kadhafi] se trouve dans un de ces bâtiments, tant mieux.»

En juin, des avions de l’OTAN ont bombardé une résidence appartenant à Khoweildi al-Hamidi, un homme de confiance de Kadhafi.  Hamidi, dont la fille était mariée avec un des fils du dirigeant Libyen s’an était sorti sain et sauf. Ses deux petits enfants n’eurent pas autant de chance. Ils se retrouvèrent parmi les 15 personnes tuées.

Quelques jours après cette frappe aérienne, Mike Turner, membre de l’ U.S. House Armed Services Committee avait reconnu que l’amiral US Samuel Locklear, chef du Joint Operations Command de l’OTAN lui avait dit que l’alliance ciblait délibérément le dirigeant libyen pour essayer de le tuer.

A cause des frappes incessantes de l’OTAN, les jours de Kadhafi étaient en fait comptés. Tripoli tomba en août et l’OTAN multiplia ses bombardements sur Beni Walid et Syrte, la ville natale de Kadhafi.

L’aviation de l’OTAN a complètement rasé la ville de Syrte, naguère prospère. Les forces rebelles bombardaient aussi la ville avec de l’artillerie et des roquettes, suscitant des critiques pour les bombardements indiscriminés. Mais les membres des forces rebelles éprouvaient peu de sympathie pour les civils de Syrte qu’ils voyaient comme des partisans de Kadhafi.

Syrte ne tarda pas à avoir l’allure des villes bombardées pendant la seconde guerre mondiale.

Le général de brigade Joyce a expliqué à l’Ottawa Citizen que les attaques aériennes sur Syrte et Beni Walid étaient nécessaires parce que les tireurs embusqués de Kadhafi se cachaient dans les décombres pour tirer sur les civils.

Début octobre, Kadhafi, 69 ans, était pris au piège dans Syrte, se déplaçant de maison en maison avec une force d’environ 150 hommes.

Il n’avait pas réalisé le fait qu’il avait perdu le pouvoir. Kadhafi croyait encore que les libyens se soulèveraient contre les rebelles et les forces de l’OTAN.

Le 18 octobre, la Secrétaire d’Etat US Hillary Clinton déclarait que la localisation du leader Libyen était inconnue. Mais les avions américains et d’autres appareils de surveillance de l’OTAN effectuaient des missions à travers tout le pays, cherchant à capter des bribes e conversations par téléphone mobile ou satellite susceptibles d’indiquer où se cachait Kadhafi.

Clinton avait été étrangement prédictive quand elle avait déclaré à des étudiants de l’université de Tripoli: “nous espérons qu’il pourra être bientôt capturé ou tué.» Deux jours après, son vœu s’était réalisé.

Le matin du 20 octobre, un avion de l’OTAN repérait un convoi de véhicules se déplaçant à grande vitesse et tentant de percer le siège de Syrte par les rebelles.

Un avion de l’OTAN ouvrit le feu sur plusieurs véhicules tandis qu’un drone US Predator tirait un missile Hellfire. Des dizaines de partisans de Kadhafi qui se trouvaient dans le convoi périrent instantanément.

Selon le colonel Canadien Roland Lavoie, porte parole de l’OTAN, le convoi en fuite avait été attaqué parce qu’il “conduisait des opérations militaires et présentait une menace évidente pour les civils.”

Bouchard affirmera par la suite que l’alliance ignorait si Kadhafi se trouvait dans un des véhicules.

Mais des articles de la presse britannique indiquent que la coalition savait en réalité que le dirigeant Libyen se trouvait dans le convoi suite à l’interception par un avion de surveillance d’une de ses communications téléphoniques satellitaires.

Kadhafi qui avait survécu aux attaques fut rapidement capture par els forces rebelles. Ces combattants diront plus tard qu’il semblait hagard et avait demandé, « Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que j’ai fait ? »

Des vidéos de sa capture montrent un dirigeant Libyen au visage ensanglanté qui se fait bousculer par des rebelles. Une autre vidéo montre un des rebelles en train de le sodomiser avec une baïonnette.

Peu de temps après, le colonel était mort.

Le nouveau premier ministre Libyen, Mahmoud Jibril, dira que Kadhafi avait été “pris entre deux feux » lors de son transfert à l’hôpital. Il avait reçu une balle dans la tête et dans la poitrine.

Certains considèrent cependant que sa mort n’était rien d’autre qu’une exécution. William Hague, le chef de la diplomatie britannique, a reconnu que les photos et les vidéos donnaient à penser que Kadhafi avait été assassiné.

Pourtant, les dirigeants politiques et les officiers occidentaux s’étaient réjouis.

Le ministre Canadien des affaires étrangères John Baird avait balyé d’un revers de main les préoccupations sur une exécution de Kadhafi.

L’officier en chef de la défense britannique, le général Sir David Richards avait affirmé que la mort de l’homme fort de la Libye avait mis un point final à « une des opérations de l’OTAN les plus réussies de ses 62 ans d’histoire.» Kadhafi, avait souligné Richards, avait été une « menace latente pour le Royaume Uni et nos concitoyens, » observant qu’il était responsable d’avoir armée l’IRA et la mort de centaines de personnes dans des attentats terroristes.

Richards n’a portant pas expliqué pourquoi, si Kadhafi avait été une telle menace, l’armée britannique lui avait envoyé ses forces spéciales pour former les commandos libyens en 2009.

Le premier ministre Canadien Stephen Harper avait observe que l’exécution vraisemblable n’était ps une surprise compte tenu du fait que la Libye était en train de “sortir de 42 ans de dictature psychotique avec des assassinats et des emprisonnements à échelle massive.”

Mais Harper n’est pas allé jusqu’à expliquer pourquoi sont gouvernement avait cherché, en 2009, des relations économiques plus étroites avec le même homme  qu’il taxe aujourd’hui de dictateur psychotique.

L’OTAN et les rebelles ont réussi à tuer Kadhafi et deux de ses fils. Un autre de ses fils, Seif el-Islam est actuellement détenu et doit être jugé pat le nouveau gouvernement libyen. Le reste de la famille Kadhafi a fui vers l’exil.

Le job de l’OTAN a été accompli. «Qu’il n’y ait aucun doute sue le fait que l’intervention en Libye était juste et légale, » dira plus tard Bouchard.

DEMAIN: Une victoire, mais à quel prix? Au moment où le gouvernement canadien fêtait le renversement de Kadhafi, les pays de la région en subissaient les retombées.

Crimes de guerre en Libye et Cour Pénale Internationale

17 décembre 2011

Le Black Stars News s’irrite du fait que le premier procureur de la Cour pénale Internationale s’interroge, alors qu’il est sur le départ ( !) sur la qualification de crime de guerre pour l’assassinat dont a été victime le dirigeant Libyen Mouammar Kadhafi.

Et le Black Star News d’énumérer un certain nombre de crimes de guerre qui ont été sans l’ombre d’un doute perpétrés par les rebelles avec l’aide de l’OTAN.

Des crimes presque indicibles dont sont complices ceux là même qui prétendent aujourd’hui qu’il faut venir en aide au peuple syrien qui est lui aussi victime de crimes contre l’humanité.

C’était le même discours pour justifier l’entrée en guerre contre la Libye et nous savons aujourd’hui qui a perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, les même qui se drapent dans les vertus de l’humanitarisme à Paris, Londres, Ottawa ou Washington.

Le Black Star News s’interroge sur la probité du premier procureur Luis Moreno Ocampo dont la légende voudrait que ce soit un ardent défenseur des droits de l’homme.

Pourtant, s’il semble avoir fait une carrière d’avocat tout à fait conforme à l’éthique de cette profession et s’il a joué un rôle très important dans les poursuites engagées contre les acteurs de la dictature, on doit quand même observer que sa carrière a commencé en Argentine au bureau du Procureur-Général à l’époque de cette même dictature argentine.

Et si son CV fait bien mention de ce passage, ce n’est par contre pas le cas de la notice biographique qui lui est consacrée sur le site de la Cour pénale Internationale.

Si les compétences juridiques d’Ocampo semblent incontestables, sa biographie fait plus penser à un sens de l’opportunisme qu’à un véritable engagement militant au service des droits de l’homme.

Une lecture sommaire des activités de la CPI nous apprend qu’elle devrait plutôt s’appeler Cour Pénale pour Juger les Africains et n’est donc qu’un instrument au service des politiques néocoloniales.

 

 A propos de l’assassinat de Kadhafi, de qui se moque Luis Moreno Ocampo de la cour pénale internationale?

Editorial, Black Star News (USA), 16 décembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Professionnellement et moralement discrédité, le procureur sortant,  de la Cour Pénale Internationale (CPI) dit maintenant que le lynchage du dirigeant Libyen Mouammar Kadhafi «crée des suspicions » de crimes de guerre.

Ce Luis Moreno Ocampo, originaire d’Argentine, est vraiment sur une autre planète. Sa conduite, en ce qui concerne la Libye, a été si déplorable qu’il mériterait d’être interdit de séjour dans n’importe quel pays africain.

Quand les rebelles de l’OTAN ont lynché de présumés partisans de Kadhafi à Benghazi dès le mois de février, dont des travailleurs migrants venus d’autres pays africains, Ocampo n’a pas pipé mot alors même que les assassins avaient posté des images vidéo des atrocités sur YouTube, avec des foules en liesse ; quand les rebelles de l’OTAN ont décapité des travailleurs migrants venus d’autres pays africains, Ocampo n’a rien dit, ils était occupé à colporter ses histoires bidon et insensées de viols et de viagra sur CNN et dans le New York Times, des histoires dont il n’a plus jamais reparlé ; quand les rebelles de l’OTAN  ont nettoyé ethniquement Misrata de sa population libyenne noire, ainsi que l’avait rapporté le Wall Street Journal du 21 juin 2011, avec l’aide d’une armée baptisée «La brigade pour purger [la ville] des esclaves et des peaux noires», Ocampo n’a rien dit ; quand les rebelles de l’OTAN ont nettoyé ethniquement la ville de Tawergha de l’ensemble de ses 35 000 habitants Libyens noirs, incendiant leurs maisons et écrivant « nègres » et « esclaves » sur les murs des maisons détruites, ainsi que rapporté encore par le Wall Street Journal du 13 septembre 2011, Ocampo n’a rien dit ; quand les rebelles de l’OTAN ont, en s’inspirant des bombardements impitoyables 24/24 de l’OTAN, rasé la ville de Syrte en la bombardant de manière indiscriminée, avant d’exécuter des dizaines de prisonniers mains liées dans le dos, le soi-disant « procureur » n’a rien dit ; quand kadhafi lui-même a été traîné dans les rues, sodomisé et lynché, pas un mot d’Ocampo et, quand le journal britannique The Independent a parlé récemment des crimes de guerre perpétrés encore par le régime installé par l’OTAN en Libye, dont la détention de femmes et d’enfants noirs en tant que « ennemis de l’Etat ; » là encore Ocampo reste muer alors même qu’il se trouvait à Tripoli au moment de la publication du reportage.

Maintenant, au sujet de l’assassinat de Kadhafi, Ocampo qui cherche toujours à se faire de la publicité, dit aux journalistes ; «Nous avons soulevé ce problème aux autorités libyennes et elles préparent un plan pour avoir une stratégie globale pour enquêter sur ces crimes.»

En d’autres termes, le régime installé par l’OTAN en Libye, connu aussi sous le nom de Conseil National de Transition (CNT), ceux qui sont soupçonnés du crime vont, selon Ocampo, « enquêter sir ces crimes. » C’est un peu comme charger un Parrain d’enquêter sur les crimes commis par la Mafia.

L’Argentin Luis Moreno Ocampo ne respecte pas le droit international. Il a fait de la cour pénale internationale un instrument au service de Londres, Paris et Washington. Ces capitales disent à Ocampo qui il doit poursuivre et il obéit.

Ocampo a été autrefois été considéré comme un héros, un avocat militant, pour sa ténacité et sa poursuite inlassable de ceux qui avaient violé les droits de l’homme en Argentine, son pays natal. Cette réputation ne colle guère avec l’Ocampo de la cour pénale internationale.

Ocampo a-t-il change et est-il devenu une personne différente? A-t-il succombé devant l’hégémonie politique et les pressions des Etats Unis, de la France et de la Grande Bretagne ? Etait-il vraiment un militant de la justice en Argentine ou cette réputation est-elle un mythe ?

Cet été, Ocampo passera le relais à son adjointe, Fatou Bensouda, de Gambie. Espérons qu’elle n’a pas appris trop de choses de lui.

Un jour, une image plus précise et mieux informée d’Ocampo pourrait bien apparaître. Mais le Ocampo que nous connaissons ne demandera jamais d’enquête sur personne pour les crimes de guerre présumés en lien avec le lynchage de Kadhafi pu d’autres crimes commis par les rebelles de l’OTAN.

Si la vérité était dite, il devrait poursuivre l’ensemble des dirigeants du CNT pour les crimes commis à Benghazi, Misrata et Tawergha. Cela n’arrivera jamais. Pas à court terme en tout cas.

Alors qui Ocampo pense-t-il tromper?

Les victimes anonymes lynchées en même temps que Mouammar Kadhafi

1 novembre 2011

Un article très intéressant de Sukant Chandan qui porte sur le lynchage du colonel Kadhafi. L’essentiel de l’article porte sur les motivations de la guerre contre le régime libyen et les raisons pour lesquelles aussi bien les prétendus rebelles que Hillary Clinton souhaitaient la mort du colonel Kadhafi, en s’épargnant de préférence l’embarras d’un procès.

Mme Clinton avait donc prononcé la condamnation et les « rebelles » ont donc procédé à l’exécution du verdict.

Ceci dit, ce qui a surtout suscité mon intérêt pour cet article c’est l’attention qu’il porte à des « détails » d’une des vidéos du lynchage qui semblent être passés largement inaperçus.

Ce sont pourtant des séquences où on voit d’autres prisonniers, des noirs à l’évidence, dont l’un, blessé pourtant, est ligoté sur l’affût d’une pièce d’artillerie.

Sans doute d’autres victimes, anonymes celles là, de lynchages humanitaires.

Quand on voit toutes les saloperies qu’ont commises l’OTAN et ces prétendus révolutionnaires Libyens, on a la nausée d’entendre encore parler de mission de protection des civils. Et de savoir qu’on cherche à faire comparaître Seif el Islam Kadhafi devant une Cour Pénale Internationale où devraient plutôt être déférés les chefs du Conseil National de Transition libyen, et d’autres dirigeants comme Mme Hillary Clinton, M. Barack Obama, M. Nicolas Sarkozy et M. David Cameron.

 Extrait de :

Pourquoi les media sont-ils silencieux sur ces frères noirs lynchés à côté de Kadhafi ?

Par Sukant Chandan, Sons of Malcolm 28 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Dans les vidéos du lynchage de Kadhafi, on voit plusieurs noirs qui sont ligotés à l’arrière des camionnettes des rebelles pro-OTAN. L’un d’entre eux, sur la capture d’écran ci-dessous est à proximité immédiate du lieu où Kadhafi est en train d’être lynché.

La deuxième photo, vient de ce clip d’al Jazeera en anglais qui traite du lynchage de Kadhafi. C’est une capture d’écran, quoique la caméra s’attarde sur cette scène pendant 9 secondes avant d’être braquée directement vers deux autres personnes à l’arrière de camionnettes pro-OTAN, dont l’un à l’air d’être un homme noir très jeune, environ 20 ans, et l’autre un Libyen entre deux âges à la peau plus claire et qui porte une calotte musulmane.

Al Jazeera ne commente pas ce passage, ce qui n’est pas surprenant car al Jazeera, Anglophone comme arabophone, a été à la pointe de l’histoire raciste sur les ‘mercenaires Africains’ qui combattaient pour Kadhafi (à ce jour, aucune preuve n’a été fournie, ce qu’ont reconnu les media et les ONG occidentales), ce qui a contribué à encourager le lynchage de masse des gens au teint de peau très foncé en Libye, avec aussi ma destruction complète de la ville de Tawergha qui comptait 25 000 habitants, des Libyens noirs en majorité..

Pour ce que j’en sais, j’ai été le seul à commenter ces images dans cette interview accordée à Russia Today. Je voudrais encourager d’autres personnes à donner de la voix. Une petite rectification : j’avais pensé par erreur qu’un des frères noirs était attaché à un poteau vertical alors qu’il est en fait attaché au canon d’une pièce d’artillerie lourde montée sur la camionnette à un angle de 45 degrés. Il est clair qu’il est terrifié et qu’il est ensanglanté.

Libye: la ville de Tawergha enfin libérée de ses habitants par les « rebelles » de Sarkozy

11 septembre 2011

Il y a un mot de la langue française qui est fichtrement mal employé depuis quelques temps, c’’est le mot « révolutionnaire » appliqué aux prétendus rebelles qui sont entrés dans la capitale libyenne sous les auspices de l’OTAN et qui assiègent en ce moment certaines villes irrédentistes comme Beni Walid ou Syrte. Villes que l’OTAN bombarde d’ailleurs copieusement car les fameux « rebelles » n’ont jamais emporté le moindre succès militaire sans que l’OTAN mette sérieusement la main à la pâte.

Et force est de dire que plus on en apprend sur ces révolutionnaires, plus on les trouve abjects. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on voit qui les soutient : les militants tiers-mondistes «Fidel» Sarkozy et  «Che» Cameron, les princes « rouges » du Qatar et d’Arabie Saoudite, sans oublier  le grand émancipateur, « Nelson Botula » Henri-Lévy.

L’article que je vous propose s’inscrit dans le sillage d’autres  informations qui émergent sur la mentalité des cinglés que l’OTAN a chargé d’apporter la démocratie en Libye.

Vous me direz que c’est une preuve de la liberté d’informer. Certes, il est difficile dans un monde « globalisé » comme on dit de tout mettre sous le boisseau et les journalistes n’ont pas forcément tous perdu leur professionnalisme.

Mais pour que des informations comme celles-ci puissent paraître, il faut le plus souvent respecter certaines conditions : la première est qu’il faut donner la raison des agissements des criminels, en faisant éventuellement comprendre que ce n’est pas une bonne raison, mais  sans souligner ce fait que ce n’est pas une bonne raison. Un lecteur peu attentif retiendra qu’il y a une rationalité compréhensible dans la démarche des « rebelles ».

La deuxième condition est de charger l’autre camp de crimes encore plus abjects ; des crimes dont on attend bien entendu les preuves.

Et puis admirez le procédé : une ville qui était comme toute autre ville la ville de ses habitants est devenue par la magie d’un titre « la ville de Kadhafi. » Après tout, si c’était la ville de Kadhafi, tout est donc permis…

Personnellement, je ne peux que souhaiter la défaite de ces prétendus rebelles. De la même manière, je ne peux que souhaiter la comparution devant un tribunal des dirigeants politiques qui leur ont permis de commettre leurs exactions et dont les armes, avions, navires de guerre, ont semé mort et destruction en Libye.

Un de ces dirigeants vient de commémorer en son palais présidentiel les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Il n’a vraiment honte de rien, lui dont les armes ont tué et continuent à tuer  bien plus de personnes en Libye.

D’ailleurs, vous ne trouverez rien dans la presse française sur ce crime de guerre commis à Tawergha.

La ville fantôme de Kadhafi après le retrait des loyalistes

Andrew Gilligan visite les lieux  qui semblent être ceux des premières grandes représailles contre les partisans du régime de Kadhafi

Par Andreew Gilligan à Tawergha, The Telegraph (UK) 11 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Jusqu’au  mois dernier, la ville de Tawergha abritait 10 000 civils.

Mais à l’heure du crépuscule la semaine dernière, les immeubles d’habitation s’étirent noirs et morts, au loin, et les seuls êtres à se mouvoir sont des moutons.

Ce secteur pro Kadhafi a été vide de sa population, vandalisé et partiellement incendié par les forces rebelles. Le Sunday Telegraph a été le premier à visiter les lieux de ce qui semble avoir été les premières représailles majeures contre des partisans de l’ancien régime.

“Nous leur avions donné trente jours pour partir,” explique Abdul el-Mutalib Fatateth, l’officier qui commande la garnison rebelle à Tawergha, tandis que ses soldats jouent au baby-foot devant un immeuble d’habitation vide. « Nous avions dit que s’ils ne partaient pas, ils seraient pris par la force et emprisonnés. Tous sans exception sont partis et nous ne leur permettrons jamais de revenir. »

Les habitants de Tawergha et leurs voisins de Misurata, à une trentaine de kilometers plus loin, étaient dans des camps opposes pendant la révolution libyenne. Tandis que les habitants de Misurata assiégée luttaient courageusement pour sauver leur ville des forces e Kadhafi qui l’encerclaient, certains des obus d’artillerie qui leur tombaient dessus venaient de Tawergha.

“Nous leur avions demandé de ne pas nous combattre, parce qu’ils sont nos frères mais ils avaient continué à le faire, » affirme M. Fatateth. Mais il semble reconnaître que les habitants de la ville avaient été pris entre deux feux puisqu’il explique que « Kadhafi prenait les gens de Tawergha et s’en servait comme boucliers humains quand ses troupes approchaient de Misurata. »

Les rebelles disent que des civils volontaires de Tawergha étaient avec les soldats de Kadhafi quand ils ont pillé des dizaines de maisons à Misurata en mars. Il y a aussi des allégations, impossibles à vérifier, de viols et d’autres exactions commis par des gens de Tawergha.

Quelle que soit la vérité, il n’y aura sans doute guère de place pour la réconciliation dans ce coin de la nouvelle Libye. Pour la première fois dans [la couverture médiatique de] la révolution libyenne, nous avons pu voir un grand nombre de maisons et pratiquement chaque boutique, systématiquement saccagés, pillés ou incendiés.

Même l’hôpital local a été saccagé. Les lits ont été tirés hors des chambres et lacérés. Les vitres des fenêtres et des portes ont été cassées. Les médicaments, les ordonnanciers et les feuilles d’imprimante ont été éparpillés dans les couloirs, et les médecins et les infirmières ont disparu avec tous les autres.

A l’extérieur, il faut faire attention à ne pas marcher sur une des mines anti-personnel qui jonchent le trottoir.

L’explication de tout ça se trouve dans les drapeaux verts de Kadhafi qui flottent encore devant de nombreux  appartements. Il est hors de doute que cette ville était un soutien du régime. Mais ce soutien semble s’être exprimé à différents niveaux.

Certaines des maisons ont apparemment servi à combattre, et ont des impacts de balles sur les murs. Par contre, la majorité des propriétés pillées ou vandalisées n’en avaient aucun.

M. Fatateth assure que certaines avaient été investies par des miliciens pro Kadhafi après la fuite des civils et que deux jours de bataille avaient suivi avec les forces rebelles les 10 et 11 août.

Et comme souvent en Libye, il y a aussi un soubassement raciste. Beaucoup d’habitants de Tawergha, quoique n’étant pas des immigrés ni de ces mercenaires Africains de Kadhafi dont on parle tant, sont des descendants d’esclaves, et ont la peau plus foncée que beaucoup de Libyens.

Au bord de la route qui mène à Tawergha, la brigade de Misurata a peint un slogan qui dit  » la brigade de nettoyage des esclaves [et] des peaux noires ».

“Nous avons rencontré des habitants de Tawergha en détention, emmenés de chez eux simplement pour être de Tawergha, » explique Diana Eltahawy, une enquêtrice d’Amnesty International qui se trouve actuellement en Libye. « Ils nous ont dit avoir été forcés de s’agenouiller et avoir été frappé avec des bâtons. »

Même la fuite n’est, semble-t-il, pas suffisante pour se sauver. Des gens de Tawergha ont été arrêtés à des barrages routiers, pris dans des hôpitaux ou arrêtés dans la rue. « Ils ont vraiment peur. Ils n’ont nulle part où aller, » déclare Mme Eltahawy.

Amnesty dit avoir vu le 29 août un patient originaire de Tawergha emmené de l’hôpital central de Tripoli par trois hommes, dont un armé, pour « interrogatoire à Misurata ». Amnnesty a aussi appris qu’au moins deux personnes originaires de Tawergha avaient disparu après avoir été emmenés d’hôpitaux de Tripoli pour interrogatoire. Un contrôleur aérien de 45 ans et son oncle ont été arrêtés par des rebelles armés alors qu’ils faisaient des courses dans le quartier Firnaj de Tripoli le 28 août.

Ils avaient été emmenés dans les quartiers du Conseil Militaire à l’aéroport de Mitiga, tout près de la capitale à l’est.. Ces hommes ont déclaré à Amnesty avoir été frappés à coups de crosse de fusil et reçu des menaces de mort. Tous deux ont été détenus plusieurs jours à Mitiga et sont toujours prisonniers à Tripoli.

Beaucoup d’habitants de Tawergha se terrent maintenant dans des campements de fortune près de Tripoli. Mais même là-bas, ils ne sont pas en sûreté. Dans un camp, un groupe d’hommes armés a fait irruption et a arrêté une dizaine d’habitants de Tawergha. Leur sort reste inconnu. Une autre femme du camp dit que son mari a quitté le camp pour aller faire une course au centre de la capitale il y a une semaine. Elle ne l’a pas revu depuis.

“Si nous retournons à Tawergha, nous serons à la merci de la brigade de Misurata,” explique un des réfugiés qui refuse qu’on donne son nom. « Quand ils sont entrés dans notre ville à mi-Ramadan [mi-août] et l’ont bombardée, nous nous sommes enfuis avec seulement nos vêtements sur le dos. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de nos maisons et nos biens. Je suis maintenant ici dans ce camp, mon fils est malade et j’ai trop peur pour aller à l’hôpital en ville. Je ne sais pas ce qui va nous arriver maintenant. »

Les exactions des rebelles ne sont rien en comparaison de celles du régime. Les gens qui ont vu les squelettes calcinés de prisonniers, massacrés à la mitrailleuse pendant la retraite de la brigade Khamis de Kadhafi ou qui ont assisté aux bombardements indiscriminés sur Misurata n’oublieront pas ces scènes de si tôt.

Mais les vieilles habitudes répressives des Libyens pourraient bien se réveiller spontanément..

Et ce n’est pas la première fois que des civils pro Kadhafi ont souffert de représailles. En juillet, alors que les rebelles quadrillaient les montagnes du Nefousa, le village de Gawalish a subi un sort tout à fait similaire. Beaucoup de ses habitants, des retraités et de jeunes enfants ne pouvaient tout simplement pas avoir participé à une quelconque action militaire pour le régime.

Dans la ville fantôme de Tawergha, on éprouve peu de sympathie pour la situation critique des victimes.

Selon M. Fatateth, “Le conseil militaire va decider de ce qui se passera pour les habitations. Mais les habitants de Tawergha devront passer sur nos cadavres pour revenir. »

Ibrahim al-Halbous,, un aute chef rebelle local, le dit encore plus simplement.

«Tawergha n’existe plus,» dit-il.


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