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La Syrie et la stratégie saoudienne d’embrasement régional

26 octobre 2013

Dans l’article que je vous propose, Vijay Prashad essaye de situer les développements de la situation en Syrie dans leur contexte régional en insistant sur le rôle de l’Arabie Saoudite.

Selon lui, les milices se l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) sont désormais en position absolument dominante dans les rangs de l’opposition armée au régime syrien.

Si la situation militaire est pour l’instant relativement figée entre l’opposition armée d’une part et les forces gouvernementales d’autre part, cela ne signifie pas que les choses ne peuvent pas bouger.

Cette impasse ne saurait en effet durer éternellement et deux chemins semblent possibles pour en sortir, chacun d’entre eux ayant des implications différentes.

Le premier chemin est celui de la négociation sous les auspices de l’ONU entre les autorités en place et le(s) opposition(s). C’est le chemin que semble commander la sagesse même si on sait qu’il faudra du temps avant qu’une telle négociation aboutisse, en admettant cependant qu’elle commence puisque si le gouvernement syrien souffle le chaud et le froid sur cette question, l’opposition regroupée dans la Coalition au nom à rallonge (qu’on appellera CNS par commodité) se fait tirer l’oreille et fixe un préalable inacceptable pour les autorités de Damas, à savoir la démission du président Bachar al-Assad.

Le deuxième chemin est celui de l’aggravation de la guerre par son extension à l’Irak et au Liban.

C’est ce chemin qu’a choisi l’EIIL en accord semble-t-il avec l’Arabie Saoudite (ou à son instigation. Et l’EIIL a déjà entrepris de concrétiser cette option stratégique par des actions militaires visant à s’assurer le contrôle de la route Bagdad – Beyrouth, ce qui lui permettrait de faire circuler dans de bonnes conditions armes et combattants dans les deux sens.

Les choix de l’EIIL ont parfaitement été compris par l’armée syrienne qui entend au contraire s’assurer le contrôle complet de la frontière avec le Liban tandis que l’armée irakienne a pour l’instant mis en échec la tentative de l’EIIL de prendre le contrôle du segment irakien de la route Bagdad – Beyrouth.

L’inclusion de l’Irak dans la guerre livrée par l’EIIL est déjà chose faite tandis que celle du Liban devrait bientôt commencer, les signes avant coureurs en étant les affrontements à Tripoli et dans les villages libanais frontaliers avec la Syrie.

Le corridor d’al Qaïda à travers la Syrie

par Vijay Prashad, The Hidu (Inde) 25 octobre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ce n’est plus l’Armée Syrienne Libre, mais l’Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL) qui constitue une menace sérieuse pour le régime d’Assad

Mardi soir, des kamikazes et des hommes armés ont attaqué des points de contrôle irakiens le long de la route N°11, qui relie Bagdad à la Syrie via Ramadi. Ils ont déclenché des explosions au poste de contrôle de Routba ainsi qu’à d’autres checkpoints un peu à l’ouest de Ramadi. Trente-sept personnes ont été tuées dans ces attaques, en majorité des membres des services de sécurité. La route N°11 est la route du sud de l’Irak vers la Syrie. L’autre route qui relie Bagdad à la Syrie est l’autoroute N°12, qui passe au nord de Ramadi dans les villes de Anan et Rawah, le long de l’Euphrate et dans la ville syrienne de Raqqa. La semaine dernière, des combattants de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) ont attaqué les villes de Anan et Rawah, détruisant un pont et essayant de détruire des pylônes électriques. L’armée irakienne a pu contrer l’attaque de l’EIIL sur Rawa, et a ainsi déjoué la tentative de l’EIIL de s’emparer des villes qui lui auraient permis de contrôler l’autoroute N°12. Le vice-Premier ministre Saleh Iraq al-Mutlaq a déclaré que l’attaque de la semaine dernière était une «tentative désespérée d’al-Qaïda [EIIL] pour s’implanter en Irak. » Il semble probable que l’EIIL a décidé d’essayer de prendre le contrôle de l’autoroute N°11 après que son attaque sur la route N°12 a été repoussée.

route syrie

La route qui relie l’Irak au Liban via Raqqa est partiellement sous contrôle de l’EIIL

Le mois dernier, l’EIIL a obtenu des succès remarquables. Son opération, baptisée Elimination de l’Impureté, a expulsé ou absorbé les unités de l’Armée Syrienne Libre tout au long du flanc nord de la Syrie. La ville d’Azaz à la frontière syro-turque est aux mains de l’EIIl depuis un mois. A partir d’avril, l’EIIL a commencé à attirer à lui toutes les factiosn salafistes plus petites, dont le Jabhat al Nosra (non sans heurts) et des éléments d’Ahrar el Cham (dont le chef Abou Obeida al’Binnishi avait été tué par l’EIIL en septembre). Un nouveau rapport de l’International Crisis Group daté du 17 octobre observe que l’EIIL est désormais «l’organisation la plus puissante dans le nord et l’est de la Syrie et profitait de son contrôle sur les champs pétroliers.» L’analyste Aymenn Jawad al-Tamimi affirme que l’EIIL ne peut être délogé de ses places fortes dans le nord et l’est de la Syrie par aucune coalition de l’ASL et de ses alliés. De fait, dans les derniers mois, l’EIIL a gravement affaibli le potentiel militaire de l’ASL, après avoir tué en juillet Kamal Hamami, un de ses plus importants chefs de bataillons, et avoir attiré à lui nombre de ses combattants locaux. L’Armée Syrienne Libre ne représente plus une véritable menace pour le gouvernement syrien.

Une situation déplorable

La principale voix séculière du soulèvement en Syrie, Yassin al Haj Saleh, qui vivait dans la clandestinité dans son pays pendant la guerre civile, s’est enfui à l’étranger le 12 octobre. Dans sa lettre ouverte, «Adieu à la Syrie, pour un certain temps», M. Saleh écrit que sa ville d’origine, Raqqa, est passée sous le contrôle des «spectres qui hantaient notre enfance, les ogres.» La situation à Raqqa, écrit M. Saleh, est déplorable. C’était dur de voir «des étrangers l’opprimer et tenir en main le destin de sa population, confisquant les biens publics, détruisant une statue d’Haroun al-Rachid ou profanant une église, arrêtant des gens qui disparaissent ensuite dans leurs prisons.

Le départ de Syrie de M. Saleh indique que les choses ont empiré par rapport à l’été dernier quand le chercheur Yasser Munif s’était rendu dans le nord du pays et avait constaté qu’à Raqqa, «les gens sont de plus en plus critiques à l’égard de l’EIIL et d’al-Nosra.» Il semble que cet espace laissé à la critique interne de l’EIIL est manitenant plus restreint. Les affiches qui promeuvent les vues de l’EIIL abondent à Raqqa, laissant entendre une mise en sourdine des rivalités entre les diverses factions islamistes. Comme l’observe el-Tamimi, dans les manifestations publiques les bannières de l’EIIL et du jabhatal Nosra flottaient côte à côte.

En juillet 2013, l’EIIL avait organisé une évasion massive à la prison irakienne d’Abou Ghraib, libérant 500 détenus. L’EIIL avait eu recours à des voitures piégées, des kamikazes et des miliciens pour cette opération. L’EIIl avait ensuite dirigé ces combattants vers la frontière irako-syrienne dans le but d’essayer de prendre le contrôle des points de passage frontaliers dans le cadre de leur projet d’établir un corridor pour relier Ramadi en Irak à Tripoli dans le nord Liban (un affrontement dans cette ville a causé la mort d’un garçon de13 ans le 23 octobre). Les attaques de la nuit du 22 octobre s’inscrivaient dans ce scénario.

L’EIIL et sa forme de radicalisme sont un produit du financement de la rébellion par le Qatar et l’Arabie Saoudite. L’argent des Arabes du Golfe ainsi que des combattants étrangers et un groupe de combattants Syriens motivés ont donné l’avantage à l’EIIL. Dans le même temps, tandis que l’argent du Qatar et de l’Arabie saoudite a permis à leur client de dominer les autres rebelles sur le champ de bataille, l’influence de ces deux monarchies a empêché l’unification des rangs et le développement d’un agenda par les dirigeants de la rébellion. En trois ans, la Coalition Nationale des Forces Syriennes Révolutionnaires et d’Opposition (CNS) a été incapable de formuler un programme clair pour la Syrie. Cette absence [de programme] n’est pas dû à un manque d’imagination, mais à la subordination du CNS aux rivalités mesquines entre ses bienfaiteurs Arabes du Golfe. Le CNS s’était mis lui même dans l’impasse quand il avait en fin de compte laissé faire une révolution de palais pour écarter Mo’az al-Khatib de son poste [de leader du CNS]. Après d’intenses luttes intestines, le CNS avait finalement désigné Ahmad Saleh Touma en qualité de premier ministre. Ghassan Hitto avait démissionné car on le voyait comme trop proche du Qatar dont l’étoile commençait à pâlir. Le président actuel est Ahmad Jarba, qui a des liens étroits avec la monarchie saoudienne. Vers la fin septembre, les islamistes ont rejeté le CNS. Abdul Qader Saleh, le chef de la Brigade Tawhid [unicité de Dieu] d’Alep, a fait savoir qu’ils [les islamistes] envisageaient de former une alliance islamique (al-tahaluf al-islami). Le chercheur Aron Lund considère que les islamistes ne sont pas allés au delà d’une simple proposition. La marque des rivalités entre Arabes du Golfe traverse profondément la coalition.

L’agenda saoudien

Malgré les gains obtenus par l’EIIL dans le nord de la Syrie, l’agenda de l’Arabie Saoudite pour la Syrie est bloqué. En l’absence d’intervention militaire étrangère, l’EIIL sera incapable de renverser le régime en place à Damas. – c’est une des raisons pour lesquelles l’EIIL a décidé de s’emparer des postes frontaliers (avec l’Irak, la Turquie et le Liban). Une confrontation dangereuse va probablement avoir lieu dans la région de la Ghouta occidentale près de Damas, mais elle ne débouchera sur aucun gain stratégique significatif pour quiconque. Ce sera un bain de sang sans résultat substantiel, comme une bonne partie de ce qui se passe maintenant dans cette guerre. Incapable d’avancer dans le centre du pays, l’EIIL revendique les marges de la Syrie. L’Arabie Saoudite s’attendait à ce que les Etats Unis bombardent la Syrie en septembre, ce qui aurait affaibli le pouvoir d’Assad et permis à ses clients de prendre le pouvoir (l’Arabie Saoudite est aussi déçue par l’acceptation par les Etats Unis de l’ouverture iranienne pour des discussions). La route de Damas semblant fermée, l’EIIL s’est adonné avec plus de force à la violence nihiliste dans les régions qu’il contrôle – pas vraiment le résultat espéré par l’Arabie Saoudite. C’est la raison pour laquelle le Prince Bandar bin Sultan, qui assure la liaison avec les rebelles, a parlé de réévaluer la relation de l’Arabie Saoudite avec les USA, et c’est aussi la raison qui a conduit l’Arabie Saoudite à refuser d’occuper le siège qu’elle venait tout juste d’obtenir au Conseil de Sécurité de l’ONU. L’Arabie Saoudite avait soutenu les Talibans dans les années 1990 avec l’idée que ce mouvement modérerait son idéologie avec le temps. Il n’en fut rien. Il semble que la monarchie veuille faire encore le même pari, en dépit d’un précédent défavorable.

Le type de violence qui a éclaté la nuit du 22 octobre est devenue chose courante en Irak, avec plusieurs milliers de morts cette année (presque 500 rien que pour ce mois). La guerre en Syrie, bloquée dans une impasse douloureuse, s’est déplacée vers l’Irak, un pays déjà affligé par la guerre et la dévastation dans son histoire récente. Ici, les «visages qui se durcissent sous un masque de tristesse» comme l’écrit le poète Syrien Adonis, regardent les civilisations s’effondrer pour de vulgaires desseins géopolitiques. L’ombre d’al Qaïda s’installe sur l’Irak et la Syrie, durcissant encore plus les traits des Syriens et des Irakiens ordinaires. Le moment du lancement d’une offensive générale de l’EIIL au Liban se rapproche nécessairement ainsi que le donnent à penser les affrontements à Tripoli et dans les villes frontalières. Les discussions pour un cessez-le-feu et les négociations à Genève sont fort éloignées dans la désolation qui est venue envelopper les routes qui relient Beyrouth à Bagdad, un trajet qui aurait pu être fait assez tranquillement il y a un siècle mais qui connaît aujourd’hui la tourmente des fusils et de la frustration.

(Vijay Prashad est titulaire de la chaire Edward Saïd à l’Université Américaine de Beyrouth, Liban)

Un début de réponse sur l’identité des assassins de trois soldats Libanais à Arsal

31 mai 2013

Le risque d’une contagion de la crise syrienne au Liban est une réalité palpable depuis le début et on en a parlé sur ce blog. Les signes inquiétants  tendent en effet  à se multiplier, en relation avec les difficultés que traverse en ce moment l’opposition au régime baathiste, désunie politiquement et mise à mal militairement.

Parmi les signaux préoccupants, il y a eu les agressions sectaires à Tripoli contre la minorité alaouite de cette ville.

Image

Patrouille de l’armée libanaise à Tripoli. Sous l’oeil bienveillant du monarque Saoudien, militant démocrate bien connu

Et bien sûr, la mort de trois soldats de l’armée libanaise tués mardi 28 mai

près d’Arsal, dans un secteur par lequel les rebelles syriens font entrer armes et combattants en provenance du Liban. «Les soldats du point de contrôle ont fait face aux assaillants et une fusillade, qui s’est soldée par la mort de trois militaires, s’est ensuivie», a affirmé l’armée libanaise, dans un communiqué. Les hommes armés pourraient être passés en Syrie, a dit le ministre de la Défense, Fayez Ghosn.

Pour les milices hostiles au gouvernement syrien, Arsal est une agglomération stratégique  par laquelle transitent argent, hommes et matériels acheminés vers le territoire syrien, notamment vers la ville proche d’al Qussayr qui est en ce moment l’enjeu de rudes combats.

L’assassinat des trois soldats a été unanimement condamné au Liban, que ce soit par l’ancien premier ministre Saad Hariri ou par le mouvement Amal et le Hezbollah.

Se pose donc la question de savoir qui étaient les tueurs des trois soldats dont la presse nous qu’ils se sont enfuis en direction de la Syrie après avoir commis leur acte.

Ça tombe bien, L’Orient le Jour nous apprend justement que

Deux personnes soupçonnées d’être impliquées dans le meurtre de trois soldats près de Ersal, dans l’est du Liban, ont été arrêtées, affirme la chaîne de télévision LBC, sans donner plus de précisions.

Et les précisions que ce journal libanais francophone n’a pu obtenir,  le Daily Star, son homologue anglophone les a obtenues et on peut lire ce qui suit :

Des agents du renseignement militaire ont arrêté Mamdouh al-Wazir, le frère du suspect Mashoud al-Wazir dans la vallée de la Bekaa dans le courant de la nuit.

On pense que Mashhoud est impliqué avec deux autres personnes dans l’attaque de mardi contre un point de contrôle de l’armée libanaise à Wadi Hmeid, dans la périphérie d’Arsal qui a causé la mort de trois soldats, selon notre source.

Lejournal libanais As-Safir indique dans un article détaillé ce vendredi que deux suspects pour l’attaque d’Arsal ont été arrêtés.

Il s’agit d’une infirmière libanaise dont les initiales sont A. Sh et d’un Libanais qui ont loué et livré un Hummer à un troisième suspect, M. W., un Syrien qui habite à Chtaura et dont on pense qu’il a réalisé l’attaque.

Selon As-Safir, M.W.est entré au Liban par la région frontalière nord de Wadi Khaled après avoir été blessé à Homs, dans le nord de la Syrie. Le journal indique que M. W. combattait avec le Bataillon Yarmouk qui fait partie du jabhat al-Nosra.

Selon le journal, M. W. avait été transféré dans un hôpital d’Etat à Tripoli où il a subi une intervention chirurgicale et où il est resté pour trois mois de rééducation pendant lesquels il a fait la connaissance de l’infirmière A. S.

A la mi-mai, M. W. a passé plusieurs jours dans la ville côtière du nord (Tripoli) et a consulté des financeurs Syriens avant de se rendre dans un lieu inconnu.

Il y a une semaine, selon As-Safir, M. W. a contacté A. S  et lui a demandé de louer un véhicule tout terrain, quel que soit le tarif de la location. A. S., indique le journal, avait demandé à un de ses voisins, A.M. de visiter un certain nombre de commerces d’automobiles où il a trouvé un Hummer à louer.

M. W. a viré à A. M. une somme de 600 dollars pour trois journées de location.

Le journal écrit que M. W. a ensuite gardé le silence pendant un certain temps et n’a plus répondu à aucun appel. C’est pendant cette période que l’attaque contre l’armée a eu lieu, dit le journal qui ajoute qu’on soupçonne qu’un Hummer a été utilisé par les agresseurs.

 La mort des trois soldats Libanais est une fois de plus l’oeuvre de ceux qui s’opposent par les armes au régime syrien et qui sont prêts à noyer leur déroute dans le sang libanais puisque celui des Syriens leur sera peut-être bientôt interdit.

Des armes pour la guerre civile en Syrie… et au Liban?

14 mars 2013

 L’armée syrienne a dû évacuer le Liban il y a quelques années, cédant à la pression des mêmes que ceux qui se présentent aujourd’hui comme des «amis» de la Syrie.

J’ignore si cette pression était résistible, mais elle n’a finalement été qu’une étape dans la tentative de réduire à merci ce pays.

Il reste que les destins du Liban et de la Syrie sont inextricablement liés d’autant que ces deux nations n’en forment en réalité qu’une.

Je vous avais proposé il y a quelques jours un article sur la montée des tensions au Liban avec la volonté des partisans de l’ex premier ministre Saad Hariri de tenter l’épreuve de force avec le Hezbollah. Ces gens là pensent en effet que la situation qui prévaut en Syrie a modifié de telle sorte le rapport des forces en présence que l’heur de la revanche pourrait bien être sur le point de sonner.

D’autant que la crise en Syrie a ramené au Liban des forces syriennes armées. Sauf que  cette fois-ci, ce n’est pas l’armée régulière syrienne mais la fameuse Armée Syrienne Libre qui tend à se renforcer dans certaines portions du territoire libanais au point de commencer à constituer un Etat dans l’Etat qui ne va peut-être pas tarder à se lancer dans une action militaire d’ampleur au Liban en collusion avec le clan Hariri.

Il faut bien garder en mémoire que ces miliciens, s’ils sont pour l’instant quelques centaines présents sur le sol libanais pourraient rapidement voir leurs effectifs gonfler en puisant dans la population réfugiée et profiter des armes fournies par les pétromonarchies sans parler de celles que le molletiste Laurent Fabius s’impatiente de livrer aux prétendus révolutionnaires syriens.

Il est vrai que Shimon Peres vient d’en donner l’ordre en plaidant devant le parlement européen pour une intervention arabe en Syrie. Il va sans dire que son propos s’adressait en réalité à ses auditeurs immédiats, les pays représentés dans cette assemblée.

On constatera que Laurent Fabius en bon roquet qu’il est (dixit Jacques Chirac) s’est empressé de lever la patte et de faire le beau.

Dessiner une nouvelle carte du Nord Liban, combattants Syriens inclus

par Radwan Mortada, Al-Akhbar (Liban) 13 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des réseaux de combattants Syriens au Nord Liban redessinent la physionomie du territoire. Depuis les cellules logistiques syriennes aux routes clandestines pour les armes, de nouvelles réalités politiques changent la manière dont les Libanais circulent dans leur pays.

Au Liban, dire que vous êtes stoppé par un Palestinien armé signifierait que vous êtes entré dans un camp de réfugiés contrôlé par une faction palestinienne. Mais dire que vous avez été stoppé par un combattant Syrien armé – ce mois-ci à Tripoli, plusieurs années après le retrait de l’armée syrienne – est tout à fait autre chose.

C’est même encore plus problématique quand ce combattant armé vous demande de changer votre destination, qui se trouve en plein Liban, après avoir remarqué votre appareil photo.

Ces nouveaux arrangements suggèrent que la région se dirige vers une nouvelle phase que les officiels des services de sécurité tendent à comparer avec l’époque où les opérations de la résistance palestinienne au Liban avaient valu au pays le sobriquet de Fatah Land.

Un haut responsable des services de sécurité base son évaluation sur le simple fait que le Nord Liban accueille environ 100 000 réfugiés Syriens dont il affirme qu’un tiers est prêt à prendre les armes. Il n’y a pas que ça, le même responsable indique que les informations recueillies par les forces de sécurité confirment la présence de centaines  de combattants Syriens qui se déplacent librement à l’intérieur du territoire libanais.

En parallèle, ces informations indiquent que le frère d’un député influent du district d’Akkar (près de la frontière avec la Syrie) continue à organiser des cellules syriennes. Elles sont réparties selon un plan conçu par des officiers de l’armée à la retraite qui soutiennent l’opposition syrienne.

Les informations des services de sécurité révèlent que l’officier Syrien dissident Annad A. est arrivé à Halba (chef lieu du district d’Akkar) en compagnie d’un militant d’Akkar après avoir fui  la Syrie pour une zone du Liban favorable au député Walid Joumblatt où il a reçu protection.

Ces informations dissent aussi qu’il a tenu une réunion au domicile de Mahmoud Z. Ils ont discuté de la livraison d’armes et de fournitures à distribuer sur la place [publique] d’Halba.

Halba (sous le chiffre 9 sur la carte) est proche à la fois de la frontière syrienne et de la mer Méditerranée

Halba (sous le chiffre 9 sur la carte) est proche à la fois de la frontière syrienne et de la mer Méditerranée

Il y a aussi des rumeurs sur un genre de conseil militaire syrien dans le Nord, avec différentes activités conduits par les militants, dont la collecte de fonds, la coordination et l’approvisionnement en armes. Ils constituent ce qui s’apparente à un gouvernement militaire fantôme. Il existe aussi des indications crédibles sur leur relation avec des personnalités libanaises des milieux politiques et sécuritaires

En plus de financements étrangers, le ressortissant Syrien Anwar S. B., alias Abu-Hassan al-Souri, s’occupe des fournitures et de l’armement en coordination avec des militaires en retraite et un parlementaire du Mouvement pour le Futur [le parti de Hariri] originaire du Nord Liban. Il convient d’observer que Souri avait été blessé dans l’explosion du dépôt d’armes d’Abi Samra à Tripoli.

En outre, le nom de Mohamed A., alias Abou Afif est cité. Sa mission est de fournir les salaires mensuels qui doivent être transportés à al Qusayr via Arsal (où deux soldats Libanais avaient été tués dans des affrontements avec le Jabhat al-Nosra). L’argent vient de donations effectuées en Europe et dans les pays arabes du Golfe et est déposé au domicile du député susmentionné.

Arsal fait face à la ville syrienne d'al Qusayr et est donc très proche d'Homs

Arsal fait face à la ville syrienne d’al Qusayr 

 

En matière d’achat d’armement, le rôle le plus important revient à Ismail R. C’est un homme riche présenté par les membres de l’opposition syrienne comme étant en charge de la fourniture d’armes achetées à des officiers pro régime de l’armée syrienne. Il est aussi chargé de recevoir les soldats blessés de l’Armée Syrienne Libre et de les répartir dans les hôpitaux libanais.

Tous coordonnent leur action avec le siège local de l’opposition syrienne établi dans la rue de l’Ordre des médecins à Tripoli, devant le réservoir central, derrière la maison du général Ashraf Rifi, directeur des Forces de Sécurité Intérieure du Liban.

Les informations indiquent que des réunions nocturnes se tiennent régulièrement entre des officiers Syriens dissidents, des personnalités religieuses et d ‘autres personnes. Récemment, la zone résidentielle d’Abrar a été le lieu d’une fusillade en raison des désaccords entre un des blessés et ses médecins.

Des réfugiés se font passer pour des civils en journée, puis font leur devoir “djihadiste” à la faveur de la nuit. A Akkar, il y a certains endroits de la frontière qu’il est impossible d’approcher ou de franchir sans être stoppé par des hommes armés, dont des Syriens, qui vous demandent ce que vous faites, d’où vous venez et ce que vous voulez.

Sam Bacile, l’islamophobe sioniste et la mort de l’ambassadeur des Etats Unis en Libye

12 septembre 2012

Les émeutes de Benghazi en Libye ont coûté la vie à l’ambassadeur des Etats Unis dans ce pays ainsi qu’à trois autres fonctionnaires américains.

Un évènement hautement symbolique qui nous permet d’abord de constater que dans la Libye «libérée,» l’ambassadeur des Etats Unis restait stationné à Benghazi et non dans la capitale où le nouveau régime a du mal à s’imposer.

Et ensuite que quatre diplomates américains sont mort au cours d’émeutes motivées par un film anti-musulman réalisé par un ressortissant de l’entité sioniste qui jouirait aussi de la citoyenneté américaine et réside en Californie où il exerce la profession de promoteur immobilier.

Quel rapport entre l’immobilier et le cinéma ?

Aucun.

Il y a par contre un rapport entre le fait d’être un sioniste fanatique (ce qui est le cas de la majorité des sionistes) et celui d’inciter à la haine et à la guerre des civilisations.

Et ça n’a rien à voir avec la liberté d’expression, mais avec une stratégie consciente au service de l’entité sioniste. Et de fait, ces attaques répétées contre l’Islam sont presque toujours le fait des suppôts du sionisme ou soutenues par les intellectuels emblématiques du sionisme.

Ce promoteur immobilier, qui a des connexions avec des «chrétiens» extrémistes comme le pasteur Terry Jones a quand même pu réunir les cinq millions de dollars qu’a coûté son film auprès d’une centaine de bailleurs de fonds juifs.

De fait, Bacile

se définit lui-même comme comme un Juif Israélien [et pas comme un Juif Américain, note de Djazaïri], déclare avoir la conviction que le film va aider son pays d’origine en montrant au monde les tares de l’Islam.

« L’islam est un cancer, point final, » répète-t-il d’une voix solennelle avec un fort accent.

Effectivement, pour un certain nombre d’organes de presse, Sam Bacile n’est pas un américano-sioniste, mais un citoyen sioniste qui réside aux Etats Unis, nuance.

Si «l’islam est un cancer, » comme le prétend ce promoteur/réalisateur de cinéma, on a bien compris quelle maladie infectieuse véhicule ce triste individu nommé «Bacile,» ça ne s’invente pas.

Je ne sais pas si le journal Le Monde va garder le titre de son article.Ne risque-t-il pas, en effet, d’’être attaqué pour antisémitisme?

En attendant, quatre fonctionnaires américains viennent de faire les frais de l’amour vache que portent les sionistes aux Etats Unis.

Le film à l’origine des attaques en Egypte et en Libye est produit par un Israélo-Américain

Le Monde.fr avec AFP | 12.09.2012

Le film Innocence of Muslims (L’Innocence des musulmans) à l’origine des violentes manifestations anti-américaines, mardi 11 septembre en Egypte et en Libye et qui ont fait au moins un mort, a été réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de 54 ans originaire du sud de la Californie, rapporte le Wall Street Journal .

« L’islam est un cancer », a déclaré Sam Bacile au WSJ après que des manifestants protestant contre son film se sont introduits dans l’ambassade américaine au Caire, où ils ont notamment arraché un drapeau américain. A Benghazi, en Libye, de violentes manifestations, elles aussi suscitées par ce film, près du consulat américain ont fait au moins un mort, un fonctionnaire américain.

Sam Bacile a expliqué au WSJ qu’il était bien à l’origine du film en question, soulignant avoir  levé cinq millions de dollars auprès d’une centaine de donateurs juifs, qu’il n’a pas identifiés, pour le financer . Il assure avoir  travaillé avec 60 acteurs et une équipe de 45 personnes pour tourner  le film en trois mois l’an dernier en Californie. « C’est un film politique, ce n’est pas un film religieux », déclare-t-il au quotidien.

Dimanche, le grand mufti égyptien Ali Gomaa avait dénoncé « les actions entreprises par des extrémistes coptes qui ont fait un film offensant le Prophète ».

Le long métrage a été défendu par le pasteur  Terry Jones, qui s’est attiré de nombreuses critiques par le passé, notamment pour avoir  brûlé un exemplaire du Coran et s’être résolument opposé à la construction d’une mosquée près de Ground Zero à New York.

Le pasteur a précisé qu’il comptait montrer  un extrait de 13 minutes du film, mardi soir, dans son église de Gainesville, en Floride. « C’est une production américaine, qui n’a pas pour objectif d’attaquer  les musulmans mais de montrer  l’idéologie destructrice de l’islam », explique-t-il dans un communiqué publié par le WSJ.

Détruire les mausolées des saints de l’Islam pour remercier les armées étrangères?

26 août 2012

On sait qu’au Mali, de prétendus djihadistes ont procédé à la destruction de mausolées contenant les sépultures de saints hommes de l’Islam.

On peut pas dire que l’indignation ait été à son comble tant s’en faut, service minimum en fait.

Raison de plus pour que leurs homologues Libyens fassent la même chose en Tripolitaine.

Je sais, vous allez me dire stop ! ce n’est pas la même chose.

1 – la Libye vient de tenir avec succès ses premières élections libres.

2 – le journal Aujourd’hui – Le Parisien nous dit que les autorités de Tripoli ont condamné la destruction de mausolées et ont promis la fermeté.

Le président  du Congrès général national (CGN), la plus haute autorité du pays depuis les élections  du 7 juillet », a dénoncé « la destruction et le pillage de plusieurs bâtiments et manuscrits qui représentent une époque de l’histoire de notre pays et qui ont un caractère scientifique, civilisationnel et historique ».
« Ces actes sont rejetés et interdits par la loi et la charia, ce qui rend les responsables poursuivis par la loi », a déclaré Mohamed al-Megaryef dans un discours à la télévision nationale.
Samedi matin, des islamistes radicaux ont démoli à coup de pelleteuse le Mausolée d’Al-Chaab al-Dahmani, près du centre de Tripoli, et ont profané le tombeau de ce sage, lieu de pèlerinage pour certains musulmans, notamment les soufis, selon un journaliste de l’AFP.

Pour ce qui est des élections libres, je sais bien que beaucoup se satisfont de scrutins bidon du moment qu’ils se font ont l’aval des bienfaiteurs de l’humanité, c’est-à-dire de l’homme blanc incarné par Barack Obama et David Cameron.

Je les laisse à leur niaiserie.

Pour ce qui est de la condamnation par les autorités locales, alors là ça ne passe franchement pas. On peut en effet lire dans le même article du Parisien :

M. Megaryef a accusé des membres des services de sécurité et des ex-rebelles de participer à ces attaques, affirmant que le CGN a incité en vain le gouvernement a traiter avec ces évènements.

Le Parisien aurait dû en réalité commencer son article par « Une autorité libyenne » au lieu de « Les autorités libyennes » car c’est la cacophonie semble-t-il dans le nouveau régime et la lutte pour le pouvoir n’a certainement pas été close par le simulacre électoral qui a fait se pâmer les Occidentaux.

On peut en effet lire, toujours dans Le Parisien :

Des membres du CGN ont demandé samedi le limogeage des ministres de la Défense et de l’Intérieur, accusés de laxisme.
« Il y a eu des demandes pour limoger les ministres de la Défense et de l’Intérieur mais le congrès a décidé de les convoquer d’abord pour les entendre », a déclaré un membre du CGN.

Dans une dépêche Reuters reprise par The Independant  on peut lire ce qui suit :

Un homme qui supervisait apparemment la démolition a déclaré à Reuters que le ministère de l’intérieur avait autorisé l’opération après avoir découvert que des gens adoraient les tombes et pratiquaient la «magie noire».Le ministère n’était pas disponible pour apporter des éclaircissements.

et

La mosquée Sha’ab abritait en son sein près de 50 tombes soufies et, à l’extérieur, le tombeau d’un savant soufi,  Abdullah al-Sha’ab et celui d’un martyr qui avait combattu les colonialistes Espagnols.

Tripoli:Destruction de la mosquée Al-Chaab al-Dahmani, un symbole de résistance

C’est tout à fait symbolique, je trouve, que ces gens qui ont été portés au pouvoir par des forces étrangères, dont des avions espagnols, entreprennent de détruire la tombe d’un homme qui avait été tué en luttant contre une agression étrangère.

à partir d’une observation de The Angry Arab

Libye; après des mois de propagande, l’heure de vérité va sonner

21 février 2012

Nous sommes encore tout près de l’anniversaire du déclenchement des évènements qui ont permis l’intervention militaire de l’OTAN contre la Libye, avec un résultat dont il y a quelques jours encore le premier ministre Britannique David Cameron et le président Nicolas Sarkozy se félicitaient.

Mais de se félicitent-ils au juste ? Parce qu’après les mois de propagande, c’est l’heure dé vérité qui commence à sonner pour ce qui s’est passé en Libye.

Je n’en veux pour indication que ce long article qui ferait un très bon réquisitoire contre la bande de criminels en col blanc qui a ordonné la destruction de la Libye et la mort de milliers de ses habitants dont celle du colonel Mouammar Kadhafi.

Et cet article nous montre que la véritable nature de l’intervention occidentale avait toujours été clairement énoncée par ses chefs miliaires et politiques mais qu’elle était simplement noyée dans le flot propagandiste dont la presse «libre» aime à se faire le véhicule.

 

Et surtout, il faut noter que cet article n’est pas tiré d’un journal ou d’un blog militant mais est paru dans un quotidien tout ce qu’il y a de grand public, en l’espèce The Ottawa Citizen.

La mission en Libye, un an après: les règles d’engagement

Par David Pugliese, The Ottawa Citizen (Canada) 19 février 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

La radio à bord du HMCS Charlottestown crachotait les informations. L’équipe d’arraisonnement du navire de guerre canadien avait fait une découverte – un bateau dans les eaux internationales chargé d’armes et de munitions qui essayait de se faufiler vers la Libye.

C’était en mai 2011, au troisième mois de la guerre civile libyenne, et l’’OTAN avait mis en place une barrière constituée de 20 navires de guerre pour appliquer l’embargo de l’ONU sur les armes. Aucune arme, fourniture militaire ou munition ne devait entrer en Libye, que ce soit pour les troupes fidèles au dirigeant du pays, Mouammar Kadhafi, ou pour les rebelles qui luttaient pour le renverser.

“Il y a des tas d’armes et de munitions, plus que ce que je pensais,” l’officier de bord avait rappelé par radio le commandant de bord, Craig Skjerpen. « Ca va des munitions de petit calibre aux obus de 105 ainsi que nombreux explosifs.»

Les rebelles Libyens qui manoeuvraient le bateau avaient reconnu ouvertement qu’ils allaient livrer les armes à leurs forces à Misrata.

 Skjerpen contacta alors par radio le quartier général de l’OTAN pour instructions. La réponse fut rapide : laissez le bateau poursuivre sa route afin que l’équipage puisse livrer sa cargaison meurtrière.

Un officier supérieur de l’OTAN, le vice-amiral Rinaldo Veri  s’était félicité seulement quelques semaines auparavant que le blocus de l’alliance avait fermé la porte au flux d’arments vers la Libye.

Pas vraiment. Alors que l’embargo de l’ONU était clairement conçu pour empêcher la livraison d’armes aussi bien à Kadhafi qu’à ceux qui le combattaient, l’OTAN a vu les choses autrement en ce qui concernait les rebelles. Des centaines de tonnes de munitions et d’armes sont passées à travers les mailles du blocus, montrant au grand jour ce que leurs détracteurs considèrent comme ayant été les véritables motivations de l’OTAN pendant la guerre libyenne – un changement de régime sous couvert de protection des civils.

Le Qatar, une des deux pays arabes à avoir participé à la mission dirigée par l’OTAN a fourni aux rebelles des missiles MILAN de fabrication française, les livraisons étant effectuées par mer. Ce pays avait aussi donné aux rebelles toutes sortes de camions et de matériel de communication, tandis que des conseillers militaires Qataris étaient entrés discrètement en Libye pour assurer la formation.

L’Egypte a fourni des fusils d’assaut et des munitions, avec le soutien des Etats Unis.

La Pologne a livré des missiles antichars et des véhicules militaires.

La Canada n’a pas été non plus en reste pour ce qui est de la fourniture de materiel aux rebelles.

Au cinquième mois de la guerre, les officiels Canadiens mirent en oeuvre un plan de fourniture d’un drone de surveillance pour les rebelles de sorte qu’ils puissant mieux attaquer l’armée libyenne, de nuit comme de jour.

Le micro-engin sans pilote Aeryon Scout, conçu et fabriqué à Waterloo (Canada), était un petit drone espion qui tient dans une mallette.

Le gouvernement canadien a mis en contact la société Aeryon avec les rebelles du Conseil national de Transition et Zariba Security, une société privée de sécurité [de mercenaires, NdT] d’Ottawa a été chargée d’assurer la livraison. En juillet, le drone d’une valeur de 100 000$ était livtré aux rebelles par Charles Barlow, président de Zariba et ancien officier de l’armée canadienne. Il lui avait fallu un trajet de 18 heures en bateau pour se rendre de malte au camp d’entraînement des rebelels à Misrata, naviguant sans encombre à travers le blocus de l’OTAN.

Barlow a montré aux rebelles comment manœuvrer le drone et s’en servir pour localiser une position militaire libyenne, avant de s’en aller peu de temps après.

Environ un mois avant le voyage de Barlow, un avion français, sans être inquiété par les chasseurs de l’OTAN , avait largué une quantité estimée à 40 tonnes d’armes et de munitions, dont des missiles antichars, pour les rebelles combattant au sud-ouest de Tripoli.

La France et les autres nations qui mettaient des armes entre les mains des forces d’opposition, les justifiaient d’une manière qui semblait tout droit tirée du roman 1984 d’Orwell. Un embargo était en place, reconnaissaient-elles, mais il y avait une autre résolution de l’OTAN qui autorisait toutes les mesures nécessaires à la protection des civils menacés ou attaqués

Alors les fusils d’assaut et les missiles antichars largués pour les troupes rebelles n’étaient pas destinées à la guerre. Elles étaient, avait soutenu Alain Juppé, le ministre Français des affaires étrangères, des armes d’autodéfense », raison pour laquelle elles ne contrevenaient pas à la résolution de l’ONU.

Dans le cas de l’ordre donné au HMCS Charlottestown de permettre au navire d’armes rebelles de poursuivre sa route, l’OTAN justifiera plus tard sa décision de la même manière alambiquée. Techniquement, le bateau rebelle intercepté par la frégate canadienne violait l’embargo sur les armes dans la mesure où il se trouvait dans les eaux internationales et faisait route vers le Libye. Mais l’OTAN a prétendu que comme le bateau était parti d’un port libyen pour se rendre vers un autre port du pays, il n’y avait pas d’infraction. Les armes venaient de Libye et étaient simplement transportées via les eaux internationales.

A ce jour, la position officielle du gouvernement et de la hiérarchie militaire du Canada est que ni l’OTAN, ni le Canada n’ont pris parti dans la guerre, même si occasionnellement ils ont baissé la garde pour mettre en relief ce qui se passait réellement.

Après la fin de la guerre avec la mort de Kadhafi en octobre, le vice amiral Paul Maddison, commandant de la marine canadienne, a déclaré lors d’une réunion avec des sous traitants de l’armée canadienne que le HMCS Charlottestown “avait joué un rôle crucial dans le maintien de l’ouverture du port de Misrata en tant que centre vital pour les forces anti-Kadhafi. »

Comme pour l’embargo sur les armes, la stratégie de communication de l’OTAN pour les frappes aériennes en cours consistait à soutenir que ces attaques ne venaient pas en soutien des buts de guerre des rebelles. Mais comme le HMCS Charlottestown, les avions de l’OTAN furent en réalité des « catalyseurs décisifs » pour les forces hostiles à Kadhafi.

Les forces d’opposition ont admis ouvertement devant les journalistes qu’elles avaient été en contact dès le début avec la coalition pour repérer les cibles qui devaient ensuite être détruites par l’aviation de l’OTAN.  « Notes travail est de leur faire savoir quelles sont les zones qu’il faut bombarder, » avait reconnu en mars [2011] le porte parole rebelle Ahmed Khalifa.

Un autre rebelle, du nom de Jurbran, avait dit en detail aux journalistes comment le système fonctionnait: “J’appelais pour une frappe contre un tank après 16h, en faisant connaître sa position à notre quartier général de l’aérodrome de Benina qui transmettait sa position aux Français, » avait-il expliqué. «Ils s’en occupaient très rapidement.»

Les frappes de l’OTAN étaient très efficaces et presque à chaque fois que les forces blindées de Kadhafi faisaient mouvement même pour battre en retraite, elles étaient détruites. Les rebelles ont reconnu sans difficulté que les attaques coordonnées de l’OTAN contre les chars de Kadhafi et d’autres véhicules blindés les avaient mis en mesure de s’emparer de nombre de cilles et agglomérations.

Mais le but affiché par l’OTAN de protéger les civils a été considéré par ses détracteurs comme partial, se concentrant sur la protection de ceux qui étaient avec les rebelles. On saura plus tard que les forces rebelles avaient pourchassé les Libyens noirs considérés comme ayant soutenu Kadhafi ainsi que les travailleurs Africains immigrés.

La BBC avait interviewé un entrepreneur Turc du BTP qui avait dit à cet organe d’informations qu’il avait assisté au massacre de 70 Tchadiens qui travaillaient pour son entreprise.

Il y eu aussi des informations sur le nettoyage ethnique de la vllle de Tawergaha, au sud de Benghazi, ainsi que dans d’autres endroits. Tawergha était peuplée de 30 000 habitants, en majorité des descendants d’esclaves noirs amenés en Libye au 18ème et au 19ème siècles, mais la ville, qui soutenait Kadhafi et a lui a fourni des soldats, a été vidée de sa population. Certains de ses habitants ont été tués, d’autres ont fui.

Des gens de Tawergha qui avaient voulu se mettre en sûreté dans des camps de réfugiés ont été pourchassés par des groupes de rebelles, ont été emmenés et ont disparu, a alerté Amnesty International. Des femmes de la ville ont été violées. « D’autres ont simplement diparu après avoir été arrêtés à des checkpoints ou extraits d’hôpitaux par des révolutionnaires armés, » a rapporté Amnesty.

Le général Charles Bouchard, qui a dirigé l’action militaire de la coalition, n’a pas répondu à une requête de l’Ottawa Citizen pour un entretien.

Mais il a récemment déclaré devant une commission sénatorial de défense avoir mis en garde les forces rebelles contre les violences sur les civils, les informant qu’eux aussi pouvaient être visés par des frappes aériennes de l’OTAN.  Bouchard a aussi dit aux sénateurs que la «situation des gens de Tawergha n’a pas changé » à ce jour.

Mais il a ajouté: “Beaucoup de ces personnes sont d’ex mercenaires qui doivent quitter le pays et rentrer chez eux parce que les garder n’a aucun intérêt. »

Où exactement ces Libyens devraient aller, Bouchard ne l’a pas dit.

Interrogé par l’Ottawa Citizen pour savoir si des frappes aériennes ont été effectuées contre des positions rebelles pour protéger des civils, le général de brigade Derek Joyce, qui a supervisé la force aérienne canadienne combattant en Libye, a répondu : «Pas que je sache.»

Un autre aspect de la guerre de l’OTAN en Libye qui est aussi sujet à controverse tourne autour des allégations qu’elle essayait d’assassiner Kadhafi en le tuant par une frappe aérienne.

Au début, les politiciens Britanniques et Américains ainsi que les généraux affirmaient qu’ils n’avaient pas de mandat renverser le dirigeant Libyen. Le premier ministre Britannique David Cameron avait déclaré au parlement que la résolution de l’ONU ne donnait pas de base juridique à une telle action.

Mais les choses changèrent vite.

Le président US barrack Obama annonçait le 25 mars que “la position des Etats Unis est que Kadhafi doit s’en aller.” Le ministre [canadien] de la défense Peter MacKay avait repris cette position, ajoutant que parmi les buts de la guerre «figureraient le départ ou l’élimination imminente de Kadhafi ».

Les Etats Unis el l’OTAN par la suite s’activèrent avec diligence pour  faire aboutir cette élimination imminente. Les premières attaques du 19 mars avaient rasé une des résidences de Kadhafi mais il avait échappé au bombardement.

Bouchard, qui a pris le commandement des opérations après les premières attaques conduites par les USA, affirme qu’il n’y a jamais eu une seule tentative pour tuer le dirigeant Libyen. Les bombes de l’OTAN étaient larguées seulement sur « les centres de contrôle et de commandement » qui participaient à la direction des forces libyennes, avait-il ajouté.

Mais ce genre de raisonnement permettait beaucoup de souplesse, reconnaissent en privé les officiers de l’armée. Kadhafi, ses fils et des ministres occupant des postes clefs pouvaient eux-mêmes être considérés comme des éléments essentiels de l’appareil de contrôle et de commandement. S’ils se trouvaient dans un édifice quelconque, on pouvait alors prétendre que ce dernier était un centre de commandement et de contrôle et donc une cible potentielle.

Le 30 avril, une frappe aérienne de l’OTAN tuait un fils de Kadhafi âgé de 29 ans , Saif Al-Arab, et trois de ses petits enfants. Kadhafi aurait quitté la résidence seulement quelques heures avant que des missiles touchent la structure [maison en langage militaire, NdT]. L’OTAN avait affirmé que le bâtiment attaqué était un bunker de commandement et de contrôle.

Deux semaines après, des avions de l’OTAN bombardaient un bâtiment réservé à l’hébergement d’invités VIP.  Là encore, il avait été qualifié de centre de contrôle et de commandement.

“Nous décidons d’attaquer ces centres de commandement et de contrôle, » avait expliqué un officier à un journal britannique. « S’il arrive qu’il kadhafi] se trouve dans un de ces bâtiments, tant mieux.»

En juin, des avions de l’OTAN ont bombardé une résidence appartenant à Khoweildi al-Hamidi, un homme de confiance de Kadhafi.  Hamidi, dont la fille était mariée avec un des fils du dirigeant Libyen s’an était sorti sain et sauf. Ses deux petits enfants n’eurent pas autant de chance. Ils se retrouvèrent parmi les 15 personnes tuées.

Quelques jours après cette frappe aérienne, Mike Turner, membre de l’ U.S. House Armed Services Committee avait reconnu que l’amiral US Samuel Locklear, chef du Joint Operations Command de l’OTAN lui avait dit que l’alliance ciblait délibérément le dirigeant libyen pour essayer de le tuer.

A cause des frappes incessantes de l’OTAN, les jours de Kadhafi étaient en fait comptés. Tripoli tomba en août et l’OTAN multiplia ses bombardements sur Beni Walid et Syrte, la ville natale de Kadhafi.

L’aviation de l’OTAN a complètement rasé la ville de Syrte, naguère prospère. Les forces rebelles bombardaient aussi la ville avec de l’artillerie et des roquettes, suscitant des critiques pour les bombardements indiscriminés. Mais les membres des forces rebelles éprouvaient peu de sympathie pour les civils de Syrte qu’ils voyaient comme des partisans de Kadhafi.

Syrte ne tarda pas à avoir l’allure des villes bombardées pendant la seconde guerre mondiale.

Le général de brigade Joyce a expliqué à l’Ottawa Citizen que les attaques aériennes sur Syrte et Beni Walid étaient nécessaires parce que les tireurs embusqués de Kadhafi se cachaient dans les décombres pour tirer sur les civils.

Début octobre, Kadhafi, 69 ans, était pris au piège dans Syrte, se déplaçant de maison en maison avec une force d’environ 150 hommes.

Il n’avait pas réalisé le fait qu’il avait perdu le pouvoir. Kadhafi croyait encore que les libyens se soulèveraient contre les rebelles et les forces de l’OTAN.

Le 18 octobre, la Secrétaire d’Etat US Hillary Clinton déclarait que la localisation du leader Libyen était inconnue. Mais les avions américains et d’autres appareils de surveillance de l’OTAN effectuaient des missions à travers tout le pays, cherchant à capter des bribes e conversations par téléphone mobile ou satellite susceptibles d’indiquer où se cachait Kadhafi.

Clinton avait été étrangement prédictive quand elle avait déclaré à des étudiants de l’université de Tripoli: “nous espérons qu’il pourra être bientôt capturé ou tué.» Deux jours après, son vœu s’était réalisé.

Le matin du 20 octobre, un avion de l’OTAN repérait un convoi de véhicules se déplaçant à grande vitesse et tentant de percer le siège de Syrte par les rebelles.

Un avion de l’OTAN ouvrit le feu sur plusieurs véhicules tandis qu’un drone US Predator tirait un missile Hellfire. Des dizaines de partisans de Kadhafi qui se trouvaient dans le convoi périrent instantanément.

Selon le colonel Canadien Roland Lavoie, porte parole de l’OTAN, le convoi en fuite avait été attaqué parce qu’il “conduisait des opérations militaires et présentait une menace évidente pour les civils.”

Bouchard affirmera par la suite que l’alliance ignorait si Kadhafi se trouvait dans un des véhicules.

Mais des articles de la presse britannique indiquent que la coalition savait en réalité que le dirigeant Libyen se trouvait dans le convoi suite à l’interception par un avion de surveillance d’une de ses communications téléphoniques satellitaires.

Kadhafi qui avait survécu aux attaques fut rapidement capture par els forces rebelles. Ces combattants diront plus tard qu’il semblait hagard et avait demandé, « Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que j’ai fait ? »

Des vidéos de sa capture montrent un dirigeant Libyen au visage ensanglanté qui se fait bousculer par des rebelles. Une autre vidéo montre un des rebelles en train de le sodomiser avec une baïonnette.

Peu de temps après, le colonel était mort.

Le nouveau premier ministre Libyen, Mahmoud Jibril, dira que Kadhafi avait été “pris entre deux feux » lors de son transfert à l’hôpital. Il avait reçu une balle dans la tête et dans la poitrine.

Certains considèrent cependant que sa mort n’était rien d’autre qu’une exécution. William Hague, le chef de la diplomatie britannique, a reconnu que les photos et les vidéos donnaient à penser que Kadhafi avait été assassiné.

Pourtant, les dirigeants politiques et les officiers occidentaux s’étaient réjouis.

Le ministre Canadien des affaires étrangères John Baird avait balyé d’un revers de main les préoccupations sur une exécution de Kadhafi.

L’officier en chef de la défense britannique, le général Sir David Richards avait affirmé que la mort de l’homme fort de la Libye avait mis un point final à « une des opérations de l’OTAN les plus réussies de ses 62 ans d’histoire.» Kadhafi, avait souligné Richards, avait été une « menace latente pour le Royaume Uni et nos concitoyens, » observant qu’il était responsable d’avoir armée l’IRA et la mort de centaines de personnes dans des attentats terroristes.

Richards n’a portant pas expliqué pourquoi, si Kadhafi avait été une telle menace, l’armée britannique lui avait envoyé ses forces spéciales pour former les commandos libyens en 2009.

Le premier ministre Canadien Stephen Harper avait observe que l’exécution vraisemblable n’était ps une surprise compte tenu du fait que la Libye était en train de “sortir de 42 ans de dictature psychotique avec des assassinats et des emprisonnements à échelle massive.”

Mais Harper n’est pas allé jusqu’à expliquer pourquoi sont gouvernement avait cherché, en 2009, des relations économiques plus étroites avec le même homme  qu’il taxe aujourd’hui de dictateur psychotique.

L’OTAN et les rebelles ont réussi à tuer Kadhafi et deux de ses fils. Un autre de ses fils, Seif el-Islam est actuellement détenu et doit être jugé pat le nouveau gouvernement libyen. Le reste de la famille Kadhafi a fui vers l’exil.

Le job de l’OTAN a été accompli. «Qu’il n’y ait aucun doute sue le fait que l’intervention en Libye était juste et légale, » dira plus tard Bouchard.

DEMAIN: Une victoire, mais à quel prix? Au moment où le gouvernement canadien fêtait le renversement de Kadhafi, les pays de la région en subissaient les retombées.

L’histoire non dite de la « rébellion  » libyenne

18 février 2012

Un intéressant article qui revient sur la prétendue «révolution» libyenne ». On apprend d’ailleurs qu’un des objectifs des prétendus révolutionnaires était justement d’éliminer ceux qu’ils désignaient comme révolutionnaires. Non, non ils n’avaient pas d’idées suicidaires mais selon leurs propres termes, les révolutionnaires étaient les membres des structures politiques du régime de Mouammar Kadhafi.

Volià pour le qualificatif de révolutionnaire.

L’auteur arrive en fin de compte à des conclusions voisines de celles que formule Thierry Meyssan, c’est-à-dire que les gouvernements occidentaux se sont alliés de facto et en toute connaissance de cause avec des «djihadistes» du genre Oussama ben Laden qu’ils prétendaient combattre. La différence étant que la National Review et John Rosenthal sont des conservateurs Américains, c’est-à-dire qu’ils se situent dans la ligne classique du parti Républicain. Le plus grand des paradoxes étant que des « djihadistes » ont été portés au pouvoir avec l’aide en matière de relations publiques d’un de ces mêmes «intellectuels» qui dénonce le fascisme vert.

Je dirai que cet article nous en dit surtout un peu plus sur le moment où a commencé à se nouer cette alliance, soit la période où bon nombre de chefs de cette nébuleuse sont tombées entre les mais des services secrets occidentaux qui ont compris qu’il était possible de travailler avec eux dans l’intérêt commun.

Le complot islamiste: l’histoire non dite de la rébellion libyenne

Par John Rosenthal, National Review (USA) 17 février 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

C’est aujourd’hui l’anniversaire official de la “révolution du 17 février,” la rébellion libyenne contre le pouvoir de Mouammar Kadhafi qui – avec une aide massive d el’OTAN- a fini par aboutir à la chute du régime et à la mort de Kadhafi. Même si la rébellion a été d’emblée présentée par les media occidentaux comme un « mouvement de contestation », il ressort clairement des preuves filmées comme des témoignages de première main que les « manifestations » ont été extrêmement violentes dès le début. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir des colonnes de « manifestants » armés – comme certains media les ont qualifiés de manière incongrue – se mettre en marche en direction de Tripoli.

Dans pratiquement chaque ville où des troubles ont éclaté, des postes de police et d’autres édifices et installations publics ont été attaqués et incendiés. De telles attaques avaient été signalées à Benghazi, Derna, Tobrouk, el Beïda et Zawiyah entre autres. A Derna, selon le témoignage d’Amer Saad, un « militant » pro-rébellion, les forces fidèles à Kadhafi avaient été enfermées dans des cellules d’un poste de police local et le bâtiment avait été incendié.

La violence des “manifestations” n’est guère surprenante compte tenu de ce que nous savons maintenant du rôle du Groupe Islamique Libyen de Combat (GILC) lié à al Qaïda dans la rébellion. Au moins trois militants liés à al Qaïda qui avaient à un moment ou à un autre été détenus par les Etats Unis ont joué un rôle de premier plan dans le soulèvement contre Kadhafi. Après la chute de Tripoli, l’un d’entre eux, le chef historique du GILC, Abdelhakim Belhadj deviendra gouverneur militaire de la capitale libyenne (dans la presse occidentale, Belhadj est souvent confondu avec Abdelhakim al-Hasadi qui est un autre militant lié à al Qaïda qui a joué un rôle très important dans les premières phases de la rébellion en Libye orientale).

En outre, des faits peu connus mentionnés dans un dossier judiciaire britannique indiquent qu’il n’y a rien eu de spontané dans la violence. Vers le milieu de la dernière décennie, le GILC avait en fait élaboré un plan pour déstabiliser le régime de Kadhafi au moyen des mêmes nombreuses tactiques qui seront employées dès le début de la rébellion en février 2011. Le plan avait été découvert dans un CD saisi par la police britannique au cours d’une perquisition effectuée en février 2005 au domicile d’un réfugié politique Libyen à Birmingham.  Dans une décision de justice de 2009, l’individu est simplement identifié par les initiales « AV ». (voir Secretary of State for the Home Department contre AV,  30 avril 2009.)

Les attendus de la décision observant que AV était un membre du conseil de la chouhra [consultation] du GILC et que son nom avait été ajouté le 7 février 2006 à la liste de l’ONU des personnes et entités liées à al Qaïda.

Ces indications ainsi que d’autres précisions biographiques désignent clairement « AV » comme étant en réalité Abderrahmane al-Faqih. Selon la décision judiciaire britannique et d’après les informations recueillies par le Conseil de Sécurité de l’ONU, al-Faqih/ « AV » avait été condamné par contumace par un tribunal marocain pour complicité dans l’attentat suicide de Casablanca en mai 2003 qui avait coûté la vie à plus de 30 civils et blessé beaucoup d’autres.

Qui plus est, le résumé des motifs de l’ONU pour l’inclusion d’al-Faqih dans la liste des sanctions contre al Qaïda note qu’il est «considéré comme étant relié au réseau terroriste en Irak qui était dirigé par Abou Moussab al-Zarkawi. » Les documents judiciaires britanniques montrent qu’al-Faqih avait implicitement admis ses liens avex al-Zarkawi et al Qaïda en Irak en affirmant avoir envoyé un message aux ravisseurs de Kenneth Bigley afin de les convaincre d’épargner la vie de Bigley (voir le § 17 de la décisien mise en lien ci-dessus). Bigley, un ingénieur Britannique, avait été décapité par l’organisation d’Abou Moussab al-Zarkawi en octobre 2004.

L’auteur du plan découvert dans le CD d’al-Faqih était le chef idéologique du GILC Abou al-Munthir, alias Sami al-Saadi. Comme le cher du CILC Belhadj, al-Munthir/al-Saadi avait été transféré dans une prison libyenne en 2004 après avoir été détenu par les services secrets américains en Asie du Sud-Est. Un certain Abou Munthir est incidemment cité dans les documents judiciaires britanniques comme étant un agent d’al Qaïda qui encourageait les jeunes Musulmans de Grande Bretagne à commettre des actes terroristes dans ce pays après l’invasion de l’Afghanistan. Des communications entre le gouvernement libyen et les services secrets occidentaux découvertes après la chute de Tripoli donnent à comprendre que l’Abou Mounthir en question n’était autre qu’al-Saadi (ces documents sont reproduits ici).

Entre autres documents trouvés sur le CD d’al-Faqih, se trouvait un manuel pour fabriquer des bombes et ce que le juge britannique Colin Mackay a décrit comme un «sinistre matériel anti-occidental.»

Selon la décision de justice de 2009, le plan du GILC:

Inclut un appel aux moudjahidin à s’entraîner au maniement des armes et à la préparation d’explosifs et à infliger des destructions et des dégâts aux « sièges des comités révolutionnaires, les locaux des services de renseignements et les lieux où se trouvent les révolutionnaires et les corrupteurs.»

Les références aux “révolutionnaires” et aux “comités révolutionnaires” concernent ce que Mouammar Kadhafi appelait la révolution Fateh. Les « comités révolutionnaires » étaient une composante permanente de la société libyenne du temps de Kadhafi : une forme d’institutionnalisation de la révolution Fateh.

Le plan du GILC appelait en outré à une “opération martyr” contre une cible importante comme le tyran Kadhafi, d’autres membres importants de la tyrannie ou des locaux des services de renseignements.” Il se trouve qu’un attentat suicide contre une caserne de l’armée à Benghazi le 20 février avait été signalée comme ayant joué un rôle essentiel dans le succès de la rébellion – l’auteur de l’attentat aurait rempli une voiture d’explosifs et fait exploser l’entré de la caserne.

Le simple fait que les rebelles se servent de la méthode caractéristique d’al Qaïda est en lui-même une preuve de la nature djihadiste de la rébellion. Des « opérations martyr » très semblables evec des véhicules bourrés d’explosifs ont été exécutées contre des installations militaires américaines en Afghanistan. Le fait que l’auteur présumé de l’attentat de Benghazi ait été salué comme un héros par la presse occidentale (voir ici ou ici par exemple) représente seulement un des aspects par lequel le conflit libyen a abouti à ce qu’on peut décrire comme une «banalisation» du djihad.

Il convient d’observer que sur la base de la possession par lui du plan du GILC, al-Faqih/ »AV » avait été déclaré coupable par un tribunal britannique pour recel d’un document visant à favoriser l’exécution ou la préparation d’actes terroristes en violation du Terrorism Act britannique de 2000. Une décision de 2007 confirmant la condamnation observe sans détour :

La législation ne donne pas d’exemption, ne fait pas d’exception, n’offre pas de défense, ni ne disculpe ce qu’on voudrait présenter comme du terrorisme pour une cause juste. Une telle notion est étrangère à la loi. Le terrorisme est le terrorisme quels que soient les motivations des auteurs.

Les forces britanniques se sont pourtant conjuguées aux forces françaises, américaines et d’autres puissances de l’OTAN pour intervenir en Libye en soutien d’une rébellion dont les méthodes avaient été reconnues comme étant de nature terroriste par le justice britannique.

En ce moment, il est courant chez les observateurs occidentaux de déplorer le fait que le « printemps arabe » a été suivi d’un « hiver islamiste ». Mais quand on le replace dans un ensemble, avec toutes les autres preuves des racines islamistes de la rébellion libyenne, le plan du GILC laisse peu de place au doute : indépendamment ce qui s’est passé dans le reste du monde arabe, le soulèvement en Libye était la réalisation non d’aspirations démocratiques, mais des vieilles ambitions d’extrémistes islamistes. C’est un « printemps islamiste » qui a ouvert la voie de l’actuel « hiver islamiste. »

— John Rosenthal traite de politique européenne et de questions de sécurité transatlantiques. Vous pouvez suivre son travail sur http://www.trans-int.com/ou sur Facebook.

Les charniers introuvables de Tripoli

7 octobre 2011

Les guerres injustes (si tant est qu’il en existe de justes) ont le plus souvent besoin de mensonges pour se justifier auprès de l’opinion publique ou même des criminels de guerre eux-mêmes qui ne supportent pas de mettre en cause la haute idée qu’ils se font d’eux-mêmes.

Le conflit libyen ne déroge pas à cette règle et les criminels de guerre de l’OTAN et leurs comparses « révolutionnaires » (!!!!) en Libye ne sont doc pas avares de mensonges, comme celui de ces deux charniers totalisant 900 corps de « victimes » du gouvernement de Mouammar Kadhafi.

Parce que vous l’avez lu comme moi, les forces du Conseil National de Transition ont annoncé la découverte de deux nouveaux charniers aux environs de Tripoli.

Curieux d’ailleurs de parler de « nouveaux » charniers puisque, compte tenu des fausses informations précédentes, ce serait en fait les premiers.

Le journal Libération indique que selon le CNT, 200 corps ont été découverts dans un charnier et 700 dans l’autre, soit 900 cadavres en tout comme l’écrit en titre la Tribune de Genève.

Le Parisien Libéré et Jeune Afrique (le devoir d’informer, je crois que c’est la devise de ce magazine africain) nous proposent même une photo, la même pour les deux organes de presse, de corps extraits d’un de ces charniers:

Ce seraient donc les premiers charniers si seulement ils avaient plus de réalité que les pseudo charniers précédents.

Les journalistes rendus sur place n’ont pas vu de charnier ainsi que le rapporte le Miami Herald qui, dans la foulée, met en doute la plupart des déclarations des autorités « rebelles » sur n’importe quel sujet:

Des officiels de la sécurité à Tripoli ont distribué des masques hygiéniques  et ramené un expert en médecine légale mercredi pour emmener en bus les journalistes sur les lieux présumés des sépultures à Tripoli. Le site consistait en longues fosses d’un cimetière normal. Les tranchées étaient vides, sans corps visible et sans signe que des cadavres se soient trouvés ici à un moment ou à un autre. 
Les officiels ont expliqué que les habitants avaient réenseveli les corps dans d’autres parcelles du cimetière à cause de la puanteur; ils nous ont montré des photos macabres de cadavres en décomposition qui, nous ont-ils dit, avaient été prises par des Libyens de ce secteur qui voulaient garder une trace de ce qui se trouvait sur place. Cest pourtant un mensonge. Au moins une des photos a été faite par un photographe du New York Times, et sur un site complètement différent.

La vérité est que si on trouve des charniers, ils seront certainement pleins de civils massacrés par les prétendus rebelles ou de soldats ou de civils Llibyens tués par les bombardements humanitaires de l’OTAN.

Libye: la ville de Tawergha enfin libérée de ses habitants par les « rebelles » de Sarkozy

11 septembre 2011

Il y a un mot de la langue française qui est fichtrement mal employé depuis quelques temps, c’’est le mot « révolutionnaire » appliqué aux prétendus rebelles qui sont entrés dans la capitale libyenne sous les auspices de l’OTAN et qui assiègent en ce moment certaines villes irrédentistes comme Beni Walid ou Syrte. Villes que l’OTAN bombarde d’ailleurs copieusement car les fameux « rebelles » n’ont jamais emporté le moindre succès militaire sans que l’OTAN mette sérieusement la main à la pâte.

Et force est de dire que plus on en apprend sur ces révolutionnaires, plus on les trouve abjects. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on voit qui les soutient : les militants tiers-mondistes «Fidel» Sarkozy et  «Che» Cameron, les princes « rouges » du Qatar et d’Arabie Saoudite, sans oublier  le grand émancipateur, « Nelson Botula » Henri-Lévy.

L’article que je vous propose s’inscrit dans le sillage d’autres  informations qui émergent sur la mentalité des cinglés que l’OTAN a chargé d’apporter la démocratie en Libye.

Vous me direz que c’est une preuve de la liberté d’informer. Certes, il est difficile dans un monde « globalisé » comme on dit de tout mettre sous le boisseau et les journalistes n’ont pas forcément tous perdu leur professionnalisme.

Mais pour que des informations comme celles-ci puissent paraître, il faut le plus souvent respecter certaines conditions : la première est qu’il faut donner la raison des agissements des criminels, en faisant éventuellement comprendre que ce n’est pas une bonne raison, mais  sans souligner ce fait que ce n’est pas une bonne raison. Un lecteur peu attentif retiendra qu’il y a une rationalité compréhensible dans la démarche des « rebelles ».

La deuxième condition est de charger l’autre camp de crimes encore plus abjects ; des crimes dont on attend bien entendu les preuves.

Et puis admirez le procédé : une ville qui était comme toute autre ville la ville de ses habitants est devenue par la magie d’un titre « la ville de Kadhafi. » Après tout, si c’était la ville de Kadhafi, tout est donc permis…

Personnellement, je ne peux que souhaiter la défaite de ces prétendus rebelles. De la même manière, je ne peux que souhaiter la comparution devant un tribunal des dirigeants politiques qui leur ont permis de commettre leurs exactions et dont les armes, avions, navires de guerre, ont semé mort et destruction en Libye.

Un de ces dirigeants vient de commémorer en son palais présidentiel les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Il n’a vraiment honte de rien, lui dont les armes ont tué et continuent à tuer  bien plus de personnes en Libye.

D’ailleurs, vous ne trouverez rien dans la presse française sur ce crime de guerre commis à Tawergha.

La ville fantôme de Kadhafi après le retrait des loyalistes

Andrew Gilligan visite les lieux  qui semblent être ceux des premières grandes représailles contre les partisans du régime de Kadhafi

Par Andreew Gilligan à Tawergha, The Telegraph (UK) 11 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Jusqu’au  mois dernier, la ville de Tawergha abritait 10 000 civils.

Mais à l’heure du crépuscule la semaine dernière, les immeubles d’habitation s’étirent noirs et morts, au loin, et les seuls êtres à se mouvoir sont des moutons.

Ce secteur pro Kadhafi a été vide de sa population, vandalisé et partiellement incendié par les forces rebelles. Le Sunday Telegraph a été le premier à visiter les lieux de ce qui semble avoir été les premières représailles majeures contre des partisans de l’ancien régime.

“Nous leur avions donné trente jours pour partir,” explique Abdul el-Mutalib Fatateth, l’officier qui commande la garnison rebelle à Tawergha, tandis que ses soldats jouent au baby-foot devant un immeuble d’habitation vide. « Nous avions dit que s’ils ne partaient pas, ils seraient pris par la force et emprisonnés. Tous sans exception sont partis et nous ne leur permettrons jamais de revenir. »

Les habitants de Tawergha et leurs voisins de Misurata, à une trentaine de kilometers plus loin, étaient dans des camps opposes pendant la révolution libyenne. Tandis que les habitants de Misurata assiégée luttaient courageusement pour sauver leur ville des forces e Kadhafi qui l’encerclaient, certains des obus d’artillerie qui leur tombaient dessus venaient de Tawergha.

“Nous leur avions demandé de ne pas nous combattre, parce qu’ils sont nos frères mais ils avaient continué à le faire, » affirme M. Fatateth. Mais il semble reconnaître que les habitants de la ville avaient été pris entre deux feux puisqu’il explique que « Kadhafi prenait les gens de Tawergha et s’en servait comme boucliers humains quand ses troupes approchaient de Misurata. »

Les rebelles disent que des civils volontaires de Tawergha étaient avec les soldats de Kadhafi quand ils ont pillé des dizaines de maisons à Misurata en mars. Il y a aussi des allégations, impossibles à vérifier, de viols et d’autres exactions commis par des gens de Tawergha.

Quelle que soit la vérité, il n’y aura sans doute guère de place pour la réconciliation dans ce coin de la nouvelle Libye. Pour la première fois dans [la couverture médiatique de] la révolution libyenne, nous avons pu voir un grand nombre de maisons et pratiquement chaque boutique, systématiquement saccagés, pillés ou incendiés.

Même l’hôpital local a été saccagé. Les lits ont été tirés hors des chambres et lacérés. Les vitres des fenêtres et des portes ont été cassées. Les médicaments, les ordonnanciers et les feuilles d’imprimante ont été éparpillés dans les couloirs, et les médecins et les infirmières ont disparu avec tous les autres.

A l’extérieur, il faut faire attention à ne pas marcher sur une des mines anti-personnel qui jonchent le trottoir.

L’explication de tout ça se trouve dans les drapeaux verts de Kadhafi qui flottent encore devant de nombreux  appartements. Il est hors de doute que cette ville était un soutien du régime. Mais ce soutien semble s’être exprimé à différents niveaux.

Certaines des maisons ont apparemment servi à combattre, et ont des impacts de balles sur les murs. Par contre, la majorité des propriétés pillées ou vandalisées n’en avaient aucun.

M. Fatateth assure que certaines avaient été investies par des miliciens pro Kadhafi après la fuite des civils et que deux jours de bataille avaient suivi avec les forces rebelles les 10 et 11 août.

Et comme souvent en Libye, il y a aussi un soubassement raciste. Beaucoup d’habitants de Tawergha, quoique n’étant pas des immigrés ni de ces mercenaires Africains de Kadhafi dont on parle tant, sont des descendants d’esclaves, et ont la peau plus foncée que beaucoup de Libyens.

Au bord de la route qui mène à Tawergha, la brigade de Misurata a peint un slogan qui dit  » la brigade de nettoyage des esclaves [et] des peaux noires ».

“Nous avons rencontré des habitants de Tawergha en détention, emmenés de chez eux simplement pour être de Tawergha, » explique Diana Eltahawy, une enquêtrice d’Amnesty International qui se trouve actuellement en Libye. « Ils nous ont dit avoir été forcés de s’agenouiller et avoir été frappé avec des bâtons. »

Même la fuite n’est, semble-t-il, pas suffisante pour se sauver. Des gens de Tawergha ont été arrêtés à des barrages routiers, pris dans des hôpitaux ou arrêtés dans la rue. « Ils ont vraiment peur. Ils n’ont nulle part où aller, » déclare Mme Eltahawy.

Amnesty dit avoir vu le 29 août un patient originaire de Tawergha emmené de l’hôpital central de Tripoli par trois hommes, dont un armé, pour « interrogatoire à Misurata ». Amnnesty a aussi appris qu’au moins deux personnes originaires de Tawergha avaient disparu après avoir été emmenés d’hôpitaux de Tripoli pour interrogatoire. Un contrôleur aérien de 45 ans et son oncle ont été arrêtés par des rebelles armés alors qu’ils faisaient des courses dans le quartier Firnaj de Tripoli le 28 août.

Ils avaient été emmenés dans les quartiers du Conseil Militaire à l’aéroport de Mitiga, tout près de la capitale à l’est.. Ces hommes ont déclaré à Amnesty avoir été frappés à coups de crosse de fusil et reçu des menaces de mort. Tous deux ont été détenus plusieurs jours à Mitiga et sont toujours prisonniers à Tripoli.

Beaucoup d’habitants de Tawergha se terrent maintenant dans des campements de fortune près de Tripoli. Mais même là-bas, ils ne sont pas en sûreté. Dans un camp, un groupe d’hommes armés a fait irruption et a arrêté une dizaine d’habitants de Tawergha. Leur sort reste inconnu. Une autre femme du camp dit que son mari a quitté le camp pour aller faire une course au centre de la capitale il y a une semaine. Elle ne l’a pas revu depuis.

“Si nous retournons à Tawergha, nous serons à la merci de la brigade de Misurata,” explique un des réfugiés qui refuse qu’on donne son nom. « Quand ils sont entrés dans notre ville à mi-Ramadan [mi-août] et l’ont bombardée, nous nous sommes enfuis avec seulement nos vêtements sur le dos. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de nos maisons et nos biens. Je suis maintenant ici dans ce camp, mon fils est malade et j’ai trop peur pour aller à l’hôpital en ville. Je ne sais pas ce qui va nous arriver maintenant. »

Les exactions des rebelles ne sont rien en comparaison de celles du régime. Les gens qui ont vu les squelettes calcinés de prisonniers, massacrés à la mitrailleuse pendant la retraite de la brigade Khamis de Kadhafi ou qui ont assisté aux bombardements indiscriminés sur Misurata n’oublieront pas ces scènes de si tôt.

Mais les vieilles habitudes répressives des Libyens pourraient bien se réveiller spontanément..

Et ce n’est pas la première fois que des civils pro Kadhafi ont souffert de représailles. En juillet, alors que les rebelles quadrillaient les montagnes du Nefousa, le village de Gawalish a subi un sort tout à fait similaire. Beaucoup de ses habitants, des retraités et de jeunes enfants ne pouvaient tout simplement pas avoir participé à une quelconque action militaire pour le régime.

Dans la ville fantôme de Tawergha, on éprouve peu de sympathie pour la situation critique des victimes.

Selon M. Fatateth, “Le conseil militaire va decider de ce qui se passera pour les habitations. Mais les habitants de Tawergha devront passer sur nos cadavres pour revenir. »

Ibrahim al-Halbous,, un aute chef rebelle local, le dit encore plus simplement.

«Tawergha n’existe plus,» dit-il.

200 Nigérians détenus au secret par les « rebelles » en Libye

7 septembre 2011

Le Nigeria a reconnu le nouveau pouvoir libyen, incarné par le CNT, c’est-à-dire les « rebelles » pour lesquels la France, le Royaume Uni, les Etats Unis et quelques autres puissances de l’axe du bien ont déroulé un tapis rouge. Rouge de sang libyen, mais pas seulement puisque les pseudo-rebelles ont comme une tendance à s’acharner sur les personnes à la peau très foncée qui sont tantôt des ressortissants libyens, tantôt des travailleurs migrants.

Pour l’instant, le Nigeria n’est cependant guère payé de retour, car si de nombreux immigrés Nigérians avaient senti le vent tourner et quitté précipitamment le pays, d’autres sont restés piégés et tombent un à un dans les filets des prétendus rebelles.

200 d’entre eux sont actuellement retenus dans les geôles du CNT  [ils font donc partie de ceux qui n’ont pas été tués] et 25 d’entre eux viennent tout juste d’être faits prisonniers en dépit des assurances données aux autorités d’Abuja par les dirigeants rebelles, que ces « rebelles » s’appellent Mustapha Abdeljalil, David Cameron ou encore Nicolas Sarkozy.

Ces personnes d’origines diverses sont réputées, d’après le CNT et sur la seule base de leur teint de peau, être des mercenaires à la solde de M. Kadhafi. Ce que les membres du CNT devraient pourtant savoir, c’est qu’en cas de défaire imminente, les mercenaires sont presque toujours les premiers à s’enfuir puisqu’ils ne combattent que pour l’argent.

Les mercenaires occidentaux ne se sont pour leur part rangés aux côtés du CNT que parce que le risque que leur aviation ou leur marine subissent des pertes était absolument infime, compte tenu de la disproportion des forces en présence.

La chasse aux immigrés d’origine subsaharienne se poursuit donc en Libye. Et si le gouvernement nigérian a reconnu le pouvoir du CNT, ce ne sont pas les voix qui manquent dans ce pays pour s’élever contre cette reconnaissance.

Et ce n’est qu’un indice de plus de la prise de conscience dont l’Afrique est le lieu je vais essayer de vous proposer un autre article pour illustrer ce point] et qui laisse supposer que la victoire militaire de l’OTAN aura des conséquences très importantes en Afrique mais pas forcément celles que les maléfiques forces du bien imaginent(lisez donc les commentaires des lecteurs sur la page originale de l’article de The Nation pour vous faire une idée.

 

200 Nigérians retenus en otages par les rebelles Libyens

Par  Yusuf Alli, Abuja, The Nation (Nigeria) 7 septembre 2011traduit de l’anglais par Djazaïri

La chasse aux Nigérians en Libye s’est poursuivie hier, avec l’arrestation de 25 personnes par le Conseil National de Transition  (CNT) des rebelles qui ont mis fin au pourvoir du colonel Kadhafi qui l’exerçait depuis 42 ans.

Le nombre de Nigérians détenus s’élève donc maintenant à plus de 200, a appris The Nation. On craint que les Nigérians détenus soient tués par les rebelles si le gouvernement fédéral [du Nigeria] n’agit pas à temps.

Un porte parole des Nigérians pris au piège à Tripoli, M. Daramola Sili qui a parlé au téléphone avec notre correspondant, a déclaré : « Environ 25 Nigérians ont été arrêtés aujourd’hui à Tripoli et ils sont détenus dans le quartier Salahdin de la capitale. Nous n’avons accès à aucun d’entre eux.

“Pour l’instant, nous avons plus de 200 Nigérians détenus dans diverses regions de la Libye. Nous ignorons leur sort. Nous prions pour qu’ils ne soient pas tués comme d’autres travailleurs émigrés noirs.

 «Le modus operandi habituel est que les rebelles mettent en place des barrages routiers et chaque fois que des noirs sont aperçus dans un autobus, ils les arrêtent immédiatement et ils les jettent dans des cellules dans différents quartiers de la ville.»

Interrogé sur la façon dont les Nigérians sont tombés entre les mains des rebelles, Siji explique: “S’étant retrouvé à court de nourriture, ils ont décidé de se risqué hors de leurs domiciles pour chercher quelque chose à acheter, et c’est ainsi que la plupart d’entre eux ont été arrêtés.

«Je voudrais lancer un appel au gouvernement fédéral pour qu’il agisse. Nous n’avons pas pu joindre le ministère des affaires étrangères. L’ambassadeur Olugbenga Ashiru a été sensible à notre situation et a ouvert des pourparlers avec les chefs du Conseil national de Transition.

“Bien que le ministère ait désigné notre ambassadeur en Ethiopie pour prendre en charge la situation en Libye, ce dernier est resté injoignable. »

Répondant à une question, Siji explique: «Les rebelles ont pensé que les migrants noirs étaient des mercenaires utilisés par Mouammar Kadhafi pour les combattre, et c’est pourquoi commettent des assassinats en représailles..

“Mais nous avons fait comprendre au CNT que les mercenaires de kadhafi étaient surtout des Tchadiens et des Nigériens. Aucun Nigérian n’a combattu dans le camp de Kadhafi.

Une source de haut niveau du ministère des affaires étrangères qui s’est exprimée en toute confiance, a déclaré : « Le ministre est à l’étranger, en Suède pour une réunion avec les ministres scandinaves. Mais il suit de très près la situation, même depuis l’étranger. »

“Nous avons reçu des assurances du CNT, de la Grande Bretagne et de la France que les migrants noirs ne seraient plus agressés.


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