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Sur la Syrie, l’opinion publique américaine préfère Vladimir Poutine à Hillary Clinton et Barack Obama

3 novembre 2016

On a ici un sondeur déçu par le résultat d’une enquête réalisée par son institut. En effet, alors même que le souhait profond de cet universitaire est que l’opinion publique américaine mette dans un même sac le président syrien Bachar al-Assad et Daesh, il se trouve la dite opinion publique, même exposée aux arguments classiques de l’impérialisme, préfèrent placer en tête de ses priorités la défaite de Daesh.

Et pire encore, cette opinion publique américaine aimerait que son gouvernement se rapproche de celui de la Russie pour une lutte plus efficace.

Le sondage est fait par un institut universitaire, ce qui a sans doute empêché l’auteur de ce papier d’en manipuler les résultats.

Les Américains détestent plus l’Etat Islamique que Poutine ou Assad. Voici comment sont structurées leurs préférences politiques

par Shibley Telhami, The Washington Post (USA) 1er novembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Même si l’élection présidentielle aux Etats Unis n’a guère porté sur de réelles questions politiques, le conflit en Syrie et la lutte contre l’Etat Islamique ont figuré parmi les problèmes politiques sensibles souvent débattus pendant l’année écoulée par Donald Trump et Hillary Clinton. Si tous deux ont souligné la menace que représente l’Etat Islamique, ils ont divergé sur la manière concrète de lui faire face.

Une nouvelle enquête d’opinion sur les questions sensibles [critical issues] de l’Université du Maryland – conduite par Nielsen Scarborough auprès d’un échantillon représentatif au niveau national de 1528 électeurs inscrits avec une marge d’erreur de 2,5 % – apporte un éclairage nouveau sur la façon dont l’opinion publique américaine se positionne sur ces questions. Il s’avère que les Américains souhaitent mettre de côté les divergences avec la Russie pour unir les efforts contre l’Etat Islamique (ISIS dans l’enquête). Ce qui ne signifie pas que les Américains ont confiance en la Russie ou qu’ils aiment son président, Vladimir Poutine. En fait, les Américains n’aiment pas Poutine: les Démocrates l’identifient dans une réponse à une question ouverte comme étant la personne la plus détestée parmi les responsables politiques qu’ils soient américains ou étrangers tandis que les Républicains le considèrent comme la quatrième personnalité la plus détestée, tout près de Kim Jong Un mais loin derrière leurs cibles intérieures que sont le Président Obama et Mme Clinton.

Nommez SVP un dirigeant national ou étranger que vous détestez (répondants démocrates en bleu, républicains en rouge)

En dépit de l’expression de cette animosité à l’égard de Poutine, l’opinion américaine est encline à mettre de côté les différences avec la Russie pour affronter l’Etat Islamique, malgré même le fait que Moscou travaille aussi avec les opposants aux Etats Unis que sont le régime syrien du président Bachar al-Assad, le Hezbollah et l’Iran. Et alors que les Américains continuent à exprimer des réserves quant à une extension de l’engagement militaire US en Syrie, l’électorat de Trump exprime des vues beaucoup plus bellicistes non seulement par rapport à l’électorat de Clinton mais aussi par rapport aux déclarations de Trump.

Commençons par les attitudes à l’égard des relations avec la Russie sur la Syrie. Les Américains, quelles que soient leurs tendances partisanes sont d’accord sur une question : le degré auquel ils voudraient voir une plus grande coopération russo-américaine. Pour deux tiers des personnes interrogées, le niveau actuel de coopération est plus faible que celui qu’elles souhaiteraient, c’est le cas de 72 % des républicains et de 65 % des démocrates.

Dans l’ensemble, comment décririez vous le niveau actuel de la coopération russo-américaine dans le conflit syrien (les barres tout en bas correspondent à ceux qui la jugent insuffisante)

Après avoir rappelé aux personnes interrogées le fait que les Etats Unis et la Russie soutiennent des camps opposés dans le conflit syrien même si les deux pays veulent vaincre l’Etat islamique, nous avons demandé aux personnes quelle était la meilleure façon de vaincre l’Etat Islamique. Quelque 60 % – dont 2/3 des républicains et une majorité des Démocrates – ont indiqué préférer que soient mises de côté les divergences avec la Russie pour se concentrer sur la lutte contre l’Etat Islamique.

Quelle est selon vous la meilleure façon pour l’Amérique de combattre Daesh?

A l’évidence, un des facteurs qui sous-tend ces attitudes est le fait que l’opinion a identifié depuis des mois, dès novembre 2014,l’Etat Islamique comme étant la principale menace pour les intérêts américains. En fait, dans la présente enquête, la lutte contre l’Etat Islamique supplante même l’immigration et le déficit commercial comme priorité pour l’opinion américaine. Quand on leur a demandé de choisir leurs plus grandes priorités parmi un certain nombre de problèmes qui comprenaient la montée en puissance de la Chine et l’affirmation russe, la lutte contre l’Etat Islamique est arrivée en tête avec 53 % des répondants l’identifiant comme une de leurs deux plus grandes priorités.

Parmi les problèmes suivants, lesquels devraient être les plus grandes priorités des Etats Unis?

Cet accent mis par l’opinion publique sur la menace de l’Etat Islamique prime sur toutes les autres préoccupations, même celles qui portent sur l’assurance [retrouvée] de la Russie. Il devance aussi les inquiétudes du public relativement à Assad. Il est bien sûr possible que le public américain, distrait par sa campagne présidentielle, n’ait pas accordé suffisamment d’attention aux informations sur les bombardements de la Russie et di gouvernement syrien qui ont tué beaucoup de civils et détruit des hôpitaux. Il est aussi peu probable qu’une grande partie du public ait été informé des arguments selon lesquels Assad avait un intérêt à l’ascension de l’Etat Islamique afin de détourner les énergies locales et internationales qui se seraient, sinon, concentrées sut son éviction. Mais la crise syrienne dure depuis plusieurs années et les informations des médias américains se sont concentrées sur les atrocités et les réfugiés bien avant le début de la campagne électorale. Beaucoup d’Américains ont une aversion profonde pour Assad (il est classé sixième sur la liste des personnalités les plus détestées) et veulent voir un changement de régime en Syrie. Dans une question qui portait spécifiquement sur ce sur quoi ils aimeraient que les Etats Unis se concentrent en Syrie, 35 % des répondants disent qu’ils considèrent comme une priorité la défaite et la fin du régime Assad. Cependant 52 % considèrent que vaincre l’Etat Islamique est la première priorité contre seulement 2 % pour qui l’éviction d’Assad est la principale priorité.

Quel devrait être le premier objectif de l’engagement militaire américain en Syrie? (1 % des républicains et 3 % des Démocrates pensent que l’éviction d’Assad devrait être le premier objectif).

La préférence pour une coopération avec la Russie peut être aussi vue comme un choix entre deux mauvaises alternatives. Deux tiers des répondants craignent de donner un soutien militaire significatif aux rebelles syriens qui peuvent avoir dans leurs rangs des éléments islamistes autres que ceux de l’Etat Islamique ou d’al Qaïda. Même avoir présenté aux répondants une série d’arguments classiques pour ou contre l’envoi d’une importante force militaire terrestre américaine pour aider à vaincre l’Etat Islamique, 63 % des Américains restent opposés à une telle mesure.

Etes-vous favorable au déploiement d’importantes forces terrestres américaines en Syrie et en Irak pour combattre Daesh?

S’il existe un dossier solide pour soutenir que lutter contre Assad ou contrer la politique étrangère russe  devrait être au moins aussi important que combattre l’Etat Islamique – ou que la menace de l’Etat Islamique est peut-être exagérée compte tenu des autres priorités des Etats Unis dans le monde – cette enquête montre que les Américains ne l’ont pas entendu. Pour l’instant, confronter l’Etat Islamique l’emporte sur tout le reste, y compris l’hostilité à l’égard de Poutine et Assad.

Shibley Telhami est professeur titulaire de la chaire Sadate et directeur de Critical Issues Poll à l’université du Maryland Critical Issues Poll. Il est professeur associé à la Brookings Institution.

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Ukraine et roulette russe

24 novembre 2014

Personnellement, je trouve que les textes de Pepe Escobar sont très difficiles à traduire. Dommage, sinon je le traduirais plus souvent car combien de fois ai-je dû renoncer devant la complexité de la tâche.

Pepe Escobar

Pepe Escobar

J’ai à peu près réussi à traduire celui-ci qui, en outre, me paraît important pour comprendre ce qui se passe en Ukraine et vis-à-vis de la Russie.

Pepe Escobar considère que les visées américaines sur l’Ukraine poursuivent deux objectifs : le premier est de faire pièce au projet eurasiatique porté par la Russie et la Chine, un projet d’une portée économique et politique considérable dans lequel les pays européens auraient vocation à prendre une place éminente. Mais pas les Etats Unis !

Le deuxième objectif est purement et simplement de parvenir à un changement de régime à Moscou, seul obstacle à une domination totale du vieux continent par les Etats Unis.

Un article important qui nous amène à examiner avec un regard plus aiguisé ce qui se joue à l’est de l’Europe.

Washington joue à la roulette russe

par Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 23 novembre 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ce sont des heures sombres. J’ai eu une discussion sérieuse avec certaines sources et certains interlocuteurs très bien placés – ceux qui savent mais ne ressentent pas le besoin de se montrer et privilégient la discrétion. Tous sont profondément inquiets. Voici ce que l’un d’entre eux, un chargé de planification stratégique, m’a envoyé :

L’attaque propagandiste contre Poutine qui est comparé à Hitler est si virulente que vous devez comprendre que les Russes n’arrivent pas à en croire leurs oreilles et ne peuvent plus faire confiance aux Etats Unis sous aucun prétexte.

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine

Je n’arrive pas à comprendre comment nous avons pu nous retrouver dans une situation où nous protégeons les pillards dont Poutine aurait débarrassé l’Ukraine, et comment nous avons pu avoir le culot de placer au sommet du pouvoir un des pires voleurs. Mais c’est fait. Ce qui est certain, c’est que la MAD [mutually assured destruction ,destruction mutuellement assurée] n’est plus dissuasive aujourd’hui quand chaque camp croit que l’autre utilisera l’arme nucléaire dès lors qu’il aura l’avantage et que le camp qui obtient un avantage décisif s’en servira. C’en est fini désormais de la MAD.

Cela peut sonner quelque peu extrême – mais c’est un corollaire parfaitement logique de la descente vers ce que le président russe a laissé entendre dans sa déjà légendaire interview avec la chaîne allemande ARD à Vladivostok la semaine dernière : l’Occident pousse la Russie vers une nouvelle Guerre Froide.

Mikhail Gorbatchev a affirmé il y a quelques jours que la nouvelle Guerre Froide avait déjà commencé. Stephen Cohen de l’université de Princeton considère que la Guerre Froide n’ en fait jamais cessé. Le Roving Eye [la rubrique de Pepe Escobar dans Asia Times] parle de Guerre Froide 2.0 depuis plusieurs mois. Les Britanniques – qui restent bloqués sur le nouveau Grand Jeu du 19ème siècle – préfèrent déblatérer sur la « personnalité toxique et obstinée » du « nabot Poutine » ; il est l’homme « impitoyable, charmeur et en définitive imprudent » qui « a remis en vogue la Guerre Froide, » Comme on pouvait s’y attendre, le Council of Foreign Relations déplore la fin du monde post-Guerre Froide, pourfend le « désordre » actuel et rêve des beaux jours de la domination sans partage.

Pour avoir un bon éclairage détaillé sur la façon dont nous en sommes arrivés à cette situation périlleuse, il est difficile de trouver mieux que Vladimir Kozin de l’Institut Russe d’Etudes Stratégiques. Lisez le avec attention. Et oui, c’est la Guerre Froide version 2.0, le remixage du double problème : entre les Etats Unis et la Russie et entre l’OTAN et la Russie.

Vladimir Kozin

Vladimir Kozin

Voir rouge

Dans son entretien accordé à ARD, Poutine s’en est tenu aux faits sur le terrain : « L’OTAN et les Etats Unis ont des bases militaires disséminées partout dans le monde, y compris dans des zones proches de nos frontières, et leur nombre augmente. En outre, tout récemment, il a été décidé de déployer des forces d’intervention spéciales, une fois encore à proximité immédiate de nos frontières. Vous avez mentionné divers exercices [militaires russes] ; des mouvements de la marine, de l’aviation etc. Est-ce que tout ça va continuer ? Oui, bien sûr. »

Pour les hordes qui diabolisent la Russie, il est toujours commode d’oublier que l’expansion de l’OTAN vers la Géorgie et l’Ukraine a été convenue lors d’une réunion de l’OTAN à Bucarest en avril 2008. L’opération géorgienne avait connu un échec retentissant à l’été 2008. Le processus est en cours pour l’Ukraine.

Dans un passage très important de l’entretien avec ARD, Poutine a aussi dit à la coalition des vassaux/marionnettes/irresponsables que la Russie pouvait faire tomber le château de cartes ukrainien en un éclair ; Moscou a seulement à insister sur le fait que le temps est venu de recouvrer les énormes sommes d’argent qui lui sont légalement dues [par l’Ukraine].

Poutine a aussi fait savoir clairement qu »il ne permettra pas – et c’était catégorique : nous ne permettrons pas – que le Donsbass soit envahi/écrasé/nettoyé ethniquement par Kiev : « Aujourd’hui, il y a des combats dans l’est de l’Ukraine. Le pouvoir central ukrainien a envoyé les forces armées sur place et elles utilisent même des missiles balistiques. Est-ce que quelqu’un en parle ? Pas un seul mot. Et qu’est-ce que ça signifie ? Qu’est-ce que ça nous dit ? Cela nous amène au fait que vous voulez que les autorités centrales ukrainiennes anéantissent tout le monde là-bas, tous leurs adversaires et opposants politiques. C’est ce que vous voulez ? Nous ne le voulons certainement pas. Et nous empêcherons que ça arrive. »

Selon les propres chiffres de Kiev, pas moins de 65 % des immeubles d’habitation et 10 % des écoles et des jardins d’enfants du Donsbass ont été détruits. Plus de 40 000 moyennes entreprises sont paralysées. Le taux de chômage – sur l’ensemble de l’Ukraine – est supérieur à 40 %. La dette extérieure a peut-être atteint 80 milliards de dollars et n’imaginez pas que le Fonds Monétaire International (FMI) qui possède maintenant l’Ukraine va verser dans la philanthropie. Et surtout, Kiev ne peut pas payer les milliards de ses factures de dollars à Gazprom parce qu’il dépense une fortune pour terroriser les citoyens de l’est de l’Ukraine. Cette diatribe de Poroshenko résume tout – avec l’entière complicité des Etats Unis et de l’Union Européenne (UE).

L'Ukraine en novembre 2014

L’Ukraine en novembre 2014

Donc, l’OTAN a été avertie des lignes rouges tracées par la Russie. Pourtant, des secteurs non négligeables parmi les élites de Washington/Wall Street ne peuvent se lasser de la guerre. Et ils l’aiment chaude. On ne devrait jamais sous-estimer la stupidité sans bornes des morts vivants néoconservateurs qui sont de retour dans leur tribune préférée, la page d’éditorial du Wall Street Journal.

La « logique » derrrière la Guerre Froide 2.0 – qui fonctionne maintenant à plein – se fiche pas mal de la stabilité en Europe. L’administration Obama l’a lancée – avec l’OTAN comme fer de lance – pour en réalité empêcher l’intégration eurasiatique en construisant un nouveau mur de Berlin à Kiev. L’objectif immédiat est d’affaiblir l’économie russe ; à long terme, le changement de régime en Russie serait le bonus ultime.

La logique de l’escalade est donc en marche. La dévastation économique de l’UE n’est rien ; la seule chose qui compte pour les Etats Unis, c’est l’OTAN – et l’écrasante majorité de ses membres sont à la remorque, partageant l’état d’esprit à Washington qui consiste à traiter Poutine comme s’il était Milosevic ; Saddam Hussein ou Kadhafi. Aucun signe n’indique que l’équipe d’Obama souhaite une désescalade. Et quand Hillarator [impératrice Clinton] montera sur le trône, tous les paris seront ouverts.

Mur de Berlin, mur de la honte?

12 novembre 2014

Un article qui apporte un éclairage pour moi inédit sur les circonstances qui ont abouti à la construction du fameux « mur de la honte » à Berlin. Ce mur séparait des gens qui ne différaient que sur le plan du régime politique sous lequel ils vivaient, à l’exclusion de considérations ethniques ou religieuses. Par ailleurs, il n’empiétait sur le territoire de personne et n’interdisait pas complètement l’établissement de citoyens d’un côté ou de l’autre de la frontière. L’autre mur de la honte érigé en Palestine occupée empiète sur le territoire reconnu comme devant revenir à un futur Etat palestinien, sépare des gens qui sont concrètement administrés par le même Etat, administration civile d’un côté du mur, militaire de l’autre. Une partie de la population de la partie occupante est par ailleurs autorisée à s’établir dans le territoire de la population occupée et dispose de ses propres routes et a un statut différent de la population occupée.

A côté, le mur de Berlin c’était le mur du respect.

A l'est, il faut compter avec la proximité de l'Alaska (USA) et du Japon

A l’est, il faut compter avec la proximité de l’Alaska (USA) et du Japon

Quand on lit cet article et qu’on voit ce qui se passe aujourd’hui avec l’encerclement de la Russie, qui n’est plus communiste, par les puissances de l’OTAN, on se dit qu’il y a là matière à réflexion. Une réflexion que le président russe Vladimir Poutine a té obligé de faire à la lumière des événements en Ukraine, lui qui vient de dire ne pas voir ce qu’il y avait de mal dans le pacte Molotov-Ribbentrop conclu en 1938  entre l’Union Soviétique et l’Allemagne nazie.

Sinon, comment expliquer que le même Vladimir Poutine avait condamné, de manière nuancée certes, ce pacte en 2009? 

Le Mur de Berlin, un autre mythe de la Guerre Froide

par William Blum, Counter Punch (USA) 22 octobre 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le 9 novembre marquera le 25ème anniversaire de la démolition du Mur de Berlin. Le battage extravagant a débuté il y a plusieurs mois à Berlin. Aux Etats Unis, on peut s’attendre à voir débités tous les clichés sur le Monde Libre contre la tyrannie communiste avec la répétition de l’histoire toute simple sur la construction du mur : en 1961, les communistes de Berlin Est avaient édifié un mur pour empêcher leurs citoyens opprimés de fuir vers Berlin Ouest et la liberté. Pourquoi ? Parce que les cocos n’aiment pas que les gens soient libres, apprennent la « vérité ». Quelle autre raison sinon ?

Tout d’abord, il faut rappeler qu’avant la construction du mur en 1961, des milliers d’Allemands de l’est faisaient la navette quotidiennement pour aller travailler à l’ouest et rentraient à l’est dans la soirée ; beaucoup d’autres allaient et venaient pour faire des emplettes ou pour d’autres raisons. Ils n’étaient donc évidemment pas retenus contre leur gré à l’est. Alors pourquoi le mur a-t-il été construit ? Il y avait deux grandes raisons :

1) L’Occident affaiblissait l’Est avec une vigoureuse campagne de recrutement en Allemagne de l’Est de professionnels et d’ouvriers qualifiés qui avaient été formés aux frais du gouvernement communiste. Ce qu a fini par aboutir à une grave crise de l’emploi et de la production dans l’Est. Comme indication de cela, le New York Times rapportait en 1963: «Berlin-Ouest a souffert économiquement du mur par la perte d’environ 60 000 ouvriers qualifiés qui faisaient tous les jours l’aller-retour entre leur domicile à Berlin-Est et leur lieu de travail à Berlin-Ouest. »

Il est à noter qu’en 1999, USA Today rapportait que: «Lorsque le mur de Berlin s’est écroulé [1989], les Allemands de l’Est imaginaient une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les difficultés s’estomperaient Il est remarquable que dix ans plus tard, un 51% des Allemands de l’est disent avoir été plus heureux avec le communisme. » Des sondages antérieurs auraient probablement montré plus que 51% exprimant un tel sentiment étant donné qu’en dix ans beaucoup de ceux qui se souvenaient vie en Allemagne de l’Est avec une certaine tendresse étaient décédés; pourtant, encore 10 ans plus tard, en 2009, le Washington Post pourrait écrire: «[les Occidentaux à Berlin] disent qu’ils en ont assez de la tendance de leurs compatriotes de l’Est de ressasser avec nostalgie l’époque communiste. »

C’est dans la période post-unification qu’un nouveau proverbe russe et européen de l’Est est né: «Tout ce que les communistes disaient sur le communisme était un mensonge, mais tout ce qu’ils disaient à propos du capitalisme s’est trouvé être vrai. »

Il convient de noter en outre que la division de l’Allemagne en deux Etats en 1949 – ouvrant la voie aux 40 ans d’hostilité de la guerre froide – était une décision américaine, pas soviétique.

2) Dans les années 1950, les combattants américains de la guerre froide en Allemagne de l’Ouest avaient lancé une campagne brutale de sabotage brut et de subversion contre l’Allemagne orientale dans le but de dérégler machine économique et administrative de ce pays. La CIA et d’autres services de renseignements américains dont ceux de l’armée recrutaient, équipaient, entraînaient et finançaient des individus et des groupes d’activistes allemands de l’Ouest et de l’Est, pour mener des actions dont l’éventail allait de la délinquance juvénile au terrorisme; tout pour rendre la vie difficile à la population de l’ Allemagne de l’Est et affaiblir leur soutien au gouvernement; tout ce qui pouvait donner une mauvaise image des cocos.

Ce fut une entreprise remarquable. Les Etats-Unis et leurs agents recouraient aux explosifs, aux incendie criminels, aux courts-circuits, et à d’autres méthodes pour endommager les centrales électriques, les chantiers navals, les canaux, les quais, les bâtiments publics, les stations d’essence, les transports publics, les ponts, etc; ils faisaient dérailler des trains de marchandises, blessant grièvement des travailleurs; faire brûler 12 wagons d’un train de marchandises et détruire les tuyaux d’air comprimé des autres; utiliser acides pour endommager des machines vitales dans l’industrie; mettre du sable dans la turbine d’une usine pour la mettre à l’arrêt; mettre le feu à une usine de production de tuiles; promouvoir le ralentissement de l’activité dans les usines; tuer 7.000 vaches d’une laiterie coopérative par empoisonnement; ajouter du savon au lait en poudre destiné aux écoles d’Allemagne orientale; des personnes étaient en possession, lors de leur arrestation, d’une grande quantité de cantharidine, une substance toxique avec laquelle il était prévu de fabriquer des cigarettes empoisonnés pour tuer des leaders est-allemands; placer des boules puantes pour perturber des réunions politiques;essayer de perturber le Festival mondial de la jeunesse à Berlin-Est en envoyant de fausses invitations, de fausses promesses de gîte et de couvert, de faux avis d’annulation, etc .; mener des attaques contre les participants avec des explosifs, des bombes incendiaires et de matériel pour crever les pneus; imprimer et distribuer de grandes quantités de fausses cartes de rationnement alimentaire pour causer de la confusion, des pénuries et du ressentiment; envoyer de faux avis d’imposition de faux et d’autres faux documents et directives du gouvernement pour favoriser la désorganisation et l’inefficacité dans l’industrie et les syndicats … tout cela et bien plus encore.

Le Woodrow Wilson International Center for Scholars, de Washington, DC, un centre conservateur de combattants de la guerre froide, observe dans un de ses documents de travail pour une histoire internationale de la guerre froide (#58, p.9) : « La frontière ouverte à Berlin exposait la RDA [Allemagne de l’Est] à un espionnage massif et à la subversion et, comme le montrent deux documents en annexe, sa fermeture a apporté une plus grande sécurité à l’Etat communiste. »

Tout au long des années 1950, les Allemands de l’Est et l’Union soviétique ont à plusieurs reprises déposé des plaintes avec les anciens alliés des Soviétiques auprès des Occidentaux et des Nations Unies au sujet précisément de ces activités de sabotage et d’espionnage et avaient appelé à la fermeture des bureaux [d’ONG] en Allemagne de l’Ouest qui revendiquaient les actions, et pour lesquelles ils avaient fourni noms et adresses. Leurs plaintes restaient lettre morte. Inévitablement, les Allemands de l’Est ont commencé à freiner les entrées dans le pays en provenance de l’Ouest, conduisant finalement au mur tristement célèbre. Cependant, même après la construction du mur, l’émigration légale de l’est vers l’ouest restait courante quoique limitée. En 1984, par exemple, l’Allemagne de l’Est avait permis à 40.000 personnes de quitter le pays. En 1985, les journaux est-allemands affirmaient que plus de 20 000 anciens citoyens qui s’étaient installés à l’Ouest voulaient rentrer chez eux après avoir perdu leurs illusions sur le système capitaliste. Le gouvernement ouest-allemand avait signalé que 14 300 Allemands de l’Est étaient rentrés au cours des 10 années précédentes.

N’oublions pas non plus que tandis que l’Allemagne de l’Est était complètement dénazifiée, plus de dix ans après la guerre, de nombreux anciens nazis occupaient à l’ouest des postes de très haut rang dans les branches exécutives, législatives et judiciaires du pouvoir

On doit enfin se souvenir que l’Europe orientale était devenue communiste parce que Hitler, avec l’approbation de l’Occident, s’en était servi comme boulevard pour atteindre l’Union Soviétique et balayer le bolchevisme pour toujours, et que les Russes ont perdu environ 40 millions de personnes parce que l’Occident a utilisé ce boulevard pour attaquer la Russie. On ne devrait donc pas être surpris si, après la seconde guerre mondiale, l’Union Soviétique était déterminée à fermer ce boulevard.

Pour une vision complémentaire et très intéressante de l’anniversaire du Mur de Berlin, consultez l’article « Humpty Dumpty and the Fall of Berlin’s Wall » de Victor Grossman. Grossman (né Steve Wechsler) avait déserté de l’armée américaine en Allemagne sous la pression des menaces de l’ère McCarthy et était devenu journaliste et écrivain pendant ses années vécues en République Démocratique Allemande (Allemagne de l’Est). Il réside toujours à Berlin d’où il publie à un rythme irrégulier sa lettre électronique, le « Berlin Bulletin » sur la situation en Allemagne. Vous pouvez y souscrire à wechsler_grossman@yahoo.de. Son autobiographie : « Crossing the River : a Memoir of the American Left, the Cold War and Life in East Germany » a été publié par l’University of Massachusetts Press. Il affirme être la seumle personne au monde à être diplômée à la fois de Harvard et de l’université Karl Marx à Leipzig.

William Blum

William Blum

William Blum est l’auteur de Killing Hope: U.S. Military and CIA Interventions Since World War II, Rogue State: a guide to the World’s Only Super Power . Son dernier livre est: America’s Deadliest Export: Democracy.

La crise ukrainienne comme nouvelle et dangereuse étape de la stratégie des néo-conservateurs

7 mars 2014

 La crise ukrainienne a d’impressionnants relents de guerre froide, susceptible à tout moment de basculer dans une confrontation militaire, scénario dont personne ne semble vouloir mais on sait que les confits majeurs ont rarement été le résultat d’une volonté délibérée mais plutôt celui d’enchaînements imprévus.

Le terme de guerre froide peut sembler inapproprié si on veut bien tenir compte du fait qu’il n’existe plus de bloc communiste en Europe et que la Russie n’est qu’un des Etats issus de l’éclatement de l’Union Soviétique.

Et pourtant, la longue parenthèse communiste a simplement masqué une opposition plus profonde entre la Russie eurasiatique et l’Europe regroupée à quelques exceptions près dans l’Union Européenne et l’OTAN.

Deux structures politiques qui évoluent en partie dans des espaces différents et en partie dans des espaces qui se chevauchent, ces derniers étant susceptibles de disputes plus ou moins fortes selon leur importance stratégique pour l’un ou l’autre des acteurs.

C’est précisément le cas de l’Ukraine aujourd’hui disputée entre l’UE et la Russie. Cette ancienne république soviétique n’a pas vocation à entrer rapidement dans l’UE qui n’a en fait pas les moyens d’absorber un Etat aussi important aussi bien par sa taille et sa population que par la somme de problèmes et de coûts qu’il représente. Et pourtant, la crise d’aujourd’hui met aux prises l’UE (et les Etats Unis) avec une Russie pour laquelle il est absolument vital de maintenir l’Ukraine dans sa sphère d’influence, pour des raisons à la fois historiques et culturelles, économiques et stratégiques.

On peut alors se demander pourquoi les Etats de l’UE et les Etats Unis n’ont pas ménagé leurs efforts pour encourager des troubles qui ont débouché sur un coup d’Etat qui a abouti à la déposition d’un chef de l’État régulièrement élu.

Robert Parry essaye de répondre à cette question en situant la crise ukrainienne dans un contexte plus global qui met en jeu la stratégie politique des néo-conservateurs américains telle qu’elle a été mise en œuvre à partir de l’accession au pouvoir de George W. Bush et des attentats du 11 septembre 2001.

Selon Robert Parry, les néo-conservateurs qui se heurtent à Washington aux velléités du président Obama de développer une autre politique internationale se sont emparés du dossier ukrainien pour nuire à la relation entre le président des Etats Unis et son homologue russe, voire même déstabiliser le pouvoir d’un Poutine qu’ils perçoivent comme un obstacle majeur au déploiement de leur stratégie de domination mondiale.

Robert Parry

Robert Parry

Robert Parry est un journaliste chevronné qui avait notamment couvert l’affaire des Contras (Irangate) pour Newsweek et Associated Press.

Comme un certain nombre d’autres grandes plumes américaines, il s’est éloigné de ce qu’on appelle les « corporate medias », c’est-à-dire la presse aux mains des grands groupes capitalistes et a fondé Consortium News.

Ce que les néoconservateurs attendent de la crise ukrainienne

La crise ukrainienne, fomentée en partie par les néoconservateurs américains, y compris leurs avatars au Département d’Etat, ont envenimé les relations russo-américaines et perturbé la coopération secrète du président Obama avec son homologue russe Vladimir Poutine dans la résolution des crises au Moyen Orient., écrit Robert Parry.

par Robert Parry, Consortium News (USA) 2 mars 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le président Barack Obama a tenté, essentiellement en secret, d’élaborer une nouvelle politique étrangère qui s’appuie fortement sur la coopération avec le président russe Vladimir Poutine pour réduire les confrontations dans des points chauds tels que l’Iran et la Syrie. Mais la réticence d’Obama à expliquer publiquement cette stratégie l’a rendue vulnérable aux attaques venues d’éléments puissants dans les milieux officiels de Washington, y compris des néo-conservateurs bien placés et des gens à l’intérieur de sa propre administration.

La menace la plus grave à cette collaboration Obama-Poutine s’est aujourd’hui révélée en Ukraine, où une coalition d’activistes néo-conservateurs américains et des avatars néo-conservateurs au sein du Département d’Etat ont attisé les flammes de l’agitation en Ukraine, en contribuant au renversement brutal du président démocratiquement élu Viktor Ianoukovitch et maintenant à une intervention militaire russe en Crimée, une région du sud de l’Ukraine, qui a été historiquement partie intégrante de la Russie.

Avec la crise ukrainienne, les intérêts vitaux de la Russie sont directement menacés

Avec la crise ukrainienne, les intérêts vitaux de la Russie sont directement menacés

Même si on dit que la crise Ukraine a pris Obama et Poutine par surprise, la détermination des néo-conservateurs à enfoncer un coin entre les deux dirigeants était évidente depuis des mois, surtout après que Poutine a négocié un accord pour éviter des frappes militaires américaines contre la Syrie l’été dernier et a contribué à amener l’Iran à négocier des concessions sur son programme nucléaire, deux évolutions qui ont fortement contrarié les néo-conservateurs qui auraient préféré une aggravation des confrontations.

Poutine aurait également tancé verbalement vers le s Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le chef des renseignements saoudien, le prince Bandar bin Sultan eu égard à ce que Poutine considérait comme leurs actions provocatrices dans la guerre civile syrienne. Donc, en perturbant les plans néo-conservateurs et en offensant Netanyahou et Bandar, le président russe s’est carrément retrouvé dans le collimateur de certaines personnes très puissantes.

Sans Poutine, les néo-conservateurs – avec Israël et l’Arabie Saoudite – avaient espéré qu’Obama allait lancer des frappes militaires contre la Syrie et l’Iran qui auraient pu ouvrir la voie à plus de «changements de régime» au Moyen-Orient, un rêve au centre de la stratégie géopolitique des néoconservateurs depuis les années 1990. Cette stratégie néo-conservatrice a pris forme après la guerre high-tech des États-Unis contre l’Irak en 1991 et l’effondrement de l’Union soviétique plus tard la même année. Les néoconservateurs américains avaient commencé à croire en un nouveau paradigme d’un monde unipolaire où les décrets américains seraient loi..

Les néo-conservateurs estiment que ce changement de paradigme signifiait aussi qu’Israël n’aurait plus besoin de mener des négociations frustrantes avec les Palestiniens. Plutôt que de marchander une solution à deux Etats, les néoconservateurs américains poussaient simplement à un « changement de régime » dans les pays musulmans hostiles qui aidaient les Palestiniens ou le Hezbollah libanais.

L’Irak était le premier sur la liste des cibles des néoconservateurs, mais le tour de la Syrie et de l’Iran devait suivre. L’idée force est que, une fois les régimes qui soutiennent les Palestiniens et le Hezbollah sont renversés ou neutralisés, alors Israël pourra dicter ses conditions de paix aux Palestiniens qui n’auront d’autre choix que d’accepter ce qui leur sera imposé.

Les néoconservateurs américains qui travaillaient dans l’équipe de campagne de Netanyahou en 1996, dont Richard Perle et Douglas Feith, avaient même officialisé leur nouveau plan audacieux, qu’ils avaient présenté dans un document de stratégie, appelé « A Clean Break:. Une nouvelle stratégie pour sécuriser le monde » [“A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm.”]. Le document faisait valoir que seul un «changement de régime» dans les pays musulmans hostiles pourrait permettre la nécessaire «rupture nette» des blocages diplomatiques qui ont suivi les pourparlers de paix non concluants entre Israéliens et Palestiniens.

En 1998, le projet néo-conservateur pour le Nouveau Siècle Américain [New American Century] appelait à une invasion américaine de l’Irak, mais le président Bill Clinton avait refusé. La situation changea, cependant, lorsque le président George W. Bush prit ses fonctions et après les attentats du 11 septembre. Soudain, les néo-conservateurs eurent un commandant en chef qui était d’accord avec la nécessité d’éliminer Saddam Hussein de l’Irak – et une opinion publique américaine abasourdie et en colère qu’on pouvait facilement convaincre. [Voir l ‘Consortiumnews.com  » La raison mystérieuse de la guerre en Irak . « ]

Alors, Bush envahit l’Irak, évinçant Hussein, mais sans parvenir à soumettre le pays. Le bilan des tués américains approcha les 4 500 et les coûts faramineux, estimé à plus de 1 000 milliards de dollars ont fait que le peuple américain et même Bush refusèrent de respecter jusqu’au bout la vision néo-conservatrice telle qu’exprimée dans une de leurs blagues préférées de l’année 2003 sur le prochain pays à attaquer, l’Iran ou la Syrie, la chute étant: « Les vrais hommes vont à Téhéran! »

Bien que les faucons comme le vice-président Dick Cheney avaient plaidé en faveur du projet néo-conservateur et israélien pour que l’armée américaine bombarde les installations nucléaires iraniennes – avec l’espoir que les attaques pourraient également susciter un «changement de régime» à Téhéran – Bush avait décidé qu’il ne pouvait pas s’y risquer , surtout après que la communauté du renseignement des États-Unis avait estimé en 2007 que l’Iran avait cessé de travailler sur une bombe depuis quatre ans.

L’ascension d’Obama

Les néo-conservateurs connurent un nouveau revers en 2008, lorsque Barack Obama a battu un favori des néo-conservateurs, le sénateur John McCain. Mais Obama a ensuite pris une des décisions fatidiques de sa présidence, en décidant de doter les postes clés de la politique étrangère avec « une équipe de rivaux», c’est-à-dire en gardant le Républicain Robert Gates au Département de la Défense et en plaçant Hillary Clinton, une néoconservatrice « light », à la tête du Département d’Etat.

Obama avait également maintenu le haut commandement militaire de Bush dont la personnalité la plus significative étant le chouchou des médias, le général David Petraeus. Ce qui signifie qu’Obama n’avait pas pris le contrôle de sa propre politique étrangère.

Gates et Petraeus étaient profondément influencés par les néo-conservateurs, en particulier par Frederick Kagan, qui avait été un grand défenseur du « surge », l’escalade militaire de 2007 en Irak, qui avait été saluée par les médias grand public américains comme un grand « succès » mais n’avait jamais atteint son objectif principal d’un Irak unifié. Au prix de près de 1000 tués américains, le « surge » avait seulement acheté du temps pour un retrait ordonné qui épargnait à Bush et aux néo-conservateurs l’embarras d’une défaite évidente.

Ainsi, au lieu d’un important remaniement du personnel dans le sillage de la guerre catastrophique en Irak, Obama présidait à ce ressemblait plus à une continuité avec les politiques de guerre de Bush, mais avec un engagement plus ferme de retirer des troupes en Irak et aussi en Afghanistan finalement.

Dès le début, cependant, Obama a rencontré l’opposition d’éléments clés de sa propre administration, en particulier au niveau des Départements d’État et de la Défense, et par les néoconservateurs encore influents dans les milieux officiels de Washington. Selon diverses informations, y compris les dans Duty, les mémoires récemment publiées de Gates, Obama a manœuvré en soutenant le « surge » en Afghanistan, tel que préconisé par le néo-conservateur Frederick Kagan et poussé par Gates, Petraeus et Clinton.

Gates écrit que Kagan l’avait persuadé de recommander le « surge »en Afghanistan et qu’Obama avait accepté à contrecœur quoique Gates conclut que Obama ne croyait pas à la «mission» et voulait renverser le cours des choses plus vite que Gates, Petraeus et leur camp ne le voulaient.

Face à cette résistance de sa propre bureaucratie, Obama a commencé à s’appuyer sur un petit cercle construit autour du vice-président Joe Biden et de quelques conseillers de la Maison Blanche avec le soutien en matière d’analyse de certains agents de la CIA, dont le directeur de la CIA Leon Panetta.

Obama a également trouvé un allié surprenant avec Poutine après son retour à la présidence russe en 2012. Un conseiller de Poutine m’a dit que le président russe appréciait personnellement Obama et voulait vraiment l’aider à résoudre des différends dangereux, en particulier les crises avec l’Iran et la Syrie.

En d’autres termes, l’erreur de jugement d’Obama au début avec « l’équipe de rivaux » a évolué vers un style présidentiel extraordinaire de politique étrangère, où Obama a élaboré et mis en œuvre une grande partie de son approche du monde hors de la vue ses secrétaires d’Etat et de la Défense (sauf lorsque Panetta été brièvement en poste au Pentagone).

Même après le départ de Gates en 2011, celui par démission du général Petraeus de son poste de directeur de la CIA après un scandale sexuel à la fin de 2012, et celui de Clinton au début de 2013, l’approche singulière d’Obama n’a pas particulièrement changé. On me dit qu’il a une relation distante avec la secrétaire d’Etat John Kerry, qui n’a jamais rejoint le cercle rapproché de politique étrangère d’Obama.

La protection taciturne par Obama de sa « vraie » politique étrangère peut se comprendre car, compte tenu de la persistance de la mentalité « dur à cuire » qui domine encore dans les milieux officiels à Washington., l’approche freelance d’Obama a laissé des espaces aux éléments bellicistes de sa propre administration.

Par exemple, le secrétaire d’État Kerry était tout près d’annoncer le déclenchement d’une guerre américaine contre la Syrie, dans un discours belliqueux prononcé le 30 août 2013, seulement pour se voir couper l’herbe sous le pied par Obama qui avait travaillé avec Poutine pour désamorcer la crise déclenchée par une attaque litigieuse à l’arme chimique dans les alentours de Damas.

De même, Obama et Poutine ont défini le cadre pour un accord intérimaire avec l’Iran sur la façon de limiter son programme nucléaire. Mais quand Kerry a été envoyé pour sceller cet accord à Genève, il a au contraire ajouté les nouvelles exigences nouvelles des Français (qui étaient de corvée pour le compte des Saoudiens) et avait ainsi été près de tout faire capoter. Après s’être fait remonter les bretelles par la Maison Blanche, Kerry est retourné à Genève et a finalisé les arrangements. [Voir l ‘Consortiumnews.com  » Une défaite Arabie-Israël avec l’accord sur l’Iran . « ]

Politique étrangère hétérodoxe

Le politique étrangère hétérodoxe d’Obama – généralement un travail en tandem avec le président russe et parfois en porte-à-faux avec sa propre bureaucratie – a obligé Obama à feindre l’indignation devant ce qui peut être perçu comme un affront infligé par la Russie, comme son accord pour donner temporairement asile au lanceur d’alerte de la National Security Agency (NSA), Edward Snowden.

En public, Obama était tenu de faire connaître sa désapprobation catégorique de l’asile accordé à Snowden, quoique à plusieurs égards, Poutine faisait une faveur à Obama en lui épargnant d’avoir à poursuivre en justice Snowden avec les conséquences négatives que cela impliquerait pour la sécurité nationale des USA et les répercussions politiques préjudiciables dans la base politique libérale [de gauche] d’Obama.

Des erreurs de Poutine ont aussi compliqué les relations, comme quand il a défendu l’hostilité russe à l’égard des homosexuels et réprimé les voix critiques avant les jeux olympiques de Sotchi. Poutine était ainsi devenu une cible facile pour les commentateurs et les humoristes américains.

Mais l’hésitation d’Obama à expliquer son niveau de coopération stratégique avec Poutine a permis aux néo-conservateurs qui restent influents à Washington, avec notamment leurs avatars dans la bureaucratie du Département d’Etat, d’enfoncer d’autres coins significatifs entre Obama et Poutine. Les néo-conservateurs en sont venus à comprendre que le tandem Obama – Poutine était un obstacle majeur à leur vision stratégique.

A n’en pas douter, la contre-action la plus spectaculaire – et potentiellement la plus dangereuse – des néo-conservateurs a été l’Ukraine où ils ont apporté leur appui financier et politique à des forces d’opposition qui visaient à provoquer la rupture entre l’Ukraine et son voisin russe.

Même si la crise est aussi liée à la division historique de l’Ukraine – entre sa partie occidentale plus tournée vers l’Europe et l’est et le sud peuplés majoritairement de Russes – les agents des néo-conservateurs, avec l’argent du National Endowment for Democracy subventionné par les Etats Unis et d’autres sources US, ont joué un rôle décisif dans la déstabilisation et la déposition du président démocratiquement élu.

Le NED, une agence avec un budget annuel de 100 millions de dollars, a été créé par l’administration Reagan pour promouvoir l’action politique et la guerre psychologique contre des Etats ciblés, soutient financièrement 65 projets en Ukraine, dont la formation de militants, le soutien aux « journalistes » et la promotion d’organisations d’affaires, créant ainsi une structure efficace prête à déstabiliser un gouvernement au nom de la promotion de la « démocratie ».[voir Consortiumnews.com“ A Shadow US Foreign Policy.”]

Les Néo-conservateurs du Département d’Etat ont également mis la main à la pâte en poussant l’Ukraine là se détourner de la Russie. La Secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes, Mme Victoria Nuland, femme de l’éminent néo-conservateur Robert Kagan et belle-sœur du conseiller-de Gates et -Petraeus Frederick Kagan, a plaidé vigoureusement pour la réorientation de l’Ukraine vers l’Europe

En décembre 2013, Nuland avait rappelé aux chefs d’entreprise ukrainiens que, pour aider l’Ukraine à réaliser »ses aspirations européennes, nous avons investi plus de 5 milliards de dollars. » Elle avait dit que le but des États-Unis était d emmener « l’Ukraine vers l’avenir qu’elle mérite », ce par quoi elle entendait dans l’orbite de l’Occident et à l’écart de la Russie.

Mais le président Ianoukovitch a rejeté un plan de l’Union européenne qui aurait imposé une austérité sévère sur une Ukraine déjà pauvre. Il a accepté un prêt plus généreux de 15 milliards de dollars par la Russie, qui a également soutenu l’économie de l’Ukraine en fournissant du gaz naturel à moindre prix. La décision de M. Ianoukovitch a suscité des manifestations de rue anti-russes à Kiev, située dans la partie ouest du pays, la région la plus pro-européenne.

 Nuland s’était vite mise au travail pour planifier un «changement de régime», encourageant les désordres dans la rue distribuant en personne des biscuits aux manifestants anti-gouvernementaux. Elle n’avait pas semblé pas remarquer ou se soucier du fait que les manifestants de la place Maidan à Kiev avaient hissé une grande bannière honorant Stepan Bandera, un nationaliste ukrainien qui avait collaboré avec les nazis allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et dont les milices avaient participé à des atrocités contre les Juifs et les Polonais.

Fin Janvier, Nuland avait discuté avec l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine Geoffrey Pyatt de qui devrait être autorisé à entrer dans le nouveau gouvernement.

Yats est l’homme de la situation», avait dit Nuland dans une communication téléphonique avec Pyatt qui a été interceptée et mis en ligne. «Il a l’expérience en économie, l’expérience du gouvernement. Il est le gars qu’on connaît. « Par » Yats, « Nuland faisait allusion à Arseni Iatseniouk, qui avait servi comme chef de la banque centrale, ministre des Affaires étrangères et ministre de l’économie -. Et qui s’engage à appliquer une politique d’austérité sévère.

Tandis que la Secrétaire adjointe Nuland et le Sénateur McCain applaudissaient les manifestants, les manifestations de rue devenaient violentes. La police se heurtait à des groupes néo-nazis, les descendants idéologiques des Ukrainiens anti-russes de Bandera qui avaient collaboré avec la SS nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

La crise s’aggravant et des dizaines de personnes étant tuées dans des combats de rue, Ianoukovitch a accepté un accord négocié par l’UE qui a appelait à des élections anticipées et la police se retirer. Les troupes d’assaut néo-nazies ont alors saisi l’occasion pour occuper les édifices gouvernementaux et forcer Ianoukovitch et plusieurs de ses collaborateurs à fuir pour sauver leur vie.

Avec ces néo-nazis pour assurer « la sécurité », les autres parlementaires ont accepté une série de votes à l’unanimité ou presque unanimes pour mettre en place un nouveau gouvernement et demander l’arrestation de M. Ianoukovitch pour meurtre de masse. Le choix de Nuland, Iatseniouk, a été retenu pour le poste de Premier ministre par intérim.

L’éviction violente de Ianoukovitch a provoqué la résistance populaire au coup d’Etat dans les régions sud et est à peuplement russe.. Après avoir trouvé refuge en Russie, Ianoukovitch a sollicité l’aide de Poutine. Poutine a alors envoyé des troupes russes pour s’assurer le contrôle de la Crimée. [Pour en savoir plus sur cette histoire, voir Consortiumnews.com l ‘« Encourager un «Coup démocratique» en Ukraine . « ]

Éloigner Obama de Poutine

La crise ukrainienne a donné l’opportunité aux néo-conservateurs de Washington d’enfoncer un nouveau coin entre Obama et Poutine. Par exemple, le vaisseau amiral des néo-conservateurs, le Washington Post, a écrit dans son éditorial de samedi qu’Obama réagissait par des « appels téléphoniques » là où quelque chose de bien plus menaçant qu’une « condamnation » était nécessaire.

C’est toujours étonnant de voir le Washington Post, qui avait plaidé avec force pour une intervention militaire américaine en Irak sous le faux prétexte d’éliminer des (inexistantes) armes de destruction massive, se fâcher quand un autre pays agit en réponse à une vraie menace pour sa sécurité à ses propres frontières, pas à l’autre bout du monde.

Mais les chefs de rédaction du Washington Post n’ont jamais reculé devant leur propre hypocrisie . Ils ont écrit, « L’objectif probable de M. Poutine n’était pas difficile à imaginer. Il semble réagir à la déposition la semaine dernière du gouvernement pro-Kremlin en Ukraine avec un ancien et ignoble procédé russe : provoquer une rébellion séparatiste dans un Etat voisin, en se servant de ses propres troupes si nécessaire. »

La réalité, cependant, semble avoir été que des éléments néo-conservateurs au sein du gouvernement des États-Unis ont encouragé le renversement du président élu de l’Ukraine par un coup d’Etat mené par des groupes d’attaque néo-nazis qui ont ensuite terrorisé les députés pour que le Parlement adopté des lois draconiennes, dont certaines destinées à punir les régions tournées vers la Russie qui préfèrent Ianoukovitch.

Pourtant, en plus d’égratigner Obama pour son discours modéré sur la crise, le Post a déclaré que « M. Obama et les dirigeants européens doivent agir rapidement pour empêcher le démembrement de l’Ukraine. Il manquait à la déclaration du président la mention d’ une première étape nécessaire: l’exigence que toutes les forces russes – régulières et irrégulières – se retirent … et que Moscou reconnaisse l’autorité du nouveau gouvernement de Kiev. Si M. Poutine … ne se conforme pas, les dirigeants occidentaux devraient indiquer clairement que la Russie paiera un prix élevé « .

Les responsables de rédaction du Post sont friands d’appels à donner des ultimatums à divers pays, spécialement l’Iran et la Syrie, en impliquant que s’ils ne se conforment pas à certaines exigences des Etats Unis, des mesures sévères, dont des représailles militaires, s’ensuivront.

Mais maintenant, les néo-conservateurs, dans leur poursuite obstinée et sans fin de « changement de régime » dans les pays qui suivent leur propre voie, ont porté leurs ambitions à un niveau dangereux, en voulant confronter la Russie détentrice de l’arme nucléaire avec des ultimatums.

Dimanche, la rédaction néo-conservatrice du Post a « énoncé les conséquences » pour Poutine et la Russie qui consistent pour l’essentiel en la proposition d’une nouvelle Guerre Froide. Le Post a moqué Obama pour sa présumée mollesse à l’égard de la Russie et a laissé entendre que le prochain « changement de régime » devait intervenir à Moscou.

« Beaucoup en Occident ne croyaient pas que M. Poutine n’oserait tenter une intervention militaire en Ukraine en raison des graves conséquences possibles», écrit le Post. « Le fait que le dirigeant russe soit passé à l’acte montre qu’il doute que les dirigeants occidentaux réagissent avec force. S’il ne recule pas rapidement, les États-Unis doivent lui prouver qu’il a tort « .

 La folie des néoconservateurs a longtemps est depuis longtemps signalée par leur arrogance extraordinaire et leur mépris pour les intérêts des autres nations. Ils supposent que la puissance militaire des États-Unis et d’autres moyens coercitifs doivent s’exercer sur toute nation qui ne s’incline pas devant les ultimatums américains ou qui résiste aux coups de force orchestrés par les USA.

Chaque fois que les néo-conservateurs rencontrent une résistance, ils ne repensent pas leur stratégie, ils passent simplement à l’étape suivante. Irrités par le rôle de la Russie dans l’empêchement des attaques militaires américaines contre la Syrie et l’Iran, les néo-conservateurs élèvent le niveau de leur conflit géopolitique en s’en prenant à la frontière même de la Russie, en misant sur l’éviction violente du président élu de l’Ukraine.

L’idée était de porter à Poutine un coup sérieux et embarrassant comme punition pour avoir interféré avec le rêve néo-conservateur de « changement de régime » à travers le Moyen Orient. Maintenant, avec le contre effectué par Poutine avec le déploiement de troupes russes pour s’assurer du contrôle de la Crimée, les néo-conservateurs veulent qu’Obama aille vers l’escalade en s’en prenant à Poutine.

Certains néo-conservateurs de premier plan voient même dans l’éviction de Poutine l’étape décisive pour rétablir la prééminence de leur agenda. Carl Gershman, le président du NED, a écrit dans le Washington Post, « Le choix de l’Ukraine de rejoindre l’Europe accélérera la disparition de l’idéologie de l’impérialisme russe que représente Poutine… Les Russes aussi sont devant un choix, et Poutine pourrait bien se retrouver du côté perdant, pas seulement avec le proche étranger mais en Russie même. »

Au minimum, les néo-conservateurs espèrent pouvoir neutraliser Poutine en tant qu’allié d’Obama pour réduire les tensions avec le Syrie et l’Iran – et ainsi réactiver l’hypothèse de frappes militaires contre ces deux pays.

Avec les événements devenus incontrôlables, il semble plus que temps maintenant pour le président Obama d’expliquer au peuple américain pourquoi il a coopéré avec le président Poutine pour essayer de résoudre certains des problèmes mondiaux les plus épineux.

Ce qui nécessiterait cependant qu’il prenne enfin le contrôle de sa propre administration, pour la purger des représentants néo-conservateurs qui ont œuvré à saboter sa vraie politique étrangère et ferme des organisations contrôlées par les néo-conservateurs comme le National Endowment for Democracy qui se servent de l’argent des contribuables américains pour encourager des troubles à l’étranger. Il lui faudrait un réel courage politique.

La guerre contre la Syrie ou le mensonge comme vertu

5 septembre 2013

Voilà maintenant un moment que j’ai commencé à traduire le texte que je vous propose, mais mon ordinateur n’a pas arrêté de me faire des misères, s’arrêtant souvent de manière impromptue et refusant obstinément de rédémarrer.

J’espère ne pas trop m’avancer en écrivant que j’arrive finalement au bout de cet article qui reste néanmoins intéressant parce que c’est un des rares articles de la presse grand public américaine qui met sérieusement en question les rapports des services secrets occidentaux supposés justifier une agression contre la Syrie.

Ce n’est donc pas pour rien si Vladimir Poutine a traité John Kerry de menteur, un menteur étant une personne qui assène une contre vérité en toute connaissance de cause.

Il aurait pu en dire autant du pitoyable Jean-Marc Ayrault qui cherche à embarquer la France dans une action criminelle et qui, dans ce but, se sert du chiffre proche de 1500 morts (1429) annoncé par le gouvernement des Etats Unis, mettant ainsi au placard les estimations de ses propres services.

Quitte à proférer un mensonge en effet, autant en proférer un très gros. 

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Alors, convaincus les enfants?

La décision par la France d’une action militaire (illégale) est donc soumise non seulement au bon vouloir des autorités américaines, mais aussi aux pseudo preuves produites par l’appareil de propagande de Washington. 

Aux yeux de certains, il y a trop de trous dans le dossier de l’attaque à l’arme chimique en Syrie

par Hannah Allam et Mark Seibel | McClatchy (USA) 3 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le dossier rendu public par l’administration Obama pour [justifier] une attaque contre la Syrie est truffé d’incohérences et repose principalement sur des preuves indirectes, ce qui nuit aux efforts de cette semaine pour rallier le soutien de l’opinion publique aux Etats Unis et à l’étranger pour une frappe contre le régime de Bachar al-Assad.

Le dossier exposé par le Secrétaire d’Etat John Kerry vendredi contenait des assertions qui ont été contestées par les Nations Unies, incohérent dans certains de ses aspects avec les rapports des services de renseignements français et britannique, ou n’ayant pas la transparence suffisante pour être pris pour argent comptant par les spécialistes de l’armement chimique.

Après les affirmations mensongères sur les armes [de destruction massive] qui avaient précédé l’invasion de l’Irak sous le commandement des Etats Unis, on attend des preuves extrêmement solides pour tout soutien à une intervention militaire. Et si peu contestent l’utilisation d’un agent chimique pendant l’attaque du 21 août dans la périphérie de Damas – et sans doute à une plus petite échelle auparavant –de nombreux secteurs de l’opinion demandent des preuves scientifiques et indépendantes avant de soutenir la version des Etats Unis selon laquelle le régime d’Assad a utilisé du gaz sarin dans une opération qui a tué 1429 personnes, dont plus de 400 enfants.

Quelques un des arguments des Etats Unis qui posent question:

L’administration Obama a rejeté la validité d’une équipe d’inspection de l’ONU en soutenant que ces enquêteurs étaient arrivés trop tard pour que leurs conclusions soient crédibles et qu’ils n’apporteraient aucune information dont les Etats Unis ne disposaient pas déjà.

Le porte  parole de l’ONU Farhan Haq a rétorqué qu’il était  «rare» qu’une telle enquête débute dans un laps de temps aussi court et il a affirmé que «ce genre de  délai d’à peine quelques jours n’affecte pas la possibilité de collecter des échantillons exploitables» selon le site web de l’ONU. Par exemple, a ajouté Haq, le sarin peut être décelé dans des prélèvements biomédicaux plusieurs mois après son utilisation.

Les Etats Unis affirment que du sarin a été utilisé lors de l’attaque du 21 août, citant à l’appui des tests positifs sur le sang et les cheveux des premières personnes à porter secours – des échantillons «qui ont été fournis aux Etats Unis,» a déclaré Kerry dimanche à la télévision sans préciser les modalités de recueil des échantillons.

Les spécialistes dissent que les preuves se dégradent avec le temps, mais il est tout simplement faux de prétendre qu’une enquête conduite cinq jours après une attaque présumée serait sans valeur. Comme l’observait un article du New York Times, deux organisations de défense des droits de l’homme avaient dépêché une équipe de médecine légale dans le nord de l’Irak en 1992 et avaient trouvé des traces probantes de gaz sarin ainsi que de gaz moutarde – quatre ans après une attaque à l’arme chimique.

Les assertions américaines ont aussi été contestées dans une synthèse des services de renseignements que le gouvernement britannique a rendue publique la semaine dernière. «Il n’y a pas de délai connu au-delà duquel des échantillons environnementaux ou physiologiques seraient dégradés au point de ne plus être exploitables,» selon le rapport qui a été distribué au parlement avant le vote qui a refusé une participation de la Grande Bretagne à toute frappe [contre la Syrie].

Un autre point contesté est celui du bilan des victimes causes par les attaques présumés du 21 août. Ni les propos de Kerry, ni la version déclassifiée du rapport des services secrets sur lequel il s’appuie n’expliquent comment il est parvenu à un bilan de 1429 morts, dont 426 enfants. L’unique référence [pour ce bilan] était «une évaluation gouvernementale préliminaire.»

Anthony Cordesman, un ancien haut fonctionnaire de la défense qui collabore maintenant avec le Center for Strategic and International Studies de Washington, s’est intéressé à ces discordances dans un essai publié dimanche.

Il a critiqué Kerry pour s’être «fourvoyé en donnant le chiffre beaucoup trop précis» de 1429, et il a observé que ce chiffre ne correspondait pas avec l’estimation britannique de «au moins 350 tués» ou avec celles d’autres sources de l’opposition syrienne, plus exactement de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme qui a confirmé 502 morts dont près d’une centaine d’enfants et des «dizaines» de combattants rebelles, et il [Cordesman] a exigé que Kerry divulgue les noms des victimes prises en compte dans le bilan établi par les USA.

“Le président Obama a alors été obliqé d’arrondir le nombre à ‘bien plus de 1 000 personnes’ – créant ainsi un nœud de contradictions sur les faits les plus basiques,» écrit Cordesman. Il ajoute que cette bévue n’était pas sans rappeler «les erreurs que les Etats Unis avaient commises en préparant le discours sur l’Irak  du Secrétaire d’Etat ‘Colin° Powell à l’ONU en 2003.

Une version déclassifiée d’un rapport des services de renseignements français sur la Syrie qui a été rendu public lundi n’a pas vraiment clarifié les choses; la France a confirmé seulement 281 tués même si elle partage largement l’avis des Etats Unis sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime pour l’attaque du 21 août.

Une autre assertion de l’administration américaine qui fait sourciller est celle selon  laquelle les services de renseignements US ont «recueilli de nombreux renseignements humains, électroniques et spatiaux » qui montrent que le régime avait préparé son attaque trois jours à l’avance. Le rapport US affirme que des militaires gouvernementaux se trouvaient dans une zone connue pour servir à «mélanger des armes chimiques, dont le sarin» et que les forces du régime s’étaient préparées pour l’attaque du 21 août en mettant des masques à gaz.

Cette affirmation soulève deux questions: pourquoi les Etats Unis n’ont-ils pas prévenu les rebelles de l’attaque imminente et sauvé ainsi des centaines de vies? Et pourquoi l’administration [Obama] est-elle restée silencieuse sur cette activité suspecte quand au moins en une occasion précédente les officiels US avaient provoqué un remue ménage international après avoir observé des agissements semblables ?

Le 3 décembre 2012, après que des officiels américains eurent affirmé avoir décelé que la Syrie mélangeait des ingrédients pour des armes chimiques, le président Barack Obama avait à nouveau averti Assad que l’utilisation de telles armes serait l’inacceptable franchissement de la ligne rouge qu’il avait imposée l’été de cette année là. La secrétaire d’Etat de l’époque, Hillary Clinton avait renchéri, et l’ONU avait retiré de Syrie ses personnels non indispensables.

L’activité suspecte du mois dernier n’a cependant été évoquée publiquement qu’après l’attaque meurtrière. Et des personnalités de l’opposition affirment que les rebelles n’avaient pas été avertis à l’avance afin de pouvoir protéger les civils du secteur.

“Quand j’ai lu le memo de l’administration, c’était très convaincant, mais ils étaient au courant trois jour savant l’attaque et ils n’ont jamais prévenu personne dans le secteur,” déclare Radwan Ziadeh, un militant syrien d’opposition qui anime le Syrian Center for Political and Strategic Studies à Washington. «Tout le monde [à Washington] avait cette preuve mais ils n’ont rien fait ? »

Chez les spécialistes en armes chimiques et d’autres analystes qui ont étudié de près le champ de bataille syrien, la principale réserve quant aux affirmations des Etats Unis, tient au fait qu’ils ne comprennent pas la méthodologie derrière le recueil d’informations. Ils disent que les preuves présentées indiquent l’utilisation d’une substance chimique, mais ils considèrent que des questions demeurent sur la manière dont les renseignements ont été collectés, l’intégrité de la chaîne de transmission des échantillons ainsi que sur les laboratoires impliqués.

Eliot Higgins, un Britannique qui fait la chronique de la guerre civile en Syrie sur la blog Brown Moses, une ressource documentaire fréquemment citée sur les armes observées sur le champ de bataille syrien, a écrit lundi un poste où il énumère en détail les photographies et les vidéos qui semblent étayer la thèse des USA selon laquelle le régime d’Assad dispose de munitions qui peuvent servir de vecteurs pour des armes chimiques. Mais il n’est pas allé jusqu’à franchir le pas.

Sur le blog, Higgins demande: “Comment savons-nous que ce sont des armes chimiques? C’est ce que nous ne savons pas. Comme je l’ai dit tout le temps, ce sont des munitions qu’on a lié à de présumées attaques chimiques, pas des munitions chimiques utilisées dans des attaques chimiques. Il revient en définitive à l’ONU de confirmer l’utilisation d’armes chimiques.»

Les lacunes du dossier ont déjà permis à la Russie de rejeter les preuves américaines comme «non concluantes,» le ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov déclarant dans un discours lundi qu’on avait montré à Moscou «quelques éléments mais qu’il n’y avait rien de concret, pas de coordonnées géographiques ou de détails.. et aucune preuve que les tests [en laboratoire] avaient été pratiqués pas des professionnels » selon l’agence officieuse de presse RT news.

“Quand nous demandons plus d’éclaircissements, nous recevons la réponse suivante: ‘vous savez que ce sont des informations classifies; alors nous ne pouvons pas vous les montrer,’” a déclaré Lavrov. « Il n’y a donc toujours pas de faits concrets.»

Les propos de Lavrov venaient rappeler que la Russie, un des derniers alliés d’Assad, était lin d’être suffisamment convaincue pour  mettre un terme à ses blocages répétés des résolutions onusiennes contre le régime syrien.

Mais le scepticisme existe aussi chez des pays armes des Etats Unis, comme la Jordanie qui a refusé d’approuver une action [militaire] tant qu’elle n’aura pas étudié les conclusions des inspecteurs en armement chimique de l’ONU, et le Royaume Uni où le parlement a voté contre une intervention avant même la divulgation par les Etats Unis d’un rapport des services de renseignements qui contredisaient celui rendu public la veille par les autorités britanniques.

On ne sait pas trop quel a été le poids des preuves fournies dans la décision du parlement ; on est aussi très préoccupé [en Grande Bretagne] par toute éventuelle intervention conduite par les Etats Unis après l’expérience irakienne.

Les Etats Unis ont reçu un coup de pouce lundi donné par le chef de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui a déclaré à une conférence de presse qu’il avait vu des « informations concrètes » qui l’ont convaincu de la responsabilité du régime d’Assad pour ce qui ressemble à une attaque chimique qui a tué des centaines de personnes en août.

Rasmussen a dit que si le monde ne réagissait pas, il enverrait un «signal dangereux aux dictateurs,» mais il a laissé aux Etats membres de l’OTAN le soin de décider de leurs propres réponses et il n’a pas plaidé pour une action autre que la protection de l’Etat membre qu’est la Turquie frontalière de la Syrie.

Les allies des Etats Unis dans le monde arabe et en Europe ont annoncé qu’ils préféraient repousser le moment d’une éventuelle frappe militaire après la publication de ses conclusions par l’équipe d’inspection de l’ONU. L’ONU a pour mandat de déterminer si des armes chimiques ont été utilisées, mais pas de désigner le coupable. Les officiels de l’ONU ont indiqué qu’ils essayaient d’accélérer l e travail de l’équipe d’inspection tout en assurant l’intégrité de la procédure.

La victoire juridique de l’Iran et la déconfiture de David Cameron

19 juin 2013

Le premier ministre Britannique David Cameron semble aller de déconvenue en déconvenue en ce moment.

Non seulement son pays est touché par une grave affaire d’espionnage de dirigeants politiques étrangers qui avaient participé à un sommet du G20 en 2009 à Londres, mais M. Cameron vient de se faire rappeler à l’ordre en matière de respect du droit international par Vladimir Poutine qui a signifié une nouvelle fois son refus d’un armement des opposants qui combattent militairement le  régime de Damas ainsi que son refus d’une zone d’exclusion aérienne même limitée au-dessus du territoire syrien.

Et comme si ce n’était pas suffisant, voilà que la Cour Suprême de Grande Bretagne ajoute son grain de sel en annulant les sanctions contre une banque privée iranienne au nom du respect de la règle de droit que les autorités britanniques s’estiment fondées à bafouer en fonction de ce qu’elles considèrent être leurs intérêts.

Qu’on ne s’y trompe pas, l’arrêt de la cour britannique est avant tout un signe de la volonté chez d’éminents juristes et magistrats de donner un coup d’arrêt à des procédures d’exception qui s’appliquent en dehors de toute nécessité, sauf celle de dissimuler une insuffisance criante de preuves.

Ces procédures touchent certes aujourd’hui une entreprise étrangère mais leur spectre d’utilisation sera forcément amené à s’élargir, comme c’est déjà le cas aux Etats Unis, pour toucher toutes sortes d’institutions ou de  personnes au gré de la raison d’Etat.

La décision de la Cour Suprême britannique qui fera date intervient après un arrêt d’une juridiction européenne affirmant le caractère abusif des sanctions adoptées au niveau européen contre la même banque.

Le moindre des paradoxes n’étant pas, vu la propagande occidentale sur l’Iran, que c’est ce dernier pays qui s’appuie sur le droit tandis que les autorités britanniques ont besoin  de recourir à de graves entorse à ce même droit.

La Cour Suprême annule les sanctions contre une banque iranienne et critique les audiences secrètes.

Le ministère des finances reçoit l’ordre de lever les sanctions contre la banque Mellat et des voix critiques préviennent que la transparence de la justice et la règle de droit sont les victimes des tribunaux secrets.

Par Owen Bowcott, correspondant affaires juridiques, The Guardian (UK) 19 juin 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’enthousiasme du gouvernement pour les tribunaux secrets a été refroidi après que les juges de la plus haute juridiction britannique  ont annulé des sanctions antiterroristes imposées à une banque iranienne et écarté en les qualifiant de dérisoires les renseignements qui les étayaient.

Dans deux arrêts connexes, la Cour Suprême a ordonné au Trésor de lever les sanctions contre la Banque Mellat et affirmé que, à l’avenir, les audiences en appel pourraient se tenir à huis clos «seulement quand il a été démontré de manière convaincante que c’était vraiment nécessaire pour l’intérêt de la justice.»

La banque dont le siège est à Téhéran se bat depuis 2009 pour obtenir une levée des sanctions.

Le ministère britannique des finances soutenait que la banque a financé des entreprises qui participent au programme nucléaire militaire de l’Iran.

Pour justifier ces allégations, le ministère des finances avait demandé pour la première fois à la Cour Suprême de siéger en session secrète en avril dernier.

Dans le premier jugement, lu par Lord Neuberger, le président de la Cour Suprême, les magistrats ont déclaré : « Ayant tenu une audience à huis clos, il s’est avéré que rien ne motivait un jugement à huis clos par la Cour Suprême [par rapport aux informations des services secrets] parce qu’il n’y avait rien [dans ces informations] de nature à affecter notre raisonnement quant à l’appel sur le fond ».

Le juge Lord Neuberger

Le juge Lord Neuberger

“Une audience ne devrait se tenir à huis clos que quand il a été prouvé de manière convaincante qu’elle était vraiment nécessaire dans l’intérêt de la justice. Si la cour soupçonne fortement que rien dans les documents secrets n’est susceptible d’affecter le résultat de l’appel, elle ne devrait pas ordonner une audience à huis clos.»

L’organisation Liberty est intervenue dans ce dossier. Corinna Ferguson, conseillère juridique de cette organisation des droits de l’homme a affirmé :  » Les grands principes de la transparence de la justice et de l’Etat de droit sont atteints quand cette maladie de la justice secrète infecte la plus haute juridiction du pays. Le jugement en forme de douche froide d’aujourd’hui étale au grand jour  les arguments du gouvernement et met à nu sa volonté de mettre l’accent sur l’importance du secret au service de ses propres fins ».

«Compte tenu des récentes révélations sur l’espionnage et les écoutes, on a vraiment l’impression qu’il y a une loi pour l’Etat, et une loi pour tous les autres – aucun contrôle sur eux [l’Etat] ; pas de sphère privée pour nous.»

Sarosh Zaiwalla, de la société d’avocats Zaiwalla & Co Solicitors, qui représentait la Banque Mellat a déclaré : «La décision d’aujourd’hui est une victoire pour le droit autant que pour la Banque Mellat. Le jugement va donner une énorme confiance en l’indépendance du système judiciaire britannique et constitue un exemple de ce que même des litiges controversés peuvent être résolus en appliquant le principe de la primauté du droit par les tribunaux britanniques.»

La Banque Mellat a toujours nié avoir soutenu le programme nucléaire militaire iranien.

Missiles S-300 en Syrie à la barbe du Mossad

30 mai 2013
L’entité sioniste avait affirmé que sa dernière action de bombardement de la région de Damas avait pour objectif de détruire des équipements militaires destinés au Hezbollah libanais et qui étaient susceptibles de représenter une menace pour l’entité sioniste.
 
Un argument qui en temps ordinaire est de nature à faire taire toute critique et exclut bien sûr toute condamnation de la part des régimes occidentaux, ceux-là même qui se prétendent « amis » de la Syrie.
 
Remarquez que ce sont les même qui étaient les « amis » du Liban en 2006…
 
Et les temps actuels sont tout sauf ordinaires puisque les dits « amis » de la Syrie considèrent qu’il est grand temps que ce pays ami change de président, même si pour cela il faut plonger le pays dans la guerre et contrevenir à la lettre et à l’esprit de la Charte des Nations Unies dont certains de ces « amis » de la Syrie sont supposés être les garants.
 
Et en ces temps peu ordinaires, l’entité sioniste ne s’est pas privée de signifier qu’elle était prête à frapper la Syrie à nouveau si elle estimait que sa sécurité l’exigeait .
 
Des menaces qui n’ont suscité qu’indifférence dans le monde des « amis » de la Syrie mais qui ont amené le gouvernement syrien à faire savoir qu’il riposterait en cas de nouvelle agression.
Des propos bien entendu jugés inadmissibles par l’entité sioniste qui est la seule à avoir le droit de se « défendre ».
 
Comme si un agresseur avait un droit quelconque à se défendre.
 
Ces derniers jours, le gouvernement sioniste a encore monté d’un ton devant les informations selon lesquelles la Russie allait fournir des missiles sol-air évolués de type S-300.
 
Un des chefs du gang sioniste, Benjamin Netanyahou en l’espèce, a même fait le voyage à Moscou pour expliquer à Vladimir Poutine qu’il devait s’abstenir de livrer ces engins à l’armée syrienne.
 
Et les terroristes sionistes ont même menacé  d’armer les ennemis de la Russie ou d’attaquer les bateaux russes qui seraient chargés d’acheminer ces missiles vers la Syrie.
 
Après tout, les terroristes sionistes ont assassiné  le Comte Folke Bernadotte (un de ses assassins ayant eu droit à un hommage de la part de François Hollande au moment de son trépas), bombardé l’USS Liberty, un navire de l’armée américaine, saboté dans le port de Fréjus un équipement nucléaire destiné à l’Irak (vous ne trouverez rien sur le net à ce sujet), assassiné des militants humanitaires dans un bateau battant pavillon turc etc.
 
Le tout dans l’impunité totale. Alors pourquoi en irait-il autrement avec les Russes?
 
De fait, les informations les plus contradictoires ont circulé sur la future livraison ou  non livraison de ces armes à la Syrie, certaines d’entre elles faisant état d’une gesticulation de Moscou pour se trouver en position de force dans les négociations qui semblent se profiler.
 
Les choses sont beaucoup plus claires aujourd’hui puisque le président Bachar al-Assad a annoncé en personne que son pays disposait désormais des fameux missiles.
Un camouflet pour les services secrets sionistes qui croyaient que ces systèmes d’armes imposants étaient encore stockés dans un hangar quelque part en Russie.
 
On verra si les gangsters sionistes mettent à exécution leur autre menace qui consiste à essayer de détruire ces équipements sur le sol syrien.
 
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Même si ces missiles sont vulnérables tant qu’ils n’ont pas été mis en ordre de bataille, il est à peu près certain que non seulement ils sont (ou seront) installés par des techniciens Russes mais aussi que, compte tenu de la sophistication de systèmes qui demandent sans doute des mois de formation pour être manipulés correctement, leurs servants seront au moins pendant un temps des membres de l’armée russe.
 
 
Autant d’éléments de nature à dissuader les sionistes de bombarder les sites qui accueillent ou accueilleront ces missiles.
 
Les S-300 ont vocation à sanctuariser le territoire syrien contre les attaques venues du ciel. Ces missiles sont même en mesure d’interdire à l’aviation sioniste une bonne partie de son « propre » (palestinien en réalité) espace aérien .
 
C’est dire que Vladimir Poutine entend fixer lui-même les limites de l’ingérence militaire étrangère en Syrie.
 
Les sionistes se consolent en se disant qu’ils ne sont « pas une cible pour Assad« , ce qui est une manière d’essayer d’induire l’opinion en erreur car ces engins n’ont pas vocation à attaquer le territoire ennemi (ce ne sont pas des missiles sol-sol) mais à défendre le territoire syrien contre les attaques de l’aviation sioniste ou, pourquoi pas, française ou anglaise.
 
A ceux qui s’inquiètent de la présence des missiles par rapport aux discussions à venir sur une sortie pacifique de crise en Syrie, on rappellera aussi que ces engins sont inutiles face à une guérilla et ne peuvent gêner que ceux qui envisageraient des attaques aériennes contre la Syrie.
 
 

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