Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite et de gauche et du lobby sioniste

Le vote majoritaire des électeurs britanniques en faveur de la sortie de leur pays de l’Union Européenne (Brexit) est un événement considérable qui a et aura des répercussions politiques et économiques au Royaume Uni et bien sûr en Europe. A en croire le catastrophisme des commentateurs juste après les résultats du scrutin, on aurait même pu imaginer que la Grande Bretagne allait être submergée par la mer ou, pire, allait cesser d’être une île sous l’effet d’un séisme qui serait venu la coller au continent européen.

Mais le vote des sujets de Sa majesté est aussi le résultat de la situation politique en Europe et en Grande Bretagne, avec la poussée du néolibéralisme en matière économique et le recul du contrôle des nations sur leurs destins.

Si David Cameron a logiquement décidé de présenter sa démission suite à la victoire du Brexit, on assiste de manière plus surprenante à des appels insistants à la démission de Jeremy Corbyn de la direction du Parti Travailliste. Non seulement la grande majorité des députés travaillistes ainsi que l’ancien chef du gouvernement Tony Blair l’ont explicitement appelé à remettre son mandat mais, fait singulier, ils ont été rejoints en ce sens par l’actuel premier ministre conservateur.

Vous me direz : de quoi se mêle ce ministre quand il vient s’ingérer dans les affaires internes du principal parti opposé à sa politique ?

La réponse à cette question doit être recherchée dans les mutations qu’a connues la vie politique en Europe depuis la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS et la marginalisation de l’idéologie communiste. En l’absence d’alternative systémique, les partis politiques se sont transformés avant tout en machines à propulser au pouvoir des équipes qui défendent peu ou prou les mêmes visions de la société qui perdurent malgré les alternances dans l’accès aux fonctions gouvernementales.

La France en est un bon exemple avec la continuation de politiques libérales après la victoire à l’élection présidentielle de 2012 d’un candidat qui laissait entrevoir à ses électeurs une autre approche des questions sociales et économiques.

De fait, les courants néo-libéraux voire néoconservateurs sont désormais très présents sur tout l’échiquier politique où ils dominent les appareils des grandes organisations politiques.

Ils le sont aussi évidemment dans le Parti Travailliste britannique.

A la différence près que le leader de ce parti, Jeremy Corbyn, n’a pas été coopté par une nomenklatura prétendument de gauche, mais a été élu par les adhérents et sympathisants travaillistes. Et il a été élu à une large majorité pour orienter le parti à gauche, c’est-à-dire dans le sens de l’intérêt des travailleurs et des personnes les plus fragiles.

De fait, Jeremy Corbyn est un véritable homme de gauche. A ce titre, il a toujours été eurosceptique même s’il avait appelé du bout des lèvres à voter contre le Brexit.

C’est cette mollesse de son engagement qui lui est reprochée et qui serait la cause de la défaite du camp du maintien dans l’UE.

Et les appels à sa démission suite au résultat du référendum sur le Brexit viennent à peu près des mêmes cercles et personnes qui ont récemment attaqué Jeremy Corbyn et d’autres militants et cadres du Labour Party en les accusant avec insistance d’antisémitisme au motif de leurs prises de position pro-palestiniennes. Le cas le plus fameux est celui de l’ancien maire travailliste de Londres Ken Livingstone qui a eu le tort d’évoquer les accointances bien établies par les historiens [pas des cinéastes, des historiens !] entre le mouvement sioniste et les autorités nazies.

Il est remarquable de constater que Jeremy Corbyn,  Ken Livingstone et d’autres militants travaillistes n’ont pas cédé aux pressions du lobby sioniste, même quand, comme l’ancien maire de Londres, ils en ont subi des conséquences dans des activités à caractère professionnel.

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Le soutien de Jeremy Corbyn à la cause palestinienne est ancré dans ses valeurs de gauche et non affaire de circonstances

Jeremy Corbyn a très bien vu le coup venir et il a eu tôt fait d’informer ses ennemis qu‘il ne démissionnerait pas.

Même s’il est lâché par la majorité des députés de son parti, Corbyn sait qu’il peut compter sur le soutien de la base populaire, un soutien qui non seulement ne s’est pas démenti mais s’est encore renforcé depuis que les néolibéraux, sionistes et autres va-t-en-guerre ont juré ouvertement sa perte.

Le Labour Party enregistre 100 000 nouvelles adhésions alors que la crise au sommet s’approfondit

Il semble que les nouveaux membres se préparent à voter pour maintenir Jeremy Corby à la direction du Labour Party, en opposition aux parlementaires du parti.

Par Adam Lusher, The Independent (UK) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Parti Travailliste a enregistré 100 000 nouvelles adhésions depuis le référendum sur l’UE [Brexit], ce qui correspondrait à des démarches de partisans de la base du parti pour maintenir Jeremy Corbyn à sa tête en opposition à la volonté de la grande majorité de ses députés au parlement.

On soupçonne que la plupart des 100 000 nouveaux adhérents ont rejoint le parti Travailliste depuis le 23 juin dans l’intention expresse de défier les parlementaires travaillistes et de voter pour Jeremy Corbyn dans toute élection relative à la direction du parti.

La hausse du nombre d’adhérents intervient au milieu de ce que certains qualifient de tentative de coup de force contre Corbyn à l’instigation des députés du parti. Il y a eu les démissions en masse du cabinet fantôme de M. Corbyn, les membres sortants l’appelant à démissionner, et un vote de défiance par lequel les députés travaillistes au parlement se sont opposés à leur leader à une majorité écrasante avec 172 contre 40.

Le vieux routier de la gauche a cependant refusé de démissionner et pourrait être en mesure de s’accrocher au pouvoir contre la volonté de ses députés grâce aux votes des membres de la base du parti.

Si les choses se passaient ainsi et que le bond des 100 000 nouvelles adhésions faisait écho aux événements des élections de septembre à la direction du parti qui avaient vu plus de 100 000 personnes payer 3 £ pour s’inscrire comme sympathisants du Parti Travailliste et obtenir ainsi la possibilité de voter.

Corbyn avait remporté une victoire écrasante avec 59,5 % des voix des adhérents, contre 19 % pour son plus proche rival, Andy Burnham.

Pourtant M. Corbyn n’avait reçu que peu de soutien de la part des députés travaillistes. Il avait d’abord dû batailler pour obtenir les 35 signatures nécessaires pour se présenter, et il n’y était parvenu que parce que certains députés travaillistes lui avaient « apporté » leur soutien pour « élargir le débat. » Une parlementaire dans ce cas, l’ex Secrétaire aux affaires étrangères Margaret Beckett, a admis avoir été une « imbécile. »

HuffPost UK a rapporté que le nombre d’adhérents au Labour Party a maintenant atteint environ 500 000 membres – dépassant largement le record précédent de 405 000 qui datait de l’époque où Tony Blair dirigeait le parti.

Cette fois-ci, par contre, la hausse des adhésions semble être un symptôme d’une crise interne au Labour Party dans laquelle le leader est coupé de ses députés mais soutenu par la base.

L’ancienne ministre du commerce du cabinet fantôme, Angela Eagle, est considérée comme la rivale la plus probable de Jeremy Corbyn dans une élection à la direction du parti. Elle a la confiance de ses collègues parlementaires mais il est beaucoup moins certain qu’elle puisse être en capacité de persuader les membres ordinaires du parti de voter pour elle et contre M. Corbyn.

Et si M. Corbyn est réélu à la direction du Parti Travailliste, l’hostilité à son égard de la grande majorité des parlementaires pourrait bien rendre inévitable une scission dans le parti.

La crainte d’une telle éventualité est si forte que, comme l’a révélé The Independent, de hauts responsables du Labour ont même commencé à chercher à savoir qui possède la dénomination du parti, son logo, son siège londonien et ses bureaux dans les régions.

Le vice leader du Labour, Tom Watson, a eu des discussions en tête-à-tête avec Len McCluskey, le leader d’Unite, le plus important syndicat britannique, pour trouver un compromis qui résoudrait la crise, mais les chances d’accord semblent lointaines.

Il semble que les syndicats tiennent à ce que M. Corbyn garde la direction du parti tandis que M. Watson leur a dit que la ligne rouge pour les parlementaires travaillistes est que M. Corbyn doit s’en aller.

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7 Réponses to “Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite et de gauche et du lobby sioniste”

  1. Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite et de gauche et du lobby sioniste | salimsellami's Blog Says:

    […] Source : Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite… […]

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  2. Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite et de gauche et du lobby sioniste | systemophobe Says:

    […] Source : Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite… […]

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  3. SUITE DU PETIT JOURNAL DE KARIM – La Voix De La Libye Says:

    […] Djazaïri » <[email protected]/* */> Date : 8 juillet 2016 à 20:05 Objet :Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néon-conservateurs de droit… by […]

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  4. Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite et de gauche et d u lobby sioniste | Mounadil al Djazaïri | Raimanet Says:

    […] Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite et de gauche et du lobby sioniste | Mounadil al Djazaïri https://mounadil.wordpress.com/2016/07/08/le-leader-travailliste-britannique-jeremy-corbyn-affronte-&#8230; […]

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  5. L’Ecossais Terry Kelly donne une nouvelle preuve de la résistance des travaillistes britanniques au lobby sioniste | Mounadil al Djazaïri Says:

    […] Points de vue sur le monde arabe « Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite… […]

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  6. SUITE DU PETIT JOURNAL DE KARIM … – La Voix De La Libye Says:

    […] Djazaïri » <[email protected]/* */> Date : 8 juillet 2016 à 20:05 Objet :Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néon-conservateurs de droit… by […]

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  7. Le lobby sioniste passe directement à l’action pour essayer de neutraliser Jermey Corbyn | Mounadil al Djazaïri Says:

    […] qui n’est cependant pas le cas car Jeremy Corbyn, comme on l’a dit ici, s’appuie sur la base des militants et sympathisants et c’est pour cette raison […]

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