Une délégation saoudienne en visite à Jérusalem

22 juillet 2016

Ceux qui observent les événements en Syrie constatent généralement le soutien apporté par l’Occident aux forces qu’on appelle communément « djihadistes », c’est-à-dire l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh) et al Qaïda.

Ce soutien habituellement éludé par la grande presse, à quelques exceptions près, n’a cependant pas manqué d’être relevé suite à l’assassinat par décapitation en Syrie d’un enfant (présenté comme un soi-disant enfant soldat d’une milice palestinienne pro-gouvernementale) par des combattants appartenant à une organisation soutenue par les Etats Unis ainsi que l’a reconnu le Pentagone.

On évoque par contre moins souvent le soutien apporté aux « djihadistes » par le régime sioniste, un soutien qui est particulièrement apparent dans la région du Golan et qui ne se borne pas comme certains le croient à une aide médicale.

Ce soutien de l’entité sioniste aux « djihadistes » en Syrie est bien entendu cohérent avec celui qu’apportent les pays occidentaux mais il l’est aussi avec la politique de la monarchie saoudienne qui est leur principal parrain dans la région.

Et en effet, le régime sioniste comme l’Arabie Saoudite ont un intérêt commun à affaiblir l’axe qui réunit le Hezbollah, la Syrie et l’Iran et à essayer d’éliminer le dernier régime qui se réclame du nationalisme arabe

Cette communauté d’intérêt s’est traduite par un certain nombre de signaux adressés au régime sioniste par le biais de la presse saoudienne, puis de rencontres discrètes et lus tard ouvertes sur des thématiques non directement politiques et dans des pays tiers.

 Nous sommes aujourd’hui arrivés à un stade avancé du rapprochement entre la monarchie saoudienne et le régime sioniste puisqu’une délégation saoudienne dirigée par un ancien officier supérieur de l’armée et ancien diplomate vient de séjourner dans l’entité sioniste où elle a pu rencontrer un carde du ministère des affaires étrangères et quelques députés d’opposition.

Le but de la visite était, selon ce qu’en ont dit certains députés de l’entité sioniste, d’encourager un dialogue chez les parlementaires autour de l’initiative arabe de paix.

Un prétexte qui laisse perplexe. En effet, si c’était là le véritable objectif de la visite, il aurait fallu que les rencontres ne se limitent pas à quelques députés d’une opposition marginale.

Par ailleurs, le simple fait que cette visite ait eu lieu adresse au régime sioniste le signal que le rapprochement se fera de toute façon puisqu’elle n’a pas été assortie de contreparties. En tout cas pas des contreparties en relation avec les droits du peuple palestinien.

 

Un ancien Général saoudien séjourne en Israël et rencontre le Directeur Général pour le Moyen-Orient du ministère des affaires étrangères

Pendant ce voyage des plus inhabituels, le Général en retraite Anwar Eshki a également rencontré un groupe de membres de la Knesset pour encourager le dialogue en Israël sur l’initiative arabe de paix.

Par Barak Ravid, Haaretz (Sionistan)  22 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Général en retraite saoudien a visité Israël cette semaine et a rencontré le Directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold et le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires, le Général-Major. Yoav Mordechai.

Eshki, qui conduisait une délégation d’universitaires et d’hommes d’affaires saoudiens a aussi rencontré un groupe de membres de la Knesset pour encourager le dialogue en Israël sur l’initiative arabe de paix.

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L’ex général saoudien Anwar Eshki à la rencontre de députés sionistes

Eshki a occupé des fonctions importantes dans l’armée saoudienne et au ministère des affaires étrangères et il dirige actuellement un institut de recherche. On ignore son degré de proximité avec les responsables du gouvernement de Ryad et du palais royal. Même si ce n’était pas une visite officielle, elle était des plus inhabituelles car Eshki ne pouvait pas s’être rendu en Israël dans l’approbation du gouvernement saoudien.

Eski et Gold avaient participé à une manifestation conjointe médiatisée dans un institut de recherche à Washington en juin 2015 après plusieurs rencontres en privé dans des contextes universitaires l’année qui avait précédé. Gold avait assisté à cette manifestation quelques jours avant d’assumer le rôle de Directeur-général au ministère des affaires étrangères.

Eshki et sa délégation sont arrivées en Israël en début de semaine. Ils ont aussi rencontré le Président palestinien Mahmoud Abbas et d’autres hauts responsables du gouvernement de Ramallah.

Leurs rencontres avec les deux officiels israéliens – Gold et Mordechai – n’ont pas eu lieu dans un bureau du gouvernement mais à l’hôtel King David à Jérusalem.

L’ancien Général et les délégués ont rencontré vendredi des députés d’opposition. La rencontre a été organisée par le député du Meretz Esawi Freige et elle a vu la participation des députés Michael Rozin, du même parti, de Ksenia Svetlova et Omer Bar-Lev de l’Union Sioniste. Freige a déclaré à Haaretz que les délégués avaient aussi rencontré mardi le président de Yash Atid, Yair Lapid. Il a dit que Lapid voulait que deux membres de son parti, les députés Jacob Perry et Ofer Shelah assistent à la réunion de vendredi mais que àa n’a pas marché à cause de problèmes d’agendas.

Freige, Svetlova et Rozin ont déclaré lors de conversations avec Haaretz que Eshki et les délégués avaient voulu rencontrer des parlementaires israéliens afin d’encourager le dialogue en Israêl sur l’initiative arabe de paix. Ils ont ajouté que pendant la réunion de vendredi, les membres de la Knesset avaient proposé qu’Eshki invite les députés israéliens qui soutiennent l’initiative à une réunion en Arabie Saoudite. « Les Saoudiens veulent s’ouvrir à Israël, » a déclaré Freige. « C’est une étape stratégique pour eux. Ils disent qu’ils veulent poursuivre de que l’ancien président égyptien Anouar Sadate avait commencé. Ils veulent se rapprocher d’Israël. C’est tout à fait évident. »

Pendant la réunion, le général saoudien en retraite a parlé aux députés de sa relation avec Gold, observant que le Directeur-Général du ministère des affaires étrangères avait écrit un livre anti-saoudien intitulé « Le royaume de la haine » il y a une dizaine d’années. Eshki a dit aux membres de la  Knesset que, au cours d’une de leurs rencontres, Gold avait présenté des excuses pour ses accusations contre l’Arabie Saoudite et avait dit qu’une partie de ce qu’il avait écrit était faux et il avait souligné qu’il souhaitait renforcer les relations entre les deux pays.

Le lobby sioniste passe directement à l’action pour essayer de neutraliser Jeremy Corbyn

14 juillet 2016

La politique britannique est décidément passionnante. On l’a vu avec le référendum sur le Brexit mais c’est surtout en réalité au sein du labour Party que se joue quelque chose d’absolument essentiel.

En effet, l’arrivée de Jeremy Corbyn à la tête du Parti Travailliste est sans doute le signal d’un changement fondamental que serait la réappropriation par les militants et la base de gauche de ce parti qui était depuis Tony Blair passé sous la coupe des néoconservateurs.

La contestation contre Corbyn ne faiblit cependant pas, que ce soit du côté de la droite [les Tories et le patronat] ou dans les rangs travaillistes

Du côté travailliste, la contestation vient essentiellement des parlementaires qui, s’ils ne représentent absolument pas les sentiments de la base du parti, ont une capacité de nuisance importante par leur accès aux médias qui leur permet de donner l’impression d’un Jeremy Corbyn aux abois.

Ce qui n’est cependant pas le cas car Jeremy Corbyn, comme on l’a dit ici, s’appuie sur la base des militants et sympathisants et c’est pour cette raison qu’il a refusé de démissionner.

Il pourrait cependant avoir à remettre en jeu son mandat dans le cadre d’un nouveau scrutin de désignation du leader du parti. On voit mal Corbyn, qui a été élu avec une majorité très confortable, refuser de se plier à une telle procédure.

La seule solution pour ses opposants serait que Jeremy Corbyn ne puisse pas se présenter à sa propre succession. Malheureusement pour ces derniers, les instances du parti viennent de décider que, en tant que leader sortant, Corbyn serait automatiquement autorisé à être candidat sans passer par l’investiture d’un certain nombre de parlementaires.

C’en est trop pour ses ennemis qui pensaient tenir là le moyen d’empêcher une candidature de Corbyn dans la mesure où les parlementaires sont à la tête de la fronde contre Corbyn.

Fort des grosses sommes d’argent qu’il a données au Labour Party, un des opposants à Corbyn a cru bon d’aller au tribunal pour que la justice dise si la désignation automatique de Jeremy Corbyn par les instances nationale du parti est conforme ou non à son règlement.

Ce généreux donateur, Michael Foster, n’est autre qu’un représentant du lobby sioniste dans le Labour Party qui en veut particulièrement au leader travailliste dont le soutien à la cause palestinienne ne s’est pas démenti avec son arrivée à la direction du parti.

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Michael Foster

Ce qui oblige le lobby a intervenir de plus en plus ouvertement dans la vie politique britannique, permettant à tout un chacun de constater l’influence de ces représentants de l’étranger.

Un donateur du Labour Party va contester en justice le mode de désignation des candidats à la direction du parti

Michael Foster veut que la haute cour examine la décision du parti de permettre à Jeremy Corbyn de se présenter au scrutin

Par Jessica Elgot, The Guardian (UK) 14 juillet 2016 taduit de l’anglais par Djazaïri

Un donateur du Labour va contester au tribunal la décision du comité directeur national du parti de désigner automatiquement Jeremy Corbyn comme candidat à la prochaine compétition pour la direction du parti.

Michael Foster, un ancien candidat aux élections législatives, va introduire sa requête auprès de la haute cour jeudi après-midi.

« Le problème soulevé par ma requête près la haute cour est celui de l’interprétation correcte du règlement du parti, » a-t-il déclaré sur BBC Radio, affirmant que la présence automatique de Corbyn sur la liste des candidats à l’élection à la direction du parti était « fondamentalement un problème de légalité. »

Le comité directeur national du parti a entendu trois avis juridiques contradictoires mardi soir, dont celui de Michael Mansfield QC [Queen’s Counsel] qui a conclu que seuls ceux qui briguaient le poste avaient besoin d’être désignés et celui de James Goudie QC selon qui tous les candidats devraient avoir l’investiture des parlementaires travaillistes.

« Trois avis juridiques ont été présentés par des QCs, et tous étaient à contre-courant [sic] et aucune des personnes [du comité directeur] présentes n’était impartiale par rapport à ces avis, » a affirmé Foster.

« Tout ce que je dis est que l’avis qui a été retenu n’a pas été examiné avec le regard expert qui serait celui d’un juge en haute cour. Chaque personne présente [au comité directeur] avait un agenda politique différent. »

Tom Watson, vice-président Parti Travailliste a déclaré que la démarche de Foster était mal venue: « Cette contestation en justice n’est d’aucune utilité et peut déstabiliser la labour Party. Le comité directeur national a pris une décision. Il a conclu que Jeremy Corbyn était automatiquement sur la liste des candidats. Nous devons respecter cette décision et donner à nos membres un choix de candidats aussi vite que possible. »

Foster a précisé qu’il n’avait pas voté pour Corbyn à la dernière élection pour la direction du parti mais il a soutenu que la règle ne devait pas être fonction de circonstances politiques particulières et devrait être arbitrée par une instance neutre.

« Je n’ai pas voté pour Corbyn quand il s’est présenté, mais ça n’a rien à voir avec la politique, et à l’heure actuelle je pense moi aussi que Jeremy devrait avoir le droit de figurer parmi les candidats mais pas de manière automatique, » a-t-il dit.

Le jugement de l’affaire sera une question de jours, pas de semaine, si la haute cour décide d’entendre les arguments des uns et des autres, a déclaré Foster.

Foster est un ancien agent du showbiz qui a donné plus de £400 00 (un peu moins de 500 000 euros) au parti depuis 2010 et a gagné en importance au cours de la dernière conférence du Labour Party après s’être confronté à Corbyn pendant une réception des Labour Friends of Israel [amis travaillistes de l’entité sioniste] en manifestant sa colère à cause de l’absence du mot « Israël » dans le discours qu’il avait prononcé à cette réunion.

« Dites le mot Israël », avait-il crié à Corbyn qui est un militant de longue date en faveur de la cause palestinienne. (à 8’25″sur la vidéo)

Les temps changent: une responsable démocrate californienne se permet d’exprimer son mépris pour feu Elie Wiesel

13 juillet 2016

Contrairement à ce qu’on pourrait croire à la lecture de la plupart des journaux, le concert de louanges pour saluer la mémoire d’Elie Wiesel n’a pas été unanime, et cette absence d’unanimité n’est pas propre au monde musulman.

Je vous en livre ici un exemple avec la réaction d’une dirigeante locale du Parti démocrate aux Etats unis.

L’attitude de cette personne est intéressante non seulement par les réactions de protestation qu’elle a suscité chez les représentants du lobby sioniste en Californie, mais surtout par le fait que les instances de son parti ont renoncé à toute mesure disciplinaire ou simple admonestation.

 Au motif qu’elle s’est exprimée à titre personnel. Une mansuétude qui est sans doute aussi signe de plus que les temps changent, lentement mais sûrement, pour le lobby sioniste ; et pas en sa faveur.

Une leader démocrate de Los Angeles sous le feu des critiques après ses propos sur le survivant de l’holocauste Elie Wiesel

par Dakota Smith, Los Angeles Daily News (USA) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’Anti-Defamation League (ADL, équivalent de la LICRA) élève la voix au sujet d’un email envoyé par une responsable locale du Parti Démocrate dans lequel elle critique Elie Wiesel, le survivant de l’holocauste et lauréat du prix Nobel de la paix qui est mort le 2 juillet.

Dorothy Reik, présidente des Démocrates Progressistes de Santa Monica Mountains et déléguée élue pour le Los Angeles County Democratic party a mis en colère certaines organisations avec son email dans lequel elle tient des propos désobligeants sur Wiesel après son décès.

Dorothy Reik

Dorothy Reik

« J’ai rencontré des gens qui ont fait de l’holocauste leur source de revenus mais jamais au même niveau que l’a fait Wiesel, » a écrit Reik. Elle reprenait aussi dans son email un incident dans lequel une autre personne avait qualifié Wiesel de « p….n de l’holocauste »

Reik, qui est juive, a écrit dans l’email que son opinion ne reflétait pas le point de vue des Progressive Democrats de Santa Monica Mountains et elle a reconnu que la plupart de ses amis et partenaires sne seraient pas d’accord avec elle.

Amanda Susskind, la directrice de l’ADL pour la région Pacifique Sud-Ouest, a posté l’email de Reik sur le site web de l’ADL-Los Angeles. « Alors que le monde entier pleure la mort du lauréat du Nobel et survivant de l’holocauste Elie Wiesel – souvent surnommé la conscience du monde – il est particulièrement inquiétant de voir cette responsable démocrate partager ces mots perfides, même quand ils sont exprimés au titre d’opinion personnelle, » écrit Susskind.

Wiesel, auteur de « La Nuit » est décédé à New York à l’âge de 87 ans. Sa mort a été suivie de nombreuses manifestations d’émotion de la part de dirigeants du monde entier et de politiciens locaux dont Eric Garcetti, le maire de Los Angeles.

Le journaliste Max Blumenthal a écrit un article lundi dernier pour Alternet dans lequel il critique Wiesel pour avoir accepté de donner des conférences moyennant des cachets très élevés payés par des personnalités controversées [des antisémites notoires, NdT] et ne pas avoir pris position en faveur de populations opprimées. Reik avait inclus un lien vers cet article dans son email.

Contactée à son domicile mercredi, Reik a déclaré, « Je m’excuse si j’ai offensé quelqu’un. »

Eric Bauman, président du Parti Démocrate pour le Comté de Los Angeles et vice-président du Parti démocrate californien a déclaré que Reik avait cité un terme utilisé par quelqu’un d’autre et qu’elle exprimait une opinion personnelle.

« Je considère cependant qu’une telle déclaration reflète négativement l’image d’une dirigeante du Parti Démocrate, » a déclaré Bauman dans une interview mercredi. « Il ne semble pas que nous ayons l’autorité pour entreprendre une quelconque action dans la mesure où cela a été fait à titre personnel. »

Estee Chandler, présidente de la section de Los Angeles de Jewish Voice for Peace a qualifié Wiesel d’homme « compliqué ». Il était un « témoin à la morale prophétique qui implorait le monde de ne pas rester silencieux face à l’oppression, » a observé Chandler.

Mais il s’est aussi « abstenu de parler de la même façon des droits des Palestiniens et contre les discours anti-musulmans et l’islamophobie, » a-t-elle dit.

Chandler n’a pas souhaité commenter l’email de Reik.

L’Ecossais Terry Kelly donne une nouvelle preuve de la résistance des travaillistes britanniques au lobby sioniste

13 juillet 2016

L’arrivée de Jeremy Corbyn à la tête du Parti Travailliste en Grande Bretagne a mis fin à la domination de ce parti par le courant néoconservateur incarné par Tony Blair. C’est grâce à un nouveau mode de désignation par les adhérents et sympathisants que Corbyn a pu s’emparer de la direction du parti, au grand dam des représentants du blairisme.

Ces derniers ont immédiatement déterré la hache de guerre contre le nouveau leader travailliste qui a été élu pour réorienter le parti à gauche. Il va sans dire que la faction travailliste hostile à Corbyn a dès le début pu compter sur les prédictions catastrophistes de tout ce que le royaume compte de conservateurs aussi bien sur la scène politique que dans la presse. Et le résultat du référendum sur la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne a donné lieu à un regain d’attaques et d’appels à la démission, auxquels même le premier ministre conservateur David Cameron, le grand perdant du scrutin sur le Brexit, s’est associé !

Mais la première véritable attaque contre Jeremy Corbyn est venue du lobby sioniste qui, très inquiet des prises de position ouvertement pro-palestiniennes du nouveau leader a commencé à lancer des accusations d’antisémitisme aussi bien contre le chef du Labour que contre des militants.

C’est ainsi que l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone, a pu être visé par cette accusation tout comme Bob Campbell, un militant appartenant à la base du parti.

Le but du lobby sioniste est d’amener la direction travailliste à sanctionner ceux qu’il accuse et d’inciter Jeremy Corbyn à condamner leurs propos et/ou prises de position. L’objectif ultime étant que le leader travailliste finisse par comprendre que l’accès au poste de premier ministre passe par des déclarations d’attachement à l’entité sioniste.

Ces manoeuvres ont pour l’heure échoué puisque si quelques militants, comme la députée Naz Shah ont pu être suspendus dans l’attente des conclusions de commissions d’enquête, aucun n’a été sanctionné. Et certes Naz Shah a présenté des excuses pour les propos qu’elle a tenus, mais sans renoncer à manifester de fortes convictions en faveur de la justice en Palestine et en remettant aux calendes grecques le voyage à Auschwitz qui lui était proposé comme remède à la maladie antisémite qui la ronge.

L’article que je vous propose nous donne un autre exemple d’un antisioniste plutôt virulent qui vient d’être réintégré sans autre forme de procès dans le parti après deux mois de suspension.

Le conseiller travailliste Terry Kelly réintégré dans le Parti après une controverse sur le sionisme

Par Dan Vevers, Scotland on TV (UK) 12 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le conseiller de circonscription du Renfrewshire avait été suspendu suite à une série de blog posts critiques à l’égard d’Israël.

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Centre historique de l’industrie textile écossaise, le Renfrewshire balance entre la travaillisme encore majoritaire et le nationalisme

Le conseiller de circonscription du Renfrewshire a été réintégré dans le Scottish Labour après avoir été suspendu pour des propos présumés antisémites.

Kelly a écrit pendant des années des séries de messages sur un blog dans lesquels il critique Israël, le sionisme et le « lobby juif », mais il affirme n’être « en aucune façon antijuif ».

Un de ses posts a été écrit en soutien aux propos tenus par Ken Livingstone par lesquels l’ancien maire de Londres suggérait que Hitler soutenait le sionisme.

Les propos de Livingstone avaient conduit à sa suspension du Labour Party et suscité une controverse sur l’antisémitisme à l’intérieur du parti qui avait vu un certain nombre d’autres personnalités travaillistes suspendues en attendant les résultats des enquêtes en cours, comme dans le cas de la députée Naz Shah.

Kelly avait été suspendu le 4mai.

Il a révélé que sa suspension du parti avait été levée dans un blog post de jeudi dernier dans lequel il qualifiait la controverse sur l’antisémitisme de « politique de caniveau dans toute sa bassesse. »

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Terry Kelly

Kelly écrit: « C’était de la classique diffamation contre moi et d’autres membres du parti par une coalition constituée de sionistes extrémistes israéliens, de Tories de droite opportunistes et des habituels suspects puants du SNP (Scottish National Party).

« Ils ont échoué assez spectaculairement. Ils étaient voués à échouer parce qu’ils ont visé des membres du Labour Party qui ont une solide réputation pour avoir milité toute leur vie contre le racisme et l’intolérance.

« Au cours de mes 43 années au Parti travailliste, je n’ai pas entendu tenir un seul propos antisémite, c’était de la politique de caniveau dans toute sa bassesse. »

Dans des blog posts antérieurs, Kelly qui représente la circonscription de Paisley Nord-Ouest prétendait que les Oscars sont manipulés per le « puissant lobby juif » et que ce même lobby a dicté sa politique étrangère au président Obama, affirmant : « Le lobby juif américain est extrêmement puissant et la nuque d’Obama est sous sa botte. »

Le leader du Conseil du Renfrewshire et le groupe travailliste ont confirmé la réintégration de Kelly.

 

Le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn affronte la cabale des néonconservateurs de droite et de gauche et du lobby sioniste

8 juillet 2016

Le vote majoritaire des électeurs britanniques en faveur de la sortie de leur pays de l’Union Européenne (Brexit) est un événement considérable qui a et aura des répercussions politiques et économiques au Royaume Uni et bien sûr en Europe. A en croire le catastrophisme des commentateurs juste après les résultats du scrutin, on aurait même pu imaginer que la Grande Bretagne allait être submergée par la mer ou, pire, allait cesser d’être une île sous l’effet d’un séisme qui serait venu la coller au continent européen.

Mais le vote des sujets de Sa majesté est aussi le résultat de la situation politique en Europe et en Grande Bretagne, avec la poussée du néolibéralisme en matière économique et le recul du contrôle des nations sur leurs destins.

Si David Cameron a logiquement décidé de présenter sa démission suite à la victoire du Brexit, on assiste de manière plus surprenante à des appels insistants à la démission de Jeremy Corbyn de la direction du Parti Travailliste. Non seulement la grande majorité des députés travaillistes ainsi que l’ancien chef du gouvernement Tony Blair l’ont explicitement appelé à remettre son mandat mais, fait singulier, ils ont été rejoints en ce sens par l’actuel premier ministre conservateur.

Vous me direz : de quoi se mêle ce ministre quand il vient s’ingérer dans les affaires internes du principal parti opposé à sa politique ?

La réponse à cette question doit être recherchée dans les mutations qu’a connues la vie politique en Europe depuis la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS et la marginalisation de l’idéologie communiste. En l’absence d’alternative systémique, les partis politiques se sont transformés avant tout en machines à propulser au pouvoir des équipes qui défendent peu ou prou les mêmes visions de la société qui perdurent malgré les alternances dans l’accès aux fonctions gouvernementales.

La France en est un bon exemple avec la continuation de politiques libérales après la victoire à l’élection présidentielle de 2012 d’un candidat qui laissait entrevoir à ses électeurs une autre approche des questions sociales et économiques.

De fait, les courants néo-libéraux voire néoconservateurs sont désormais très présents sur tout l’échiquier politique où ils dominent les appareils des grandes organisations politiques.

Ils le sont aussi évidemment dans le Parti Travailliste britannique.

A la différence près que le leader de ce parti, Jeremy Corbyn, n’a pas été coopté par une nomenklatura prétendument de gauche, mais a été élu par les adhérents et sympathisants travaillistes. Et il a été élu à une large majorité pour orienter le parti à gauche, c’est-à-dire dans le sens de l’intérêt des travailleurs et des personnes les plus fragiles.

De fait, Jeremy Corbyn est un véritable homme de gauche. A ce titre, il a toujours été eurosceptique même s’il avait appelé du bout des lèvres à voter contre le Brexit.

C’est cette mollesse de son engagement qui lui est reprochée et qui serait la cause de la défaite du camp du maintien dans l’UE.

Et les appels à sa démission suite au résultat du référendum sur le Brexit viennent à peu près des mêmes cercles et personnes qui ont récemment attaqué Jeremy Corbyn et d’autres militants et cadres du Labour Party en les accusant avec insistance d’antisémitisme au motif de leurs prises de position pro-palestiniennes. Le cas le plus fameux est celui de l’ancien maire travailliste de Londres Ken Livingstone qui a eu le tort d’évoquer les accointances bien établies par les historiens [pas des cinéastes, des historiens !] entre le mouvement sioniste et les autorités nazies.

Il est remarquable de constater que Jeremy Corbyn,  Ken Livingstone et d’autres militants travaillistes n’ont pas cédé aux pressions du lobby sioniste, même quand, comme l’ancien maire de Londres, ils en ont subi des conséquences dans des activités à caractère professionnel.

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Le soutien de Jeremy Corbyn à la cause palestinienne est ancré dans ses valeurs de gauche et non affaire de circonstances

Jeremy Corbyn a très bien vu le coup venir et il a eu tôt fait d’informer ses ennemis qu‘il ne démissionnerait pas.

Même s’il est lâché par la majorité des députés de son parti, Corbyn sait qu’il peut compter sur le soutien de la base populaire, un soutien qui non seulement ne s’est pas démenti mais s’est encore renforcé depuis que les néolibéraux, sionistes et autres va-t-en-guerre ont juré ouvertement sa perte.

Le Labour Party enregistre 100 000 nouvelles adhésions alors que la crise au sommet s’approfondit

Il semble que les nouveaux membres se préparent à voter pour maintenir Jeremy Corby à la direction du Labour Party, en opposition aux parlementaires du parti.

Par Adam Lusher, The Independent (UK) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Parti Travailliste a enregistré 100 000 nouvelles adhésions depuis le référendum sur l’UE [Brexit], ce qui correspondrait à des démarches de partisans de la base du parti pour maintenir Jeremy Corbyn à sa tête en opposition à la volonté de la grande majorité de ses députés au parlement.

On soupçonne que la plupart des 100 000 nouveaux adhérents ont rejoint le parti Travailliste depuis le 23 juin dans l’intention expresse de défier les parlementaires travaillistes et de voter pour Jeremy Corbyn dans toute élection relative à la direction du parti.

La hausse du nombre d’adhérents intervient au milieu de ce que certains qualifient de tentative de coup de force contre Corbyn à l’instigation des députés du parti. Il y a eu les démissions en masse du cabinet fantôme de M. Corbyn, les membres sortants l’appelant à démissionner, et un vote de défiance par lequel les députés travaillistes au parlement se sont opposés à leur leader à une majorité écrasante avec 172 contre 40.

Le vieux routier de la gauche a cependant refusé de démissionner et pourrait être en mesure de s’accrocher au pouvoir contre la volonté de ses députés grâce aux votes des membres de la base du parti.

Si les choses se passaient ainsi et que le bond des 100 000 nouvelles adhésions faisait écho aux événements des élections de septembre à la direction du parti qui avaient vu plus de 100 000 personnes payer 3 £ pour s’inscrire comme sympathisants du Parti Travailliste et obtenir ainsi la possibilité de voter.

Corbyn avait remporté une victoire écrasante avec 59,5 % des voix des adhérents, contre 19 % pour son plus proche rival, Andy Burnham.

Pourtant M. Corbyn n’avait reçu que peu de soutien de la part des députés travaillistes. Il avait d’abord dû batailler pour obtenir les 35 signatures nécessaires pour se présenter, et il n’y était parvenu que parce que certains députés travaillistes lui avaient « apporté » leur soutien pour « élargir le débat. » Une parlementaire dans ce cas, l’ex Secrétaire aux affaires étrangères Margaret Beckett, a admis avoir été une « imbécile. »

HuffPost UK a rapporté que le nombre d’adhérents au Labour Party a maintenant atteint environ 500 000 membres – dépassant largement le record précédent de 405 000 qui datait de l’époque où Tony Blair dirigeait le parti.

Cette fois-ci, par contre, la hausse des adhésions semble être un symptôme d’une crise interne au Labour Party dans laquelle le leader est coupé de ses députés mais soutenu par la base.

L’ancienne ministre du commerce du cabinet fantôme, Angela Eagle, est considérée comme la rivale la plus probable de Jeremy Corbyn dans une élection à la direction du parti. Elle a la confiance de ses collègues parlementaires mais il est beaucoup moins certain qu’elle puisse être en capacité de persuader les membres ordinaires du parti de voter pour elle et contre M. Corbyn.

Et si M. Corbyn est réélu à la direction du Parti Travailliste, l’hostilité à son égard de la grande majorité des parlementaires pourrait bien rendre inévitable une scission dans le parti.

La crainte d’une telle éventualité est si forte que, comme l’a révélé The Independent, de hauts responsables du Labour ont même commencé à chercher à savoir qui possède la dénomination du parti, son logo, son siège londonien et ses bureaux dans les régions.

Le vice leader du Labour, Tom Watson, a eu des discussions en tête-à-tête avec Len McCluskey, le leader d’Unite, le plus important syndicat britannique, pour trouver un compromis qui résoudrait la crise, mais les chances d’accord semblent lointaines.

Il semble que les syndicats tiennent à ce que M. Corbyn garde la direction du parti tandis que M. Watson leur a dit que la ligne rouge pour les parlementaires travaillistes est que M. Corbyn doit s’en aller.

Boycotter l’entité sioniste, c’est être du bon côté de l’histoire!

26 juin 2016

Le Washington Post publie une tribune d’une militante du BDS, le mouvement qui appelle au boycott, au désinvestissement et à des sanctions contre l’Etat sioniste tant qu’il ne respecte pas le droit international et continue sa politique de répression et de colonisation de la Palestine.

L’auteure, Rebecca Vilkomerson, attire l’attention sur certains aspects très importants en lien avec la campagne BDS.

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Rebecca Vilkomerson de Jewish Voice for Peace

Elle rappelle d’abord l’efficacité de cette campagne en citant notamment deux exemples de grandes entreprises qui se sont désengagées du marché de l’entité sioniste.

Elle relève ensuite l’évolution de l’opinion publique en Occident, et aux Etats unis singulièrement, qui tend à éprouver de plus en plus de sympathie à l’égard du peuple palestinien.

 Elle observe enfin que, en contradiction avec cette évolution des opinions publiques, une campagne concertée cherche à faire adopter et appliquer des réglementations qui prétendent interdire les appels au boycott au motif de leur caractère antisémite.

Ce dernier point est d’une importance particulière puisque, ainsi qu’elle le signale, et comme l’avaient déjà fait Glenn Greenwald et Andrew Fishman,  cette campagne de dénigrement du BDS a pu obtenir d’un gouverneur d’Etat, celui de New York, qu’il arrête des mesures répressives à l’encontre du BDS, passant par-dessus la tête de l’assemblée de l’Etat qui avait renoncé à voter une loi en ce sens.

On observe la même chose en France où une circulaire signée par Mme Michelle Alliot-Marie en 2010 appelle les juges à se saisir des appels au boycott de l’entité sioniste qui seraient des appels à la discrimination! Michelle Alliot-Marie était ministre d’un gouvernement de droite. L’arrivée des socialistes n’a pas entraîné l’abrogation de cette circulaire. L’actuel Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas qui, en son temps, avait manifesté son opposition à cette circulaire n’en a pas reparlé depuis…

Comme le notaient Glenn Greenwald et Andrew Fishman, certains politiciens sont ouverts, voire même enthousiastes, à l’idée de sanctionner leurs propres concitoyens quand ils appellent à œuvrer pacifiquement pour contribuer à mettre un terme à une politique d’oppression et de déni du droit !

En se comportant ainsi, ces politiciens nous disent clairement qu’ils ne sont pas là pour servir leurs électeurs de compatriotes mais plutôt pour servir les intérêts d’une puissance étrangère qui méprise le droit international depuis des dizaines d’années.

Je suis juive et je veux que les gens boycottent Israël

Ce pays doit être tenu responsable de ses violations des droits de l’homme

par Rebecca Vilkomerson, The Washington Post (USA) 24 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Rebecca Vilkomerson est directrice exécutive de Jewish Voice for Peace.

En 2009, j’habitais à Tel Aviv ai moment de l’opération Plomb Durci. Pendant cette offensive, Israël a tué environ 1 400 Palestiniens à Gaza. Les quelques uns d’entre nous qui étaient descendus dans la rue pour protester contre la guerre étaient souvent bombardés d’œufs ou agressés par les passants. Quand je déposai mes enfants à l’école maternelle, les parents discutaient comme si rien d’inhabituel ne se passait. Quand ils me demandaient ce qui n’allait pas, je leur disais que j’étais très préoccupée par ce qui se passait à seulement une cinquantaine de kilomètres d’ici. Leur réponse : un silence gêné ou une défense rageuse des actions d’Israël.

Je voulais agir concrètement pour la liberté et les droits des palestiniens. Alors j’ai adhéré au mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cette action non violente qui a été lancée en 2005 par une large coalition d’organisations de la société civile palestinienne est un appel à la solidarité de la communauté internationale jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et cesse de violer les droits des Palestiniens. C’est une démarche qui a du mal à frayer son chemin – le gouverneur de mon propre Etat, New York, a récemment condamné le BDS en adoptant unilatéralement un arrêté exécutoire.

Sept ans après, il y a eu deux autres agressions horribles contre Gaza. Près de 500 enfants palestiniens ont été tués en 2014. Même quand il n’y a pas de campagnes de bombardements intenses, les Palestiniens vivent en état de siège à Gaza. Les habitants de la Cisjordanie vivent sous le contrôle extrêmement contraignant de l’appareil sécuritaire israélien, avec ses checkpoints, la détention administrative et les démolitions de maisons. En Israël, les Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne vivent dans un système d’inégalité des droits. Hors d’Israël, les réfugiés ne peuvent pas rentrer chez eux.

Bien sûr, pendant ce temps, il y a eu aussi des attaques contre des civils israéliens. Elles sont un horrible symptôme de l’occupation et de la répression comme l’a observé Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, suite à l’attentat qui a récemment tué quatre Juifs israéliens.

Je suis convaincue qu’Israël ne changera pas de politique tant qu’il pourra ignorer les pressions venues de l’extérieur. Le BDS est un moyen puissant d’encourager l’Etat à agir. Et pendant les années que j’ai passées dans le mouvement, nous avons connu un succès grandissant. Les grandes églises [protestantes] ont retiré leurs investissements des entreprises qui profitent de l’occupation. Des dizaines de campus américains ont voté des résolutions pour le désinvestissement. Plus d’une centaine d’artistes refusent de se produire en Israël, et des sociétés multinationales comme G4S et Véolia se sont retirées du marché israélien.

Pendant ce temps, il y a aussi eu une évolution dans l’opinion publique. Un sondage effectué en 2015 par le Brookings Institute a montré que 49 % des Démocrates soutiennent l’imposition de sanctions économiques contre Israël et ses constructionsd e colonies. Un sondage effectué par Pew le mois dernier a montré que pour la première fois, les Démocrates libéraux éprouvaient plus de sympathie pour les Palestiniens que pour les Israéliens. En mai, l’institut d’étude de l’opinion Opsos a constaté que le tiers des Américains soutenaient le boycott, le désinvestissement et els sanctions contre Israël tant qu’il ne respecterait pas les droits des Palestiniens.

Mais nos efforts ont été menacés ici aux Etats Unis par une stratégie coordonnée à l’échelle nationale et financée par le gouvernement israélien et des organisations qui le soutiennent. L’an dernier, 22 Etats ont introduit ou adopté des législations anti-BDS. Beaucoup de ces mesures rendent illégales pour ces Etats toute relation contractuelle avec des entreprises qui soutiennent le BDS. Le gouverneur de New York, le Démocrate Andrew Cuomo, a franchi un palier dans cette stratégie avec un arrêté exécutoire draconien qui créée une liste noire des entreprises et des organisations qui soutiennent le BDS. L’arrêté exécutoire pris par Cuomo contourne l’assemblée législative de l’Etat où l’opposition des partisans des droits des palestiniens et de la liberté d’expression, dont de nombreux membres de Jewish Voice for Peace, avaient réussi à faire bloquer la législation anti-BDS en commission des lois.

C’est une erreur. Ce n’est pas faire de la discrimination que de tenir un Etat pour responsable de ses infractions au droit international et de ses violations des droits de l’homme. Etat d’Israël et peuple juif, ce n’est pas la même chose.

Mes filles, que je déposais à l’école maternelle à tel Aviv en 2009 sont maintenant au collège à Brooklyn. Si en tant que citoyennes israéliennes, elles choisissent un jour de vivre en Israël/Palestine, j’espère que ce sera une terre où tous, Juifs et Palestiniens, peuvent vivre libres et égaux. Je crois que le BDS est le meilleur outil à notre disposition pour faire de cette vision une réalité. Nous regarderons plus tard ces tentatives pour légiférer contre le BDS comme ayant été les dernières tentatives désespérées pour protéger Israël des pressions qui s’imposent pour qu’il change de politique. Cuomo se range du mauvais côté de l’histoire.

Les sionistes s’invitent dans la campagne du Brexit

17 juin 2016

En matière de politique extérieurs, les sionistes n’ont pas de préférence nette pour les partis de droite ou de gauche. Ce qui les intéresse, c’est la position de ces partis vis-à-vis du sionisme et de l’aide, politique, diplomatique et éventuellement militaire et matérielle qu’ils sont prêts à lui accorder.

De ce point de vue les sionistes ont tout intérêt à être proches de ceux qui sont au pouvoir. Mais comme dans les démocraties libérales, il existe toujours une possibilité d’alternance, les sionistes cultivent généralement les amitiés intéressées dans les deux camps. Le chantage et la corruption sous toutes ses formes jouent bien sûr un rôle éminent dans cette stratégie de présence dans les partis politiques influents.

La campagne actuellement en cours outre-Manche pour ou contre la sortie de la Grande Bretagne de l’UE (Brexit) permet d’en donner encore un exemple, même s’il est moins flagrant que ce qui se passe en ce moment aux Etats Unis avec les primaires pour la présidentielle.

On apprend en effet qu’une organisation sioniste fait campagne pour le Brexit en reprenant l’argument classique (et pas forcément injustifié) de l’absence de contrôle des autorités bruxelloises par les citoyens. Mais Regavim, c’est le nom e cette organisation, soutient aussi que le Brexit permettrait à la Grande Bretagne de ne plus être partie prenante au financement du terrorisme palestinien par l’UE.

On peut classer cette organisation sioniste à l’extrême droite et sa démarche s’inscrit dans une stratégie plus large qui consiste pour les sionistes à courtiser, encourager et finalement contrôler sous certains aspects les partis et mouvements d’extrême droite. Si la chose est accomplie depuis longtemps aux pays bas avec le parti de Geert Wilders, les choses sont en bonne voie avec le Front National en France , le Parti de la Liberté en Autriche et UKIP , le parti « nationaliste » de Nigel Farage en Grande Bretagne.

Une organisation israélienne lance une campagne de soutien au Brexit à cause des politiques européennes « pro-palestiniennes »

Agence EFE, Publico (Espagne) 17 juin  2016 traduit de l’espagnol par Djazaïri

L’organisation demande aux Britanniques qui résident en Israël  ou aux Anglais qui sympathisent avec le pays [l’entité sioniste, NdT] qu’ils « se prononcent contre l’Union Européenne » en riposte au « bloc [l’UE] qui soutient la Palestine. »

Jérusalem – Une organisation israélienne a lancé une campagne de soutien au Brexit (sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne) pour se venger de ce qu’elle considère comme des politiques européennes favorables aux Palestiniens.

Selon l’édition imprimée du journal Haaretz, Regavim promeut la campagne « Soutien à Israël – Stop à l’Europe », pour demander aux britanniques qui vivent en Israël ou aux Anglais qui sympathisent avec ce pays de « se prononcer contre l’UE, » en riposte à ce que l’organisation appelle le bloc de soutien européen à la cause palestinienne.

Et elle lance cet appel à la veille du référendum historique qui se tiendra jeudi prochain et par lequel les Britanniques décideront s’ils souhaitent rester dans l’Union Européenne ou en sortir.

« Le référendum va se tenir parce que de nombreux Britanniques ont le sentiment que Bruxelles est hors de contrôle et qu’ils ne peuvent pas dire leur mot sur la manière dont sont dépensés les impôts gagnés à la sueur de leurs fronts. Ce dont beaucoup de Britanniques ne se rendent pas compte, c’est de l’ampleur des dégâts causés par l’UE dans le monde entier, particulièrement en Israël, » lit-on sur le site web de a campagne.

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Nigel Farage critique le biais anti-sioniste (selon lui) de l’Union Européenne

Regavim dont, selon Haaretz, l’action se concentre sur la supervision et les démarches juridiques contre ce qu’elle considère comme des constructions illégales ou l’accaparement de terres en Cisjordanie par des Palestiniens ou des communautés bédouines, critique l’UE qui « finance des terroristes assassins. »

L’organisation israélienne dénonce la « construction [par l’UE] de colonies européennes sur le sol israélien, » en référence aux constructions en Cisjordanie de structures, de puits ou d’installations électriques dans le cadre de l’aide humanitaire, et elle critique « l’étiquetage des produits qui encourage le boycott, » lit-on sur le site internet.

On y trouve aussi [sur le site de Regavim] une vidéo d’une conférence de presse de l’organisation islamiste Hamas dont la bande son a été manipulée pour faire entendre une voix qui demande le maintien de la Grande Bretagne dans l’UE pour pouvoir continuer à bénéficier des supposés avantages qu’en retirent le mouvement palestinien et les Palestiniens.

« Si tu détestes vraiment Isra-hell [enfer en anglais] et si tu veux soutenir notre lutte, aide la Grande Bretagne à rester dans l’Union Européenne. Pour chaque jour de ton maintien dans l’UE, nous recevons de l’argent ! », affirme l’enregistrement qui ajoute que l’organisation islamiste est désireuse d’accepter une présumée invitation à prendre le thé avec le leader travailliste Jeremy Corbyn.

Selon un pasteur chrétien, le gouvernement devrait condamner à mort les homosexuels

15 juin 2016

La tuerie du Pulse Bar,  une boîte pour homosexuels d’Orlando en Floride a d’abord été à l’origine d’un débat et de doctes interventions dans les médias sur la place des homosexuels dans la religion musulmane.

La rapide découverte que le tueur, Omar Mateen, était lui-même homosexuel et fréquentait la boîte en question depuis trois ans, n’a cependant pas découragé les pseudo spécialistes et les politiciens. Le massacre a fonctionné au fond comme un prétexte pour lancer les sommations à une réforme de l’Islam sur tel ou tel aspect et ce pseudo débat vit finalement sa propre vie en réalité indépendante du crime lui-même.

Si on en vient à l’Islam lui-même et s’il est certain que la doctrine musulmane condamne l’homosexualité, les sociétés musulmanes se sont généralement accommodées des homosexuels, comme ces derniers se sont en général accommodés des sociétés musulmanes.

Les problèmes pour les homosexuels commencent en réalité quand leur identité sociale est définie par leur pratique sexuelle et qu’ils se constituent ainsi en communauté.

A y regarder de près, c’est une idée étrange car l’homosexuel peut être un homme, une femme, un paysan, un médecin etc. Il peut être riche, pauvre, citoyen d’un pays ou résident étranger.

Et s’il existe une communauté homosexuelle (ou LGBT comme on dit), existe-t-il une communauté hétérosexuelle avec les « bi » faisant le pont entre l’une et l’autre?

Qui dit communauté, dit traits caractéristiques de cette communauté. Mais en quoi une pratique sexuelle peut-elle fonder une communauté?

A moins qu’il existe une culture homosexuelle ? Mais si c’est le cas, en quoi consiste-t-elle?

Autant de questions pour lesquelles je n’ai pas de réponses à ce stade de mes réflexions.

Mais revenons à cette question du regard de la religion musulmane sur l’homosexualité, interrogé avec insistance par les commentateurs dans nos journaux et nos radios.

J’ai juste envie de demander ce qu’il en est dans la religion chrétienne.

Les Etats Unis nous ont donné au moins deux exemples de l’attitude du christianisme à l’égard de l’homosexualité. Ces réactions émanent de pasteurs protestants et on sait que le protestantisme, éclaté en de multiples obédiences, est la principale acception chrétienne aux Etats Unis et est en pleine expansion dans sa version évangélique. Les pasteurs de ces églises ont une plus grande liberté de ton que les prêtres catholiques qui s’inscrivent dans une hiérarchie ecclésiastique stricte.

Le premier de ces pasteurs est Steven Anderson d’une église baptiste dans les environs de Phoenix en Arizona. Steven Anderson se flatte d’avoir été traduit en plus d’une centaine de langues !

On peut lire dans le Phoenix New Times qui se réfère à une vidéo diffusée par le pasteur :

« La bonne nouvelle est qu’il y a 50 pédophiles de moins dans ce monde, » affirme dans la vidéo Anderson, le pasteur de la Tempe’s Faiithful Word Baptist Church. « Parce que ces homosexuels sont une bande de pervers dégoûtants et de pédophiles. Voilà qui était la victime ici – juste une bande d’homosexuels dégoûtants dans un bar gay. »

Et « la mauvaise nouvelle, c’est que beaucoup d’homos dans le bar sont encore vivants… »

Anderson says the French deserved terrorist attacks on their civilians because, duh, they're French.

Le Pasteur Steven Anderson

On va dire que c’est juste un siphonné. Et c’est vrai qu’il n’en est pas à sa première déclaration choquante. Il s’était ainsi réjoui de la tuerie du Bataclan le 13 novembre 2015.

Mais enfin, il a quand même ses sources n’est-ce-pas puisqu’il se réfère au Lévitique 20 : 13

« Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. »

Le Lévitique est un des cinq livres qui forment l’Ancien Testament ou Pentateuque.

L’autres pasteur protestant, un Baptiste également, qui s’est illustré par ses réactions à la tuerie prêche en Californie à la Verity Baptist Church de Sacramento [Sacramento est la capitale de la Californie].

Le pasteur Roger Jimenez a lui aussi diffusé une vidéo qui a rencontré un nombreux public. Il déclare entre autres ce qui suit :

« En tant que Chrétiens, nous ne devrions pas déplorer la mort de 50 sodomites. Je vais être franc et direct. En tant que Chrétiens, nous ne devrions pas être attristés ou bouleversés. »

Pastor Roger Jimenez (Photo: capture d'écran)

Le Pasteur Roger Jimenez

La vidéo du pasteur Jimenez ayant été retirée de YouTube pour cause d’infraction au règlement de ce média, l’homme d’église n’en a pas moins confirmé sa façon de voir dans un entretien accordé à ABC10 News:

« La Bible enseigne que l’homosexualité mérite la peine de mort, » a-t-il dit, reconnaissant qu’il ne regrettait pas son sermon. « Le lévitique 20:13 dit que si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable et seront certainement mis à mort. Romains 1 [partie des Evangiles] dit que ceux qui font de telles choses méritent la mort. »

Roger Jimenez semble se rattraper un peu en disant qu’il n’incite pas à tuer des homosexuels et que le tueur d’Orlando a eu ce qu’il méritait en tombant sous les balles de la police.

Mais en réalité, il aggrave son cas en concluant ainsi:

« Ce serait bien si le gouvernement était celui qui condamnerait les LGBT à mort. « Je serais complètement d’accord avec ça, si le gouvernement le faisait. C’est ce qu’il ferait si nous vivions dans une nation vertueuse. »

Comme on le voit, les deux phénomènes s’appuient sur des textes qui sont sacrés aussi bien pour le christianisme que pour le judaïsme et dont le langage est on ne peut plus clair sur la question de l’homosexualité masculine.

 

Le tueur d’Orlando était pro Daesh et pro Hezbollah

13 juin 2016

Daesh et le Hezbollah se livrent  pourtant une guerre sans merci au Liban et en Syrie!

Omar Mateen, le tueur d’Orlando en Floride se serait auto-radicalisé sur Internet. C’est du moins ce qu’on peut lire dans nos journaux et n’est pas sans nous rappeler un certain Mohamed Merah.

Dans tous les cas d’auto-radicalisation, on s’apercevra que non seulement les auto-radicalisés n’étaient pas à proprement parler des loups solitaires mais qu’ ils étaient connus des services de police.

C’est bien entendu le cas d’Omar Mateen dont l’action criminelle a coûté la vie à une cinquantaine de clients d’une boîte de nuit d’orlando.  C’est d’ailleurs à la police que Omar Mateen a déclaré faire allégeance à Daesh. On dira que le message a été transmis à qui de droit…

PHOTO: Orlando shooting suspect Omar Mateen is pictured in an undated photo from Myspace.

Omar Mateen avait aussi fait allégeance au New York Police Department

Les victimes d’Orlando ont ceci de particulier qu’elles sont homosexuelles, ou membres de ce qu’on appelle aux Etats Unis, et maintenant dans le reste de l’Occident, de la communauté LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels).

La qualité des victimes invite tout naturellement à considérer le massacre comme motivé par l’homophobie.

C’est ainsi que sont fixés les cadres de lecture de cette ignominie et l’accent est mis tantôt sur un aspect, tantôt sur l’autre: l’accent mis sur l’islamophobie aux Etats Unis comme en témoignent les recensions des crimes contre les homosexuels dans ce pays, accent mis sur la façon dont Daesh traite les homosexuels en Irak et en Syrie, c’est-à-dire en les tuant avec une cruauté innommable; accent mis sur la religion musulmane en général (avec dans ce cas parfois une dérive vers l’évocation de la façon de voir d’autres religions).

Tout cela est sans doute digne d’intérêt mais passe quand même à côté de l’essentiel (après les victimes elles-mêmes). Et cet essentiel est le contexte politique dans lequel s’inscrit ce crime: dans un pays en pleine campagne pour les primaires présidentielles dans laquelle les thèmes du terrorisme et de l’Islam sont centraux; dans un pays qui déploie sa guerre contre le terrorisme dans de nombreux pays musulmans en Afrique et en Asie. Un pays qui dépêche en ce moment une importante force navale au large des côtes de la Syrie et est de plus en plus actif militairement en Afghanistan.

L’attentat s’est effectivement et tout naturellement invité dans la campagne pour l’investiture, Mme Clinton  se lançant dans un plaidoyer pour la réforme du commerce et de la détentions d’armes à feu, tandis que Donald Trump explique que l’attentat justifie ses mises en garde relatives à la présence musulmane aux Etats Unis.

Mme Clinton a également eu des accents « vallsiens » en appelant à l’unité nationale. Elle a bien senti que ce crime pourrait bien aussi compliquer sa campagne face à Trump. Et elle adresse un gage aux néoconservateurs en appelant à accroître l’engagement militaire de son pays au Moyen Orient. Un engagement qui, on le sait, est pourtant à la source de bien des déboires et de malheurs pour les Américains mais surtout pour un certain nombre d’autres peuples.

Quant à ceux qu’on appelle LGBT aux Etats Unis, ils ont souvent été et sont aux côtés du peuple palestinien, au grand dam du lobby sioniste. En ce sens, les victimes d’Orlando ne sont pas une grande perte pour les tenants du lobby sioniste à qui elle apportent beaucoup plus mortes que vives.

FBI: le tueur d’Orlando avait affirmé soutenir de multiples organisations

par Julian Hattem, The Hill (USA) 13 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’homme derrière le massacre par balles le plus meurtrier de l’histoire des Etats Unis a semblé soutenir de multiples organisations différentes parfois en opposition, selon le FBI, ce qui complique la compréhension du mobile d’Omar Mateen.

Mateen a dit à un opérateur du 911 (Police Secours aux Etats Unis) pendant qu’il était retranché dans la boîte de nuit d’Orlando en Floride, qu’il avait un lien [d’allégeance avec Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh).

Mais il avait aussi fait part de son soutien aux auteurs de l’attentat à la bombe du marathon de Boston et à un Américain qui s’était fait exploser en Syrie au nom d’un autre groupe extrémiste, le Front al Nosra, qui est lié à al Qaïda, a déclaré de directeur du FBI James Comey à la presse lundi.

Au cours d’une enquête antérieure, le FBI avait aussi découvert qu’il se serait vanté d’avoir des connexions avec al Qaïda et le Hezbollah, une organisation militante chiite qui est en opposition avec la branche sunnite de l’Islam d’al Qaïda. L’enquête avait été classée en 2017 quand les officiels avaient conclu qu’il n’y avait pas assez d’éléments pour demander une inculpation dans cette affaire.

L’évocation d’organisations extrémistes multiples brosse un tableau compliqué pour le FBI qui continue à enquêter pour déterminer pourquoi Mateen a tué 49 personnes à Pulse, une boîte de nuit homosexuelle tôt dans la matinée de dimanche.

« Je ne sais pas quoi faire de ça, sauf que ça met en relief l’importance du travail que nous faisons en ce ce moment pour découvrir et comprendre tout de ses motivations et, si elles sont multiples, ce qu’elles sont et comment les démêler, » a déclaré Comey pendant un briefing au siège du FBI à Washington.

« Nous allons continuer à aller de l’avant dans cette enquête – et vers le passé, » a ajouté Comey. « Nous ne laisserons pas une pierre non retournée. Et nous travaillerons jour et nuit pour comprendre le cheminement de cet acte terrible. »

La tuerie perpétrée par Mateen fait l’objet d’une enquête pour acte de terrorisme mais Comey et d’autres officiels ont affirmé ne pas croire qu’elle a été dirigée par une organisation terroriste étrangère ou qu’elle relève d’un réseau agissant à l’intérieur des Etats Unis.

Milice catholique, sectes protestantes et orthodoxe: les affrontements de l’Euro 2016 à Marseille expliqués!

11 juin 2016

Moon of Alabama a repris une bonne partie des tweets de Hayder al-Khoei, un chercheur irako-britannique spécialiste du chiisme.

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Hayder al-Khoei

Ses tweets sont relatifs aux affrontements entre supporteurs russes et anglais à Marseille samedi 11 juin et portent de façon amusante une sévère critique de la manière dont la presse occidentale rend compte des crises politiques dans certaines régions du monde.

Les affrontements à Marseille préfigurent une guerre sectaire plus générale

Moon of Alabama (USA) 11 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Marseille – Des affrontements entre supporters sectaires de deux équipes qui s’opposent dans des jeux rituels antiques ont éclaté aujourd’hui. Les observateurs craignent un risque d’escalade vers une guerre sectaire plus vaste à l’échelle de l’Europe.

La milice locale est intervenue mais comme sa propre religion est méprisée par les deux parties qui se bagarrent, elle a fini par les combattre toutes les deux. Les combats de rue ont commencé quand des supporteurs organisés de l’équipe orthodoxe russe ont jeté des bouteilles de bière vers les partisans ivres des Anglais protestants.

De violents affrontements se sont déroulés à Marseille. Un Anglais est entre la vie et la mort.

On lance des bouteilles de bière

Lancer des bouteilles de bière est considéré comme une insulte en Europe. La milice française catholique a utilisé des gaz lacrymogènes et attaqué de indistinctement les parties en querelle ainsi que les badauds. Les indigènes accusent cette milice d’attaquer son propre peuple et ont exigé la chute immédiate du régime Hollande.

Several people were arrested and injured, according to police, who used tear gas and water cannons to break up the bottle-throwing rioters.

Un milicien catholique maîtrise un adepte d’une des deux sectes qui s’affrontent à marseille

Les Protestants anglais, les catholiques français et les Slaves orthodoxes se détestent mutuellement en raison d’une histoire sectaire profondément enracinée et d’une longue série de guerres en Europe. Cette violence hideuse est enracinée dans des conflits qui remontent aux guerres franco-anglaises du 13ème siècle et à l’invasion de la Russie par Napoléon. Un siège en 1627 [La Rochelle, NdT] avait marqué le point culminant des tensions sectaires internes à la France. Il s’était terminé par une victoire catholique malgré l’aide des protestants arrivant d’Angleterre. Les heurts en France entre les Anglais soutenus par les Etats Unis et les Russes soutenus par les Chinois s’inscrivent aussi dans le cadre d’une guerre par procuration entre le capitalisme et le communisme en mer de Chine méridionale.

Après que sa milice a perdu le contrôle des affrontements, le gouvernement catholique de la France a promis d’envoyer des renforts pour mater les deux camps. Les organisations humanitaires ont appelé à faire preuve de retenue et à ne pas blesser les modérés impliqués dans les bagarres. Des experts de la région ont discuté de la fourniture d’armes aux moins sectaires des participants. Les autorités catholiques de Pologne ont appelé l’OTAN à tenir Poutine pour responsable des heurts à Marseille. Une agression russe contre tout membre de l’OTAN ne doit pas être tolérée, ont-elles déclaré.


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