Harvey Weinstein condamné à la mort économique par sa communauté

14 octobre 2017

Apparemment, quand on appartient au « peuple élu », on ne peut pas se résoudre à être comme les autres, même dans la déviance.

C’est cette façon de voir qui nous vaut cet article du magazine juif Tablet qui parle du caractère spécifiquement juif de la perversion du producteur hollywoodien en voie de déchéance, Harvey Weinstein.

Et si on comprend bien, les agissements du célèbre producteur, connus depuis longtemps, n’ont été étalés sur la place publique que parce qu’il a commis l’erreur de se livrer à une démonstration sexuelle devant une femme juive, lui qui auparavant ne s’en prenait qu’à des shiksas.

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Harvey Weinstein et Roman Polanski (ce dernier est recherché par la justice américaine pour viol sur mineure)

La perversion spécifiquement juive d’Harvey Weinstein

Le producteur de film déchu est un personnage sorti tout droit de l’œuvre de Philip Roth, qui réalise ses fantasmes de vengeance sur les Goyim.

par Mark Oppenheimer, Tablet (USA) 9 octobre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Note de la Rédaction: depuis sa publication des excuses ont été présentées à propos de cet article

A première vue, Harvey Weinstein a l’air d’un personnage très familier. N’est-il pas ce vieux, ce même vieux, ce même homme riche et puissant, sûr de ses droits avec sa teinture ratée qui abuse de son pouvoir pour forcer des femmes à avoir des relations sexuelles avec lui ? Harvey n’est-il pas exactement comme Roger Ailes, ou Bill O’Reilly ou, sur ce point, comme Bill Clinton? Mais examinez les détails de l’affaire et vous constaterez que la réponse est non. Harvey est différent. Harvey est, malheureusement, un genre de pervers profondément juif.

Aussi ignobles que vous puissiez trouver Ailes, O’Reilly et les autres goyim libidineux, vous reconnaîtrez que leur comportement correspond à un modèle vieux comme le monde, aussi banal que les plaintes de Fox News à propos de la « guerre contre Noël. » Les hommes sont avides de sexe et les pires parmi eux l’obtiendront par tous les moyens qu’ils jugent nécessaires. Ces messieurs méprisables ont du pouvoir et de l’influence, et ils n’hésitent pas à promettre un contrat lucratif – ou à menacer de l’annuler – pour une coucherie. Dans ces transactions, les femmes ne sont rien d’autre que des objets, et tout « consentement » n’est pas autre chose qu’une illusion. Moralement, ces hommes ne valent pas mieux que les proxénètes qui se pressent dans le bar du personnage de James Franco dans The Deuce, le nouveau feuilleton sur HBO; psychologiquement, ils ne sont pas plus complexes que les clients du bar. L’argent rentre, le foutre sort. Les femmes sont des dommages collatéraux.

Harvey a fait quelque chose de singulier – pas moins odieux, mais différent. Harvey a joué [comme un acteur]. Comme nous l’entendons dire maintenant [que nous le voulions ou pas), il aurait contraint une femme à le regarder pendant qu’il se masturbait sur une plante en pot. Et si vous voulez comprendre cet étrange comportement, n’allez pas chercher du côté de Roger Ailes, de David Vitter ou de Peter Crouch – allez voir chez Philip Roth.

Mieux sans doute que n’importe quel autre écrivain, Roth a capturé l’angoisse propre au Juif américain du 20ème siècle, qui accède finalement au pouvoir mais, n’ayant pas grandi avec, n’est pas certain de ce qu’il est censé faire maintenant. Toutes ces années à désirer des femmes non juives inaccessibles, sans avoir jamais alors les moyens de les attirer. Le résultat est Alexander Portnoy de « Portnoy et son complexe« , un homme mûr dont la vie sexuelle et émotionnelle est toujours de l’ordre du grand spectacle exactement comme à l’adolescence quand il se masturbait avec un morceau de foie.

Enfant, Portnoy rêvait d’atteindre une déesse shiksa [terme yiddish péjoratif pour désigner la femme non juive] mythique qu’il surnommait Thereal McCoy  qui fait du patin à glace « dans sa parka bleue, avec ses cache-oreilles rouges et ses grosses mitaines blanches – Miss America sur patins! Avec son gui et son pudding aux prunes (ou n’importe quoi d’autre), » mais à l’âge adulte il gagne la vraie femme qu’il surnomme Le Singe. Et que fait-il pour la rabaisser ? Il la fait coucher avec une prostituée italienne. Certes, il finit par se joindre à elles, mais pas avant qu’elles jouent dans un mauvais film – pas à Hollywood mais dans un film triple-X à San Fernando Valley. Et le surnom qu’il lui donne, Le Singe? Il vient d’un épisode de sa vie avant qu’elle rencontre Portnoy, quand un couple d’échangistes l’avait ramassée pour qu’elle mange une banane tout en les regardant copuler. Du fait d’avoir un passé qui l’excite sexuellement, elle se retrouve rabaissée avec un surnom d’animal.

Harvey est tout d’une pièce. Ayant grandi dans le Queens, il rêvait de célébrité et de fortune, et une fois qu’il les a eues, il a lutté pour les conserver en se construisant un personnage plus grand que nature. Il hurlait sur les employés comme s’il était un patron de studio des années 1920 – la seule chose qui manquait étant une cravache. Il dirigeait des campagnes pour les Oscars comme on le faisait dans le bon vieux Hollywood. Et il harcelait les femmes, pas nécessairement pour s’en servir comme instruments de plaisir mais pour d’en servir comme instruments de son pouvoir.

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Le mannequin italien Ambra Batillana et Harvey Weinstein

Il va sans dire que presque toutes ces femmes – Rose McGowan, Ambra Batillana, Laura Madden, Ashley Judd, etc – étaient des Gentilles pour mieux nourrir le fantasme vengeur d’un Weinstein sorti de son quartier de banlieue et de ses origines sémites. Mais il se trouve qu’il y avait une femme juive dans le lot, nulle autre que Lauren Sivan, celle de l’épisode de la plante en pot.

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La journaliste Lauren Sivan

C’est par cet aspect qu’il s’est par inadvertance écarté du modèle Portnoy, jouant de son vice non pour le grand spectacle américain mais pour une femme qui aurait pu être sa cousine. Harvey peut fuir ce qu’il est, mais il ne peut pas le cacher.

 

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Les bulletins de vote du référendum catalan imprimés à Tel Aviv?

24 septembre 2017

Le site d’informations espagnol El Conficencial Digital nous avait déjà gratifiés d’un article sur les liaisons dangereuses entre le gouvernement régional catalan et l’entité sioniste, cette dernière encourageant de manière fort peu discrète les aspirations indépendantistes de Carles Puigdemont, le président de la Généralité de Catalogne.

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Carles Puigdemont à Yad Vashem

El Confidencial revient sur ces relations en avançant la thèse que les bulletins de vote nécessaires au prochain référendum qui doit, selon l’exécutif catalan, décider de l’indépendance de la région seraient imprimés dans l’entité sioniste.

Une hypothèse qui en vaut bien une autre, même si personnellement j’ai un peu de mal à y croire (voir ma note un peu plus bas). Elle traduit au minimum l’irritation croissante de certains secteurs d’opinion à l’égard d’une entité qui joue le jeu de la désagrégation d’un Etat espagnol qui est pourtant un de ses alliés, au même titre que les autres pays européens.

NB: à la différence de l’article précédent, celui-ci n’est pas signé.

Les services de renseignements cherchent les bulletins de vote du référendum en Israël

El Confidencial Digital (Espagne) 22 septembre 2017 traduit de l’espagnol par Djazaïri

   Ils examinent l’hypothèse qu’ils auraient été imprimés hors de l’Union Européenne. La police locale catalane [Mossos] suspecte que les urnes ont été acquises en Serbie ou en Russie.

Mardi dernier, la Guardia Civil [gendarmerie espagnole] a saisi dix millions de bulletins imprimés pour le référendum d’indépendance. Une opération qui porte un coup déterminant à la logistique du 1-O [1er octobre, date prévue du référendum en Catalogne]. Toutefois, le gouvernement suspecte la Généralité [gouvernement catalan] d’avoir un ‘plan B’. Les bulletins pourraient être imprimés dans un pays hors Union Européenne et devraient être expédiés en Catalogne par bateau quelques jours avant la consultation.

Depuis que le Parquet espagnol [Fiscalia General del Estado] a donné l’ordre aux forces de sécurité de saisir les bulletins, les urnes et le matériel destiné au référendum, la surveillance policière des imprimeries soupçonnées de collaborer avec la Généralité est constante.

L’action policière n’avait rien donné jusqu’à mardi dernier quand la Guardia Civil a arrêté deux hommes d’affaires après avoir inspecté un local industriel dans la commune de Bigues i Riells, dans la province de Barcelone. Sur place, ont été découverts 10 millions de bulletins de vote avec la question soumise au référendum et les cases pour répondre oui ou non.

Les scrutins référendaires saisis par la Garde civile.

Un coup dévastateur pour le 1-O

Des sources de la sécurité d’Etat estiment que la saisie porte un coup décisif à la logistique du référendum car le nombre de bulletins couvrait amplement l’effectif total du corps électoral convoqué à la consultation.

La Guardia Civil continue ses contrôles et ses inspections surprise dans les entreprises soupçonnées de collaborer à l’organisation du 1-O. Cependant, dans le gouvernement espagnol, on soupçonne le govern [gouvernement] de la Généralité de déployer une stratégie de « leurre ».

Enquête du CNI [Centro Nacional de Inteligencia, renseignements et contre-espionnage] à l’étranger

Les soupçons ne sont pas sans fondement. Ils se basent, comme l’ont indiqué des sources fiables à El Confidencial, sur une piste d’enquête ouverte ces dernières semaines par les services de renseignements. Les bulletins de vote sont imprimés dans un autre pays. Un pays non membre de l’Union Européenne ? avec la complicité présumée des autorités L’Etat en question.

L’origine de cette piste est inconnue, mais des sources proches de l’enquête confirment l’existence d’une « recherche » à l’étranger en quête d’imprimeries travaillant pour le compte de la Généralité.

Selon ces sources, les pistes suivies par l’enquête mènent vers différents pays, tous extracommunautaires. L’un d’eux est Israël.

Les liens d’Israël avec la Catalogne

Selon des rapports des services de renseignements espagnols, Israël n’a jamais caché sa sympathie pour la cause catalane. Jordi Pujol [Pujol a présidé la Généralité de Catalogne pendant 23 ans] en était arrivé au point de se déclarer sioniste et avait été invité à faire un discours devant le parlement israélien.

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Jordi Pujol et les Juifs. Construire la terre promise

L’an dernier, Artur Mas assurait, pendant le gala de remise d’un prix de l’amitié entre Israël et la catalogne que, « Comme en Israël, il y a aussi en Catalogne un peuple déterminé à être libre » . Pendant sa présidence, Mas se rendit plusieurs fois en Israël.

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Artur Mas glisse son bulletin ans l’urne

Les marques d’affection vont dans les deux sens. Ce fut du moins reconnu par Santiago Vidal quand il affirma que, parmi les pays qui s’étaient montrés disposés à aider une Catalogne naissante [nouvellement indépendante], il y avait Israël. L’aide parviendrait sous forme de prêts pour l’économie selon l’ex-député catalan.

Puigdemont lui-même s’est occupé personnellement de plusieurs actions diplomatiques en direction d’Israël. L’ambassadeur d’Israël en Espagne a été reçu pour un dîner « en privé » au palais de Sant Jaume [siège de la Généralité] avec le président de la Généralité. Les sujets abordés pendant cette rencontre n’ont fait l’objet d’aucune communication officielle.

Une ‘opération de leurre’

Ce que soupçonnent les services de renseignements, c’est que la Généralité a conçu une opération ‘leurres’. La manœuvre consiste à charger une des imprimeries locales de la fabrication des bulletins.

Parallèlement, une entreprise étrangère serait chargée de la confection de tout le matériel imprimé pour la réalisation de la consultation. Pendant que les services de sécurité se concentrent sur la recherche et la saisie des bulletins en territoire espagnol, les bulletins authentiques resteraient cachés dans un pays tiers jusqu’aux quelques jours qui précèdent le référendum.

On soupçonne que ces bulletins pourraient arriver en Catalogne par bateau à travers un des ports de la région. Une autre hypothèse envisagée par les services de renseignements est qu’ils sont déjà arrivés sur le territoire catalan et sont cachés.

Dans l’un ou l’autre des deux scénarios, l’étape suivante consistera à les distribuer discrètement dans les centres de vote du 1-O. L’opération, en termes logistiques, n’est pas très complexe. La Guardia Civil a transporté les dix millions de bulletins de vote confisqués mardi dans sept fourgonnettes.

Autre mystère, les urnes : une piste les situe en Russie ou en Serbie

Une autre des inconnues qui entourent le 1-O et que les services de sécurité essayent de résoudre est l’endroit où se trouvent les plus de 6 000 urnes nécessaires à la réalisation du référendum. Ces dernières semaines, a été envisagée la possibilité que les urnes soient stockées dans un pays étranger. Ou même dans une ambassade étrangère en territoire catalan.

El Confidencial Digital a eu accès à des sources dans la direction des Mossos d’Escuadra [police catalane] qui révèlent que les soupçons sur les pays d’origine des urnes portent sur la Russie et la Serbie où elles auraient été fabriquées sur commande de la Généralité.

Le transfert des urnes vers les bureaux de vote est, au moins en termes logistiques, beaucoup plus complexe que celui des bulletins. Principalement en raison de l’infrastructure nécessaire pour transporter plus de 6 000 urnes à travers une Catalogne où de nombreux contrôles de police sont en recherche d’urnes, de bulletins et de matériels en relation avec le 1-0.

 

Un agent sioniste aux manettes de l’extrême-droite en Australie

23 septembre 2017

Comme en Angleterre avec l’English Defence League, les agents de l’entité sioniste s’activent en Australie pour promouvoir les thèses d’extrême droite en les recentrant sur l’islamophobie. En France, ces agents se sont intéressés aussi à la restructuration du principal parti d’extrême droite et à ce même recentrage sur l’islamophobie assorti d’une dénonciation de l’antisémitisme.

L’organisateur juif de la manifestation de l’extrême droite à Melbourne ‘dégoûté’ d’être qualifié de Nazi

par Nick Alexander, 9 News (Australie) 17 septembre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’organisateur juif de la manifestation « Make Victoria Great Again » (sur le modèle du Make America Great Again de Donald Trump) qui a bloqué dimanche une partie du centre-ville de Melbourne [capitale de l’Etat de Victoria] dit être « dégoûté » de se voir qualifié de « nazi » par les contre-manifestants d’extrême gauche.

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Les Etats australiens

Avi Yemini et 50 à 60 de ses partisans se sont retrouvés devant un contingent beaucoup plus important de manifestants – dont des affiliée aux « Anitifa – lorsqu’ils se sont arrêtés dans le quartier des affaires pour critiquer la manière dont l’Etat applique la loi et d’autres points relatifs à l’ordre public.

Melbourne

Yemini, un ancien soldat de l’armée israélienne et propriétaire d’une salle de krav maga  [technique de « self-défense » en vigueur chez les terroristes sionistes] qui a des ambitions politiques a fait un discours critique à l’égard du premier ministre Daniel Andrews jugé trop laxiste avec les délinquants violents.

« Nous méritons tous le droit de tenir nos commerces sans que des bandes de voyous viennent pour nous voler, » a-t-il dit.

« Nous voulons des peines plancher pour les auteurs de violences… nous ne voulons pas de liberté sous caution pour les délinquants violents. »

Malgré sa harangue « noirs, blancs, hétéros ou homos, nous refusons de vivre dans la peur, » les contre-manifestants de « De Charlottesville à Melbourne : unis pour lutter contre l’extrême-droite » accusaient Yemini de viser insidieusement les Africains et les Musulmans avec sa rhétorique sur la fermeté en matière de délinquance.

Cette organisation pense que Yemini cherche à exploiter le filon [zeitgeist, esprit du temps] raciste que Donald Trump a exploité aux Etats Unis, et a décidé de le qualifier de « Nazi »

« Ils étiquettent quiconque a une opinion différente de Nazi ou fasciste. C’est dégoûtant, » a déclaré Yemini à Nine.com.au.

« Ces étiquettes ont perdu toute signification. »

Les antifas se sont aussi aperçu du fait bizarre que, certains des points de vue de Yemini sont en gros alignés sur ceux de certains membres de la frange australienne de l’extrême-droite, dont Neil Erikson, qui a été vu à la manifestation de samedi en train d’insulter au mégaphone les contre-manifestants.

A la question de savoir s’il était inquiet de la présence d’Erikson – l’ancien néo-nazi avait plaidé coupable en 2014 d’avoir fait des appels téléphoniques menaçants à un rabbin de Melbourne – Yemini a répondu « il n’a rien à faire avec moi. »

Neil Erikson (à gauche) et Avi Yemini

Concernant une récente interview qu’il a faite en direct avec Erikson sur Facebook devant le tribunal de Melbourne où le « patriote » était jugé pour la décapitation simulée d’un mannequin  à bendigo en 2015, Yemini a déclaré « je crois que tout le monde a droit à la liberté d’expression. »

« Si je suis en désaccord, je le dirai, » a-t-il ajouté.

Yemini, qui est très suivi sur Facebook et a été invité dans l’émission The Bolt Report sur Sky News, affirme laisser toutes les options politiques ouvertes et n’a pas exclu d’aller vers une candidature avec One Nation [parti australien d’extrême-droite].

Quand un Juif organise des prières chrétiennes pour le président Trump!

11 août 2017

Le président Donald Trump a été porté au pouvoir notamment par des forces ultra-conservatrices dont les deux composantes principales sont l’Alt-Right (ou droite alternative] et les Chrétiens évangéliques.

Ces Chrétiens évangéliques utilisent des techniques bien rôdées, aussi bien au niveau du discours et de l’animation scénique, si j’ose dire, que des outils médias. Toute cette instrumentation ne porte que si elle est mobilisée autour d’une personnalité charismatique et exemplaire.

Le parcours des prophètes en réalité, et c’est bien ainsi que se désignent un certain nombre de pasteurs évangéliques.

L’article que je vous propose en évoque deux, même s’il est plus particulièrement consacré à l’un d’entre eux.

On, constate, comme on a pu le constater par ailleurs, que des Juifs, qui se considèrent comme tels, sont en capacité d’assumer un rôle dirigeant dans des communautés chrétiennes. On lit par exemple dans l’article que le dirigeant évangélique Frank Amedia a été juif autrefois. Pourtant quand on lui demande de se présenter, il dit au présent être « un Juif italien ».

On laissera de côté son parcours spirituel qui me laisse franchement dubitatif quand on voit les engagements du bonhomme qui sont en réalité axés sur les intérêts de l’Etat juif.

Le fait d’être juif n’étant pas une question de foi mais de lien de sang, d’ADN ainsi que le déclare l’autre évangélique cité dans l’article, le deuxième évangélique, Lance Wallnau. Ce dernier relatant même le propos de son père lui disant qu’il entretiendrait un « rapport instinctif » avec le peuple juif.

Voilà qui nous rappelle la vision développée par un certain Adolf Hitler!

Et il va de soi que pour ces gens, « l’Islam doit être brisé pour que le Christ puisse revenir« .

Ces Juifs passés prétendument au christianisme sont en effet les principaux promoteurs de l’islamophobie avec d’autres qui pour leur part n’utilisent pas le vecteur de l’action religieuse à proprement parler.

Le « Guerrier de la Prière » pour Trump claironne ses racines juives

Par Sam Kestenbaum August, The Jewish Forward (USA) 10 août 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un télévangéliste qui dit que ses prières ont arrêté un tsunami et qui croit que Donald Trump a été choisi par Dieu anime une campagne de prières de masse en soutien au Président – dans le cadre d’une action de protection étalée sur un mois baptisée POTUS [President Of The USA] Shield.

Frank Amedia, auparavant « chargé de liaison pour la politique chrétienne » pendant la campagne électorale de Trump et « Guerrier de la Prière » autoproclamé a lancé un projet avec d’autres « prophètes » ou « apôtres » pour créer un « bouclier de prière » protecteur autour de la présidence Trump. Il a organisé à cette fin des groupes de prière et des rassemblements au cours de ces six derniers mois.

Frank Amedia

Frank Amedia

« Ces moments forts sont toujours une occasion excitante et puissante d’écouter en coulisses le cœur qui bat derrière le POTUS Shield, » lit-on sur le site web d’Amedia,  » et ils mettent en place l’atmosphère dans la région ! »

Les leaders du POTUS Shield voient la politique comme une guerre spirituelle. Le groupe, a apporté dans un article récent Right Wing Watch [l’observatoire de l’extrême droite], s’inscrit dans ce que les spécialistes de religion qualifient de « forme de christianisme qui se développe le plus vite aux Etats Unis et peut-être dans le monde » – une tendance su protestantisme évangélique qui met l’accent sur l’expérience surnaturelle directe à travers les « dons de l’esprit. »

Image promotionnelle pour le "bouclier de prière" de Frank Amedia pour le président.

Un autre fait dont Amedia parle avec fierté ?

Il était juif autrefois.

« Je suis un Juif italien, mes parents avaient un héritage juif et un héritage italien , »a déclaré Amedia au cours d’un entretien pour une émission de télévision chrétienne l’an dernier.

Son groupe, constitué de 20 membres du conseil ne se targue pas d’accueillir des personnes très ou appartenant à de grandes familles, mais leur leader aime à parler de ses liens avec le Président. Amedia soutient avoir dit au Président qu’il avait été porté au pouvoir par Dieu dans le cadre d’un plan sacré pour bâtir une nation chrétienne forte – qui à son tour fera revenir Jésus Christ pour qu’il règne sur le monde.

« Leur théologie dit que le Christ reviendra seulement avec une église triomphante et dominatrice, » explique Peter Montgomery, auteur du rapport de Right Wing Watch. « Ils consid_rent leur activisme politique comme nécessaire pour provoquer le retour du Christ. »

POTUS Shield a programmé une série de rassemblements dans tout le pays entre maintenant et les élections de mi-mandat de 2018 où ils prévoient de rassembler des soutiens et répandre leur message. Les objectifs concrets avoués du groupe comprennent la suppression du droit à l’avortement, l’interdiction des mariages homosexuels et la révocation des juges fédéraux dont les décisions ne leur conviennent pas. Amedia et sa femme dirigent aussi Touch Heaven Ministries.

Comme beaucoup d’autres évangéliques a une grande vénération pour Israël, un autre pays qu’ils considèrent comme sacré – le shofar [instrument à vent fabrique à partir d’une corne de bélier] avait même résonné et le drapeau israélien flottait pendant la réunion inaugurale de ce groupe de prière

Dans l’entretien sur sa vie passée, Amedia a dit avoir appartenu à une su*ynagogue conservatrice mais en était venu à se sentir frustré dans sa foi. « Ce qui m’intéressait, c’était la manière de revenir à une relation où on voit Dieu, » avait-il dit. Media s’était installé dans une ferme, avait construit un autel et avait commencé à « pratiquer des sacrifices pour faire se manifester la présence de Dieu. »

Il avait observé les rites d’un prêtre juif, disait-il, se conformant aux prescriptions alimentaires et lavant soigneusement ses robes.

Mais cela aussi l’avait laissé insatisfait. Un jour d’hiver, se sentant abattu, il avait erré dans la neige. Il pleurait, disait-il, et demandait à Dieu « d’envoyer un ours pour qu’il me tue et me dévore. »

C’est à ce moment qu’il « a entendu la voix de Dieu pour la toute première fois » – une expérience transformatrice qui le conduisit vers Jésus. « J’eus la révélation que Jésus était Dieu » disait-il.

Il reçut par la suite une formation par Guillermo Maldonado, un pasteur de Miami membre de la New Apostolic Reformation, un groupe de personnes « qui s’autoproclament prophètes et apôtres des temps modernes, » selon le Christian Times.

« Il a été crédité de plusieurs prophéties incroyables, » lit-on sur son site internet et « il jouit des dons de guérir, de faire des miracles, de délivrer [du tourment?], des paroles de la connaissance, d’enseigner et il est aussi un pianiste chevronné et un auteur de psaumes. »

Amedia, qui guide des circuits religieux en Terre Sainte, évoque souvent ses origines juives – un élément qui plait à ses adeptes.

Le leader évangélique n’est pas le seul à évoquer des origines juives. D’autres personnalités, dont d’autres prophètes autoproclamés qui soutiennent Trump font la même chose.

Par exemple, l’évangéliste Lance Wallnau – qui, incidemment, dit aussi avoir prophétisé l’ascension de Trump – affirme aussi avoir des racines juives.

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Pour Amedia, Wallnau et d’autres, la judéité est évoquée en tant que lien de sang ou de lien génétique avec un peuple ancien.

Wallnau raconte une histoire dramatique sur la manière dont son propre père lui avait révélé son identité juive. « Pour le restant de ta vie, tu auras un rapport instinctif avec le peuple juif. C’est dans ton ADN, » disait son père. « C’est dans tes os. C’est dans ton identité. Tu le sauras parce que tu le ressentiras. »

 

L’escroc juif devenu danseur de swing, ou les mésaventures d’un sandwich

26 juin 2017

Pour ceux qui connaissent Lyon, Minnesota State Fair est  quelque chose qu’on pourrait comparer à Eurexpo qui accueille, entre autres, la Foire Internationale de Lyon. Mais Minnesota State Fair est une plus grosse organisation puisque c’est un des tous premiers centres d’exposition commerciale/foire des Etats Unis.

Comme partout où on accueille des visiteurs, la nourriture est présente que ce soit à la vente pour emporter ou pour consommer sur place.

C’est la nourriture qui fait l’objet de l’article que je vous propose. Il est en effet question d’un sandwich antisémite du fait de son nom : The Swindler [l’escroc].

On dira qu’il est intéressant de constater que l’association entre ce mot et les Juifs est faite par des Juifs, une association peut-être facilitée par le fait que le sandwich en question est au saumon  et que le saumon serait une denrée caractéristique de l’alimentation juive.

Mais peut-être que d’autres populations consomment su saumon,. Je pense au hasard aux Norvégiens (juifs ou pas), aux Ecossais (juifs ou pas).

Cette association entre le mot « escroc » et les Juifs est d’autant plus curieuse que l’entreprise qui produit le sandwich s’appelle The Hideaway Speakeasy, c’est-à-dire le tripot clandestin et que les noms de ses produits font tous référence à l’époque des gangsters et de la prohibition dans les années 20, des années qui swinguaient dans tous les sens du terme à Minneapolis et Saint Paul, les deux grandes villes voisines du Minnesota..

A côté des escrocs, à l’époque on trouvait les bootleggers, les trafiquants d’alcool qui ont aussi donné leur nom à un produit de The Hideaway Speakeasy.

Si ce nom n’a pas sonné l’alarme à l’antisémitisme, c’est bien normal : la mémoire collective qui a bien retenu le rôle des trafiquants italiens [Al Capone, Frank Nitti en particulier] a par contre oublié, malgré la littérature, que les principaux bootleggers, pourvoyeurs des mafieux italo-américains, étaient juifs.

Le sandwich de State Fair rebaptisé après des plaintes pour antisémitisme

Par Nancy Ngo, Pioneer Press (USA) 20 juin 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Peu après la communication de la nouvelle gamme d’aliments de la Minnesota State Fair Foods mardi matin, des plaintes ont commencé à s’élever au motif que le nom d’un des nouveaux plats était antisémite

Des inquiétudes avaient été signalées au site internet TCJewFolk.com et relayées auprès des officiels de State Fair. Les propriétaires de The Hideaway Speakeasy [le fournisseur du sandwich] ont promptement rebaptisé un sandwich au saumon fumé et au miel dans du pain de seigle, en changeant son nom original, The Swindler [l’escroc] en Swing Dancer après avoir été informés des plaintes.

Swing Dancer Sandwich

L’Escroc [juif] est devenu un Danseur de swing

Une déclaration de State Fair précise que les propriétaires n’avaient pas eu l’intention de faire injure en baptisant le sandwich. Le Hideaway Speakeasy est un nouveau commerçant présent à la foire cette année et les noms de ses plats font référence aux années folles [années 1920] et à l’époque des gangsters à Saint Paul. Parmi les plats proposés, le Fall Guy [la bonne poire] Breakfast les paninis Boss Man, le caviar Mobster [truand] ainsi que les sandwichs Bootlegger [trafiquant d’alcool] et Gambler [joueur de jeux d’argent].

« Nous regrettons que le nom du sandwich Swindler au sein de la gamme 2017 de la Minnesota State Fair New Foods ait été accueilli négativement. Il n’a jamais été dans l’intention du fournisseur ou de State Fair de faire injure. La réaction du fournisseur a été immédiate et il a rebaptuisé le produit, » lit-on dans la déclaration de State Fair qui ajouté avoir changé ses matériels afin de porter le nouveau nom.

Le saumon fumé est une des denrées courantes dans l’épicerie fine juive.

 

Preuves archéologiques de l’ancienneté de l’implantation de l’Islam en Ethiopie

16 juin 2017

Un article intéressant qui parle de la découverte par une équipe d’archéologues anglais et éthiopiens des vestiges d’une ancienne cité musulmane en Ethiopie.

Curieusement, alors que l’Islam est une religion très présente en Ethiopie, quoique minoritaire, on ne disposait pas d’éléments archéologiques attestant d’une présence ancienne et structurée de communautés musulmanes en Abyssinie.

La chose est maintenant démontrée avec les fouilles réalisées à Harlaa qui révèlent une ville musulmane plus que millénaire intégrée dans des réseaux de relations commerciales s’étendant de l’Egypte à la Chine!

Harlaa map

Comme le dit l’article cette présence ancienne ne peut qu’être mise en lien avec la tradition selon laquelle des fidèles des tout débuts de l’Islam s*avaient trouvé asile auprès du souverain d’Ethiopie. D’autant que, comme l’explique le directeur des fouilles, d’autres excavations pourraient mettre au jour des vestiges encore plus anciens.

La découverte d’une ancienne cité musulmane oubliée en Ethiopie pourrait permettre de préciser l’histoire de l’Islam en Afrique

Par Conor Gaffey, Newsweek (USA) 16 juin 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une cité oubliée vieille de plus de 1000 ans a été découverte en Ethiopie et pourrait apporter des éléments sur les origines de l’Islam dans ce pays.

L’agglomération, située près de Dire Dawa, la deuxième plus grande ville d’Ethiopie dans l’est du pays, consistait en bâtiments construits avec de gros blocs de pierre, d’où une légende locale selon laquelle elle était habitée par des géants. Les chercheurs considèrent qu’elle pourrait remonter au 10ème siècle.

Les archéologues ont découvert une mosquée du 12ème siècle sur le site de Harlaa ainsi que des vestiges d’inhumations et de pierres tombales musulmanes. L’équipe, de l’Université d’Exeter et de l’Ethiopian Authority for Research and Conservation of Cultural Heritage [direction du patrimoine, NdT] a aussi découvert des objets venant de contrées aussi éloignées que l’Inde et la Chine, ce qui donne à penser que la région fonctionnait comme un pôle d’échange pour les négociants étrangers.

Harla mosque

Une mosquée du 12ème siècle découverte à Harlaa dans l’est de l’Ethiopie. La mosquée est d’un style semblable à celui d’autres mosquées découvertes en Afrique orientale, ce qui suggère des connexions entre les communautés musulmanes de la région.

Le prophète Muhammad est mort vers la moitié du 7ème siècle et on considère que l’Islam s’est répandu le long des côtes orientales de l’Afrique au 8ème siècle. Mais une tradition plus ancienne affirme que le Prophète Muhammad avait envoyé quelques uns de ses premiers compagnons en Abyssinie – Ethiopie aujourd’hui – au début du 7ème siècle.

Il y a près de 250 millions de Musulmans en Afrique sub-saharienne selon le Pew Research Center. Mais l’Ethiopie est très majoritairement chrétienne : près des deux tiers de la population sont chrétiens tandis que la plupart des autres sont musulmans.

« L’archéologie islamique a été négligée en Ethiopie parce que les gens se sont concentrés sur d’autres choses, » a déclaré à Newsweek le professeur Timothy Insoll, responsable du projet et archéologue à l’université d’Exeter.

Double Burial

Site funéraire à Harlaa dans l’est de l’Ethiopie. Les chercheurs analysent les restes pour essayer de déterminer le régime alimentaire des anciens habitants de la région.

L’Ethiopie a été un important lieu de fouilles pour les recherches consacrées à l’aube des civilisations humaines : Lucy, un fossile vieux de 3,18 millions d’années qui appartenait à la famille du premier ancêtre de l’homme, Australopithecus Afarensis, avait été découverte en Ethiopie en 1974.

« [La découverte récente] remédie à l’absence presque complète d’archéologie islamique [en Ethiopie] déclare Insoll. La mosquée présente des similitudes avec d’autres découvertes en Tanzanie et au Somaliland, une région de Somalie qui a proclamé son autonomie, ce qui suggère l’existence de contacts et de connexions entre les premières communautés musulmanes d’Afrique orientale.

Les chercheurs ont aussi découvert des fragments de vaisselle en verre, du cristal de roche, de la cornaline (une pierre semi-précieuse), des perles en verre, des coquilles de cauris et de la poterie. Certain de ces objets venaient d’Inde et de Chine, et l’équipe a aussi découvert des pièces de monnaie de l’Egypte du 13ème siècle. Les agriculteurs locaux rencontraient parfois des objets comme des pièces de monnaie chinoises.

Beads

Perles et autres objets découverts à Harlaa dans l’est de l’Ethiopie. Certains de ces objets venaient d’Inde et de Chine.

 

 

 

Les découvertes à Harlaa sont les premières preuves de l’existence de relations entre l’Ethiopie et le Golfe, l’Inde et l’Afrique du Nord il y a des centaines d’années..

Les archéologues ont aussi découvert les restes de 300 personnes enterrées dans un cimetière qui sont en cours d’examen pour déterminer leur type de régime alimentaire.

Insoll explique qu’il a fallu deux années pour mener le projet à bien et que d’autres fouilles pourraient mettre au jour des objets encore plus anciens.

« Je ne suis pas une musulmane modérée. Et je n’ai nul désir de l’être »

10 mars 2017

Aux Etats Unis, il existe une presse étudiante très vivante dont le niveau éditorial n’a souvent rien à envier aux médias professionnels (ce serait même parfois l’inverse).

Cette presse étudiante à l’intérêt particulier de mettre en évidence ce que pensent les jeunes dont beaucoup feront partie de l’élite américaine et auront donc un poids particulier dans la vie publique de leur pays.

C’est le cas du Harvard Crimson, journal d’une université parmi les plus prestigieuses des Etats Unis, membre de l’Ivy League qui rassemble huit universités de renom dont certaines au nom évocateur comme Princeton ou Yale.

Shireen Yunus est une jeune éditorialiste qui collabore au Harvard Crimson où elle nous propose un article dans lequel elle dénonce avec talent la quête perpétuelle dans les médias dominants et dans le discours des politiques du « Musulman modéré », cet individu marginal voire introuvable face à la horde des Musulmans extrémistes assoiffés de violence.

Shireen

Shireen Younus

A cette demande des médias dominants, Shireen Younus a finalement choisi de répondre par une fin de non-recevoir.

Un propos qu’on peut et doit évidemment considérer comme valable pour la situation en France.

Je ne suis pas une Musulmane modéré

Par Shirenn Younus, Rédaction de The Harvard Crimson (USA) 9 février 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

A l’âge de quatre ans, ma mère m’apprit à lire le Coran. Nous commençâmes avec l’alphabet arabe. Je me souviens avoir appris comment prononcer la lettre « alif », la première lettre du mot « Allah » (Dieu), et « sheen », le première lettre de mon propre nom. Comme je grandissais, ma mère m’apprit comment placer mes mais pour la prière, mon père me parla du courage et de la piété des premiers Musulmans, mes parents m’emmenèrent dans une petite mosquée qui devait devenir comme une deuxième maison pour moi.

Je sais que mes expériences sont différentes. Je couvre mes cheveux avec un foulard. Mon livre sacré se lit de droite à gauche. Et je vais à la mosquée, pas à l’église. Mais je sais aussi qu’il n’y a là rien d’extrémiste. Ma foi m’a enseigné aussi les mêmes règles morales de base : la bonté, l’honnêteté et le respect.

C’est seulement à l’âge adulte que j’ai réalisé que, pour certains, mon enfance et mon identité n’étaient pas seulement différents mais dangereuses. Dans le monde post 11 septembre, la langue que j’ai apprise à côté de l’Anglais est associée au terrorisme, mon foulard est un autre symbole de mon altérité et la mosquée où j’avais noué des amitiés et joué à la balançoire est le signe d’une atteinte malvenue à la société américaine. C’est aussi à ce moment que j’avais réalisé qu’être Musulman ne suffisait pas – je devais me définir comme une « Musulmane modérée. »

Je dus commencer à endurer les blagues sur les terroristes et rester calme devant des accusations insultantes. Je commençais à faire ouvertement acte de contrition et à m’interroger sur comment mes erreurs avaient pu aboutir à la généralisation de stéréotypes négatifs sur les Musulmans. A l’époque, ça paraissait logique. J’entendais partout l’Amérique en appeler à des voix « musulmanes modérées. » C’était ce qui apparaissait comme la voie la plus évidente pour distinguer les convictions pacifiques de l’idéologie pervertie de ceux que je voyais à la télévision.

Même ma connaissance de l’Islam avait été affectée par mes tentatives pour être modérée. Au lieu d’aller dans le sens de ma curiosité naturelle pour la religion, j’appris comment être sur la défensive. Aujourd’hui, je suis capable de parler de l’histoire islamique des droits des femmes et de la signification du mot « djihad ». Je peux expliquer comment l’Islam valorise la modération dans la pratique religieuse. Je peux vous dire que le Coran ne prescrit pas la peine de lapidation, que la première université dans le monde fut fondée par une femme musulmane et que le mot « infidèle » n’appartient pas à la tradition musulmane.

Cependant, dans mes vaines tentatives pour être modérée, j’ai appris qu’un Musulman modéré est bien plus qu' »un Musulman qui n’est pas un terroriste. » Un Musulman modéré est plus « laïque » [secular] – moins ouvertement religieux. Un Musulman modéré doit se montrer aveuglément patriote et reconnaissant à l’égard des Etats Unis en dépit de politiques intérieures et extérieures bi-partisanes qui font quotidiennement du mal aux Musulmans partout dans le monde. Un Musulman modéré doit constamment coller au stéréotype du « Musulman libéral [au sens américain] et laïque [secular] qui est tout aussi peu nuancé que le stéréotype du « Musulman terroriste dangereux ». Un Musulman modéré ne se voir accorder qu’un minimum d’espace par les médias et par l’Amérique. Un Musulman modéré est une personne diminuée.

Je ne suis pas une Musulmane modérée. Et je n’ai nul désir de l’être.

Le qualificatif « modéré » suggère qu’il y a quelque chose d’intrinsèquement violent dans l’Islam. Il pousse à conclure à tort qu’un petit groupe de « modérés » se situe en opposition à de grandes bandes d’extrémistes violents qui soutiennent Daesh. Ce n’est tout simplement pas vrai parce que la réalité est complètement à l’opposé. Quand les médias parlent de « Musulmans modérés », ils propagent un discours dangereux selon lequel l’Islam est une religion violente qui n’est pas compatible avec la société américaine.

L’expression « Musulman modéré » présume qu’être musulman n’est pas suffisant. Qu’être musulman est une menace. Elle enjoint aux Musulmans de s’abstenir de lutter pour les droits de l’Homme et un respect élémentaire. Elle nous enseigne à associer notre propre foi et nos propres mois à la violence, bien que nous sachions à quel point ce mythe est faux. Elle fait que nous nous retrouvons sans cesse à condamner le terrorisme et à nous attribuer la charge de la preuve en réaffirmant que nous sommes des gens bons, pacifiques et libéraux.

C’est épuisant, et contraignant, et j’en ai assez. Je ne pense pas qu’il soit de ma responsabilité individuelle de réaffirmer constamment mon humanité. Je ne crois pas que réaffirmer l’humanité de milliards de Musulmans dans le monde entier relève de ma responsabilité.

Mon identité, comme l’identité de tout individu musulman est diverse. Oui, je prie cinq fois par jour et le mois de Ramadan est ma période de l’année préférée. Mais je suis une inconditionnelle de Beyoncé et j’ai une propension à zapper sur Netflix. Je ne devrais pas avoir à sacrifier une quelconque partie de moi-même pour mériter votre respect.

Shireen Younus,’20 ans, est une éditorialiste du Crimson qui vit à Greenough

Qui mieux qu’un Juif pour répandre et attiser la haine antisémite?

16 janvier 2017

On apprend ici que l’animateur d’un média néo-nazi sur le web est en fait marié à une juive et réside dans le Upper East Side, le quartier le plus chic de Manhattan où résident des personnalités aussi connues que Madonna, Rupert Murdoch, Spike Lee, Woody Allen ou encore George Soros (source Wikipédia). Le quartier compte 11 lieux de culte chrétiens (toutes obédiences confondues, Témoins de Jéovah et Scientologues exclus), 9 synagogues et une mosquée.

Bon, on nous dit qu’il est marié avec une femme juive. Je vous fiche mon billet qu’il est en réalité lui-même membre de la tribu (et certes il l’est bel et bie).

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Visez la gueule de l’Aryen Mike Peinovich alias Mike « Enoch »

L’animateur d’un média néo-nazi vit-il dans le Upper East Side avec une épouse juive?

par Dan Friedman, The Jewish Forward (USA) 15 janvier 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un des principaux animateurs d’un média néo-nazi – jusqu’alors anonyme – réside-t-il dans le Upper East Side de Manhattan avec son épouse juive? C’est ce que rapportent des informations qui émanent de factions racistes rivales dans la nébuleuse du mouvement « alt-right » [droite alternative, fachosphère].

Mike « Enoch » dirige le site néo-nazi The Right Stuff qui met en ligne les podcasts « The Daily Shoah » [le quotidien de la Shoah] et « Fash the Nation ». Celui qui est plus connu pour avoir développé le plugin échoes ((())) [pour identifier les Juifs sur les réseaux sociaux] répond en réalité au nom de Mike Peinovich, un développeur logiciel originaire de Montclair dans le New Jersey.

En retirant judicieusement certaines lettres de son nom de famille, Peinovich est devenu, selon ces informations, « Enoch » – en référence au politicien britannique partisan de la séparation des races Enoch Powell.

Rien de ce qui se passe dans la nébuleuse « allt-right » de misogynes, d’antisémites et suprématistes blancs ne peut rester longtemps caché, semble-t-il. Ce qui semble s’être passé, c’est que suite à une querelle (sur Red Ice Radio) qui portait sur le fait même d’envisager la question de parler à des Juifs, l’équipe de The Right Stuff s’est prise de bec avec un groupe 8Chan [plateforme de forum] appelé Baphomet.

Baphomet a réagi en attaquant le site de The Right Stuff également en révélant les noms, les adresses et les familles d’un certain nombre de membres importants de « l’alt-right » connus auparavant par leurs pseudonymes, dont Enoch qui semble avoir reconnu la véracité de l’accusation.

PS: ces informations sont confirmées et précisées sur d’autres sites d’information grand public

L’étoile dite de David, symbole du judaïsme ou du sionisme et des antisémites?

14 janvier 2017

L’article date certes quelque peu puisqu’il a été publié en pleine campagne électorale aux Etats Unis mais il traite de questions historiques qui débordent largement l’actualité immédiate.

L’article parle en effet de ce qu’on appelle l’étoile de David qui est considérée habituellement comme le symbole du judaïsme et nous explique que ce n’est qu’assez récemment que les communautés juives ont commencé à adopter ce symbole.

D’abord imposé par Charles IV, le souverain de Prague, cette étoile se généralisera bien plus tard, au 19ème siècle, chez les Juifs allemands émancipés qui voulaient ainsi avoir un signe pour se distinguer de leurs compatriotes chrétiens qui pour leur part disposaient su symbole de la croix.

Le svastika, ou croix gammée, aurait pu devenir le symbole du judaïsme, si Charles IV en avait décidé ainsi!

Vous tirerez les conclusions que vous voudrez

Qu’est-ce que l’Etoile de David et quelle est sa signification pour les Juifs?

par Lauren Markoe, Religion News Service, Deseret News (USA) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’utilisation récente par Donald Trump d’une étoile à six branches dans un tweet considéré généralement comme antisémite a soulevé de nombreuses questions sur l’Etoile de David, un symbole du judaïsme. Elle orne les synagogues dans le monde entier et est au centre du drapeau israélien. Mais elle a longtemps été utilisée pour dénigrer les Juifs.

D’où vient cette étoile et en quoi est-elle juive? Explications.

Q – Cette étoile remonte-t-elle au roi David de la Bible?

R – C’est ça. Mais n’allez pas chercher dans la Bible des références à l’Etoile de David. Selon la légende [biblique], c’est le « Magen David », le « bouclier de David » en hébreu qui avait la forme d’une étoile à six branches ou qui avait un motif avec cette forme par repoussage Mais on n’en a aucune preuve pour l’attester, qu’elle soit écrite ou archéologique. Et pendant des centaines d’années, c’est la menorah [chandelier] qui a été le symbole le plus habituel du judaïsme.

Q – Alors d’où vient cette étoile?

R – « Le triangle symétrique entrecroisé était un symbole répandu au Proche Orient dans l’antiquité, » explique le rabbin hassidique Pinchas Taylor dans une vidéo sur ses origines. On peut en trouver des exemples dans les cultures anciennes hindoue, perse et shinto entre autres – et dans des anciens décors juifs également. Elle semble pointer à la fois en direction du ciel et de la terre, de Dieu et de l’humanité et de tous les côtés de l’univers. Les mystiques pensaient qu’elle avait des pouvoirs spéciaux [magiques, NdT].

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Le chandelier (menorah) est le symbole le plus ancien du judaïsme

Q: Quand les Juifs ont-ils commencé à se servir de l’étoile?

R – Certains Européens, notamment à Prague, l’utilisaient dans les années 1600. Mais son adoption généralisée par les communautés juives n’intervint pas avant le début du 19ème siècle, d’abord chez les Juifs allemands, selon Jonathan Sarna, professeur d’histoire juive à l’université Brandeis.

« Les chercheurs pensent que les Juifs allemands récemment émancipés adoptèrent le symbole par opposition à la croix qui symbolisait si visiblement le christianisme allemand, » écrit Sarna dans son livre « American Juidaism ». L’Etoile de David fit sa première apparition dans le vitrail d’une fenêtre à la Baltimore Hebrew Congregation en 1845. Peu après, « elle devint une affirmation visible de judéité » sur les livres, les objets de cérémonie et les pierres tombales.

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Le vitrail de la synagogue de la Baltimore Hebrew Congregation

Q: Est-ce pour cette raison que les Nazis s’en servirent pour identifier les Juifs?

R – Oui, mais les Nazis ne furent pas du tout les premiers à faire porter aux Juifs un signe d’identification. Dans le monde islamique, le Calife Omar II (qui régna de 717 à 720) obligea les juifs, comme les Chrétiens, à porter des « signes distinctifs ». Dans toute l’Europe médiévale, les Juifs devaient porter des écussons – souvent jaunes – et parfois des chapeaux pointus.

Les nazis obligeaient les Juifs à porter des écussons jaunes, bien que la couleur était parfois différente dans certains territoires sous contrôle du IIIème Reich. L’étoile séparait et isolait les Juifs, les désignant ainsi pour la déportation vers les camps de concentration. Un Juif découvert sans son étoile jaune pouvait écoper d’une amende, mis en prison ou tué.

Q – Quel est le lien entre l’étoile et Israël?

R – Le mouvement sioniste adopté l’Etoile de David pour symbole en 1897. Il devint le drapeau de l’Etat d’Israël peu de temps après sa création en 1948. L’étoile est représentée entre une bande bleue sur le dessus et une autre en dessous qui sont supposées évoquer le tallit, le châle de prière juif, qui est habituellement bleu et blanc.

Q – Qu’en est-il de l’affirmation de Trump selon qui il n’y a rien d’antisémite dans l’étoile à 6 branches tweetée par son équipe de campagne?

R – L’équipe de campagne de Trump a écrit les mots « Candidate la plus corrompue de l’histoire! » à l’intérieur d’une étoile à six branches sur fond de billets de banque et à côté d’une photo d’Hillary Clinton. Etant donné qu’une bonne partie du discours antisémite reproche aux Juifs de manipuler l’économie mondiale, la présence de l’étoile associée à de l’argent a été immédiatement vue par les Juifs ainsi que par les non Juifs comme franchement antisémite.

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Le tweet litigieux du candidat Donald Trump

Pour être plus précis, l’image provenait d’un forum de discussion où s’expriment volontiers les poncifs et les diatribes des antisémites et des suprématistes blancs

L’explication fournie par l’équipe de campagne, une étoile de shériff, a été largement tournée en ridicule.

 

Playmobil et son Martin Luther antisémite

7 janvier 2017

Voilà maintenant qu’une figurine Playmobil suscite une polémique reprise par USA Today, un quotidien américain à grand tirage.

La polémique est pourtant partie d’un journal berlinois qui tire à 60 000 exemplaires dans une capitale allemande qui compte 3,5 millions d’habitants! dans un pays de plus de 80 millions de’habitants!

C’est que la polémique porte sur le caractère anti-juif voire antisémite d’un personnage en plastique qui représente Martin Luther, le réformateur protestant, à l’occasion du 500ème anniversaire en 2017 de l’affichage par l’ancien moine catholique de ses 95 thèses.

Il faut être un théologien avisé et pointilleux pour comprendre en quoi cette figurine pourrait être anti-juive ou antisémite.

Ou encore connaître un peu la biographie de Marti Luther. Dans ce cas, on comprend que la simple mise en valeur du personnage est un affront fait aux Juifs. Le problème étant que Martin Luther est un personnage incontournable non seulement pour l’Allemagne mais pour le christianisme protestant en général et donc le monde chrétien.

Et l’image de Marti Luther est des plus positives chez les protestants comme l’atteste par exemple le fait qu’un célèbre pasteur américain portait son nom. Je veux parler bien sûr du Révérend Martin Luther King.

On ne manquera pas d’être amusé de voir à quel point le judaïsme est en capacité de dicter sa loi au christianisme, ici protestant, sur la base du fait que ce christianisme minorerait, voire écarterait, l’Ancien Testament commun au judaïsme et au christianisme.

Dans l’article, on ne nous dit pourtant à aucun moment quel regard porte le judaïsme sur le Nouveau Testament (les Evangiles).

L’article cite par contre un synode protestant qui qualifie Jésus de Juif. On se demande bien sur quelle base théologique.

La figurine jouet de Martin Luther suscite des accusations d’antisémitisme

Par Tom Heneghan, Religion News Service, USA Today 4 janvier 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Quand il est question de Martin Luther et de l’antisémitisme, même des jouets populaires en Allemagne ne peuvent échapper à un examen de nature théologique.

Playmobil, un des plus grands fabricants allemands de jouets, a mis sur le marché une figurine en plastique de 8 centimètres représentant Martin Luther pour commémorer le 500ème anniversaire cette année de la Réforme.

Drapé dans une robe noire, la figurine de Luther tient une plume dans une main et sa traduction en allemand de la Bible dans l’autre.

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Le succès a été énorme.

Environ 500 000 pièces ont été vendues, principalement en Allemagne – en particulier dans les villes où Luther a vécu et travaillé – mais aussi aux Etats Unis et dans d’autres pays étrangers.

Ce qui en fait la figurine la plus populaire jamais produite par la compagnie bavaroise qui fabrique aussi des figurines de cosmonautes, de pirates, d’ouvriers et même des personnages de crèches de Noël parmi les milliers de jouets différents conçus par Playmobil depuis 1974.

Tout se passait apparemment très bien jusqu’à ce que Micha Brumlik, un professeur d’université à la retraite et commentateur juif respecté, écrive en juin dernier que le jouet populaire était « anti-juif, voire même antisémite. »

Le problème, écrivait-il, était l’inscription sur les pages ouvertes de la Bible que tient le Playmobil Luther. Sur la page de gauche, il est écrit en allemand: « Livres de l’Ancien Testament. FIN ». On lit sur la page de droite: « Le Nouveau Testament, traduit par le Docteur Martin Luther. »

Pourquoi le mot FIN était-il écrit en caractères si gros, demandait Brumlik. « Théologiquement, la seule raison possible est que « l’Ancien Testament » et sa validité devraient être compris comme terminés et remplacés, » écrivait-il dans le journal berlinois Die Tageszeitung.

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La réponse à la question de Micha Brumlik en images (à gauche un aperçu de la statue de Martin Luther à Wittenberg

« L’Ancien Testament, les Ecritures du peuple d’Israël communes aux Juifs et aux Chrétiens, est-il obsolète et dépassé comme de nombreux Nazis – les soi-disant Chrétiens allemands – voulaient les voir, où est-il tout aussi important que les Evangiles pour les différentes familles du christianisme? »

L’église régionale protestante de Hesse et Nassau, où se trouve Francfort, s’est promptement associée à la critique de Brumlik pour dire que le mot [fin] pouvait être mal compris.

Dans une lettre ouverte, une organisation de théologiens protestants progressistes considère que le jouer présente une vision discutable de la Bible « dans un contexte politique et social où les opinions anti-juives sont à nouveau à la hausse. »

La charmante figurine n’était absolument pas supposée être en rapport avec ce genre de questions.

L’Office National du Tourisme allemand et les responsables du tourisme à Nuremberg – le centre de l’industrie allemande du jouet – ont conçu le jouet avec Playmobil comme un gadget de marketing pour promouvoir les visites d’événements ayant pour thème la Réforme dans les villes qui ont un lien avec Luther.

L’office du tourisme de Nuremberg la vend sur son site web pour 2.39 euros. Amazon Allemagne a une trentaine de commentaires dithyrambiques de la part de clients satisfaits.

C’est un des innombrables souvenirs mis en vente pour l’anniversaire, en plus de la bière Luther, des nouilles Luther, des magnets pour réfrigérateur Luther, un plateau de jeu Luther et, bien sûr, toute une série de nouveaux livres sur l’homme, sa vie et la Réforme.

Un théologien protestant est intervenu comme conseiller pour le projet Playmobil qui a pris pour modèle du jouet une statue célèbre de Luther qui se dresse à Wittenberg, la ville d’Allemagne orientale où, selon la tradition, il avait placardé ses 95 thèses sur la porte d’une église le 31 octobre 1517.

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Statue de Matin Luther à Wittenberg

L’église évangélique d’Allemagne, la principale association d’églises protestantes du pays, s’est empressée d’adopter la figurine, commandant même un exemplaire grandeur nature pour l’exposer lors d’événements de promotion de la commémoration de la Réforme.

Si elle n’avait au départ pas d’objection contre l’inscription [le mot FIN] critiquée par Brumlik, l’association, connue par son acronyme allemand EKD, a dû gérer ces dernières années d’autres aspects de l’héritage embarrassant de l’antisémitisme de Luther dans le cadre de la préparation de l’anniversaire.

Lors de son synode annuel de 2015, l’organisation a adopté une résolution affirmant que « la vision par Luther du judaïsme et sa diffamation des Juifs sont, selon notre lecture actuelle, en contradiction avec la fois en le Dieu unique qui s’est révélé lui-même dans le Juif Jésus. »

En novembre dernier, le synode de 2016 de l’EKD a officiellement renoncé à la « mission auprès des Juifs », un projet d’évangélisation que la plupart des églises régionales avait abandonné dans les décennies qui ont suivi l’holocauste mais qui avait gardé une certaine faveur dans les congrégations les plus conservatrices.

Dans son article, Brumlik rappelait aux lecteurs que Luther était « un des pères fondateurs de l’antisémitisme moderne » et l’auteur du tristement célèbre livre « Des Juifs et de leurs mensonges » dans lequel l’ancien moine catholique exhortait ses adeptes à incendier les maisons des Juifs et leurs synagogues et à confisquer leur argent.

Les jouets Playmobil ont rendu tant d’enfants heureux que la compagnie ne peut certainement pas s’inscrire dans cette tradition, affirmait Brumlik. Rappeler en usine toutes les figurines de Luther n’était pas la réponse mais peut-être la compagnie pouvait-elle retirer le mot « FIN » de la page du livre ou, du moins, l’écrire en plus petits caractères.

Après discussion avec ses sponsors, l’office du tourisme de Nuremberg a annoncé que le mot « FIN » serait supprimé des futurs exemplaires du jouet. Le modèle théologiquement plus correct sera disponible en mars.

Le Luther de Playmobil est devenu si connu en Allemagne que l’évêque Heinrich Bedford Strohm, président de EKD, l’a mentionné dans son sermon du Nouvel An à Berlin.

« En cette année jubilaire, l’important ce ne sont pas les figurines Playmobil, les chaussettes Luther et les bonbons de la Réforme, » a-t-il dit dimanche. « Ils ne sont font qu’ouvrir une porte pour que le message soit entendu. Et il est clair et plus que jamais pertinent – redécouvrir le Christ. »


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