Archive for the ‘judéo-christianisme’ Category

Polémique judéo-chrétienne

12 novembre 2010
 Notre dernière leçon portant sur le judéo-christianisme commence à dater. Bon, ça tombe bien , l’actualité nous donne l’occasion d’une nouvelle petite leçon.
Le judéo-christianisme, serais-je tenté d’écrire, est une notion qui semble faire l’unanimité au point d’apparaître comme une évidence.
Or, comme beaucoup d’évidences, elle est souvent démentie par les faits. Prenons par exemple les Juifs pour Jésus, une secte qui a pris au sérieux ce fameux judéochristianisme. Eh bien, ils ne font pas l’unanimité et pas tellement pour leur côté « chrétien » mais plutôt pour leur côté « juif. » Car, comme disait l’autre:

 Un Juif pour Jésus, ça n’existe pas. C’est comme dire qu’un Noir est pour le Ku Klux Klan.

Sympa de comparer Jésus au Grand Sorcier et le christianisme au Ku Klux Klan!

Un juge de Floride sanctionne l’avocat qui poursuivait en justice les Juifs pour Jésus
Kiowa County Signal (USA) 11 novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

West Palm Beach, FL – Pour avoir déposé à plusieurs reprises des plaintes abusives contre les Juifs pour Jésus, le juge Edward Fine, de l’Etat de Floride, a sanctionné l’avocat plaignant Barry Silver, et l’a condamné à payer 45 000 dollars de fris de justice. Le cabinet Liberty Counsel représente les Juifs pour jésus dans le dossier Rapp contre Juifs pour Jésus.
Un an après la publication d’une newsletter des Juifs Jésus dans laquelle Bruce Rapp, le beau fils d’Edith Rapp, affirmait que Mme Rapp « faisait la prière des pécheurs, » Edith avait déposé plainte avec l’aide de Silver contre les Juifs pour Jésus, en prétendant uq cette organisation l’avait diffamée en affirmant qu’elle était une « adepte du judaïsme. » Liberty Counsel avait déposé plusieurs motions pour rejeter la plainte, ce que le tribunal a accepté, mais Silver a déposé à nouveau les mêmes plaintes frivoles [sic]. Se fondant sur ce comportement, le tribunal a cette fois sanctionné Silver. Le juge Fine a aussi déclaré qu’il revenait à l’ordre des avocats de Floride d’adopter des sanctions additionnelles.

Mathew Staver, de la Foundation of Liberty Counsel et doyen de la faculté de droit de la Liberty University, commente ainsi: « Les avocats ne doivent pas se servir de poursuites en justice pour diffamer leurs opposants. Barry Silver a essayé de faire de son dépôt de plainte l’instrument d’une polémique contre le christianisme en général et les Juifs pour Jésus en particulier. Le tribunal lui a à juste titre infligé des sanctions pour abus de la procédure judiciaire. »

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Petite révision judéo-chrétienne

18 janvier 2010
Voilà une petite histoire qui en dit long. Elle se passe aux Etats Unis, pays qui sans être laïque dispose de lois au niveau fédéral et des Etats qui sont adoptées par un législateur séculier, issu de processus électoraux. Ce sont ces lois qui sont supposées s’appliquer.
Sauf dans le cas présenté ci-dessous, où aux Etats Unis, un magistrat qui décide au nom de l’Etat entreprend de faire appliquer la halacha, la loi juive tirée du Talmud.

Ce qui est amusant, c’est de voir le héros involontaire de cette affaire plaider, comme le font certains tenants du judéo-christianisme, la qualité de rabbin de Jésus. Probablement un argument qu’on a estimé pratique de lui sortir pour faciliter sa conversion, mais devenu inutile une fois le gentil mari redevenu païen. Lui continue apparemment à croire à ce boniment pour incultes.
Il faut dire que ce monsieur est très naïf puisqu’il semble croire sincèrement qu’il est allé combattre en Afghanistan pour défendre les libertés des Afghans. Sans s’apercevoir que dans le même temps, on l’avait dépouillé chez lui d’une partie des mêmes libertés. Et que l’adversaire qu’il affronte chez lui est peut-être autrement plus coriace que les Talibans.

En emmenant sa fille juive à l’église, un père enfreint peut-être une injonction du tribunal
Yeshiva World (USA) 18 janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Chicago, Illinois – Joseph Reyes a fait ce samedi ce que des millions de parents font dans tout le pays, amener sa fille à l’église.

Mais pour ce père âgé de 35 ans, franchir le seuil d’une église pourrait conduire en prison.
« Un juge m’a ordonné de ne pas exposer ma fille à autre chose que le judaïsme, » explique Reyes. « Mais je l’emmène pour entendre les enseignements de celui qui fut peut-être le rabbin le plus éminent de l’histoire de notre planète. Je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de plus juif. »

Mais le mois dernier, un juge a émis une ordonnance temporaire interdisant expressément à Reyes d’exposer sa fille à  toute religion autre que le judaïsme.

C’est arrivé après que Reyes ait fait baptiser sa fille sans avoir consulté d’abord son ex-épouse.
Reyes et son épouse sont en instance divorce et se livrent une rude bataille pour le droit de garde. Elle dit qu’il a toujours été d’accord pour élever leur enfant dans le judaïsme. Il affirme que ce n’est pas vrai.
« Ma fille devrait avoir une approche des deux religions, la mienne et celle de ma femme… Quand elle sera en âge, elle décidera par elle-même de comment elle souhaite finalement entretenir sa relation avec Dieu, » déclare Reyes.
Ce vétéran de la guerre dit qu’il s’agit d’un droit pour lequel il a combattu par le passé et pour lequel il combattra encore.

Il affirme que s’il est jeté en prison, les électeurs devront se rappeler au bon souvenir du  juge au moment des élections. Selon Reyes, le juge Edward Jordan est l’ancien chef de la Decalogue Society, le barreau des avocats Juifs.

L’ordre, tel que rédigé par le défenseur de son ex-femme, indique qu’amener l’enfant à l’église causerait un préjudice irréparable.

Reyes dit seulement vouloir faire ce que d’innombrables autres pères font chaque weekend.

« Je pense que c’est vraiment triste pour un pays d’en arriver au point où un père peut être emprisonné pour agir en tant que parent avec son enfant, » déclare Reyes.
Reyes s’était converti au judaïsme peu après la naissance de l’enfant. Il dit avoir fait l’objet de pressions en ce sens.

L’avocat qui représente Mme Reyes a préféré ne pas s’exprimer. Le juge n’a pu être joint.

(Source: WCBSTV)

Le judéo-christianisme selon Larry David

29 octobre 2009
Ca se passe dans un sitcom très populaire aux Etats Unis. La vedette de l’émission, un certain Larry David, créateur de Seinfeld, se rend aux toilettes et éclabousse d’urine par « inadvertance » un portrait de Jésus. Allez comprendre, en passant, pourquoi quelqu’un irait placer un portrait de jésus à côté d’une cuvette de WC…
C’est quand même déjà très drôle, du moins quand on n’est pas chrétien, mais il s’ensuit un autre gag quand l’assistante du même David se prend à croire que le portrait de Jésus pleure et se répand en dévotions avec sa mère elle aussi convaincue d’un phénomène miraculeux.
Bon, les catholiques des USA ne semblent pas trouver ça drôle et le font savoir comme ils peuvent (et ils peuvent finalement peu).
Ce qui est quand même étonnant dans les réactions outragées qu’on peut lire dans la presse anglo-saxonne, c’est qu’on s’y demande si on accepterait une telle insulte envers d’autres religions comme le judaïsme ou l’Islam.
C’est étonnant car, comme on le sait, nul ne se prive en Occident de déblatérer sur l’Islam, que ce soit sur le registre de la comédie ou sur un registre plus «sérieux ». Ceux qui protestent aujourd’hui contre le sketch de Larry David oublient semble-t-il, l’épisode des caricatures insultantes à l’égard du prophète de l’Islam.
Et c’est étonnant aussi parce que Larry David n’est certes pas chrétien, mais il n’est pas musulman non plus.

Les Catholiques des USA choqués par Larry David qui pisse de rire

Ce serait un tollé général si les Juifs ou les Musulmans étaient traités de la sorte, affirment des critiques
Par Sophie Taylor, The First Post (UK) 29 octobre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le comédien étatsunien Larry David, créateur de Seinfeld et maintenant vedette de sa propre sitcom Curb Your Enthusiasm aime choquer et, dans l’ensemble, son auditoire l’apprécie pour ça. Cette fois il est allé à la limite, du point de vue des Catholiques.

Dans le dernier épisode diffusé dimanche soir aux USA sur BO, David va dans la salle de bains et, alors qu’il urine, éclabousse un portrait de Jésus Christ. Il sort dans l’essuyer.

Quelques minutes plus tard, une assistante de David entre dans la salle de bains et croit que Jésus pleure. Elle appelle ensuite sa mère et toutes deux s’agenouillent en prières.

Pas drôle, proteste Deal Hudson, écrivain et rédacteur en chef d’InsideCatholic.com. « Pourquoi ces gens peuvent-ils se permettre de montrer publiquement un tel degré d’irrespect pour les symboles chrétiens? » Demande-t-il. « Si on faisait la même chose avec le symbole de toute autre religion – juive ou musulmane – ce serait un tollé général. Il n’y a aucune égalité de traitement. »

Bill Donohue, président de la Catholic League, affirme que David devrait « démissionner tant qu’il est encore temps, » et que le show prouve que le comédien avait fait son temps. « Larry David a-t-il été toujours aussi vulgaire? Considérerait-il drôle que quelqu’un urine sur le portrait de sa mère? » demande Donohue.

En défense, BO déclare: « Toute personne qui suit Curb Your Enthusiasm sait que le show est tout en parodie et en satire. Larry David se rit de tout le monde, et particulièrement de lui-même. Son humour est toujours espiègle et absolument jamais malveillant. »

C’est insuffisant pour Hudson et Donohue. Le premier souhaite que les producteurs et les scénaristes du show présentent des excuses. « Quand cela va-t-il s’arrêter? » demande-t-il.

L’épisode était un de ceux attendus depuis longtemps pour lequel la distribution de Seinfeld avait été réunie. A la question de savoir si David et Jerry Seinfeld (qui interprète son propre rôle) ont déjà assisté à un miracle, David répond: «Chaque érection est un miracle»

Pour Donohue: «Voilà ce qui passe pour de la créativité de nos jours.»

>Approfondissement de la théologie judéo-chrétienne: Oui, on peut être prêtre catholique et travailler secrètement pour le Mossad!

3 août 2009

>

Incroyable que cet article du journal espagnol El Mundo qui nous envoie à la figure un certain nombre de clichés antisémites (au sens d’hostilité envers les juifs).
On y apprend par exemple qu’on peut être juif de religion (certes ça va de soi) mais aussi de race. Une idée qui ressemble à s’y méprendre à celle défendue par le sionisme (ah oui, et aussi par le nazisme).

On y apprend aussi que juif, ça se voit sur la figure !
Complètement dingues ces journalistes Espagnols !
Et ce n’est pas fini, puisqu’on apprend aussi qu’on peut être prêtre catholique, agent des services secrets du Vatican mais quand même travailler encore plus pour le… Mossad. Oui, les services secrets sionistes parce que même si on est catholique de religion, après tout n’est-on pas juif de race ? (non, le mot sayanim ne figure pas dans l’article).

Et puis, par ailleurs, Jésus-Christ n’était-il pas juif et n’est-il pas resté juif jusqu’au bout ?
Et peut-on être véritablement catholique si on n’est pas juif ?
Oh que nenni ! Et comme juif, c’est aussi une race, la conclusion est que seuls des juifs peuvent être authentiquement catholiques.
s
Une véritable leçon de théologie judéo-chrétienne.
Toutes ces inventions antisémites et même le dernière plutôt philosémite, vous les découvrirez dans la traduction que je vous propose. Il faut juste savoir que cet article n’est qu’un extrait d’un compte rendu d’entretien bien plus long qui n’est pas accessible gratuitement.
Un livre autobiographique devrait prochainement paraître en espagnol (sera jamais publié en français à mon avis)

Les confessions du prêtre-espion du Vatican
Il a travaillé comme espion pour les grands services de renseignements
Les médecins ont diagnostiqué qu’il avait un cancer du poumon en phase terminale
Par José Manuel Vidal, El Mundo (Esp), 2 août 2008 traduit de l’espagnol par Djazaïri
«Je suis un espion et je ne le nie pas,» reconnait-il sans rougir à 90 ans. Et ce qui est certain, selon ses révélations à Cronica, c’est qu’il a appartenu aux services secrets du Vatican, a été membre du Mossad, que la CIA a voulu le recruter et qu’il fut arrêté par le KGB. Un portrait digne d’un 007, mais Antonio Hortelano est un religieux rédemptoriste, un spécialiste de la Morale sur les épaules duquel repose un extraordinaire parcours évangélique. Et une histoire de cinéma.
Parce que ce prêtre-espion a vécu de près, directement ou indirectement, tous les grands événements contemporains et a côtoyé les grands personnages qui sont passés ou passeront dans l’Histoire. De Golda Meir ou Moshe Dayan à Salvador Allende ou Monseigneur Romero. Et évidemment, les Papes des dernières décennies.

Cheveux blancs, nez aquilin («de juif,» dit-il avec fierté), courbé par le poids des ans, le père Hortelano garde un esprit tout à fait lucide, une grande capacité dialectique et pédagogique et des yeux bleus qui en ont vu de toutes les couleurs. Jusqu’à la radiographie de sa propre mort, diagnostiquée par hasard il y a quelques mois. « J’arrivais du Mexique, on m’a emmené à l’hôpital Carlos III et on m’a fait toutes sortes d’analyses pour voir si j’avais la grippe A. Quand il en a eu terminé, le médecin m’a dit : «J’ai deux nouvelles à vous donner. Une bonne et une mauvaise. La bonne est que vous n’avez pas la grippe A. La mauvaise est que vous avez un cancer du poumon en phase terminale.» Mais pour l’heure, il l’assume avec beaucoup de dignité. «Je me meurs. Il me reste quelques mois à vivre. Mais je n’ai pas voulu de chimiothérapie ou de radiothérapie. Seulement des soins palliatifs.»
– Vous n’avez pas peur de la mort ?
– Pas du tout.- Pourquoi ?
– Parce que j’ai la foi et que je crois en l’au-delà.
– Comment aimeriez-vous mourir ?
– Avec un sourire aux lèvres.
– Et votre épitaphe ?
– La phrase de Zubiri: «Je pense donc je suis et j’existe, pas suspendu dans le néant mais à Dieu.».

Il est 10h du matin ce mercredi 29 juillet. Le père Hortelano nous reçoit dans sa chambre du couvent rédemptoriste de la rue Félix Boix à Madrid. Une petite chambre d’une humilité monastique ; deux rayonnages de livres et une porte qui donne sur une petite salle d’eau. On sent le détachement et l’austérité. Il s’assoit sur sa chaise, couvre ses genoux avec un plaid et se prépare à nous livrer une partie du livre de souvenirs qu’il a presque terminé. Son titre sera Le grand-père.
– Un titre peu commercial
– Oui, mais comme je raconte des choses éprouvantes, j’ai préféré l’enrober d’un halo de tendresse. Quelque chose de cordial et familier.
– Votre testament.
– Ma vérité et un regard sur beaucoup de choses que j’ai vécues.
De manière générale, le père Hortelano dit avoir à se repentir de peu de choses « Mon expérience de la vie n’a pas toujours été suffisamment religieuse et, en certaines occasions j’ai été très égoïste et entêté.» En tout cas, il ne craint absolument pas le jugement de Dieu. «Je m’en remets à Dieu. Bientôt je me présenterai devant lui et je lui dirai : ‘C’est Antonio qui vient te rendre compte.‘» De plus, il y a eu une infinité de bonnes choses dans sa vie. « Parmi celles dont je me sens le plus fier, figurent celles dans lesquelles j’ai travaillé pour mes prochains.»
Une vie fascinante et pleine de peines et de tristesses, comme il le laisse entendre. Revenant loin en arrière, il rappelle qu’il est né au 80 du passage de Colon de Irun. « A 500 mètres de là où nous habitions se trouvait la France. » Dans une famille aisée. Des forces vives du peuple. « Mon grand-père maternel, Antonio, mort à 96 ans, a été le pharmacien le plus âgé d’Espagne. A l’âge de 7 ans, la famille d’Antonio déménagea à Madrid. « Mon père était leucémique et ma mère pensait qu’il serait plus facile de le soigner à Madrid. On lui donna un traitement aux rayons X qui fut une réussite pour l’époque puisqu’il survécu jusqu’au début de 1931.»
Et c’est à Madrid que l’enfant orphelin a vécu l’époque républicaine. « A l’institut où j’ai été le camarade de Fernando Fernan Gomez, nous, jeunes catholiques, arborions une croix sur le revers et les rouges, un diable avec une queue et des cornes.» Ensuite vint la guerre civile et chez lui, on célébrait des «eucharisties clandestines avec le père Ibarrola.»
Le père Hortelano vitupère contre
Rafael Alberti : « Il mettait les prisonniers dans des cabines téléphoniques aux parois électrifiées avec du courant haute tension.» Et contre Santiago Carrillo qui a fait fusiller son oncle. En revanche, il loue «le génie stratégique de Franco.»
Excellent étudiant, Antonio Hortelano professe chez les rédemptoristes à partir du 24 août 1939. Et avec ses extraordinaires talents humains et religieux, il devient vite une des étoiles de la congrégation. Grand, mince et de belle allure, avec ses lunettes métalliques, il fait intellectuel. Et il l’a été. Brillant, on dit qu’il parlait très bien, qu’il prêchait encore mieux et que c’était un enchantement quand il faisait cours. « J’ai toujours été très populaire parmi les élèves, parce que dans mes cours, je ne lisais jamais. Ils étaient toujours schématiques, brefs et créatifs.» Et, pour couronner le tout, il savait six langues. Parmi elles, l’allemand à la perfection.

Espion du Vatican
A la curie romaine, on s’intéressa à lui et il commença à faire partie des services secrets du Vatican. « Avec des missions spéciales et un statut précaire, » dit-il. Mais la vérité est que le cardinal Montini, alors secrétaire d’Etat du Vatican et futur Pape Paul VI, lui confia de nombreuses missions spéciales. Un jour, il l’appela au Vatican et lui dit :
«Nous soupçonnons que le cardinal Mindszenty de Budapest a été drogué et que c’est pour cette raison qu’il a parlé à la population à la radio en faveur du communisme. Nous voulons fixer des orientations aux responsables de l’Eglise. Nous savons que vous êtes courageux et audacieux, et je veux savoir si nous pouvons compter sur vous pour cette mission.»
J’ai accepté de tout mon cœur malgré les risques que j’encourais. Je me suis rendu en Hongrie communiste avec un passeport italien et j’ai rempli ma mission. Mais au moment où il allait prendre le train de retour pour Vienne, des espions du KGB l’ont repéré, arrêté et soumis à un interrogatoire pendant des heures, l’accusant d’espionnage. Mais après 45 heures et « après avoir actionné les leviers adéquats, ils m’ont relâché et j’ai pu rentrer.» Ces leviers sont le Vatican et Israël, les deux Etats pour lesquels il travaillait.
– J’ai même plus travaillé avec Israël qu’avec le Vatican.
– Pourquoi avec les Juifs ?
– Ca se voit sur ma figure : j’ai une ascendance juive.
– Etre un espion juif va bien avec le sacerdoce catholique ?
– Parfaitement. Jésus était juif de race et de religion. Et il n’est jamais sorti du judaïsme. On ne peut être chrétien sans être juif.
Via Rome et le Mossad, il a été un destinataire privilégié d’informations. Nombreuses et abondantes. Il raconte par exemple que l’amiral Canaris, chef de l’espionnage sous Hitler, « descendait de juifs séfarades expulsés d’Espagne en 1492 qui se réfugièrent à Salonique. Il s’infiltra dans les services secrets allemands et dicta à Franco la stratégie à suivre lors de la fameuse rencontre avec Hitler à Hendaye.

Approfondissement de la théologie judéo-chrétienne: Oui, on peut être prêtre catholique et travailler secrètement pour le Mossad!

3 août 2009
Incroyable que cet article du journal espagnol El Mundo qui nous envoie à la figure un certain nombre de clichés antisémites (au sens d’hostilité envers les juifs).
On y apprend par exemple qu’on peut être juif de religion (certes ça va de soi) mais aussi de race. Une idée qui ressemble à s’y méprendre à celle défendue par le sionisme (ah oui, et aussi par le nazisme).

On y apprend aussi que juif, ça se voit sur la figure !
Complètement dingues ces journalistes Espagnols !
Et ce n’est pas fini, puisqu’on apprend aussi qu’on peut être prêtre catholique, agent des services secrets du Vatican mais quand même travailler encore plus pour le… Mossad. Oui, les services secrets sionistes parce que même si on est catholique de religion, après tout n’est-on pas juif de race ? (non, le mot sayanim ne figure pas dans l’article).

Et puis, par ailleurs, Jésus-Christ n’était-il pas juif et n’est-il pas resté juif jusqu’au bout ?
Et peut-on être véritablement catholique si on n’est pas juif ?
Oh que nenni ! Et comme juif, c’est aussi une race, la conclusion est que seuls des juifs peuvent être authentiquement catholiques.
s
Une véritable leçon de théologie judéo-chrétienne.
Toutes ces inventions antisémites et même le dernière plutôt philosémite, vous les découvrirez dans la traduction que je vous propose. Il faut juste savoir que cet article n’est qu’un extrait d’un compte rendu d’entretien bien plus long qui n’est pas accessible gratuitement.
Un livre autobiographique devrait prochainement paraître en espagnol (sera jamais publié en français à mon avis)

Les confessions du prêtre-espion du Vatican
Il a travaillé comme espion pour les grands services de renseignements
Les médecins ont diagnostiqué qu’il avait un cancer du poumon en phase terminale
Par José Manuel Vidal, El Mundo (Esp), 2 août 2008 traduit de l’espagnol par Djazaïri
«Je suis un espion et je ne le nie pas,» reconnait-il sans rougir à 90 ans. Et ce qui est certain, selon ses révélations à Cronica, c’est qu’il a appartenu aux services secrets du Vatican, a été membre du Mossad, que la CIA a voulu le recruter et qu’il fut arrêté par le KGB. Un portrait digne d’un 007, mais Antonio Hortelano est un religieux rédemptoriste, un spécialiste de la Morale sur les épaules duquel repose un extraordinaire parcours évangélique. Et une histoire de cinéma.
Parce que ce prêtre-espion a vécu de près, directement ou indirectement, tous les grands événements contemporains et a côtoyé les grands personnages qui sont passés ou passeront dans l’Histoire. De Golda Meir ou Moshe Dayan à Salvador Allende ou Monseigneur Romero. Et évidemment, les Papes des dernières décennies.

Cheveux blancs, nez aquilin («de juif,» dit-il avec fierté), courbé par le poids des ans, le père Hortelano garde un esprit tout à fait lucide, une grande capacité dialectique et pédagogique et des yeux bleus qui en ont vu de toutes les couleurs. Jusqu’à la radiographie de sa propre mort, diagnostiquée par hasard il y a quelques mois. « J’arrivais du Mexique, on m’a emmené à l’hôpital Carlos III et on m’a fait toutes sortes d’analyses pour voir si j’avais la grippe A. Quand il en a eu terminé, le médecin m’a dit : «J’ai deux nouvelles à vous donner. Une bonne et une mauvaise. La bonne est que vous n’avez pas la grippe A. La mauvaise est que vous avez un cancer du poumon en phase terminale.» Mais pour l’heure, il l’assume avec beaucoup de dignité. «Je me meurs. Il me reste quelques mois à vivre. Mais je n’ai pas voulu de chimiothérapie ou de radiothérapie. Seulement des soins palliatifs.»
– Vous n’avez pas peur de la mort ?
– Pas du tout.- Pourquoi ?
– Parce que j’ai la foi et que je crois en l’au-delà.
– Comment aimeriez-vous mourir ?
– Avec un sourire aux lèvres.
– Et votre épitaphe ?
– La phrase de Zubiri: «Je pense donc je suis et j’existe, pas suspendu dans le néant mais à Dieu.».

Il est 10h du matin ce mercredi 29 juillet. Le père Hortelano nous reçoit dans sa chambre du couvent rédemptoriste de la rue Félix Boix à Madrid. Une petite chambre d’une humilité monastique ; deux rayonnages de livres et une porte qui donne sur une petite salle d’eau. On sent le détachement et l’austérité. Il s’assoit sur sa chaise, couvre ses genoux avec un plaid et se prépare à nous livrer une partie du livre de souvenirs qu’il a presque terminé. Son titre sera Le grand-père.
– Un titre peu commercial
– Oui, mais comme je raconte des choses éprouvantes, j’ai préféré l’enrober d’un halo de tendresse. Quelque chose de cordial et familier.
– Votre testament.
– Ma vérité et un regard sur beaucoup de choses que j’ai vécues.
De manière générale, le père Hortelano dit avoir à se repentir de peu de choses « Mon expérience de la vie n’a pas toujours été suffisamment religieuse et, en certaines occasions j’ai été très égoïste et entêté.» En tout cas, il ne craint absolument pas le jugement de Dieu. «Je m’en remets à Dieu. Bientôt je me présenterai devant lui et je lui dirai : ‘C’est Antonio qui vient te rendre compte.‘» De plus, il y a eu une infinité de bonnes choses dans sa vie. « Parmi celles dont je me sens le plus fier, figurent celles dans lesquelles j’ai travaillé pour mes prochains.»
Une vie fascinante et pleine de peines et de tristesses, comme il le laisse entendre. Revenant loin en arrière, il rappelle qu’il est né au 80 du passage de Colon de Irun. « A 500 mètres de là où nous habitions se trouvait la France. » Dans une famille aisée. Des forces vives du peuple. « Mon grand-père maternel, Antonio, mort à 96 ans, a été le pharmacien le plus âgé d’Espagne. A l’âge de 7 ans, la famille d’Antonio déménagea à Madrid. « Mon père était leucémique et ma mère pensait qu’il serait plus facile de le soigner à Madrid. On lui donna un traitement aux rayons X qui fut une réussite pour l’époque puisqu’il survécu jusqu’au début de 1931.»
Et c’est à Madrid que l’enfant orphelin a vécu l’époque républicaine. « A l’institut où j’ai été le camarade de Fernando Fernan Gomez, nous, jeunes catholiques, arborions une croix sur le revers et les rouges, un diable avec une queue et des cornes.» Ensuite vint la guerre civile et chez lui, on célébrait des «eucharisties clandestines avec le père Ibarrola.»
Le père Hortelano vitupère contre
Rafael Alberti : « Il mettait les prisonniers dans des cabines téléphoniques aux parois électrifiées avec du courant haute tension.» Et contre Santiago Carrillo qui a fait fusiller son oncle. En revanche, il loue «le génie stratégique de Franco.»
Excellent étudiant, Antonio Hortelano professe chez les rédemptoristes à partir du 24 août 1939. Et avec ses extraordinaires talents humains et religieux, il devient vite une des étoiles de la congrégation. Grand, mince et de belle allure, avec ses lunettes métalliques, il fait intellectuel. Et il l’a été. Brillant, on dit qu’il parlait très bien, qu’il prêchait encore mieux et que c’était un enchantement quand il faisait cours. « J’ai toujours été très populaire parmi les élèves, parce que dans mes cours, je ne lisais jamais. Ils étaient toujours schématiques, brefs et créatifs.» Et, pour couronner le tout, il savait six langues. Parmi elles, l’allemand à la perfection.

Espion du Vatican
A la curie romaine, on s’intéressa à lui et il commença à faire partie des services secrets du Vatican. « Avec des missions spéciales et un statut précaire, » dit-il. Mais la vérité est que le cardinal Montini, alors secrétaire d’Etat du Vatican et futur Pape Paul VI, lui confia de nombreuses missions spéciales. Un jour, il l’appela au Vatican et lui dit :
«Nous soupçonnons que le cardinal Mindszenty de Budapest a été drogué et que c’est pour cette raison qu’il a parlé à la population à la radio en faveur du communisme. Nous voulons fixer des orientations aux responsables de l’Eglise. Nous savons que vous êtes courageux et audacieux, et je veux savoir si nous pouvons compter sur vous pour cette mission.»
J’ai accepté de tout mon cœur malgré les risques que j’encourais. Je me suis rendu en Hongrie communiste avec un passeport italien et j’ai rempli ma mission. Mais au moment où il allait prendre le train de retour pour Vienne, des espions du KGB l’ont repéré, arrêté et soumis à un interrogatoire pendant des heures, l’accusant d’espionnage. Mais après 45 heures et « après avoir actionné les leviers adéquats, ils m’ont relâché et j’ai pu rentrer.» Ces leviers sont le Vatican et Israël, les deux Etats pour lesquels il travaillait.
– J’ai même plus travaillé avec Israël qu’avec le Vatican.
– Pourquoi avec les Juifs ?
– Ca se voit sur ma figure : j’ai une ascendance juive.
– Etre un espion juif va bien avec le sacerdoce catholique ?
– Parfaitement. Jésus était juif de race et de religion. Et il n’est jamais sorti du judaïsme. On ne peut être chrétien sans être juif.
Via Rome et le Mossad, il a été un destinataire privilégié d’informations. Nombreuses et abondantes. Il raconte par exemple que l’amiral Canaris, chef de l’espionnage sous Hitler, « descendait de juifs séfarades expulsés d’Espagne en 1492 qui se réfugièrent à Salonique. Il s’infiltra dans les services secrets allemands et dicta à Franco la stratégie à suivre lors de la fameuse rencontre avec Hitler à Hendaye.

Actualité du judéo-christianisme

10 mai 2009
La visite du Pape Benoît XVI au Proche Orient est un des faits marquants de l’actualité. Après un passage en Jordanie, le Pape se rend en Palestine occupée où un accueil mitigé lui est réservé aussi bien par les juifs que par les musulmans.
Pas pour les mêmes raisons cependant. La réserve des musulmans tient pour partie aux propos qu’avait tenus le Pape, tendant à assimiler Islam et violence mais surtout à sa renonciation, sous les pressions du régime sioniste, à l’idée de prendre la parole publiquement près du mur de séparation qui marque la limite du ghetto sioniste.
Entre l’église catholique et les juifs, les sujets de contentieux surabondent ; ce sont surtout les juifs qui font des reproches à l’église catholique : ils rejettent par exemple le projet de béatification de Pie XII, rappellent l’appartenance de Benoît Ratzinger aux Jeunesses Hitlériennes et n’oublient pas la remise au goût du jour de la prière pour la conversion des juifs.
En dépit de ce tombereau de reproches, le Pape a tenu à affirmer «le lien inséparable qui unit l’Eglise et le peuple juif.»
On s’interrogera sur la nature de ce lien inséparable. Peut-être s’agit-il de celui constitué par la corde qui, selon le Talmud, a servi à pendre Jésus.
Oui, car selon le Talmud, Jésus n’a pas été crucifié mais lapidé puis pendu par les juifs eux-mêmes, et non exécuté par les romains.
On dira que j’ai pêché ça dans un site antisémite qui accomode le Talmud à sa sauce (au passage, rappelons que pour l’Islam, Jésus n’a été ni crucifié ni pendu).
Que nenni. J’ai trouvé ça dans un article publié par Forward, un magazine juif édité aux USA. Ce qui est d’ailleurs amusant dans cet article, c’est que l’auteur feint de découvrir le sort fait à Jésus dans le Talmud. On aurait pu le croire si l’auteur avait une culture juive minimale alimentée par une version expurgée du Talmud. Or ce n’est pas le cas puisqu’il nous indique avoir effectué un travail universitaire sur (Saint) Paul dans le Talmud.

Les juifs ont-ils un problème avec Jésus?
Le Polymath
Par Jay Michaelson Jewish Forward (USA), le 29 avril 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

La blague, si c’en est une, dit ceci : «Vous devez nous pardonner, nous les Juifs, d’être un peu nerveux. Deux mille ans d’amour chrétien ont usé nos nerfs.»
C’est tout dire, n’est-ce pas ? Les cicatrices de l’antisémitisme et de l’action missionnaire, le sens de l’humour rempli de pathos, le mépris de la chrétienté – c’est certainement ainsi que je voyais majoritairement notre religion dans ma jeunesse. Quand j’étais enfant, le christianisme était comme un grand tyran stupide : à la fois idiot et extrêmement puissant. Etaient-ils incapables de voir à quel point leur religion était ridicule ? Une naissance virginale ? Le Père Noël ? Un lapin de Pâques? Un messie qui a été tué, mais est mort en réalité pour nos péchés? Et pourtant, telles étaient les personne qui dirigeaient notre pays, nous disant les jours avec école et les jours sans, et nous jouant leur musique insidieuse chaque hiver.
Si les livres soumis à la lecture du journal Forward indiquent une quelconque tendance, alors je ne suis pas le seul dans ma névrose par rapport à Yeshu ben Yoseph. Même si rien, semble-t-il, ne rivalisera avec le flot interminable de livres sur l’holocauste, ces dernières années ont vu une petite montagne de livres sur Jésus arriver sur mon bureau, la plupart d’entre eux ne méritant pas d’être signalés. Des balivernes sur comment Jésus s’est trompé sur le judaïsme ou comment le christianisme s’est trompé sur Jésus, ou à quel point nous sommes mieux qu’eux [les chrétiens] – des livres du genre que j’aurais pu écrire dans ma jeunesse.

A coup sur, la jésumanie est en partie due au succès du livre de David Klinghoffer paru en 2005, «Pourquoi les juifs ont rejeté Jésus.» (Réponse : Nous sommes le peuple élu – une nation, pas des universalistes.) Mais je pense qu’elle est en bonne partie liée au renforcement de notre confiance en tant que minorité assimilée aux Etats-Unis. Si à une époque nous aurions pu être torturés ou placés sur le bûcher pour le fait de ne pas accepter Jésus, nous pouvons maintenant publier des livres qui le critiquent.
Il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, les textes discutés dans le meilleur livre de la dernière moisson de publications, « Jésus dans le Talmud » par Peter Schafer ont été autrefois considérés si scandaleux qu’ils firent l’objet d’une autocensure dans les éditions européennes du Talmud. Non pas que cette démarche ait réussi : les autorités chrétiennes brûlèrent tout de même le Talmud et l’antisémitisme continua sans relâche. Mais la censure a quelque peu réussi ; ces textes sont pratiquement inconnus, même à ce jour.
Et ils restent assez scandaleux. Ce que Schafer montre, c’est que les rabbins du Talmud connaissaient suffisamment le Nouveau testament pour le parodier et s’inquiétaient suffisamment de la croissance de la nouvelle secte judéo-chrétienne pour condamner le Nouveau Testament. Et ils le firent dans des termes impitoyables.
L’image de Jésus qu’on retire du Talmud est celle d’un hors la loi, un maniaque sexuel adepte de la magie noire qui recourait à la tromperie pour égarer Israël. Dans BT [Talmud de Babylone] Sanhédrin 103a, Jésus est représenté comme un mauvais disciple qui a « gâché sa nourriture, » ce qui, spécule Schafer, pourrait être un euphémisme pour l’inconduite sexuelle : « manger le mets » étant un euphémisme talmudique connu pour désigner l’acte sexuel lui-même. Une correction ultérieure ajoute qu’il « pratiquait la magie et a égaré Israël. » Et la naissance virginale est ridiculisée comme un camouflage de la véritable filiation de Jésus : sa mère était une « femme illicite » (autre locution talmudique), peut-être même une prostituée.
C’est du lourd – pas étonnant qu’on ne l’enseigne pas dans les cours du dimanche. Mais fascinant aussi, à condition bien entendu, de ne pas le prendre trop au sérieux (ce que certains juifs font, à n’en pas douter). Les textes étudiés par Schafer – tous relativement tardifs, remontant au 3ème ou 4ème siècle après JC, suggérant un effort conscient pour combattre la montée de la secte – montrent que les rabbins talmudistes n’ont pas rejeté Jésus pour les nobles raisons suggérées par Klinghoffer et ses émules. Selon ces textes tout au moins, ils l’ont rejeté parce qu’ils pensaient qu’il incarnait le mal ou le percevaient comme une menace.
De manière choquante, cependant, le Talmud ne fuit pas la responsabilité de la mort de Jésus. Au contraire, il dit qu’il l’avait méritée et qu’elle est l’œuvre des juifs eux-mêmes. Jésus était, indiquent les textes, un sorcier, un idolâtre et un hérétique qui guidait Israël dans l’idolâtrie. Sa condamnation était absolument justifiée et son exécution – lapidation puis pendaison – a été effectuée en stricte conformité avec le droit rabbinique.
Pourquoi le Talmud fait-il cette revendication ? Schafer suppose que c’est pour saper le récit des Evangiles et affirmer le pouvoir des rabbins. Dans le récit des Evangiles, les rabbins sont pratiquement des instruments de Rome. Dans la version du Talmud, ils sont tout puissants – si puissants qu’ils condamnèrent le héros de la secte chrétienne à une mort brutale (croyez-le ou pas, il y a en fait des textes encore plus crus et que Schafer a inclus dans son livre. Il suffit de dire que l’enfer de Dante n’est rien à côté de leur horrible récit. Mais je n’en parlerai pas dans ce journal familial.)
Ce qui est fascinant dans la lecture de ces textes ainsi que des commentaires soigneux et méthodiques de Schafer, est que l’ambivalence envers jésus que j’ai ressenti dans ma jeunesse, semblait déjà présente dès le 4ème siècle. D’un côté Jésus est objet de mépris, de l’autre son pouvoir est dangereux. Ces textes ont été écrits avant que l’église devienne la plus grande force en ce monde, mais ils ne dépareilleraient pas dans la liste des livres que j’ai choisi de ne pas présenter ici.
En fait, je suis certain que certains lecteurs auraient préféré que ces commentaires ne soient pas publiés du tout. Les textes présentés dans l’ouvrage de Schafer restent dangereux. Ils pourraient encore inciter à la violence contre les juifs. Et ils menacent des décennies de progrès des relations judéo-chrétiennes.
On se demande quand, si jamais, les juifs pourront se remettre du traumatisme de l’oppression chrétienne et apprendre réellement, tout en nous en différenciant, de la tradition et de l’enseignement chrétiens. Au cours de mon propre cheminement spirituel, j’ai été étonné d’avoir appris autant des enseignements d’autres traditions – bouddhisme, hindouisme, paganisme, soufisme – et de mon degré de nervosité quand il s’agit du christianisme. Certes, comme beaucoup de juifs, j’accorde de la valeur aux enseignements de Jésus et j’ai même fait mon mémoire de master sur Paul et le Talmud. Mais ce n’est pas assez. Je veux comprendre le Christ à la manière des chrétiens – pas pour devenir l’un d’entre eux, mais pour enrichir ma propre vie religieuse. Je veux apprendre d’eux comment avoir une relation personnelle avec un Dieu personnel, humanisé, incarné qui veille et qui sauve. Je veux ressentir Jésus comme un être humain assez éclairé pour voir chacun comme sacré, même l’impur, le lépreux et le marginal. Et je veux suivre son exemple, voir tous mes frères en humanité et moi-même comme les fils et les filles de Dieu.
Il y a quatre ans, j’avais développé certaines de ces réflexions dans un essai publié par Zeek magazine. J’avais avec humour intitulé l’article « Comment j’en suis finalement venu à accepter le Christ dans mon cœur, » expliquant cette ironie dans le premier paragraphe. Lors d’une conférence où ce magazine était en vente, quelqu’un a vu ce titre, a pris le lot entier de magazines et l’a jeté à terre, avant d’accuser le libraire de vendre des détritus de missionnaires.
Eh bien, je pense que vous devrez nous pardonner, à nous les juifs, d’être encore un peu nerveux…

>Actualité du judéo-christianisme

10 mai 2009

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La visite du Pape Benoît XVI au Proche Orient est un des faits marquants de l’actualité. Après un passage en Jordanie, le Pape se rend en Palestine occupée où un accueil mitigé lui est réservé aussi bien par les juifs que par les musulmans.
Pas pour les mêmes raisons cependant. La réserve des musulmans tient pour partie aux propos qu’avait tenus le Pape, tendant à assimiler Islam et violence mais surtout à sa renonciation, sous les pressions du régime sioniste, à l’idée de prendre la parole publiquement près du mur de séparation qui marque la limite du ghetto sioniste.
Entre l’église catholique et les juifs, les sujets de contentieux surabondent ; ce sont surtout les juifs qui font des reproches à l’église catholique : ils rejettent par exemple le projet de béatification de Pie XII, rappellent l’appartenance de Benoît Ratzinger aux Jeunesses Hitlériennes et n’oublient pas la remise au goût du jour de la prière pour la conversion des juifs.
En dépit de ce tombereau de reproches, le Pape a tenu à affirmer «le lien inséparable qui unit l’Eglise et le peuple juif.»
On s’interrogera sur la nature de ce lien inséparable. Peut-être s’agit-il de celui constitué par la corde qui, selon le Talmud, a servi à pendre Jésus.
Oui, car selon le Talmud, Jésus n’a pas été crucifié mais lapidé puis pendu par les juifs eux-mêmes, et non exécuté par les romains.
On dira que j’ai pêché ça dans un site antisémite qui accomode le Talmud à sa sauce (au passage, rappelons que pour l’Islam, Jésus n’a été ni crucifié ni pendu).
Que nenni. J’ai trouvé ça dans un article publié par Forward, un magazine juif édité aux USA. Ce qui est d’ailleurs amusant dans cet article, c’est que l’auteur feint de découvrir le sort fait à Jésus dans le Talmud. On aurait pu le croire si l’auteur avait une culture juive minimale alimentée par une version expurgée du Talmud. Or ce n’est pas le cas puisqu’il nous indique avoir effectué un travail universitaire sur (Saint) Paul dans le Talmud.

Les juifs ont-ils un problème avec Jésus?
Le Polymath
Par Jay Michaelson Jewish Forward (USA), le 29 avril 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

La blague, si c’en est une, dit ceci : «Vous devez nous pardonner, nous les Juifs, d’être un peu nerveux. Deux mille ans d’amour chrétien ont usé nos nerfs.»
C’est tout dire, n’est-ce pas ? Les cicatrices de l’antisémitisme et de l’action missionnaire, le sens de l’humour rempli de pathos, le mépris de la chrétienté – c’est certainement ainsi que je voyais majoritairement notre religion dans ma jeunesse. Quand j’étais enfant, le christianisme était comme un grand tyran stupide : à la fois idiot et extrêmement puissant. Etaient-ils incapables de voir à quel point leur religion était ridicule ? Une naissance virginale ? Le Père Noël ? Un lapin de Pâques? Un messie qui a été tué, mais est mort en réalité pour nos péchés? Et pourtant, telles étaient les personne qui dirigeaient notre pays, nous disant les jours avec école et les jours sans, et nous jouant leur musique insidieuse chaque hiver.
Si les livres soumis à la lecture du journal Forward indiquent une quelconque tendance, alors je ne suis pas le seul dans ma névrose par rapport à Yeshu ben Yoseph. Même si rien, semble-t-il, ne rivalisera avec le flot interminable de livres sur l’holocauste, ces dernières années ont vu une petite montagne de livres sur Jésus arriver sur mon bureau, la plupart d’entre eux ne méritant pas d’être signalés. Des balivernes sur comment Jésus s’est trompé sur le judaïsme ou comment le christianisme s’est trompé sur Jésus, ou à quel point nous sommes mieux qu’eux [les chrétiens] – des livres du genre que j’aurais pu écrire dans ma jeunesse.

A coup sur, la jésumanie est en partie due au succès du livre de David Klinghoffer paru en 2005, «Pourquoi les juifs ont rejeté Jésus.» (Réponse : Nous sommes le peuple élu – une nation, pas des universalistes.) Mais je pense qu’elle est en bonne partie liée au renforcement de notre confiance en tant que minorité assimilée aux Etats-Unis. Si à une époque nous aurions pu être torturés ou placés sur le bûcher pour le fait de ne pas accepter Jésus, nous pouvons maintenant publier des livres qui le critiquent.
Il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, les textes discutés dans le meilleur livre de la dernière moisson de publications, « Jésus dans le Talmud » par Peter Schafer ont été autrefois considérés si scandaleux qu’ils firent l’objet d’une autocensure dans les éditions européennes du Talmud. Non pas que cette démarche ait réussi : les autorités chrétiennes brûlèrent tout de même le Talmud et l’antisémitisme continua sans relâche. Mais la censure a quelque peu réussi ; ces textes sont pratiquement inconnus, même à ce jour.
Et ils restent assez scandaleux. Ce que Schafer montre, c’est que les rabbins du Talmud connaissaient suffisamment le Nouveau testament pour le parodier et s’inquiétaient suffisamment de la croissance de la nouvelle secte judéo-chrétienne pour condamner le Nouveau Testament. Et ils le firent dans des termes impitoyables.
L’image de Jésus qu’on retire du Talmud est celle d’un hors la loi, un maniaque sexuel adepte de la magie noire qui recourait à la tromperie pour égarer Israël. Dans BT [Talmud de Babylone] Sanhédrin 103a, Jésus est représenté comme un mauvais disciple qui a « gâché sa nourriture, » ce qui, spécule Schafer, pourrait être un euphémisme pour l’inconduite sexuelle : « manger le mets » étant un euphémisme talmudique connu pour désigner l’acte sexuel lui-même. Une correction ultérieure ajoute qu’il « pratiquait la magie et a égaré Israël. » Et la naissance virginale est ridiculisée comme un camouflage de la véritable filiation de Jésus : sa mère était une « femme illicite » (autre locution talmudique), peut-être même une prostituée.
C’est du lourd – pas étonnant qu’on ne l’enseigne pas dans les cours du dimanche. Mais fascinant aussi, à condition bien entendu, de ne pas le prendre trop au sérieux (ce que certains juifs font, à n’en pas douter). Les textes étudiés par Schafer – tous relativement tardifs, remontant au 3ème ou 4ème siècle après JC, suggérant un effort conscient pour combattre la montée de la secte – montrent que les rabbins talmudistes n’ont pas rejeté Jésus pour les nobles raisons suggérées par Klinghoffer et ses émules. Selon ces textes tout au moins, ils l’ont rejeté parce qu’ils pensaient qu’il incarnait le mal ou le percevaient comme une menace.
De manière choquante, cependant, le Talmud ne fuit pas la responsabilité de la mort de Jésus. Au contraire, il dit qu’il l’avait méritée et qu’elle est l’œuvre des juifs eux-mêmes. Jésus était, indiquent les textes, un sorcier, un idolâtre et un hérétique qui guidait Israël dans l’idolâtrie. Sa condamnation était absolument justifiée et son exécution – lapidation puis pendaison – a été effectuée en stricte conformité avec le droit rabbinique.
Pourquoi le Talmud fait-il cette revendication ? Schafer suppose que c’est pour saper le récit des Evangiles et affirmer le pouvoir des rabbins. Dans le récit des Evangiles, les rabbins sont pratiquement des instruments de Rome. Dans la version du Talmud, ils sont tout puissants – si puissants qu’ils condamnèrent le héros de la secte chrétienne à une mort brutale (croyez-le ou pas, il y a en fait des textes encore plus crus et que Schafer a inclus dans son livre. Il suffit de dire que l’enfer de Dante n’est rien à côté de leur horrible récit. Mais je n’en parlerai pas dans ce journal familial.)
Ce qui est fascinant dans la lecture de ces textes ainsi que des commentaires soigneux et méthodiques de Schafer, est que l’ambivalence envers jésus que j’ai ressenti dans ma jeunesse, semblait déjà présente dès le 4ème siècle. D’un côté Jésus est objet de mépris, de l’autre son pouvoir est dangereux. Ces textes ont été écrits avant que l’église devienne la plus grande force en ce monde, mais ils ne dépareilleraient pas dans la liste des livres que j’ai choisi de ne pas présenter ici.
En fait, je suis certain que certains lecteurs auraient préféré que ces commentaires ne soient pas publiés du tout. Les textes présentés dans l’ouvrage de Schafer restent dangereux. Ils pourraient encore inciter à la violence contre les juifs. Et ils menacent des décennies de progrès des relations judéo-chrétiennes.
On se demande quand, si jamais, les juifs pourront se remettre du traumatisme de l’oppression chrétienne et apprendre réellement, tout en nous en différenciant, de la tradition et de l’enseignement chrétiens. Au cours de mon propre cheminement spirituel, j’ai été étonné d’avoir appris autant des enseignements d’autres traditions – bouddhisme, hindouisme, paganisme, soufisme – et de mon degré de nervosité quand il s’agit du christianisme. Certes, comme beaucoup de juifs, j’accorde de la valeur aux enseignements de Jésus et j’ai même fait mon mémoire de master sur Paul et le Talmud. Mais ce n’est pas assez. Je veux comprendre le Christ à la manière des chrétiens – pas pour devenir l’un d’entre eux, mais pour enrichir ma propre vie religieuse. Je veux apprendre d’eux comment avoir une relation personnelle avec un Dieu personnel, humanisé, incarné qui veille et qui sauve. Je veux ressentir Jésus comme un être humain assez éclairé pour voir chacun comme sacré, même l’impur, le lépreux et le marginal. Et je veux suivre son exemple, voir tous mes frères en humanité et moi-même comme les fils et les filles de Dieu.
Il y a quatre ans, j’avais développé certaines de ces réflexions dans un essai publié par Zeek magazine. J’avais avec humour intitulé l’article « Comment j’en suis finalement venu à accepter le Christ dans mon cœur, » expliquant cette ironie dans le premier paragraphe. Lors d’une conférence où ce magazine était en vente, quelqu’un a vu ce titre, a pris le lot entier de magazines et l’a jeté à terre, avant d’accuser le libraire de vendre des détritus de missionnaires.
Eh bien, je pense que vous devrez nous pardonner, à nous les juifs, d’être encore un peu nerveux…

Jésus Christ et Marie selon un certain humour.

24 février 2009
Je vous ai entretenu récemment d’un sketch extrêmement désobligeant à l’égard des principales figures de la religion chrétienne. Diffusé sur une chaîne privée de l’entité sioniste, ce sketch était explicitement présenté comme une riposte au déni de l’holocauste par l’évêque ex excommunié Williamson, comme si ce dernier avait blasphémé une autre religion.

Grâce à Pepshe, nous pouvons nous aussi profiter de cet exemple d’humour que je me garderai de qualifier de juif.
J’ose espérer que l’ensemble de nos médiats, Charlie Hebdo en tête, vont se dépêcher de faire connaître au grand public francophone ce produit de la culture judéo-chrétienne.

http://www.wat.tv/swf2/1611202tPx67Z2159306/2145374

Jésus Christ et Marie selon un certain humour.

24 février 2009
Je vous ai entretenu récemment d’un sketch extrêmement désobligeant à l’égard des principales figures de la religion chrétienne. Diffusé sur une chaîne privée de l’entité sioniste, ce sketch était explicitement présenté comme une riposte au déni de l’holocauste par l’évêque ex excommunié Williamson, comme si ce dernier avait blasphémé une autre religion.

Grâce à Pepshe, nous pouvons nous aussi profiter de cet exemple d’humour que je me garderai de qualifier de juif.
J’ose espérer que l’ensemble de nos médiats, Charlie Hebdo en tête, vont se dépêcher de faire connaître au grand public francophone ce produit de la culture judéo-chrétienne.

Un bel exemple de culture judéo-chrétienne

14 février 2009

http://www.youtube.com/v/STwDiHQwtGE&hl=fr&fs=1

La scène se déroule près d’Hébron en Cisjordanie occupée. Une équipe de tournage britannique est menacée verbalement par un colon complètement ivre.

d
Au fait, comment traduit-on « You and your fucking Jesus » en français?
d
Ah oui: « Toi et ton enculé de Jésus. »

d
Et « Screw you. Screw your mothers? »

Peut-être ainsi: « Je vous nique. Je nique vos mères. »
d
Et ça: « We killed Jesus, we’re proud of it. »?
f
Oui, comme ça: « Nous avons tué Jésus, nous en sommes fiers. »

De biens beaux exemples de culture judéo-chrétienne.

Question: l’alcool ingéré par cet ivrogne est-il de la vodka ou du whisky?
d

Tell Rumeida est une petite collectivité palestinienne au coeur de la Cisjordanie près d’Hébron. Les familles palestiniennes dont les terres sont en parie occupées par ces colons vivent tout près d’eux et sont souvent virtuellement prisonniers dans leurs propres maisons, soumis aux agressions violentes et aux destructions de biens commises par les colons.

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