Posts Tagged ‘antisémitisme’

L’islamophobie sera le nouvel antisémitisme selon le Professeur John L. Esposito

20 avril 2018

Le point de vue exposé ici est celui d’un Chrétien qui professe dans une prestigieuse université catholique de Washington aux Etats Unis. Quelqu’un qui est donc solidement ancré dans ses convictions chrétiennes, ce qui ne l’empêche pas de constater la réalité de l’islamophobie.

Il est détesté par les islamophobes qui lui reprochent notamment ses prises de position jugées trop favorables à la cause palestinienne. De fait, s’il est franchement abusif d’affirmer que derrière chaque islamophobe se cache un Juif, on peut dire que bien souvent se cache un sioniste ou une officine sioniste.

Le professeur Esposito ne propose malheureusement pas  une analyse des causes internes de la montée de l’islamophobie dans les sociétés occidentales. Mais peut-être que cette interview n’était pas le lieu adéquat pour ce genre de développement ?

« L’islamophobie sera le nouvel antisémitisme »

Rencontre avec John L. Esposito, professeur à l’université de Georgetown

Par Rosa Meneses, El Mundo (Espagne) 20 avril 2018 traduit de l’espagnol par Djazaïri

John L. Esposito (né en 1940 à New York), professeur à l’Université de Georgetown , est l’un des plus grands spécialistes mondiaux du dialogue interreligieux et un auteur prolifique, avec plusieurs livres consacrés à la connaissance de l’islam. Parmi ses anciens étudiants figurent le roi Philippe VI d’Espagne, le roi Abdullah de Jordanie ou l’ancien président américain Bill Clinton. Mercredi, Esposito a été nommé docteur ‘honoris causa’ par l’Université Pontificale Comillas ICAI-ICADE et hier, juste avant de partir pour la Malaisie, il a donné une interview à EL MUNDO.

Résultat de recherche d'images pour "John L. Esposito,"

Le Professeur John L. Esposito

L’université [pontificale] vous a distingué pour votre travail en faveur du dialogue inter-religieux, en particulier entre Christianisme et Islam. Après des siècles d’existence, nous n’avons toujours pas appris à vivre ensemble ?

Je pense que nous avons bien réussi en termes de coexistence, mais au cours de ces dernières années, il y a eu des reculs importants. Si nous regardons, par exemple, la situation politique mondiale, nous voyons de grandes divisions entre l’Europe, les États-Unis, la Russie ou la Chine. Nous vivons dans un monde globalisé et, que cela plaise ou non, nous sommes interdépendants culturellement, politiquement et économiquement. Mais aujourd’hui, nous voyons comment les politiciens d’extrême droite aux États-Unis et en Europe prêchent un discours d’exclusion, contre les immigrés et les musulmans. Et à titre d’exemple, nous avons la situation ridicule de pays comme la République tchèque, la Pologne et la Hongrie [qui connaissent une poussée xénophobe, NdT] où il n’y a même pas un grand nombre de musulmans ou d’immigrés. Je pense que la coexistence est un défi et je n’exagère pas quand je dis que ce sont des temps dangereux à vivre.

De Donald Trump à Marine Le Pen ou Viktor Orban, nous assistons à la montée du populisme dans le monde. Pourquoi leur discours commun est-il une réaction contre l’Islam ?

Oui, il y a une réaction contre les musulmans, mais cela fait partie d’une réaction générale contre les immigrants. Nous oublions que, pour de nombreuses personnes en Europe et aux États-Unis, leurs relations avec l’islam et les musulmans ont commencé avec la révolution islamique iranienne en 1979. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme en 1974, l’islam et les musulmans étaient invisibles. Après la Révolution de 1979 – qui a été suivie par l’assassinat de [le président égyptien, Anouar] Sadate et ensuite par la montée d’Al-Qaïda – les musulmans ont été vus d’une fenêtre très étroite à travers laquelle on généralise. Les problèmes survenus en 1979 avaient eu une couverture médiatique qui avait vraiment exacerbé la situation.

Sommes-nous, nous les médias, responsables de la mauvaise image de l’islam et des Musulmans ?

Non, les terroristes sont responsables. Mais les médias ont une grande influence. Je ne dis pas qu’ils offrent une image négative d’une manière délibérée, mais c’est une réalité. Il existe une très grande disparité entre la couverture médiatique des sociétés musulmanes et la couverture médiatique de l’extrémisme. Dans une étude réalisée en 2015 et 2016 au Royaume-Uni et en Allemagne, huit reportages sur dix étaient négatifs et traitaient de l’extrémisme religieux. Les dirigeants politiques et les élites éduquées ont une vision de la réalité basée sur celle fournie par la télévision, les médias et même les réseaux sociaux. Le problème est lorsque cette vision est utilisée comme une arme par des politiciens qui jouent avec la peur parce qu’elle leur donne des votes et de l’argent.

Pensez-vous que l’islamophobie est devenue un problème dans nos sociétés actuelles tout comme l’antisémitisme le fut dans l’Europe des années 1930 ?

Il y a un risque que l’islamophobie devienne le nouvel antisémitisme. C’est une idée sur laquelle j’ai mis en garde dans mes écrits depuis des années. Aux Etats-Unis, il y a même des organisations juives qui ont reconnu ce problème et qui, ces dernières années, ont soutenu des projets contre l’islamophobie, parce qu’elles voient une ressemblance qui leur est familière avec ce qui s’est passé en Europe. Des études publiées en 2015 et 2016 montrent que l’islamophobie est là pour rester et qu’elle est également en cours de normalisation dans le sens que vous pouvez dire des choses contre les musulmans et l’islam publiquement (dans les médias, etc.) en bénéficiant de la liberté d’expression, alors que ce ne serait pas admis si ces choses visaient d’autres groupes parce qu’elles seraient considérées comme racistes. Et cela conduit à un discours de haine ou à des crimes de haine comme les attaques contre des mosquées qui ont eu lieu au Royaume-Uni. Nous sommes restés sourds à ces signaux.

L’islam politique a-t-il changé suite aux révolutions arabes ?

Pas tellement l’islam politique. Je crois que ce qui s’est passé est qu’une partie de la vague de changement a rendu certains pays plus autoritaires. L’Egypte ou les pays du Golfe, par exemple. La Tunisie est un bon exemple de ce que l’islam politique peut faire. En Egypte, il y a eu beaucoup d’erreurs mais le moyen de canaliser la situation avec Mohamed Morsi, qui a été élu démocratiquement, aurait dû être d’attendre les élections. Cependant, les militaires [égyptiens] craignaient ce qui pouvait résulter des élections. Donc, ce que nous voyons maintenant, c’est qu’ils ont géré les élections comme auparavant, quand le leader se présente et obtient 97% des voix. Quand les islamistes sont autorisés à participer au système politique comme n’importe quel autre groupe de citoyens et qu’il existe une vaste société civile, vous pouvez voir comment ils sont intégrés dans ce système. Au cours des 20 dernières années, nous avons vu des élections en Jordanie, au Koweït, en Malaisie, en Indonésie, au Sénégal, au Maroc, où les islamistes participent au système. Mais cela est caché à la fois par les politiciens et les médias de droite, qui mettent tous les islamistes dans le même sac et, au lieu de parler de leur participation à la société, ils concentrent leur attention uniquement sur Al-Qaïda et l’État islamique. .

L’Islam a-t-il besoin d’une réforme religieuse pour s’adapter à l’époque?

J’ai écrit beaucoup de livres à ce sujet. La réalité est que les réformateurs ont toujours existé, mais que leur démarche été entravée. Il est très difficile de préconiser des réformes dans les pays autoritaires, surtout s’il est question de réformer les traditions religieuses parce que tout ce qui affecte la société en termes culturels et politiques est une menace pour les régimes autoritaires. D’un autre côté, il y a des chefs religieux conservateurs qui bloqueront tout changement à cet égard. Pour que les réformes puissent se frayer un chemin, elles ont besoin d’une société ouverte.

Avons-nous surmonté le discours du «choc des civilisations»?

Huntington et moi avons débattu ensemble plusieurs fois. L’expression «choc des civilisations» a beaucoup été utilisée au fil des années, mais elle a signifié différentes choses. Parce que la question est : « quelle est la direction de ce choc ? » La notion de «confrontation» est utilisée par les deux parties ; elle est également utilisée par les extrémistes musulmans. D’un autre côté, j’ai travaillé pendant de nombreuses années avec Gallup et dans nos études nous voyons que les musulmans admirent beaucoup de choses de l’Occident : les libertés, l’éducation, la démocratie, l’économie, par exemple … Mais ils critiquent le double standard en termes de la défense de la démocratie. Ils disent que l’Occident ne fait que promouvoir la démocratie pour lui-même, alors que pour le Moyen-Orient, il préfère promouvoir la sécurité et les affaires, comme George W. Bush l’a fait et comme le fait maintenant Trump. La sécurité est à nouveau l’axe des relations entre les États-Unis et l’Union européenne avec les pays du Moyen-Orient. Trump est revenu pour articuler cette politique dans laquelle on dit aux autocrates : « Ce que vous faites dans votre pays est votre affaire ».

Publicités

L’entité sioniste exaspère l’UE selon le chef de la diplomatie allemande

4 février 2018

L’exaspération monte en Europe face à la politique de l’entité sioniste qui rend plus impossible chaque jour une solution à deux Etats fans le conflit qui oppose l’occupant sioniste au peuple indigène palestinien.

C’est le chef de la diplomatie allemande qui le dit, pas moi.

On comprend mieux pourquoi les sionistes tendent à préférer le parti néo-nazi allemand aux formations politiques qui se sont partagé le pouvoir en Allemagne depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Le ministre allemand avertit Israël de l’exaspération grandissante de l’Europe

Rédaction, Reuters (UK) 31 janvier 2018

Tel Aviv (Reuters) – Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a averti mercredi Israël qu’il était confronté à une exaspération grandissante en Europe devant les inquiétudes concernant l’avenir d’une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.

Gabriel a adopté un ton nettement différent de celui du vice-président américain Mike Pence qui, lors d’une visite en Israël la semaine dernière, a approuvé l’annonce par le président Donald Trump le 6 décembre que son administration reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël et qu’il transférerait son ambassade dans cette ville.

« En ce qui concerne les Palestiniens et la question de l’Iran, les Américains prennent votre parti plus clairement que jamais auparavant. Mais est-ce vraiment une bonne chose ?  « a déclaré Gabriel à Tel Aviv.

Citant les succès passés de la diplomatie américaine dans la région, il a demandé : « Les Américains peuvent-ils encore jouer un tel rôle s’ils prennent si ouvertement parti? Est-ce que les autres vont essayer de leur emboîter le pas ? »

Dans une menace à peine voilée de couper l’aide [européenne], il a déclaré que certains membres du cabinet israélien étaient « explicitement contre la solution à deux Etats » mais qu’une telle solution « a toujours été le fondement de notre engagement pour la paix israélo-palestinienne et  du montant de l’engagement financier « de l’Allemagne et de l’Europe.

« Ces signaux – au mieux mitigés – ne passent pas inaperçus en Europe, où il y a clairement une exaspération grandissante face aux actions d’Israël », a-t-il déclaré lors d’une conférence sur la sécurité en Israël. Gabriel a cité des désaccords au sein même de son propre parti social-démocrate à propos de ce que certains considèrent comme un traitement « injuste » des Palestiniens.

Résultat de recherche d'images pour "sigmar gabriel netanyahou"

Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a l’air franchement exaspéré devant Benjamin Netanyahou

« PAS DE RACCOURCI »

« Il est de plus en plus difficile pour des gens comme moi de leur expliquer les raisons pour lesquelles notre soutien à Israël doit persister », a-t-il déclaré. Gabriel a souligné les préoccupations concernant la violence, la haine et la construction de colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés que les Palestiniens où les Palestiniens veulent pour un futur État indépendant.

« L’Allemagne attend avec impatience le jour où elle sera en mesure de transférer son ambassade en Israël à Jérusalem. Mais laissez-moi ajouter : dans deux états avec Jérusalem comme capitale. Il n’y a pas de chemin plus court. « 

Les Palestiniens veulent Jérusalem-Est, qui a été conquise par les Israéliens pendant la guerre de 1967, pour leur future capitale. Israël considère Jérusalem comme sa capitale éternelle et indivisible.

Gabriel a pris la parole après des entretiens avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Plus tôt dans la journée, Netanyahu a reprécisé sa position lors d’une conférence de presse conjointe avec son visiteur allemand après que Gabriel s’est dit encouragé par le fait que le gouvernement Netanyahu soutenait une solution à deux Etats « avec des frontières sûres pour Israël ».

« Que nous exercions le contrôle de la sécurité à l’ouest du fleuve Jourdain. C’est la première condition, » a objecté Netanyahou, coupant Gabriel avant d’ajouter, « Qu’on puisse le définir comme un Etat alors que nous exerçons le contrôle militaire est une autre affaire. Je ne discute pas d’étiquettes mais de la substance. »

Gabriel a suggéré que la discussion soit reconsidérée une autre fois, « beaucoup plus tard. »

Gabriel a été un partisan résolu de plus grands efforts pour lutter contre l’antisémitisme en Allemagne, y compris avec la création d’un poste de commissaire gouvernemental pour superviser de telles initiatives.

Dans le même temps, il est sous pression dans son pays pour qu’il adopte une ligne plus ferme au sujet de la construction ininterrompue de colonies israéliennes en violation du droit international.

Extrême-Droite: philosémitisme et islamophobie

24 octobre 2017

La digue intellectuelle et morale qui contrariait la montée de l’extrême-droite en Europe est en passe d’être bientôt contournée, voire retournée par les partis représentatifs de ce courant de pensée.

Cette digue, c’était l’antisémitisme professé plus ou moins ouvertement par ces mouvements, un antisémitisme qui n’avait en principe plus droit de cité depuis la deuxième guerre mondiale et la déportation quasi-systématique des Juifs européens par le Troisième Reich.

Cette marginalisation de l’extrême-droite était-elle basée sur un principe humaniste intangible, à savoir l’égalité foncière de tous les hommes, qui avait été bafoué par le régime nazi ? Ou reposait-elle sur la stigmatisation d’un crime contre une population particulière sans qu’il en découle un principe général applicable à toutes les populations minoritaires ?

On a longtemps pu croire à la réalité du principe intangible. Mais ces dernières années nous ont au contraire apporté la preuve, s’il en fallait une, que tel n’était pas le cas et que c’est au contraire le caractère relatif du souvenir du sort des Juifs qui prévaut.

Cette démonstration nous est apportée par l’évolution de l’extrême-droite européenne qui a renoncé, à un rythme différent selon les pays, à l’antisémitisme qui la caractérisait, pour passer au « philosémitisme », tout en élaborant son discours islamophobe.

En soi, cela ne suffit pas à gagner des électeurs. Mais ça suffit à vous ouvrir la porte des studios des radios et des télévisions sans lesquels les messages politiques restent lettre morte dans les sociétés de communication de masse que sont les nations occidentales.

L’islamophobie n’a par contre évidemment pas cette vertu d’endiguement que possède l’antisémitisme.

L’article que je vous propose fait le point sur cette thématique du nouveau philosémitisme et de l’islamophobie qui caractérisent l’extrême-droite européenne actuelle.

On reprochera peut-être à l’auteur sa grande naïveté, ou pseudo naïveté car si je veux bien croire que l’extrême droite instrumentalise les juifs et le sionisme à ses propres fins, il aurait peut-être dû se poser la question du rôle du lobby sioniste et de l’entité sioniste elle-même dans l’ascension de l’extrême-droite et dans la promotion des discours islamophobes produits dans des cercles qui vont au-delà de cette mouvance politique.

Ce qui vaut pour l’Europe vaut aussi pour ses développements américain et australien.

La montée de la nouvelle extrême-droite : les ‘philosémites’ européens utilisent les Juifs pour combattre les Musulmans

L’extrême-droite redéfinit les Juifs comme les ‘victimes exemplaires de la menace de l’Islam,’ ainsi que l’affirme un analyste, le soutien à Israël en étant le corollaire. Mais l’antisémitisme reste très présent.

Par Michael Colborne, Haaretz (Sionistan) 21 octobre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il y a près d’une trentaine d’années, Heinz-Christian Strache était arrêté lors d’une marche aux flambeaux avec une organisation inspirée de la Jeunesse Hitlérienne. Mais ces jours-ci, le dirigeant du mouvement autrichien d’extrême droite Parti de la Liberté, – qui, après le scrutin de dimanche, devrait entrer dans le nouveau gouvernement de droite de l’Autriche – a l’air de vouloir devenir le meilleur ami d’Israël.

Résultat de recherche d'images pour "Heinz-Christian Strache"

Heinz-Christian Strache du FPÖ (Parti de la Liberté Autricien)

Strache s’est rendu à plusieurs reprises en Israël au nom du Parti de la Liberté, mais les responsables gouvernementaux d’Israël ont évité de rencontrer le chef d’un parti dont le premier dirigeant était un ancien officier SS. Strache a même écrit au Premier Ministre Benjamin Netanyahou plus tôt dans l’année, promettant de transférer l’ambassade d’Autriche de la banlieue de Tel Aviv vers Jérusalem, et de soutenir le droit d’Israël à construire dans les colonies de Cisjordanie.

Israël a « le droit de construire partout où c’est nécessaire sur la terre d’Israël, » écrivait Strache.

 

Strache est loin d’être le seul leader européen d’extrême droite qui soit perçu comme étant devenu un adepte du prétendu philosémitisme. Selon Geert Wilders, porte-drapeau des islamophobes néerlandais, Israël est « la première ligne de défense de l’Occident » contre l’islam. Selon sa propre compte, Wilders a visité Israël plus de 40 fois. En France, la dirigeante du Front National d’extrême droite, Marine Le Pen, a déclaré aux membres de la plus importante communauté juive d’Europe que son parti était «le meilleur bouclier pour vous protéger».

Image associée

Geert Wilders

Mais que ce soit en Autriche, en Allemagne, en France ou même en Bulgarie – où un parti ouvertement d’extrême-droite fait partie du gouvernement depuis mai – les dirigeants d’extrême droite utilisent les communautés juives, réelles ou imaginaires, comme des instruments pour diaboliser les musulmans et les autres minorités.

Cette évolution des extrémistes de droite vers le philosémitisme est cependant en grande partie une nouveauté, compte tenu en particulier du fait que beaucoup de ces partis comportent encore beaucoup d’éléments antisémites qui ne cessent de se manifester.

« Les positions pro-israéliennes et le philosémitisme sont relativement récents au sein de la droite radicale européenne, même pour la partie occidentale de l’Europe », a déclaré à Haaretz par courrier électronique Cas Mudde, professeur de sciences politiques à l’Université de Géorgie (USA).

Mudde, qui étudie les mouvements d’extrême droite en Europe, note également que les partis d’extrême droite comme le Parti de la liberté et le Front national qui ont adopté des positions philosémites «les ont développées dans le cadre de leur programme islamophobe».

Il y a plus de dix ans, Mudde écrivait dans une étude sur les partis populistes de la droite radicale en Europe, soulignant la position de nombreux extrémistes de droite sur les Juifs. Les Juifs, dit Mudde, sont considérés comme incarnant une modernité à défendre. D’autre part, l’importante minorité Rom d’Europe est considérée comme une population barbare vivant en marge de la modernité, tandis que les Musulmans sont considérés comme des barbares vivant dans la modernité – l’ennemi déjà présent à l’intérieur, selon l’extrême droite.

Par conséquent, le «tournant philosémite» de nombreux partis d’extrême droite, selon les mots du sociologue Rogers Brubaker, provient directement des préoccupations de ces partis à l’égard de l’islam. Ecrivant plus tôt cette année, Brubaker soutient que l’extrême droite en est venue à redéfinir les juifs en tant que «Européens» et «victimes exemplaires de la menace de l’islam»

L’antisémitisme fait encore rage

Mais tout le monde dans ces nouveaux partis philosémites ne semble pas avoir reçu la consigne. Avant les élections présidentielles françaises d’avril et de mai, Marine Le Pen a dû repousser les accusations selon lesquelles deux de ses compagnons de route étaient des sympathisants nazis qui organisaient des soirées «pyjama rayé» – en référence aux vêtements que les Juifs étaient obligés de porter dans les camps de concentration.

En Autriche, Strache fait semblant de dénoncer l’antisémitisme qui règne encore dans son parti ; ce mois-ci, il a dû suspendre un conseiller local du Parti de la Liberté qui a fait un salut nazi. En plus de cela, des militants autrichiens ont récemment publié une liste de ce qu’ils disent être plus de 60 incidents antisémites et racistes impliquant des personnalités du Parti de la liberté depuis 2013.

« S’il [le Parti de la Liberté] a vraiment changé d’idéologie, est une question à laquelle lui seul peut répondre, » a déclaré la politologue Alexandra Siegl à l’Agence France-Presse.

Mais parfois le masque semble glisser un peu. Quelques jours avant le vote autrichien qui a vu le Parti de la Liberté égaler son meilleur résultat, Strache a interrogé les motivations de l’un des donateurs du futur Chancelier Sebastian Kurz – l’homme d’affaires juif Georg Muzicant, fils de l’ancien président de la communauté juive de Vienne.

Strache a déclaré que le soutien financier de Muzicant pour Kurz était une preuve de Verstrickungen – enchevêtrements – un mot dans ce contexte impliquant une conspiration juive. Pour sa part, Kurz a déclaré que les commentaires de Strache étaient « déshonorants », bien qu’il semble toujours susceptible de former un gouvernement de coalition avec lui.

Fort en Bulgarie

En Bulgarie, sur les frontières souvent oubliées de l’Europe, un parti d’extrême-droite siège déjà dans un gouvernement de coalition – un parti qui utilise l’expérience de la Bulgarie pendant l’Holocauste pour attaquer les minorités les plus dénigrées du pays.

Les Patriotes Unis de Bulgarie, une coalition de trois partis d’extrême-droite, se sont frayés un chemin jusqu’au gouvernement après que les élections de cette année ont laissé le Premier Ministre Boyko Borisov, qui sortait de son troisième mandat, sans autre partenaire possible pour une coalition.

Patriotes Unis et leurs dirigeants islamophobes et anti-Roms sont de fiers promoteurs du rôle de la Bulgarie dans la sauvetage des Juifs des camps de la mort en Allemagne. En mars 1943, Boris III, le roi de la Bulgarie alliée aux nazis, refusa que les 50 000 Juifs bulgares soient déportés dans les camps. Presque tous ont survécu à la guerre et, avec le temps, sont partis pour Israël.

Aujourd’hui, il y a à peine 2 000 Juifs en Bulgarie et seulement deux synagogues an activité. Pourtant, les leaders de la communauté juive ont alerté cette année sur une augmentation des propos et des incidents antisémites, notamment la destruction de pierres tombales juives dans le cimetière central de Sofia le mois dernier et des manifestations en mémoire d’un général nazi notoire, Hristo Lukov.

Rien de tout cela n’a découragé les patriotes unis.

« Les Juifs en Bulgarie sont un exemple d’intégration réussie », a déclaré un député de Patriotes Unis au parlement bulgare à l’occasion de Rosh Hashanah, en lisant une déclaration du parti. Les Juifs, a déclaré le député, sont « un exemple que tous les groupes minoritaires de notre patrie devraient suivre », faisant un reproche subtil aux Roms et aux Turcs de Bulgarie, qui représentent ensemble près de 20% de la population bulgare.

Mais l’approche de l’histoire des Juifs en Bulgarie par Patriotes Unis occulte quelques points essentiels. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Juifs bulgares ont été forcés de porter des étoiles jaunes, de respecter des couvre-feux stricts et de remettre bijoux et autres objets de valeur. Et pendant la guerre, la Bulgarie a occupé la Macédoine, la Thrace et une partie de la Serbie – et n’a rien fait pour empêcher 11 000 juifs de ces régions d’être envoyés à la mort.

Ce n’est pas quelque chose dont Patriotes Unis aime parler.

Dans une déclaration, le parti a affirmé qu’aujourd’hui « les ennemis de la Bulgarie, activement soutenus par bezrodnitsi  » – un terme poétique pour les gens qui se sont éloignés de la nation – « tentent de lancer une accusation honteuse contre les Bulgares » en attirant l’attention sur ces 11 000 Juifs qui ont été déportés vers la mort.

C’est une attitude qui déconcerte la communauté juive actuelle de la Bulgarie. Tom Junes, historien et membre de la Fondation d’Etudes Sociales et Humaines de Sofia, un think-tank non gouvernemental, a rapporté à Haaretz quelque chose qu’un collègue juif bulgare lui avait dit : « Si j’ai cinq enfants et que tu en tues un, Je suis censé te remercier de ne pas avoir tué les quatre autres?

Patriotes Unis devra s’habituer à entendre plus de questions comme celle-ci. Le 75e anniversaire du refus de Boris III d’expulser les Juifs de Bulgarie tombe en mars, juste au moment où la Bulgarie assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, suivie, par coïncidence, par l’Autriche. Certains des politiciens d’extrême droite les plus fervents d’Europe pourraient se retrouver eux-mêmes et leur philosémitisme ostensible, à être plus observés que ce à quoi ils s’attendaient.

L’escroc juif devenu danseur de swing, ou les mésaventures d’un sandwich

26 juin 2017

Pour ceux qui connaissent Lyon, Minnesota State Fair est  quelque chose qu’on pourrait comparer à Eurexpo qui accueille, entre autres, la Foire Internationale de Lyon. Mais Minnesota State Fair est une plus grosse organisation puisque c’est un des tous premiers centres d’exposition commerciale/foire des Etats Unis.

Comme partout où on accueille des visiteurs, la nourriture est présente que ce soit à la vente pour emporter ou pour consommer sur place.

C’est la nourriture qui fait l’objet de l’article que je vous propose. Il est en effet question d’un sandwich antisémite du fait de son nom : The Swindler [l’escroc].

On dira qu’il est intéressant de constater que l’association entre ce mot et les Juifs est faite par des Juifs, une association peut-être facilitée par le fait que le sandwich en question est au saumon  et que le saumon serait une denrée caractéristique de l’alimentation juive.

Mais peut-être que d’autres populations consomment su saumon,. Je pense au hasard aux Norvégiens (juifs ou pas), aux Ecossais (juifs ou pas).

Cette association entre le mot « escroc » et les Juifs est d’autant plus curieuse que l’entreprise qui produit le sandwich s’appelle The Hideaway Speakeasy, c’est-à-dire le tripot clandestin et que les noms de ses produits font tous référence à l’époque des gangsters et de la prohibition dans les années 20, des années qui swinguaient dans tous les sens du terme à Minneapolis et Saint Paul, les deux grandes villes voisines du Minnesota..

A côté des escrocs, à l’époque on trouvait les bootleggers, les trafiquants d’alcool qui ont aussi donné leur nom à un produit de The Hideaway Speakeasy.

Si ce nom n’a pas sonné l’alarme à l’antisémitisme, c’est bien normal : la mémoire collective qui a bien retenu le rôle des trafiquants italiens [Al Capone, Frank Nitti en particulier] a par contre oublié, malgré la littérature, que les principaux bootleggers, pourvoyeurs des mafieux italo-américains, étaient juifs.

Le sandwich de State Fair rebaptisé après des plaintes pour antisémitisme

Par Nancy Ngo, Pioneer Press (USA) 20 juin 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Peu après la communication de la nouvelle gamme d’aliments de la Minnesota State Fair Foods mardi matin, des plaintes ont commencé à s’élever au motif que le nom d’un des nouveaux plats était antisémite

Des inquiétudes avaient été signalées au site internet TCJewFolk.com et relayées auprès des officiels de State Fair. Les propriétaires de The Hideaway Speakeasy [le fournisseur du sandwich] ont promptement rebaptisé un sandwich au saumon fumé et au miel dans du pain de seigle, en changeant son nom original, The Swindler [l’escroc] en Swing Dancer après avoir été informés des plaintes.

Swing Dancer Sandwich

L’Escroc [juif] est devenu un Danseur de swing

Une déclaration de State Fair précise que les propriétaires n’avaient pas eu l’intention de faire injure en baptisant le sandwich. Le Hideaway Speakeasy est un nouveau commerçant présent à la foire cette année et les noms de ses plats font référence aux années folles [années 1920] et à l’époque des gangsters à Saint Paul. Parmi les plats proposés, le Fall Guy [la bonne poire] Breakfast les paninis Boss Man, le caviar Mobster [truand] ainsi que les sandwichs Bootlegger [trafiquant d’alcool] et Gambler [joueur de jeux d’argent].

« Nous regrettons que le nom du sandwich Swindler au sein de la gamme 2017 de la Minnesota State Fair New Foods ait été accueilli négativement. Il n’a jamais été dans l’intention du fournisseur ou de State Fair de faire injure. La réaction du fournisseur a été immédiate et il a rebaptuisé le produit, » lit-on dans la déclaration de State Fair qui ajouté avoir changé ses matériels afin de porter le nouveau nom.

Le saumon fumé est une des denrées courantes dans l’épicerie fine juive.

 

Qui mieux qu’un Juif pour répandre et attiser la haine antisémite?

16 janvier 2017

On apprend ici que l’animateur d’un média néo-nazi sur le web est en fait marié à une juive et réside dans le Upper East Side, le quartier le plus chic de Manhattan où résident des personnalités aussi connues que Madonna, Rupert Murdoch, Spike Lee, Woody Allen ou encore George Soros (source Wikipédia). Le quartier compte 11 lieux de culte chrétiens (toutes obédiences confondues, Témoins de Jéovah et Scientologues exclus), 9 synagogues et une mosquée.

Bon, on nous dit qu’il est marié avec une femme juive. Je vous fiche mon billet qu’il est en réalité lui-même membre de la tribu (et certes il l’est bel et bie).

mikep3-e1484384765493.png

Visez la gueule de l’Aryen Mike Peinovich alias Mike « Enoch »

L’animateur d’un média néo-nazi vit-il dans le Upper East Side avec une épouse juive?

par Dan Friedman, The Jewish Forward (USA) 15 janvier 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un des principaux animateurs d’un média néo-nazi – jusqu’alors anonyme – réside-t-il dans le Upper East Side de Manhattan avec son épouse juive? C’est ce que rapportent des informations qui émanent de factions racistes rivales dans la nébuleuse du mouvement « alt-right » [droite alternative, fachosphère].

Mike « Enoch » dirige le site néo-nazi The Right Stuff qui met en ligne les podcasts « The Daily Shoah » [le quotidien de la Shoah] et « Fash the Nation ». Celui qui est plus connu pour avoir développé le plugin échoes ((())) [pour identifier les Juifs sur les réseaux sociaux] répond en réalité au nom de Mike Peinovich, un développeur logiciel originaire de Montclair dans le New Jersey.

En retirant judicieusement certaines lettres de son nom de famille, Peinovich est devenu, selon ces informations, « Enoch » – en référence au politicien britannique partisan de la séparation des races Enoch Powell.

Rien de ce qui se passe dans la nébuleuse « allt-right » de misogynes, d’antisémites et suprématistes blancs ne peut rester longtemps caché, semble-t-il. Ce qui semble s’être passé, c’est que suite à une querelle (sur Red Ice Radio) qui portait sur le fait même d’envisager la question de parler à des Juifs, l’équipe de The Right Stuff s’est prise de bec avec un groupe 8Chan [plateforme de forum] appelé Baphomet.

Baphomet a réagi en attaquant le site de The Right Stuff également en révélant les noms, les adresses et les familles d’un certain nombre de membres importants de « l’alt-right » connus auparavant par leurs pseudonymes, dont Enoch qui semble avoir reconnu la véracité de l’accusation.

PS: ces informations sont confirmées et précisées sur d’autres sites d’information grand public

L’étoile dite de David, symbole du judaïsme ou du sionisme et des antisémites?

14 janvier 2017

L’article date certes quelque peu puisqu’il a été publié en pleine campagne électorale aux Etats Unis mais il traite de questions historiques qui débordent largement l’actualité immédiate.

L’article parle en effet de ce qu’on appelle l’étoile de David qui est considérée habituellement comme le symbole du judaïsme et nous explique que ce n’est qu’assez récemment que les communautés juives ont commencé à adopter ce symbole.

D’abord imposé par Charles IV, le souverain de Prague, cette étoile se généralisera bien plus tard, au 19ème siècle, chez les Juifs allemands émancipés qui voulaient ainsi avoir un signe pour se distinguer de leurs compatriotes chrétiens qui pour leur part disposaient du symbole de la croix.

Le svastika, ou croix gammée, aurait pu devenir le symbole du judaïsme, si Charles IV en avait décidé ainsi!

Vous tirerez les conclusions que vous voudrez

Qu’est-ce que l’Etoile de David et quelle est sa signification pour les Juifs?

par Lauren Markoe, Religion News Service, Deseret News (USA) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’utilisation récente par Donald Trump d’une étoile à six branches dans un tweet considéré généralement comme antisémite a soulevé de nombreuses questions sur l’Etoile de David, un symbole du judaïsme. Elle orne les synagogues dans le monde entier et est au centre du drapeau israélien. Mais elle a longtemps été utilisée pour dénigrer les Juifs.

D’où vient cette étoile et en quoi est-elle juive? Explications.

Q – Cette étoile remonte-t-elle au roi David de la Bible?

R – C’est ça. Mais n’allez pas chercher dans la Bible des références à l’Etoile de David. Selon la légende [biblique], c’est le « Magen David », le « bouclier de David » en hébreu qui avait la forme d’une étoile à six branches ou qui avait un motif avec cette forme par repoussage Mais on n’en a aucune preuve pour l’attester, qu’elle soit écrite ou archéologique. Et pendant des centaines d’années, c’est la menorah [chandelier] qui a été le symbole le plus habituel du judaïsme.

Q – Alors d’où vient cette étoile?

R – « Le triangle symétrique entrecroisé était un symbole répandu au Proche Orient dans l’antiquité, » explique le rabbin hassidique Pinchas Taylor dans une vidéo sur ses origines. On peut en trouver des exemples dans les cultures anciennes hindoue, perse et shinto entre autres – et dans des anciens décors juifs également. Elle semble pointer à la fois en direction du ciel et de la terre, de Dieu et de l’humanité et de tous les côtés de l’univers. Les mystiques pensaient qu’elle avait des pouvoirs spéciaux [magiques, NdT].

1_5_2016_b4-gold-secure-meno8201_c1-0-2933-1710_s885x516.jpg

Le chandelier (menorah) est le symbole le plus ancien du judaïsme

Q: Quand les Juifs ont-ils commencé à se servir de l’étoile?

R – Certains Européens, notamment à Prague, l’utilisaient dans les années 1600. Mais son adoption généralisée par les communautés juives n’intervint pas avant le début du 19ème siècle, d’abord chez les Juifs allemands, selon Jonathan Sarna, professeur d’histoire juive à l’université Brandeis.

« Les chercheurs pensent que les Juifs allemands récemment émancipés adoptèrent le symbole par opposition à la croix qui symbolisait si visiblement le christianisme allemand, » écrit Sarna dans son livre « American Juidaism ». L’Etoile de David fit sa première apparition dans le vitrail d’une fenêtre à la Baltimore Hebrew Congregation en 1845. Peu après, « elle devint une affirmation visible de judéité » sur les livres, les objets de cérémonie et les pierres tombales.

Afficher l'image d'origine

Le vitrail de la synagogue de la Baltimore Hebrew Congregation

Q: Est-ce pour cette raison que les Nazis s’en servirent pour identifier les Juifs?

R – Oui, mais les Nazis ne furent pas du tout les premiers à faire porter aux Juifs un signe d’identification. Dans le monde islamique, le Calife Omar II (qui régna de 717 à 720) obligea les juifs, comme les Chrétiens, à porter des « signes distinctifs ». Dans toute l’Europe médiévale, les Juifs devaient porter des écussons – souvent jaunes – et parfois des chapeaux pointus.

Les nazis obligeaient les Juifs à porter des écussons jaunes, bien que la couleur était parfois différente dans certains territoires sous contrôle du IIIème Reich. L’étoile séparait et isolait les Juifs, les désignant ainsi pour la déportation vers les camps de concentration. Un Juif découvert sans son étoile jaune pouvait écoper d’une amende, mis en prison ou tué.

Q – Quel est le lien entre l’étoile et Israël?

R – Le mouvement sioniste adopté l’Etoile de David pour symbole en 1897. Il devint le drapeau de l’Etat d’Israël peu de temps après sa création en 1948. L’étoile est représentée entre une bande bleue sur le dessus et une autre en dessous qui sont supposées évoquer le tallit, le châle de prière juif, qui est habituellement bleu et blanc.

Q – Qu’en est-il de l’affirmation de Trump selon qui il n’y a rien d’antisémite dans l’étoile à 6 branches tweetée par son équipe de campagne?

R – L’équipe de campagne de Trump a écrit les mots « Candidate la plus corrompue de l’histoire! » à l’intérieur d’une étoile à six branches sur fond de billets de banque et à côté d’une photo d’Hillary Clinton. Etant donné qu’une bonne partie du discours antisémite reproche aux Juifs de manipuler l’économie mondiale, la présence de l’étoile associée à de l’argent a été immédiatement vue par les Juifs ainsi que par les non Juifs comme franchement antisémite.

Afficher l'image d'origine

Le tweet litigieux du candidat Donald Trump

Pour être plus précis, l’image provenait d’un forum de discussion où s’expriment volontiers les poncifs et les diatribes des antisémites et des suprématistes blancs

L’explication fournie par l’équipe de campagne, une étoile de shériff, a été largement tournée en ridicule.

 

Playmobil et son Martin Luther antisémite

7 janvier 2017

Voilà maintenant qu’une figurine Playmobil suscite une polémique reprise par USA Today, un quotidien américain à grand tirage.

La polémique est pourtant partie d’un journal berlinois qui tire à 60 000 exemplaires dans une capitale allemande qui compte 3,5 millions d’habitants! dans un pays de plus de 80 millions de’habitants!

C’est que la polémique porte sur le caractère anti-juif voire antisémite d’un personnage en plastique qui représente Martin Luther, le réformateur protestant, à l’occasion du 500ème anniversaire en 2017 de l’affichage par l’ancien moine catholique de ses 95 thèses.

Il faut être un théologien avisé et pointilleux pour comprendre en quoi cette figurine pourrait être anti-juive ou antisémite.

Ou encore connaître un peu la biographie de Marti Luther. Dans ce cas, on comprend que la simple mise en valeur du personnage est un affront fait aux Juifs. Le problème étant que Martin Luther est un personnage incontournable non seulement pour l’Allemagne mais pour le christianisme protestant en général et donc le monde chrétien.

Et l’image de Marti Luther est des plus positives chez les protestants comme l’atteste par exemple le fait qu’un célèbre pasteur américain portait son nom. Je veux parler bien sûr du Révérend Martin Luther King.

On ne manquera pas d’être amusé de voir à quel point le judaïsme est en capacité de dicter sa loi au christianisme, ici protestant, sur la base du fait que ce christianisme minorerait, voire écarterait, l’Ancien Testament commun au judaïsme et au christianisme.

Dans l’article, on ne nous dit pourtant à aucun moment quel regard porte le judaïsme sur le Nouveau Testament (les Evangiles).

L’article cite par contre un synode protestant qui qualifie Jésus de Juif. On se demande bien sur quelle base théologique.

La figurine jouet de Martin Luther suscite des accusations d’antisémitisme

Par Tom Heneghan, Religion News Service, USA Today 4 janvier 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Quand il est question de Martin Luther et de l’antisémitisme, même des jouets populaires en Allemagne ne peuvent échapper à un examen de nature théologique.

Playmobil, un des plus grands fabricants allemands de jouets, a mis sur le marché une figurine en plastique de 8 centimètres représentant Martin Luther pour commémorer le 500ème anniversaire cette année de la Réforme.

Drapé dans une robe noire, la figurine de Luther tient une plume dans une main et sa traduction en allemand de la Bible dans l’autre.

playmobil.jpg

Le succès a été énorme.

Environ 500 000 pièces ont été vendues, principalement en Allemagne – en particulier dans les villes où Luther a vécu et travaillé – mais aussi aux Etats Unis et dans d’autres pays étrangers.

Ce qui en fait la figurine la plus populaire jamais produite par la compagnie bavaroise qui fabrique aussi des figurines de cosmonautes, de pirates, d’ouvriers et même des personnages de crèches de Noël parmi les milliers de jouets différents conçus par Playmobil depuis 1974.

Tout se passait apparemment très bien jusqu’à ce que Micha Brumlik, un professeur d’université à la retraite et commentateur juif respecté, écrive en juin dernier que le jouet populaire était « anti-juif, voire même antisémite. »

Le problème, écrivait-il, était l’inscription sur les pages ouvertes de la Bible que tient le Playmobil Luther. Sur la page de gauche, il est écrit en allemand: « Livres de l’Ancien Testament. FIN ». On lit sur la page de droite: « Le Nouveau Testament, traduit par le Docteur Martin Luther. »

Pourquoi le mot FIN était-il écrit en caractères si gros, demandait Brumlik. « Théologiquement, la seule raison possible est que « l’Ancien Testament » et sa validité devraient être compris comme terminés et remplacés, » écrivait-il dans le journal berlinois Die Tageszeitung.

desa052-0951-horz

La réponse à la question de Micha Brumlik en images (à gauche un aperçu de la statue de Martin Luther à Wittenberg

« L’Ancien Testament, les Ecritures du peuple d’Israël communes aux Juifs et aux Chrétiens, est-il obsolète et dépassé comme de nombreux Nazis – les soi-disant Chrétiens allemands – voulaient les voir, où est-il tout aussi important que les Evangiles pour les différentes familles du christianisme? »

L’église régionale protestante de Hesse et Nassau, où se trouve Francfort, s’est promptement associée à la critique de Brumlik pour dire que le mot [fin] pouvait être mal compris.

Dans une lettre ouverte, une organisation de théologiens protestants progressistes considère que le jouer présente une vision discutable de la Bible « dans un contexte politique et social où les opinions anti-juives sont à nouveau à la hausse. »

La charmante figurine n’était absolument pas supposée être en rapport avec ce genre de questions.

L’Office National du Tourisme allemand et les responsables du tourisme à Nuremberg – le centre de l’industrie allemande du jouet – ont conçu le jouet avec Playmobil comme un gadget de marketing pour promouvoir les visites d’événements ayant pour thème la Réforme dans les villes qui ont un lien avec Luther.

L’office du tourisme de Nuremberg la vend sur son site web pour 2.39 euros. Amazon Allemagne a une trentaine de commentaires dithyrambiques de la part de clients satisfaits.

C’est un des innombrables souvenirs mis en vente pour l’anniversaire, en plus de la bière Luther, des nouilles Luther, des magnets pour réfrigérateur Luther, un plateau de jeu Luther et, bien sûr, toute une série de nouveaux livres sur l’homme, sa vie et la Réforme.

Un théologien protestant est intervenu comme conseiller pour le projet Playmobil qui a pris pour modèle du jouet une statue célèbre de Luther qui se dresse à Wittenberg, la ville d’Allemagne orientale où, selon la tradition, il avait placardé ses 95 thèses sur la porte d’une église le 31 octobre 1517.

desa052

Statue de Matin Luther à Wittenberg

L’église évangélique d’Allemagne, la principale association d’églises protestantes du pays, s’est empressée d’adopter la figurine, commandant même un exemplaire grandeur nature pour l’exposer lors d’événements de promotion de la commémoration de la Réforme.

Si elle n’avait au départ pas d’objection contre l’inscription [le mot FIN] critiquée par Brumlik, l’association, connue par son acronyme allemand EKD, a dû gérer ces dernières années d’autres aspects de l’héritage embarrassant de l’antisémitisme de Luther dans le cadre de la préparation de l’anniversaire.

Lors de son synode annuel de 2015, l’organisation a adopté une résolution affirmant que « la vision par Luther du judaïsme et sa diffamation des Juifs sont, selon notre lecture actuelle, en contradiction avec la fois en le Dieu unique qui s’est révélé lui-même dans le Juif Jésus. »

En novembre dernier, le synode de 2016 de l’EKD a officiellement renoncé à la « mission auprès des Juifs », un projet d’évangélisation que la plupart des églises régionales avait abandonné dans les décennies qui ont suivi l’holocauste mais qui avait gardé une certaine faveur dans les congrégations les plus conservatrices.

Dans son article, Brumlik rappelait aux lecteurs que Luther était « un des pères fondateurs de l’antisémitisme moderne » et l’auteur du tristement célèbre livre « Des Juifs et de leurs mensonges » dans lequel l’ancien moine catholique exhortait ses adeptes à incendier les maisons des Juifs et leurs synagogues et à confisquer leur argent.

Les jouets Playmobil ont rendu tant d’enfants heureux que la compagnie ne peut certainement pas s’inscrire dans cette tradition, affirmait Brumlik. Rappeler en usine toutes les figurines de Luther n’était pas la réponse mais peut-être la compagnie pouvait-elle retirer le mot « FIN » de la page du livre ou, du moins, l’écrire en plus petits caractères.

Après discussion avec ses sponsors, l’office du tourisme de Nuremberg a annoncé que le mot « FIN » serait supprimé des futurs exemplaires du jouet. Le modèle théologiquement plus correct sera disponible en mars.

Le Luther de Playmobil est devenu si connu en Allemagne que l’évêque Heinrich Bedford Strohm, président de EKD, l’a mentionné dans son sermon du Nouvel An à Berlin.

« En cette année jubilaire, l’important ce ne sont pas les figurines Playmobil, les chaussettes Luther et les bonbons de la Réforme, » a-t-il dit dimanche. « Ils ne sont font qu’ouvrir une porte pour que le message soit entendu. Et il est clair et plus que jamais pertinent – redécouvrir le Christ. »

La connivence entre sionisme et antisémitisme remise en lumière par l’actualité américaine

20 novembre 2016

On ne sait pas trop ce que va donner la présidence de Donald Trump en dépit de signaux pas forcément encourageants, mais son élection aura eu au moins le mérite de semer (provisoirement) la discorde dans les rangs de l’establishment juif aux Etats Unis.

On sait que parmi les électeurs de Donald Trump, il faut compter des extrémistes de droite nostalgiques de l’époque qui avait précédé la guerre de sécession comme par exemple les membres du Ku Klux Klan.

Difficile de dire exactement combien pèsent réellement ces électeurs qui sont sans doute assez peu nombreux mais, par contre, relativement organisés dans une mouvance qu’on appelle alt-right aux Etats Unis, fachosphère dirait-on en France. Le site internet Breitbart News a été un des principaux vecteurs de diffusion et d’expression des idées et des opinions de cette fachosphère américaine avec tout ce qu’elles comportent notamment de racisme y compris dans sa version antisémite.

Il se trouve que le patron de Breitbart News, Steve Bannon, vient d’être choisi par Donald Trump pour être son directeur de la stratégie à la maison Blanche.

donald trump steve bannon

Steve Bannon (à droite) et Donald Trump

Un choix qui fait grincer des dents dans une bonne partie de la communauté juive mais qui rencontre un accueil favorable dans d’autres secteurs de la même communauté qui saluent son engagement en faveur de l’Etat prétendu juif.

Jamais depuis les débuts de l’hitlérisme en Allemagne la connivence entre sionisme et antisémitisme n’était apparue avec une telle netteté.

Pourquoi il est ‘absolument’ possible à Steve Bannon d’être pro-Israël et antisémite.

Voici ce que les dirigeants juifs pensent du choix de Donald Trump pour le poste de responsable de la stratégie

Par Carol Kuruvilla, The Huffington Post (USA) 17 novembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Steve Bannon , ancien patron de Breitbart News, a pendant des années et avec une grande fierté donné aux nationalistes blancs et aux antisémites une plateforme pour répandre leur haine.

Lorsque l’Anti-Defamation League, une des plus anciennes organisations juives américaines consacrées à la lutte contre l’antisémitisme, a dénoncé la décision de Donald Trump de faire de  Bannon son stratège en chef , les soutiens juifs du président élu se sont précipités pour défendre Bannon – le dépeignant comme un «défenseur d’Israël ».

Aaron Klein, chef du bureau de Breitbart à Jérusalem, a déclaré à BuzzFeed que Bannon est un «patriote engagé qui est profondément préoccupé par les menaces croissantes sur Israël. »

Mais certains leaders intellectuels et religieux juifs ne sont pas disposés à accepter l’argument selon lequel être pro-Israël ou s’engager fermement à protéger Israël ne disculpe pas automatiquement quelqu’un d’être un antisémite.

En fait, soutiennent ces leaders, il est absolument possible que des gens soutiennent Israël et soutiennent dans le même temps des réseaux qui promeuvent la haine à l’égard des Juifs américains.

Le Religious Action Center of Reform Judaism [Centre d’ action religieuse du judaïsme réformé] est la branche politique de l’Union for Reform Judaism, la plus grande organisation religieuse juive des Etats Unis. Dans une déclaration à The Huffington Post son directeur, le rabbin Dov Jonah Pesner, tient Bannon pour responsable de l’animation d’une plateforme pour  » l’ antisémitisme, le racisme, la misogynie et la xénophobie. »

« Nous ne pouvons le juger que par ses actes, et il était le PDG de l’entreprise de médias préférée des nationalistes blancs.  Il ne devrait y avoir aucune place pour ces opinions à la Maison Blanche, » a déclaré Pesner à The Huffington Post. « Son soutien professé à Israël ne change pas le fait qu’il n’a pas renié le travail imbibé de haine qu’il a publié. »

J Street, une organisation de lobbying pro-Israël libérale [centriste selon la terminologie américaine,NdT], a également été critique à l’égard de Bannon.  Jessica Rosenblum, vice-présidente de l’organisation chargée de la communication, a déclaré à The Huffington Post qu’il est « tout à fait adapté » d’accoler l’étiquette d’antisémite à ceux qui utilisent et promeuvent la rhétorique antisémite et qui «aident de manière routinière et soutiennent les tenants de la suprématie blanche en diabolisant les Juifs et d’ autres minorités religieuses et ethniques. »

 » Les amis de Steve Bannon à l’extrême droite de la communauté juive peuvent arguer facilement de son soutien à Israël, mais cela ne change rien au fait que Bannon propage une idéologie de haine et le sectarisme qui est extrêmement hostile et dangereuse pour les Juifs américains et toutes les valeurs – telles que la tolérance, la diversité et l’ égalité – que nous défendons et que nous protégeons dans ce pays « , a déclaré Rosenblum dans un communiqué.

La nomination de Bannon a provoqué une réaction mitigée au sein de la communauté juive américaine dans sa diversité – avec certaines organisations exprimant avec force leur mécontentement et d’autres, telles que l’Organisation Sioniste d’Amérique [Zionist Organization of America] et la Coalition juive républicaine,en faisant au contraire l’éloge et la soutenant. D’autres organisations, comme l’American Israel Public Affairs Committee [le cœur du lobby sioniste] et l’American Jewish Committee, choisissent de garder le silence ou en attendant de voir comment Bannon à l’œuvre à ce poste.

Le rabbin Abraham Cooper, vice-doyen du Centre Simon Wiesenthal, a longtemps travaillé à pister l’antisémitisme en ligne. Il a déclaré par courriel à The Huffington Post qu’il n’a pas vu de « preuve définitive » que Bannon est personnellement un antisémite, ou quelqu’un qui hait les Juifs, le judaïsme, et les valeurs juives.

« En 2016, Israël est le foyer de la plus grande communauté juive dans le monde. Il est également le centre spirituel du judaïsme et du monde juif « , a déclaré Cooper à The Huffington Post. «Compte tenu de ces faits, il serait difficile de classer quelqu’un comme un antisémite de type classique, s’il soutient et défend l’Etat juif et ses 8,3 millions de citoyens (dont plus de 6 millions de Juifs). »

 « Toutefois, compte tenu des éloges –appréciés ou pas –  que sa nomination a suscité de la part d’intolérants comme David Duke, tous les Américains, y compris les juifs américains, ont le droit et l’ obligation d’examiner attentivement tout ce que M. Bannon fait pour le président élu et chaque déclaration qu’il fait en rapport avec la politique sociale et les affaires étrangères et de les critiquer vigoureusement le cas échéant ».

Afficher l'image d'origine

David Duke a été un Grand Dragon du ku Klux Klan

Le rabbin Jack Moline, Président de Interfaith Alliance [alliance interreligieuse], a déclaré à The Huffington Post penser qu’une personne peut «absolument» être pro-israélienne et antisémite dans le même temps. Moline se définit à la fois comme juif et sioniste. Mais il a prévenu qu’il était dangereux de confondre ces deux identités.

« Certains ont des raisons politiques, religieuses et idéologiques pour soutenir l’Etat d’Israël qui ont peu ou rien à voir avec le soutien pour le peuple juif lui-même », a affirmé Moline au Huffington Post dans un courriel. «Le fait que Bannon a gagné le soutien d’une poignée de juifs américains de droite qui partagent ses opinions politiques ne fait rien pour effacer ses propos antisémites ou la nature antisémite du mouvement alt-right que son site a favorisé. « 

Les désaccords entre Juifs américains autour de la nomination de Bannon interviennent au beau milieu d’informations sur du vandalisme et de la propagande antisémite qui se revendique de Trump en quelques endroits à travers le pays. En particulier, des journalistes juifs ont été confrontés à un déluge « quantité sans précédent » d’insultes antisémites sur internet pendant cette période électorale.

Jane Eisner, rédactrice en chef du site juif Forward, a parlé des propos haineux tenus sur internet contre elle et d’autres journalistes juifs pendant la campagne électorale. Elle pense qu’ils venaient en bonne partie de ceux qui s’identifient avec la candidature de Trump. Dans une tribune libre, Eisner a insisté sur ce qu’elle a appelé l’hypocrisie à couper le souffle » des Juifs qui soutiennent Bannon, et a condamné la logique qui veut que « tant que vous soutenez certaines politiques du gouvernement israélien actuel, il est correct de copiner avec des gens qui haïssent les Juifs « .

« Les Juifs en Amérique qui sont la cible de menaces et de harcèlement antisémites – et ici j’inclus beaucoup d’ entre nous au Forward – doivent faire cause commune avec d’ autres groupes minoritaires qui vivent cela et même pire dans l’ environnement politique toxique d’aujourd’hui», écrit Eisner. « Si, au contraire, les Juifs excusent le comportement odieux de l’extrême droite parce qu’il se trouve que certaines de ces personnes soutiennent certaines politiques en Israël – en particulier lorsque ces politiques prolongent près d’un demi-siècle d’occupation – alors ils abandonnent des alliés naturels dans la lutte pour une Amérique plus tolérante ».

« Et pire encore, ils ont abandonné leurs coreligionnaires juifs. »

 

Le sionisme ou l’antisémitisme en miroir

25 septembre 2016

Le sionisme n’est que l’antisémitisme en miroir. On le savait depuis Theodor Herzl mais l’actualité nous en donne un nouvel aperçu avec cet ancien cadre dirigeant d’un parti d’extrême droite hongrois qui se prépare à faire son « aliya », c’est-à-dire à aller rejoindre ceux qui squattent la Palestine aux dépens de la population autochtone.

L’article que je vous propose commence par une question : pourquoi cet ancien antisémite va-t-il s’installer en Palestine occupée?

La réponse est simple et vous l’aurez devinée : cet individu a découvert qu’il avait des grands-parents maternels juifs et que donc, conformément à la croyance nazie et à la halacha (loi juive) il en a conclu qu’il était lui-même juif.

Si ce raisonnement est effectivement conforme aux convictions et aux pratiques du judaïsme et du sionisme, ce n’est sans doute qu’un subterfuge.

En effet, si on peut admettre qu’il soit possible d’ignorer que ses grands-parents maternels étaient juifs, on se demande comment, sauf à être orphelin, on peut ignorer que sa propre mère était juive surtout quand on sait qu’elle a été internée au camp de concentration d’Auschwitz dont elle est une rescapée.

szegedi-770x513.gif

Csanad Szegedi

Le dénommé Csanad Szegedi a évidemment toujours su qu’il était juif (au sens talmudique et donc biologique du terme). Il a reçu une mission qui consistait à participer au développement d’un mouvement d’extrême droite en Hongrie et c’est ce qu’il a fait puisqu’il a très vite fait partie de l’encadrement de ce mouvement. L’implication de sionistes dans les mouvances d’extrême droite en Europe n’est en rien une exclusivité hongroise et on a pu la constater en Angleterre avec l’English Defence League et en Allemagne avec le mouvement Pegida.

Une fois sa mission accomplie, eh bien sa récompense, son cadeau, est la possibilité de « retour » à Sion.

Et comme il le dit lui-même, il a une longue expérience politique dont il serait heureux de faire profiter AUSSI à des organisations sionistes EN Israël. »

Effectivement, après avoir servi des organisations sionistes en Hongrie, ne serait-il pas une bonne chose de continuer dans l’entité sioniste elle-même ?

Pourquoi cet ancien antisémite quitte-t-il la Hongrie pour Israël ?

Par Sam Kestenbaum, The Jewish Forward (USA) 25 septembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un ancien député du parti d’extrême droite hongrois Jobbik en Hongrie, qui a démissionné après avoir découvert ses racines juives, va maintenant émigrer en Israël.

Dans une interview accordée au site en hébreu Ma’ariv, Csanad Szegedi a dit qu’il veut discuter avec des organisations israéliennes pour coordonner la lutte contre le type d’antisémitisme dont il était auparavant le partisan.

Dans une traduction de l’entretien en anglais publiée par le Jerusalem Post, Szegedi a déclaré ne pas être inquiet pour sa sécurité en déménageant en Israël et qu’il espérait vivre à Jérusalem.

Szegedi, qui a été un membre fondateur d’une organisation extrémiste inspirée de la garde collaborationniste des Croix fléchées hongroises, a déclaré, « Il y a beaucoup plus d’éléments positifs que d’éléments négatifs dans le fait d’être un Juif, et le plus grand cadeau pour n’importe quel Juif, c’est l’existence de l’Etat d’Israël. »

Quand il était un jeune politicien, Szegedi avait rapidement gravi les échelons du parti Jobbik et il avait même représenté le parti au parlement européen et e avait été vice-président. Le magazine Tablet l’avait qualifié de « un des antisémites les plus connus de Hongrie et une des voix les plus écoutées dans l’extrême droite européenne. »

Mais en 2012, Szegedi a découvert – et révélé au monde – ses propres racines juives. Ses grands-parents maternels étaient juifs, sa mère était une rescapée d’Auschwitz et son grand-père avait été prisonnier dans un camp de travail.

Szegedi a étudié le judaïsme et a observé quelques prescriptions religieuses. Il s’est aussi rendu en Israël un certain nombre de fois – et dans le cours du weekend il a révélé qu’il avait entamé la procédure d’immigration.

Dans l’interview avec Maariv, Szegedi a envisagé la possibilité de revenir à la politique en Israël.

« j’ai de nombreuses années d’expérience en politique, » a-t-il dit, « et je serais heureux d’en faire profiter aussi à des organisations sionistes en Israël. »

Les temps changent: une responsable démocrate californienne se permet d’exprimer son mépris pour feu Elie Wiesel

13 juillet 2016

Contrairement à ce qu’on pourrait croire à la lecture de la plupart des journaux, le concert de louanges pour saluer la mémoire d’Elie Wiesel n’a pas été unanime, et cette absence d’unanimité n’est pas propre au monde musulman.

Je vous en livre ici un exemple avec la réaction d’une dirigeante locale du Parti démocrate aux Etats unis.

L’attitude de cette personne est intéressante non seulement par les réactions de protestation qu’elle a suscité chez les représentants du lobby sioniste en Californie, mais surtout par le fait que les instances de son parti ont renoncé à toute mesure disciplinaire ou simple admonestation.

 Au motif qu’elle s’est exprimée à titre personnel. Une mansuétude qui est sans doute aussi signe de plus que les temps changent, lentement mais sûrement, pour le lobby sioniste ; et pas en sa faveur.

Une leader démocrate de Los Angeles sous le feu des critiques après ses propos sur le survivant de l’holocauste Elie Wiesel

par Dakota Smith, Los Angeles Daily News (USA) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’Anti-Defamation League (ADL, équivalent de la LICRA) élève la voix au sujet d’un email envoyé par une responsable locale du Parti Démocrate dans lequel elle critique Elie Wiesel, le survivant de l’holocauste et lauréat du prix Nobel de la paix qui est mort le 2 juillet.

Dorothy Reik, présidente des Démocrates Progressistes de Santa Monica Mountains et déléguée élue pour le Los Angeles County Democratic party a mis en colère certaines organisations avec son email dans lequel elle tient des propos désobligeants sur Wiesel après son décès.

Dorothy Reik

Dorothy Reik

« J’ai rencontré des gens qui ont fait de l’holocauste leur source de revenus mais jamais au même niveau que l’a fait Wiesel, » a écrit Reik. Elle reprenait aussi dans son email un incident dans lequel une autre personne avait qualifié Wiesel de « p….n de l’holocauste »

Reik, qui est juive, a écrit dans l’email que son opinion ne reflétait pas le point de vue des Progressive Democrats de Santa Monica Mountains et elle a reconnu que la plupart de ses amis et partenaires sne seraient pas d’accord avec elle.

Amanda Susskind, la directrice de l’ADL pour la région Pacifique Sud-Ouest, a posté l’email de Reik sur le site web de l’ADL-Los Angeles. « Alors que le monde entier pleure la mort du lauréat du Nobel et survivant de l’holocauste Elie Wiesel – souvent surnommé la conscience du monde – il est particulièrement inquiétant de voir cette responsable démocrate partager ces mots perfides, même quand ils sont exprimés au titre d’opinion personnelle, » écrit Susskind.

Wiesel, auteur de « La Nuit » est décédé à New York à l’âge de 87 ans. Sa mort a été suivie de nombreuses manifestations d’émotion de la part de dirigeants du monde entier et de politiciens locaux dont Eric Garcetti, le maire de Los Angeles.

Le journaliste Max Blumenthal a écrit un article lundi dernier pour Alternet dans lequel il critique Wiesel pour avoir accepté de donner des conférences moyennant des cachets très élevés payés par des personnalités controversées [des antisémites notoires, NdT] et ne pas avoir pris position en faveur de populations opprimées. Reik avait inclus un lien vers cet article dans son email.

Contactée à son domicile mercredi, Reik a déclaré, « Je m’excuse si j’ai offensé quelqu’un. »

Eric Bauman, président du Parti Démocrate pour le Comté de Los Angeles et vice-président du Parti démocrate californien a déclaré que Reik avait cité un terme utilisé par quelqu’un d’autre et qu’elle exprimait une opinion personnelle.

« Je considère cependant qu’une telle déclaration reflète négativement l’image d’une dirigeante du Parti Démocrate, » a déclaré Bauman dans une interview mercredi. « Il ne semble pas que nous ayons l’autorité pour entreprendre une quelconque action dans la mesure où cela a été fait à titre personnel. »

Estee Chandler, présidente de la section de Los Angeles de Jewish Voice for Peace a qualifié Wiesel d’homme « compliqué ». Il était un « témoin à la morale prophétique qui implorait le monde de ne pas rester silencieux face à l’oppression, » a observé Chandler.

Mais il s’est aussi « abstenu de parler de la même façon des droits des Palestiniens et contre les discours anti-musulmans et l’islamophobie, » a-t-elle dit.

Chandler n’a pas souhaité commenter l’email de Reik.


%d blogueurs aiment cette page :