Articles Tagués ‘entité sioniste’

L’entité sioniste ouvre une mission diplomatique à Doha (capitale du Qatar)

mai 12, 2013

Pour ceux qui n’ont pas compris contre qui se bat l’armée syrienne.

Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, Emir du Qatar  le Grand Rabbin de l'entité sioniste, Meir Lau, Chief Rabbi of Israel.

Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, Emir du Qatar le Grand Rabbin de l’entité sioniste, Meir Lau

Israël a ouvert une nouvelle mission diplomatique dans le Golfe (Haaretz)

 AFP, L’Orient le Jour (Liban) | 12/05/2013 | 15h45

Israël a ouvert une nouvelle mission diplomatique dans un pays du Golfe, affirme dimanche le quotidien israélien Haaretz sur la base d’un document économique du ministère des Finances, sans préciser de quel pays il s’agit.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire, se bornant à affirmer qu’Israël ne disposait "officiellement d’aucune représentation diplomatique dans les pays du Golfe".
En mai 2010, le ministre israélien de l’Industrie et du Commerce de l’époque, Binyamin Ben Eliezer, avait participé à une réunion économique internationale au Qatar.

Le Qatar, de plus en plus influent dans la région, avait pourtant rompu ses relations diplomatiques avec Israël et fermé la mission commerciale israélienne à Doha pour protester contre l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza en décembre 2008-janvier 2009.
Outre le Qatar, seul le sultanat d’Oman avait établi des relations avec Israël mais elles avaient été brisées fin 2000 après le début de la deuxième Intifada.
En janvier 2010, le ministre israélien des Infrastructures nationales, Ouzi Landau, avait participé à une réunion de l’Agence internationale pour l’énergie renouvelable à Abou Dhabi. Mais les Emirats arabes unis avaient souligné que sa présence ne signifiait pas une normalisation entre les deux pays.

PS: effectivement, nulle par il n’est dit que la mission diplomatique ouvre au Qatar. C’est une supposition de ma part. mais vous pouvez toujours essayer de vérifier à l’addresse suivante:

Israel Embassy , Qatar

56/11 IBN Al Buhaturi St.
P.O. Box 22183
Doha
Qatar
Phone:
+974-4689074
+974-4689077
Fax:
+974-4685258
Email:
info@doha.mfa.gov.il

Stephen Hawking et le Big Bang du boycott, un tournant pour l’image de l’entité sioniste

mai 8, 2013

L’info tourne en boucle sur les réseaux sociaux en ce moment : le physicien britannique Stephen Hawking vient de s’associer au boycott académique de l’entité sioniste. En conséquence il a renoncé à participer à une conférence organisée par Shimon Peres prévue pour le mois de juin.

Il va de soi que M. Hawking est maintenant voué aux gémonies par les tenants du sionisme ainsi qu’en témoigne le tombereau d’insultes dont il est victime sur les réseaux sociaux.

Ces insultes sont d’une bassesse inouïe et réfèrent à la grave maladie, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) dont le célèbre savant est atteint.

Mais ça, ce sont les insultes qui émanent de la « base » sioniste. Mais les « élites » de Sion n’ont pas grand-chose à lui envier en matière d’abjection.

Ainsi The Jewish Press est-elle capable de titrer :

 Stephen Hawking boycotte l’entreprise qui travaille sur le traitement de sa maladie

En effet, d’après Jewish Press

Des avancées scientifiques israéliennes dans l’usage des cellules souches pour traiter toute une série de maladies graves et invalidantes, ont permis le rétablissement miraculeux [souligné par moi] du doyen de la yeshiva [école religieuse juive] Mir, le rabbin Refael Shmuelevich qui souffrait de SLA.

 De fait, selon ce journal juif, le rabbin que les médecins aux USA estimaient condamné à relativement brève échéance avait été remis sur pied après un mois de traitement à Jérusalem et avait pu reprendre ses activités d’enseignement. 

Je me demande si ce rabbin n’a pas plagié sa maladie comme un certain autre a plagié même ses souvenirs d’enfance… 

Et c’est là qu’intervient le bon gout caractéristique de la clique sioniste :

Il est possible que la prochaine fois que le professeur Hawking viendra à Jérusalem, ce sera pour recevoir des soins médicaux plutôt que pour admonester la communauté scientifique locale. 

Sauf si, comme l’a commenté en ligne un membre de la direction de The Jewish Press, Hawking préfère peut-être simplement les innovations et les apports que les palestiniens ont offert au monde… des big bangs. [Hawking est l’auteur de la théorie du big bang, NdT].

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Stephen Hawking avant le déclenchement de sa maladie

Si les sionistes se payent une bonne tranche de rigolade sur le dos d’un savant très connu et souffrant d’une maladie grave, on peut gager que d’autres, notamment en Grande Bretagne mais pas seulement, vont rire jaune pendant un certain temps et que cela n’ira pas dans le sens d’une amélioration de l’image d’une entité que seule la censure des sondages d’opinion peut laisser croire qu’elle jouit d’un soutien populaire en Occident.

Elle a certes le soutien d’une bonne partie de la classe politique et médiatique, mais ces dernières n’empêcheront pas les mouvements venus de la société, comme celui du boycott du régime sioniste, de prendre de plus en plus d’ampleur.

Parmi les figures les plus en vue dans le soutien au sionisme, on peut compter des personnalités comme l’écrivain philosophe Bernard-Botul-Henri Lévy, le médecin politicien, consultant pétrolier Bernard Kouchner, la comédienne Véronique Genest ou le cinéaste Romain Goupil. A comparer avec ceux qui soutiennent la cause palestinienne comme Stephen Hawking : le Dr Christophe Oberlin, l’écrivain Henning Mankell, les actrices Vanessa Redgrave et Tilda Swinton, le cinéaste Ken Loach, les musiciens Roger Waters et Elvis Costello etc. Sans parler de tous ceux, chanteurs, comédiens, écrivains, qui ont été muselés en France.

Comme je le suggérais, l’humour sioniste n’est pas passé inaperçu en Grande Bretagne et le Daily Express y consacre un article qui témoigne d’une indignation froide.

Et la meilleur preuve de cette indignation est le vocabulaire utilisé par la journaliste qui parle de «régime» pour désigner l’Etat sioniste et attribue la qualité de président du régime à Shimon Perse, le chef du gang sioniste.

Or, comme chacun sait, la presse occidentale réserve le terme régime aux systèmes de gouvernement qui sont réputés non conformes aux valeurs démocratiques. On parle par exemple communément de régime nord-coréen, de régime syrien mais pas de régime français ou italien…

C’est ce que j’appelle un tournant dans la perception de l’entité sioniste.

Indignation devant les plaisanteries dégoûtantes sur “Stephen Hawking le handicapé” depuis qu’il s’est associé au boycott d’Israël

Stephen Hawking, le spécialiste de physique théorique à la renommée mondiale, a subi un tir de barrage d’insultes aujourd’hui de la part de personnes furieuses de la voir boycotter Israël.

par Charlotte Meredith, The Daily Express (UK) 8 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

La salve de critiques est intervenue après que le très respecté professeur de Cambridge s’est associé à l’embargo académique contre le régime israélien en refusant de participer à une conférence organisée par Shimon Peres, le président du régime.

Le professeur Hawking devait participer à la conférence annuelle Facing Tomorrow prévue au mois de juin, mais il s’en est retiré pour protester contre le traitement des Palestiniens par le gouvernement de Tel Aviv.

“Hawking a décidé en toute Indépendance de respecter le boycott sur la base de ce qu’il sait de la Palestine et du conseil unanime que lui ont donné ses contacts académiques là-bas,” a déclaré le British Committee for the Universities of Palestine.

Réagissant avec colère à la décision du professeur de s’associer au boycott académique, des Israéliens ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux. "L’antisémite Stephen Hawking ne peut même pas se torcher le c **», a écrit un internaute écœuré. "Il devrait déjà être mort ! ", écrit un autre, tandis qu’un internaute affirme que le professeur Hawking – généralement considéré comme l’un des hommes les plus intelligents dans le monde d’aujourd’hui – est " également paralysé dans sa tête " "Quelqu’un devrait desserrer le frein à main au sommet d’une colline," lit-on dans un autre message répugnant.

Des internautes indignés condamnent ces insultes révoltantes qu’ils qualifient de festival de haine”.

La démarche du professeur Hawking suit un boycott du régime israélien par le Teachers’ Union [syndicat des professeurs] d’Irlande et par les membres Américains de l’Association for Asian American Studies.

En 2009, le professeur Hawking avait également condamné les trois semaines d’’agression commise contre Gaza par le régime israélien pendant trois semaines, affirmant que la réaction de Tel Aviv aux roquettes tirées depuis la bande de Gaza «étaient complètement disproportionnées… La situation est semblable à celle de l’Afrique du Sud [de l’apartheid] avant 1990 et ne peut pas continuer.»

Armée Syrienne "Libre" et Armée sioniste, même combat!

mai 5, 2013

je ne le fais pas souvent, mais je vous propose un texte issu d’un autre site francophone. Il s’agit d’un article d’Angry Arab traduit par InfoPalestine (lien fin d’article) et qui porte sur les récents bombardements conduits par l’aviation sioniste en Syrie.

Je remercie encore Louise de m’avoir signalé l’existence de cette traduction.

 

Bombardements sur la Syrie : Israël jette le masque !

dimanche 5 mai 2013 – 17h:39

As’ad AbuKhalil

Il n’y a pas plus de mystère : Israël a toujours été un acteur majeur dans le conflit syrien.

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L’aviation sioniste a bombardé Damas en passant par l’espace aérien libanais (et peut-être même tiré ses missiles depuis le Liban)

Jouant pleinement son rôle de relais de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient, l’État sioniste a mené des bombardements d’une extrême violence sur la banlieue de Damas
Le conflit syrien a été une arène ouverte pour tous les ennemis de la Syrie – surnommés par une ironie amère de l’histoire comme les « amis de la Syrie » – voués à la destruction de ce pays et non seulement de son régime. En fait, tous les ennemis de la Syrie auraient préféré une solution qui aurait permis de maintenir le régime intact afin de rassurer Israël.

L’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie étaient les acteurs les plus visibles en Syrie, mais les États-Unis et Israël ne sont pas loin derrière (ou devant). Il est vrai cependant que les médias occidentaux sont assez explicites sur le fait que le Qatar et l’Arabie saoudite ne pourraient rien sans le consentement et les ordres de la Maison Blanche. Il s’agit de la deuxième agression majeure d’Israël contre la Syrie, mais Israël a aussi été très probablement – comme en Irak – complice des assassinats de scientifiques syriens et d’un certain nombre de ses adversaires. Il n’y a jamais eu de guerre civile ou de conflit interne dans le monde arabe dans lequel Israël n’a pas joué un rôle majeur. Certains médias américains ont noté la présence d’agents du Mossad en Syrie. Les gangs de l’Armée syrienne libre (FSA) ont agi en relation avec eux.

Les États-Unis et Israël ont décidé que les gangs de criminels de guerre de la FSA sont les milices sélectionnées pour recevoir une aide militaire des États-Unis (et probablement d’ Israël). Ce sont un peu comme les seigneurs de la guerre en Afghanistan : des criminels qui sont prêts à chanter les bons slogans et à émettre les communiqués dans la bonne ligne, et qui reçoivent en échange de grosses sommes d’argent et de l’aide occidentale.

Contempler les médias saoudiens et qataris est comme un retour vers le passé : le porte-parole de l’opposition syrienne en exil (appelons-les porte-parole, tous ces hommes de cette « révolution » pitoyable qui aurait été bien évidemment dirigée par des femmes laïques et féministes, selon les premiers récits pré-enregistrés destinés aux discours sur les campus et dans les médias occidentaux) jubilait de voir son pays bombardé par Israël. Ils ont utilisé le même langage que celui utilisé par Bashir Gemayel lorsqu’il justifiait sa relation avec Israël pendant les longues années de la guerre civile libanaise (et avant). Ils sont prêts à accepter l’aide de quiconque, de « Satan lui-même ». Nous connaissons ce langage codé. Et certains porte-parole de l’opposition ont commencé à jouer le rôle qui leur a été assigné dans l’opération psychologique israélienne en annonçant soudainement que « les grandes sections » de l’armée syrienne ont commencé à faire défection dès que le bombardement avait commencé.

Cela n’a jamais été une « révolution ». Moi-même et d’autres membres de la gauche libanaise, avons signé une pétition juste après les événements de Deraa, dans lequel nous avons dénoncé le régime, ridiculisé et rejeté sa version sur des groupes armés circulant dans le pays et tirant sur les gens. Je me dis maintenant que je me trompais : je crois que des groupes armés ont été entraînés et armés de façon à frapper lorsque les ordres (d’Israël et les pays du Golfe) arriveraient. Ils avaient une mission à remplir, et cela n’a rien à voir avec la volonté de libérer la Syrie d’un régime tyrannique.

Le régime est pour l’instant silencieux, préparant probablement le message habituel sur sa détermination à « choisir l’heure et le lieu de la bataille contre Israël ». Mais la bataille ne se produit jamais et les réponses aux attaques israéliennes encore moins. Le Golan est toujours occupé et le régime (comme l’opposition) sont disposés à utiliser leur puissance de feu uniquement à l’intérieur de la Syrie (ou à l’intérieur du Liban, les années précédentes), mais pas contre Israël. De même, les groupes armés syriens flirtent avec Israël depuis un certain temps maintenant, et leur jeu a été clairement dévoilé aujourd’hui. Leur déclaration de « neutralité » est démentie par les prises de position des « activistes » de l’opposition sur différentes comptes Facebook.

Le gouvernement américain et les médias jouent leurs rôles habituels. Ne jamais remettre en question ce qu’Israël fait partout dans le monde. Les justifications sont fournies instantanément, et ce n’était pas une coïncidence que le New York Times ait publié un article en première page sur le pauvre petit Israël qui doit se débrouiller tout seul pour se défendre contre les conflits et les troubles en Syrie. Il y a seulement une semaine, David Ignatius du Washington Post, après avoir reçu différentes instructions des services de propagande du gouvernement israélien, avait indiqué qu’Israël était en fait calme et ne faisait que jouir du carnage en Syrie.

Le conflit en Syrie a depuis toujours été hors des mains du peuple syrien. Il ne s’agit pas d’un conflit local interne qui serait devenu régional et international en l’espace de deux ans. Non ! Ce conflit était régional et international dès le début. Les États-Unis et ses obligés de la contre-révolution arabe étaient prêts à favoriser des soulèvements arabes dans une direction qui plairait aux États-Unis et à Israël. La chute de Moubarak imposait la chute du régime Assad, après que les États-Unis et Israël aient découvert qu’ils pouvaient continuer à faire des affaires avec les Frères musulmans.

Cela ne veut pas dire que le peuple syrien n’a une centaine de raisons de vouloir renverser le régime syrien. Mais ce qui se passe n’a rien à voir avec les causes sous-jacentes de la révolte en Syrie. L’attaque contre le régime syrien par le Qatar, l’Arabie, la Turquie, Israël et les États-Unis, n’a jamais eu à voir quoi que ce soit avec la démocratie. Le régime syrien a connu par le passé des révoltes et des soulèvements qui ont été réprimés brutalement, et il n’y avait pas eu de critiques. Le gouvernement saoudien, et plus tard le gouvernement qatari, étaient prêt à financer la dynastie Assad à condition qu’ils agissent tous de concert au Liban et dans la région.

Il ne faut pas prétendre qu’il n’y a pas de révolution en Syrie, mais l’issue du conflit ne sera certainement pas démocratique. Vous pouvez faire cette prédiction en vous basant sur l’idéologie (et les pratiques) « révolutionnaires » des groupes armés présents en Syrie. Mais les groupes armés syriens sont dupés par les États-Unis et Israël en pensant que le trône syrien est désormais à leur portée, alors que ces deux parties veulent un conflit très long, qui épuise toute la nation syrienne et la détourne de l’idée de s’attaquer aux intérêts israéliens.

Le régime syrien a montré dans le passé qu’il était prêt à faire des affaires sous la table avec Israël. La Coalition Nationale Syrienne et tous les groupes armés actifs en Syrie ont prouvé qu’ils étaient prêts à s’aligner sur Israël pour accéder au pouvoir et faire eux aussi faire des affaires avec Israël, mais sur la table. Tout cela n’augure vraiment rien de bon pour l’avenir de la Syrie.

5 mai 2013 – al-Akhbar – Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.al-akhbar.com/blogs/…
Traduction : Info-Palestine.eu – al-Mukhtar

De la "solidarité" arabe

mai 5, 2013

Au moment où l’Armée Syrienne dite "Libre" (ASL) se félicite du récent bombardement sioniste qui vient de toucher la banlieue de Damas, Angry Arab reproduit un dessin tout à fait de circonstance de feu le caricaturiste Palestinien Naji al-Ali:

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Le journal titre: "Solidarité arabe".

Celui qui lit le journal dit: "Si Israël attaquait la Syrie, nous devrions l’attaquer."

Les deux autres: "Précisez: attaquer qui?"

Naji al-Ali est un célèbre dessinateur de presse palestinien, lauréat à titre posthume du Golden Pen of Freedom délivré par l’Association Mondiale des Journaux.

Naji al-Ali est particulèrement connu par son personnage de Handala, le petit réfugié qui symbolise la lutte et les espérances du peuple palestinien.

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Naji al- Ali et son personnage Handala

Naji al-Ali a été assassiné en 1987 en Angleterre, pays où il travaillait, par le Mossad selon Wikipedia qui s’appuie sur un article du Yediot (journal sioniste), par des hommes de Yasser Arafat selon Angry Arab. Cette dernière thèse semble tout à fait plausible.

Jean Aziz et le face à face Iran – Arabie Saoudite au Liban et en Syrie

avril 30, 2013

La thèse que je défends sur ce blog est que la crise syrienne a dès le départ donné lieu à une immixtion de forces étrangères à ce pays ; des forces qui ont engagé très tôt une action violente, parfois très professionnelle, contre l’appareil policier et militaire du régime.

Ces forces étrangères, non contentes d’armer militairement et d’outiller dans la guerre médiatique des citoyens syriens, qu’ils appartiennent à la mouvance des Frères Musulmans, du wahabbisme ou tout simplement à celle de ceux qui pensent que leur avenir personnel ou celui de leur clan pourrait être plus radieux sans Bachar al-Assad, ont fait venir des mercenaires de Turquie, de Jordanie, et même de Tunisie, de Tchétchénie et d’Europe (je ne parle pas là de Syriens résidant en Europe).

Il va sans dire que ceux qui espéraient une démocratisation de la vie politique en Syrie en sont pour leurs frais.

Jean Aziz, qu’on a déjà croisé sur ce blog, grossit peut-être un peu le trait, mais oui, nous assistons en Syrie à une guerre entre l’Iran et le Hezbollah d’une part, et l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et les Etats Unis d’autre part.

Et c’est l’axe turco-arabo-occidental qui a pris l’initiative de cette guerre et a fait en sorte qu’elle perdure faute de possibilité de règlement politique qu’il s’est ingénié à empêcher, exactement comme en Libye.

Sauf que l’enjeu stratégique est nettement plus important en Syrie qu’en Libye et que si les Américains jouent là avec la sécurité de leur entité sioniste adorée, les monarques jouent peut-être leurs têtes !

Pourtant, dans un monde rationnel, cette crise aurait été réglée depuis longtemps ou n’aurait jamais eu lieu.

Mais un monde rationnel serait un monde où les Etats Unis au lieu de chercher la confrontation avec l’Iran, le Hezbollah et la Syrie, chercheraient à avoir des relations normales avec ces pays avec lesquels ils ne devraient avoir à priori pas de conflit aigu.

Oui, j’écris ces pays car je ne compte pas le Hezbollah qui n’existerait pas si les Etats Unis ne s’entêtaient pas à soutenir inconditionnellement une entité sioniste qui ne pourra jamais avoir un statut normal dans la région.

Même si, pour les pétromonarchies d’Arabie et du Qatar, tout l’enjeu d’une défaite de l’axe Syrie – Hezbollah – Iran est la possibilité de pouvoir enfin normaliser leurs relations avec l’entité sioniste et donc d’enterrer définitivement les droits du peuple palestinien.

L’objectif est illusoire certes et les monarques comme le Grand Turc devraient méditer ce propos de Kant :

Est illusion le leurre qui subsiste même quand on sait que l’objet supposé n’existe pas.

L’Iran contre la diplomatie saoudienne au Liban

 

par Jean Aziz,  Al-Monitor Lebanon Pulse, 29 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Trois semaines de développements de la situation au Liban ont suffi pour effacer le sentiment qu’une percée dans les relations entre l’Arabie Saoudite et l’Iran était proche, du moins au Liban. Ce sentiment avait pris corps le 6 avril quand le parlement libanais a désigné, dans un consensus presque total, le député de Beyrouth Tammam Salam pour former le nouveau cabinet.

Au début, il y avait certains signes qu’une percée dans la relation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran était en vue. L’ambassadeur Saoudien à Beyrouth, Ali Awad Asiri, avait clairement fait une ouverture en direction du Hezbollah. A un point tel que certains avaient dit que l’Arabie Saoudite avait entamé des contacts directs avec la plus puissante organisation chiite du Liban par l’intermédiaire d’un officiel des services de sécurité libanais qui jouit de la confiance du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah en personne. On a même dit que l’adjoint de Nasrallah, le Cheikh Naim Qassem devait se rendre en Arabie Saoudite à la tête d’une mission du Hezbollah avec la mission de discuter des relations entre la banlieue sud de Beyrouth et Riyad. La délégation devait aussi aborder le problème de la formation d’un nouveau gouvernement [au Liban] et l’acceptation d’une nouvelle loi pour les élections législatives pour faire en sorte que les élections interviennent avant la fin du mandat de l’assemblée actuelle le 20 juin et éviter ainsi au Liban d’aller vers l’inconnu.

Cette impression optimiste a vite disparu et il est devenu évident que la stratégie de la tension entre les axes saoudien et iranien reste d’actualité  jusqu’à nouvel ordre.

Il semble que les deux parties pratiquent un jeu de dupe pour améliorer leurs positions et leurs capacités en préparation d’une attaque surprise contre l’autre camp.

Sous couvert d’ouverture en direction du Hezbollah à Beyrouth, l’axe saoudien a l’œil rivé sur une bataille régionale pour renforcer le siège du régime syrien et renverser le président Bachar al-Assad. Au moment où les Saoudiens se préparaient à attaquer la capitale syrienne, ils avaient jugé prudent de ne pas ouvrir plus d’un front à la fois. Ils ont donc fait une trêve avec le Hezbollah et montré de la bonne volonté à l’égard de ce dernier, tandis que le nœud coulant arabo-turco-occidental se resserrait autour du cou d’Assad.

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Jean Aziz prend la pose entre Michel Aoun (à droite sur la photo) et Hassan Nasrallah

De leur côté, l’Iran et le Hezbollah ne se sont pas laissés berner par la manoeuvre saoudienne. Quelques jours après avoir commencé à tester les réactions de l’autre camp, l’Arabie Saoudite a commencé son attaque : les alliés libanais de Riyad ont durci leurs positions en formant un nouveau gouvernement et en définissant une loi électorale, ce qui a fait prendre conscience à l’axe du Hezbollah [le Hezbollah et ses alliés au Liban] de la manœuvre, ce qui a amené cet axe à changer de tactique. Le Hezbollah a alors contre attaqué sur presque tous les fronts.

Il semble que l’Arabie Saoudite avait misé sur une évolution favorable de la situation militaire en Syrie quand  cette évolution a en fait été favorable au camp iranien. Un facteur sur le terrain a inversé la donne : en deux semaines, les forces pro-régime ont avancé dans toutes les régions autour de Damas et de Homs. Ce développement a placé les 370 kilomètres de frontière syro-libanaise sous le contrôle du régime syrien et de ses alliés au Liban. Ce qui a piégé et isolé une partie significative des Sunnites – qui sont traditionnellement soutenus par l’Arabie Saoudite et sont près d’un demi-million à Akkar et à Tripoli – par l’interposition de l’armée syrienne et de ses alliés libanais.

Mais la riposte contre l’Arabie Saoudite au Liban a d’autres manifestations: la visite du Hezbollah à Riyad dont on parlait n’a jamais eu lieu et on a appris que Nasrallah est allé à Téhéran dernièrement. Malgré de nombreuses conjectures sur les objectifs de cette visite et son timing, le Hezbollah a ostensiblement gardé le silence sur ce sujet. Le parti ne l’a ni confirmée, ni infirmée. Cependant, des photos de Nasrallah rencontrant le Guide Suprême Iranien Ali Khamenei ont été publiées sur les réseaux sociaux. Des cercles proches du Hezbollah affirment que la photo était tirée d’archives, mais la photo n’a pourtant pas l’air bien ancienne.

Une autre manifestation de la contre attaque a été l’annonce par Israël de la destruction au dessus de la mer au large d’Haïfa d’un drone venu du Liban. Mais à la différence d’incidents similaires, comme quand Israël avait détruit le drone Ayyoub le 9 octobre 2012, le Hezbollah a promptement démenti avoir un rapport quelconque avec cette affaire. Certains ont interprété ce démenti comme étant causé par l’échec du drone «Ayyoub 2» à pénétrer en profodeur en territoire israélien. Mais le drone avait peut-être simplement comme objectif de survoler les champs gaziers israéliens en Méditerranée. Dans ce cas, le drone a réussi à envoyer le message à Israël, ce qui explique aussi le démenti du Hezbollah.

Ces deux derniers jours, ce cercles proches du parti ont traité cette affaire d’une manière évasive en demandant: Et si toute cette affaire se résumait à un gamin du sud Liban qui jouait avec un avion télécommandé amenant les Israéliens à suspecter le Hezbollah de leur faire la guerre ?

Certains à Beyrouth pensent que la contre attaque iranienne contre les avancées de l’Arabie saoudite, qui se sont traduites par la démission de l’ancien premier ministre Libanais Najib Mikati se déploie bien au-delà de la scène libanaise pour toucher le Bahreïn et même l’Irak. On a parlé de découvertes de caches d’armes pour l’opposition bahreïnie à Manama ; et les troupes du premier ministre Irakien Nouri al-Maliki sont entrée à Hawija et menacent de faire la même chose à Anbar.

Toutes choses qui confirment une fois encore que tout accord entre les Libanais doit se faire sous des auspices internationaux, c’est-à-dire au minimum une entente entre Washington et Téhéran. Mais une telle entente ne pourra sans doute pas intervenir tant que ne se seront pas produits certains événements, que ce soient les élections présidentielles en Iran en juin prochain ou les résultats des discussions d’Almaty sur le nucléaire (si elles reprennent).

Entre temps, la situation libanaise va déboucher soit sur la prolongation de la crise par la prolongation du mandate du parlement et le report de la formation d’un nouveau gouvernement, soit sur l’explosion de la situation!

La plupart des organisations libanaises et des parties étrangères préfèrent la première option.

Jean Aziz est un collaborateur d’ Al-Monitor’s Lebanon Pulse. Il est éditorialiste au journal libanais Al-Akhbar et anime une émission de débat politique sur OTV, une chaîne de télévision libanaise.

Ajoutons que ce chrétien a d’abord appartenu aux Forces Libanaises, un mouvement d’extrême droite avant de rejoindre le général Michel Aoun sur une position nationaliste, modérément antisyrienne (ou modérement prosyrienne), favorable à l’entente interconfessionnelle et hostile à l’entité sioniste. C’est pourquoi on dit qu’il est proche du Hezbollah. Il l’est à peu près à la façon de Michel Aoun.

Muhammad R., 17 ans, bouclier humain pour les terroristes sionistes

avril 20, 2013

Via The Angry Arab et Electronic Intifada

Des terroristes (soldats) sionistes se servent d’un jeune palestinien (17 ans) ligoté comme bouclier humain pendant qu’ils répriment une manifestation vendredi dernier dans le village d’Abou Dis en Cisjordanie.

La manifestation se tenait en solidarité avec Samer Issawi qui mène une action sous forme de grèves de la faim depuis plus de 250 jours pour protester contre sa détention arbitraire par les autorités terroristes sionistes. Samer Issawi est actuellement dans un état critique et s’il venait à décéder, sa mort pourrait avoir d’importantes conséquences politiques.

Le recours aux boucliers humains est une pratique assez fréquente chez les terroristes sionistes.

L’axe anti-syrien Riyad – Ankara – Tel Aviv

mars 31, 2013

Un bruit circule sur Facebook selon lequel Bachar al-Assad aurait été tué. Ce n’est pas la première fois, mais on verra si c’est vrai et, dans cette dernière hypothèse, on verra si la mort du président Syrien suffira à ramener la paix en Syrie et dans quelles conditions.

En attendant, on peut dire que la crise syrienne agit comme un révélateur du positionnement des uns et des autres vis-à-vis de l’entité sioniste.

La Syrie est en effet, on a trop souvent tendance à l’oublier, le dernier pays du «champ de bataille» contre le régime sioniste avec le Liban.

Parce que ceux qui fustigent (j’ai dû moi-même le faire, mea culpa) ce pays pour son inaction ou sa faiblesse devant les agissements sionistes omettent de rappeler que la Syrie est bien seule et que d’autres pays de la région ont par contre des relations diplomatiques avec l’Etat voyou.

Et que la Syrie a été, et reste, un soutien important du Hezbollah et que, récemment encore, Damas accueillait la direction du Hamas palestinien, une organisation qui lui a tourné le dos, cédant aux dollars agités par le Qatar.

Il y a d’autres aspects à évoquer sur la question de la place de la Syrie dans la résistance au régime sioniste, mais ce n’est pas l’objet de ce post.

Je voudrais plutôt aborder la nouvelle alliance qui s’est formée sur le dos de la Syrie entre l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’entité sioniste.

Cette alliance est clairement présentée, au moins dans ses perspectives, par Ceylan Ozbudak, une commentatrice politique turque qui écrit dans un journal saoudien, The Saudi Gazette, propriété de la famille royale un peu comme tout ce qui respire en Arabie. Ceylan Ozbudak collabore également avec un journal de l’entité sioniste.

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Ceylon Ozbudak: Mon débardeur a fait fureur à Riyad

Le scénario proposé par cette journaliste semble un peu fantastique pour ne pas dire fantasque, mais ce qui importe en réalité c’est que de telles thèses puissent être publiées dans un organe de presse chargé de présenter pour l’étranger la vision saoudienne des évènement politiques dans la région.

J'ai plein d'idées pour démocratiser l'Arabie Saoudite

J’ai plein d’idées pour démocratiser l’Arabie Saoudite

Et que ce journal n’hésite pas à publier un article qui appelle ouvertement à une action militaire du régime sioniste en Syrie.

Israël peut-il aider au renversement d’Assad?

Par Ceylan Ozbudak, The Saoudi Gazette, 31 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Depuis deux ans, le monde regarde la Syrie saigner et espère que la communauté international puisse s’entendre pour agir et restaurer l’ordre dans ce pays. En mars 2012, Kofi Annan avait proposé un plan en six points qui était tombé à plat. Depuis, une action militaire unifiée est restée un espoir déçu et l’effusion de sang a continué.

Ce mardi 27 mars 2013, les 22 nations de  la Ligue Arabe ont adopté une résolution autorisant la livraison d’armes aux forces rebelles mais il n’existe cependant pas de plan d’action concertée et les divisions internes paralysent la Ligue.

Le même jour, l’OTAN rejetait une requête du dirigeant rebelle Syrien Moaz Al-Khatib pour que les missiles Patriot abattent des avions syriens. Les Etats Unis surcompensent leurs erreurs en Irak et en Afghanistan et,  sans leur consentement, il y a peu de chances que les «lions» de l’Europe arment l’opposition. Si les rebelles n’ont pas assez d’armes, le forces d’Assad continueront à avoir la supériorité militaire, à tuer encore des Syriens et à prolonger la guerre civile.

Et donc les combats continuent: alors qu’un million de Syriens dans leurs abris de fortune cherchent de la nourriture dans tout le Moyen Orient, le Comité International de Secours signale que les camps frontaliers au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Irak sont bondés avec plus de 650 000 réfugiés, en majorité des femmes et des enfants. L’ONU estime par ailleurs à 70 000 le nombre de tués depuis le début des hostilités en avril 2011.

Le guerre brutale menée par Assad a destabilize un gouvernement au Liban; provoqué la venue de forces spéciales iraniennes en Syrie, isolé le gouvernement irakien de ses concitoyens Sunnites, oblige Israël à pénétrer en territoire syrien sur les hauteurs du Golan, et envoyé des réfugiés en Turquie, en Jordanie, en Irak et au Liban. L’ensemble de la région est affectée par la guerre menée par Assad, et nous avons tous le devoir moral et politique d’agir pour extirper de parmi nous ce seigneur de la guerre [warlord]. Le message est clair : c’est un problème pour tout le Moyen Orient.

Les excuses présentées récemment au peuple turc par le premier ministre Israélien Benjamin Netanyahou pour l’incident du Mavi Marmara en 2010 sont le signe d’une amélioration des relations entre nos deux pays. Jérusalem va certainement respecter la promesse de Netabyahou d’une indemnisation des familles des victimes turques et il est sûr que si tel est le cas, les relations israélo-turques vont connaître une renaissance. Etant les deux principales puissances économiques et militaires de la région, ces pays devraient œuvrer ensemble pour faire cesser le soutien russe à Assad. Erdogan avait déjà proposé aux Russes une base navale sur la côte turque et cette proposition, associée à des garanties qu’une Syrie post-Assad ne signifierait pas la fin de l’accès et de l’influence russe en Syrie, pourrait bien éloigner la Russie d’Assad. Maintenir les Etats Unis à l’écart de cette opération contribue aussi à garantir à Poutine que la Syrie ne deviendra pas la Libye : un Etat client des USA.

Un engagement conjoint de la Turquie, de la Russie et d’Israël à cette étape du conflit a des avantages politiques évidents : premièrement, étant donné que l’opposition syrienne est basée en Turquie, il est commode pour Ankara de négocier un accord entre les rebelles et la Russie pour faire en sorte que les inquiétudes de Moscou pour les minorités chrétienne et alaouite soient entièrement dissipées. Si cela signifie que les forces armées russes souhaitent mettre en place des « zones sécurisées» pendant une période de transition, cela doit être sérieusement considéré. En bref, les conséquences du renversement d’Assad ne doivent pas être négligées. Mais les craintes pour le lendemain [de la chute d’Assad] ne doivent pas nous empêcher de trouver des réponses créatives pour stopper les massacres d’aujourd’hui.

Deuxièmement, sauf si la Turquie et Israël travaillent ensemble pour arrêter la tuerie en Syrie et s’impliquent plus à ce stade, les djihadistes continueront à se renforcer. Tandis que le monde regarde les Syriens se faire massacrer par les forces d’Assad, les djihadistes viennent en Syrie pour prendre le rôle dominant dans une Syrie nouvelle. La Turquie, Israël et d’autres nations ne peuvent pas le permettre. La Syrie ne doit pas devenir un nouvel Afghanistan.

Les éléments qui s’opposent à Assad affrontent des troupes disciplines disposant de matériel militaire sophistiqué. Deux ans de guérilla ne lui ont pas fait perdre son emprise sur la population syrienne. Si les rebelles Syriens veulent un espoir raisonnable de victoire, il leur faudra des armes sophistiquées et un appui aérien. Si personne ne fournit ces deux éléments, il en résultera une ou deux conséquences : soit les rebelles échoueront et Assad maintiendra son régime assassin, ou les rebelles recevront une aide venue d’ailleurs. Dans cette dernière éventualité, ni la Turquie, ni Israël n’auront le droit de se plaindre si les extrémistes sont présents dans le scénario et tirent avantage des désordres dans le pays.

Les Etats Unis et l’Union Europenne n’agiront pas. Ils ne sont pas menacés aussi directement que nous le sommes dans la région. Malgré ses défauts, Israël dispose de la supériorité aérienne pour neutraliser les forces aériennes d’Assad. A lui seul, ce facteur ferait beaucoup pour faire pencher la balance en faveur des civils Syriens qui sont bombardés par leur propre gouvernement.

Assad et sa  famille doivent avoir une porte de sortie vers l’exil. Après toute la violence dont il a fait preuve, il serait beaucoup plus avantageux de lui offrir un asile sûr plutôt que de l’obliger à choisir entre continuer da campagne de destruction ou risquer de finir comme Kadhafi et Moubarak. Mais une Syrie nouvelle ne pourra pas résoudre ses problèmes toute seule. La Syrie et les Syriens auront besoin de leurs voisins pour aider à mettre fin au conflit et à créer une Syrie pluraliste et démocratique. Combien de vies supplémentaires doivent être perdues avant que nous mettions de côté nos divisions et agissions de manière concertée pour le peuple syrien ?

 — Ceylan Ozbudak est une journaliste politique et présentatrice de télévision turque et elle est directrice de Building Bridges, une ONG sise à Istanbul

De l’eau dans le gaz entre la Syrie et la Turquie

mars 29, 2013

Les partis d’opposition turcs n’apprécient pas beaucoup le rôle du gouvernement Erdogan dans la crise syrienne. Ils l’ont fait savoir à plusieurs reprises, par des déclarations au parlement ou dans la presse, par l’envoi de délégations à Damas ou encore par la divulgation d’informations sur certains aspects de l’implication de leur pays chez le voisin du sud-est.

Cette fois ci, le Parti Populaire Républicain (CHP),  la principale force d’opposition évoque des accords secrets conclus entre le gouvernement turc et l’opposition syrienne, accords visant notamment à faire transiter le gaz du Qatar destiné au marché européen par les territoires syrien et turc et à approvisionner l’entité sioniste en eau de l’Euphrate à partir d’un barrage turc. Cette eau devrait alors être acheminée via… la Syrie !

 Le ministère des affaires étrangères dément les allégations sur des accords secrets avec l’opposition syrienne

Anatolia News Agency, Hürriyet (Turquie) traduit de l’anglais par Djazaïri

Le ministère turc des affaires étrangères a démenti les déclarations faites le 28 mars par l’opposition affirmant que le ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoğlu a signé des accords secrets avec l’opposition syrienne en marge des discussions qui ont eu lieu au Qatar du 8 au 11 novembre 2012. 

«Les allégations formulées par le porte parole du principal parti d’opposition ne reflètent pas la réalité. L’existence d’une réunion tenue à Doha dans le but d’unifier l’opposition sous une seule bannière était signalée dans une déclaration publiée le 12 novembre 2012 par le ministère des affaires étrangères. La réunion [de Doha] n’avait aucune dimension secrète,» lit-on dans la déclaration du ministère. 

Les accords comprenaient des clauses comme la livraison de gaz naturel Qatari à l’Europe par un gazoduc traversant la Syrie et la Turquie, a affirmé le 27 mars le porte parole du Parti Populaire Républicain Haluk Koç. Il a aussi soutenu qu’il avait été prévu de transférer de l’eau du barrage Atatürk en Israël via la Syrie. 

«Ce genre de diffamation de la part du porte parole du principal parti d’opposition, affirmée sans aucune recherche d’informations et visant à nuire à la réputation de la Turquie, est inexcusable. On attend des preuves de la part des personnes et des organisations qui avancent ces affirmations qui n’ont pas de fondement,» lit-on dans la déclaration.

Le ministère des affaires étrangères a aussi démenti des informations rapportées par la presse turque selon lesquelles Davutoğlu s’est rendu en Israël plusieurs mois avant les excuses de Netanyahou pour négocier sur cette question [de l’adduction d’eau].

Le gouvernement turc dément bien entendu, arguant du caractère public de ses rencontres avec l’opposition syrienne.

Et peut-être est-il sincère. 

Il n’a cependant pas convaincu Cezer Skonore, un lecteur de Hürriyet qui écrit ce qui suit en commentaire :

Tout ce qu’a fait le gouvernement turc par rapport à la Syrie est secret. Il n’y a pas une seule chose que le gouvernement a faite, pas une seule décision faite par le gouvernement sur la Syrie qui ait été expliquée à l’opinion. En ce sens, il n’y a pas d’accord secret plus spécialement secret que les autres.

On peut par exemple retrouver dans la presse la trace d’une rencontre secrète entre Ahmet Davutoğlu et Benyamin Ben Eliezer, ministre sioniste du commerce, en juin 2010, un mois seulement après l’assaut sanglant contre le Mavi Marmara. Cette réunion demandée par le gouvernement turc avait été rendue publique par les autorités sionistes.

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Entre Davutoglu et Ben Eliezer, le courant est toujours passé


Cette rencontre montre surtout que le chef de la diplomatie turque a gardé de bonnes relations avec les ministres travaillistes du gouvernement Nétanyahou, Benyamin Ben Eliezer et le ministre de la défense, Ehoud Barak, avec qui s’est préparée cette réunion. Les deux pays ont besoin l’un de l’autre.

 

 

Le Hezbollah et les enjeux libanais et régionaux de la guerre contre la Syrie

mars 23, 2013

La crise syrienne a sans doute connu un tournant avec l’élection du premier ministre d’un gouvernement provisoire d’opposition.

Cette élection a été le moment d’un bras de fer entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, ce dernier émirat l’ayant emporté, obtenant l’élection de son candidat, le syro-américain Ghassan Hitto (plus Texan que Frère Musulman selon l’ex ambassadeur US en Syrie, Robert Ford).

Cette victoire du Qatar est aussi celle de la Turquie, proche de cette pétromonarchie et  elle sonne peut-être la fin de tout espoir d’une issue négociée au conflit, et même de tout espoir de sortie du conflit à bref ou moyen terme.

Comme vous l’aurez compris, il ne faut pas se laisser abuser par le mot élection : les [grands] électeurs qui ont choisi le premier ministre n’ont eux-mêmes aucune légitimité élective et le résultat du scrutin est avant tout celui des pressions exercées par des puissances étrangères, la «mieux disante» étant la monarchie du Qatar.

Ce qui se passe aujourd’hui en Syrie n’a rien à voir avec une lutte pour la démocratie : dans leurs paroles, comme dans leurs actes les mouvements réunis dans le Conseil National Syrien et la Coalition sont en réalité encore moins démocratiques que le régime en place. Ce qui les distingue vraiment du régime est la tonalité sectaire de leur discours et leur agressivité vis-à-vis de ceux qu’ils considèrent comme des hérétiques.

Il y a eu certes une vraie exigence de démocratisation du système politique en Syrie, mais les porteurs de cette revendication ont été contraints au quasi mutisme, pas par la répression des autorités mais par la situation de guerre étrangère imposée au pays.

Alors, si l’objet des affrontements n’est pas la démocratie, de quoi s’agit-il ? 

L’objet du conflit est en réalité d’en finir avec non seulement le régime syrien, mais surtout avec une Syrie qui reste le dernier obstacle avec le Hezbollah libanais à une normalisation avec l’entité sioniste.Ne vient-on pas en effet de voir que, après bien des rodomontades, le gouvernement turc est rentré dans le rang suite aux excuses de Benjamin Netanyahou pour les victimes  turques du Mavi Marmara. Mieux, Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre Turc a

souligné son attachement à "l’amitié solide et à la coopération vieilles de plusieurs siècles entre les peuples turc et juif".

N’a-t-on a pas vu qu’un autre «islamiste» fort en paroles, l’Egyptien Mohamed Morsi, membres des Fréres Musulmans de son état, a choisi d’appliquer scrupuleusement ce qui est exigé de lui par Barack Obama et continuer donc à participer au blocus de la bande de Gaza?

Liquider le régime syrien, c’est aussi préparer l’élimination du Hezbollah, une élimination que d’aucuns voudraient précipiter en étendant le conflit syrien au Liban au prétexte de l’implication des miliciens du Hezbollah aux côtés des forces régulières syriennes. 

C’est cet aspect de la crise en Syrie qu’examine Ibrahim al-Amin dans les colonnes d’al Akhbar, un organe de presse libanais.

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Ibrahim al Amin, rédacteur en chef d’Al-Akhbar

Al Akhbar se situe politiquement à gauche et ne peut en aucun cas être considéré comme proche idéologiquement du Hezbollah.

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Ernest Khoury dans son bureau d’Al Akhbar, sous le regard vigilant de Lénine et Karl Marx

 

 Le rôle du Hezbollah en Syrie

Par Ibrahim al-Amin, Al Akhbar (Liban) 22 mars 2013, traduit de l’anglais par Djazaïri

On parle et on spécule beaucoup depuis un certain temps au Liban, en Syrie et dans le monde arabe et en Occident sur le véritable rôle du Hezbollah dans la crise syrienne. La machine de propagande anti-Hezbollah est, comme d’habitude, particulièrement active, offrant au quotidien un flot d’informations et d’articles sur l’implication supposée de ce parti dans le conflit.

Cette machine de propagande – avec ses opérateurs Libanais, Syriens et autres – a annoncé la mort de centaines de miliciens du Hezbollah en Syrie et la capture de dizaines d’entre eux par les rebelles Syriens. Un service de sécurité officiel de Beyrouth joue un rôle central sur ce front en assurant la fuite d’informations factuelles sur lesquelles on brode ensuite. Ces gens croient qu’un tel déluge est un moyen efficace de susciter autant de rancœur que possible contre le Hezbollah dans l’opinion publique.

Le Hezbollah n’a, pour sa part, pas propose plus de précisions que ce qu’a déclaré son secrétaire général Nasrallah sur l’assistance apportée par le parti à ses sympathisants Libanais qui résident dans des villages à l’intérieur de la Syrie, mais a cependant répété que le Hezbollah n’avait pas pour l’instant participé aux combats en Syrie.

Une stratégie délibérée de provocation et d’exagération est employée contre le Hezbollah par des services de renseignements de la région et de l’étranger, y compris ceux d’Israël. Maisl a question centrale était, et demeure, est de comprendre la place du Hezbollah dans une crise syrienne qui entre dans sa troisième année. Ces services savent beaucoup de choses sur ce qui se passe sur le terrain en ce qui concerne les combats entre les forces du régime et celles de l’opposition. Ils connaissent les capacités des deux camps et exercent une surveillance continue de toutes les actions de soutien au régime, y compris par le Hezbollah.

Mais pour les autres, il est sans doute nécessaire de clarifier la perspective à partir de laquelle le Hezbollah fonde son attitude par rapport à la crise syrienne. Ce qui pourrait en aider beaucoup à comprendre les soubassements idéologiques, politiques et opérationnels de sa position.

Le Hezbollah continue à voir les choses à partir de la perspective de son rôle central dans la confrontation avec Israël. Il ne donne sans doute pas souvent de détails sur l‘objectif ultime de cette lutte, mais le parti se comporte comme s’il était partie prenante d’une campagne au long cours pour se débarrasser d’Israël, une bataille qui nécessite beaucoup de préparation. Si l’idée d’être débarrassé d’Israël ne dérangerait pas une majorité des peuples arabes et islamiques, seule une minorité est prête à mener ce combat jusqu’au bout.

Une minorité parmi les réticents pense qu’un tel discours est fou ou illusoire et ne peut en aucun cas influer sur le cours de l’histoire. Cette minorité influente ne voit aucune nécessité pour une lutte de ce genre. Elle perçoit en conséquence le Hezbollah comme une bande de cinglés qui non seulement mettent en danger leur peuple et eux-mêmes mais aussi les intérêts des peuples de la région. Cette minorité se retrouve donc dans une alliance, formalisée ou non, avec les véritables ennemis du Hezbollah, à savoir Israël, les Etats Unis et certaines capitales arabes et occidentales.

L’engagement du Hezbollah dans la résistance contre l’occupation l’oblige à faire beaucoup de choses comme éviter de se faire d’autres ennemis. Sa position sur la Syrie est cohérente avec son attitude à l’égard des mouvements de contestation dans l’ensemble du monde arabe.

Dès le début, personne n’aurait pu imaginer voir le Hezbollah prendre position contre le régime syrien. Si le parti n’ignore pas les causes internes de la crise, il n’admet pas les affrontements en cours. Son regard sur la situation d’ensemble l’empêche d’adopter une position de neutralité, tout comme le fait qu’il a un suivi plus clair et fiable de ce qui se passe en Syrie comparativement à beaucoup des organisations impliquées dans les combats.

Le Hezbollah a averti très tôt sur les liens avec l’étranger et les agendas des organisations à la tête de la contestation. Il avait des preuves claires sur les tendances idéologiques de certaines des plus influentes de ces organisations. Il avait observé comment, dès le début de la contestation, des manifestants à Deraa et à Homs avaient brûlé des portraits de Nasrallah et des drapeaux du Hezbollah, et comment la campagne d’incitation à la haine religieuse contre le parti avait été lancée à fond.

C’était avant que le parti ait dit quoi que ce soit sur les développements en Syrie – en fait, alors même qu’il était en train d’œuvrer avec divers mouvements islamistes arabes, dont le Hamas, à essayer de nouer des contacts dans le but d’éviter d’arriver à la catastrophe actuelle.

Le point de vue du Hezbollah, pour dire les choses simplement, est que la guerre en Syrie a pour but de faire évoluer politiquement et stratégiquement ce pays vers une position d’opposition à l’existence du Hezbollah. Ce qui lui fait voir le régime actuel dirigé par Bachar al-Assad comme une ligne avancée de défense du mouvement de résistance au Liban et en Palestine. Ce qui, à soi seul, place le parti au cœur de la crise.

On s’est pose beaucoup de questions et on a dit beaucoup de choses sur le rôle que joue le Hezbollah en Syrie. Ses détracteurs disent qu’il est fortement engagé dans les opérations militaires en cours. Les données du problème n’ont pas besoin de longues explications :

- le Hezbollah entraîne, arme et apporte un soutien logistique conséquent aux Libanais qui vivent dans les villages frontaliers.

- Le Hezbollah est chargé de la protection du mausolée de Sayida Zeinab dans le secteur sud de Damas depuis le départ de ses gardiens Irakiens. Sur place, les membres du parti sont déployés selon un plan qui limite leur responsabilité aux abords immédiats du sanctuaire.

- le Hezbollah a reçu des délégations de nombreuses organisations druzes, chrétiennes, chiites et ismaéliennes qui avaient le sentiment que leurs communautés minoritaires étaient gravement menacées. Il n’a pas satisfait à leurs demandes d’armement et de formation militaire, mais leur a donné les moyens d’éviter d’être déplacés.

- Le Hezbollah, qui a des liens sécuritaires et militaires avec le régime, aide les forces syriennes en protégeant les institutions scientifiques et les usines de missiles qui ont été construites ces dix dernières années en grande partie avec l’aide de l’Iran.

- Le Hezbollah a un important programme, peut-être le plus important, d’aide aux réfugiés Syriens au Liban et même à l’intérieur de la Syrie. Ce programme n’a pas pour but de remercier les Syriens pour avoir accueilli des réfugiés du Liban en 2006. Ce programme est exécuté dans la discrétion sur la base de la conviction que les réfugiés et les personnes déplacées ont droit à toute l’aide humanitaire possible quelles que soient leurs opinions politiques.

Les attitudes à l’égard du Hezbollah sont liées à toutes sortes de calculs. Certains font cependant tout ce qu’ils peuvent non seulement pour entraîner le parti dans la crise syrienne mais aussi dans un affrontement semblable au Liban. Le parti en est conscient. Il semble être en train de discuter des modalités d’une action visant à apaiser les tensions sectaires, même si ses dirigeants craignent de nouvelles effusions de sang avant l’aboutissement de ces discussions.

Argentine: le chef de la diplomatie Hector Timerman dit ses quatre vérités à l’entité sioniste

mars 9, 2013

La presse argentine se fait assez largement l’écho d’un épisode diplomatique pour le moins tendu entre le ministère des affaires étrangères argentin et son équivalent de l’entité sioniste.

Cet épisode est initialement relaté par le journal sioniste Haaretz dans un article dont je vous livre la traduction intégrale. L’incident en question concerne l’accord conclu par l’Argentine avec l’Iran pour relancer les relations bilatérales en levant, sans les annuler, l’obstacle que représentent les poursuites judiciaires engagées par la justice argentine contre plusieurs hauts responsables Iraniens, dont l’actuel ministre de la défense Ahmad Vahidi.

J’ignore pourquoi Haaretz a publié cet article, mais on remarquera que le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, tient un langage qu’on aurait peine à imaginer dans la bouche d’un François Hollande qui, après avoir reçu Benjamin Netanyahou, vient de recevoir en grande pompe Shimon Peres, un autre criminel sioniste.

François Hollande a même saisi l’occasion pour se fendre d’une nouvelle déclaration sur la Syrie en présence du chef du gang sioniste..

Si des masques n’étaient pas encore tombés, c’est maintenant chose faite.

Le ministre argentin des affaires étrangères accuse Israël de donner «des munitions aux antisémites,» rapportent des sources

Les propos d’Hector Timerman ont été tenus dans le cadre de critique acerbes contre l’ambassadrice d’Israël après qu’Israël ait essayé d’obtenir des explications sur l’accord irano-argentin pour créer une ‘commission de la vérité’ pour enquêter sur l’attentat à l’explosif contre des locaux associatifs juifs à Buenos Aires en 1994.

Par Barak Ravid, Haaretz (Sionistan) 6 février 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le ministre des affaires étrangères argentin Hector Timerman a accusé Israël de donner «des munitions aux antisémites qui accusent les Juifs de double loyauté» dans le cadre d’une critique d’une dureté exceptionnelle contre Shavit  Dorit ambassadrice d’Israël, selon certaines sources.

L’incident a été provoqué par les démarches d’Israël pour obtenir des explications sur un accord signé entre l’Argentine et l’Iran l ya deux semaines environ.

L’accord crée une «commission de la vérité» pour enquêter sur l’attentat de 1994 contre l’AMIA, le centre communautaire juif de Buenos Aires. 

Quand Israël a eu connaissance de l’accord, son ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur argentin pour lui manifester sa désapprobation dans un entretien au cours duquel le directeur général adjoint du ministère pour l’Amérique latine, Itzhak Shoham, a fait part de son opposition à l’accord et a exigé des explications. 

Ce qui a provoqué la fureur des Argentins et, en réaction, Timerman a convoqué Shavit le 31 janvier pour lui exprimer son mécontentement. 

Selon des sources au ministère des étrangères qui ont pu voir le compte tendu de la rencontre rédigé par Shavit, Timerman était “contrarié et vraiment en colère» du fait qu’Israël ait exigé que l’ambassadeur d’Argentine donne des explications. Il s’est apparemment lancé dans un long monologue dans lequel il a pourfendu Israël pour s’être ingéré dans les affaires internes de l’Argentine et il a même accusé ce genre de comportement d’encourager l’antisémitisme. Shavit avait à peine pu placer un mot pour répondre, vu qu’il l’interrompait constamment, selon nos sources. 

«Israël n’a aucun droit à exiger des explications: nous sommes un Etat souverain,” lui aurait dit Timerman. Israël ne parle pas au nom du peuple juif et ne le représente pas. Les Juifs qui ont voulu ou veulent vivre en Israël sont partis là-bas, et ils en sont les citoyens ; ceux qui vivent en Argentine sont des citoyens argentins. L’attentat visait l’Argentine, et le désir d’Israël de s’impliquer dans cette affaire ne fait que donner des munitions aux antisémites qui accusent les Juifs de double loyauté.» 

Convoquer l’ambassadeur d’Argentine puis faire fuiter cet évènement dans la presse était une conduite inacceptable, avait-il apparemment poursuivi. «L’Argentine ne convoque  pas l’ambassadeur israélien pour des explications. Si nous voulions, nous pourrions vous convoquer ici deux fois par mois pour exiger des explications sur une opération militaire à Gaza ou sur la construction dans les colonies. Mais nous ne le faisons pas, parce que nous ne voulons pas intervenir dans vos décisions souveraines.» 

Shavit a répondu avec colère, selon nos sources. «En tant qu’Etat juif, Israël se considère dans une certaine mesure comme responsable du bien-être de [tous les] Juifs et traque l’antisémitisme partout dans le monde,» aurait-elle dit à Timerman. «Israël a par conséquent aidé les Juifs à quitter l’Union Soviétique, a fait venir les Juifs d’Ethiopie et, à certains moments, a aussi aidé les Juifs en Argentine. Vous savez sûrement de quoi je parle,» a-t-elle apparemment ajouté, en référence à la propre histoire familiale de Timerman.

Dans les années 1980, le père de Timerman, lui-même Juif, avait été arrêté par la junte militaire de droite qui dirigeait alors le pays parce qu’il était un journaliste qui soutenait la gauche. Il avait été détenu en prison en confinement solitaire mais avait été finalement relâché suite à l’intervention de l’ambassadeur d’Israël en Argentine et de son équipe – dont certains membres sont aujourd’hui de hauts fonctionnaires au ministère des affaires étrangères. Ils avaient abouti à un accord secret avec la junte aux termes duquel le père de Timerman serait autorisé à quitter le pays. Il était parti en Israël pendant quelques années mais était rentré en Argentine après la chute de la dictature.

 Shavit aurait souligné qu’Israël n’essayait pas d’interférer dans les décisions de l’Argentine, mais voulait des explications compte tenu des similitudes entre l’attentat contre l’AMIA et celui qui avait visé l’ambassade israélienne à Buenos Aires deux ans auparavant. La police et les services dé sécurité argentins pensent que l’Iran et le Hezbollah étaient derrière les deux attentats. Timerman a décidé de faire celui qui ne comprenait pas, selon nos sources. 

“Je ne sais pas s’il y a un lien quelconque entre les deux attentats,” a-t-il dit apparemment. «Si Israël a une quelconque information à ce sujet, je vous demande de nous la donner le plus vite possible.» 

Mais malgré le ton acrimonieux de cette rencontre, les officiels du ministère des affaires étrangères disent qu’elle s’est terminée par un accord pour que les deux parties essayent de calmer le jeu et de poursuivre la discussion sereinement par la voie diplomatique.

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Dorit Shavit: nous avons le même drapeau!
Hector Timerman: sur notre drapeau brille un soleil radieux alors que sur le vôtre luit une étoile morte.

Comme je l’ai dit, les informations publiées par Haaretz ont eu un fort écho dans la presse argentine. Le ministre Argentin a d’ailleurs essuyé la critique des cercles sionistes et des milieux politiques traditionnellement très favorables à l’entité sioniste.

Interviewé par une station radio de son pays au sujet de ce désaccord avec le régime sioniste, Hector Timerman ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à renvoyer à certaine vérités :

Le ministre des affaires étrangères Hector Timerman se demande s’il doit  «s’aplatir (j’ai ainsi traduit le mot ‘cagar’ qui a une connotation très vulgaire) parce que je suis supposé avoir une dette envers Israël,» faisant référence aux démarches de ce pays qui a secouru son père, le journaliste Jacobo Timerman, qui avait été mis en prison par le régime militaire.

C’est en ces termes que Timerman s’est exprimé quant il a été interrogé sur Radio Continental au sujet de l’opposition d’Israël à l’accord signé avec le régime de Mahmoud Ahmadinejad pour juger les Iraniens mis en cause dans l’attentat contre l’association mutuelle israélite perpétré à Buenos Aires en 1994.

 «Mon père était prisonnier, disparu, et il faut que j’aille leur témoigner de ma gratitude. Ou alors,je dois modifier la politique extérieur de l’Argentine et me mettre à plat ventre devant ceux de l’AMIA parce que je suis supposé avoir une dette envers Israël ? Je n’ai aucune dette. Quand on sauve une personne qui est persécutée, il n’y a pas de dette,» a affirmé le ministre.

Timerman a également demandé à son interlocuteur à la radio ; «Qu’est-ce qu’elle veut [l’ambassadrice sioniste], que je fasse un chèque à Israël pour ce qu’il a fait ?» Loin de clore la polémique, le chef de la diplomatie a insisté : «Pourquoi ne demande-t-elle pas à Marcos Weinstein (président de l’Association des Familles de Disparus Juifs en Argentine) ce qu’il pense du rôle d’Israël avec la dictature ?»

 «Je ne me sens en dette à vis-à-vis de personne, ni de rien et vis-à-vis de tous en même temps. Beaucoup de gens ont aidé mon père, comme il y a eu beaucoup de gens que mon père a aidés,» a conclu Timerman.

Un incident diplomatique qui a permis à ce diplomate de relever deux traits importants de l’histoire du sionisme : son empressement à attiser l’antisémitisme et son soutien à la dictature argentine, un soutien qui s’était exprimé localement par l’intermédiaire de la DAIA, équivalent du CRIF en Argentine.

Je ne sais pas vous, mais moi j’échangerais bien Hector Timerman contre Laurent Fabius (on me souffle que Cristina Fernandez de Kirchner n’est pas du tout d’accord).


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